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« Le Salut d’enfer », poésie satirique, fabliau et ronde infernale du XIIIe siècle

humour_medieval_poesie_fabliau_satirique_enfer_moyen-age_XIIIe_siecleSujet : vieux-français, lai, poésie médiévale, littérature médiévale, poésie satirique, poésie morale satire, enfer, fabliau, langue d’oil, oil.
Période : Moyen-âge central XIIIe siècle.
Auteur : anonyme
Titre : le Salut d’Enfer
Ouvrage : Jongleurs & Trouvères, d’après les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, Achille Jubinal, 1835.

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous partons en direction du XIIIe siècle pour un peu d’humour médiéval satirique avec une pièce de choix et presque totalement oubliée. Elle a pour nom le Salut d’Enfer et on peut la trouver notamment transcrite dans un ouvrage d’Achille Jubinal datant de 1835, et ayant pour titre Jongleurs et trouvères.

Les Manuscrits anciens

Cette poésie qui tutoie le style enlevé et humoristique de certains fabliaux, au point que nous serions presque tenté de la considérer comme une émanation du genre, peut être retrouvée dans les deux manuscrits anciens suivants : le MS Français 837 et le MS Français 12603, tous deux conservés à la BnF).

Le premier manuscrit, le MS Fr 837 (consultable ici sur le site Gallica), est à l’origine de la transcription reportée ici. Il est daté de la fin du XIIIe siècle et contient pas moins de 249 oeuvres, à l’écriture gothique appliquée. On y trouve des fabliaux, des dits et des contes en vers.  dont un peu plus d’une trentaine de pièces de Rutebeuf.

Le Salut d'enfer, dans le manuscrit MS Fr 837, de la BnF, département des manuscrits
Le Salut d’enfer, dans le manuscrit MS Fr 837, de la BnF, département des manuscrits

Le Salut d’Enfer, amputé de sa fin, est encore présent, sous le nom de Lai d’Infier dans le MS Fr 12603 (voir sur Gallica ici). Daté du XIIIe au début du XVe siècle, ce manuscrit est une vaste compilation de littérature médiévale, contenant de nombreuses poésies et récits de tous bords. Mêlant auteurs célèbres à d’autres moins renommés ou mêmes anonymes, l’ouvrage présente aussi une large variété de thèmes qui vont des légendes arthuriennes (fragment du Roman de Brut de Wace, Chevalier au lion de Chrétien de Troyes, …)  jusqu’aux fabliaux, en passant même encore par des chansons de geste d’Ogier le Danois ou des fables de Marie de France.

fabliaux_poesie_satirique_trouveres_jongleurs_moyen-age_central_manuscrit_ancien_moyen-age_central_XIIIeEnfin, pour finir ce petit tour d’horizon sur les origines sourcées de notre satire du jour, on retrouvera encore quelques uns de ses vers au sein d’une autre pièce intitulée Les XXIII Manières de Vilains, présente dans le Manuscrit Français 1553 (MS Fr 1553), daté du XIIIe.

Ce dernier texte étant lui aussi demeuré anonyme, on ne sait pas si son auteur, est le même que celui du Salut d’Enfer ou si, au contraire il a plutôt emprunté des parties de l’original pour les intégrer à son oeuvre. Les XXIII manières du vilain, qu’on connait encore comme « Des vilains », comptent parmi ces textes dont la violence satirique contre les vilains pourrait presque être choquante si nous ne savions les replacer dans leur contexte (Voir notre article sur les vilains des fabliaux). Elles furent également publiées, par A Jubinal dans un petit précis d’un peu plus de trente pages datant de 1834.

Gastronomie Infernale et satire sociale

S_lettrine_moyen_age_passionur le fond, ce Salut d’Enfer est donc une pièce satirique et humoristique. Sur un ton caustique et moqueur, son auteur nous conte ce qui se passe aux Enfers dans une grande ronde qui met en scène des formes élaborées de gastronomie infernale. Comme nous le disions plus haut, on y recroise le ton bonhomme et rigolard, de certains fabliaux.

On retrouve aussi dans sa conclusion quelques traces laissées par les tensions des invasions et des croisades. Autant le dire, cela ne constitue pas ce qui nous a semblé le plus intéressant à relever ici. Le défilé des nombreux métiers, professions de foi et personnes empruntés à la société du XIIIe siècle (magistrats, financiers, faux abbés, faux moines, bigots donneur de leçons, etc…), qui s’y trouvent rôtis par l’auteur, aux côtés des criminels les plus notoires, nous a semblé largement plus drôle et, plus propice aussi, à approcher l’humour médiéval satirique, son impertinence, ses moqueries poesie_satire_enfer_medieval_bible_enluminure_manuscrit_MS_harley_1526_XIIIe_siecleet ses cibles très larges et très nombreuses.

vision médiévale de l’enfer
Miniature, Bible moralisée Oxford-Paris-Londres, MS Harley 1526 (XIIIe siècle)

D’un point de vue linguistique, comme son vieux français est assez loin du nôtre, nous vous donnons ici de nombreuses clés de vocabulaire pour en faciliter la compréhension. Une partie d’entre elles est empruntée à l’ouvrage de Achille Jubinal cité en-tête d’article. Toutes les autres sont issues de recherches personnelles et d’une plongée en règle au coeur de différents dictionnaires (le Godefroy court, le Saint-Hilaire et le très exhaustif dictionnaire de La Curne de Sainte Palaye, entre autres). Tout cela étant dit, place à la farce.

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Le Salut d’Enfer 

HAHAI! hahai! je sui venus;
Saluz vous mande Belzébus, .
Et Jupiter et Appollin.
Je vieng d’enfer le droit chemin,
Noveles conter vous en sai,
Qu’anuit en l’ostel herbregai,
En la grant sale Tervagan* (nom du diable).
La menjai .j. popélican* (financier)
A une sausse bien broié,
D’une béguine* (bigote) renoié* (renégate),
Qui tant avoit du cul féru* (de ferir : frapper),
Qu’ele l’avoit tout recréu* (fourbu).
Cele nuit fui bien ostelez,
Quar de faus moines et d’abez
Me fist l’en grant feu au fouier,
Et par devant et par derrier.
Me servoient faus eschevin* (magistrat),
Mes ainz que je fusse au chemin,
Lendemain m’estut-il mengier.
Belzébus fist appareillier
.J. userier, cuit en .j. pot;
Après faus monnoiers en rost,
.Ij. faus jugeurs à la carpie* (sauce),
Et j. cras moine à la soucie* (sauce),
Estanchiez* (repu) fui d’avocas,
.J. entremès qui fist baras;
A mengier oi à grant plenté* (à foison);
En tout le plus lonc jor d’esté
Ne vous porroie raconter,
Ne escrire, ne deviser,
La grant foison d’âmes dampnées
Qui en enfer sont ostelées.

De champions et de mordreurs* (meurtriers),
Et de larrons et de robeurs* (voleurs),
Faus peseur, faus mesureeur,
Cil i parsont (portion ? partage) bien asseur* (en sécurité, assuré);
De papelars* (bigots) et de nonnains* (nonnes)
Est noz enfers auques* (n’est pas encore) toz plains.
Li cordelier, li jacobin,
Qui escritrent en parchemin
La confession des béguines,
Et les péchiez que font souvines* (couchés, renversés sur le dos);
Li noir moine i sont mal venu,
Por ce que il ont trop foutu; (foutiner se battre)
Si en sont batu en chapitle.
Li blanc moine n’i sont pas quite,
Quant l’en i doit chanter à note
Dedenz enfer à grant riote* (discussion, querelle).
De cels aus sas et aus barrez* ( frères en sac et frères barrés ou bariolés : les Carmes)
Est noz enſers mal ostelez* (loger) ;
Por ce que dras orent divers (parce qu’ils ont des habits différents)
Vont en enfer cus descouvers.

Noz enfers est de grant afère,
Quar nus n’i veut entrer ne trère* (s’y rendre, y aller)
C’on n’i reçoive liement* (joyeusement, avec douceur).
Par la coille* (testicule) qui ci me pent,
Je vous di voir* (vrai), ne vous ment mie :
En enfer est ma dame Envie,
Qui garde la porte et l’entrée;
Luxure i est trop honorée ;
De clers, de moines, de Templiers,
De prestres et de chevaliers,
Est Luxure dame clamée
Et mult forment d’aus honorée,
Trestout ausi comme roine :
Qui miex vaut plus profond l’encline. ‘
J’aporte d’enfer grant pardon,
De Tervagan et de Mahom,
De Belzébus, de Lucifer,
Qui vous puist mener en enfer.

Explicit le Salut d’Enfer.

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Une belle journée à tous.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes

Hors saison : quand le trouvère Colin Muset chantait avec humour le retour de l’hiver

poesie_litterature_medievale_realiste_satirique_moral_moyen-ageSujet : musique, chanson médiévale, humour,  trouvère, ménestrel, jongleur, auteur médiéval, vieux-français, grivoiserie, chanson satirique.
Période : moyen-âge central, XIIIe siècle.
Auteur ; Colin Muset (1210-?)
Titre :  « Quant je voi yver retorner»
Interprètes : Krless Medieval Crossover Band
Album :  
Hudci písní nejstarších, Musique de l’Europes médiévale (1998)

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous proposons un chanson médiévale « rafraîchissante » de Colin Muset. Elle l’est à plus d’un titre, tout d’abord parce que le trouvère y célèbre le retour de la saison froide (c’est un peu tôt mais en l’absence de climatisation, ça peut être bienvenu pour certains) et, ensuite, parce qu’elle contient, comme nous le verrons, l’humour de ce poète du XIIIe siècle, amateur déclaré et assumé, toute à la fois de bonne chère et de plaisirs « courtois » et plus si affinités.

Du côté de l’interprétation et pour varier, nous vous en présentons ici une version instrumentale. Assez enlevée, on la doit à  Krless, ensemble folk/rock d’inspiration médiévale plein d’énergie, et qui nous vient de République Tchèque,  ce qui nous démontre encore une fois, à quel point la musique du moyen-âge central n’en finit pas de séduire et de voyager dans le temps et l’espace, autant que dans les formes.

Quant je voi yver retorner, la version musicale du groupe Krless

Krless, folk, rock énergique
d’inspiration médiévale

F_lettrine_moyen_age_passion-copiaormé dans les années 90, par quatre musiciens tchèques passionnés de musique médiévale mais pas que, le groupe Krless s’est positionné, depuis sa création, au carrefour des genres. Ce « Medieval Crossover » totalement assumé dont ils entendent bien se faire les représentants, comporte une bonne dose de rock, folk, de musiques arabes ou séfarades et va même jusqu’au blues, au besoin.

Ce qui est recherché ici c’est donc plutôt de se situer dans une énergie et une acoustique telles que peuvent les attendre un auditoire moderne et le groupe s’affirme lui-même  comme bien plus  proche de la « World music », que de l’Ethnomusicologie. Autrement dit, même si les compositions comportent leur lot d’instruments anciens ou d’époque, il n’est pas question pour ces quatre artistes de chercher à restituer la musique médiévale telle qu’on pouvait peut-krless_groupe_musique_medieval_tcheque_republique_chansons_trouveresêtre l’entendre dans son berceau original. Le moyen-âge est  la source d’inspiration qui donne libre cours à la fusion des genres; Krless parle même  de « reliquat » médiéval et le cadre est ainsi clairement posé.

Du point de vue du répertoire,  le groupe puise dans des compositions qui vont du XIIIe au XVe siècle. Ouvert à tous les styles, profanes ou religieux, leur champ d’exploration a encore ceci d’original qu’il s’étend sur une ère géographique assez vaste qui inclue l’Europe médiévale pour s’élargir au bassin méditerranéen et aller jusqu’à la Turquie et le moyen-orient.

Depuis leur formation, Krless a sorti pas moins de 5 albums et ils se sont aussi produits dans un nombre impressionnant de manifestations, mais aussi de pays autour du bassin méditerranéen et au delà (République Tchèque, Biélorussie, Estonie, Roumanie, Allemagne, France, Etats-Unis, Libye, Algérie, etc,…).

Voir le site web de Krless (en français)

L’album Hudci písní nejstarších »,
musiques de l’Europe médiévale

musique_europe_medievale_poesie_trouvere_carmina_burana_groupe_krless_album Sorti en 1998, l’album « Hudci písní nejstarších », musiques de l’Europe médiévale, proposait 16 titres, pris dans un large répertoire de pièces du moyen-âge central  à tardif, en passant par la Provence des troubadours, les trouvères du nord de la France, et encore l’Espagne, l’Allemagne, la bohème, avec des titres en différentes langues dont un certain nombre en latin, empruntés notamment au Manuscrit des chants de Benediktbeuern  et aux Carmina Burana.

Quant je voi yver retorner
dans le vieux français de Colin Muset

L’impertinence et l’humour grivois
d’un bon vivant, loin des codes courtois

A_lettrine_moyen_age_passionu retour de l’hiver, quand bien d’autres poètes, trouvères ou troubadours du moyen-âge central pouvaient être tentés de chanter leur douleur, leur tristesse ou leur espoir de reconquérir leur dame, dans l’attente du « renouvel » printanier, Colin Muset, partageait, de son côté, avec cette chanson, bien d’autres préoccupations.

Résolument pragmatique, il n’a, en effet, ici, qu’une idée en tête : trouver un hôte généreux qui le gratifie des largesses de sa table, si possible riche et garnie en victuailles, viandes et gibiers de saison. Mais les espérances du trouvère ne s’arrêtent pas là, et il forme encore l’espoir que ce bienfaiteur potentiel le laisse accessoirement s’adonner à quelques plaisirs « courtois », voire même lutiner avec sa dame, sans se montrer trop jaloux de la chose. Rien ne lui déplairait plus, en effet, que de devoir chevaucher, aux côtés d’un seigneur, qui soit rancunier voir mal disposé à son encontre.

Bref, gourmandise et grivoiserie sont au programme de  l’hiver rêvé de Colin Muset. Les codes courtois y sont totalement retournés à l’avantage du jouisseur et il y a, à travers cet humour, une forme de provocation que, plus près de nous, un Georges Brassens, par exemple, n’aurait certainement pas désavoué.

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Les Paroles

Quant je voi yver retorner,
Lors me voudroie sejorner,
Se je pooie oste trover,
Large qui ne vousist conter.
Qu’eüst porc et buef et mouton,
Mas larz faisanz, et venoison,
Grasses gelines et chapons,
Et bons fromages en glaon.

Et la dame fust autresi
Cortoise come li mariz
Et touz jors feïst mon plesir
Nuit et jor jusqu’au mien partir,
Et li hostes n’en fust jalous,
Ainz nos laissast sovent touz sous,
Ne seroie pas envious
De chevauchier toz bo[o]us* (tout boueux)
Après mauvais prince angoissoux* (colèreux, violent, cruel).

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En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

« Un de perdu, deux de retrouvés », une ballade médiévale légère d’Eustache Deschamps

poesie_ballade_morale_moralite_medievale_Eustache_deschamps_moyen-age_avidite_gloutonnerieSujet : poésie médiévale, littérature médiévale,  auteur médiéval, ballade médiévale, poésie morale, poésie satirique, ballade, moyen-français, humour.
Période : moyen-âge tardif, XIVe siècle
Auteur : Eustache Deschamps  (1346-1406)
Titre :  « Un de perdu, deux de retrouvés»
Ouvrage :  Oeuvres complètes d’Eustache Deschamps, Tome V. Marquis de Queux Saint-Hilaire, Gaston Raynaud (1893)

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous vous proposons, aujourd’hui, une nouvelle ballade d’Eustache Deschamps. Pour faire justice à l’humour dont il a su se montrer capable et pour contrebalancer aussi avec le ton souvent sérieux et moralisant des poésies que nous avons publiées jusqu’ici de cet auteur poésié_litterature_medievale_eustache_deschamps_ballade_humour_un_de_perdu_dix_de_retrouves_moyen-age_tardif_XIVe_siècleprolifique du XIVe siècle, le texte du jour est d’un tour plus léger.

Le poète s’y glisse, en effet, dans la peau d’une demoiselle ou d’une dame infortunée que son amant a laissé choir et quitté sans même un adieu, mai qui, fort heureusement, s’est vite rattrapée en en retrouvant deux. Le ton est caustique et distancié et demeure, en ce point satirique, puisque de là, en tirant les leçons et sous le coup de l’amertume, elle encouragera même ses pareilles à réserver les pires traitements à leurs amants, dans l’idée que plus maltraités ils seront, mieux elles seront servies.

« Un de perdu, deux de retrouvés », l’expression proverbiale n’est pas récente. A l’évidence, contemporaine d’Eustache, elle lui est même, semble-t-il, antérieure, même si comme bien des proverbes, déterminer son origine exacte et la dater relèvent de la gageure. Est-elle une allusion, historiquement liée à l’anecdote biblique de la brebis perdue ? Peut-être. Elle a, en tout cas, évolué depuis l’usage qu’en faisait notre auteur médiéval, puisque pour un(e) de perdu(e), on en retrouve, dit-on, aujourd’hui, dix, mais tout augmente, il faut bien s’en faire un raison.

Balade (DCCCXL)
Un de perdu, deux de retrouvés

Dieux, que je suis dolente et esbahie
Comme je voy sans cause mon ami
Desloyaument faire nouvelle amie,
Qui dès long temps s’estoit donné a mi,
Et il se part* (se séparer) et m’a du tout guerpi* (abandonné, laissé)
Sens dire adieu, li desloyaulx prouvez !
Maiz j’en reprends bon reconfort aussi :
Pour un perdu j’en ay deux retrouvez !

Qui loyaulx est en l’amoureuse vie
A poine ara jamès joye de lui,
Maiz qui y ment et sert de tricherie,
Il est amé, comme a esté cellui
Qui en mentant m’a de tous poins failli.
Bien est par moy faulx amens esprouvez ;
Courcée en sui, or m’en conforte ainsi :
Pour un perdu j’en ay deux retrouvez !

Voist donc a Dieu, par ma faulte n’est mie.
Pour ce, dames, a toutes vous suppli
Que vous servez de la nappe ployé (1)
A ces amens qui font sy le joly;
Piz leur ferez, mieulx arez, je vous dy,
Et plus servans tousjours les trouverez..
D’Amours me plaing, maiz au fort, Dieu merci,
Pour un perdu j’en ay deux retrouvez !

poesie_humour_eustache_deschamps_ballade_medievale_litterature_moyen-age_proverbe(1) C’est peut-être une expression d’usage et proverbial utilisée là par Eustache Deschamps. On peut la comprendre comme « que vous ne rendiez pas les choses (trop) faciles’. Dans l’ouvrage du Marquis de Queux Saint-Hilaire cité en tête d’article et dont cette ballade est issue on trouve l’annotation suivante: « Locution signifiant sans doute :que vous rendiez la pareille,  ou bien : que vous fassiez des tours d’escamotage. »

En vous souhaitant une excellente journée !

Fred
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Kaamelott, humour & jeux vidéo : Provençal le gaulois meets Geralt de Riv

kaamelott_cinema_trilogie_humour_alexandre_astier_news_infos_serie_culteSujet : légendes arthuriennes, humour, détournement, série télévisée,  Kaamelott,  Perceval, Franck Pitiot, citations, Heroic Fantasy, Jeu vidéo, médiéval fantasy
Période : moyen-âge fantastique
Auteurs : Alexandre Astier pour Kaamelott, CD Projekt pour The Witcher

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionla faveur du week-end, « un peu d’humour ne fait jamais de mal » comme le disait très justement en son temps, le philosophe Didier Bourdon. Inspiré à nouveau par la série télévisée  Kaamelott et, suite à un premier détournement graphique dans lequel le clan des « semi-croustillants » croisait la route du jeu vidéo The Witcher (voir aticle ici), nous récidivons, aujourd’hui, avec trois nouvelles créations, à la lisière de ces deux univers. La limite de l’exercice étant que, si vous n’êtes familier ni de l’un ni de l’autre, bien évidemment, vous n’allez pas trouver ça drôle; les deux références étant un peu pointues, je m’en excuse, par avance, si c’est le cas.

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N’empêche…

Alors, je sais, oh oui je sais bien, va…, Alexandre Astier n’a pas quatre bras, il n’est pas Vishnou et, quand bien même il les aurait, comme il aime faire les choses lui-même et s’y impliquer à fond, en l’occurrence, il lui faudrait aussi deux têtes (bon, j’arrête c’est en train de devenir du Stephen King, cette histoire). Or, en ligne droite, perceval_franck_pitiot_kaamelott_serie_tv_humour_alexandre_astier_semi-croustillants_legendes_arthuriennes_l’actualité de Kaamelott  serait plutôt la réalisation du premier opus de la trilogie au cinéma dont, sauf aléas toujours possibles, on peut raisonnablement attendre la sortie autour de la fin 2019.

Pourtant, tout de même, geeks de tous bords, mes amis, mes frères, français, françaises, cousins, cousines, et vous aussi le gros monsieur qui dort là-bas dans le fond, si vous êtes amateurs de la série autant que de jeux vidéos, à la vue de ces âneries graphiques, vous ne pourrez rester insensible à l’énorme potentiel que pourrait avoir un tel titre autour de la licence Kaamelott, centré autour d’épiques aventures du Perceval de Galles (Franck Pitiot à l’écran), revu et corrigé par Alexandre Astier; ce légendaire chevalier arthurien qui, dans une de ses premières apparitions à la table ronde, faisait déjà dire à Léodagan de Carmélide:


leodagan_kaamelott_legende_medievale_roi_arthur_moyen-age_passionC’est quand même pas de bol, les rares fois où il arrive à faire quelque chose de ses 10 doigts, il se goure quand on lui demande son nom !
Léodagan (Lionnel Astier, Kaamelott, Alexandre Astier. 


Rarement là où on l’attend, à la fois surdoué et non-comprenant, roi du double-combo « c’est pas faux » et encore antihéros qui bazarde allègrement les Saintes Reliques quand il finit par tomber dessus, au niveau du concept, un tel jeu vidéo serait rien moins qu’une sorte de première mondiale dans l’histoire du RPG ou de l’action Play. Mais ne rêvons pas trop, les moyens et le temps à engager ne sont sans doute pas pour l’instant, comme nous le disions plus haut, sur la liste des priorités.

the_witcher_jeu_video_medieval_fantaisie_RPG_moyen-age_fantastiqueConcernant The Witcher, excellent jeu produit  par le studio polonais CD Projekt et basé sur un univers sorti de la plume de l’écrivain Andrzej Sapkowski, (voir là encore article précédent),  il est aussi question de la réalisation prochaine d’un long métrage au cinéma. Quelque peu retardé aux dernières nouvelles, de dernier est d’ailleurs lui aussi très attendu par les fans du titre, comme quoi, souvent et selon l’expression, les bonnes choses savent se faire languir.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publilius Syrus   Ier s. av. J.-C.

La ballade des contredits de Franc-Gontier, de François Villon, lecture audio

noel_nativite_chanson_poesie_medieval_francois_villon_ballade_proverbesSujet : poésie médiévale, ballade,  auteur médiéval, poète, moyen-français, poésie satirique, humour, satire.
Auteurs :  François Villon (1431-?1463)
Titre : « Les contredits de Franc-Gontier »
Période : moyen-âge tardif, XVe siècle.
Oeuvre : le testament de François Villon
Album : Poètes immortels, François Villon,
dit par Alain Cuny (60/70)

Bonjour à tous,

S_lettrine_moyen_age_passionuite à notre article sur la Ballade des Contredits de Franc-Gontier de François Villon, en voici une belle lecture audio. Elle est tirée d’une série d’albums que le label Disque Festival avait dédié, dans les années 60/70, aux « poètes immortels » français,

A l’occasion de l’album consacré à François Villon, le grand acteur Alain Cuny (1908-1994) prêtait sa voix à douze pièces issues de la poésie de l’auteur médiéval dont cette ballade que voici.

Les contredits de Franc-Gonthier de François Villon par Alain Cuny

En vous souhaitant une excellente journée!
Fred
Pour moyenagepassion.com
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