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Chanson de rencontre, du trouvère Moniot de Paris, XIIIe siècle

toubadour_trouvere_musique_poesie_monde_medievale_moyen-ageSujet : musique, poésie médiévale, trouvère, chanson ancienne,
Titre : «Je chevauchoie l’autrier », chanson de rencontre » ou de « mal mariée »
Auteur: Jehan Moniot de Paris ( ? 1200 ?)
Période : XIIIe siècle, moyen-âge central
Interpréte : Marc Mauillon ,
Festival   Muzyka w Raju, Pologne, 2015

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous partons aujourd’hui au XIIIe siècle avec une chanson du trouvère Moniot de Paris. Elle nous conte les déboires d’une mal-mariée flirtée en chemin par l’auteur qui  « chevauchoait » sur les bords de Seine avant de la rencontrer. Le texte emprunte en partie au genre de la Pastourelle et ce « l’autre jour alors que j’allais chevauchant » est aussi un départ « classique » que l’on retrouve dans plusieurs chansons du moyen-âge. En revanche, en fait de pastourelle, il n’y a ici chanson_poesie_medievale_trouvere_XIIIe_moyen-age_central_oil_vieux_francaispoint de bergère ici, sinon un dame ( bourgeoise? ) mal mariée à un vilain et qui s’en plaint, ce qui n’est pas d’ailleurs pour déplaire au galant qui semble plutôt en prendre son partie et y voir l’occasion d’inviter la belle à convoler avec lui.

Il existait vraisemblablement au XIIIe siècle, au moins trois trouvères contemporains les uns des autres, et connus sous le nom de Moniot : Moniot d’Arras, Moniot de Paris et Moniot.  La question de l’attribution de leurs oeuvres respectives s’est donc posée, entre les spécialistes de littérature et de poésie médiévale  pour un certain nombre de pièces pour finir par être à peu près tranchée. Le Moniot qui nous intéresse aujourd’hui, Jehan Moniot de Paris à légué neuf poésies/chansons et on lui prête généralement la paternité du Dit de Fortune (écrit autour de 1278 par un Monniot avec double n), même si cela reste sujet à débat.

De la même façon, on a avancé que Moniot avait pu être un surnom pour désigner un « petit moine ». Dans cette hypothèse, l’auteur aurait donc été frère avant de se faire trouvère, mais, en réalité, il est difficile d’en être tout à fait sûr puisque, hormis les quelques chansons qu’on peut lui attribuer, on ne sait  pratiquement rien de sa vie.

L’interprète du jour Marc Mauillon

C_lettrine_moyen_age_passion‘est le baryton Marc Mauillon et son grand talent qui nous accompagnent dans ce voyage à la découverte du trouvère Moniot de Paris  et de cette poésie du marc_mauillon_repertoire_trouvere_poesie_chanson_medievale_moyen-agemoyen-âge central.

Seul en scène, a cappella et devant une salle comble au Festival polonais de musiques anciennes  Muzyka w Raju dont nous vous avons déjà touché un mot ici, l’artiste lyrique nous donnait à entendre, avec virtuosité, cette chanson du XIIIe siècle dans le verbe de son vieux-français original.

Son choix d’interprétation minimaliste est aussi heureux qu’audacieux. Loin des grandes orchestrations, il  nous permet d’approcher  cette poésie et sa langue de manière directe et entière, autant que de nous tenir au plus près de l’Art de ces « trouveurs » qui allaient souvent solitaires, de cour en cour et de lieu en lieu pour y chanter leur poésie et  trouver ainsi leur pitance.

moniot_de_paris_poesie_chanson_medievale_ancienne_trouvere_moyen-age_central_XIIIe_mal_marié_rencontre

Chanson de rencontre
ou chanson de Mal-marié

Je chevauchoie l’autrier
Sur la rive de Saine :
Dale de joste un vergier
Vi plus blanche que laine
Chançon prist a commencier
Souef a douce alaine.
Mult doucement li oi dire et noter :
« Honis soit qui a vilain me fist doner!
J’aim mult meus un poi de joie a demener
Que mil mars d’argent avoir et puis plorer. »

Hautement la saluai
De Deu le fil Marie
El respondi sans delai :
« Jhésus vous benïe! »
Mult doucement li priai
Qu’el devenist m’amie.
Tot errant me commençoit a raconter
Comment ses maris la bat por bien amer.
J’aim mult meus un poi de joie a demener
Que mil mars d’argent avoir et puis plorer.

« Dame, estes vos de Paris?
– Oil, certes, biau sire :
Seur Grand Pont maint mes maris,
De mauvès tout li pire.
Or puet il estre marris,
Jamès de moi n’iert sire.
Trop est fel et rioteux, trop puet parler;
Car je m’en vueil avec vos aller joer.
J’aim mult meus un poi de joie a demener
Que mil mars d’argent avoir et puis plorer.

Mal ait qui me maria,
Tant en ait or li prestre;
A uin vilain me dona
Felon et de put estre.
Je croi bien que poir n’a
De ci jusqu’à Vincestre.
Je ne pris tout son avoir pas mon soller
Quand il m bat et laidange por amer.
J’aim mult meus un poi de joie a demener
Que mil mars d’argent avoir et puis plorer.

En non Deu je aimerai
Et si serai amée
Et mon mari maudirai
Et soir et matinee,
Et si me renvoiserai
El bois sos la ramée.
Dames de Paris, amée, lessiés ester
Vos maris et si venés o moi joer
J’aim mult meus un poi de joie a demener
Que mil mars d’argent avoir et puis plorer.

En vous souhaitant une  merveilleuse journée et une bon début de semaine dans la joie.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Quan vei la lauzeta mover: Bernart de Ventadorn, grand troubadour du XIIe siècle

trouveres_troubadours_musique_poesie_medievale_musique_ancienneSujet : musique, poésie, chanson médiévale, troubadours, occitan, langue occitane, amour courtois, fin’amor, langue d’oc.
Période : moyen-âge central, XIIe siècle
Auteur : Bernart de Ventadorn, Bernard de Ventadour. (1125-1195)
Interprète : Gérard Zuchetto
Titre : Quan vei la lauzeta mover (quand je vois l’alouette)

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous nous rendons aujourd’hui en terres d’Oc, pour découvrir ou redécouvrir la poésie chantée d’un des plus  grands représentants de l’Art des troubadours occitans du moyen-âge central et  du XIIe: Bernart de Ventadorn (francisé Bernard de Ventadour).

Sa vie nous est connue principalement au travers de ses propres oeuvres et notamment de manière posthume par les « vidas », ces biographies de troubadours attribuées (au moins pour celle de Bernard de Bernard de Ventadour, enluminure, Manuscrit 12473 , BnF (XIIIe siècle)Ventadorn) au troubadour et poéte Uc de Saint-Circ (1213 -1257).

Bernard de Ventadour,
Manuscrit 12473 , BnF (XIIIe)

Ces vidas  apparaissent au XIIIe et près d’un demi-siècle après la mort du célèbre poète. Elles se destinaient à  témoigner de l’art des trouveurs occitans et à introduire leurs oeuvres poétiques et leurs chansons.

La vida de Bernart de Ventadorn

L_lettrine_moyen_age_passiona vida de Bernart de Ventadorn nous conte ainsi que le poète était d’origine limousine. On le dit d’humble lignage. Il aurait fréquenté la cour d’Alienor d’Aquitaine dont il serait tombé amoureux et qu’il alienor_aquitaine_bernard_ventadour_ventadorn_lauzeta_poesie_musique_medievale_troubadoursaurait suivi après que cette dernière se fut mariée au duc de Normandie et roi d’Angleterre Henri II Plantagenet.  Plus tard, notre poète et « trouveur » aurait servi à la cour de Raymond V de Toulouse, pour, plus tard, renoncer à son art poétique en se faisant moine à l’Abbaye de Dalon, en Dordogne où il finira sa vie.

Les « vidas »  sont aujourd’hui étudiées plus, ou au moins autant, pour leur valeur littéraire que pour l’authenticité historique de leurs affirmations. Il est donc difficile de savoir si Bernart de Ventadorn fut vraiment amoureux d’Alienor d’Aquitaine comme l’affirme Uc de Saint Circ  ou s’il s’agit là d’une façon romancée de présenter la vie du grand troubadour occitan.

troubadour_occitan_chansonnier_provencal_bernart_de_ventadorn_bernard_vendatour_manuscrit_ancien

« Et el s’en parti e si s’en anet a la duchessa de Normandia, qu’era joves e de gran valor e s’entendia en pretz et en honor et en bendig de lausor. E plasion li fort las chansos e·l vers d’En Bernart, et ella lo receup e l’acuilli mout fort. Lonc temps estet en sa cort, et enamoret se d’ella et ella de lui, e fetz mantas bonas chansos d’ella. Et estan ab ella, lo reis Enrics d’Engleterra si la tolc per moiller e si la trais de Normandia e si la menet en Angleterra. En Bernart si remas de sai tristz e dolentz, e venc s’en al deco_cathare_monde_medieval_moyen-age_croisade_albigeois_inquisition_histoire_feodal_languedocbon comte Raimon de Tolosa, et ab el estet tro que·l coms mori. Et En Bernart, per aquella dolor, si s’en rendet a l’ordre de Dalon, e lai el definet. »

« (…) Et il s’en sépara (l’épouse du vicomte de Ventadour) et s’en alla à la duchesse de Normandie qui était jeune et de grande valeur et qui comprenait le prix et l’honneur et les belles paroles de louange et elle le reçut et l’accueillit très bien. Longtemps il fut en sa cour et fut amoureux d’elle et elle de lui et fit beaucoup de bonnes chansons d’elle.Et étant près d’elle le roi Henri d’Angleterre la prit pour femme et l’emmena de Normandie et l’emmena en Angleterre. En Bernart resta de ce côté triste et douloureux et s’en alla au bon comte de Toulouse et fut près de lui jusqu’à ce que le comte mourût. »

Vida de Bernart De Ventadorn – Extrait

L’auteur médiéval légua quarante-cinq chansons considérées comme de véritables fleurons de la langue occitane dans sa forme la plus aboutie. Il y chante le fin’amor, cet amour courtois que les troubadours porteront haut et fort durant le XIIe siècle et qui influencera les formes littéraires du sentiment amoureux durant de nombreux siècles après eux.

Gérard Zuchetto, un troubadour moderne
à la recherche des trésors occitans

M_lettrine_moyen_age_passionusicien, interprète  et chercheur, Gérard Zuchetto a consacré son temps, ses recherches et son talent à l’art  des troubadours des XIIe et XIIIe siècles. Nous sommes avec cet artiste passionné de son sujet au point d’en être devenu expert, autant dans la performance artistique que dans l’ethnomusicologie, musique_poesie_chanson_medievale_ancienne_troubadours_bernard_de_vendatour_ventadorn_gerard_zuchetto_moyen-age_centralc’est à dire dans le parti-pris de restitution au plus près de l’esprit médiéval de l’art des trobadors. Créatif, il propose également des compositions plus libres d’inspiration autour de ce même thème.

Ses recherches se déclinent en productions musicales, mais aussi en films et encore en ouvrages sur la question. Au fil du temps, une troupe s’est d’ailleurs formée autour de Gérard Zuchetto qui produit spectacles, concerts et autres événements en relation avec l’art des troubadours et la culture occitane, sous les labels et appellations Trob’Art production et Troubadours Art Ensemble. Vous trouverez le détail  de leurs activités et productions, ainsi que leur agenda sur leur site web:  art-troubadours.com.

La primavera d’amore, Trovatori XII-XIIIe

Dans cet album enregistré en 1997 et sorti l’année suivante chez Foné, Gérard Zuchetto était accompagné des musiciens et instrumentistes  Patrice Brient et Jacques Khoudir pour mettre à l’honneur son sujet de prédilection et nous proposer entre autre, cette très belle version de la célèbre Lauzeta de Bernart de Ventadorn.

troubadours_bernard_ventadorn_ventadour_gerard_zuchetto_musique_poesie_chanson_medievale_amour_courtois_lauzeta

Quan vei la lauzeta mover : les paroles en occitan & adaptation en français moderne

Can vei la lauzeta mover
De joi sas alas contra’l rai,
Que s’oblid’ e’s laissa chazer
Per la doussor c’al cor li vai,
Ai! Tan grans enveya m’en ve
De cui qu’eu veya jauzion!
Meravilhas ai, car desse
Lo cor de dezirer no’m fon

Quand je vois l’alouette
agiter de joie ses ailes
face aux rayons [du soleil],
s’oublier et se laisser choir
dans la douceur qui au cœur lui vient,
hélas ! une si grande envie me pénètre
de ce bonheur que je vois,
que je tiens à miracle
si mon coeur ne se consume pas de désir.

Ailas! Tan cuidava saber
D’amor, e tan petit en sai,
Car eu d’amar no’m posc tener
Celeis don ja pro non aurai.
Tout m’a mon cor, e tout m’a me,
E se mezeis e tot lo mon;
E can se’m tolc, no’m laisset re
Mas dezirer e cor volon.

Hélas ! Je croyais tant savoir
sur l’amour et j’en sais si peu !
Car je ne peux me retenir d’aimer
celle que je ne peux atteindre.
Elle a tout mon coeur, elle m’a tout entier,
elle-même et tout l’univers.
Elle ne m’a rien laissé,
sauf le désir et un coeur fou.

Anc non agui de me poder
Ni no fui meus de l’or’ en sai
Que’m laisset en sos olhs vezer
En un miralh que mout me plai.
Miralhs, pus me mirei en te,
M’an mort li sospir de preon,
C’aissi’m perdei com perdet se
Lo bels Narcisus en la fon.

Je n’eus sur moi plus de pouvoir
et je ne m’appartins plus,
du jour où elle me laissa mirer en ses yeux,
miroir qui beaucoup me plaît.
Miroir, depuis que je me suis miré en toi,
les soupirs profonds m’ont fait mourir.
Je suis perdu comme se perdit
en la fontaine le beau Narcisse.

De las domnas me dezesper;
Ja mais en lor no’m fiarai;
C’aissi com las solh chaptener,
Enaissi las deschaptenrai.
Pois vei c’una pro no m’en te
Vas leis que’m destrui e’m cofon,
Totas las dopt’ e las mescre,
Car be sai c’atretals se son.

Je désespère des femmes ,
jamais je ne me fierai à leurs paroles;
de même que j’avais coutume de les louer,
de même je les déprécierai.
Pas une pour me défendre
auprès de celle qui me détruit et me confond !
Je les hais toutes et les renie,
car je sais bien qu’elles sont toutes ainsi.

D’aisso’s fa be femna parer
Ma domna, per qu’eu’lh’ o retrai,
Car no vol so c’om voler,
E so c’om li deveda, fai.
Chazutz sui en mala merce,
Et ai be faih co’l fols en pon;
E no sai per que m’esdeve,
Mas car trop puyei contra mon.

Bien femme aussi apparaît ma dame,
et c’est pourquoi j’enrage,
car elle ne veut pas ce qu’on doit vouloir,
elle fait ce qu’on lui défend.
Je suis tombé en pitoyable fortune.
J’ai bien fait le fou sur le pont,
et je ne sais pourquoi je m’égare,
voulant monter contre mont.

Merces es perduda, per ver,
Et eu non o saubi anc mai,
Car cilh qui plus en degr’aver,
Non a ges, et on la querrai ?
A ! Can mal sembla, qui la ve,
Qued aquest chaitiu deziron
Que ja ses leis non aura be,
Laisse morrir, que no l’aon.

Perdue la pitié vraiment
(et de cela je ne me doutai jamais),
car celle qui devait en avoir le plus
n’en a pas; et où la chercherai-je ?
Ah ! Quelle apparence trompeuse ! En la voyant,
l’imaginerait-on capable de laisser mourir
un passion malheureuse
qui jamais ne s’épanouira sous ses lois ?

Pus ab midons no’m pot valer
Precs ni merces ni’l dreihz qu’eu ai,
Ni a leis no ven a plazer
Qu’eu l’am, ja mais no’lh o dirai.
Aissi’m part de leis e’m recre;
Mort m’a, e per mort li respon,
E vau m’en, pus ilh no’m rete,
Chaitius, en issilh, no sai on.

Puisque plus rien ne peut valoir,
ni prière, ni pitié, ni un droit qui fut le mien,
puisque nullement ne lui plaît
le fait que je l’aime, jamais plus je ne lui parlerai,
je me sépare d’elle et je renonce.
Elle me tue, et c’est un mort qui parle.
Et je m’en vais, puisqu’elle ne me retient,
malheureux, en exil, je ne sais où.

Tristans, ges non auretz de me,
Qu’eu m’en vau, chaitius, no sai on.
De chantar me gic e’m recre,
E de joi e d’amor m’escon.

Tristan, vous n’aurez rien de moi,
car je m’en vais, malheureux, je ne sais où.
Je mets un terme à mes chants et y renonce.
Loin de la joie et de l’amour je me cache.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Un Index des musiques médiévales, folk ou anciennes par formation

Bonjour à tous,

V_lettrine_moyen_age_passion copiaoila quelque temps déjà qu’il nous tenait à coeur de répertorier les groupes, ensembles et formations de musique médiévale ou ancienne dont nous avons parlé jusque là. Le site disposant désormais de près de 500 articles, l’idée reste comme toujours de vous faciliter l’accès à ses contenus. musique_ancienne_historique_traditionnelle_viole_celtique_jordi_savall_Les formations seront classées ici en deux grands groupes.

Dans le premier, vous trouverez les ensembles qui sont au plus proche du répertoire médiéval d’époque et de ses compositions musicales originelles. Ces formations se rapprochent clairement des anciens manuscrits et de l’ethnomusicologie. Vous trouverez dans ces articles, des extraits, des portraits et une présentation de leur travail artistique.

Dans le deuxième groupe, vous trouverez les chanteurs ou ensembles qui sont plus « d’inspiration » médiévale ou même traditionnelles : Folk, médiéval fantaisie, ou même de chansons récentes en hommage à des auteurs anciens. Nous sommes donc dans la référence au moyen-âge mais à quelques distances de lui.

ensemble_formations_musiques_anciennes_moyen_age_repertoire_medieval_ethnomusicologie
 Alla Francesca Arte Factum
 Berlin Orchestra Clemencic Consort, René Zosso
 The Dufey Collective Diabolus in Musica
Ensemble Belladonna Ensemble Gilles Binchois
Ensemble La Morra Ensemble Obsidienne
Ensemble Organum Ensemble Perceval
Ensemble Estampie, G Derrick Falsobordone
Hespèrion XXI et Jordi Savall La Reverdie
Richard Levitt Lyrebyrd Consort
Les Musiciens de Provence Micrologus
Newberry Consort Oni Wytars
Oxford Camerata Elisabeth Pawelke
Pegasus Early Music, Jose Lemos, The Unicorn Ensemble
Voices of Music Vox Vulgaris

 

Arany Zoltán Pierre Bensusan
Corvus Corax Compagnons du Gras jambon
Georges Brassens Efrén Lopez
Esquirols FAUN (néo-folk médiéval)
Léo Ferré Garmarna
Malicorne Monique Morelli & Villon
Musikantiga (Orlan Charles) Naheulband
Omnia, (folk celtique médiéval) Owain Phyfe
Sangdragon Strella do Dia
Tri Yann  Frédéric Mesnier
 Mil Marie Mougenot  Boulat Chalvovitch Okoudjava

Cet index étant appelé à évoluer, il trouvera bientôt sa place dans la navigation, et sera actualisé régulièrement.

En vous souhaitant une très belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Sujet : index formation, groupes et ensemble, musiques médiévales, musiques anciennes, ethnomusicologie, inspirations, folk médiéval.

Hé compaignons resvelons-nous ! un chant polyphonique festif du XVe, de Guillaume Dufay

musique_medievale_ancienne_guillaume_dufay_XV_moyen-age_tardifSujet: chant polyphonique, chanson, musique médiévale, ancienne, chant profane, chanson festive, à boire.
Période : moyen-âge tardif (XVe)
Auteur : Guillaume Dufay (1400-1474)
InterprèteDiabolus in Musica
Titre : « Hé compaignons, resvelons nous »
Album : Mille Bonjours (2007 – ALPHA Productions)

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous partageons un rondeau joyeux de Guillaume Dufay (Du Fay) composé autour de 1427. C’est un chant polyphonique festif issu du répertoire profane du maître de musique du XVe siècle auquel nous avions déjà dédié plusieurs articles dont un portrait et des éléments de biographie ici. On retrouve également ce chant dans le codex référencé MS Canonici 213 de la Bodleian library (Oxford) dont nous vous parlions dans ce même article, aussi nous vous y renvoyons, si vous souhaitez plus de détails sur ce manuscrit ancien.

Diabolus in Musica, musiques médiévales,
recherches historiques et sens du partage

P_lettrine_moyen_age_passion copialus l’on se penche sur la musique médiévale et sur les artistes qui tentent par leur travail de recherche et d’interprétation de la faire revivre, et plus on découvre des formations de grande qualité. C’est le cas de celle d’aujourd’hui.

musique_repertoire_medieval_francais_ethno-musicologie_guillaume_dufay_ensemble_diabolus_in_musica_moyen-age_central_tardif

Formé en 1992 par Dominique et Pierre Touron et dirigé par Antoine Guerber, – qui, en plus d’être un talentueux directeur, est aussi ténor, harpiste, joueur de Guiterne (voir photo) et de divers tambours – l’ensemble Diabolus In Musica se dédie tout entier au répertoire musique_medievale_manuscrit_ancien_codex_213_canonici_guillaume_dufaymédiéval, avec une prédilection pour les compositeurs français et pour le moyen-âge central. Ils ont déjà consacré vingt albums à ce vaste sujet, recevant au passage la reconnaissance des milieux de la musique ancienne ou classique, à travers des prix et Awards variés.

Nous sommes avec cette formation sur un territoire que nous affectionnons tout particulièrement, puisqu’elle se situe entre ethnomusicologie et art vivant, c’est à dire entre l’humble ambition de restituer les compositions médiévales au plus près de leurs sonorités et de leur esprit, et celle d’émouvoir et d’initier le public moderne à la force et la beauté de la musique en provenance du moyen-âge.

Agenda, concerts et actualité

A_lettrine_moyen_age_passionu niveau des concerts et des performances scéniques, on a pu retrouver l’ensemble  Diabolus in Musica tour à tour sur des pièces de musiques sacrées ou profanes et même à l’occasion de représentations à la fusion de la musique et du théâtre. Ce fut notamment le cas d’un spectacle complet autour du Perceval et du Conte du Graal de Chrétien de Troyes.

Du ami_francois_assise_antoirne_guerber_musique_medievale_anceinne_XII_sieclecôte de leur agenda, ils sont actuellement en tournée au Pays-bas et nous vous conseillons si vous voulez les suivre efficacement de le faire via leur page Facebook.

Enfin dernières mentions du côte de l’actualité de leur directeur. A la fin 2016, Antoine Guerber était appelé à collaborer au niveau musical, sur la bande son du film  » L’Ami François d’Assise et ses frères » de Renaud Fély et Arnaud Louvet (consacré comme son titre l’indique à Saint-François d’Assise). Il est également régulièrement l’invité de programmes de Radio France autour des musiques anciennes, classiques ou médiévales.

Mille bonjours, l’album.
chansons de Guillaume Du Fay

L_lettrine_moyen_age_passion‘album Mille Bonjours qui date de 2007 était dédié tout entier à des chansons de Guillaume Dufay. Il a été primé et a reçu le prix « Supersonic » du Magazine Luxembourgeois  consacré à la Musique Classique Pizzicato.

Tristesse et deuils,  louanges royales et princières, amour courtois et amant transi, mais encore joies et fêtes, l’ensemble Diabolus in Musica nous y invite à plus d’une heure quinze en compagnie du compositeur médiéval. Dix-neuf pièces y sont présentées, qui explorent le répertoire profane de Dufay et suivent les contours de ses émotions et de son art, au fil de rondeaux, de ballades ou encore de bergerettes (ces poésies pastorales typiques du XVe) variés.

musique_chanson_medievale_Guillaume_Dufay_Du_Fay_moyen-age_tardif_diabolus_in_musica_antoine_guerber_mille_bonjours

L’album est disponible à la vente en ligne sur Amazon. En voici le lien si vous souhaitez plus d’informations: Guillaume Du Fay: Mille Bonjours!  Vous pouvez également cliquer sur l’image ci-dessus.

He Compaignons, les paroles de la chanson de Guillaume Du Fay en français moyen

He, compaignons, resvelons nous (1)
Et ne soions plus en soussy :
Tantost vendra le temps joly,
Que nous aurons du bien trestous (2).

Laissons dire ces jauls jalous
Ce qu’ils veulent je vous en pry.

He, compaignons …

Quant est de moy, je boy a vous,
Huchon, Ernoul, Humblot, Henry,
Jehan, Francois, Hugues, Thierry,
Et Godefrin dira a tous:

He, compaignons …

(1) réveillons nous
(2) qui sera bon pour nous tous

En vous souhaitant une merveilleuse journée.
Fred
Pour moyenagepassion.com
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L’autrier quand je chevauchoys, une chanson et pastourelle anonyme du XVe siècle

musique_poesie_chanson_profane_medievale_pastourelle_adam_de_la_halle_trouvere_arrasSujet :  musique, poésie, chanson, médiévale,  ancienne, pastourelle
Période : moyen-âge tardif
Auteur :  Anonyme (XVe siècle)
Titre : l’autrier quand je chevauchoys
Interprète :  Newberry Consort
Album : 
« De Villon à Rabelais, XVIe siècle, musiques de rue, de théâtre et de cour (1999  Harmonia Mundi)

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous partageons aujourd’hui un peu de musique du XVe siècle avec une chanson médiévale, dans le plus pur style de la pastourelle, genre dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises ici et qui demeure répandu  durant tout le moyen-âge.

musique_chanson_ancienne_medievale_XVe_Gaston_Paris_lautrier_chevauchois_pastourelle_moyen-age_tardif

On ne connait pas l’auteur de la pièce du jour et elle est demeurée anonyme. On la retrouve classée comme provenant du XVe siècle dans un ouvrage du célèbre historien médiéviste et philologue du XIXe siècle Gaston PARIS. Il est possible qu’elle soit légèrement antérieure à cette période dans la tradition orale mais elle témoigne en tout cas encore de la popularité de ce genre rupestre et champêtre, jusque dans le courant du moyen-âge tardif. Cette fois-ci, ce qui n’est pas très fréquent pour une pastourelle, c’est le personnage du chevalier lui-même qui nous conte l’histoire, ce qui ne l’empêchera aucunement de se retrouver « le bec dans l’eau » à la fin, comme le veut la tradition et ce malgré, cette fois, l’engagement de l’innocente et pure bergère à céder à qui sauvera sa brebis.

L’ensemble Newberry Consort

N_lettrine_moyen_age_passionous ne finissons pas de découvrir à quel point l’engouement pour la musique médiévale dépasse de loin les frontières de l’Europe. De fait, les interprètes du jour nous entraînent, cette fois, du côté du continent américain et des Etats-Unis.

Formé en 1986, originaire de Chicago, le Newberry Consort se dédie à un répertoire assez large qui va du XIIIe  au XVIIIe siècle avec même quelques incursions, à l’occasion, sur des pièces plus récentes.

chanson_musique_medievale_ancienne_renaissance_moyen-age_central_tardif_newberry_consort_chicago

Du point de vue des concerts, l’ensemble se produit essentiellement aux Etats-Unis et comme de nombreuses formations dans le domaine des « Early Music », ses artistes s’attachent également à la sensibilisation et la pédagogie autour de leur passion. Dans ce cadre, ils sont étroitement associés à l’Université de Chicago mais aussi à la bibliothèque et au centre d’études de la Renaissance de Newberry.

De Villon à Rabelais : du moyen-âge tardif aux début de la renaissance.

E_lettrine_moyen_age_passionn 1999, ils nous gratifiaient d’un album ciblé sur le moyen-âge tardif et les débuts de la renaissance, du XVe au XVIe: Villon to Rabelais, 16th century, Music of the Streets, Theatres, and Courts (De Villon à Rabelais, 16e siècle, musiques des rues, des théâtres et des cours). Cette production et la formation y est dirigée par Mary Springfels qui est également musicienne et vielliste (au premier plan et en bas sur la photo ci-dessus).

chanson_musique_medievale_moyen-age_tardif_pastourelle_XVe_XVIe_siecle_debut_renaissance_newberry_consort

Le site web (en anglais) du Newberry Consort ne propose pas, pour l’instant, semble-t-il, ses productions musicales à la vente en ligne, mais on peut tout de même trouver cet album à la vente sur Amazon. En voici le lien, si cela vous intéresse :  De Villon A Rabelais Vous pouvez également cliquer sur l’image de l’album pour y accéder.

L’autrier quant je chevauchoys
les paroles 

L’autrier quant je chevauchoys,
A l’orée d’ung vert boys
Trouvay gaye bergére :
De tant loin qu’ouy sa voix
Je l’ay araisonnée,

Tanderelo !*

« Dieu vous adjust, bergére!*
Dieu vous adjust, bergére ! »


Tandis que l’araisonnoys,

Ung grant lou saillit du boys
O la goulle baée :
La plus belle des brebiz
Il en a emportée,

Tanderelo !
Dieu vous adjust, bergére!
Dieu vous adjust, bergére !

Quant la bergère si vit
Que le lou tint sa brebiz,
A haulte voiz s’escrye :
« Qui m’y rendra ma brebiz,
Et je seray s’amye ? »

Tanderelo !
Dieu vous adjust, bergére !
Dieu vous adjust, bergére!

Quant le chevalier oyt
Ce que la bergére a dit,
Mist la main à l’espée :
Au devant du lou s’en va.
La brebiz a laissée.

Tanderelo !
Dieu vous adjust, bergére !
Dieu vous adjust, bergére I

« Tenez, belle, tenez cy :
Je vous rends vostre brebiz
Saine comme les aultres ;
Or me faictes mon plaisir
Comme j’ay fait le vostre. »

Tanderelo!
Dieu vous adjust, bergére!
Dieu vous adjust, bergére !

« Chevalier, cinc cens mercyz :
Pour ceste heure n’ay loisir,
Aussi je n’oseroye ;
Et m’en eussiés sauvé dix.
Pour rien ne le feroye. »

Tanderelo !
Dieu vous adjust, bergére !
Dieu vous adjust, bergére !

Dieu vous adjust : Dieu soit avec vous, auprès de vous
*Tanderelo: terme d’usage commun dans les refrains de pastourelle.
En vous souhaitant une belle écoute, une très belle journée et un joyeux lundi !
Fred
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Rokatanc, musique traditionnelle hongroise à la façon de Vox Vulgaris

musique_medievale_ancienne_moyen-age_central_tardifSujet : musiques, danses médiévales, traditionnelles, musiques anciennes, troubadours modernes, folk médiéval.
Ensemble, Groupe : Vox Vulgaris.
Titre : Rokatanc, la danse du renard.
Période : moyen-âge central
Album : the shape of medieval music to come
Année : 2003

Bonjour à tous,

V_lettrine_moyen_age_passion copiaoilà un peu de musique d’inspiration médiévale aujourd’hui avec une nouvelle pièce revisitée par la formation Vox Vulgaris dont nous vous avons déjà parlé à plusieurs reprises ici.

L’ensemble médiéval suédois Vox Vulgaris

F_lettrine_moyen_age_passion-copiaormé dans les années 90, le quatuor suédois ne légua à la postérité qu’un seul album, mêlant partitions en provenance du moyen-âge et variations improvisées en s’inspirant du Jazz fusion. La pièce du jour « Rókatánc » ou la danse du renard serait une pièce traditionnelle profane d’origine hongroise, demeurée anonyme.

vox_vulgaris_formation_musique_ancienne_medievale_moyen-age_central

En suivant le fil de certains groupes musique_monde_medievale_vox_vulgariis_album_moyen-age_centralactuels de la mouvance Folk médiévale, on retrouvera souvent, notamment sur les pièces instrumentales exécutées au biniou ou à la cornemuse, cette touche d’accélération que Vox Vulgaris mettait ici sur ce morceau. Même si le tout « sonne » médiéval, ce tempo enlevé et qui envoie marque pourtant une distance indéniable et ne laisse place à aucun doute, nous sommes bien dans un relecture et une interprétation post-médiévales.

En vous souhaitant une très belle journée!

Fred
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la danse de Clèves & MS 9085: une basse danse et un manuscrit médiéval du XVe

musique_danses_medievales_manuscrit_ancien_moyen-age_tardif_renaissanceSujet : danse, musique médiévale, basse dance, Bourgogne
Période : moyen-âge tardif,  début renaissance XVe siècle.
Auteur : anonyme
Source : Manuscrit MS 9085, Manuscrit de Bruxelles, Manuscrit des basses danses de Marguerite d’Autriche
Titre : Danse de Clèves
Interprètes : Arte Factum
Album: « Saltos, brincos y reverencias » (2007)

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn suivant le fil de l’excellent album Saltos, brincos y reverencias de la formation espagnole ArteFactum,  nous arrivons sur les rives du XVe siècle et au début de la renaissance avec une danse d’époque, appelée la danse de Clèves. C’est une basse danse qui s’exécute en cortège ou en couple et elle se différencie donc des Saltarello(s) ou autres ductia(s) dont les pas sont plus sautés, plus rapides  et les mouvements plus « envolés ».

MS 9085, le Manuscrit des basses danses de Marguerite d’Autriche

C_lettrine_moyen_age_passiononservé à la Bibliothèque Royale Albert Ier de Belgique, le manuscrit ancien MS 9085, connu encore sous le nom de Manuscrit de Bruxelles  ou Manuscrit des Basses Danses de Marguerite d’Autriche nous provient du milieu du XVe siècle. L’ouvrage date donc des débuts de la renaissance ou de la toute fin du moyen-âge si l’on préfère. Il est constitué de vingt-cinq feuillets délicatement enluminés de lettres d’argent et d’or et contient, comme son nom l’indique des basses danses, dont certaines semblent provenir de Bourgogne ou dont les titres, à tout le moins font référence à cette aire géographique.

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Au dos de l’ouvrage, on trouve une mention d’époque qui fait état de son appartenance « à la princesse d’Espaigne » Marguerite d’Autriche, fille de Marie de Bourgogne. Mariée à Jean d’Aragon, héritier de la couronne de Castille et d’Aragon de 1495 à 1501, elle fut, pendant ces années, princesse d’Espagne. L’idylle ne dura pas puisque le jeune prince, de petite santé, mourut, en effet, très vite et la laissa veuve, mais cela nous renseigne, en tout cas, assez précisément sur  la datation de ce manuscrit ancien.

(Portrait de Marguerite d’Autriche, par Bernard Van Orley, vers 1518).

Du point de vue de son contenu, il est scindé en deux parties. Les six premiers folios sont un traité de danse théorique expliquant la structure des basses danses, ainsi que leurs pas. Les dix-sept folios restant sont les partitions de musiques ainsi que les chorégraphies de cinquante-huit basses danses.

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Concernant la pièce que nous vous proposons aujourd’hui, la Danse de Clèves, on suppose que son nom provient de Adolphe de Clèves qui était alors gouverneur général des états de Bourgogne. Pour ce qui est de sa composition, l’auteur est demeuré, à ce jour, anonyme.

ArteFactum, l’Andalousie
à la conquête des musiques médiévales

musique_medieval_artefactum_danse_ductia_album

N_lettrine_moyen_age_passionous avons déjà dédié plusieurs articles à cette excellente formation médiévale ainsi d’ailleurs que son album « Danse, sauts et révérences » datant de 2007. Vous trouverez l’ensemble de ces articles ici : Artefactum, musiques médiévales et anciennes.

En vous souhaitant une très belle journée et une bonne écoute.

Fred
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Saltarello, Francesco Landini et musique florentine du XIVe par l’ensemble Micrologus

musique_medievale_moyen-age_tardif_saltarelle_danse_italienneSujet :  musique,  danse médiévale, musiques anciennes, saltarelle, saltarello, musique florantine, Francesco Landini.
Période : moyen-âge tardif, XIVe siècle
Auteur :  Anonyme
Titre :  Saltarello
Interprètes : Ensemble Micrologus
Album :  Landini e la musica fiorentina (1995)

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn 1995, dans un album dédié aux compositeurs florentins et à la musique florentine du XIVe siècle, le très talentueux ensemble Micrologus nous gratifiait  d’une belle interprétation d’un Saltarello demeuré anonyme et datant de cette même période.

L’ensemble Micrologus,
à la redécouverte des musiques médiévales

N_lettrine_moyen_age_passionous avons déjà parlé ici de cette formation italienne, toute entière dédiée au répertoire des musiques anciennes et médiévales, sur une période qui se situe micrologus_musique_ancienne_medievale_ethno_musicologie_saterelle_moyen-age_tardifplutôt autour des  XIIIe au XVe siècles, mais qui va parfois jusqu’au début de la renaissance. Depuis leur création en 1984, on doit à Micrologus près d’une quarantaine d’albums, dont les derniers depuis 1995 sont produits directement par leurs soins et sous leur propre label.

Prenant leur inspiration à la source des manuscrits d’époque, en comparant patiemment les documents, en étudiant les sources historiques comme iconographiques, les artistes de Micrologus  jouent encore avec des instruments anciens pour être au plus proche des sonorités,  autant que de « l’esprit » des pièces médiévales interprétées.

musique_medievale_ancienne_danse_historique_saltarello_ensemble_micrologus_moyen-age_central

A l’image des ensembles les plus exigeants dans le domaine des musiques anciennes et médiévales, il est donc question ici  d’ethno-musicologie et de recherche, autant que du plaisir de jouer et de partager. Cette exigence de restitution, autant que le talent de ses interprètes, ont fait de la formation une référence du genre,  bien au delà de la seule péninsule italienne dont elle est originaire. Ils se produisent d’ailleurs en concert dans toute l’Europe et au delà, jusqu’aux Etats-Unis.  Vous pouvez retrouver l’ensemble de leur discographie  ainsi que leur agenda de concerts  sur leur site web  (en anglais uniquement pour l’instant).

Francesco Landini
et la musique florentine du XIVe

ensemble_micrologus_musique_ancienne_medievale_XIV_florentine_landini_compositeurs_moyen-age_central

P_lettrine_moyen_age_passion copiarimé  à plusieurs reprises, il fut notamment “Diapason d’Or de l’Année” en France en 1996, on retrouve dans cet album des pièces de compositeurs florentins tels que  Francesco Landini, Giovanni da Firenze, Magister Guglielmus, Lorenzo Masi, Donato da Firenze, Gherardello da Firenze et encore quelques  morceaux  demeurés anonymes comme ce Saltarello qui fait d’ailleurs l’ouverture de l’album.

Même si la pièce que nous vous proposons aujourd’hui n’est pas de Francesco Landini (1335 (?) -1397),  il convient de dire un mot de ce compositeur ici puisque cet album lui est dédié. Connu encore sous le nom de Landino, Magister Franciscus Caecus, ou  même Francesco « Cieco » (l’aveugle), il se passionna d’abord de peinture mais rendu non-voyant dés l’enfance, suite à la variole, il s’orienta sur la musique et sur la fabrication d’orgues. De fait, il y brilla, puisqu’il fut à la fois instrumentiste et organiste couronné, autant qu’il devint un  compositeur et poète florentin parmi les plus célèbres et reconnus de son siècle.

Francesco Landini, compositeur italien, Ars Nova, enluminure, portrait, Squarcialupi Codex (XVe siècle)
Francesco Landini, compositeur italien, Ars Nova, enluminure, portrait, Squarcialupi Codex (XVe siècle)

En matière de composition, il a laissé en héritage un nombre important de pièces, près de 154, musicales et vocales, la plupart polyphoniques à deux et trois voix et il s’inscrit dans le mouvement de l’Ars nova caractéristique du XIVe dont il  est, comme Guillaume de Machaut, considéré comme un des plus importants représentants, du côté de la péninsule italienne.

Pour découvrir ce compositeur avec la très sérieuse formation Micrologus qui s’en est fait experte, nous ne pouvons que vous conseiller de vous pencher plus avant sur cet album. Il est à en juger toujours disponible à la vente en ligne à l’adresse suivante : Landini & ses contemporains

En vous souhaitant une belle écoute et une très belle journée.

Fred
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Jeu video et musique médiévale : quand Sid Meyer rencontre Guillaume de Machaut

Guillaume-de-Machaut_trouvere_poete_medieval_moyen-age_passionSujet : musique, chanson ancienne, médiévale, musicien, maître de  musique, virelai, amour courtois, fine amour
Titre : « Quant(d) je suis mis au retour »
Auteur: Guillaume de Machaut (1300-1377)
Période : XIVe siècle, moyen-âge tardif
Interprétes, orchestration  : Roland Rizzo,  Geoff Knorr
Jeu vidéo : Civilization  6

Bonjour  à tous,

Q_lettrine_moyen_age_passionuand le compositeur Guillaume de Machaut et ses mélodies uniques se réinvitent dans notre modernité, cela peut quelquefois prendre des dehors surprenants.   Cette fois-ci, nous retrouvons deux pièces du maître de musique du XIVe siècle dans un des titres  les plus mythiques de l’histoire  des jeux vidéo : Civilization VI  de Sid Meyer.

civilization_6_musique_medievale_guillaume_de_machaut

Ces chansons ont, bien entendu, été réarrangées pour l’occasion et ne sont proposées que dans leur version instrumentale. Elles ne forment qu’une infime partie de l’ambiance sonore du jeu qui, par ailleurs, propose plus de quatre heures trente de musique contextuelle, cette dernière variant en fonction de la civilisation choisie, autant que de la période historique traversée par le joueur.  Nous sommes bien loin  du temps où les jeux vidéos ne proposaient que de petits jingles  ou  des bandes son midi  en boucle.

Concernant les pièces issues du répertoire de Guillaume de Machaut, Civilization 6  propose  une reprise de Douce Dame Jolie  et une autre chanson de lui dont cet article nous donne l’occasion de parler et qui s’intitule : Quant je sui mis au retour.

C_lettrine_moyen_age_passionette dernière chanson se situe encore dans le registre du « fine amour » et nous conte le transport et l’émoi de l’amoureux qui s’en revient de voir sa belle et n’en finit plus de conter les louanges de cette dernière. Nous aurons sans nul doute l’occasion d’en partager d’autres versions dans le futur, et nous publions dors et déjà les paroles ici. Cette interprétation du jour nous fournit  l’occasion  de l’anecdote et nous permet aussi de mesurer à quel point la musique et les mélodies du compositeur du moyen-âge tardif continuent à travers les siècles de servir sa renommée.

Les paroles de la chanson de Guillaume de Machaut

Quant je sui mis au retour
De veoir ma dame,
Il n’est peinne ne dolour
Que j’aie, par m’ame.
Diex! c’est drois que je l’aim, sans blame,
De loial amour.

Sa biauté, sa grant douçour
D’amoureuse flame,
Par souvenir, nuit et jour
M’esprent et enflame.
Diex! c’est drois que je l’aim, sans blasme,
De loial amour.

Et quant sa haute valour
Mon fin cuer entame,
Servir la vueil sans folour
Penser ne diffame.
Diex! c’est drois que je l’aim, sans blame,
De loial amour.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publilius Syrus   Ier s. av. J-C.

Estampie Saltarello du manuscrit ancien du XIIIe siècle add 29987

musiques_anciennes_medievales_youtube_voices_of_music_coup_de_coeur_moyenagepassionSujet : musiques médiévales et anciennes, danse médiévale, estampies, saltarello.
Période : moyen-âge central, XIIIe siècle,
Titre :  Estampie  Saltarello.
Tirées de:  manuscrit add 29987,  manuscrit de Londres, British Museum.
Interprètes: Voices of Music (Hanneke van Proosdij, Peter Maund,  K Robberson, Natalie Cox & David Tayler).
Concert : Le roman de la rose (2009)

N_lettrine_moyen_age_passionous restons aujourd’hui en compagnie du manuscrit add 29987 pour  une nouvelle pièce musicale  et danse médiévale interprétée par les talentueux musiciens de Voices of music.  Ce Saltarello en provenance du manuscrit toscan du moyen-âge central est extrait d’un concert qu’ils donnèrent en 2009 sur le thème du Roman de la Rose.

manuscrit_ancien_londres_add_29987_danses_musique_medievale_moyen-age_central

Nous avions déjà fait une présentation complète de cet ensemble et organisation  de  San Francisco  dont la vocation  est de promouvoir à la fois l’écoute et l’enseignement des musiques anciennes et nous vous renvoyons à l’article les concernant pour plus d’informations : l’ensemble américain voices of music.

Quant au très célèbre manuscrit ancien add 29987, connu encore sous le nom de manuscrit de Londres,  vous trouverez  ici tous les détails le concernant et ici de nombreuses pièces musicales s’y rapportant.

En vous souhaitant une  belle écoute et un belle journée.

Fred
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