Archives pour la catégorie Châteaux, forteresses et architecture médiévale

Cette catégorie est dédiée aux châteaux forts du Moyen-âge et plus généralement à l’architecture médiévale. Vous y trouverez des éléments historiques ou archéologiques sur ces questions mais aussi des reconstitutions 3D de forteresses ou de constructions d’époque.

Mottes castrales et châteaux à motte : des nouvelles de la Tour Roland de Lassigny

motte_castrale_feodale_archeosite_archeologie_medievale_experimentale_lassigny_tour_roland_armoiriesSujet : mottes castrales, motte féodale, archéologie expérimentale, architecture médiévale, château à motte,  archéosite
Période : moyen-âge central, XIIe siècle
Lieu : Tour Roland, Lassigny,
Oise, Hauts de France
Porteur du projet : Bruno De Saedeleer Association Sauvegarde du Patrimoine,

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous vous avions parlé, il y a quelque temps, d’un beau projet autour du monde médiéval, mis en place sur la commune de Lassigny, dans l’Oise. Depuis près de 8 ans, un homme y a, en effet, initié le projet ambitieux  de faire surgir de terre, sur le site même d’une butte castrale d’époque, un village médiéval avec sa grande tour maîtresse et tous les ingrédients qui présidaient alors dans ce type de construction fortifiée. La passion pour l’histoire peut s’avérer contagieuse quand elle est sincère et, aujourd’hui, plus de quarante bénévoles sont impliqués aux côtés de Bruno De Saedeleer, le porteur de ce projet, pour faire revivre aux visiteurs du site un peu de la saveur du moyen-âge central, du temps des châteaux à motte.

Cette année, les travaux effectués sur site, sous les regards étonnés et curieux des nombreux visiteurs, ont franchi une étape notable puisque la grande tour et le logis du seigneur médiéval des lieux n’a jamais été aussi près d’y être achevée. Perchée fièrement sur sa butte, cette belle tour maîtresse possède désormais ses fondations et sa charpente (voir photo ci-dessous). Pas moins de 25 tonnes de bois et de poutres maîtresses ont été nécessaires pour réaliser cette dernière et le site n’a jamais été aussi près de mériter son nom de Tour Roland.

Les châteaux à motte au moyen-âge central :
petit rappel historique

tour_maitresse_logis_donjon_seigneurial_moyen-age_central_tour_roland_archeosite_LassignyConcernant les grandes tour ou tour maîtresse, on retrouve ce type de structures sur nombre de sites de mottes castrales au Moyen-âge central. Bras armé de la défense passive du pouvoir féodal, l’édifice permettait de voir loin et de protéger plus efficacement, depuis ses hauteurs, ses habitants, sa basse-cour mais aussi son seigneur, en cas d’attaque. Les fonctions défensives de ce type d’édifice fortifié étaient  aussi indissociables de la marque symbolique qu’il imposait au paysage. Du haut de sa butte, il envoyait en effet, à la vue de tous, un message clair (de pouvoir, de prestige, de main mise sur les terres) aux habitants, aux étrangers de passage, comme aux seigneurs voisins.

Dans un certain nombre de cas de figure, la tour a hébergé le logis du seigneur, encore fallait-il pour cela que le diamètre en haut de la butte le permette, sans quoi la tour qui s’y trouvait pouvait être simplement défensive. On trouvait alors le logis du seigneur, en un autre endroit du périmètre.

Propagation et disparition
des mottes castrales

Marque défensive, marque de pouvoir et de prestige, la France féodale des Xe au XIIe siècles verra littéralement essaimer les châteaux à motte. Si l’on sait aujourd’hui qu’ils ont coexisté, du Xe au XIIe siècle et au delà, avec d’autres types de logis défensifs seigneuriaux (enceintes seigneuriales, maisons fortes, donjons de pierre ou même châteaux de pierre), la rapidité avec laquelle ils pouvaient être érigés autant que l’accessibilité des matériaux nécessaires à leur réalisation (bois et terre principalement) expliquent, indéniablement, leur propagation.

Même si l’on retrouve des mottes castrales établies jusque très tardivement dans le courant du moyen-âge, dans certains lieux de France (revoir, à ce sujet Histoire de châteaux-forts & techniques de siège médiévales), cette relative simplicité dans leur construction autant que la fragilité de leurs matériaux (inflammables) ont aussi signé leur disparition puisque la pierre a fini par les supplanter. Quand elles n’ont pas été simplement désertées à la faveur d’autres sites, leur butte ont vu s’établir, dans un nombre non négligeable de cas, des constructions plus solides. On devait attendre pour cela que la terre de remblais (issue principalement des fossés qui les bordaient), soit suffisamment tassée pour supporter un édifice de pierre.

La grand tour de la Tour Roland :
édifice défensif et logis seigneurial

Comme le veut la règle d’architecture médiévale la plus répandue pour ces bâtiments défensifs et seigneuriaux, le premier niveau de la grande tour du site de Lassigny ne sera pas accessible de l’extérieur. Il sera ici réservé au sellier et aux réserves de nourriture et boissons toujours appréciées en toute saison et hautement stratégiques en cas de siège. A l’étage supérieur, une grande salle permettra au Sire Roland de Lacheni d’y recevoir dignement ses convives et au dessus, encore, le maître des lieux trouvera de quoi se loger avec ses proches, ainsi qu’une chapelle pour se recueillir très chrétiennement,  en remerciant le Tout-Puissant de lui avoir donné la main sur un si beau fief.

On retrouvera bien sûr, dans cette construction et sa répartition un peu de l’esprit du donjon que nous avait décrit Lambert, curé d’Ardre dans ses Chroniques de Guines et d’Ardre, au début du XIIIe siècle. A ce sujet, nous avons réalisé une vidéo explicative que nous vous convions à redécouvrir au lien suivant : à la découverte des mottes castrales, le donjon et logis du seigneur.

aventure_medievale_humaine_historique_archeosite_mottes_castrales_feodales_tour_roland

Une aventure historique et humaine

Pour Bruno de Saedeleer (à cheval dans la photo ci-dessus), cette étape dans l’avancée du site est la récompense de longues années de travail et de persévérance à porter le projet auprès des institutions et avoir fait de la Tour Roland, un lieu de découverte et de sensibilisation pour tout public, y compris les scolaires. Au delà du symbole médiéval que cette construction représente, elle est aussi, pour ce passionné volontaire et opiniâtre et toute son équipe, la marque d’une belle aventure humaine. De fait, nous voulons ici en profiter pour souhaiter une nouvelle fois à son projet tout le succès qu’il mérite, ainsi qu’une longue vie.

Un calendrier 2019 prometteur

Pour anticiper un peu sur le calendrier 2019, la tour seigneuriale se verra inaugurer au printemps et dans les travaux d’importance prévus à la saison prochaine on comptera, en plus d’une maison paysanne, la construction d’une palissade pour border le site et protéger efficacement sa basse-cour. De nouveaux événements festifs et de belles animations devraient encore s’ajouter à cette programmation pour ravir les visiteurs venus de loin pour visiter le site de la Tour Roland, aussi restez bien à l’écoute.

D’autres articles d’intérêt sur le sujet

Découvrir le projet expérimental de la Tour Roland
Teaser : la Tour Roland en vidéo
Retrouvez tout nos articles sur les mottes castrales et féodales ici.

En vous souhaitant une très belle journée.
Frédéric EFFE.
Pour moyenagepassion.com.
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Reconstitution 3D : le château de Flint et son premier village médiéval au XIVe siècle, par Dextra Visual

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : château-fort, reconstitution 3D, vidéo, architecture médiévale, angleterre médiévale, Pays de Galles, monument historique, patrimoine anglais. forteresse.
Période : Moyen-âge central, XIVe siècle
Lieu : Château de Flint ( Flintshire, pays de Galles, frontières anglaises)
Chaîne Youtube : Dextra Visual

Bonjour à tous,

I_lettrine_moyen_age_passion copial y a quelque temps de cela, nous vous avions parlé  de l’histoire médiévale du château fort de Flint et avec elle, de la conquête du Pays de Galles par le roi Edouard 1er d’Angleterre, entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle.

A cette occasion, nous vous avions présenté l’extraordinaire travail de reconstitution 3D de l’édifice juste après sa création (autour de 1304). par la chaine Youtube Dextra Visual. Il n’y avait alors que le château et son site et c’était déjà beaucoup, mais comme dans la continuité de cette réalisation, les infographistes anglais de Dextra Visual viennent tout juste d’ajouter le premier village qui ne tarda pas à jouxter le bâtiment, nous ne résistons pas à partager avec vous cette nouvelle vidéo. Elle rend bien compte des phénomènes fréquents d’urbanisation (ou de pré-urbanisation) autour des forteresses médiévales.

Le château de Flint et son village médiéval à la fin du XIIIe siècle.

Encore une fois, il faut rendre grâce ici à la grande qualité de la réalisation infographique qui nous permet de nous transporter véritablement au coeur du moyen-âge central, pour revenir aux plus belles heures de ce château-fort d’inspiration philippienne.

Un projet éducatif et touristique

Ajoutons que les artistes de Dextra Visual ne sont pas arrêtés là puisqu’ils ont encore modélisé la ville de Flint et son château plus tard dans le temps : dans le courant du XVIIIe et également aux débuts du XXe. Pour information, toutes ces réalisations s’inscrivent, en réalité, dans le cadre d’un projet très sérieux, commissionné par le Conseil du Comté de Flintshire en vue de promouvoir l’histoire et le patrimoine de la région, dans un but à la fois éducatif et touristique.

L’ensemble du projet déborde un peu le cadre médiéval qui nous occupe ici mais si vous en avez la curiosité et pour poursuivre ce voyage dans le temps jusqu’à nos jours, nous vous encourageons  à visiter la chaîne youtube officielle de Dextra Visual  pour y retrouver toutes ces vidéos.

En vous souhaitant une excellente  journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Le château de Ewloe, bastion de la resistance galloise dans l’Angleterre médiévale des XIIe et XIIIe siècles

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : château-fort, reconstitution 3D, vidéo, architecture médiévale, angleterre médiévale, Pays de Galles monument historique, patrimoine anglais.
Période : Moyen-âge central, XIIIIe siècle
Lieu : Château de Ewloe ( Flintshire, pays de Galles, frontières anglaises)

Bonjour à tous,

I_lettrine_moyen_age_passion copial y a quelque temps de cela nous avions partagé ici une belle reconstitution 3D du château de Flint au pays de Galles et nous avions touché, à cette occasion, un mot de l’histoire de l’Angleterre médiévale.  Aujourd’hui c’est un autre château que nous vous présentons. Il a lui aussi joué son rôle dans le cadre du même conflit qui opposait la couronne anglaise aux natifs gallois.

ewloe_chateau_fort_gallois_angleterre_europe_medievale_moyen-age_central

Situé lui aussi au nord du pays de Galles et dans le comté du Flintshire,  à quelques lieues du site du château de Flint et à deux pas de la frontière anglaise, le site d’Ewloe connut plusieurs épisodes houleux de Henri II d’Angleterre, à son fils Henri III et finalement ,jusqu’au fils de ce dernier, Edouard 1er. Nous en avions parlé dans notre article précédent, c’est ce dernier souverain, qui, d’une main de fer et notamment au moyen d’un grand maillage de forteresses, mit un terme à la résistance galloise qui s’efforçait de regagner le terrain qui lui avait été confisqué depuis les campagnes de Guillaume le conquérant, autour de 1066 et contre les seigneurs de la Marche que le normand avait mis en place derrière lui.

Henri II d’Angleterre, Owain Gwynedd et
La bataille d’Ewloe ou de Coleshill

P_lettrine_moyen_age_passion copiaeu après son accession au trône, Henri II d’Angleterre décida de lancer une campagne en galles pour y rétablir l’ordre et y restaurer la couronne. En 1157, parti de Chester, avec dit-on près de 30 000 hommes, il entendait remonter vers le nord du pays de galles pour le reconquérir mais l’affaire ne fut pas si simple. Il croisa, en effet, bientôt l’opposition galloise sur sa route. Dans le but de la prendre à revers, le souverain anglais envoya son avant-garde dans la forêt d’Ewloe. Erreur fatale. Ses hommes s’y feront piégés et le site sera le théâtre d’une grande victoire des gallois. Les gallois menés par les fils de Owain Gwynedd  y mettront ainsi en déroute les armées d’Henri II.  L’histoire raconte même que le roi anglais manqua d’être tué durant cette bataille qui entra Owain_Gwynedd_armoirie_supposee_angleterre_pays_de_galles_europe_medievale_moyen-age_centraldans la légende du côté gallois, d’autant plus  que ces derniers se trouvaient, à ce que l’on conte, en large sous nombre par rapport aux anglais.

(ci-contre armoiries « supposées » de Owain Gwynedd, non vérifiée historiquement)

Même si Henri II put tout de même, suite à cette bataille, poursuivre ses avancées et contraindre Owain à une trêve, en entreprenant une nouvelle campagne près de 10 ans plus tard et en 1165, il prendra cette fois, une autre route. Il est possible que le souvenir douloureux de l’affront reçu à Ewloe l’y ait poussé. L’histoire ne le dit pas, mais les gallois aiment à le supposer.

Reconstitution de Ewloe par DEXTRAVISUAL

Ewloe sous le règne de
Llywelyn ap Gruffudd, dernier prince gallois

I_lettrine_moyen_age_passion copial est difficile de savoir si le site bénéficiait déjà au XIIe siècle et au moment de la bataille d’Ewloe, d’une construction fortifiée. Si c’est le cas, elle ne semble pas avoir joué de rôle dans les échauffourées qui se passèrent principalement en forêt.  Il faut donc faire un bond, un siècle plus tard, sous Llywelyn ap Gruffudd (ou Gruffyddpour retrouver la trace d’une partie de la construction dont on peut observer de nos jours les vestiges.

Le château-fort d’Ewloe compte d’ailleurs parmi les derniers, sinon le dernier, à avoir été édifié de la main d’un seigneur gallois natif.  Nous sommes au milieu du XIIIe siècle, sous le règne d’Henri III, et le grand seigneur et stratège gallois, encore connu sous le nom de Llywelyn le Dernier (voir article précédent) allait commencer à Ewloe_chateau_fort_architecture_medievale_reconstitution_3D_angleterre_moyen-ageregagner à nouveau du terrain sur la couronne anglaise.

Après avoir repris le site d’Ewloe en 1257, il y engagera  la construction d’une forteresse de pierre. En 1265 et depuis cette position fortifiée, le gallois fera même tomber le château de Hawarden, à quelques kilomètres de là.

A l’occasion du traité de  Montgomery de 1267, les terres furent reconnues à la main du Prince de Galles, mais dix ans plus tard, face aux alliances de ce dernier avec Simon de Montfort, le fils d’Henri III désormais couronné Edouard 1er ne l’entendra pas de cette oreille. Il lancera une campagne qui durera de 1277 à 1283 et aura définitivement raison de la résistance galloise.

Le pays de Galles à la main de Edouard 1er
et la fin du château d’Ewloe

A_lettrine_moyen_age_passionprès avoir assis son autorité dans le Flintshire, le roi d’Angleterre boudera le site d’Ewloe et lui préférera, de loin, le château de Flint, nouvellement édifié, plus vaste et bien plus stratégique du point de vue militaire (structure défensive plus efficace, ravitaillement en troupes et en logistique facilité par voie maritime).

Eléments d’architecture défensive

De son côté, sis sur un monticule rocheux, le château d’Ewloe était noyé au milieu d’une dense végétation forestière qu’il surplombait de ses hauteurs. A l’époque de son occupation, il faut supposer que ses abords étaient clarifiés afin de détecter l’approche d’assaillants potentiels et pouvoir les accueillir, le cas échéant, avec quelques jets nourris de flèches ou de carreaux d’arbalète.

Du point de vue architectural, il était bordé d’un fossé et possédait une structure commune à d’autres châteaux gallois de la même période. A l’image de certaines mottes castrales, il était doté d’une double enceinte : une autour de la basse-cour, l’autre protégeant la haute cour et son donjon. A l’opposé de ce dernier, une autre tour flanquée venait encore protéger l’autre pointe de l’édifice. L’accès à la basse cour s’effectuait par une simple porte, ménagée dans le mur d’enceinte. L’entrée la plus large se trouvait, quant à elle, du côté de la haute cour et était accessible au moyen d’un pont enjambant le fossé. (voir photo plus haut dans l’article)

Ewloe_chateau_fort_architecture_europe_medievale_angleterre_moyen-ageA la fin du XIIIe siècle, le site étant tombé à l’abandon, les belles pierres de Ewloe seront, comme pour beaucoup d’autres  édifices de cette période, pillées ou réutilisées à la faveur d’autres projets. De la gloire passée de Llywelyn le Dernier, il ne reste aujourd’hui à Ewloe plus que quelques murs debout pour encore en témoigner. Comme Flint, le château de Ewloe et la préservation de ses restes ont été confiés au CADW, organisme gallois pour la sauvegarde et la protection du patrimoine.  Encore une fois, il faut rendre grâce ici au travail d’infographie 3D de la chaîne DextraVisual qui nous fournit l’occasion d’approcher de plus près l’histoire mouvementée de l’Angleterre médiévale, tout en nous donnant les moyens de visualiser l’édifice après sa construction.

Malgré la longue résistance du pays de Galles, ce dernier n’échappera toutefois pas à son destin. Le XIIIe siècle est un siècle d’expansion pour les souverains de l’Europe médiévale et ces derniers s’évertuent à regagner du terrain sur des provinces perdues ou même à en conquérir de nouvelles. Contre les pouvoirs et les « identités » régionales, contre les seigneuries, les baronnies ou les duchés, l’Europe des nations est en marche, ou à tout le moins en gestation, et c’est d’abord et avant tout une Europe qui se construit contre les dérives de la féodalité, autour des monarques et des couronnes et de leur volonté de centralisation.

En vous souhaitant une excellente  journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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Sources :  

The Medieval Castles of Wales Par John R. Kenyon,
University of Wales Press, 2010.

Le site web Castlefortbattles de l’historien James Lancaster

Black’s picturesque guide to North Wales (1874)

Travailler sur les chantiers du moyen-âge, une conférence de Cécile Sabathier, au musée de Cluny

conferences_audio_video_moyen-age_monde_medieval_agriculture_paysan_serfs_vilain_moyen-ageSujet: chantier médiéval, métiers médiévaux, construction médiévale, artisans, corps de métiers, architecture médiévale, histoire médiévale, médiéviste
Période : moyen-âge tardif, XIVe au XVe
Média: conférence vidéo, chaîne youtube
Lieu: Musée de Cluny, mars 2018
Titre: Travailler sur les chantiers au Moyen Âge
Conférencière:  Cécile Sabathier

Bonjour à tous,

M_lettrine_moyen_age_passionieux comprendre l’organisation des chantiers médiévaux mais aussi mieux approcher les conditions générales entourant les travailleurs qui s’affairaient et fourmillaient sur les sites de construction du moyen-âge, voilà un objectif louable et passionnant. Le 16 mars 2018 et dans le cadre d’une conférence, le Musée de Cluny recevait la jeune doctorante de l’Université Paris-Sorbonne Cécile Sabathier qui s’est fait une spécialité de la question, sur une période qui couvre le XIVe et le XVe siècles et qui correspond donc au moyen-âge tardif.

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Enluminure du « Titus Livius, Ab Urbe condita », Français  263, BnF département des manuscrits, début XVe siècle

A l’aide de nombreux exemples pris notamment dans le midi médiéval qui fait plus particulièrement l’objet de ses recherches, la médiéviste nous propose ici un large panorama du sujet : organisation, hiérarchie, mixité et âge de travailleurs en présence, systèmes de rémunération, corvées (le cas échéant), échelle des salaires, durée journalière, saisonnalité, sécurité et prise en compte de la pénibilité, logement sur site, etc…, elle abordera encore la question de la mobilité de la main d’oeuvre médiévale et de la structure familiale autour des chantiers.

Cette conférence ne manquera pas d’intéresser les médiévistes et les amateurs de moyen-âge mais encore les nombreux reconstituteurs et gestionnaires de parcs et chantiers historiques, comme on en trouve de plus en plus sur les terres de France (château Guédelon, Tour Roland, Montcornelles, etc…). Tous trouveront indéniablement, auprès de cette spécialiste de la question, une véritable mine d’information.

Travailler sur les chantiers au moyen-âge par Cécile Sabathier

Nous devons encore insister ici sur la qualité des interventions proposées par le musée de Cluny et le plus important, remercier ses organisateurs pour le généreux partage qu’ils font de ces conférences avec le grand public.

En vous souhaitant une belle écoute et une excellente journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Maquette médiévale : « Odes à Mélusine », une nouvelle oeuvre de Pascale Lainé et toute l’histoire de la fée « bâtisseuse »

pssion_medievale_art_maquettes_miniatures_artiste_passionné_histoire_moyen-ageSujet :  reconstitution, maquettes, reproduction, artiste, passion médiévale, portrait de passionné, architecture médiévale,  maquettes médiévales.
Période : moyen-âge gothique et roman
Artiste : Pascale Laîné
Réalisations : maquettes et miniatures médiévales, exposition.
Oeuvre : Odes à Mélusine (2018)

Bonjour à tous,

I_lettrine_moyen_age_passion copial y a quelque temps, nous vous avions présenté ici le travail de l’artiste Pascale Lainé autour de ses fabuleuses maquettes médiévales. Si vous aviez vu l’article d’alors, vous n’avez pu oublier ses univers et ses scènes d’ambiance miniatures, au carrefour de l’architecture gothique et médiévale et du moyen-âge fantastique. Elle nous avait alors promis de revenir vers nous sitôt que le projet sur lequel elle se trouvait occupée verrait le jour et c’est désormais chose faite. Après des centaines et des centaines d’heures de travail, elle vient, en effet, de mettre la touche finale à sa nouvelle oeuvre : un ode à la fée médiévale Mélusine qui nous avons le plaisir de vous présenter ici en image.

Maquettes médiévales : Ode à Mélusine, un oeuvre de Pascale Lainé
Maquettes médiévales : Odes à Mélusine, un oeuvre de Pascale Lainé

Nous en profiterons pour faire un large crochet et pour vous parler de la fée Mélusine et de son émergence dans la littérature médiévale. Grande bâtisseuse, la fille de la fée Présine et du Roi Elinas fait sans doute partie des personnages les plus fantastiques de la mythologie du moyen-âge central à tardif, de la Bretagne au Poitou et  à l’Aquitaine, en passant par la Provence. Sa réputation a traversé les siècles puisqu’elle demeure encore populaire dans de nombreuses régions.

XIVe siècle
naissance de la Melusine de Jean d’Arras

S_lettrine_moyen_age_passioni plusieurs sources antiques font mention d’une déesse ou fée mi-femme mi-serpent, la mythologie médiévale autour de Mélusine fut définitivement fixée et rendue populaire par Jean d’Arras, auteur médiéval qui écrivit vers la fin du XIVe siècle (1392-1394) un récit en prose connu sous les noms de  La noble histoire de Lusignan ou Le roman de Mélusine en prose. L’histoire mettait en scène la jeune femme, lui donna son nom définitif et encore ses véritables lettres de noblesse. A peu près à la même époque (1401-1405) un autre auteur Couldrette achèvera une oeuvre en vers sur le même sujet, présentant de fortes ressemblances avec celle de Jean d’Arras: Mélusine, Roman de Parthenay ou Roman de Lusignan. Il est possible que les deux écrivains se soient inspirés de la même source, des hypothèses ont été soulevées dans ce sens qui demeurent, à ce jour, invérifiables. Quoiqu’il en soit, les deux ouvrages connurent un franc succès et consacrèrent la popularité médiévale de ce conte fantastique.

Le résumé du Roman de Jean d’Arras

fee_melusine_batisseurs_mythologie_litterature_medievale_art_gothique_maquettes_miniatures_Pascale_Laine_moyen-agePour revenir sur le récit de Jean d’Arras, l’auteur affirme s’être inspirée d’une chronique dont nulle trace ne subsiste. Nous explorerons quelques pistes à ce sujet dans un deuxième temps mais résumons tout d’abord son histoire pour mieux comprendre qui est Mélusine.

Ayant enfanté trois filles de son mariage avec le roi Elinas, la fée Présine fut contrainte de fuir et de se réfugier sur l’île d’Avalon pour les élever. Au moment de son union avec le roi d’Ecosse, elle lui avait fait promettre de ne jamais chercher à la voir durant ses accouchements mais manipulé par le fils d’un premier mariage, le souverain avait fini par transgresser l’interdit.

A l’adolescence, ayant appris les agissements de leur père et son implication dans leur bannissement, les trois soeurs décidèrent de se venger de lui et le firent enfermer dans une geôle magique. Leur mère Présine, encore éprise du roi, fustigea ses filles pour leur comportement, les condamnant chacune à une malédiction. Mélusine hérita sans doute de la pire. Tous les samedis, la partie inférieure de son corps serait, en effet, changée en serpent et elle serait ainsi condamnée à vivre pour l’éternité. Le seul moyen pour elle d’y échapper serait d’épouser un mortel. Elle deviendrait alors à son tour mortelle et pourrait être sauvée, à la condition que son promis ne la voit jamais sous sa forme fantastique.

Quelque temps plus tard, un jour qu’il chassait au coeur de son Poitou natal, le jeune noble Raimondin, fils du comte de Forez, tua par accident son oncle, le comte de Poitiers. Au coeur de la forêt et au bord d’une fontaine, il rencontra bientôt, ce même jour, trois jeunes filles dont l’une lui promit de l’aider à se laver de son crime s’il melusine_litterature_art_maquettes_luth_miniatures_medievale_Pascale_Laine_moyen-agel’épousait, la seule condition étant qu’il ne cherche pas à la voir les samedis. C’était bien sûr Mélusine désireuse de se soustraire à sa terrible malédiction. Le jeune seigneur accepta et ces épousailles lui valurent bientôt une belle fortune, de nombreux enfants et tout le faste et la gloire dont il avait jamais pu rêver. Mélusine se chargea même de lui faire construire les plus beaux châteaux dont celui de Lusignan. Elle y démontra même une grande adresse (nous y reviendrons).

Las ! là-encore, sous la foi de rumeurs colportées par son propre frère, l’époux, fou de colère et de jalousie, finira par transgresser l’interdit : Mélusine le tromperait les jours fatidiques ou pire serait, en réalité, une fée et userait de ces jours ci pour s’amender et faire pénitence ! N’y tenant plus, il fera un trou dans le mur de la pièce où la belle se tenait enfermée le samedi pour l’espionner et en avoir le coeur net. Et là fatalement, il la surprendra au bain, dans son étrange forme et métamorphose. Rien ne se produira sur l’instant et les époux sachant le tabou transgressé n’en piperont mot, mais plus tard, échauffé par le mauvais comportement d’un de leurs fils qui avait mis le feu à un monastère, Raimondin lèvera le ton sur Mélusine, la rendant coupable des exactions de sa descendance en faisant clairement allusion à sa forme (maléfique) et sa malédiction :  « Ah très fausse serpente… ».  Elle se changera alors en serpent ailé et disparaîtra par la fenêtre à jamais. melusine_litterature_art_maquettes_miniatures_medievale_Pascale_Laine_moyen-age

L’histoire conte qu’elle viendra toutefois veiller sur sa progéniture comme elle apparaîtra ensuite à tous ceux de son lignage. De son côté, rendu au désespoir, l’époux se retirera dans l’érémitisme à Montserrat, quant àu fils poufandeur de moines, après être aller se confesser à Rome, il rebâtira le monastère de Maillezais qu’il avait indûment détruit.

Aux sources médiévales
de l’Histoire de Mélusine

U_lettrine_moyen_age_passionn peu avant Jean d’Arras, on retrouve chez d’autres auteurs, la trace et même la trame qui allait servir de fond à son récit. A la fin du XIIe siècle, Gaut(h)ier Map, clerc de la cour d’Angleterre allait mentionner dans de Nugis Curialium (1181-1193), les épousailles d’un jeune seigneur avec une étrange créature rescapée d’un naufrage. Elle lui donnera une belle descendance, mais le comportement d’évitement de la jeune femme à l’égard des rituels chrétiens, alertera la mère de l’époux. Ayant percé un trou dans le mur de la chambre pour l’observer, la belle-mère surprendra sa bru, ayant pris, dans son bain, la forme d’un dragon. Décidé à conjurer la malédiction, l’époux, assisté d’un prêtre, viendra pour asperger l’étrange créature impie d’eau bénite mais celle-ci s’enfuira pour disparaître à jamais dans les airs.

melusine_litterature_art_maquettes_medievales_miniatures_Pascale_Laine_moyen-ageUne histoire similaire relatée dans les Otia Imperialia ( 1209-1214) est réputée cette fois-ci s’être passée près de Valence dans la Drôme. Elle fait mention de la dame du château d’Esperver, elle aussi rétive à certains rites chrétiens et qui évitait toujours le début des messes, de peur sans doute que l’Ostie ne la brûle. Retenue finalement contre son gré par son époux et ses valets dans l’église au moment de la consécration, l’histoire conte qu’elle se transforma elle-aussi en une étrange créature ailée pour disparaître avec fracas par le plafond de l’édifice, sans que nul n’en entendit plus jamais parler.

Plus proche encore du récit de Jean d’Arras et moins de deux siècles auparavant, Gervais de Tilbury (1150-1228), clerc, chevalier et auteur des XIIe, XIIIe siècle avait déjà posé les grandes lignes de l’histoire de la fée, sans encore la nommer. A quelques variations près, on y retrouvait déjà tous les ingrédients du récit de Jean d’Arras à ceci près que l’histoire se passait en Provence, au château de Rousset, près de Aix : malédiction qui condamne la jeune fille à avoir le bas du corps changé en serpent une fois la semaine, épousailles d’un certain « Raimond », interdiction faite à l’époux de chercher à la voir les jours où la malédiction la frappe, fortune et réussite du mari une fois la jeune fille épousée, grande fertilité, descendance nombreuse et, pour finir, transgression inévitable de l’interdit par le mari avec renvoi de la jeune fille à sa  malédiction éternelle. Cette fois-ci, avec Gervais de Tilbury c’est en serpent aquatique qu’elle se changeait et non plus en Serpent ailé ou en Dragon, disparaissant dans les eaux et non plus dans les airs.

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Enfin, pour clore ce panorama historique et médiéval de l’Histoire de Mélusine, il faut encore mentionner le récit d’un moine bénédictin vendéen du nom de Pierre Bersuire, autour de 1300. Sans citer lui non plus le nom de la jeune fille, il reprenait à nouveau les éléments de l’histoire en la ramenant vers le Poitou. Il posait aussi, au passage, un cadre encore plus précis que l’on allait retrouver chez Jean d’Arras en mentionnant la construction du château de Lusignan. (1)

Mélusine, fée bâtisseuse

N_lettrine_moyen_age_passionous l’avons dit on retrouvera Mélusine dans bien des régions et elle se présente même souvent comme un personnage ambivalent. Nourricière et féconde, elle peut aussi se montrer en d’autres endroits, bien plus versatile. On la retrouvera notamment dans l’Yonne et dans la région de Maulnes où à l’aide de ses filtres et sortilèges elle mettra des bâtons dans les roues de quelques moines décidés à faire bâtir d’abord un monastère, puis une église non loin de ses terres. L’histoire est supposée avoir eu lieu avant la rencontre avec le seigneur Raimondin, et on comprend bien, à travers elle, comment cette fée et la fascination qu’elle exerce a pu donner lieu à de nombreuses histoires et variations locales.

Au delà de cette ambivalence, un des aspects fort de l’image de la fée reste avec et après Jean d’Arras, ses qualités de bâtisseuse.

melusine_litterature_art_maquettes_manuscrit_miniature_medievale_Pascale_Laine_moyen-age« Si vous vueil desormais commencier la vraye histoire des merveilles du noble chastel de Lisignen en Poictou, et comment ne par quel maniere il fu fondez (…) L’ystoire dit que entretant que Remondin fu en Bretaigne, Melusine fist bastir la ville de Lusignen et fonder les murs sur la vive roche, et la fit estoffer de fortes tours: drues, machicolees et a terrace, et les murs maschicolez, et alees au couvert dedens la muraille pour deffendre a couvert par les archieres autant bien par dehors comme par dedens, et parfons trancheiz et bonnes brayes. Et fit bastir en le bourc et le chastel une forte tour, mur de la tour de XVI e XX piez d’espez. »
Jean d’Arras, La Noble Histoire de Mélusine

Cette nature de bâtisseuse sous la plume de l’auteur du moyen-âge central est sans nul doute intimement liée à la fortune générale qu’apporte la fée à son époux. Elle s’inscrit, en tout cas, dans ce cadre. Plus que jamais au XIIIe et XIVe siècle, le château de pierre, édifice puissant, fastueux, spacieux est la marque incontestable et le symbole par excellence de la réussite et de la richesse de son hôte autant qu’il est le signe de son pouvoir militaire. L’histoire économique et politique de ce moyen-âge central, l’essor économique et l’importance du château viennent ici donner à Mélusine ses qualités nouvelles.

melusine_maquettes_medievales_miniatures_Pascale_Laine_moyen-age_fantastique

Il faut préciser que tous les bâtisseurs et ouvriers sollicités pour réaliser les oeuvres gigantesques de la fée y trouvent largement leur compte et sont réglés rubis sur l’ongle et sans retard. On comprend mieux après coup que certains d’entre eux aient pu voir en elle une muse :

« …Et fesoient les ouvriers dessuz diz tant d’ouvrage et si soubdainement que tous ceulx qui qui par la passoient en estoient esbahiz. Et les paioit Melusigne tous les samediz, si qu’elle ne leur devoit denier de reste. Et trouvoient pain,vin, char et toutes choses propices que il leur failloit, par grant habondance. Ne nulz homs ne savoit dont cilz ouvriers venoient, ne dont ilz estoient. Et en brief temps fu faitte la forteresse, non pas une mais deux fortes places, avant que on peust venir au dongon. »
Jean d’Arras, La Noble Histoire de Mélusine

Habile bâtisseuse qui traite avec largesse ceux qui l’assistent dans cette tâche, encore une fois, on ne peut pourtant pas réduire Mélusine à ces qualités qui ne sont qu’un prolongement de ses dons et de ses talents : fertilité, fécondité, et même l’exercice d’une certaine bonté malgré sa nature fantastique et peu chrétienne la caractérise sans doute bien plus.

Si la plupart de ses auteurs médiévaux la considéreront, par ailleurs, comme une créature de laquelle il faut se défier, quand ce n’est pas un ange déchu, elle fait, la plupart du temps tout son possible pour s’amender et se soustraire à sa funeste malédiction. Les conditions qu’elle pose semblent même bien maigres au regard de tout ce qu’elle prodigue et pourtant la fatalité finit toujours par la rattraper. D’une manière ou d’une autre, il faut que l’interdit soit transgressé et que Mélusine retourne à son destin tragique par la main même de celui qu’elle avait « élevé » et qui avait aussi le pouvoir de la sauver.

Retour à l’oeuvre de Pascale Lainé

A_lettrine_moyen_age_passionprès ce long détour qu’il nous fallait bien faire, vocation du site oblige, voilà cette maquette médiévale de Pascale Lainé mieux replacée dans son contexte. Ingrédients magiques et potions, instruments de musique pour célébrer Mélusine, on y trouve encore des myriades d’autres détails évocateurs de la fée.

Comme nous le disions en introduction, les heures de travail sont innombrables pour arriver à cette oeuvre totalement aboutie aux détails époustouflants. A son habitude, l’artiste a travaillé l’ensemble des pièces du décorum d’après manuscrits ou au moyen de recherches précises sur les instruments, objets, vitraux, éléments d’architecture d’époque.

fee_melusine_batisseurs_mythologie_litterature_medievale_art_maquettes_miniatures_Pascale_Laine_moyen-ageEst-ce un autel dressé par quelques bâtisseurs inspirés, en l’honneur de la fée ou Mélusine elle-même est-elle revenue en secret, pour élire domicile dans cette belle chapelle abandonnée et déjà reconquise  par la végétation ? Voilà ce que nous en dit l’auteur elle-même :

« Dans cette maquette, j’ai voulu mettre à l’honneur la femme, la musique, la liberté de culte ou de non culte, les bestiaires imaginaires, et surtout : les courbes… Partout, les courbes se répondent en échos envoûtants. L’ambiance est méditative, sereine. Ni violence, ni intransigeance, Mélusine ne rêve que de bâtir , construire. »  Pascale Lainé 

Pourtant et c’est ainsi que la magie opère, l’art ne peut jamais donner en quelques mots, toutes ses clefs.  Rendu face à l’oeuvre et immergé dans son ambiance, on jurerait sentir qu’une présence invisible habite l’endroit.

Précisons-le d’ailleurs sachant qu’elle nous en saura gré, l’art quel qu’il soit visuel, sculptural, pictural, scénique a toujours vocation à se donner « vivant ». La mise à plat photographique ne lui fait que rarement justice; les couleurs naturelles, l’atmosphère, la profondeur (dans les deux sens du terme), sont autant de choses qui ne se livrent qu’en face de l’oeuvre véritable. Aussi, pour merveilleux que l’effet puisse être à la vue des images qui émaillent cet article, nous espérons qu’il ne soit qu’une invitation à aller voir de près les oeuvres de Pascale Lainé, là où elles sont exposées.

Au château de Bordes jusqu’en mai prochain

Concernant cette belle maquette médiévale en forme d’hommage à Mélusine, elle s’est déjà envolée vers son destin et elle sera visible dans la tour Jeanne d’Arc du Château de Bordes, dans la Nièvre, jusqu’au mois de mai prochain. Elle y rejoindra les autres maquettes  de Pascale qui s’y trouvent déjà exposées. Les oeuvres devraient ensuite voyager en direction du château de Sagonne dans le Cher, jusqu’en septembre.

Pour retrouver d’autres oeuvres de Pascale et suivre son calendrier d’expositions, voici son FB : Maquettes d’Architecture médiévale.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.


(1) Sources : voir  Mélusine maternelle et défricheuse,
 Emmanuel Le Roy Ladurie Jacques Le Goff, sur l’excellent Persée.