Archives pour la catégorie Châteaux, forteresses et architecture médiévale

Château-fort et fortification de légende, Architecture médiévale et Architecture défensive

Une belle reconstitution 3D pour le château-fort anglais de Corfe

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : château-fort, lieu d’intérêt, reconstitution 3D, vidéo, architecture médiévale, Guillaume le Conquérant, monument historique, patrimoine anglais.
Période : Moyen-âge central (XIe siècle)
Lieu : Château de Corfe (Dorset, île de Purbeck, Angleterre)

Bonjour à tous,

V_lettrine_moyen_age_passion copiaoilà quelque temps que nous n’avions pas publié un article sur un édifice et château-fort médiéval, et c’est un reconstitution très réussie à l’aide de technologies de pointe en matière de 3D qui nous en fournit aujourd’hui l’occasion.

Cette fois, il s’agit d’un château anglais, celui de Corfe. Situé dans le Dorset sur la péninsule de Purbeck, à la pointe sud de l’Angleterre,  avant son occupation normande, le site et sa belle élévation auraient été occupés par des saxons. On prête la construction de cet édifice défensif à Guillaume le Conquérant, dans le courant du XIe siècle. Il est d’ailleurs considéré comme un des plus anciens châteaux fort anglais de cette époque à avoir été construit, dès le départ et partiellement, en pierre et non en terre et en bois comme de nombreuses autres châteaux à mottes ou mottes castrales de cette période.

architecture_medievale_chateau-fort_corfe_angleterre_reconstitution_maquette_3D_moyen-age_centralPar la suite, le château de Corfe est demeurée forteresse royale anglaise jusqu’au milieu du XVIe siècle et plus précisément en 1572, date à laquelle il fut cédé par la couronne au lord chancelier Christopher Hatton, pour changer à nouveau de main jusqu’à l’aube de la révolution anglaise. Durant les XIIe et XIIIe siècles, ce  beau château-fort connut un certain nombre d’aménagements par ses différents monarques successifs. dont la construction de son donjon, l’aménagement de sa cour intérieure et encore diverses autres opérations de restauration ou de renforcement sur ses ouvrages défensifs. Au début du XIIIe siècle, il servit encore de prison royale, de garde du trésor et même d’entrepôt militaire, c’est dire si l’on comptait alors sur la fiabilité de son architecture défensive.

P_lettrine_moyen_age_passion copialus tard, dans le courant du XVIIe siècle, il fut un des derniers bastions des partisans de la royauté et du roi Charles 1er et fut assiégé par les Parliamentarians puritains farouches défenseurs du parlement anglais contre la couronne. Ils finirent d’ailleurs par faire tomber le château et ordonnèrent qu’il soit démantelé. Il le fut pratiquement complètementDe fait, aujourd’hui d’un édifice témoin du moyen-âge central, il est devenu également  un des symboles encore débout de la révolution anglaise.

Comme nombre d’autres monuments historiques du patrimoine anglais, le château de Corfe est actuellement géré par le National Trust qui y organise les visites et finance le maintien de ses vestiges.


Les technologies 3D au service
de l’architecture médiévale et de l’Histoire

Pour en revenir à la vidéo qui accompagne cet article, bien qu’assez courte, elle permet bien de se représenter l’édifice tel qu’il se présentait encore dans le courant du XVe siècle. D’un grand réalisme et d’une très belle qualité d’intégration (sur le site réel), elle démontre bien tout l’intérêt et l’apport des technologies 3D pour approcher de manière réaliste l’architecture médiévale. Ajoutons encore qu’elle a été réalisée dans le cadre d’un projet de fin d’études par l’infographiste  Ciprian Selegean, alors étudiant en animation digitale et 3D de l’université de Porthmouth. Le moteur de modélisation utilisé ici  était le très puissant software Maya d’Autodesk.

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

exposition, invitation au rêve : les belles maquettes médiévales de Pascale Laîné

pssion_medievale_art_maquettes_miniatures_artiste_passionné_histoire_moyen-ageSujet :  reconstitution, maquettes, reproduction, art, artiste, passion médiévale, portrait de passionné, architecture médiévale,  médiévalisme, art réaliste.
Période : moyen-âge gothique et roman
Artiste : Pascale Laîné
Réalisations : maquettes et miniatures médiévales, exposition.
Lieu : dates et lieux d’exposition dans l’article

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous parlons comme toujours de passion pour le moyen-âge, mais, cette fois-ci, nous avons le plaisir de le faire sous l’angle d’un portrait. C’est, en effet, une artiste unique que nous souhaitons vous inviter à découvrir ici, une passionnée d’ambiance, d’architecture et d »époque médiévale  et qui a décidé de les revisiter d’une façon toute particulière. Son nom? Pascale Laîné, ses oeuvres : de merveilleuses maquettes de scènes médiévales patiemment reconstituées, mêlant architecture, mobiliers, vitraux, statues et oeuvres d’art et bien d’autres détails encore.

architecture_monde_medieval_maquettes_artiste_passionné_histoire_moyen-age

Parcours d’une artiste
autodidacte et passionnée,

Q_lettrine_moyen_age_passionu’est-ce qui distingue un artiste  ? Voilà bien une question qui relève du mystère: vocation, alchimie, passion? Une idée qu’il poursuit et, quelquefois même, sans qu’il puisse bien se l’expliquer, une impossibilité presque existentielle de faire autrement ? Un « quelque chose » indéfinissable après quoi il coure, sans être au fond jamais tout à fait rassasié : créer pour vivre, pour respirer, pour s’exprimer ? Pour entraîner, peut-être, après tout cela, les autres sur les sentiers de ses rêves intérieurs.

monde_medieval_maquettes_artiste_passionné_histoire_moyen-ageOriginaire des Hauts de France, après un DEUG d’Histoire de l’Art et une entrée dans la vie active en région parisienne et dans un tout autre secteur, il n’était, en tout cas, pas question pour Pascale Laîné de renoncer à sa passion pour la création artistique, autant que pour l’Histoire et les vieilles pierres. Bientôt installée dans les Hauts de Seine, elle a donc décidé de s’improviser un atelier à domicile. Au vue de l’exiguïté de son appartement, région parisienne oblige, l’art de la reproduction et de la miniature qui l’attirait déjà lui est apparu toute indiqué.  Au départ, elle commencera par recréer des vieilles fermes traditionnelles et des granges d’antan, comme pour réinviter à la ville, les belles campagnes qui lui manquent et puis, rapidement, son goût pour l’architecture médiévale et le moyen-âge prendront le dessus et elle s’y aventurera avec toujours plus d’audace.

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Détail sculptures, église romane imaginaire, maquettes, reproduction scènes et architectures médiévales

Hyper réalisme, richesses de matériaux
et travail d’orfèvre

V_lettrine_moyen_age_passion copiaous le savez, sur ce site, nous sommes passionnés à la fois de reconstitution historique et de 3D, mais quand les matériaux réels s’en mêlent pour donner vie à de véritables petits mondes avec leur ambiance, leurs détails et toute leur profondeur, comment résister? Impossible de ne pas laisser aller son imagination voguer à l’intérieur de ces scènes très réussies en suivant les pas de l’artiste. En réalité, il ne s’agit pas ici de « simples » maquettes médiévales mais bien plus de véritables oeuvres. Nous sommes sur le terrain de l’art et du rêve, au moins autant sinon plus que sur celui de la reproduction.

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Scène du moyen-âge tardif, reconstitution d’une ruelle imaginaire du XVe siècle avec ses échoppes. Maquette réalisée pour le ‘Musée de la miniature et des décors de cinéma », à Lyon.

Au gré de son inspiration, certaines oeuvres de Pascale Laîné sont réelles, d’autres plus orientées sur l’imaginaire. Quelquefois même, l’artiste s’aventure  sur les terres du médiéval fantastique qu’elle affectionne aussi, mais toujours sans violence, avec une préférence pour les évocations romantiques et paisibles.

Dans tous les cas, et même quand la libre inspiration est au rendez-vous, du point de vue du traitement, son parti-pris reste celui de l’hyper réalisme. Les détails sont travaillés d’après photos, textes, documents d’époque, enluminures, etc. Quant aux courants d’architecture ou artistiques qui influencent son travail, ils peuvent être indifféremment d’inspiration romane ou gothique.

Détail maquette scène médiévale: une ruelle imaginaire du XVe siècle et ses échoppes comme si vous y étiez
Détail maquette scène médiévale: une ruelle imaginaire du XVe siècle et ses échoppes comme si vous y étiez

Q_lettrine_moyen_age_passionuelque soit le moteur secret qui pousse un artiste à créer et qui peut même parfois aller jusqu’à le hanter quand la passion devient dévorante, pour que l’art soit abouti, une constante semble demeurer: il lui faut, la plupart du temps, passer de longues heures à creuser, à chercher, à peaufiner. Ce chemin solitaire  de re-création de la matière qu’elle soit sous forme graphique, sonore, lumineuse ou organique, est aussi un processus long et laborieux au cours duquel le créateur acquiert sa propre maestria technique pour mieux la transcender, au point que ceux qui sont face à l’oeuvre finissent eux-même souvent par oublier les trésors de techniques qui se nichent là. Tout paraît alors simple, facile et gracieux. Les oeuvres de Pascale Laîné n’échappent pas à cette règle.

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Ci-contre une  reproduction  fidèle du portail de l’Eglise Notre Dame de Surgères, en Charente Maritime.
taille 33 x 13 x 43 cm 

Du point de vue du temps investi, il lui faut, en moyenne, près de 3 ans pour finaliser ses réalisations les plus complexes, soit d’innombrables heures mises bout à bout, plusieurs centaines. Tout est réalisé à la main jusque au plus petit élément des scènes. Les matériaux, les peintures, les pierres reconstituées, le polissage et le patinage pour reproduire les effets du temps, il a fallu chercher, inventer, trouver des solutions des techniques pour à peu près tout, mais, au final, ce sont ces longues heures, autant que cette fidélité aux matériaux et ce souci de perfectionnisme, qui rendent ses oeuvres si uniques. Il s’agit là rien moins que du véritable travail d’orfèvre.

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Détail intérieur chapelle, les voûtes avec leurs peintures passées et leurs sculptures. Pure merveille.

Intérieur d’édifices religieux médiévaux
& « bulles de rêve »

D_lettrine_moyen_age_passionu côté des ambiances, si Pascale Laîné avoue avoir un faible pour les édifices religieux qui, confie-t-elle, « réunissent dans le même espace ce que les hommes ont voulu créer et offrir de plus beau pour atteindre leur idéal » (architecture, sculpture, mobilier, vitraux,…) ,  ses scènes les présentent souvent comme des décorums désertés depuis longtemps par les hommes. La végétation y a repris ses droits dans un mélange subtil où architecture et vie organique se tutoient comme pour mieux mettre en valeur l’âge des pierres et leur patine, dans des atmosphères qui laissent libre champ à l’imagination et à la poésie. Ce charme incomparable est aussi pour l’artiste un support, une façon de réunir ses découvreurs qu’ils soient ou non croyants, dans un espace harmonieux et propice à la sérénité.

art_maquettes_miniatures_reproduction_scenes_architectures_medievales_melusine_vitraux_eglise_moyen-ageCi-contre, Pascale a bien voulu lever pour nous le voile sur un de ses travaux en cours. Intitulée « Odes à Mélusine » et réalisée en hommage à la fée bâtisseuse médiévale, cette oeuvre devrait être présentée dans une exposition prochaine. Il manque encore les objets liés au thème mais le projet terminé, nous vous en fournirons des photos plus détaillées et plus qualitatives. A noter que sur celle-ci, qui est une photo de « chantier », les éclairages faussent quelque peu les couleurs originales de l’oeuvre, notamment celles des vitraux.

Exposition des maquettes médiévales
et des oeuvres de Pascale Laîné

J_lettrine_moyen_age_passionusqu’au 21 septembre, les maquettes médiévales de Pascale Laîné sont exposées au Château de Sagonne dans le Cher. Elles voyageront ensuite jusqu’au château des Bordes à Urzy dans la Nièvre, à l’occasion des médiévales 2017 (les 23 et 24 septembre). Les 14 et 15 octobre prochains, vous pourrez encore aller les découvrir au Grand Théâtre d’Asnières-Sur-Seine.

Si vous souhaitez en savoir plus, ou peut-être même exposer vous-même ses oeuvres uniques nées de la passion et qui sont, chacune comme de petites machines à remonter le temps, vous pouvez contacter Pascale sur sa page Facebook dédiée à ses maquettes médiévales. Ajoutons qu’elle a encore à son actif des créations plus récentes que la période médiévale.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

le château-fort de Falaise: un mot d’histoire médiévale et une belle reconstitution 3D

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : lieu d’intérêt, reconstitution 3D, architecture médiévale, Guillaume le Conquérant, duché de Normandie, monument historique, patrimoine.
Période : Moyen-âge central à tardif
Lieu : Château de Falaise (Calvados, Normandie)

Bonjour à tous

P_lettrine_moyen_age_passion copiaerché sur son éperon rocheux, à la pointe sud du Calvados, le site de Falaise a connu une occupation précoce dès le Mésolithique. Bien plus tard, au haut moyen-âge et sous les carolingiens, son élévation a sans doute favorisé l’édification de premières fortifications et, à tout le moins, de premiers dispositifs militaires et défensifs. Tirant partie de cette protection, ce qui allait devenir la ville de Falaise s’installera et prospérera dans le prolongement du promontoire.

chateau_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_chateau_fort_architecture_defensive_moyen-age_central

Du moyen-âge central
à l’annexion du duché de Normandie

D_lettrine_moyen_age_passionans le courant de l’an Mil et au coeur du duché de Normandie naissant, concédé à Rollon par Charles le Simple, lors du traité de Saint-Clair sur Epte, le site de la forteresse actuelle est, semble-t-il, un des tous premiers qui se vit renforcer et consolider. Au Xe siècle, des traces retrouvées par les archéologues y attestent, en effet, de la présence d’une large enceinte maçonnée, faisant de Falaise une des premières places fortes bâties en pierre sur les terres normandes.

chateau_fort_falaise_normandie_calvados_guillaume_le_conquerantAu début du XIe siècle, déjà alors privilégié par les ducs de Normandie, le château verra naître le légendaire Guillaume le Conquérant (1027-1087), futur roi d’Angleterre.

(Guillaume le Conquérant, portrait du XVIe siècle, artiste inconnu, National Portrait Gallery, Londres)

Autour de son année de naissance en 1027, un conflit opposant son père Robert 1er de Normandie au frère de ce dernier Richard III atteste que la forteresse était déjà sérieusement renforcée et prompte à résister aux assauts d’un siège. Même si le conflit entre les deux frères ne dura pas, il fallut user de grands renforts de béliers et balistes pour assiéger la place.

Par la suite, dans le courant du XIIe siècle, devenue lieu de résidence des ducs de Normandie et rois d’Angleterre, la forteresse médiévale de Falaise connut plusieurs phases de construction avant d’être encore remaniée au milieu du XIIIe siècle, par l’architecture philippienne et sous Philippe-Auguste lui-même, après que ce dernier eut conquis le duché de Normandie. Entre autre témoin de cette époque, l’imposante tour Talbot domine encore de sa hauteur l’ensemble de l’édifice et lui imprime une marque royale sans équivoque.

Une très belle reconstitution 3D
des étapes de construction du Château de Falaise

Nous vous proposons de découvrir les grandes étapes de construction du château avec une excellente reconstitution 3D proposée par la chaîne youtube  du magasine culturel Patrimoine Normand.

Falaise : de Philippe-Auguste à nos jours

J_lettrine_moyen_age_passionusqu’à la guerre de cent ans, un paix relative régnera sur l’endroit et dans le courant du XVe siècle, sous l’occupation anglaise, le château de Falaise connaîtra quelques aménagements défensifs notamment au niveau des ouvrants pour l’adapter à la poudre et aux tirs de canons sur d’éventuels assaillants. Quelques tours supplémentaires viendront aussi le renforcer.

chateau_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_architecture_defensive_moyen-ageA la fin du XVIe siécle, le couronnement d’Henri IV, roi protestant, suscitera l’émotion des normands et, avec eux, des Falaisiens qui s’attireront ainsi les foudres du monarque. Ce dernier se déplacera même en personne pour assiéger la place et les « 400 coups de canon » royaux finiront bien vite par avoir raison de la résistance de la ville, et avec elle de la vocation militaire de sa forteresse.

Plus tard, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, dans une paix retrouvée et une période plus propice aux développements économiques qu’aux échanges  guerriers, de nombreux aménagements seront effectués  qui gommeront encore la nature défensive de la forteresse : les fossés seront comblés, les portes de la ville rasées, les donjons finiront même par se délabrer.

chateau_fort_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_architecture_defensive_moyen-ageIl faudra attendre le XIXe pour que  le château soit, en partie, sauvé. Le goût du patrimoine venant à la mode et avec lui la prise de conscience de l’importance de préserver les édifices anciens et médiévaux, le monument sera classé en 1840 et une première grande campagne de restauration sera lancée. Plus tard encore, dans le courant du XXe siècle, la ville de Falaise, propriétaire des murs s’engagera, en collaboration avec l’Etat français, dans une autre grande restauration pour sauver, cette fois, les donjons. Et c’est grâce à tout cela et pour notre plus grand plaisir, que la forteresse de Falaise, belle et vieille amie normande qui a vu naître les plus grands d’entre eux se tient, encore aujourd’hui, debout et fière sur ses hauteurs pour témoigner de leur gloire et de leurs faits passés.

En dehors des nombreuses animations qui y sont organisées, le site peut être visité toute l’année et vous pourrez trouver toutes les informations le concernant sur le site web officiel du château de Falaise.

En vous souhaitant une excellente journée.

Frédéric F.

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Reconstitution 3D : Vincennes, près de 1000 ans d’histoire en moins de trois minutes

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : Infographie 3D, infographiste, Château, reconstitution historique, Vincennes, Histoire, Architecture, Histoire de l’Art, documentaire
Période : du moyen-âge central à nos jours
Média : vidéo 3D, youtube
Artiste : Dimitri Bez

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous  partageons aujourd’hui une très sobre mais très réussie réalisation 3D autour de l’histoire architecturale du château de Vincennes, du XIe siècle à nos jours. Nous la devons à Dimitri Bez, infographiste 3D, designer et peintre.

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On trouve les premières mentions d’un habitat rural sur le site de Vincennes dès le XIe siècle. Jusqu’au début du XIIe un droit d’usage du bois sera concédé par différents rois de France à l’abbaye de Saint-Maur, ainsi qu’à différentes abbayes de la région.  S’il se trouvait donc occupé de longue date, au moins de manière rurale, chateau_vincennes_reconstitution_3D_histoire_sainte_chapelle_moyen-age_centralc’est Louis VII, qui, dès le XIIe siècle, conférera au site et à son bois, une première vocation royale.

Dans les siècles qui suivront, Vincennes ne cessera de s’embellir pour devenir d’un simple pavillon de chasse, un véritable palais. Philippe-Auguste y laissera son empreinte en y érigeant un manoir sur lequel Louis IX (Saint-Louis) effectuera à son tour quelques transformations mais ces constructions ne résisteront pas à l’emprise du temps pas d’avantage qu’aux grands travaux entrepris par la suite, dans le courant du XIVe, par Philippe de Valois et Charles V. C’est ce dernier qui lancera également vers la fin de ce siècle, en 1379, les travaux de la Sainte chapelle en vue d’y conserver  les Saintes reliques de la Passion du Christ.

I_lettrine_moyen_age_passion copial faut noter que si, dans les premiers siècles, Vincennes n’était que d’un usage marginal et secondaire par les rois de France, c’est véritablement Saint-Louis en y faisant de nombreux séjours qui lui conférera une importance qu’il gardera aux yeux des souverains français dans les siècles suivants. Le château deviendra alors une résidence principale d’élection. On y célébrera des noces royales (Philippe II et III) et c’est aussi là que mourront les rois maudits chateau_vincennes_reconstitution_3D_histoire_donjon_medieval_moyen-age_central (Louis X, Philippe V et Charles IV).

Le Donjon du XIVe, fleuron architectural de Vincennes, avec 50 m de hauteur, c’est un des plus hauts donjon d’Europe.

Dans le courant du XVIe siècle, le site verra encore s’effectuer de grands travaux et de Louis XI à Louis XIV, les rois continueront de construire et d’édifier à Vincennes. Ce n’est que sous Louis XV que la vocation de palais royal du lieu sera laissée de côté au profit, d’abord d’une fabrique de Porcelaine et bientôt d’une école militaire.

Plus tard, au XVIIIe et sous la révolution, il demeurera en si piteux état qu’il sera question de le raser, mais on ne trouvera personne pour se charger des travaux. Sous l’empire, Vincennes et son Donjon deviendront même une prison et il faudra attendre le XIXe siècle pour que de sérieux travaux de restauration y soient entrepris.

En vous souhaitant une excellente journée!

Fred
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NB : pour des informations détaillés sur l’Histoire du château de Vincennes vous pouvez valablement consulter l’ouvrage suivant :
Le château historique de Vincennes à travers les ages, François de FOSSA, 1908.

Tintagel, un site archéologique d’exception au coeur des légendes arthuriennes

excalibur_legendes_arthuriennes_conference_histoire_medieval_litterature_moyen-age_michel_pastoureauSujet : archéologie, histoire médiévale, Tintagel, château, fouilles archéologiques, roi Arthur, légendes Arthuriennes. château,  royaume celte.
Période : Haut moyen-âge, moyen-âge central.
Lieu d’Intérêt : Tintagel, site archéologique d’exception, découvertes récentes
Gestion du site : English Heritage

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous parlons un peu  d’archéologie outre-manche et de Tintagel  en Cornouailles, berceau des légendes Arthuriennes, mais surtout site d’exception archéologique. Nous en profitons pour aborder les les dernières découvertes en date, en examinant leurs   possibles convergences  avec  les légendes arthuriennes.

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Tintagel au moyen-âge central

E_lettrine_moyen_age_passionntre presse à sensation et archéologie, le  site de Tintagel est marqué du sceau indélébile de Geoffrey de Monmouth, religieux  et historien anglo-normand du XIIe siècle, au service du roi Henri 1er d’Angleterre qui, dans son Historia Regum Britanniae, fit de l’endroit le lieu mythique de la naissance du Roi Arthur, enfanté par Uther Pandragon suite à un subterfuge rendu possible par  l’enchanteur Merlin. Aujourd’hui, Tintagel  est sans doute une des places historiques les plus visitées d’Angleterre, certainement d’ailleurs bien plus pour ses références au  légendaire roi breton que pour sa réalité historique établie.  

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Dans les faits, le site de Tintagel héberge les ruines d’un château construit durant le moyen-âge central et au XIIIe siècle. Sise sur un emplacement qui ne semble pas avoir « à première vue » de valeur stratégique particulière, cette forteresse n’est  pourtant pas sans lien avec le Roi Arthur puisqu’on admet généralement qu’elle fut construite à cet endroit même par Richard 1er, comte de Cornouailles et  frère du Roi Henri III d’Angleterre chateau_tintagel_haut_moyen-age_celte_histoire_archeologie_medievale_legendes_roi_arthur_angleterre pour mieux asseoir sa légitimité auprès des habitants de la province, en établissant l’idée d’une connexion entre sa lignée et celle du mythique souverain. C’est encore une preuve, s’il en était besoin, de la force des légendes arthuriennes dans l’Angleterre du moyen-âge central.

Si la majorité des historiens contemporains conteste dans les grandes lignes, la réalité des faits du roi Arthur et de ses chevaliers, ou à tout le moins fait le constat qu’il est impossible d’en établir la véracité, au vue des documents en présence, pour les hommes de moyen-âge, il ne faisait guère de doute que le fils de Uther Pendragon avait réellement existé et conduit nombre des exploits que les contes gallois ou les écrits  de Geoffrey de Monmouth lui prêtaient.

Héritier des légendes arthuriennes

E_lettrine_moyen_age_passionblason_cornouailles_richard_1er_tintagel_site_archeologie_histoire_medieval_moyen-age_centraln 1225, Richard 1er de Cornouailles  échangea donc avec Gervase de Tintagel ses terres de Merthen contre celle de Tintagel pour y bâtir sa forteresse.  Au titre des détails intéressants de l’histoire qui viennent encore renforcer ses intentions, il semble même qu’alors il fit bâtir le château  dans un style architectural antérieur  à celui dont  il était contemporain, afin de le faire paraître plus ancien et donc finalement encore plus « Arthurien » et légitime aux yeux des populations de Cornouailles. En affichant la volonté de se situer dans l’héritage des légendes arthuriennes, le noble  ne fit pas exception. Comme cité précédemment (voir article), il n’était, en effet, pas rare que les rois anglais des XIIIe et XIVe siècles se référent au légendaire héros, pour s’inscrire dans sa « lignée » ou son « esprit » comme d’autres le faisaient alors avec  Charlemagne, en France.  Pour que tout cela soit possible, il fallut tout de même attendre que les rois de l’île britannique  tintagel_chateau_legendes_roi_arthur_archeologie_histoire_medievale_lieu_historique_moyen-age« anglicisent » en quelque sorte Arthur et le « christianisent » même un peu plus, afin qu’il soit « récupérable » et « présentable ». Dans les siècles précédents le XIIIe, ce dernier incarnait, en effet, un idéal breton ou celte un peu « encombrant » pour l’élite noble anglaise. Cette dernière s’étant finalement réconciliée avec le légendaire roi de Bretagne, on se mit à revendiquer de plus en plus son héritage. De nos jours encore, l’aristocratie britannique continue quelquefois sur cette lancée, en utilisant le célèbre prénom dans le nom donné aux enfants : Prince William Arthur Philip Louis, Princes Charles Philip Arthur George.

Un château peut en cacher un autre

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour en venir à l’archéologie sur site, la campagne de fouilles actuelle à Tintagel est conduite par l’association English Heritage depuis les années 90.  Disons d’emblée que le but  déclaré n’est pas –  les archéologues sur place s’en défendent largement – de rechercher une quelconque  corrélation entre les découvertes et les légendes arthuriennes, mais bien plutôt de mettre à jour les vestiges  de bâtiments  du haut moyen-âge.

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Dans les années 30,  certaines fouilles avaient, en effet, permis de découvrir les traces d’édifices datant d’une période contemporaine des légendes : les Ve, VIᵉ siècles et le haut moyen-âge. Suite à ces découvertes effectuées du début du XXe siècle, les fouilles s’étaient interrompues pour quelques décennies et, pire même, la demeure de l’archéologue qui les avait en charge ayant été détruite par des bombardements durant la deuxième guerre mondiale, les traces de ses conclusions avaient été en grande partie perdues. Quoiqu’il en soit, depuis les années 70-80, on admettait généralement que les vestiges mis à jour et les traces de bâtiments enfouis pouvaient être les restes d’une forteresse celte, et peut-être même le centre du Royaume de Dumnonia (Domnonée). A partir du IVe siècle et jusqu’au début du IXe siècle et l’invasion des saxons, cette province s’étendait de part et d’autre de la manche sur l’île britannique,  mais aussi en Bretagne continentale.

« La pierre d’Arthur »

chateau_tintagel_archeologie_histoire_medievale_site_haut_moyen-age_pierre_roi_arthurDébutée dans les années 90, la campagne de fouilles menée par l’organisme English Heritage a permis de mettre à jour une  première découverte troublante dans le courant de l’année 98. Si elle ne créa pas de révolution majeure chez les archéologues, amateurs de faits avérés  et peu enclins à s’échauffer rapidement, la nouvelle fit le « buzz » dans la presse anglaise. La découverte était un fragment d’ardoise plate gravée d’inscriptions. On émet l’hypothèse qu’elles furent écrites par une main gauloise et toutes ne sont pas entières mais la partie déchiffrable permet de lire :  « Pater Coliavificit Artognov« . L’archéologue et historien   Charles Thomas  (1928-2016) de l’Université  d’Exeter  la traduisit ainsi :  « Artognou, father of a descendant of Coll, has had this built » soit en français moderne : « Artognov (Arthnou, Arthur) père et descendant de Coll a possédé cette  construction« .

chateau_tintagel_archeologie_histoire_medievale_haut_moyen-age_pierre_arthur_legendes_arthuriennesLa pierre a passé, avec succès, les tests de datation et on a pu ainsi la faire remonter au VIe siècle. Elle serait donc contemporaine de la période durant laquelle Arthur aurait vécu. Comme nous le disions plus haut, les historiens et archéologues ne sont jamais prompts à  sauter trop rapidement sur les conclusions et se tiennent toujours dans une réserve scientifique prudente, mais certains sont tout de même plus enclins à s’enthousiasmer que d’autres. Ainsi, au moment de la découverte, quand les uns affirmaient que la seule chose que l’on puisse déduire, pour l’instant et avec certitude, de cette pierre était que le prénom « Arthur » était en usage à l’époque, mais aussi que ses inscriptions établissaient la présence d’une compétence de lecture et d’écriture en dehors du cadre religieux, le professeur  et archéologue  Geoffrey Wainwright présent sur le site se montrait, quant à lui, largement plus enthousiaste et déclarait :

« Tintagel  nous a présenté la preuve de l’existence d’un prince de Cornouailles, au haut moyen-âge (dark ages), d’un statut social élevé et qui vivait au temps où Arthur vivait.  Le site nous a livré le nom d’une personne : « Arthnou ». Arthnou était ici, c’est son nom que nous retrouvons sur ce morceau de pierre. C’est tout de même assez énorme comme coïncidence,  C’est là que le mythe rejoint l’histoire. C’est la découverte de toute une vie. »
 Geoffrey Wainwright, Arthur Stone Discovery at Tintagel

Les découvertes de 2016

E_lettrine_moyen_age_passionn août  2016, en poursuivant   les   fouilles sur le  site, l’équipe d’archéologues a mis à jour de nouvelles découvertes : les restes d’un  mur enfoui d’un mètre d’épaisseur datée de ce même haut moyen-âge et également de nombreux fragments de  poterie et d’objets de verre  qui, à l’analyse, proviennent  de sites très distants : romains, anatoliens et méditerranéens notamment. L’ensemble tend chateau_tintagel_site_archeologique_haut_moyen-age_celte_histoire_medievale_legendes_arthuriennes_Domnoneeà confirmer la présence sur place d’une installation de taille, peut-être même d’une forteresse « royale » qui aurait pu être, comme on le pensait depuis quelque temps déjà, le centre de la Domnonée. De manière certaine, en tout cas, le site était le lieu de vie  d’une élite, abritée derrière de hauts et solides murs de pierre dans un complexe élaboré, tant  au niveau architectural que défensif. L’endroit  était aussi, à l’évidence, le centre d’une forte activité commerciale.  Les experts de cette période et de ce peuple celte brittonique de Domnonée avancent que  ces derniers échangeaient très  certainement de l’étain, et peut-être même encore des esclaves et des chiens de chasse  contre ces produits élaborés  d’origine lointaine et méditerranéenne (vin, huile d’olive, etc…).  Plus d’informations sur la Domnonée ici  ( en anglais).

Corrélations arthuriennes ?

E_lettrine_moyen_age_passiont Arthur dans tout ça, me direz-vous? Et bien les bâtiments sont,  encore une fois,  contemporains du siècle  où la légende situe le roi breton mais les archéologues restent, là encore, prudents. Si certains y cèdent volontiers, il semble tout de même que l’ensemble de la corporation voit la poursuite des légendes arthuriennes plus proche d’un film de Stephen Spielberg que d’un travail sérieux de recherche de terrain. Arthur n’est donc pas devenu leur Graal et ils se défendent, au moins officiellement, d’en poursuivre la chimère. Ils préfèrent donc se focaliser sur les informations cruciales que promettent, quoiqu’il en soit, d’apporter les fouilles de Tintagel dans les années à venir sur l’Angleterre du haut moyen âge, et sur cette période encore peu connue de son histoire qui fait suite à  la chute de l’empire romain.  Ajoutons que ces dernières trouvailles  archéologiques ont fait  de Tintagel, un tintagel_chateau_legendes_roi_arthur_archeologie_histoire_medievale_lieu_historique_haut_moyen-agesite d’exception et sans doute même, l’un des plus importants d’Europe de l’ouest, sur la période du haut moyen-âge.

Bien sûr, du côté des amateurs du mythe d’Arthur et ses preux chevaliers, chaque découverte allant dans le sens de la légende est toujours un enchantement  et ces dernières trouvailles risquent de  garantir encore pour longtemps la haute fréquentation du site de Tintagel.

En vous souhaitant une très belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

A la découverte des mottes castrales, épisode 3 : Donjon, Logis du seigneur & Haute-cour, le coeur du pouvoir féodal

donjon_motte_castrale_video_documentaire_histoire_medievaleSujet : mottes castrales, archéologie médiévale, château à mottes, vie médiévale, monde féodal, architecture défensive.
Période : XIIe (1150), moyen-âge central
Média : vidéo, documentaire,  monde 3D, médiéval engineers
Auteur :
votre serviteur
Titre :
 A la découverte des mottes castrales épisode 3

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous avons le plaisir de publier le troisième épisode de nos vidéos consacrées aux mottes castrales et aux châteaux forts de terre et de bois du moyen-âge central.

Après avoir vu le contexte historique et la topologie des lieux dans le premier épisode, les composantes de la basse-cour dans le second, il s’agit, dans celui-ci, de découvrir la haute-cour. Lieu de vie privilégié du seigneur, cette dernière est le coeur véritable du pouvoir féodal et, finalement, le point autour duquel gravite tout le petit monde du château à motte. Pour terminer cette série de vidéo, nous approchons donc ses bâtiments et montons  à l’assaut de la butte, pour y découvrir le donjon et le logis du maître des lieux.

« Reconstituer » l’architecture de bois défensive du moyen-âge central

D_lettrine_moyen_age_passionu point de vue reconstitution, il faut ici préciser quelques petites choses. Le moyen-âge central des XI et XIIe siècle ne nous a pas laissé des myriades de documents sur l’architecture de bois et sur les mottes. L’archéologie médiévale est venue à son secours depuis, mais il faut bien être conscient de plusieurs éléments:

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  • Le second élément est que les terrains de construction des mottes et leur butte quand ils n’ont pas été simplement abandonnés à la faveur de lieux plus propices que l’architecture de pierre et sa solidité ont, par la suite, permis de conquérir, ont accueillis, dans un certain nombre de cas, des châteaux de pierre. Quand cela s’est trouvé, on assiste alors souvent à un empilement sur les mêmes terrain des vestiges d’habitation et des traces, au fil des siècles, qui complique d’autant le travail de l’archéologue et la mise à jour de découvertes « claires ». Quand bien même, celles-ci ne donnent souvent que l’affectation des premiers niveaux d’habitations et peu d’éléments sur ce qui pouvait se trouver dans les étages, quand il y en avait.

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Tout cela étant dit, et même si en croisant toutes les données, on a quand même fini par avoir une bonne idée de la conformation générale de certains de ces châteaux de terre et de bois, les détails concernant l’agencement précis de leurs bâtiments, la disposition de leurs pièces, de leurs étages et leur affectation, restent souvent une énigme à trous. Reconstituer, dans ce contexte, consiste donc à user des éléments en présence, mais aussi de son imagination, en essayant de se replacer dans le contexte de l’époque et la réalité du monde féodal des XIe et XIIe siècles. Pour rappel nous avons choisi pour ces trois vidéo-documentaire de nous situer vers le milieu du XIIe siècle (1150 – 1170).

Les Chroniques de Lambert Curé d’Ardre

C_lettrine_moyen_age_passion‘est un document qui est longtemps resté en marge de l’Histoire mais que l’on a redécouvert par la suite, et dont on a su tirer partie. On doit notamment à ce Lambert, curé d’Ardre une description d’un logis de seigneur de bois assez sophistiqué et complexe. Michel Bur nous la résume dans son article sur les châteaux fort (encyclopédie Universalis) mais l’on peut  également retrouver la source de ces chroniques en fouillant un peu. L’ouvrage original, qui date de 1170, est en latin mais on en trouve des traductions en vieux-français.

chronique_de_lambert_dardrePour autant, et même si l’on peut considérer la grande valeur de ce document pour les précisions qu’il nous donne, c’est en chroniqueur témoin « émerveillé » que le curé d’Ardre nous décrit cette grande bâtisse de bois. Ce n’est pas en maître d’oeuvre, et il n’en donne aucun plan, pas plus qu’il n’en fait la monographie précise. Le document se résume à un peu moins d’un page et on ne peut considérer qu’il soit exhaustif sur l’ensemble des fonctionnalités que l’on trouve dans ce bâtiment. Entre autre chose, on ne trouve rien sur l’hygiène, d’éventuelles pièces dédiées aux bains, toilettes, Il n’y a pas non plus mention d’installations défensives de type hourd ou même de précisions sur d’éventuels accès défensifs élevés sur le toit. Et si, à l’évidence, notre curé d’Ardre, connait suffisamment le logis du seigneur, pour savoir qu’il comporte un « lieu tenu secret » réservé aux malades, il confesse aussi que c’est un labyrinthe et il faut bien en déduire que sa description se limite donc à ce qu’il en sait et qu’on a bien voulu lui montrer.

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Dans ce contexte, sans doute satisfaisant pour l’Historien mais qui reste un peu flou pour le « reconstituteur » , nous avons utilisé les grandes fonctionnalités décrites par notre Lambert, pour les agencer, en quelque sorte, à notre manière, et les faire entrer dans notre tour maîtresse ou notre grand donjon de bois. Comme nous l’indiquons dans ce vidéo documentaire, le logis seigneurial qu’il nous décrit ne semble pas être un tour, mais plutôt une grande bâtisse.

Composantes « psychologiques » de l’architecture médiévale défensive

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De Lambert, curé d’Ardre à Eugène Viollet le Duc

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour le reste et aux sources de notre inspiration, nous faisons encore ici appel à Eugène Viollet le Duc et son incontournable article sur les châteaux tiré du Dictionnaire raisonné d’architecture médiévale. En croisant cette source avec la chronique du curé d’Ardre, nous recoupons cette idée d’habitation du seigneur franc qui passe sa vie avec mais surtout, sur ses gardes, (passez-moi le jeu de mots) et qui organise tout autour de lui, sa propre défense. Cette idée de labyrinthe dans laquelle la « défiance » devient une composante de l’architecture est une des sources importante de cette « reconstitution » à la croisée des possibles. Voici video_documentaire_chateau_fort_monde_medieval_dictionnaire_raisonne_architecture_eugene_viollet_le_ducdans le texte, les deux extraits qui nous ont inspiré sur le fond. Nous les citons dans la vidéo, mais il est naturel qu’ils trouvent aussi leur place dans cet article:

 » Retiré dans son donjon avec sa famille et quelques compagnons, la plupart ses parents moins riches que lui, il ne pouvait être assuré que ses hommes d’armes, dont le service était temporaire, séduits par les promesses de quelque voisin, n’ouvriraient pas les portes de son château à une troupe ennemie. Cette étrange existence de la noblesse féodale justifie ce système de défiance dont ses habitations ont conservé l’empreinte.

(…) Le château français ne s’élève qu’en vue de la garde du domaine féodal ; son assiette est choisie de façon à le protéger seul ; ses dispositions intérieures sont compliquées, étroites, accusant l’habitation autant que la défense ; elles indiquent la recherche d’hommes réunis en petit nombre, dont toutes les facultés intellectuelles sont préoccupées d’une seule pensée, celle de la défense personnelle. »

Eugène VIOLLET LE DUC,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle (1868)

________________________

« ledict Arnoul (seigneur d’Ardre) fist faire et ediffier en son chastiau et forteresse d’Ardre une maison de bois et d’aultres matieres, faicte par grand artifice et maniere, et qui excedoit en beaulté les aultres maisons que pour lors estoient au pais de Flandres. (…) et de ceste maison en fist ung lieu semblable à ung aultre labirinthe, et dont l’on ne scavoit trouver l’entrée ne l’issue. »

Chronique de Guines et d’Ardre / par Lambert, curé d’Ardre (1170)

Les autres sources d’inspiration

Au titre des références, nous devons encore quelques éléments empruntés à Jean Mesqui et encore d’autres petites choses connues de tous, mais qu’il nous a cru bon de devoir rappeler, entre autre le fonctionnement de l’ost médiéval, avant que les armées royales ne se professionnalisent.

Eléments techniques sur la réalisation

C_lettrine_moyen_age_passionomme pour les vidéos précédentes et pour la réalisation de ce monde 3D, nous avons encore opté pour le moteur du jeu Medieval Engineers. Il n’est pas
impossible que nous soyons amenés à réviser ce medieval_engineers_jeu_video_logo_construction_châteauxchoix, dans le futur, au vue des nombreux déboires occasionnés.  Nous en dirons un mot plus détaillé dans un prochain article.

Voilà, mes amis, tout cela étant dit, nous espérons que vous apprécierez cette dernière vidéo publiée et que vous en tirerez quelques informations utiles, sur ce monde médiéval qui nous est si cher. Si toutefois, vous aviez manqué les premiers épisodes ce cette série sur les mottes castrales, voici les liens vous permettant de les voir :

Tout savoir sur les mottes  castrales: épisode 1 : contexte historique

Tout savoir sur les mottes  castrales: épisode 2 : la basse-cour

En vous souhaitant une très belle journée.
Frédéric EFFE.
Pour moyenagepassion.com.
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

La croisade albigeoise : Montsegur, haut lieu du Catharisme (1)

croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_moyen-age_centralSujet : reconstitution historique, château, Cathares, catharisme, siège, Montségur, Albigeois,
Période : moyen-âge central
Média : vidéo-documentaire, mondes 3D, Des racines et des ailes, France 3.
Production : IZIgraph Patrimoine

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, à la faveur d’une belle reconstitution 3D que nous devons à la société IZIgraph Patrimoine, nous abordons l’histoire du château de Montségur assiégé en 1243-1244 lors de la croisade contre les cathares et, du même coup, nous en profitons pour ouvrir une série d’articles sur cette croisade contre les Albigeois.

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Pour qui s’est déjà rendu sur place pour visiter les ruines de ce qui reste de Montségur,  la hauteur à laquelle est bâtie la forteresse sur son piton rocheux (ou son pog en bon languedocien) ne peut que faire forte impression. Ses murailles ou ce qu’il en reste, qui sont en réalité les vestiges d’un château construit postérieurement à celui qui subit le terrible siège des années 1240, plafonnent, en effet, à près de 1 200 mètres d’altitude sur un dôme de calcaire qui, un peu à l’image des hauteurs du château de Foix, semble avoir été planté là, depuis des temps immémoriaux, dans l’attente qu’on y juche une forteresse.

Arrivé au pied de cet étonnant relief, on ne se surprend pas que ce mythique château de Montsegur, dernier bastion d’une communauté cathare alors encore significative en nombre ait pu donner tant de fil à retordre aux armées des croisés chrétiens qui, avec la bénédiction des papes et des rois avaient  entrepris, au milieu du XIIIe siècle, de mettre fin à une hérésie, elle-même chrétienne. Au moment du siège de Montségur en 1243, une grande majorité des cathares a abjuré, a été décimée ou bannie des terres du Languedoc ou a même fui pour se réfugier vers la Catalogne ou vers l’Italie et la Lombardie notamment),

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Une expédition à l’assaut de l’Histoire

O_lettrine_moyen_age_passionn se gare en bas du piton rocheux et on grimpe à l’assaut de la forteresse de Montségur par un petit sentier étroit qui serpente entre la végétation et les arbres et qui semble n’en plus finir. Une fois arrivé en haut, on découvre bien vite qu’il ne reste plus que quelques ruines du château qui fut construit postérieurement au siège de Montségur, mais cela n’importe peu car nous sommes bien sur les terres du drame et les guides très dynamiques et enthousiastes qui vous attendent, au sommet de ce pog, ont tôt fait de vous transporter à travers ses heures les plus glorieuses et les plus sombres.

croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_siege_visite_montsegur_moyen-age_centralSe tenant au milieu de sa cour trapézoïdale, la surface laissée semble si petite que l’on peine même à imaginer qu’ici durant près de quarante ans vivaient en moyenne entre 500 et 800 personnes. D’après les sources archéologiques, un véritable village s’y tenait. On avance même que lors du siège de Montségur, quelques mille cathares, fuyant l’inquisition qui sévissait alors dans la plaine du Languedoc, y avaient trouvé refuge. En réalité, outre le fait que les notions d’espace sont quelques fois trompeuses et qu’il est difficile de se les représenter édifiées quand elles sont à nues, la cour du Castrum était loin d’être la seule occupée sur cette montagne. Les quelques murs encore debout ne sont que les vestiges du centre de la place forte. Les autres remparts ont été totalement détruits après coup, ainsi que les autres édifices qui se trouvaient sur les hauts de Montségur et cette excellente reconstitution 3D a le grand avantage de nous permettre de mieux se les représenter, tout en donnant quelques éléments sur le siège que connut le château entre 1243 et 1244.

M_lettrine_moyen_age_passionême si le treizième siècle avait vu les armées s’aguerrir de l’expérience des croisades successives en terre lointaine, par la nature même de son site,  le pog de Montségur a donc été le théâtre d’un des plus longs sièges de l’histoire de la croisade contre les albigeois. Pas moins de dix mois furent, en effet, nécessaires pour faire tomber la forteresse où s’étaient réfugiés non pas les derniers, mais les « presque » derniers cathares.

Quand, en ce début d’année 1243, les quelques cinq mille hommes de l’armée du Sénéchal de Carcassonne Hugues des Arcis, accompagnés de l’archevêque de Narbonne, Pierre Amiel, se regroupent au pied du piton de calcaire en vue de l’assiéger, c’est, en réalité un château et un seigneur chrétien auxquels ils font face, même si ce lieu est devenu, depuis plus de dix ans déjà, un haut lieu du catharisme. Le seigneur auquel la forteresse appartient, un noble occitan du nom de Raymond de Péreille, a, en effet, concédé, en 1230, à l’évêque cathare Guilhabert de Castres de faire de Montségur  la tête de pont et le siège de l’église cathare.

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croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_reconstitution_3D_chateau_fort_002  croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_reconstitution_3D_chateau_fort_005

1230 Montségur haut lieu du catharisme

L_lettrine_moyen_age_passione traité de Meaux-Paris a été signé un an auparavant, consacrant la paix entre Paris et Toulouse et ce qui sera le premier pas vers l’annexion définitive de la région par la couronne française moins d’un demi-siècle plus tard. L’inquisition n’est alors pas encore créée, elle ne le sera qu’en 1233 par le pape Grégoire IX, désireux d’en terminer avec le catharisme tout en créant un cadre permettant d’établir des procédures et d’éviter, dit-on aussi, les abus des justices civiles.

Même si cette idée peut faire grincer des dents, certains historiens et juristes avancent en effet que la création de l’inquisition et l’instauration d’une démarche inquisitoriale représentèrent un « progrès » en terme de procédure par rapport à la situation précédente. Si on la compare avec les abus et les massacres auquel la croisade avait donné lieu – on se souvient du siège de Béziers et du passage par le fer de populations entières, sans aucune forme de procès – il ne fait pas tellement de doute que ce fut le cas. D’après les sources historiques, on sait aujourd’hui encore que les inquisiteurs trouvaient bien plus de satisfactions dans l’abjuration par les cathares de leur foi et dans leur retour dans le troupeau des brebis catholiques que dans leur crémation. Or, il semble que, de son côté, la justice civile en faisait moins de cas, étant de nature plus expéditive dans son croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_pape_gregoire_IXapplication des lois, des consignes et des sentences. Pour illustrer cela, nous citons ici Jean Louis Biget, Historien spécialiste de ces questions:

« L’Inquisition substitue à la procédure accusatoire publique une procédure d’office totalement secrète, à huis clos et sans avocat. Malgré ses aspects arbitraires, elle offre autant de garanties que les justices traditionnelles, qui soumettent les accusés à une présomption de culpabilité et les obligent à subir l’épreuve, fort aléatoire, du fer rouge, ou d’autres de même style, pour prouver leur innocence. Les enquêtes fouillées et exhaustives des inquisiteurs laissent ses chances à l’accusé, s’il n’est pas coupable, et les faux témoins encourent la prison perpétuelle. L’Inquisition prononce cependant des châtiments sévères : la remise au bras séculier – c’est-à-dire le bûcher –, la prison, qu’elle instaure comme peine afflictive, le port de signes infamants – des croix, homologues à la rouelle des juifs. Elle recourt à des techniques modernes : elle se constitue une mémoire écrite, fortement structurée, avec des répertoires commodes, révolution analogue à celle de l’informatique. »
jean-Louis Biget : Catharisme et Cathares en Languedoc

Du reste, comme l’église ne pouvait pas mettre en oeuvre les sentences d’ordre punitives, c’est bien sur la justice civile que les inquisiteurs allaient s’appuyer pour faire avaliser leurs décisions. Si cette dernière ne s’y était pas pliée, aucun bûcher n’aurait sans doute été allumé, ni aucun cathare emmuré mais l’Europe médiévale est politico-religieuse, comme les couronnes le sont, et il est alors difficile de tracer clairement les frontières entre les deux. Disant tout cela, on comprend bien qu’il n’est pas question ici de justifier quoique ce soit, mais simplement d’être réaliste sur les motivations et les forces en présence, au vue du contexte historique et politique du XIIIe siècle. Bien sûr, pour beaucoup, il aurait été plus simple que l’appel à la croisade n’ait pas été lancé, que l’inquisition n’ait pas été créée, que l’église en reste là avec le catharisme, mais la machine était lancée et il semble bien que rien n’aurait pu alors la faire reculer. Il ne s’agissait plus depuis longtemps pour Rome, de laisser courir l’hérésie cathare mais de l’éradiquer.

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croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_reconstitution_3D_chateau_fort_006    croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_reconstitution_3D_chateau_fort_008

Un climat d’occupation

S_lettrine_moyen_age_passionur les terres languedociennes, une fois le traité de Meaux-Paris signé, en 1229 et une paix relative retrouvée entre la couronne royale et du comté de Toulouse en la défaveur de cette dernière, la croisade militaire était donc officiellement terminée. De nombreux seigneurs languedociens dépossédés de leurs terres et leurs fiefs, on installa dans leur château des seigneurs français et, sur le terrain, des officiers royaux, baillis et autres viguiers, qui se chargeaient d’encadrer la situation. Cette dernière fut rapidement vécue par les languedociens comme une occupation et c’est compréhensible, puisque techniquement c’en était une. Avant tout cela, la province était autonome et ne faisait pas partie de la couronne française. Le climat est d’autant plus délicat que les abus de la part de ces officiers royaux sont, dit-on, alors nombreux et vont graduellement achever d’exaspérer les populations.

De son côté, la victoire politique étant une chose, Grégoire IX entreprit de continuer la traque des cathares par ses propres représentants. Alléguant  que les évêques étaient trop occupés pour conduire cette tâche, il confia l’inquisition à l’ordre mendiant des dominicains qui s’étaient signalés, un peu avant, dans le Languedoc par leur démarche de prêche et de prédications, moins fastueuse et plus dépouillée que celle des autres représentants de l’église d’alors. Lordre monastique était d’ailleurs né, en grande partie, de l’expérience et des tentatives de son fondateur, Dominique de Guzmán (Saint-Dominique) pour rallier les adeptes du catharisme à une foi chrétienne plus proche des origines.  Quoiqu’il en soit, par cette inquisition, Rome acheva d’ajouter à l’humiliation des seigneurs du pays d’Oc et au climat de tension et de peur qu’avaient généré les croisades autant que l’intrusion des seigneurs et des gens du nord sur les terres languedociennes, en créant sur la durée un climat de persécution et de délation au sein des populations.

L’organisation de Montségur après 1230:
Eglise cathare et chevaliers faydits

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour revenir à 1230, la trêve étant signée et l’inquisition pas encore créée, dans cet entre-deux peut-être le seigneur de Montségur a-t-il alors pensé que les conflits étaient derrière eux? Toujours est-il qu’il finira par céder à la requête de l’évêque cathare et ne reviendra pas dessus, à aucun moment, dans les années qui suivront. Montsegur deviendra donc le haut lieu officiel  du catharisme. Les cathares aideront à financer la garnison permettant d’assurer la protection du château, et, peu de temps après, Raymond de Péreille confiera l’organisation de sa défense à un homme qui est son cousin et deviendra bientôt son gendre puisqu’il lui donnera sa fille en épousailles: Pierre-Roger de Mirepoix. Ce dernier jouera un rôle majeur dans la défense de Montségur lors du siège mais aussi dans le déclenchement de l’opération militaire d’envergure qui signera la destruction de la forteresse dans sa forme cathareblason_chateau_montsegur_pays_cathare_albigeois_reconstitution_3D_monde_medieval. Au moment de l’attaque du château, cela dit, le site est déjà largement repéré, dénoncé et regardé de biais, depuis longtemps par l’Eglise romaine et on peut imaginer que face aux enjeux et aux forces en présence, Montségur allait bien devoir, tôt ou tard,  tomber.

A l’image de la garnison qui se trouve alors sur place et des hommes dont il s’est entouré, Pierre-Roger de Mirepoix est un chevalier et seigneur languedocien « faydit ». Il s’est vu confisquer ses biens et ses possessions en 1209 par Simont de Monfort, soit le château de Mirepoix, pour son implication aux côtés des albigeois dans les conflits. Il le reprendra en 1223 pour le perdre à nouveau sur l’ordonnance royale de 1229. Dépossédé de tout par deux fois, si l’on admet que cette croisade fut en réalité une guerre de conquête tout à la fois géo-stratégique, politique, économique et religieuse et on ne peut guère faire autrement au vue de ses conséquences historiques concrètes sur le terrain, du point de vue languedocien, l’homme deviendra un résistant.

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A propos du faidiment 
Sans être soi-même cathare, il suffisait alors de s’en déclarer protecteur ou de ne pas vouloir participer volontairement à la croisade ordonnée par Rome pour tomber sous le coup du faidiment et de nombreux nobles languedociens étaient de fait tombés sous le coup de cette mesure. Elle n’était pas définitive et pour récupérer ses terres, il « suffisait » en passant par les instances de Rome ou en s’adressant directement au pape, d’abjurer si l’on était cathare et, dans tous les cas de figure, de rejoindre les rangs de la croisade pour lutter activement contre l’hérésie. Facile à dire mais sans doute plus difficile à faire au vue du contexte. Pourquoi?

Nous aborderons toutes ces questions dans l’article suivant. En attendant je vous souhaite une excellente journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

Tout savoir sur les mottes castrales épisode 1 et 2, galerie d’images

donjon_motte_castrale_video_documentaire_histoire_medievaleSujet : châteaux à mottes, mottes castrales, châteaux forts anciens, histoire médiévale, architecture défensive, invasions vikings et barbares
Période : moyen-âge central
Média : vidéo-documentaire, images,
Réalisation: votre serviteur

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous partageons une nouvelle petite galerie d’images issues des vidéos documentaires que nous avons réalisé sur l’histoire des mottes castrales et dont les deux premiers épisodes sont déjà sortis.

Episode I. Contexte historique et émergence des mottes castrales

Durée : 26 minutes
Sujet abordés
: le contexte historique et la France de l’an Mil, les invasions barbares, naissance de la féodalité, quelques généralités sur les mottes castrales, les abords du châteaux à mottes, la topographie des lieux et les découvertes de ‘archéologie médiévale.

Lien vers la vidéo de l’épisode 1 ici 

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La France des invasions  et l’éclatement de l’empire carolingien
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Le gibet ou la fourche patibulaire: marque de la justice féodale du seigneur
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Aperçu de la basse cour de la motte qui de structure défensive deviendra peut-être un village
Des références à l'incontournable Archéologie médiévale avec Michel Bur, Michel de Boüard, Eugène Viollet le Duc
Des références à l’incontournable Archéologie médiévale avec Michel Bur, Michel de Boüard, Eugène Viollet le Duc

Episode II. La basse-cour du château à mottes

Durée : 40 minutes
Sujets Abordés
: architecture défensive, agriculture, élevage, artisanat, conservation, religion, justice, et vie médiévale dans la basse-cour d’une motte castrale.
Lien vers la vidéo de l’épisode 2 ici 

Quelques unes des  références archéologiques et historiques tirées de la vidéo et que vous pourrez y retrouver:

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Les portes du château à mottes et leur fortification en « compagnie » de Jean Mesqui
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Une grange d’élevage de l’an Mil, inspirée des fouilles de Charavines et du Lac de Paladru
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L’artisanat de Tabletterie avec les travaux et les découvertes de la motte castrale de Boves
video_mottes_castrales_chateau_fort_justice_medievale_duel_judiciaire_moyen-age
Le duel judiciaire au XIe siècle, une forme de justice médiévale avec un montage d’illustration de Talhoffer et les lumières de Bruno Lemesle
video_mottes_castrales_basse_fond_de_cabane_moyen-age
A la découverte des fonds de cabanes du haut moyen-âge
video_mottes_castrales_basse_cour_grenier_silo_sureleve_moyen-age
Conservation au moyen-âge: grenier surélevé (ici inspirés de leur version norvégienne) et silos enfouis
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Un petit lavoir dans une motte castrale où l’eau seule peut sauver du feu qui menace

L’épisode 3 sur la haute cour et le donjon est en cours de post-production.

Une excellente journée à tous!
Fred
Pour moyenagepassion.com
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