Rappel Agenda : ce week-end, grandes médiévales au château de la Chapelle d’Angillon

angillon_fete_medievale_2018Sujet : fêtes médiévales, compagnies, médiévales, animations médiévales, agenda, sorties historiques, moyen-âge festif, marché médiéval, spectacle médiévale
Lieu : château de la  Chapelle d’Angillon
Département : Cher, Centre-Val de Loire.
Date : 1 et 2 septembre 2018
Nom : 8e  fête médiévale du Château d’Angillon

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous leur avions déjà dédié un article détaillé, il y a quelque temps, mais, pour rappel, si vous êtes du côté du Val-de-Loire, cette fin de semaine, souvenez-vous que de belles médiévales se tiendront au château de la Chapelle d’Angillon.

fetes_animations_medievales_2018_chateau_chapelle_angillon_patrimoine_historiqueCette année, les organisateurs ont encore clairement monté la barre en terme de qualité autant que de quantité et une grande liste d’invités est attendue sur place : musiciens, jongleurs, comédiens, compagnies médiévales et encore exposants & artisans venus exposer leur produits et créations.

Contact, info, réservations : Site officiel du château – Page FB

Voir article détaillé ici sur les médiévales 2018

Voir aussi : Article sur l’édition  2017 – Article sur l’Histoire du prestigieux château de la Chapelle d’Angillon.

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen-âge  sous toutes ses formes.

« Le Salut d’enfer », poésie satirique, fabliau et ronde infernale du XIIIe siècle

humour_medieval_poesie_fabliau_satirique_enfer_moyen-age_XIIIe_siecleSujet : vieux-français, lai, poésie médiévale, littérature médiévale, poésie satirique, poésie morale satire, enfer, fabliau, langue d’oil, oil.
Période : Moyen-âge central XIIIe siècle.
Auteur : anonyme
Titre : le Salut d’Enfer
Ouvrage : Jongleurs & Trouvères, d’après les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, Achille Jubinal, 1835.

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous partons en direction du XIIIe siècle pour un peu d’humour médiéval satirique avec une pièce de choix et presque totalement oubliée. Elle a pour nom le Salut d’Enfer et on peut la trouver notamment transcrite dans un ouvrage d’Achille Jubinal datant de 1835, et ayant pour titre Jongleurs et trouvères.

Les Manuscrits anciens

Cette poésie qui tutoie le style enlevé et humoristique de certains fabliaux, au point que nous serions presque tenté de la considérer comme une émanation du genre, peut être retrouvée dans les deux manuscrits anciens suivants : le MS Français 837 et le MS Français 12603, tous deux conservés à la BnF).

Le premier manuscrit, le MS Fr 837 (consultable ici sur le site Gallica), est à l’origine de la transcription reportée ici. Il est daté de la fin du XIIIe siècle et contient pas moins de 249 oeuvres, à l’écriture gothique appliquée. On y trouve des fabliaux, des dits et des contes en vers.  dont un peu plus d’une trentaine de pièces de Rutebeuf.

Le Salut d'enfer, dans le manuscrit MS Fr 837, de la BnF, département des manuscrits
Le Salut d’enfer, dans le manuscrit MS Fr 837, de la BnF, département des manuscrits

Le Salut d’Enfer, amputé de sa fin, est encore présent, sous le nom de Lai d’Infier dans le MS Fr 12603 (voir sur Gallica ici). Daté du XIIIe au début du XVe siècle, ce manuscrit est une vaste compilation de littérature médiévale, contenant de nombreuses poésies et récits de tous bords. Mêlant auteurs célèbres à d’autres moins renommés ou mêmes anonymes, l’ouvrage présente aussi une large variété de thèmes qui vont des légendes arthuriennes (fragment du Roman de Brut de Wace, Chevalier au lion de Chrétien de Troyes, …)  jusqu’aux fabliaux, en passant même encore par des chansons de geste d’Ogier le Danois ou des fables de Marie de France.

fabliaux_poesie_satirique_trouveres_jongleurs_moyen-age_central_manuscrit_ancien_moyen-age_central_XIIIeEnfin, pour finir ce petit tour d’horizon sur les origines sourcées de notre satire du jour, on retrouvera encore quelques uns de ses vers au sein d’une autre pièce intitulée Les XXIII Manières de Vilains, présente dans le Manuscrit Français 1553 (MS Fr 1553), daté du XIIIe.

Ce dernier texte étant lui aussi demeuré anonyme, on ne sait pas si son auteur, est le même que celui du Salut d’Enfer ou si, au contraire il a plutôt emprunté des parties de l’original pour les intégrer à son oeuvre. Les XXIII manières du vilain, qu’on connait encore comme « Des vilains », comptent parmi ces textes dont la violence satirique contre les vilains pourrait presque être choquante si nous ne savions les replacer dans leur contexte (Voir notre article sur les vilains des fabliaux). Elles furent également publiées, par A Jubinal dans un petit précis d’un peu plus de trente pages datant de 1834.

Gastronomie Infernale et satire sociale

S_lettrine_moyen_age_passionur le fond, ce Salut d’Enfer est donc une pièce satirique et humoristique. Sur un ton caustique et moqueur, son auteur nous conte ce qui se passe aux Enfers dans une grande ronde qui met en scène des formes élaborées de gastronomie infernale. Comme nous le disions plus haut, on y recroise le ton bonhomme et rigolard, de certains fabliaux.

On retrouve aussi dans sa conclusion quelques traces laissées par les tensions des invasions et des croisades. Autant le dire, cela ne constitue pas ce qui nous a semblé le plus intéressant à relever ici. Le défilé des nombreux métiers, professions de foi et personnes empruntés à la société du XIIIe siècle (magistrats, financiers, faux abbés, faux moines, bigots donneur de leçons, etc…), qui s’y trouvent rôtis par l’auteur, aux côtés des criminels les plus notoires, nous a semblé largement plus drôle et, plus propice aussi, à approcher l’humour médiéval satirique, son impertinence, ses moqueries poesie_satire_enfer_medieval_bible_enluminure_manuscrit_MS_harley_1526_XIIIe_siecleet ses cibles très larges et très nombreuses.

vision médiévale de l’enfer
Miniature, Bible moralisée Oxford-Paris-Londres, MS Harley 1526 (XIIIe siècle)

D’un point de vue linguistique, comme son vieux français est assez loin du nôtre, nous vous donnons ici de nombreuses clés de vocabulaire pour en faciliter la compréhension. Une partie d’entre elles est empruntée à l’ouvrage de Achille Jubinal cité en-tête d’article. Toutes les autres sont issues de recherches personnelles et d’une plongée en règle au coeur de différents dictionnaires (le Godefroy court, le Saint-Hilaire et le très exhaustif dictionnaire de La Curne de Sainte Palaye, entre autres). Tout cela étant dit, place à la farce.

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Le Salut d’Enfer 

HAHAI! hahai! je sui venus;
Saluz vous mande Belzébus, .
Et Jupiter et Appollin.
Je vieng d’enfer le droit chemin,
Noveles conter vous en sai,
Qu’anuit en l’ostel herbregai,
En la grant sale Tervagan* (nom du diable).
La menjai .j. popélican* (financier)
A une sausse bien broié,
D’une béguine* (bigote) renoié* (renégate),
Qui tant avoit du cul féru* (de ferir : frapper),
Qu’ele l’avoit tout recréu* (fourbu).
Cele nuit fui bien ostelez,
Quar de faus moines et d’abez
Me fist l’en grant feu au fouier,
Et par devant et par derrier.
Me servoient faus eschevin* (magistrat),
Mes ainz que je fusse au chemin,
Lendemain m’estut-il mengier.
Belzébus fist appareillier
.J. userier, cuit en .j. pot;
Après faus monnoiers en rost,
.Ij. faus jugeurs à la carpie* (sauce),
Et j. cras moine à la soucie* (sauce),
Estanchiez* (repu) fui d’avocas,
.J. entremès qui fist baras;
A mengier oi à grant plenté* (à foison);
En tout le plus lonc jor d’esté
Ne vous porroie raconter,
Ne escrire, ne deviser,
La grant foison d’âmes dampnées
Qui en enfer sont ostelées.

De champions et de mordreurs* (meurtriers),
Et de larrons et de robeurs* (voleurs),
Faus peseur, faus mesureeur,
Cil i parsont (portion ? partage) bien asseur* (en sécurité, assuré);
De papelars* (bigots) et de nonnains* (nonnes)
Est noz enfers auques* (n’est pas encore) toz plains.
Li cordelier, li jacobin,
Qui escritrent en parchemin
La confession des béguines,
Et les péchiez que font souvines* (couchés, renversés sur le dos);
Li noir moine i sont mal venu,
Por ce que il ont trop foutu; (foutiner se battre)
Si en sont batu en chapitle.
Li blanc moine n’i sont pas quite,
Quant l’en i doit chanter à note
Dedenz enfer à grant riote* (discussion, querelle).
De cels aus sas et aus barrez* ( frères en sac et frères barrés ou bariolés : les Carmes)
Est noz enſers mal ostelez* (loger) ;
Por ce que dras orent divers (parce qu’ils ont des habits différents)
Vont en enfer cus descouvers.

Noz enfers est de grant afère,
Quar nus n’i veut entrer ne trère* (s’y rendre, y aller)
C’on n’i reçoive liement* (joyeusement, avec douceur).
Par la coille* (testicule) qui ci me pent,
Je vous di voir* (vrai), ne vous ment mie :
En enfer est ma dame Envie,
Qui garde la porte et l’entrée;
Luxure i est trop honorée ;
De clers, de moines, de Templiers,
De prestres et de chevaliers,
Est Luxure dame clamée
Et mult forment d’aus honorée,
Trestout ausi comme roine :
Qui miex vaut plus profond l’encline. ‘
J’aporte d’enfer grant pardon,
De Tervagan et de Mahom,
De Belzébus, de Lucifer,
Qui vous puist mener en enfer.

Explicit le Salut d’Enfer.

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Une belle journée à tous.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Historia Brittonum : aux sources de la légende arthurienne, Nennius et les 12 batailles du roi Arthur

manuscrit_ancien_enluminures_rochefoucauld_grail_legendes_arthurienne_sources_historiques_moyen-ageSujet : Roi Arthur, légendes arthuriennes, roman arthurien, sources historiques, Citation médiévales, Nennius, Arthur historique, Angleterre médiévale, littérature médiévale.
Période : haut moyen-âge (VIIIe siècle
Ouvrage : Historia Brittonum
Auteur : Nennius 

Bonjour à tous,

D_lettrine_moyen_age_passionans la continuité de l’article d’hier, nous vous livrons ici la traduction (depuis l’anglais) de la célèbre mention faite par Nennius, dans son Historia Brittonum, au sujet des 12 batailles du Roi Arthur et de ses victoires. Le point culminant en est la grande bataille du Mont Badon et, ici, Nennius (auteur supposé de cette compilation), retombe ici sur une donnée un peu plus sourcée historiquement. De manière documentée et écrite, on se souvient, en effet, qu’on trouve la mention d’un chef de guerre nommé Arthur, à la bataille de Badon, dans les Annales Cambriae. (voir Arthur, les premières sources historiques).

En réalité, le propos, ici, n’est pas tant de discuter de la véracité historique des affirmations de Nennius, ni d’entrer dans le détail des lieux possibles et probables de ces fameuses batailles; de nombreux historiens s’y sont essayés et nous aurons sûrement l’occasion d’y revenir.  Avant les derniers siècles et la période moderne, avant que l’Histoire ne se forge quelques méthodes et prenne son indépendance scientifique, le genre des chroniques historiques n’était pas avare d’approximations ou même d’inventions et il y a indéniablement, dans cet extrait de Historia Brittonum, de nombreuses digressions de la part de son auteur. Pourtant, et c’est justement ce qui nous intéresse ici, à sa lecture, on ne peut s’empêcher de mesurer la distance franchie depuis les Annales Cambriae. Au fond, ce qui se joue dans cet extrait, avant Chrétien de Troyes et bien d’autres auteurs du roman arthurien, c’est rien moins que la naissance littéraire du Arthur de la légende. A ce titre, ce texte est sans nul doute une des premières pierres (écrite, sourcée, formelle presque)  sur lequel se bâtira un peu plus tard, auteur après auteur, l’édifice du roman arthurien.

La miniature utilisée sur cette planche est tirée du Rochefoucauld Grail « Arthur combattant les Saxons », Baron de Rochefoucauld, manuscrit ancien du XIVe siècle

“Ce fut alors que Arthur, le magnanime, avec tous les rois et la force militaire de Grande-Bretagne, lutta contre les Saxons. Et bien qu’il y ait eu beaucoup plus de nobles que lui seul, il fut pourtant choisi douze fois comme leur commandant et fut tout aussi souvent vainqueur. La première bataille dans laquelle il fut engagé se trouvait à l’embouchure de la rivière Gleni. Les deuxième, troisième, quatrième et cinquième étaient sur une autre rivière, appelée Duglas par les Britanniques, dans la région de Linuis. La sixième, sur la rivière Bassas. La septième dans le bois Celidon, que les Britanniques appellent Cat Coit Celidon. La huitième se trouvait près du château de Gurnion, où Arthur portait l’image de la Sainte Vierge, mère de Dieu, sur ses épaules et par le pouvoir de notre Seigneur Jésus-Christ et de la sainte Marie, il a mis les Saxons en fuite et les a poursuivi, durant tout le jour, jusqu’à leur grande défaite. La neuvième était à la ville de la Légion, appelée Cair Lion. La dixième était sur les rives de la rivière Trat Treuroit. La onzième était sur la montagne Breguoin, que nous appelons Cat Bregion. La douzième fut le combat le plus dur quand Arthur pénétra sur la colline de Badon. Dans cette bataille, neuf cent quarante sont tombés par sa seule main, personne excepté le Seigneur ne lui prêtant assistance. Dans tous ces combats, les Britanniques réussirent. Car aucune force ne peut prévaloir contre la volonté du Tout-Puissant. »

Historia BrittonumNennius

Une belle journée à tous.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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légendes arthuriennes : Arthur, les premières sources historiques, un article traduit de Brittania.com

sources_historiques_galloises_legendes_arthuriennes_annales_cambriae_bataille_de_badon_hilSujet : Roi Arthur, légendes arthuriennes, roman arthurien, sources historiques, Saint-Gildas, Annales CambriaeNennius, Arthur historique.
Période : haut moyen-âge, Xeme, VIe siècle.
Sources : Britannia.com
Auteur : David Nash Ford
Traduit de l’anglais par moyenagepassion.com

Bonjour à tous,

C_lettrine_moyen_age_passionomme nous l’avions déjà fait par le passé, nous vous proposons aujourd’hui une nouvelle traduction d’un article du site Britannia.com sur le thème des Légendes Arthuriennes. Cette fois-ci, l’historien anglais David Nash Ford nous entraîne sur les pistes des sources historiques les plus anciennes mentionnant un roi du nom de Arthur et en examine la possible véracité. C’est un sujet que nous avons déjà évoqué partiellement dans des articles précédents mais, il y a derrière ce travail de traduction l’idée de  mettre à portée des non anglophones ou de ceux qui sont à la recherche de sources en français, d’autres contributions sur le sujet, notamment vue par les historiens de l’autre côté de la manche.

Nous en profitons, au passage, pour ajouter quelques illustrations d’intérêt que vous ne trouverez pas dans la source originale, agrémentées d’un passage de l’Excidio Britanniae de Saint-Gildas, traduit également de l’anglais.

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Le roi Arthur au Mont Badon, gravure de 1898 par George Woolliscroft Rhead & Louis Rhead

Big up pour britannica donc et encore merci à David Nash Ford pour ses travaux et ses articles sur les légendes arthuriennes. Vous pourrez trouver la version originale anglaise de cet article, à l’adresse suivante:   Early References to a Real Arthur – A discussion by David Nash Ford


Les Premières références à un véritable Arthur, par David Nash Ford

« Il n’y a qu’une seule source arthurienne contemporaine qui puisse être examinée de nos jours. Concerning the Ruin of Brittain (« A propos de la ruine de la Grande-Bretagne »), ou De Excidio Britanniae a été écrit par le moine nord britannique, Saint-Gildas, au milieu du sixième siècle. Malheureusement, Gildas n’était pas un historien. Son unique préoccupation était de déplorer la perte du mode de vie romain et d’adresser des reproches aux dirigeants britanniques (Constantin, Aurelius Caninus, Vortepor, Cuneglasus et Maglocunus) qui avaient usurpé le pouvoir impérial et mis à mal les valeurs chrétiennes.

Il n’y a aucune mention d’Arthur dans l’ouvrage, mais Gildas y fait bien référence à un personnage appelé « The Bear », signification du mot celtique, Art-. Il fait l’éloge de Ambrosius Aurelianus et mentionne également le siège du mont Badon, bien qu’il ne dise rien du nom du vainqueur. Les écrits de Gildas sont datés d’immédiatement avant 549 ( date de la mort de Maglocunus, l’un de ses « usurpateurs »). Le passage mentionnant Badon date le siège de quarante-quatre ans avant cela. Cela situe Arthur, de manière ferme, au tournant du 6ème siècle. (Voir Alcock 1971) (1).


Citation extraite de De Excidio Britanniae Saint Gildas
Citation extraite de De Excidio Britanniae Saint Gildas

« Leur chef était Ambrosius Aurelianus, un homme qui fut peut-être le seul des Romains à avoir survécu au choc de cette tempête considérable: il est certain que ses parents, qui avaient porté le pourpre, y furent massacrés. De nos jours, ses descendants sont devenus notablement en dessous de l’excellence de leurs grand-pères. Sous ses ordres, notre peuple a retrouvé ses forces et défié les vainqueurs de se battre. Le Seigneur a donné son accord et la bataille s’est déroulée comme il se doit. À partir de ce moment, la victoire est revenue tantôt à nos compatriotes, tantôt à leurs ennemis; afin que dans ce peuple le Seigneur puisse juger (comme il tend toujours à le faire) de son Israël actuel pour voir s’il l’aime ou non. Tout cela a duré jusqu’à l’année du siège de Badon Hill, à peu près la dernière défaite des méchants, et certainement pas la moindre. C’était l’année de ma naissance …  »     

De Excidio Britanniae Saint Gildas


Les Annales de la Pâque galloise ou Annales Cambriae, censées avoir été écrites durant les années auxquelles elles font référence , de 447 à 957 après JC (bien que des entrées très anciennes aient probablement été écrites quelque temps après les événements), sont parmi les premières sources à mentionner Arthur. Utilisé pour calculer les dates de Pâques, ce document enregistre également de nombreux événements historiques, au fil de ses entrées annuelles. Deux d’entre elles mentionnent Arthur. L’année 516 après JC évoque : « La bataille de Badon, au cours de laquelle Arthur porta la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ pendant trois jours et trois nuits sur ses sources_historiques_galloises_legendes_arthuriennes_annales_cambriaeépaules et où les Britanniques (brittons) furent vainqueurs ».

L’entrée pour l’année 537 ap-JC mentionne « Le conflit de Camlann durant lequel Arthur et Medraut (Mordred) ont péri ». Tous les personnages inclus dans ces annales sont, par ailleurs, fiables et se sont avérés être de vrais personnages historiques. Il n’y a donc aucune raison de supposer qu’Arthur et Mordred ne le soient pas également. On a suggéré que, du point de vue stylistique, l’apparition d’Arthur dans l’entrée qui mentionne Badon aurait pu être une interpolation. Les critiques à l’égard de la durée de la bataille sont cependant infondées, puisque Gildas (cité plus haut), se réfère, de façon plus correcte, à cette bataille, comme à un siège. L’affirmation selon laquelle Arthur portait « la croix de Notre Seigneur sur ses épaules »  peut faire référence à une amulette contenant une morceau de la vraie croix ou il peut s’agir, plus probablement, d’une erreur de transcription du gallois « shield » (bouclier) en « shoulder » (épaule), indiquant que la croix était simplement une armoirie sur le bouclier. (Voir Alcock 1971).

Arthur se voit gratifier d’un commentaire passager, dans le poème des débuts du VIIe siècle, Y Gododdin de Aneirin, le célèbre barde de la Maison Royale des Pennines du Nord* (chaîne de montagnes anglaises). Cet écrit glorifie les contributions des armées legendes_arthuriennes_roi_arthur_la_charge_du_mont_badon_haut_moyen-agebritanniques du nord, dirigées par celle de Din-Eityn et de Gododdin, lors de la bataille de Catraeth vers 600 ap. J.-C., et un guerrier y est décrit comme ayant « des nuées de corbeaux noirs sur les remparts du fort, bien qu’il ne s’agisse pas d’Arthur « .

Le Roi Arthur, la charge du Mont Badon, gravure de 1898 par George Woolliscroft Rhead & Louis Rhead

On a prétendu que cela démontrait de la diffusion précoce de la renommée d’Arthur. Malheureusement, au regard des sous-entendus en usage dans le langage du  nord, cela peut se référer à un contemporain d’Arthur, originaire du nord, le Roi Arthwys des Pennines.

La dernière référence arthurienne majeure se situe dans l’ouvrage du 8ème siècle Historia Brittonum ou Histoire des Britanniques, apparemment écrite par un historien gallois du nom de Nennius et qui a peut-être été un moine de Bangor Fawr (Gwynedd)* (ndt région du pays de Galles). Nennius s’est servi de nombreuses chroniques pour assembler cette compilation historique des peuples britanniques, suivie de généalogies et d’une liste des 28 villes de Grande-Bretagne. Ce legendes_arthuriennes_sources_anciennes_Historia_brittonum_Nennius_MS_Harleian_3859travail est particulièrement connu pour son chapitre concernant les campagnes d’Arthur et qui raconte ses douze batailles.

Ces dernières sont peut-être un résumé en latin d’une ancienne liste de batailles galloises, probablement antérieures à la bataille de Camlann qui s’y trouve passée sous silence. A-t-on chanté cela à la cour d’Arthur ? Chaque bataille est nommée à tour de rôle, mais l’ennemi n’est pas spécifié et les lieux demeurent difficiles à identifier. Nennius affirme que, durant toutes ces batailles, Arthur « les » a combattu, en faisant référence aux Saxons originaires du Kent qu’il mentionne précédemment, bien que cela semble improbable. (Voir Alcock 1971).« 

David Nash Ford


Une belle journée à tous.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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 (1) Arthur’s Britain by Leslie Alcock 

Agenda Médiéval et moyen-âge festif du dernier week-end d’août

agenda_fetes_festival_animations_medievales_moyen-age_festifSujet : agenda, fêtes médiévales, événements historiques, moyen-âge festif, animations, marché médiéval. idées week-end, histoire vivante.
Lieu : Bretagne,  Occitanie, Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Normandie.
EvénementMédiévales d’ici et d’ailleurs, châteaux en fête.
Dates: Du 23 au 26 août 2018

Bonjour à tous,

L_lettrine_moyen_age_passiona fin du mois d’août est déjà là mais cela ne refrène pas, loin de là, les ardeurs des médiévistes ou des différentes cités de France pour célébrer le moyen-âge qu’il soit, réinventé, reconstruit ou plus fidèlement et patiemment reconstitué au gré des fêtes et de l’esprit que veulent lui insuffler leurs organisateurs. Direction la fin de semaine donc, pour une sélection de quelques grandes fêtes et animations médiévales qui vous attendent aux quatre vents et à travers la France.


Les 13e Médiévales de Folleville

Lieu : Folleville, Somme, Hauts-de-France.
Dates : les 25 & 26 août 2018

fetes_animations_medievales_folleville_Hauts-de-FranceAu programme : avec trois hectares entiers dédiés aux festivités, les Médiévales de Folleville continuent, avec cette édition, d’affirmer leur volonté de se situer au plus près de  la reconstitution et de l’Histoire Vivante.

On jugera également de la taille de ce grand rassemblement médiéviste par le nombre de compagnies et mesnies attendues. Aux joutes équestres, combats en armure et tirs d’artillerie d’époque, viendront s’ajouter jongleurs, musiciens et danseurs et on pourra encore trouver sur place un marché médiéval composé exclusivement d’artisans présentant des produits ayant un lien véritable avec la période médiévale.

Compagnies médiévales présentes (hors artisans)

Compagnie d’Armoise – Compagnie d’Armes de la Tour d’Auvergne – Compagnie de Lastour – Compagnie du Crépuscule – Francs Compaings Brabancons – Compagnie de la Griffe – Compagnie du Griffon – Mesnie de la Licorne – Leus du Val de loyre – Regrattiers de l’Histoire – Compagnie Sainte Barbe – Compagnie du Rougemont – Vita Karoli – Via Historiae – Mesnie d’Augerolles – Camille Paumard – Chevalerie Initiative

Voir le programme détailléNotre article sur l’édition précédente


La 8eme fête médiévale d’Embrun

Lieu : Embrun, Hautes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Dates : les 23 et 24 août 2018

fete_foire_animations_medievales_embrun_provence-Alpes-Cote-d-AzurAu programme : proposée par le municipalité d’Embrun, il s’agit de la 8eme édition de ces fêtes médiévales.

Sur place, de nombreuses animations médiévales sont prévues : déambulations musicales et théâtrales, campements d’époque avec archerie, artisanat, et combats, et encore marché médiéval et artisanal (40 artisans annoncés).

Le jeudi soir, une nocturne spéciale est aussi prévue avec défilé au flambeaux, concert des Compagnons du Gras Jambon et spectacle de feu. Attention aux dates, cette fête médiévale commence le jeudi pour s’achever le vendredi soir.

Compagnies et artistes présentes

La Petite Flambe – Les Compagnons du Gras Jambon – Les Baladins de Méliador – le Duo à Deux Têtes – Cie des Archers d’Embrun – Le Mage Arzhar – L’Ost Barthelon – L’Ost des Temps Jadis

Site de l’organisateurProgramme détaillé de la fête


Fête médiévale au pays de Grand Fougeray

Lieu :  Grand Fougeray, Ille-et-Vilaine, Bretagne.
Dates ; les 24, 25 et 26 août 2018

fete_medievale_animations_compagnies_medievales_spectacle_chevalerie_Grand-Fougeray_bretagneAu programme :  décidément, quand les bretons se mêlent de festoyer autour du moyen-âge, il en ressort toujours quelque chose d’intéressant. Ce week-end, c’est au tour de la cité de Grand Fougeray d’entrer dans la danse avec la 11ème édition de sa fête médiévale et quelle entrée!

Avec sept lieux différents dédiés à l’événement, cette fin de semaine, la fête battra son plein dans tout l’endroit : spectacles équestres et chevaliers en action, théâtre de rue, animations permanentes, musiques, fauconnerie et encore des jeux pour tous les âges. Ajoutons encore le samedi soir, une  grande nocturne  avec un spectacle créé pour l’occasion par la Compagnie Kanahi et la Compagnie Capalle et présentant  plus de 40 figurants. Dans la liste des divertissements, on n’oubliera pas de mentionner, là encore, un marché médiéval riche d’une cinquantaine d’artisans.

Trailer vidéo de la fête médiévale de Grand Fougeray

Compagnies présentes à la fête médiévale de Grand Fougeray

Anne Freudiger Fauconnerie – Cie Amabilis – Les Archers de Guichen – Cie Kanahi – Les Operchés – Les Gueux de Landerneau – Lez Nominoë -Waraok – Cie Sonjévéyés – La Jaupitre – Cie Contrevolte – Prima Nocta – Maisnie de Kistreberh – Ballarom – Compagnie Capalle –

Site officiel & programme détaillé –  FB de l’événement


Miramas : l’Aventure  médiévale

Lieu : Miramas, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Dates : les 25 & 26 août 2018

agenda_fetes_aventure_medievales_miramas_provence-cote-d-azur23aoutAu programme : direction le sud, aux portes de l’Etang de Berre et à quelques lieues de Marseille, la belle cité de Miramas y célèbre ce week end ses Médiévales. La fête promet de s’étendre sur l’ensemble du village pour le faire revivre aux plus belles heures du moyen-âge, de ses artisans, de ses artistes et, bien sûr, de ses chevaliers. Dans les rues, défilés et parades, contes, musique et mini-concerts, village d’artisans et démonstrations des savoir-faire d’antan, mais aussi campement médiéval, spectacles équestres, tournoi, lice et combats, fauconnerie, et encore un espace spécial pour les plus petits.

Compagnies présentes aux médiévales de Miramas

Les Noiseux d’Orcarnie – Forestia – La troupe Aragorn – Le Camp des rêves – Atanae – Les gardiens des 3 croix – Les Guerriers du Lendemain – L’ordre de la Reine Jeanne – La Guerre des Couronnes.

Site de l’organisateur & programme détaillé


Les Rencontres mérovingiennes
du Musée des temps barbares

Lieu  : Marle, Aisne, Hauts-de-France.
Dates :  les 25 & 26 août 2018

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Au programme : animations médiévales, reconstitution, ateliers et histoire vivante autour de la période haut-moyen-âge. Comme il l’a déjà fait à plusieurs occasions cette saison, le Musée des Temps Barbares de Marle vous propose ici des rencontres et échanges avec un groupe de médiévistes passionnés de cette période. Visite du musée conseillé !

Voir site du musée  –   Voir notre article précédent sur ce musée


Des vikings dans une abbaye

Lieu : Saint-Evroult-Notre-Dame-Du-Bois, Orne, Normandie.
Dates : Les 25 et 26 août 2018

fetes_compagnies_medievales_viking_normandieAu programme :  dans le cadre de  l’Abbaye de Saint-Evroult-Notre-Dame-Du-Bois, deux jours pour partir à la découverte des vikings du temps de Rollon avec une cinquantaine de reconstituteurs et passionnés de cette période et des cultures nordiques : démonstrations de combats, lutte traditionnelle scandinave,  conférences, découverte, baptême, initiation, etc… avec également et sur réservation un banquet médiéval, le samedi. Des visites de l’abbaye sont également organisées au fil de l’événement.

FB de l’événement  – Pour voir le programme détaillé cliquez ici


Les Troubadours d’Osséja

Lieu : Osséja, Pyrénées-Orientales, Occitanie.
Dates : les  23 et 24 août 2018

agenda_fetes_troubadours_animations_medievales_osseja_occitanieAu programme : au bord d’un joli lac pyrénéen, animations médiévales en continue, musique, saltimbanques, fauconnerie, ateliers d’époque et bien sûr aussi démonstrations de combats en armure. En nocturne, le jeudi, banquet médiéval avec  spectacle de Feu

Compagnies présentes : Cie Oriflamme – La Montagne des Aigles – Les Tanneurs du Drac – Cie Desmonium

Site officiel de l’organisateur Voir le programme détaillé ici


La fête du Crépy-en-Valois

Lieu : Crépy-en-Valois, Oise, Hauts-de-France.
Dates : les 25 et 26 août 2018

fete_medievale_des_cochons_crepy_en_vallois_hauts_de_franceAu programme : fête & marché médiéval ET fête du cochon. Marché des saveurs et objets médiévaux, artisans métiers anciens, fauconnerie, sans oublier, pour les plus téméraires, le concours du cri de cochon, le dimanche, qui fut, nul ne l’a oublié, arraché haut la main, l’an dernier et pour la première fois de sa trépidante histoire, par une candidate.  Vive l’égalité des sexes !

Compagnies présentes : Compagnie du Lion de Flandre, Arthus, Au fil du Vent, Vol en scéne.

Voir le programme de cette fête


Voilà pour notre sélection de cette fin de semaine, mes amis. Pour terminer, ajoutons-y encore le grand spectacle historique de la Bataille de Castillon qui jouera cette fin de semaine ses dernières représentations de la saison.

En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.