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Le moyen-âge de jacques le Goff

Sujet : citations, monde médiéval, moyen-âge, Histoire médiévale.
Auteur : Jacques le Goff  (1924-2014), historien médiéviste.

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“Le Moyen Age a été un grand laboratoire d’idées, d’institutions, de formes, et il reste une mine d’enseignements. Il vient certes après l’Antiquité, si riche, si florissante. Pourtant, malgré les progrès de l’histoire ancienne, les civilisations du passé ont pris un coup de vieux, dû sans doute à l’abandon du grec et du latin dans l’enseignement. Les Hérodote, Salluste et autres Cicéron ne sont plus nos ancêtres : c’est le Moyen Age qui, en se rapprochant, est devenu notre Antiquité, nos sources, notre jeunesse.”

Jacques Le GOFF, historien médiéviste (1924-2014)
Extrait d’un entretien de 1999 (Télérama)

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Toussaint, fête des morts et Halloween, une approche historique et ethnologique

toussaint_histoire_medievale_fetes_des_morts_halloween_anthropologie_historiqueSujet : fêtes catholiques, histoire médiévale, Toussaint, fêtes des morts, Halloween, fête celtique, fiche de lecture, analyse critique. sociologique, histoire culturelle, « celtisme », anthropologie culturelle.
Auteur de référence : Renaud Zeebroek
Article :  Persistance ou transformation ? La trajectoire d’une fête
Revue : ethnologie française (2006)

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionl’approche du temps de noël et, comme chaque année, les voilà qui reviennent nos deux célébrations de début novembre : la Toussaint, fête de tous les saints et la fête des morts qui la suit. Certes, pour certains d’entre nous, elles se sont peut-être quelquefois un peu vidées de leur sens religieux premier, mais il n’en demeure pas moins qu’elles font partie de nos traditions ancrées.

Pourtant, depuis quelques années, un événement curieux survient dans le paysage culturel de notre vieille Europe catholique, alors que le gigot du repas familial du dimanche de tous les Saints est déjà presque froid et que tant nous allons, en cohorte, porté nos chrysanthèmes, jolies marguerites des morts de Brassens, pour aller communier, un instant, dans les cimetières et près des tombes, à la mémoire de nos chers disparus. En effet, au même moment et même quelques semaines avant, les citrouilles creusées ont déjà fleuri dans les grands magasins, et avec elles les deco_medieval_moyen-age_chretiendéguisements et costumes variés de sorcières et de Frankenstein et encore les paquets de friandises industrielles colorées artificiellement et vendus par pack de cinq. Au demeurant pourtant, tout ce merchandising autour d’Halloween, puisque c’est de cela qu’il s’agit, qui vient comme pousser du coude nos vieilles coutumes pour tenter de s’installer un peu sur leur terrain, ou peut-être sur celui laissé vacant par une sécularisation de bon ton, a, semble-t-il, encore du mal à se faire une place.

« Mais qu’est-ce que c’est que ce truc diront encore certains ? «  au risque de passer (bientôt ou peut-être déjà) pour d’affreux rabat-joies ou même des catholiques, ce qui, dans certains recoins de notre société, est devenu presque bien pire, l’ombre de Bernardo Gui (celui du Nom de la rose) n’étant jamais bien loin ! Et on leur dira d’autant plus d’en rabattre qu’Halloween nous est quelquefois présentée comme issue d’une tradition millénaire, ayant pour origine l’antique et « sacro-sainte » culture celtique, celle d’avant la romanisation, celle d’avant l’évangélisation, bref,  celle du monde qui avait encore un sens. La fête serait, en effet, nous explique-t-on ici ou là, bien plus vieille que le christianisme lui-même. Elle aurait, au bas mot, près de 2500 ans d’histoire, et aurait même « inspiré » l’église romaine qui l’aurait bien vite recouverte de ses propres rituels, dans le courant du moyen-âge, pour en faire, d’une fête impie, joyeuse, libre, débridée et véritablement festive, une fête instituée, soit donc tout le contraire, moraliste, obligatoire, conservatrice, tristounette, etc, deco_medieval_moyen-age_chretienetc… Mais je provoque, je provoque, j’en suis conscient et je vous avoue le faire avec d’autant plus de liberté et d’impertinence que, d’une part, je ne suis pas d’une église, et que, d’autre part, la « chose celtique » véritable m’intéresse vraiment. Alors pour répondre à toutes ces questions, sans céder à un anticléricalisme primaire et lui aussi devenu « de bon ton », comment trier le vrai du faux, j’allais dire le grain de l’ivraie ? Et bien, comme d’habitude, en faisant appel à l’Histoire, au sens critique mais aussi et pour le coup aux sciences humaines.

Revisiter l’histoire avec les outils de l’anthropologie et la sociologie, pour dresser une « biographie culturelle » des objets, voilà le projet que se proposait, en effet, de suivre le sociologue Renaud Zeebroek. Dans un article paru en 2006 de la revue Ethnologie Française, pour illustrer concrètement son propos, il se lançait, ce qui tombe à pic, dans une analyse de l’histoire culturelle et sociale d’Halloween, et revisitait au passage les mythes modernes qui l’entourait. Il nous servira donc de guide pour la partie qui concerne plus particulièrement cette fête mais avant, revisitons un peu nos classiques avec l’histoire de la Toussaint et de la fête des morts catholiques.

Un peu d’histoire catholique et médiévale

S_lettrine_moyen_age_passioni les fêtes données en l’honneur des martyrs catholiques, sont connues dès le Ve siècle à Rome, – elles sont généralement célébrées le dimanche suivant la Pentecôte – la fête de tous les Saints et des martyrs, la Toussaint, est apparue offciellement, dans l’église catholique d’occident, à l’initiative du Pape Grégoire III dans le courant du haut moyen-âge et au tout début du VIIe siècle.

deco_medieval_moyen-age_chretienUn peu plus de deux siècles plus tard, un autre Grégoire, le IVe du nom cette fois, décrétera que la fête devait tenir place et être suivi dans l’ensemble du monde chrétien. C’est à ce dernier qu’on attribue d’avoir fixé la date au 1er novembre. A quelques cinq cent ans de là, au XIIIe siècle, l’archevêque de Gènes  Jacques de Voragine nous expliquera dans son ouvrage Légende dorée que le changement de date fut effectué « car à cette fête les fidèles venaient en foule, pour rendre hommage aux saints martyrs, et le pape jugea meilleur que la fête fut célébrée à un moment de l’année où les vendanges et les moissons étaient faites, les pèlerins pouvaient plus facilement trouver à se nourrir. »

Que la version de Jacques de Voragine soit avérée ou non, ce changement de dates expliquera les débats soulevés plus bas concernant la « récupération » par l’église de Rome de la Samain et d’Halloween.

Quoiqu’il en soit, Louis le Pieux suivra la consigne de Grégoire IV en étendant la célébration à tout l’empire carolingien. Pour suivre le fil jusqu’à nos jours, désireuse d’en ancrer l’application, l’église en fit un fête solennelle durant le moyen-âge tardif, à la fin du XVe siècle, et bien plus tard, dans le courant du XXe, le pape Pie XI en consacra définitivement l’importance, en lui conférant la nature de fête d’obligation.

La commémoration des fidèles défunts, célébrée,  officiellement, le 2 novembre, même si, pour des raisons de calendrier, nous la célébrons en général en France le premier est, quant à elle, un peu plus tardive puisque datée du moyen-âge central. Même si les traces d’un office spécifique pour les morts lui sont antérieures, elle aurait émergé dans l’univers monastique du côté de l’abbaye de Cluny et au XIe siècle. On commémorait alors les deco_medieval_moyen-age_chretienfrères disparus à l’occasion d’une « fête des trépassés », qui ne s’imposa, comme pratique liturgique officielle, généralisée au monde chrétien, que deux cent ans plus tard, au XIIIe siècle.

Soulager l’âme des défunts, prier pour qu’ils soient libérés du purgatoire si toutefois ils s’y trouvaient encore pris, cette commémoration était encore, du point de vue de l’église, une façon de rappeler aux croyants, une fois l’an, que ceux qui sont passés dans l’autre monde sont aussi et peut être même plus vivants qu’eux; comme chacun sait, du point de vue catholique, notre monde d’incarnation n’est qu’une épreuve à passer. Ô étrange paradoxe du deuil dans notre Europe occidentale catholique, ce rituel qui devait être, dans ses fondements même, plutôt une joie et une force d’espérance pour les pratiquants de la glose s’est quelquefois changé en rivières de larmes ou en des moments lourds d’émotions, mais si la pratique de cette commémoration n’est pas toujours joyeuse, elle reste tout de même un moment d’évocation important, et l’occasion d’une pensée pour tous ceux qui ne sont déjà plus de ce monde. Voilà pour la partie historique et traditionnelle.

Halloween : fête des morts celtique ?

Q_lettrine_moyen_age_passionuant à Halloween que, encore une fois, depuis quelques années, les vendeurs de potirons en résine, de costumes, d’arômes artificiels et de friandises colorées, essayent, non sans une certaine insistance, de mettre à la vente sur tous les étals ( sans grand succès, semble-t-il, pour l’instant), elle se veut résolument festive, surnaturelle, humoristique, bref joyeusement païenne. Une façon de célébrer les morts qui pourrait presque prendre, de très loin, des allures festives mexicaines. Loin de nos coutumes cérémonielles, elle vient, en tout cas, nous enjoindre à deco_halloweenfaire la fête dans un melting-pot de déguisements qui mêlent fantastique, surnaturel et autres références à un cinéma d’horreur parfois très XXe siècle et même, disons-le, hollywoodien.

Pourtant, sous ses dehors bigarrés et modernes, Halloween puiserait, nous assure-t-on,  ses origines lointaines dans la culture celtique, suivie de près depuis des temps immémoriaux par des irlandais et écossais qui l’auraient importée en Amérique du nord et au Canada, en y émigrant dans le courant des XVIIIe, XIXe siècles. On trouvera même, nous le disions plus haut, mentionner l’idée qui tendrait à affirmer qu’Halloween serait finalement le véritable ancêtre « historique » de la fête des morts, la seule, l’authentique, la véritablement populaire, la celtique et du coup aussi la gauloise, bien vite récupérée et instrumentalisée par l’Eglise et le christianisme, dans le courant du moyen-âge, avec des visées d’évangélisation des terres de l’Europe païenne.

Samain, Samonios, Halloween récupérée?

« Attribuer une origine païenne à Halloween contribue à justifier les liens que la fête entretient avec le monde de l’étrange. Dans la foulée, la relation de la fête avec le christianisme – que pourtant ni sa date, ni son nom ne font oublier – peut être facilement niée. »
Renaud Zeebroek, 
Persistance ou transformation ? La trajectoire d’une fête, Revue l’Ethnologie française 2006.

E_lettrine_moyen_age_passionn suivant les pas du sociologue Renaud Zeebroek, sur cette hypothèse d’une Toussaint, ou plutôt d’une commémoration des morts comme forme christianisée d’une vieille tradition celtique, le raccourci semble, en réalité, et contre tout ce que l’on peut lire ici ou là, un peu court. Guéguerres d’Eglises ou querelles de clochers ? l’auteur souligne, au passage, l’influence des folkloristes protestants anglo-saxons du XIXe siècle sur cette idée de fêtes catholiques n’étant au fond, pour la plupart,  que des rituels biaisés, fondés sur les anciennes pratiques et croyances populaires païennes ou celtiques et les ayant récupérées. Bien sûr, l’histoire ne dit pas que cela ne s’est jamais produit, loin s’en faut, mais le systématiser peut tout de même avoir certaines limites.

deco_halloweenOriginellement, la Samain, Samhuin, ou Samonios auquel on rattache communément Halloween, était une fête qu’on célébrait chez les celtes, aux environs de début novembre. En réalité, historiquement nous n’en savons pas grand chose sinon qu’elle se présentait comme une fête de nouvel an et de fin de cycle, copieusement arrosée avec force banquets et avant tout destinée, semble-t-il, à l’aristocratie guerrière,  royale et religieuse (druidique). A tout le moins, aucune source historique ne permet d’établir de manière claire qu’elle était sa nature populaire, ni si ou comment elle était célébrée par le petit peuple. Pendant cette parenthèse que la fête représentait, entre deux cycles donc, celui qui se fermait et celui qui allait s’ouvrir, les Déesses (pas les âmes des hommes défunts) venues du Sid (lieu surnaturel qui pour certains auteurs contient le lieu des morts et pour d’autres non) pouvaient se manifester au guerrier (le héros, pas l’homme du commun) et lui délivrer des messages, l’élever ou le perdre.

Nous sommes là à des lieues de la commémoration des morts chrétienne, mais ce qui est plus embêtant, nous sommes aussi loin de la fête d’Halloween non seulement dans sa forme actuelle, mais encore dans sa forme historique  la plus ancienne connue.

Le fil de l’Histoire : aux origines

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour reprendre le fil historique, avec Renaud Zeebroek toujoursc’est dans le courant du XVIIIe siècle qu’on trouve mentionné Halloween pour la première fois.

On y célèbre alors, dans certains endroits d’Ecosse et d’Irlande et de manière diverse en fonction des régions, les pommes ou les noix et la fête est l’occasion de jeu d’adresses et de festivités autour de ces récoltes automnales. Elle donne quelquefois lieu à des « amusements » divinatoires et on y fait par exemple brûler des coquilles de noix pour projeter le devenir ou la possibilité qu’auront de jeunes couples de se former. Dans certains endroits, on la célèbre encore par de grands feux ou des flambeaux. Il est alors assez peu question de déguisements et de tournées, et la seule relation au deco_halloweenmagique prend la forme de ces jeux de divinations. La fête a alors tous les dehors d’un événement familial, communautaire et rural. Elle s’inscrit dans le cadre chrétien et saisonnier et, à l’image d’autres fêtes de l’Europe catholique occidentale et du calendrier religieux d’alors, elle semble aussi célébrer l’arrivée de la nativité et l’approche de Noël. Si elle a existé, il n’y a guère de  trace d’une relation directe, ni même d’un rattachement au Samain celte à ce stade. Halloween concerne alors principalement des pratiques et traditions catholiques dans une Angleterre devenue officiellement protestante. N’étant plus encadrée par une pratique officielle, la fête aurait alors progressivement pris une nature plus ludique pour devenir « un amusement plus ou moins pris au sérieux et propre aux jeunes gens préoccupés par les rites de la séduction et les préparatifs du mariage ». (op cité).

Encore une fois, quand est-il avant cela ? Nous ne le savons pas. Selon l’auteur, si origine plus ancienne il y a, elle ne semble pas traçable concrètement, pour l’instant au moins, à l’aide de sources documentaires fiables.

Les heures américaines d’Halloween

D_lettrine_moyen_age_passionébarquée sur le terrain américain, Halloween, désormais bien implantée dans la culture des migrants, notamment ceux des classes supérieures, prendra encore un autre tour. C’est dans le courant du XIXe siècle, qu’on la trouve mentionnée pour la première fois sur le continent américain.  Elle sera, alors considérée comme typiquement écossaise. Les amusements et les divinations autour de la formation de jeunes couples seront encore présents même s’ils donneront moins lieu à des alliances durables. Ces derniers auront d’ailleurs tendance à disparaître avec le temps. Peut-être en se répandant dans d’autres couches sociales, la fête donnera aussi le jour à une nuit des mauvais tours ou des mauvaises farces. Ce dernier aspect, en s’urbanisant et sortant du cadre étroit des communautés rurales, prendra vite des allures de vandalisme et suscitera même la grogne, au point de conduire les jeunes contrevenants devant les tribunaux dès le début du XXe siècle. deco_halloweenMême si les milieux étudiants s’en seront emparés alors, montrant par là une récupération culturelle de la fête qui devient, dés lors, clairement « américaine », certains de ces débordements ne feront, dès lors, plus rire grand monde. Au passage, on notera qu’elle n’avait alors et depuis longtemps déjà, plus grand chose de spirituel et semblait devenir uniquement le signe du relâchement, pour ne pas dire d’une certaine forme de transgression.

Cette « nuit des méfaits » continuera, du reste, jusqu’à pratiquement la moitié du XXe siècle, prenant une nature plus préoccupante et plus excessive au fil des grandes crises économiques ou des guerres traversées. De fait, dans les années 40, on essayera du côté des institutions d’encadrement de la jeunesse, établissements scolaires et des pouvoirs publics de trouver des moyens pour atermoyer ces actes de vandalisme. Il semble que cette idée de « Trick or Treat »  durant les tournées, « une friandise ou un mauvais tour ? » émergera alors et sera encouragée. Une poignée de bonbons contre un acte de vandalisme ? Finalement, pour l’américain des années d’après guerre, l’affaire était vite réglée. Bien entendu, les commerçants de friandise et les magasins de déguisement surent aussi en tirer partie.

Pour finir, dans les années 80, on sera un peu plus réticent à laisser sortir les têtes blondes pour quémander des friandises à des inconnus et on verra alors de nouveaux divertissements émergés autour de la fête. C’est là qu’elle prendra plus résolument son côté surnaturel et horrifique, avec l’émergence, au passage, des déguisements issus du cinéma de genre. On verra alors certains adultes s’y joindre et se déguiser à leur tour.

Pour conclure

A_lettrine_moyen_age_passionlors, Halloween, fête des morts originellement païenne et celtique? Ni l’un, ni l’autre semble-t-il. A l’étudier avec le sociologue Renaud Zeebroek on en perd en tout cas largement le fil. Il se situe clairement à contre-courant des idées en vogue sur la question en démontrant qu’elles sont bien plus le fruit d’une mythologie séculaire, issue de la modernité, que d’une histoire deux fois millénaire. Est-ce une surprise ? Pas tant que cela. Le monde celte tel qu’on nous le représente, prend souvent, il faut bien le constater, des allures de fourre-tout. Il est de ce dernier comme il est du moyen-âge, un faire-valoir commode, un univers à la mode auquel on fait tout dire, la promesse d’un rêve ouvrant sur des espaces imaginaires infinis : »J’adooooore tout ce qui est celtique ! » « D’accord, mais qu’est-ce qu’il est vraiment ? » Et s’il existe un médiévalisme qui revisite le deco_halloweenmoyen-âge avec quelquefois bien plus de fantaisie que de sérieux, il existe aussi indéniablement un « celtisme » (pardonnez ce néologisme), territoire magique de tous les possibles, univers à succès, terre d’opposition aussi ou se mélange une certain « wiccanisme » ou paganisme des XIXe, XXe, bref, une mythologie bien souvent plus moderne que réellement ancienne, avec sans doute en arrière plan, un désir d’évasion spirituelle, loin des terres historiques d’une Europe des valeurs chrétiennes, dans un monde « projeté » de l’avant christianisme, même si, de ce monde là, par les sources écrites en tout cas, il faut bien reconnaître que nous ne savons que très peu de choses. Tout cela reste, en tout cas, une belle matière à débat et à réflexion.

En vous souhaitant, pour étrange que puisse paraître l’expression, elle ne l’est pas tant que ça, une heureuse fête de la Toussaint et une joyeuse fête des morts.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Agenda médiéval: les trobades de Perpignan 2017

heraldique_blason_armoirie_perpignanSujet : fêtes, animations médiévales, sorties historiques, moyen-âge,  troubadours, compagnies médiévales
Période : du milieu du XIIIe au XIVe
Evénement : Les Trobades médiévales de Perpignan 2017
Lieu : Perpignan (Pyrénées-Orientales, Occitanie)
Date : les 14 et 15 octobre 2017

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous avions dédié un long article à l’édition précédente de ces célébrations  médiévales et voilà qu’elles sont de retour. Comme chaque année, cette fin de semaine, la cité de Perpignan fête ses trobades.

trobades_2017_perpignan_fetes_animations_compagnies_medievales_moyen-age_occitanie_pyreneesOrganisée par l’office du tourisme de Perpignan, cette grande fête autour du moyen-âge s’affirme, d’année en année, comme un véritable succès. Ainsi, pour cette édition, on attend plus de 250 reconstituteurs pour célébrer une période qui se situera entre le milieu XIIIe et le XIVe siècle, au temps où Perpignya la Catalana était encore la capitale continentale du Royaume de Majorque.

Alors à la main de Jacques II, troisième fils du roi d’Aragon Jacques 1er le Conquérant, la cité connaissait de grandes heures. Florissante, on y édifiait de nouveaux remparts, ainsi qu’un palais royal  et on y lançait encore les travaux de sa cathédrale. Comme nous avions déjà largement abordé ces questions, nous vous renvoyons à notre article précédent pour en savoir plus sur l’Histoire médiévale de Perpignan et nous revenons, de notre côté, au programme de ces Trobades 2017.

Trobades 2017, une  édition résolument ludique et un programme bien rempli

E_lettrine_moyen_age_passionn plus de la grande parade déambulatoire et du traditionnel marché médiéval, plus que jamais, cette édition 2017 ménage une vaste place à l’aspect ludique et interactif. En voici quelques exemples, tous destinés, bien sûr à vous immerger dans le moyen-âge et l’Histoire, tout en vous divertissant : parcours initiatique pour se faire adouber chevalier, jeu d’évasion et d’énigmes dans un décor médiéval fantastique, jeux de plateau et jeux anciens,  jeu de rôle grandeur nature avec les héritiers de Trencavel, jeux de stratégie avec Terra Historica, mais encore Cluedo médiéval autour de la découverte du centre ancien de Perpignan.

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Tout au long de ces deux journées, il y aura aussi, bien entendu, de nombreuses animations permanentes dans le centre historique de la cité catalane entre théâtre de rue, musiques anciennes, danses d’époque, spectacles équestre et encore camps dédiés à la découverte de la vie militaire et de l’artisanat au moyen-âge. La liste des compagnies médiévales, mesnies de combattants, mais aussi artistes ou  musiciens attendus à Perpignan ce week end, pour faire vibrer ces Trobades 2017, suffit, à elle-seule, à présager d’une belle intensité festive et d’un grand divertissement.

trobades_perpignan_2017_occitanie_animations_fetes_medievales_agenda_moyen-ageCompagnies médiévales, mesnies, associations, artistes & troubadours

Bocs de Biterna – Tartaruga Teatro – Les tanneurs de Drac et Artémuses – Les troubadours de OGME – La Compagnie Gueule de Loup  – Les Haras de la Soulsoure – La Compagnie du Paladin – Les Fauns – Les troubadours de l’amour – Cie de danse Comha  – Le club Médiéval du Lycée Pablo Picasso – Le club des lévriers – Les dentellières de Saint-Cyprien –  Les Baladins de Ceret – Les chevaliers du roi d’Aragon – Les Compagnons d’Ancelin – Les chiens de Saint-Martin – Les Compagnons du Chêne Ardent – Les Conquérants de Majorque – – La mesnie des Turlupins – L’Ordre des Lames 

Télécharger le programme détaillé  des Trobades 2017  ici.

En vous souhaitant une excellente journée et de très belles trobades si vous vous y rendez ce week end.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Senlis, haut lieu historique, revient au temps du Chancelier Guérin

senlis_histoire_medievale_blason_heraldique_armoirieSujet : agenda, animation, fêtes médiévales, sorties historiques, lieu d’intérêt, foires, marché médiéval.
Lieu : Senlis, Oise, Hauts-De-France
Evénement ; 4e foire médiévale de Senlis, « au temps du chancelier Guérin »
Date : 23 et 24 septembre 2017

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionu titre de l’agenda médiéval de cette fin de semaine, nous dédions un premier article à la 4eme Foire médiévale de la cité de Senlis, haut lieu d’intérêt patrimonial et historique qui nous fournira l’occasion d’une petite plongée au coeur de son moyen-âge.

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Foire médiévale de Senlis : le programme

Organisée par l’Association locale les Figurants de l’Histoire, en collaboration avec l’Association Cité d’Antan pour la partie reconstitution historique, l’événement entend célébrer une des nombreuses personnalités que Senlis a connu au cours de son Histoire, en l’occurrence médiévale, ce qui tombe bien. Il s’agit d’un personnage du XIIIe siècle connu sous le nom de Guérin, ou encore Frère Guérin (1157-1227). L’homme, que l’on dit alors proche et ami du roi Philippe-Auguste fut garde des sceaux, évêque de Senlis et même chevalier. Il contribua d’ailleurs à la victoire remportée par la couronne française à la célèbre bataille de Bouvines. Plus tard, en 1223, il recevra même l’insigne honneur d’être nommé Chancelier de France.

foire_fetes_animations_medievales_agenda_sortie_historique_senlis_chancelier_guerin_moyen-age_centralEn hommage donc au Chancelier Guerin (ou Garin), Senlis vous propose cette fin de semaine et sur les deux jours du week end, un voyage retour au XIIIe siècle et à son passé médiéval glorieux,

Au programme, défilés de troupes et parades, mêlée et combats « courtois » entre chevaliers et guerriers, et encore  conteurs médiévaux, scénettes, spectacle de fauconnerie, et bien sûr, animation musicale d’époque.

Troupes médiévales, mesnies et reconstituteurs du XIIIe siècle

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour la partie reconstitution historique, les nombreuses troupes invitées sur place par les passionnés de Cité D’antan, seront toutes spécialisées dans le XIIIe siècle. En plus des combats et démonstrations, elles y tiendront de nombreux camps thématiques sur la vie civile et militaire au XIIIe siècle : hygiène, médecine, gastronomie, art du costumes civil et militaire, etc… En tout, près de 80 reconstituteurs seront présents sur le site.

Cité Antan – Fief et Chevalerie – Les compagnons de Bohémond – La Guilde Médiévale – La Mesnie de la Fortelle – Les Pérégrins – Les citains – Die Brandenburgunder (Allemagne) 

Pour le reste, en plus des exposants et commerçants de la foire qui se tiendra dans la cour du château et sur la place de la cathédrale, de nombreux artisans seront aussi sur place pour présenter les métiers anciens et en faire des démonstrations au public. Bien sûr, côté ripailles aux saveurs médiévales, tout a été prévu pour vous sustenter sur place, dans le parc du château royal.

Ajoutons que la célébration se veut familiale et que les enfants n’ont pas été oubliés. De nombreux animations leur sont, en effet, tout entières consacrées, entre spectacle de marionnettes, animaux de la ferme ou encore ateliers à thème.

Voir le programme détaillé de la 4e foire médiévale de Senlis

Avant d’en terminer sur le programme mentionnons encore pour ceux qui seront déjà sur place vendredi, une soirée spéciale organisée par l’Association Cité D’Antan autour de la découverte sensorielle du XIIIe siècle (saveurs, textures, couleurs, teintures, tissu, etc…). Voir l’événement FB ici

Senlis, haut lieu d’Histoire médiévale

D_lettrine_moyen_age_passione ses premiers vestiges gallo-romains, aux premiers siècles de notre ère, jusqu’à ses édifices religieux et ses fortifications du moyen-âge central, le site anciennement baptisé Augustomagus, fut évangélisé par Saint Rieul, premier évêque de Senlis, autour du IVe siècle. Devenu, dans le courant du IXe siècle, le comté de Senlis,  la cité n’a pas tardé à connaître des heures prestigieuses dont elle conserve encore aujourd’hui les traces dans son crosse_eveque_senlis_chancelier_guerin_bataille_bouvines_moyen-age_central_XIIIepatrimoine et ses monuments d’exception.

ci-contre crosse réputée avoir appartenu au chancelier Guérin, évêque de Senlis et qu’il troqua contre une épée à l’occasion de la bataille de Bouvines
(Musée de Senlis)

Nantie, dès les IIIe et IVe siècles, de fortifications solides et de tours impressionnantes, ayant encore hérité de sa période romaine d’arènes et de bains, et de quelques autres monuments dont il ne subsiste plus de vestiges, la ville se dotera d’un château royal, au IXe siècle. Un peu plus tard, aux portes de l’an mil, elle verra couronner entre ses murs, le premier roi français capétien Hugues Capet. Résidence de choix des monarques, elle demeurera du reste à la main de cette lignée au cours des siècles suivants, et bénéficiera, de diverses manières, de la manne royale et de ses largesses.

Marque indéniable de son développement et de son rayonnement économique et religieux, dans le courant des XIe et XIIe siècles, Senlis verra s’ériger une cathédrale, trois abbayes ainsi que trois cathedrale_notre_dame_senlis_histoire_medievale_monument_classes_patrimoine_moyen-age_centralautres églises paroissiales. Vers la fin du XIIe siècle, elle deviendra  le siège d’une commanderie de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui y édifiera encore une église supplémentaire et un hôpital.

Quelques temps après, en 1173 Louis VII affranchira les habitants de la cité, en consacrant l’importance de cette dernière, autant que ses privilèges auprès de la couronne. Plus tard, marquant encore l’intérêt des rois pour Senlis, Philippe-Auguste y fera entreprendre la construction d’une nouvelle enceinte, oeuvre que Saint-Louis poursuivra également dans ses aménagements du château royal, aux côtés desquels il lancera encore la construction d’un prieuré dédié à Saint-Maurice et ses reliques (voir photo ci-dessous).

Vignobles, laine, cuir, fourrures, draperie et grandes foires, au XIIIe siècle, la ville connaîtra un fort développement économique et urbain pour atteindre une taille qui n’aura alors rien à envier à celle de la capitale. Au milieu de ce même siècle, le bailliage de Senlis sera créé, qui sera confié, nos lecteurs s’en souviennent, près d’un siècle plus tard et pour un temps, au poète Eustache Deschamps.

senlis_cite_historique_histoire_medievale_Prieure_saint_mauriceLa guerre de cent ans et les épidémies de peste du XIVe siècle viendront hélas, en ce lieu comme en tant d’autres, troubler l’âge d’or de Senlis. La ville mettra du temps à s’en relever et ne montrera des premiers signes de redressement qu’au XVe. Durant ce même siècle, elle connaîtra à nouveau quelques épisodes mouvementés et se retrouvera en porte-à-faux dans les conflits entre bourguignons et armagnacs, et sera même rançonnée, un peu plus tard, par les anglais; autant d’événements qui la fragiliseront à nouveau et la conduiront à  la ruine.

Il faudra attendre 1475 et le traité de Senlis entre Louis XI et François II de Bretagne pour qu’une paix relative s’y installe à nouveau. On renforcera alors ses ouvrages défensifs et, une fois de plus, la cité se relèvera peu à peu. Las! le XVIe siècle et la renaissance la verront aux prises avec les guerres de religion mais, surtout, avec de nouvelles épidémies de peste. La ville connaîtra alors une dépopulation et un lent déclin, perdant un peu de ses gloires médiévales passées. Les temps auront changé, le moyen-âge appartiendra déjà au passé.

En 1962, l’ensemble du patrimoine et des monuments de la cité, quelque peu malmenés durant les siècles précédents, ont fait, fort abbaye_saint_vincent_senlis_histoire_medievale_monument_classes_patrimoine_moyen-age_centralheureusement, l’objet d’une mesure de préservation. Au sortir de cette judicieuse politique de conservation, Senlis possède à ce jour plus de 33 monuments inscrits ou classés, auxquels on peut encore ajouter une bonne dizaine d’autres monuments ou d’édifices dignes d’intérêt historique mais ne faisant pas l’objet d’une inscription ou d’une classification.

L’empreinte des rois de France, une glorieuse histoire médiévale et de beaux restes patrimoniaux, voilà d’excellentes raisons de vous rendre à Senlis, cette fin de semaine, à la faveur de cette grande foire médiévale.

En vous souhaitant une très belle journée.

Fred
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Les Médiévales festives et participatives du Château de Folleville, en Picardie

heraldique_armoirie_blason_chateau_folleville_picardie_Sujet : fêtes médiévales, fêtes historiques, animations médiévales, château, agenda sortie, histoire vivante, reconstitution.
Lieu : Folleville, Haut de France, Somme,
Evénement Les Médiévales de Folleville
Dates : les 26 et 27 août 2017

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionu titre des événements de ce week end, il nous faut ajouter des Médiévales particulièrement originales organisées au Sud d’Amiens sur le site picard du château de Folleville.

folleville_chateau_fetes_medievale_compagnies_reconstitution_historique_histoire_vivanteIl s’agit là de la 15e édition de ces festivités initiées en 2002 par le groupe de passionnés d’Histoire et de moyen-âge, de l’association « Le Site de Folleville«  et ayant en charge le maintien et l’animation du site du château.

Au départ, ils n’étaient qu’une simple poignée de bénévoles, et les voilà désormais plus de 300 à s’affairer durant toute l’année autour de ces médiévales de Folleville pour en assurer la pérennité et la réussite.

Au programme animations et divertissements de qualité, le tout avec un véritable parti-pris de reconstitution et d’Histoire vivante, de nombreux camps sont installés autour des restes de la forteresse et de nombreuses animations sont prévues pour une fête de deux jours pleins qui se veut résolument participative. Il s’agit bien ici et sans conteste de partager et de faire vivre une véritable passion pour le monde médiéval. Le concept ne pouvait bien sûr pas nous laisser indifférent et les visiteurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés qui accourent plus nombreux d’année en année pour se joindre à la fête.

Demandez le programme

J_lettrine_moyen_age_passionoutes équestres et lices à la façon du moyen-âge, combats à pied, démonstrations de fauconnerie et encore tirs à la machine de siège, les camps et reconstituteurs venus sur place, donneront encore l’occasion de découvrir maints autres aspects de la vie médiévale, de ses exigences, comme son artisanat, ses joies et ses fastes aussi. Le samedi, la fête se prolongera encore en soirée avec du théâtre et un grand bal médiéval.

Compagnies, camps, troupes médiévales et reconstituteurs *

Sikinis – Celestiaes – Milles bonjours – Grand bourdon – Maisnie hellequin –  Mesnie Enguerran – Compagnie de l’anneau – Armoises – Compagnie du griffon – Ste barbe – Chevaliers du Comte de Boulogne – Crepuscule – Via Historiae – Ganecoux – Rougemont – Compaings de Lastours – Mesnie de la Licorne – Leus du Val de Loyre – Francs Compaings – Compagnie de la Griffe – Guerriers du Moyen-age – Ordonnance St Michel – Chevalerie Initiatique – Vita Karoli – Machina Silente – Les Regrattiers

(* liste non exhaustive et sous réserve de changement)

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Un marché médiéval sera également de la fête et, là encore, la volonté des organisateurs de proposer un événement de qualité prend le pas pour s’assurer que les produits soient d’époque et que ceux qui les proposent en soient les artisans et pas uniquement les revendeurs. On l’aura compris, à Folleville, le souci de proposer deux jours de célébration et de réjouissance au plus près de l’Histoire vivante se niche jusque dans le moindre détail. Au passage,  près de 60 exposants sont attendus sur cette partie de l’événement, et plus de 450 médiévistes sur le reste des animations.

Pour plus d’information sur le programme, les tarifs et accès, consultez le site officiel du château et  des médiévales de Folleville.

Le Château de Folleville : un mot d’Histoire

C_lettrine_moyen_age_passionlassé monument historique en  1862,  le site du château connut, durant le moyen-âge central à tardif une histoire relativement mouvementée. Construit au départ au XIVe, assiégé par Talbot en personne pendant la guerre de cent ans et au milieu du XVe fetes_medievales_de_folleville_histoire_vivante_chateau_agenda_sortie_historique_moyen-agesiècle,  il fut ensuite démantelé par les bourguignons afin d’éviter que ces mêmes anglais ne s’en servent de place forte.

Plus tard, un peu avant la fin de ce même XVe, autour de 1478,  le château sera reconstruit et verra même passer des rois, venus y faire des séjours : Louis XI, Charles VII et même Francois 1er dans le courant du XVIe siècle. L’édifice changera de main par la suite jusqu’au XVIIIe, siècle durant lequel il fut abandonné et même à demi démantelé, ses pierres utilisées pour la construction d’un autre château au style moins « médiéval », celui de Mailly-Raineval.

Comme de nombreux édifices du moyen-âge, il faudra attendre le XIXe siècle pour que les visées patrimoniales viennent à sa rescousse, même si le mal était en grande partie fait. Il ne demeure aujourd’hui de l’édifice qu’une haute tour de Guet et quelques murs debout : le charme incomparable des ruines, pourrait-on dire, et de chers vestiges que la Communauté de communes du Val de Noye qui en est propriétaire, ainsi que les amis du site de Folleville, organisateurs entre autres activités sur place, des Médiévales de cette fin de semaine, sont bien décidés à maintenir pour la postérité.

En vous souhaitant une belle journée et des Médiévales de Folleville très réussies si vous vous y rendez.

Fred
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le château-fort de Falaise: un mot d’histoire médiévale et une belle reconstitution 3D

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : lieu d’intérêt, reconstitution 3D, architecture médiévale, Guillaume le Conquérant, duché de Normandie, monument historique, patrimoine.
Période : Moyen-âge central à tardif
Lieu : Château de Falaise (Calvados, Normandie)

Bonjour à tous

P_lettrine_moyen_age_passion copiaerché sur son éperon rocheux, à la pointe sud du Calvados, le site de Falaise a connu une occupation précoce dès le Mésolithique. Bien plus tard, au haut moyen-âge et sous les carolingiens, son élévation a sans doute favorisé l’édification de premières fortifications et, à tout le moins, de premiers dispositifs militaires et défensifs. Tirant partie de cette protection, ce qui allait devenir la ville de Falaise s’installera et prospérera dans le prolongement du promontoire.

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Du moyen-âge central
à l’annexion du duché de Normandie

D_lettrine_moyen_age_passionans le courant de l’an Mil et au coeur du duché de Normandie naissant, concédé à Rollon par Charles le Simple, lors du traité de Saint-Clair sur Epte, le site de la forteresse actuelle est, semble-t-il, un des tous premiers qui se vit renforcer et consolider. Au Xe siècle, des traces retrouvées par les archéologues y attestent, en effet, de la présence d’une large enceinte maçonnée, faisant de Falaise une des premières places fortes bâties en pierre sur les terres normandes.

chateau_fort_falaise_normandie_calvados_guillaume_le_conquerantAu début du XIe siècle, déjà alors privilégié par les ducs de Normandie, le château verra naître le légendaire Guillaume le Conquérant (1027-1087), futur roi d’Angleterre.

(Guillaume le Conquérant, portrait du XVIe siècle, artiste inconnu, National Portrait Gallery, Londres)

Autour de son année de naissance en 1027, un conflit opposant son père Robert 1er de Normandie au frère de ce dernier Richard III atteste que la forteresse était déjà sérieusement renforcée et prompte à résister aux assauts d’un siège. Même si le conflit entre les deux frères ne dura pas, il fallut user de grands renforts de béliers et balistes pour assiéger la place.

Par la suite, dans le courant du XIIe siècle, devenue lieu de résidence des ducs de Normandie et rois d’Angleterre, la forteresse médiévale de Falaise connut plusieurs phases de construction avant d’être encore remaniée au milieu du XIIIe siècle, par l’architecture philippienne et sous Philippe-Auguste lui-même, après que ce dernier eut conquis le duché de Normandie. Entre autre témoin de cette époque, l’imposante tour Talbot domine encore de sa hauteur l’ensemble de l’édifice et lui imprime une marque royale sans équivoque.

Une très belle reconstitution 3D
des étapes de construction du Château de Falaise

Nous vous proposons de découvrir les grandes étapes de construction du château avec une excellente reconstitution 3D proposée par la chaîne youtube  du magasine culturel Patrimoine Normand.

Falaise : de Philippe-Auguste à nos jours

J_lettrine_moyen_age_passionusqu’à la guerre de cent ans, un paix relative régnera sur l’endroit et dans le courant du XVe siècle, sous l’occupation anglaise, le château de Falaise connaîtra quelques aménagements défensifs notamment au niveau des ouvrants pour l’adapter à la poudre et aux tirs de canons sur d’éventuels assaillants. Quelques tours supplémentaires viendront aussi le renforcer.

chateau_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_architecture_defensive_moyen-ageA la fin du XVIe siécle, le couronnement d’Henri IV, roi protestant, suscitera l’émotion des normands et, avec eux, des Falaisiens qui s’attireront ainsi les foudres du monarque. Ce dernier se déplacera même en personne pour assiéger la place et les « 400 coups de canon » royaux finiront bien vite par avoir raison de la résistance de la ville, et avec elle de la vocation militaire de sa forteresse.

Plus tard, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, dans une paix retrouvée et une période plus propice aux développements économiques qu’aux échanges  guerriers, de nombreux aménagements seront effectués  qui gommeront encore la nature défensive de la forteresse : les fossés seront comblés, les portes de la ville rasées, les donjons finiront même par se délabrer.

chateau_fort_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_architecture_defensive_moyen-ageIl faudra attendre le XIXe pour que  le château soit, en partie, sauvé. Le goût du patrimoine venant à la mode et avec lui la prise de conscience de l’importance de préserver les édifices anciens et médiévaux, le monument sera classé en 1840 et une première grande campagne de restauration sera lancée. Plus tard encore, dans le courant du XXe siècle, la ville de Falaise, propriétaire des murs s’engagera, en collaboration avec l’Etat français, dans une autre grande restauration pour sauver, cette fois, les donjons. Et c’est grâce à tout cela et pour notre plus grand plaisir, que la forteresse de Falaise, belle et vieille amie normande qui a vu naître les plus grands d’entre eux se tient, encore aujourd’hui, debout et fière sur ses hauteurs pour témoigner de leur gloire et de leurs faits passés.

En dehors des nombreuses animations qui y sont organisées, le site peut être visité toute l’année et vous pourrez trouver toutes les informations le concernant sur le site web officiel du château de Falaise.

En vous souhaitant une excellente journée.

Frédéric F.

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Chaîne youtube moyenagepassion: déjà plus de 80 000 vues, un grand Merci à tous !

Sujet : chaîne youtube dédiée monde médiéval et moyen-âge.

Bonjour à tous,

I_lettrine_moyen_age_passion copial y a quelques jours notre Chaîne youtube officielle, dédiée au Moyen Age passait les 80 000 vues et nous tenions à vous en remercier ici très chaleureusement. Créée il y a maintenant près de deux ans, la chaîne proposait alors essentiellement des reconstitutions de châteaux forts et des sujets autour de l’architecture médiévale. Peu après, elle s’était enrichie de lectures (audio) de poésies du chaine_video_youtube_moyen_age_conferences_humour_lecture_poesie_architecture_litterature_monde_medievalmoyen-âge en vieux français et en langue d’Oil. Sauf erreur de notre part et sur ce plan, elle reste d’ailleurs, à ce jour, la seule chaîne youtube à proposer ce type de contenus.

Depuis les débuts, le concept a évolué et la grille des programmes s’est élargie pour s’ouvrir à l’humour (avec des épisodes hommage à la série Kaamelott, ou encore des histoires drôles autour d’un bestiaire médiéval fantastique). L’ensemble de ces contenus, produits et réalisés par nos soins, reste totalement inédit,  avec la volonté d’amener un regard différent autant qu’une touche originale sur le monde médiéval.

Pour compléter cette approche approfondie du moyen-âge, la chaîne propose encore une playlist de musiques et chansons médiévales. Cette dernière contient exclusivement des morceaux que nous détaillons, par ailleurs, dans nos articles de la rubrique musique et poésie : à ce jour, ce sont déjà près de 80 pièces d’anthologie expliquées, sourcées historiquement,  mais aussi adaptées en français moderne. Depuis peu, nous avons également ajouté sur la chaîne, ainsi que dans la navigation du site (colonne de droite), une playlist des conférences, documentaires et programmes radio que nous présentons aussi, de manière détaillée dans nos articles.  Vous l’avez compris, là encore, il ne s’agit pas seulement d’ajouter à l’emporte-pièce tout ce qui passe à notre portée, mais bien d’amener des éléments de réflexion et des informations à valeur ajoutée sur le moyen-âge et ses auteurs, ainsi que sur l’Histoire médiévale et sur les médiévistes qui la font.

Voilà pour les quelques nouvelles sur le front vidéo youtube, mes amis.  Pour le reste, merci encore chaleureusement de votre présence et de votre soutien!!!!

Pour visiter la chaîne youtube moyenagepassion, suivez le lien.

En vous souhaitant une très belle journée.
Fred

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Ervy le Châtel en fête pour ses 6e médiévales

blason_armoiries_heraldique_ervy_le_chatel_medievales_fetes_evenements-moyen-age_2017Sujet : fêtes médiévales, historiques, festivités, animation, compagnies médiévales, agenda week end, sorties, histoire, patrimoine.
Lieu :  Ervy le Châtel, Aube, Champagne, Grand-Est
Evénement:  Les 6e médiévales
Dates : du 5 au 6 août 2017

Bonjour à tous,

L_lettrine_moyen_age_passione début du mois d’août est déjà là et, comme vous l’avez certainement noté, depuis quelques temps, nos articles se sont quelque peu allégés pour laisser la place à de belles sorties sur le thème du moyen-âge, plutôt qu’à des sujets de fond que nous vous réservons pour la rentrée. Du côté de cet agenda, il est donc grand temps de vous parler des réjouissances médiévales organisées,  du samedi 5 au dimanche 6 août inclus, par la jolie cité d’Ervy le Châtel.

Au programme des médiévales d’Ervy

agenda_sortie_historiques_evry_châtel_fetes_animations_medievales_2017Il s’agit là des 6èmes médiévales d’Ervy et, au vue du succès des précédentes, le format passe, cette année, de une journée à deux jours pleins.

En plus des défilés, animations, traditionnels camps médiévaux, et encore artisans et concerts, la soirée du samedi ouvrira par un bal, se poursuivra par un festin et de joyeuses ripailles pour finalement laisser la place à de nombreux spectacles entre cracheurs de feu, ballades aux flambeaux et démonstration de combats de chevaliers, jusque tard dans la nuit. Sans mentionner la présence des bénévoles et acteurs locaux présents pour s’assurer de la meilleure tenue de la fête, voici une liste des compagnies, artistes et reconstituteurs qui se joindront aussi à l’événement et vous attendront sur place à Ervy.

Campements, musiques et compagnies théâtrales :
animations médiévales en continue

Les Goliards – Faiseurs de danseries  – Cie Les Barbiers Fous – Les Loups du Mesnil – Campement Les Croisés de Médiolano – Campement L’Ordre de fetes_animations_compagnies_medievales_agenda_sorties_ervy_le_chatel_champagne_2017_grand_estl’Écu vert et Dame Blanche – Campement Les Compagnons de Sainte Barbe – Campement La Commanderie Templière de St Florentin – Campement Les Archers du Péage –  L’Outil en main – Association d’initiation aux métiers manuels  – La Ferme itinérante – Les Écuries de la grise – Lionel cracheur de Feu – Laura Zimmermann et le chœur des Fà sans Dièse –  Épées en mousse et têtes de Troll’s 

Voir tout le programme des médiévales d’Ervy Le Châtel 

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Ervy le châtel, Histoire et patrimoine
d’une forteresse médiévale champenoise

S_lettrine_moyen_age_passionis sur l’emplacement d’une antique plate forte, l’occupation du site d’Ervy le Châtel remonte aux premiers siècles de l’ère chrétienne. Durant des siècles, le lieu garda cette vocation militaire et fut une large forteresse entourée de quelques maisons sur une assiette de deux hectares environ, appelé aujourd’hui le « pâté » (cette assiette correspond à la zone circulaire que vous pouvez observer sur la photo ci dessus).

porte_saint_nicolas_ervy_le_chatel_histoire_medievale_patrimoineDans le courant du moyen-âge central et à la fin du XIIe siècle, la cité fut affranchie  par les comtes de Champagne, en la personne de Thibaut III. A la fin du XIIIe siècle, le mariage de  du Roi Philippe IV Le Bel et de Jeanne de Navarre la rattachera avec la comté, à la couronne de France.

Ville fortifiée, Ervy le Châtel avait alors conservé son rôle stratégique au niveau militaire, et il faudra attendre les débuts du XVe siècle et l’année 1433 pour qu’elle soit prise par les bourguignons et voit ses remparts démantelés. Par  la suite, jusqu’à la fin du moyen-âge et les débuts de la renaissance (courant des XVe, XVIe siècles), la cité tiendra à plein, son rôle commercial sur la route des grandes foires de champagnes et connaîtra des années fastes.

Patrimoines et monuments historiques

C_lettrine_moyen_age_passiononstruite originellement au XIIIe siècle, dernier vestige des fortifications d’alors, la belle porte Saint Nicolas restaurée au XVIe donne encore le ton et rappelle avec ses deux tours rondes, le glorieux passé médiéval d’Ervy. A ce jour, ce monument historique demeure la seule porte médiévale ayant survécu au temps, dans tout le département de l’Aube.

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Au titre du patrimoine de la cité, il faut encore ajouter sa halle circulaire (photo ci-dessus). Nous avions déjà dédié ici un article aux halles médiévales couvertes, véritables legs et témoins du moyen-âge central et de son commerce fleurissant. Bien que construites plus tardivement et datant du XIXe siècle, les halles d’Ervy le Châtel sont, quant à elles, tout à fait particulières. Faîtes de bois, de torchis et de briques, elles sont aussi dotées d’un triple toit et leur réalisation en fait un monument unique en son genre au niveau européen.

eglise_Saint-Pierre-ès-Liens_ervy_le_chatel_histoire_medievale_patrimoine_monuments_historiquesEnfin, l’église Saint-Pierre-ès-Liens est un autre bâtiment à ajouter au patrimoine d’Ervy Le Châtel. Construite aux débuts du XVe siècle, puis reconstruite dans les courants des XVe et XVIe siècles, après le siège de 1433, elle est le fruit d’un mélange d’art gothique et d’architecture  renaissante. Plus que par son unité architecturale, cet édifice religieux se signe par son nombre important de statues et leurs détails. Il est classé au titre des monuments historiques depuis les débuts du XXe (1914).

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Voilà pour les fêtes d’Ervy-Le-Châtel, mes amis,  avec quelques bonnes raisons de plus de vous y joindre si vous êtes dans la région Grand-Est à la fin de la première semaine d’août.

En vous souhaitant une excellente journée.

Fred
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