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Agenda : Apotropaïk ou le Moyen-Age en musique, au musée de Cluny

evenement_concert_musiques_medievales_polyphonique_musee_cluny_moyen-ageSujet : agenda, musiques médiévales, concert, ensemble médiéval, Ottaviano Petrucci, Harmonice Musices Odhecaton, musiques polyphoniques, chansons polyphoniques, école franco-flamande
Période : moyen-âge tardif, XVe siècle
Lieu : Musée de Cluny, Paris 5eme
Dates : dimanche 18 février 2018 à 16h00 et lundi 18 février 2018 à 12h30
Ensemble : Apotropaïk, Autour de 1500

Bonjour à tous,

Sur l’agenda médiéval, le Musée de Cluny vous propose ce dimanche et ce lundi une incursion au coeur de la musique du moyen-âge tardif.  Au programme, deux concerts du jeune ensemble médiéval Apotropaïk, autour des compositeurs de l’école franco-flamande de la fin du XVe siècle.

Ottaviano Petrucci
et le Harmonice Musices Odhecaton

I_lettrine_moyen_age_passion copiamprimeur vénitien de la toute fin du moyen-âge, Ottaviano Petrucci (1466-1539) a marqué l’histoire musicale du XVe et du XVIe siècle par ses productions.

Dès 1501, il publie un ouvrage qui fera date : le Harmonice Musices OdhecatonAvec ses quatre-vingt seize pièces, cette anthologie musiques_medievales_polyphoniques_moyen-age_tardif_ecole_franco_flamande_Ottaviano-Petrucci_Harmonice_Musices_Odhecatonsera, en effet, le premier du genre dans le domaine de la musique polyphonique. En plus de cet ouvrage de référence, on doit encore au vénitien, entre chansons polyphoniques, frottoles italiennes, ou encore pièces pour luth, motets, messes, autour de soixante publications. Par ses choix éditoriaux autant que par ses techniques d’impression novatrices et le large succès de ses livrets et recueils, Ottaviano Petrucci consacra l’importance majeure de l’école franco-flamande  dans la culture musicale européenne de son temps.

Ce dimanche et ce lundi, le Musée de Cluny et l’ensemble Apotropaïk vous convie donc à la découverte d’un nombre choisi de compositeurs de cette école mis à l’honneur par Petrucci dans son Harmonice Musices Odhecaton. (pour réserver voir le lien en pied d’article)

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Apotropaïk,
le jeune ensemble médiéval qui monte

A_lettrine_moyen_age_passionvec une palette d’instruments anciens variées, harpe gothique, vièle à archet, luth médiéval, flûtes à bec et encore voix, le quatuor Apotropaïk se centre sur un répertoire musical qui puise ses premières inspirations dans les manuscrits et la musique du XIIIe siècle, pour s’étendre jusqu’aux débuts de la renaissance.

Le parcours de ce jeune ensemble, dédié aux musiques médiévales et anciennes et formé il y a un peu plus de deux ans, se place déjà sous les meilleurs auspices.  Depuis sa première prestation, fin 2015, à l’occasion de la Nuit de Corée, organisée par le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de LyonApotropaïk a été choisi l’année dernière, par ce dernier, pour le représenter, dans le cadre du projet interculturel « Transcultural Confluence ». Tout récemment, en novembre 2017, la formation a également reçu le premier prix du Concours International des Journées de musiques anciennes de Vanves.

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A ce jour, l’ensemble médiéval et renaissant propose des programmes   qui vont du moyen-âge italien, aux danses et chansons de la cour du Bourgogne du XVe ( Guillaume Dufay, Gilles  Binchois, Manuscrit d’Oxford ou MS Canonici 213 ), en passant par le  Chansonnier du Roi, le MS fr 844 que nous connaissons bien ici et des compositeurs comme Jeannot de LescurelGuillaume de Machaut  ou encore Adam de la Halle.


Voici des liens utiles pour suivre leur actualité et mieux les découvrir:  Facebook  – Site web –  Soundcloud


Ajoutons que concernant sa venue, cette fin de semaine, au Musée de Cluny, le quatuor n’en est pas à son galop d’essai. C’est en effet la troisième fois que l’institution leur fait confiance et leur ouvre ses portes dans le cadre de ses concerts-rencontres du Centre de musique médiévale de Paris.

Concert d’Apotropaïk au Musée de Cluny,
programme, informations & réservation ici
 
 

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Patrick Proust, portrait d’un artiste multifacette passionné d’Histoire et de musiques anciennes

artiste_musiques_anciennes_historiques_spectacles_fetes_animations_medievales_patrick_proustSujet :  musique médiévale, musique ancienne, danse médiévale, portrait, passion, passionné, animations historiques, animations médiévales, musicien, artiste, fêtes médiévales
Epoque :  moyen-âge central et tardif,  et plus largement du XIIe  au XIXe siècle
Artiste,musicien :  Patrick Proust

Bonjour à tous,

Voilà longtemps déjà que nous voulions faire ici le portrait d’un musicien, danseur et comédien passionné d’histoire qui va sur les chemins de France là où le vent de son art le mène, avec une prédilection pour les événements culturels et les grandes fêtes médiévales ou historiques. Nous sommes donc très heureux que cet article nous donne enfin l’occasion de vous le présenter.

Itinéraire d’un vendéen de coeur

M_lettrine_moyen_age_passionusicien professionnel depuis de nombreuses années, Patrick Proust venait d’un tout autre univers musical jusqu’à sa rencontre avec l’auteur, metteur en scène et musicien  Laurent  Tixier, à la fin de l’année 2000. Son parcours artistique s’en trouvera grandement influencé et il fera peu de temps après, grâce à ce dernier, son entrée dans le monde de la musique ancienne. Depuis, il a fait son chemin et est allé chercher bien d’autres formations et savoir-faire pour compléter sa large panoplie artistique et pouvoir donner libre cours à sa créativité.

Pour ouvrir de nouvelles voies dans le monde de l’évocation ou de la reconstitution historique, il faut savoir, en plus d’être créatif, être autodidacte. Mené par sa passion, ce vendéen de naissance et de coeur est ainsi allé Patrick_proust_artiste_musicien_musiques_anciennes_animations_medievales_historiques_passion_moyen-agepuiser directement à la source des manuscrits et documents anciens, ce qu’aucune école ou formation n’aurait pu lui apprendre.

Au sortir de longues années consacrées à son art et à sa passion, entre musiques médiévales, renaissantes  ou baroques, théâtre, contes, humour et farces, et encore danses anciennes, il ne manque décidément aucune corde à l’arc de cet artiste complet et enjoué qui met aussi en scène ses propres spectacles.

Au niveau instrumental, il passe sans problème de la vièle à archet, au rebec, à la cornemuse ou encore à la flûte, sur des instruments fabriqués avec les techniques d’antan et sur mesure par des luthiers vendéens. Depuis quelques années, il étudie également le  violon baroque au conservatoire de musique, de danse et d’art dramatique de la Roche sur Yon auprès de la célèbre  Zuzana Branciard.

Pour le reste, comme il s’est aussi formé très sérieusement à l’escrime ancienne durant plus de dix ans auprès du maître d’armes Michel Palvadeau ( champion de France et champion du Monde en 2004 ) et a aussi reçu les enseignements du grand maître Claude Carliez, quelque soit l’art qui vous intéresse chez lui, ne vous étonnez pas si « à la fin de l’envoi, il touche ».

Du sur mesure aux spectacles écrits

Une large palette de réjouissances musicales, théâtrales et historiques

D_lettrine_moyen_age_passione ses propres mots « Authenticité, créativité et Histoire patrimoniale » sont les trois piliers qui guide sa démarche artistique. A l’intérieur de ce cadre bien posé, la créativité peut s’exprimer à plein.  De fait, en plus des nombreuses fêtes historiques ou médiévales dans lesquelles il intervient, de nombreuses institutions culturelles et patrimoniales ne s’y sont pas trompés font aussi appel à lui pour leurs événements.

Patrick_proust_artiste_musicien_comedien_musiques_anciennes_animations_historiques_medievales_passion_moyen-age« Veillées d’antan »,  accompagnées de la comédienne Roumégous Stéphanie pour un spectacle, autour des  contes de la Vendée du XVIIIe siècle. « Leçons du Sieur Baldin, musicien notoire , maître à danser chancelant et bretteur de salon » du XVIIIe, autour de  l’initiation aux danses anciennes, la liste est longue des spectacles ou concerts qu’il propose ou a déjà montés.

En dehors de ces « pièces » déjà bien rodées qui laissent toujours place à la surprise et à l’improvisation, Patrick propose aussi des prestations sur mesure que son large répertoire en terme musical et historique, comme en terme de jeu, lui permet de couvrir.

Du moyen-âge historique à un moyen-âge teinté de farces, d’imaginaire et de fantaisie.

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour la partie touchant le moyen-âge qui nous interpelle le plus ici pour des raisons éditoriales, on retiendra, au titre de ses dernières créations, une formation  ayant pour nom DUCTIA, qui met en scène le musicien avec l’artiste, percussionniste, conteuse  et  envoûtante danseuse Caroline Jacquet. Le monde médiéval se teinte ici de fantastique et de féerie dans un duo  qui mêle contes, danses, musiques médiévales ou d’inspiration médiévale et créations.

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Sur une période cette fois plus proche du moyen-âge tardif et de la renaissance, il faut encore mentionner ici les « Bouffonneries Ménestrières ou les Facéties de Maistre Bouzine » (en photo et en costume ci-dessous).

Patrick_proust_artiste_musicien_musiques_anciennes_farces_theatre_animations_medievales_historiques_passion_moyen-agePersonnage  inspiré de Triboulet, le fou de Louis XII, mais aussi des songes de Pantagruel, avec encore une touche  de couleurs prises au bord des toiles de Jérôme Bosch  ou de Brueghel, Maistre Bouzine  est une invitation au voyage dans un univers où se rejoignent musiques anciennes, humour visuel et farces burlesques ou grotesques. Comme son créateur, cet amuseur et jongleur haut en couleur joue de bien des instruments, avec tout de même, une grande prédilection pour la cornemuse. que l’on appelait justement  « Bouzine » dans certaines provinces de France, dans le courant du moyen-âge central.

La passion de transmettre: pédagogie, concerts éducatifs, initiation et ateliers

B_lettrine_moyen_age_passionien sûr, à travers tout cet art qui se livre et se donne à partager, à travers encore toutes ces « histoires » que Patrick Proust nous conte autour de l’Histoire, il est question de divertissement mais aussi de transmission. Il n’est donc pas surprenant que notre passionné et artiste du jour se double d’un pédagogue.  Alors, quand il n’est pas occupé à ravir le public  entre les hauts murs d’un château, dans les salons d’une belle demeure historique, ou encore à l’occasion d’une grande fête médiévale, on peut le retrouver donnant des concerts éducatifs dans les milieux scolaires ou para-scolaires ou même animant des ateliers de « danseries » pour le compte de diverses associations historiques.

Retrouvez tous les liens utiles pour suivre Patrick Proust ici :
Site officiel –  FacebookFB Maistre Bouzine – FB Ductia

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE.
Pour Moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Les confessions d’un malandrin d’Angelo Branduardi, grand troubadour « folk médiéval » italien des XXe, XXIe siècle

troubadour_medieval_trovatore_musique_chanson_poesie_inspiration_moyen-age_medievalSujet : chanson, poésie d’inspiration médiévale, musique, folk, poésie, résonance poétique, médiévalisme.
Période :  XXe siècle
Auteur  :  Sergueï Essénine (1895 – 1925),Etienne Roda-Gil (1941-2004), Angelo Branduardi
Titre : Confessions d’un Malandrin,
Interprète : Angelo Branduardi
Album : Confession d’un malandrin  (1981)

Bonjour à tous,

D_lettrine_moyen_age_passionans les mystérieuses raisons qui peuvent nous pousser, enfants, à nous intéresser à l’Histoire – à un de ses aspects ou à une de ses périodes en particulier – il me faut bien compter avec un artiste italien, qui, dans les années 80 à 90, illumina de son art unique et de ses textes le paysage musical français.  Indifférent aux modes, en plein milieu des années disco, il venait proposer ses créations, ses mélodies aux sonorités anciennes et sa grande poésie et le public en redemandait. Et peu importe alors qu’elles aient été ou non empruntées au moyen-âge historique, elles avaient une saveur toute médiévale et cet auteur compositeur interprète, qui ne ressemblait à nul autre, semblait bien être un troubadour égaré dans notre monde ; Comme venu de temps anciens au moyen d’une mystérieux machine, il était peut-être même le dernier des troubadours italiens.

Angelo Branduardi,
le dernier troubadour italien

S’il émerge dans le milieu des années 70 et leur goût prononcé pour le néo folk médiéval d’origine celtique ou même le folk « progressif », Angelo Branduardi a toujours fait figure d’être un artiste solitaire et indépendant. Loin  des influences d’autres groupes de cette période, son style demeure unique. Alors, pour tenter de le ranger quelque part, on parlera de « folk-rock d’influence médiévale », mais en réalité, ce que fait surtout Angelo Branduardi, c’est du Angelo Branduardi.

chanson_folk_poesie_inspiration_medievale_angelo_branduardi_troubadour_italienDu point de vue de son parcours, il vient d’un cursus musical classique. Violoniste soliste surdoué, formé au conservatoire Niccolò Paganini de Gènes, il en sortira,  à l’âge de 16 ans,  avec un premier prix. Il étudiera aussi un temps la philosophie et se piquera encore de poésie auprès du poète et écrivain italien Franco Fortini qui sera l’un de ses professeurs.

Entré presque par hasard dans le monde de la chanson, le baladin et multi-instrumentiste compose ses propres musiques et chante dans un nombre impressionnant de langues (italien, anglais, français, espagnol, etc…). Du côté des paroles, s’il s’inspire quelquefois de chansons traditionnelles, de textes anciens ou de poésies plus récentes, c’est presque toujours son épouse Luisa Zappa qui sera sa parolière en italien quand ils n’écriront pas les textes à quatre mains. Dans les autres langues, il choisira soigneusement ses paroliers pour proposer de véritables adaptations poétiques.

Confession d’un malandrin version française

D_lettrine_moyen_age_passionu côté des compositions, si elle peut sembler d’origine médiévale à l’oreille profane, la musique d’Angelo Branduardi  prend en réalité sa source dans un répertoire plus classique, celui qu’il a appris au conservatoire de Gènes; il n’y avait pas alors de formation aux musiques plus anciennes et médiévales. Ses oeuvres donc plus résolument baroques, quelquefois renaissantes, et il va encore chercher dans le folklore méditerranéen ou même yiddish les sources de son inspiration.  Sur scène, l’artiste se laisse emporter par son art et il s’y tient souvent, les yeux fermés, chanson_folk_poesie_inspiration_medievale_confession_malandrin_angelo_branduardi_troubadour_italientout entier habité par sa musique, plongé au coeur d’une intériorité dont lui seul possède les clés.

Maintes fois primé pour ses albums, plusieurs fois disques d’Or, il se fera un peu plus discret en France à compter du milieu des années 90, mais il restera actif artistiquement en d’autres lieux. Après de longues années de travail en Italie et en Allemagne et pour le plus grand plaisir de son public français qui lui est resté fidèle, il reviendra avec des concerts mais aussi avec un Best Of de ses chansons françaises en 2015.

Sur la partie les plus médiévales de ses productions, dans les années 2000, il signera « L’infinitamente Piccolo », une oeuvre poétique et musicale sous forme de spectacle (suivie en 2007 d’un DVD) dédiée tout entière à Saint-François d’Assise : La Lauda di Francesco (la laude, les louanges de Saint-François). 

Pour consulter l’actualité et l’agenda d’Angelo Branduardi, voici le lien vers la version française de son site web officiel.

« Les Confessions d’un Malandrin »
une chanson « d’inspiration » médiévale

B_lettrine_moyen_age_passionien qu’enregistrée seulement en 1981 en langue française, en plus d’être une pure merveille, la chanson que nous vous proposons aujourd’hui a ceci de particulier qu’elle est la toute première composée par Angelo Branduardi. Ecrite à l’âge de 18 ans, presque par jeu et « dans les tourments de l’adolescence » comme il le confiera lui-même lors d’un interview à la télévision italienne, l’artiste ne se destinait alors pas du tout à être chanteur. Au hasard d’une rencontre c’est pourtant bien cette chanson  qui le propulsera chanson_poesie_inspiration_medievale_serguei_essenine_poete_voyou_paysan_russedans une carrière qu’il avait été loin d’imaginer et qu’il avait projetée bien plus  « classique ».

Du point de vue musical comme textuel, à la première écoute, les confessions de ce malandrin semblent nous transporter dans le moyen-âge des troubadours avec ce poète qui court de village en village. Fils de modestes paysans, il est devenu célèbre et on parle désormais de lui chez « les rois et les reines », pourtant il reste attaché par l’âme et le coeur à sa terre natale, et il nous le conte de manière touchante  dans cette poésie.

Le souffle d’un grand poète russe
pour la musique inspirée d’un troubadour italien

L_lettrine_moyen_age_passionoin de trouver ses origines dans la période médiévale, les paroles de cette chanson proviennent en réalité d’un poème russe daté de 1920 et signé de la main de Sergueï Aleksandrovitch Essenine  (Serge Esenin) (1895 – 1925). Auteur de talent, encore largement reconnu en Russie, poète, « voyou », homme engagé aussi aux côtés de la révolution d’octobre, il chanta l’âme russe et l’attachement à sa terre comme personne.

« Ce n’est pas tout un chacun qui peut chanter.
Ce n’est pas à tout homme qu’est donné d’être pomme 
Tombant aux pieds d’autrui.
Ci-après la toute ultime confession, 
Confession dont un voyou vous fait profession.

C’est exprès que je circule, non peigné,
Ma tête comme une lampe à pétrole sur mes épaules. 
Dans les ténèbres il me plaît d’illuminer
L’automne sans feuillage de vos âmes. »
Sergueï Esenin  – Extrait de Confession d’un voyou,
traduction d’Armand Robin

Cette poésie qui toucha Angelo Branduardi au coeur est  d’ailleurs inspirée directement de la vie du poète; il était lui-même issu d’une famille de paysan. Consumé peut-être par sa propre sensibilité, Sergueï Essénine mit fin à ses jours à l’âge de trente ans en laissant pour témoignage une poésie écrite de son propre sang. La version du suicide fut contestée par la famille, mais le jeune poète russe au destin tragique emporta la vérité dans sa tombe (pour quelques extraits de son oeuvre, consultez cet article d’Esprits Nomades ).

chanson_poesie_inspiration_medievale_folk_etienne_roda_gil_branduardi_confession_malandrinAyant trouvé de grandes résonances avec le poète, le jeune Angelo Branduardi signa donc l’adaptation italienne des « confessions d’un voyou » dans les années 70 et c’est son parolier français de prédilection, Etienne Roda-Gil qui en fit, bien plus tard, en 1981, une adaptation française très inspirée. Elle vint rejoindre d’autres chansons du troubadour italien dans un album qui portait d’ailleurs le nom de la chanson.

Ajoutons que la version italienne, elle-même magnifique, est assez fidèle dans sa trame et ses vers au poème d’origine de Sergueï Esénine qui l’avait inspirée.  On doit son « tour médiévalisant » à Angelo Branduardi qui l’avait déjà amorcé dans la version italienne par son choix de vocabulaire : le « voyou » entre autre, s’était déjà changé chez lui en « malandrin ». Etienne Roda-Gil le suivit dans la version française et renforça encore les images médiévales  avec ces paysans qui craignaient « le seigneur du ciel et les tourbières » chez le poète russe et qui, avec lui, se mirent à craindre « les seigneurs et leur colère », avec encore ce poète dont on parlait chez « les rois et les reines » et qui, dans la version originale, chantait la Russie. Le passage à l’univers du moyen-âge était fait et l’évocation totalement réussie.

Confessioni di un malandrino version italienne

Confession d’un malandrin, les paroles
et l’adaptation française de Roda-Gil

Je passe les cheveux fous dans vos villages,
la tête comme embrasée d’un phare qu’on allume
Aux vents soumis je chante des orages
aux champs labourés la nuit des plages.
Les arbres voient la lame de mon visage
où glisse la souillure des injures
Je dis au vent l’histoire de ma chevelure
qui m’habille et me rassure.

Je revois l’étang, de mon enfance
où les roseaux et toutes les mousses dansent
et tous les miens qui n’ont pas eu la chance
d’avoir un fils sans espérance.
Mais ils m’aiment comme ils aiment la terre
ingrate à leurs souffrances à leur misère
Si quelqu’un me salissait de reproches
ils montreraient la pointe de leur pioche.

Paysans pauvres mes père et mère
attachés à la boue de cette terre
Craignant les seigneurs et leurs colères
pauvres parents qui n’êtes même pas fiers
d’avoir un fils poète qui se promène
dont on parle chez les rois et chez les reines
qui dans des escarpins vernis et sages
blesse ses pieds larges et son courage.

Mais survivent en moi comme lumière
les ruses d’un voyou de basse terre
devant l’enseigne d’une boucherie campagnarde
je pense aux chevaux morts mes camarades
Et si je vois traîner un fiacre
jaillit d’un passé que le temps frappe
je me revois aux noces de campagne
parmi les chairs brulées des paysannes.

J’aime encore ma terre, bien qu’affligée
de troupes avares et sévères
c’est le cri sale des porcs que je préfère
à tous les discours qui m’indiffèrent.
Je suis malade d’enfance et de sourires
de frais crépuscules passés sans rien dire
Je crois voir les arbres qui s’étirent
se réchauffer puis s’endormir.

Au nid qui cache la couve toute neuve
j’irai poser ma main devenue blanche
mais l’effort sera toujours le même
et aussi dure encore, la vieille Écorce.
Et toi le grand chien de mes promenades
enroué, aveugle et bien malade
tu tournes la queue basse dans la ferme
sans savoir qui entre ou qui t’enferme.

Il me reste des souvenirs qui saignent
de larcins de pain dans la luzerne
et toi et moi mangions comme deux frères
chien et enfant se partageant la terre
Je suis toujours le même, le sang,
les désirs, les mêmes haines
sur ce tapis de mots qui se déroule
je pourrais jeter mon coeur à vos poules.

Bonne nuit faucille de la lune
brillante dans les blés qui te font brune
de ma fenêtre j’aboie des mots que j’aime
quand dans le ciel je te vois pleine
La nuit semble si claire
qu’on aimerait bien mourir pour se distraire
qu’importe si mon esprit bat la campagne et
qu’on montre du doigt mon idéal.

Cheval presque mort et débonnaire
à ton galop sans hâte et sans mystère
j’apprends comme d’un maître solitaire
à chanter toutes les joies de la terre
De ma tête comme d’une grappe mure
coule le vin chaud de ma chevelure.

De mon sang sur une immense voile pure,
je veux écrire les rêves des nuits futures…

En vous souhaitant une belle journée et une très belle écoute.

Frédéric EFFE.
Pour moyenagepassion.com
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Danse médiévale : une Ductia anonyme du XIIIe siècle avec The Dufay Collective

danse_musique_medievale_estampie_royale_manuscrit_du_roy_roi_XIIIe_moyen-age_centralSujet : musique médiévale, danse médiévale, Ductia, chanson de l’Angleterre Médiévale
Période :  moyen-âge central, XIIIe siècle,
Titre : Ductia
Auteur : anonyme
Interprète : The Dufay Collective
Album :  Miri it is. Songs And Instrumental Music From Medieval England (1995)
Editeur : Chandos

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous proposons un peu de danse médiévale légère avec une Ductia en provenance de l’Angleterre du XIIIe siècle. Nous devons son interprétation à l’ensemble  The Dufay Collective et elle est issue de leur troisième album,  sorti en 1995, et ayant pour titre « Miri it is. Songs And Instrumental Music From Medieval England« .

Estampie, Ductia et Nota, on se souvient que ces danses du moyen-âge central, nées autour des XIIIe, XIVe siècles, peut-être en France, ont trouvé rapidement un terrain d’élection sur le sol de l’Italie et de l’Angleterre médiévales.

 Danse médiévale : un Ductia du XIIIe siècle par le Dufay Collective

Miri it is. Songs And Instrumental Music From Medieval England

C_lettrine_moyen_age_passionomme son titre l’indique, on retrouvait dans cet album du Dufay Collective,  la chanson « Miri it is while sumer ilast » (dont nous vous avons déjà parlé ici), mais encore dix-neuf autres titres, entre chansons et danses, pris dans un répertoire à la fois profane et religieux.

john_potter_tenor_artiste_anglais_chanson_angleterre_medievale_moyen-ageA l’occasion de cette production, le jeune et talentueux ensemble anglais invitait le ténor John Potter (portrait ci-contre) à se joindre à lui sur l’ensemble des pièces vocales. En plus d’être une voix célèbre  en Angleterre et même au delà pour avoir participé à de nombreux ensembles médiévaux et classiques, ce dernier est également un auteur et un universitaire  reconnu pour sa grande expertise en musicologie, sur un répertoire qui va des musiques médiévales et anciennes, au classique et même à des pièces plus modernes. Sur le terrain vocal, cet artiste dont la carrière impressionnante a débuté dans les années 70, a déjà plus de cent albums à son actif. On y trouve même du Led Zeppelin ! La pièce du jour étant instrumentale, nous aurons très certainement l’occasion de revenir sur son travail artistique dans le futur.

Dans l’attente, cet album du Dufay Collective est toujours disponible à la vente en ligne. On le trouve au format CD mais aussi dématérialisé (MP3) ce qui offre l’avantage de pouvoir écouter un échantillon de toutes les pièces et éventuellement de les acquérir séparément. Si vous êtes intéressés ou pour en savoir plus, vous pourrez toutes les trouverer sur ce lien (ou en cliquant sur l’image de l’album):  « Songs And Instrumental Music From Medieval England, format CD ou dématérialisé ».

En vous souhaitant une belle  journée et une bonne écoute.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Rose des Roses, la Cantiga de Santa Maria 10 avec Marina Lys, artiste et trobairitz passionnée

cantigas_santa_maria_10_rose_des_roses_culte_mariale_vierge_marie_moyen-ageSujet :  musique médiévale, Cantigas de Santa Maria, galaïco-portugais, culte marial, Sainte-Marie, rose, littérature courtoise, chant médiéval chrétien.
Epoque : moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur :  Alphonse X  (1221-1284)
Titre :  Cantiga 10 rosas das rosas
Interprète : Marina Lys  (2015) 
Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous poursuivons ici notre présentation, adaptation et traduction des Cantigas de Santa Maria, qui nous viennent de l’Espagne médiévale du XIIIe siècle et du règne d’Alphonse X le Sage.

Aujourd’hui, c’est une des plus célèbres de ces cantigas que nous abordons : la dixième. Elle est, comme toutes les autres, en galaïco-cantigas_santa_maria_10_chant_culte_marial_medieval_litterature_galaico-portugaise_alphonse_X_moyen-age_cental_XIIIe  portugais, elle a pour titre « Rosa das Rosas » (rose d’entre les roses) et c’est une chant allégorique entre la rose, fleur des fleurs de l’occident médiéval et la Sainte vierge. Nous sommes donc à nouveau au coeur du culte marial si prégnant au moyen-âge central, et nous verrons en particulier ici comment cette place réservée à la sainte a pu hériter dans certains textes ou chants chrétiens d’alors, d’aspects  tout droit sortis de la littérature profane des XIIe, XIIIe siècles, et notamment de la lyrique courtoise des troubadours et de leur fin’amor (ou fine amor).

Pour parler de cette Cantiga, nous avons choisi une belle version de l’artiste, chanteuse et musicienne Marina Lys que cet article va aussi nous donner le grand plaisir de vous présenter.

La Cantiga Santa Maria 10 : Rosa das rosas par Marina Lys

Marina Lys, chanteuse, musicienne et belle égérie  sur la route des fêtes médiévales

F_lettrine_moyen_age_passion-copiaormée au conservatoire de musique d’Orly, Marina  Lys excelle autant dans le chant que dans les instruments à cordes ou à archet.

A ses premières passions pour la guitare, du registre Jazz manouche au classique,  son goût pour les musiques anciennes et médiévales l’a rapidement conduite à compléter sa formation pour y ajouter, sous la houlette d’artistes et professeurs reconnus dans ce domaine, le chant mais encore des instruments aussi variés que la vièle à archet, le luth, le luthare, le bouzouki irlandais, la flûte et même la harpe ou la harpe-lyre, à l’occasion.

marina_lys_musique_anciennes_compagnies_artiste_musicienne_fetes_animations_medievales_moyen-age

Le travail artistique de Marina évolue des chants chrétiens anciens aux envoûtantes mélopées séfarades du moyen-âge central, en passant par des registres plus variés et folkloriques (tziganes, celtiques ou nordiques) mais toujours inspirés par les musiques anciennes. Entre restitution historique, émotion et adaptations artistiques plus libres, elle déroule encore ses talents vocaux dans un répertoire qui couvre près de dix langues, de l’araméen, à l’hébreu, en passant par le latin, le serbe, le galaïco-portugais, le tzigane russe ou encore le suédois.

A la manière de bien des artistes, trouvères ou trobairitz des XIIe et XIIIe siècles, c’est, pour l’instant, de manière itinérante que Marina a décidé de faire partager sa passion pour les musiques anciennes, bien décidée à  les faire découvrir au plus large public. Aussi, c’est dans l’ambiance enjouée d’une belle fête médiévale, dans la fraîcheur  et l’atmosphère propice d’une église, ou encore dans un beau jardin,, au milieu d’un parterre jadys_marinas_lys_compagnies_animations_musiques_danses_inspirtations_medievalesde fleurs, que vous pourrez avoir le plaisir de la rencontrer et de découvrir son art.

Elle ne sera d’ailleurs pas toujours seule puisqu’elle a fondé en 2012 la troupe  musicale  « Jàdys » qui se dédie à un répertoire d’inspiration festif plus ouvert : musiques tzigano-médiévales et danses  et chants du monde, au programme. Trois ans après sa création, le travail artistique de la formation a d’ailleurs été salué par la Fédération Française des Fêtes et Spectacles Historiques et lui a valu d’être distinguée comme le meilleur groupe 2014-2015.

Voici de liens utiles pour plus d’informations sur son art et son actualité  : Facebook officiel Site web – FB de la compagnie Jàdys

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Rosa das rosas, les paroles de la Cantiga 10  et leur traduction en français moderne

Questa è di lode a Santa Maria, come è bella e buona e ha gran potere.

Cette Cantiga est une louange à Sainte-Marie, à sa beauté et sa bonté et à son grand pouvoir.

Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines 

Rosa de beldad’ e de parecer
e Fror d’alegria e de prazer,
Dona en mui piadosa ser
Sennor en toller coitas e doores.
Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Rose de beauté et belle apparence
Et fleur de joie et de plaisir.
Dame de grande piété (miséricorde)
Reine pour ôter peines et douleurs
Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines 

Atal Sennor dev’ ome muit’ amar,
que de todo mal o pode guardar;
e pode-ll’ os peccados perdõar,
que faz no mundo per maos sabores.
Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Telle seigneuresse* (reine) doit-on bien aimer
Qui de tout le mal nous peut préserver
Et peut pardonner pour tous les péchés
Qu’on fait dans le monde  par mauvais goût ( à mauvais escient)
Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines

Devemo-la muit’ amar e servir,
ca punna de nos guardar de falir;
des i dos erros nos faz repentir,
que nos fazemos come pecadores.
Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Nous devons l’aimer (beaucoup) et bien la servir
Car elle peut nous garder des fautes
Et  nous faire repentir des erreurs
Que nous commettons, nous, pécheurs,
Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines

Esta dona que tenno por Sennore
de que quero seer trobador,
se eu per ren poss’ aver seu amor,
dou ao demo os outros amores.
Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Cette dame là que je tiens pour reine
et dont je veux être le troubadour
Si je pouvais obtenir (gracieusement) son amour
Je laisserai au démon tous les autres amours
Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines

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Culte Marial et lyrique courtoise
Littérature profane, littérature religieuse

A_lettrine_moyen_age_passionvec cette Cantiga 10 et ses louanges à la Sainte-Vierge, nous nous situons dans le registre du grand chant « adapté » de la lyrique courtoise profane, appliqué au culte marial. Ici, le croyant s’assimile en effet lui-même au troubadour et les sentiments voués à la Sainte viennent pratiquement se calquer sur la lyrique courtoise, ou y être transposés. C’en est même au point que le poète se dit prêt à « jeter au diable »  toutes ses autres amours s’il gagnait l’amour de la Vierge.

A partir de son émergence à la fin du XIIe et dans le courant du siècle suivant, c’est une tendance que l’on retrouvera souvent dans le culte marial. Certains médiévistes feront même l’hypothèse que l’entrée de la lyrique courtoise au sein des chants liturgiques et de la littérature religieuse mariale a été une forme de réponse cantiga_de_santa_maria_10_rosa_das_rosas_culte_mariale_partition_musique_chanson_medievale_XIIIe_siecle« politique » pour, en quelque sorte, reprendre à son compte les éléments de la littérature profane, tout en proposant une alternative pieuse et acceptable à la Fin’amor, qui, par ses transgressions et ses formes assez clairement adultérines n’était pas tout à fait du goût de l’église.  Quelques auteurs parlent de calquage littéral, ou même de « registre parasite » de la littérature courtoise profane, d’autres médiévistes restent un peu plus nuancés et mettent l’accent sur une forme adaptée et recomposée. Sans non plus verser dans la naïveté, peut-être n’y a-t-il pas eu là que des volontés d’instrumentalisation, mais aussi, par moments, quelques élans sensibles  de la part des auteurs religieux qui, inspirés par certains éléments de la lyrique courtoise et par certaines de ses valeurs chevaleresques aussi, se mettent au diapason d’une société qui à travers sa littérature et son art, est en train de repenser le sentiment amoureux au coeur même de ses valeurs  (1).

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.


(1) Hors de l’Espagne médiévale et des Cantigas de Santa Maria, on trouvera un exemple saisissant de ces questions de transposition de la lyrique courtoise au culte marial, dans l’oeuvre du trouvère et moine bénédictin Gautier de Coinci et on pourra valablement se reporter, comme point de départ, à un article publié en 2010  par Jean-Louis Benoit  dans la revue Le Moyen : « La dame courtoise et la littérature dans Les Miracles de Nostre Dame de Gautier de Coinci »

El mestre, une chanson catalane ancienne par l’ensemble Hirundo Maris

musique_danse_medievale_enluminures_moyen-age_central_et_tardif_XIVeSujet : musique, chanson ancienne, folklore catalan, musique ancienne, langue catalane
Période :  moyen-âge central, XIIIe siècle ?
Auteur original: ?
Interprète : Arianna Savall, Petter Udland Johansen et Hirundo Maris
Titre:  El Mestre
Album : Chants du Sud et du Nord
Editeur : Universal Music (2012)

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, nous explorons une chanson ancienne qui nous vient des terres de Catalogne. Elle est interprétée par le groupe Hirundo Maris, ce qui va nous fournir une excellente occasion de parler de cette formation et de sa talentueuse fondatrice, l’artiste, compositeur, chanteuse et musicienne Arianna Savall. 

Arianna Savall, soliste soprano, harpiste & artiste accomplie

M_lettrine_moyen_age_passionême si Jordi Savall est, pour notre plus grand bonheur, encore très actif sur la scène musicale, si l’on doutait encore que sa relève ne soit assurée, nous n’avons aucun souci à nous faire. Ferran et Arianna, les deux fruits de l’union du grand maître musique et joueur de vielle catalan avec la chanteuse lyrique soprano Montserrat Figueras sont en effet devenus, à leur tour, de brillants artistes, chanteurs et musiciens. Aujourd’hui, c’est de sa fille, la talentueuse Arianna Savall, que nous voulons vous parler.

arianna_savall_musiques_chansons_poesie_anciennes_medievalesNée en 1972, cette belle artiste a sans nul doute hérité de la passion familiale pour les arts et la musique ancienne et elle marche résolument sur leurs traces,  en y ouvrant ses propres voies artistiques.

Après avoir étudié le chant lyrique et la harpe classique dans la région de Barcelone et au Conservatoire de Terrassa, puis s’être dotée d’une spécialisation dans l’interprétation baroque de son instrument de prédilection, Arianna a, comme d’autres artistes déjà mentionnés ici, suivi les cours de la Schola Cantorum Basiliensis de Bâle, école suisse de renom dans le domaine des musiques anciennes,

Dès ses débuts de carrière, à la fin des années 90. ses premiers enregistrements et son premier album aux côtés de Montserrat Figueras, seront primés et salués par un Diapason d’or. Dans la décennie qui suivra, elle poursuivra son parcours en famille, en jouant avec le célèbre Hespérion XXI de Jordi Savall, mais elle démontrera aussi ses grandes qualités vocales à l’Opéra, pour finalement, en 2003, enregistrer un premier album. Composé par ses soins, elle y donnera à la fois de la voix et de la harpe et l’album, ayant pour titre Bella Terra, sera extrêmement bien accueilli du public.

arianna_savall_hirundo_maris_Petter_Udland_Johansen_musiques_chanson_traditionnelle_anciennesEn 2009, elle créera avec l’artiste, chanteur et violoniste norvégien Petter Udland Johansen qui se trouve être aussi son compagnon, la formation Hirundo Maris, toute entière dédiée au répertoire des musiques anciennes, du moyen-âge à la période baroque. Depuis sa création, l’ensemble a déjà produit quatre albums et nous leur devons l’interprétation de la pièce du jour. Arianna s’y adonne avec une grande virtuosité et une voix splendide,  pleine de justesse et de sensibilité.

Aujourd’hui, Arianna Savall et sa formation Hirundo Maris se produisent en concert dans toute l’Europe et même jusqu’en Asie. Pour consulter leur actualité et leur discographie, vous pouvez valablement consulter le site web officiel  de l’artiste à l’adresse suivante : ariannasavall.com

Hirundo Maris
et les « Chants du Sud et du Nord »

S_lettrine_moyen_age_passionorti en 2012, l’album « Chants du Sud et du Nord » de Hirundo Maris a été inspiré, au départ, par la chanson catalane « el mariner ». Cette dernière conte l’histoire d’une damoiselle des bords de la méditerranée, tombée amoureuse d’un guerrier et chevalier du nord. A l’image de la chanson, l’album est le fruit d’une union, mais c’est aussi celui de la rencontre entre deux univers musicaux et culturels; les deux artistes y explorent le répertoire ancien et traditionnel des musiques à la fois catalanes et norvégiennes mais aussi séfardi, pour nous proposer un voyage des rives anciennes de la méditerranée jusqu’à la mer du nord, à la recherche des similitudes, des différences, et de possibles et subtiles convergences entre musiques et chants des peuples viking, des hirundo_maris_arianna_savall_musiques_anciennes_medievales_traditionnelles_album_chants_du_nord_et_du_sudnavigateurs catalans et encore des voyageurs juifs séfarades.

La chanson El Mestre que nous vous proposons aujourd’hui est la première de l’album.  Près de 30 ans auparavant, Jordi Savall et Montserrat Figueras en avaient  proposé une version musicale dans leur album :  Cançons  de la Catalunya Mil•Lenària: Planys  & Llegendes (1990) dont la volonté affichée était d’affirmer quelque chose de l’essence même de la culture catalane et de son héritage ancestral.  A travers le temps et une génération plus tard, il est touchant de noter que ce même titre ouvre ces Chants du Sud et du Nord  d’Hirundo Maris. Cette fois, c’est devant le miroir de l’ailleurs lointain, celui d’une culture à l’autre bout de l’Europe, et d’un mer à l’autre que la même chanson est posée, dans la recherche de possibles reflets, de fils conducteurs ou de correspondances, tout en s’ancrant fermement dans ses propres racines.

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Il semble décidément que les musiques anciennes et la passion de leur art ne cesseront jamais chez les Savall d’être des prétextes sans cesse renouvelés  pour interroger en profondeur les richesses artistiques inhérentes aux cultures qu’ils approchent, à travers l’histoire, le temps, et l’espace, tout en posant clairement la question des identités et de l’échange. Au delà même de leur virtuosité, ce questionnement est sans doute un autre des héritages que se passe, entre génération, cette belle famille d’artistes. Au coeur de leur musique et de leurs oeuvres, ils nous invitent sans cesse à tendre l’oreille et à mieux écouter, pour nous ouvrir à la culture de l’autre.

EL Mestre chanson catalane médiévale,
paroles originales et adaptation française

L_lettrine_moyen_age_passion‘histoire de cette chanson ancienne catalane et de ses lignes mélodiques se perdrait quelque part autour du moyen-âge central et de l’art des troubadours de la Catalogne du XIIIe siècle. Je dis « se perdrait » parce que nous n’en avons, pour l’instant, pas nous-même, retrouver les sources précisement datées.

Pour ce qui est des traces musicales écrites en notre actuelle possession, elles sont toutes bien plus récentes. On trouve chez le compositeur barcelonais du XIXe /XXe siècle Miguel Llobet (1878-1938) des arrangements de cette pièce pour guitare. Du côté des paroles, le Dictionnaire de la musique et des musiciens de Mariano Pérez Gutiérrez, fait mention de l’auteur-compositeur catalan très prolifique des XIX et XXe siècles Josep Sancho Marraco (1879-1960), qui était aussi maître de musique à la cathédrale de Barcelone. Si l’on se fie à cet ouvrage, il serait même l’auteur  des paroles puisqu’on la range dans ses « oeuvres » (Diccionario de la jose_sancho_marraco_maitre_de_musique_barcelonais_catalanmúsica y los músicos, Vol3, 1985).  C’est assez étonnant au vue de la teneur du texte. Sauf effet de style recherché volontairement, la chanson semble, en effet, renvoyer à une période largement plus lointaine. En consultant de plus près quelques documents de la Bibliothèque de Catalogne, on en a d’ailleurs la confirmation puisqu’on y apprend qu’on doit plutôt à Josep Sancho Marraco une « version harmonisée de cette chanson populaire » pour cinq voix mixtes et soliste soprano, et non la chanson elle-même (Biblioteca de Catalunya).

Pour le reste, comme indiqué plus haut, cette chanson fut enregistrée, dans une version instrumentale par ‎Jordi Savall & Montserrat Figueras (Cançons de la Catalunya mil·lenària). Elle le fut encore par d’autres artistes – à la guitare par Andres Segovia (1956) sur la base des partitions de Miguel Llobet, ou même  dans une version vocale moins lyrique que celle du jour, par le chanteur catalan Sergi Dantí,  en 2011.

L’histoire qu’elle nous conte est celle d’une jeune fille envoyée à l’école pour préparer son entrée dans les ordres, mais son professeur en tombe amoureux et lui implore d’y renoncer pour se marier avec lui. Nous vous en livrons ici les premiers couplets en catalan, accompagnés d’une adaptation en français.
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El Mestre (le professeur)

El pare i la mare no em tenen sinó a mi.
Me’n fan anar a l’escola  a aprendre a llegir.

Mes ail ara tomba, tantom xiribiriclena, tom pena tom pi

Mes ail ara tomba, tan tom xiribiriclom

Lon père et la mère n’avaient que moi pour enfant,
Ils m’ont envoyé à l’école pour apprendre à lire

Refrain : il s’agit d’un mélange « d’onomatopées » musicales, dans laquelle elle semble aussi exprimer sa surprise et son désarroi émotionnel.

El mestre que m’ensenya s’ha enamorat de mi.
Me’n diu:  –-No et facis monja, que et casaràs amb mi –
refrain

Le professeur qui m’enseignait est tombé amoureux de moi
Il m’a dit : – Ne te fais pas nonne  et épouse moi plutôt –
refrain

Jo n’hi faig de resposta que no l sabré servir.
–-Tu faràs com les altres: quan me veuràs venir
refrain

Je lui ai répondu  que je ne saurai (pas) le servir
– Tu feras comme les autres quand tu me verras venir* (*en me voyant rentrer)
refrain

me’n pararàs la taula, m’hi posaràs pa i vi,
les estovalles blanques com el paper més fi

Mes ail ara tomba, tantom xiribiriclena, tom pena tom pi
Mes ail ara tomba tan tom xiribiriclom

Tu me dresseras la table, me porteras pain et vin
les nappes blanches comme le papier le plus fin (de la plus fine étoffe)
refrain

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En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

La Cantiga de Santa Maria 23 et le miracle du Vin, avec Eduardo Paniagua

musique_medievale_cantigas_santa_maria_166_enluminures_moyen-ageSujet :  musique médiévale, Cantigas de Santa Maria, galaïco-portugais, culte marial, miracles, Sainte-Marie.
Epoque : moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur :  Alphonse X  (1221-1284)
Titre :  Cantiga 23
Direction : Eduardo Paniagua  (2006) 
Album : Merlín y otras Cantigas Celtas 

Bonjour à tous,

C_lettrine_moyen_age_passion‘est toujours un vrai plaisir de découvrir ou redécouvrir des pièces d’anthologie en provenance du monde médiéval, tout en faisant tribut aux musiciens et artistes contemporains qui les font revivre pour nous.  Aujourd’hui, comme nous l’avons engagé il y a quelque temps déjà, nous continuons notre exploration des Cantigas de Santa Maria en essayant, sinon de toutes les traduire littéralement en français au moins d’en approcher clairement le sens.

C’est donc,  cette fois, sur la Cantiga 23 que nous nous penchons, en vous proposant son interprétation par une formation dirigée par l’artiste et musicien madrilène  Eduardo Paniagua,  qui s’est fait une chanson_poesie_miracle_medievale_culte_marial_cantigas_santa_maria_23_alphonse_X_castille_moyen-age_centralvéritable spécialité des musiques de l’Espagne médiévale.

Nous le rappelons ici, mais si vous nous suivez, vous vous souvenez que ces Cantigas nous viennent du XIIIe siècle et du règne d’Alphonse X de Castille. Connu encore sous le nom d’Alphonse le sage ou le savant, le souverain, grand passionné de Culture (au sens large et pluriel) tout autant que de Littérature, en est d’ailleurs réputé l’auteur et il demeure certain qu’un grand nombre de ces chansons sont de sa plume. Elles restent un témoignage incontournable du culte marial et des pèlerinages du moyen-âge central, mais elles sont aussi des pièces uniques de galaïco-portugais, cette belle langue romane qui servit à merveille la lyrique médiévale.

La cantiga 23 sous la direction d’Eduardo Paniagua.

Eduardo Paniagua, insatiable explorateur
des musiques de l’Espagne médiévale

N_lettrine_moyen_age_passioné en 1952 à Madrid, architecte de formation, la passion de Eduardo Paniagua pour le moyen-âge l’a conduit, avec le temps, à devenir un des plus grand grand expert dans le champ de la musique médiévale espagnole.

Ayant débuté à l’âge de 16 ans et de manière très précoce son exploration du domaine des musiques anciennes (notamment dans  le cadre du groupe espagnol Atrium Musicae), il a, depuis, fondé de nombreuses formations et a aussi crée, en 1994, sa propre maison d’édition, baptisée PNEUMA, afin de distribuer ses propres productions ainsi musiques_chansons_medievales_anciennes_cantigas_santa_maria_edouardo_paniagua_espagne_moyen-ageque celles d’autres artistes. A ce jour, la maison a édité plus de 135 albums dont 80 dirigés par son créateur.

Le répertoire de cet artiste est loin de se limiter aux Cantigas de Santa Maria même si ce champ est déjà immense en soi. Il a d’ailleurs dirigé et enregistré plus de 400 d’entre elles  à travers de nombreux albums et dans le cadre de l’ensemble Musica Antigua qu’il fonda en 1994. Durant cette même année, il cofonda également avec l’artiste marocain Omar Metioui, le groupe IBN BÁYA afin  d’explorer  les musiques de l’Andalousie médiévale,

En insatiable explorateur, Eduardo Paniagua a eu encore à coeur de faire découvrir ou redécouvrir au public de nombreux autres codex ou chansonniers, et des musiques allant des troubadours et jongleurs du moyen-âge central jusqu’à la période renaissante et pré baroque, en passant par le répertoire incontournable des musiques séphardiques (ou sépharades) de l’Espagne médiévale. Pour ses derniers travaux, il a d’ailleurs été récompensé en 2004 et conjointement par les quatre synagogues séfarades de Jérusalem.

Ajoutons encore que tout au long de sa carrière, ce grand artiste, directeur et musicien s’est vu primer à de nombreuses reprises dans ses répertoires de prédilection, au niveau national comme international.

Merlin y otras cantigas celtas
Alfonso X el Sabio, s. XIII 

cantigas_santa_maria_musique_medievale_alphonse_X_castille_edouardo_Paniagua_moyen-age_central_XIIIe_siecleDans cet album sorti chez Pneuma en 2006, Eduardo Paniagua,  accompagné du multi-instrumentiste  Jaime Muñoz et de quelques autres artistes, se proposait de revisiter une partie du répertoire des Cantigas, sous l’angle particulier de la matière de Bretagne et des chants en relation avec les terres celtiques.  L’album contient donc neuf pièces de cette veine, toutes tirées de Cantigas de Santa Maria, dont cinq chantées et quatre instrumentales.

A cette occasion, on notera avec intérêt qu’Alphonse de Castille se piqua lui aussi de légendes arthuriennes puisque dans sa Cantiga 108, il nous parle même d’un Miracle pour le moins étonnant dans lequel Merlin fera appel à la Sainte Vierge pour prouver à un juif dubitatif la véracité de la résurrection.

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La cantiga 23, paroles et adaptation

L_lettrine_moyen_age_passione poète nous conte ici un miracle, survenu en Bretagne qui fait écho et même référence directe au miracle biblique des noces de Cana. A l’image de son fils qui changea l’eau en vin, la Sainte fera, en effet, de même dans cette cantiga, en sauvant ainsi une dame très pieuse d’une situation délicate. En voici donc les paroles, ainsi que leur traduction/adaptation par nos soins :

Como Deus fez vo d’agua ant’ Archetecro,
Ben assi depois sa Madr’ acrecentou o vinno.

Comme Dieu changea l’eau en vin devant le maître d’hôtel (1)
De la même façon, par la suite sa mère multiplia* le vin (*augmenta la quantité)

Desto direi un miragre que fez en Bretanna
Santa Maria por ha dona mui sen sanna,
En que muito bon costum’ e muita bõa manna
Deus posera, que quis dela seer seu vinno.

A ce propos, je conterai un miracle que fit en Bretagne,
Sante-Marie pour une dame très saine d’esprit (de très bon sens)
En laquelle  de bonnes coutumes et de bonnes manières
Dieu avait déposé, pour en faire une des siennes (2)

Como Deus…

Sobre toda-las bondades que ela avia,
Era que muito fiava en Santa Maria;
E porende a tirou de vergonna un dia
Del Rei, que a ssa casa vera de camino.

D’entre toutes les bontés qu’elle avait
Il se trouvait qu’elle avait beaucoup foi en Sainte-Marie
Et cela la tira d’embarras, un jour
Face au roi,  qui s’arrêta chez elle, en chemin

Como Deus…

A dona polo servir foi muit’ afazendada,
E deu-lle carn’ e pescado e pan e cevada;
Mas de bon vo pera el era mui menguada,
Ca non tia senon pouco en un tonelcino.

La femme pour le servir, s’affaira beaucoup,
Lui donnant viande et poisson, et pain et bière
Mais de bon vin pour lui, elle se trouvait à court
Car elle n’en avait pas, sinon un peu, dans un tonnelet.

Como Deus…

E dobrava-xe-ll’ a coita, ca pero quisesse
Ave-lo, non era end’ en terra que podesse
Por deiros nen por outr’ aver que por el désse,
Se non fosse pola Madre do Vell’ e Meno.

Elle était acculé car même si elle avait voulu en trouver
Il n’y avait pas sur cette terre là un endroit
pour s’en procurer avec de l’argent ou par tout autre moyen
Si ce ne fut par le recours à la mère de Dieu et de l’enfant.

Como Deus…

E con aquest’ asperança foi aa eigreja
E diss’ Ai, Santa Maria, ta mercee seja
Que me saques daquesta vergonna tan sobeja;
Se non, nunca vestirei ja mais lãa nen lo.

Et avec cet espoir elle se rendit à l’église
Et dit « Ha, Sainte-Marie, j’implore votre pitié
pour que vous me tiriez de cette grande honte
sans quoi je ne me pourrai plus me vêtir ni de laine, ni de lin (3) 

Como Deus….

Mantenent’ a oraçon da dona foi oyda,
E el Rei e ssa companna toda foi conprida
De bon vinn’, e a adega non en foi falida
Que non achass’ y avond’ o riqu’ e o mesqo.

La prière de la femme fut entendue sur le champ
Et le roi, avec toute sa compagnie
Fut servi en bon vin, et la cave n’en manqua pas,
Et le riche et le pauvre en trouva en abondance. 

Como Deus fez vo d’agua ant’ Archetecro,
Ben assi depois sa Madr’ acrecentou o vinno.


Notes
(1) L’officiant responsable de l’organisation des noces de Cana donc. Bible Latine : Architriclino. Le triclinium était la salle à manger romaine et le lieu où l’on pouvait trouver les lits de banquets et les tables.

(2) litt : « pour faire d’elle son vin » pour qu’elle soit proche de lui, pour en faire une des siennes

(3) Sans quoi je serais à visage découvert et n’aurais d’autre recours que boire toute ma honte.

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D’après le livret de l’album d’Eduardo Paniagua, l’histoire de la Cantiga 23 proviendrait, à l’origine, des récits de Saint Dunstan, prélat anglo-saxon et archevêque de Cantorbéry, dans le courant du Xe siècle. Le roi dont il est ici question serait donc Aethelstam (Athelsan) de Glastonbury qui, pour boucler la boucle, fut, nous dit encore le  même livret « le souverain anglais qui ordonna la traduction de la bible en anglosaxon ».

Pour être très honnête, je ne suis pas allé vérifier dans le détail l’ensemble de ces assertions, et j’ai plutôt trouvé mention d’un Saint Ethelwold du même siècle, qui a effectivement visité la cour du roi Athelsan, et fut ordonné prêtre en même temps que Saint Dunstan. Il semble qu’on ait prêté à ce bénédictin la traduction de la règle de Saint-Benoit en anglosaxon (et pas la bible) et également un miracle du vin, multiplié à partir d’une simple jarre. Si vous avez à coeur d’aller plus loin sur ce point, vous en aurez au moins la piste.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Danse médiévale du XIIIe siècle, la tierce estampie royale avec The Dufay Collective

danse_musique_medievale_estampie_royale_manuscrit_du_roy_roi_XIIIe_moyen-age_centralSujet : musique médiévale, danse médiévale, estampie, manuscrit ancien,
Période :  moyen-âge central, XIIIe siècle,
Titre :  la tierche (tierce) Estampie roiale (royale), manuscrit du Roy (Roi), chansonnier du Roy, manuscrit français 844.
Auteur : anonyme
Interprète : The Dufay Collective
Album :  A dance in the garden of Mirth  Chandos  (1994)

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous proposons un peu de danse médiévale avec un retour au célèbre Manuscrit ou Chansonnier du Roy ( MS Français 844) du moyen-âge central. Nous avions déjà publié ici la prime, la seconde, la quarte et même la septième estampie royale, toutes issues de ce précieux codex  et voici donc venir la tierche ou tierce.

Avec plus de six-cent pièces, ce Manuscrit ancien demeure un témoignage de grande importance de la musique et des chansons médiévales des XIIe et XIIIe siècles. Pour plus de détails, le concernant et pour en découvrir d’autres pièces, n’hésitez pas à suivre le lien suivant : musiques et chansons médiévales du Chansonnier du Roy (roi) ou Manuscrit 844.

La tierce estampie royale par les anglais du Dufay Collective

« A dance in the garden of mirth »
Danses médiévales du XIIIe et du XIVe

L_lettrine_moyen_age_passion‘interprétation du jour nous est proposée par le groupe anglais The Dufay Collective.  Elle est tirée d’un album sorti en 1994, et ayant pour titre  A dance in the garden of mirth.

Comme pour l’album dont nous avions parlé dans notre article précédent, ne vous fiez pas au côté un peu  « rock  british » de la couverture, cet ensemble est, en effet, bien dévoué aux musiques du moyen-âge et de la renaissance. Estampies, trotto, saltarello, dans cet album instrumental, les artistes anglais nous proposaient une sélection de danses médiévales, en provenance principalement de la France du danse_musique_medievale_estampie_royal_the_dufay_collective_manuscrit_du_roy_moyen-age_central_XIIIe_siecleXIIIe siècle et de l’Italie du XIVe, avec également une pièce provenant d’Angleterre.

Pour plus d’informations sur cette productionou pour l’acquérir en ligne, voici un lien utile : A Dance In The Garden Of Mirth

Actualité et agenda ?

Concernant l’actualité du Dufay Collective, le  groupe ne semble pas s’être produit activement sur scène depuis 2013, même si leur dernier album Love and Devotion in Medieval England date de 2015.  Pour les suivre, le moyen le plus simple reste donc leur Page Facebook officielle.

On peut aussi valablement s’intéresser à son directeur, le compositeur et musicien William Lyons et à son actualité. Extrêmement musiques_medievales_anciennes_william_lyons_dufay_collective_compositeur_artiste_instrumentiste_anglaisactif dans le champ des musiques anciennes, cet artiste compositeur et instrumentiste polyvalent (joueur de flûtes, luth, cornemuse et encore percussionniste) collabore avec des nombreuses institutions et ensembles dans ce domaine, sur la scène anglaise (Royal College of Music, Shakespeare Globe Theater, etc…).  et il a encore contribué en tant que compositeur ou interprète à de nombreuses bandes sonores de films pour la télévision ou le cinéma ( Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, Robin Hood ou le Hobbit, entre autres titres célèbres). Pour les anglophones, son site web est ici : William-Lyons.com

En vous souhaitant une très belle  journée et une belle écoute.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.