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Le musée de la figurine historique de Droiturier, une plongée merveilleuse au coeur de l’histoire

passion_histoire_figurines_art_musee_chevalerie_bourbonnais_XIVe_siecle_moyen-ageSujet : musée, figurines historiques, artisans d’art, figurines d’art,  passionnés, passion. Histoire, reconstituteurs. lieu d’intérêt
Période : de l’antiquité à la première guerre mondiale, nombreuses pièces du moyen-âge central à tardif.
Lieu : Musée de la figurine, le Souffle de l’Histoire, centre historique du Bourbonnais.
Adresse :  Le Champ de la Garde, Droiturier,  Allier, Auvergne-Rhône-Alpes.

Bonjour à tous,

I_lettrine_moyen_age_passion copial y a bien des manières de vivre et partager une passion pour l’Histoire. En dehors des oeuvres littéraires, illustrées ou cinématographiques, des reconstitutions en 3D, ou même encore des compagnies et mesnies de reconstituteurs qui se piquent de recréer, grandeur nature, des batailles médiévales ou des tranches de vie quotidienne du moyen-âge, il existe aussi des espaces où l’artisanat et l’art, à travers  le modelage, la sculpture, la peinture et la reconstitution patiente, peuvent redonner vie aux personnages ou aux plus grands moments du passé et nous transporter, émerveillés, au coeur même de l’Histoire.

Nous avions déjà parlé ici du travail d’orfèvre de Pascale Laîné autour de ses maquettes médiévales et nous voulons aujourd’hui vous entraîner dans l’univers magique de deux autres artisans d’art :  Hervé et Marie Maneval, créateurs et conservateurs du Musée de la figurines historiques d’Art : « le souffle de l’Histoire », à Droiturier, dans l’Allier.

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Une collection de figurines d’art unique

D_lettrine_moyen_age_passionepuis 30 ans, ses deux artisans passionnés façonnent de leurs mains d’incroyables figurines historiques, reconstituées minutieusement, à l’appui de sources documentaires d’époque, et mises en scène dans des dioramas, au coeur d’événements qui ont fait l’Histoire de France. Il faut insister sur le fait que nous sommes ici dans le domaine tout à fait à part, de la figurine d’Art puisqu’en plus de faire l’objet de toutes les attentions, chaque pièce présentée est unique.   Du côté historique,  la période couverte va de l’antiquité à la première guerre mondiale mais le moyen-âge y trouve une large place : des croisades à la guerre de cent ans et au plus funeste jour de la bataille d’Azincourt, en passant par d’autres scènes épiques ou encore d’autres chevaliers célèbres du monde médiéval, en provenance du bourbonnais ou d’autres provinces.

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Du point de vue de sa taille, la structure s’étale sur trois salles et sur plus de 120 m2.  La figurine d’art ayant l’avantage d’occuper peu d’espace, vous trouverez là l’une des plus belles collections qui soit dans ce domaine.

En plus de la découverte de cette exposition totalement originale dans son entier, la visite vous permettra de  contempler près d’une centaine d’armes d’époque, mais encore des documents, tableaux  et livres anciens, des armoriaux  et d’autres raretés historiques uniques.

Vous y apprécierez également la qualité d’accueil et la passion autant que l’érudition de ses guides, auront tôt fait de vous transporter au coeur d’un grand  voyage à travers les siècles. Au passage, vous y trouverez aussi quelques éclairages sur la réalisation de ces petites merveilles artistiques qui se tiennent, avec l’Histoire, au centre de leur passion.

Ajoutons encore que si Marie est plus spécialisée dans la réalisation des oeuvres, Hervé Maneval est aussi, de son côté, un expert attaché à l’évaluation de pièces historiques et un découvreur de trésors cachés. A ce titre, il est même conseiller de plusieurs commissaires priseurs. Vous pouvez donc compter sur lui quand il s’agit de prendre l’Histoire au sérieux.

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Collections privées et travail à façon

En plus de la collection exposée au musée, ces deux artistes proposent encore la réalisation sur mesure de pièces à façon et sur commande: figurines,  personnages, dioramas et scènes historiques, passion_histoire_figurines_art_musee_baudouin_IV_montgisard_jerusalem_terre_sainte_croisades_saladin_XIIe_siecle_moyen-ageou même encore  tableaux, à destination de collectionneurs privées: grandes familles désireuses de faire revivre leurs prestigieux aïeux mais encore institutions ou monuments historiques soucieux de valoriser leur histoire et leur patrimoine, à travers les personnages ou événements qui les ont fondées, côtoyées ou marquées.

Pour plus d’informations sur le musée de la figurine historique d’art de Droiturier, voici les liens utiles : Site officielFacebookTwitter

 

En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Rose des Roses, la Cantiga de Santa Maria 10 avec Marina Lys, artiste et trobairitz passionnée

cantigas_santa_maria_10_rose_des_roses_culte_mariale_vierge_marie_moyen-ageSujet :  musique médiévale, Cantigas de Santa Maria, galaïco-portugais, culte marial, Sainte-Marie, rose, littérature courtoise, chant médiéval chrétien.
Epoque : moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur :  Alphonse X  (1221-1284)
Titre :  Cantiga 10 rosas das rosas
Interprète : Marina Lys  (2015) 
Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous poursuivons ici notre présentation, adaptation et traduction des Cantigas de Santa Maria, qui nous viennent de l’Espagne médiévale du XIIIe siècle et du règne d’Alphonse X le Sage.

Aujourd’hui, c’est une des plus célèbres de ces cantigas que nous abordons : la dixième. Elle est, comme toutes les autres, en galaïco-cantigas_santa_maria_10_chant_culte_marial_medieval_litterature_galaico-portugaise_alphonse_X_moyen-age_cental_XIIIe  portugais, elle a pour titre « Rosa das Rosas » (rose d’entre les roses) et c’est une chant allégorique entre la rose, fleur des fleurs de l’occident médiéval et la Sainte vierge. Nous sommes donc à nouveau au coeur du culte marial si prégnant au moyen-âge central, et nous verrons en particulier ici comment cette place réservée à la sainte a pu hériter dans certains textes ou chants chrétiens d’alors, d’aspects  tout droit sortis de la littérature profane des XIIe, XIIIe siècles, et notamment de la lyrique courtoise des troubadours et de leur fin’amor (ou fine amor).

Pour parler de cette Cantiga, nous avons choisi une belle version de l’artiste, chanteuse et musicienne Marina Lys que cet article va aussi nous donner le grand plaisir de vous présenter.

La Cantiga Santa Maria 10 : Rosa das rosas par Marina Lys

Marina Lys, chanteuse, musicienne et belle égérie  sur la route des fêtes médiévales

F_lettrine_moyen_age_passion-copiaormée au conservatoire de musique d’Orly, Marina  Lys excelle autant dans le chant que dans les instruments à cordes ou à archet.

A ses premières passions pour la guitare, du registre Jazz manouche au classique,  son goût pour les musiques anciennes et médiévales l’a rapidement conduite à compléter sa formation pour y ajouter, sous la houlette d’artistes et professeurs reconnus dans ce domaine, le chant mais encore des instruments aussi variés que la vièle à archet, le luth, le luthare, le bouzouki irlandais, la flûte et même la harpe ou la harpe-lyre, à l’occasion.

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Le travail artistique de Marina évolue des chants chrétiens anciens aux envoûtantes mélopées séfarades du moyen-âge central, en passant par des registres plus variés et folkloriques (tziganes, celtiques ou nordiques) mais toujours inspirés par les musiques anciennes. Entre restitution historique, émotion et adaptations artistiques plus libres, elle déroule encore ses talents vocaux dans un répertoire qui couvre près de dix langues, de l’araméen, à l’hébreu, en passant par le latin, le serbe, le galaïco-portugais, le tzigane russe ou encore le suédois.

A la manière de bien des artistes, trouvères ou trobairitz des XIIe et XIIIe siècles, c’est, pour l’instant, de manière itinérante que Marina a décidé de faire partager sa passion pour les musiques anciennes, bien décidée à  les faire découvrir au plus large public. Aussi, c’est dans l’ambiance enjouée d’une belle fête médiévale, dans la fraîcheur  et l’atmosphère propice d’une église, ou encore dans un beau jardin,, au milieu d’un parterre jadys_marinas_lys_compagnies_animations_musiques_danses_inspirtations_medievalesde fleurs, que vous pourrez avoir le plaisir de la rencontrer et de découvrir son art.

Elle ne sera d’ailleurs pas toujours seule puisqu’elle a fondé en 2012 la troupe  musicale  « Jàdys » qui se dédie à un répertoire d’inspiration festif plus ouvert : musiques tzigano-médiévales et danses  et chants du monde, au programme. Trois ans après sa création, le travail artistique de la formation a d’ailleurs été salué par la Fédération Française des Fêtes et Spectacles Historiques et lui a valu d’être distinguée comme le meilleur groupe 2014-2015.

Voici de liens utiles pour plus d’informations sur son art et son actualité  : Facebook officiel Site web – FB de la compagnie Jàdys

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Rosa das rosas, les paroles de la Cantiga 10  et leur traduction en français moderne

Questa è di lode a Santa Maria, come è bella e buona e ha gran potere.

Cette Cantiga est une louange à Sainte-Marie, à sa beauté et sa bonté et à son grand pouvoir.

Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines 

Rosa de beldad’ e de parecer
e Fror d’alegria e de prazer,
Dona en mui piadosa ser
Sennor en toller coitas e doores.
Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Rose de beauté et belle apparence
Et fleur de joie et de plaisir.
Dame de grande piété (miséricorde)
Reine pour ôter peines et douleurs
Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines 

Atal Sennor dev’ ome muit’ amar,
que de todo mal o pode guardar;
e pode-ll’ os peccados perdõar,
que faz no mundo per maos sabores.
Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Telle seigneuresse* (reine) doit-on bien aimer
Qui de tout le mal nous peut préserver
Et peut pardonner pour tous les péchés
Qu’on fait dans le monde  par mauvais goût ( à mauvais escient)
Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines

Devemo-la muit’ amar e servir,
ca punna de nos guardar de falir;
des i dos erros nos faz repentir,
que nos fazemos come pecadores.
Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Nous devons l’aimer (beaucoup) et bien la servir
Car elle peut nous garder des fautes
Et  nous faire repentir des erreurs
Que nous commettons, nous, pécheurs,
Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines

Esta dona que tenno por Sennore
de que quero seer trobador,
se eu per ren poss’ aver seu amor,
dou ao demo os outros amores.
Rosa das rosas e Fror das frores,
Dona das donas, Sennor das sennores.

Cette dame là que je tiens pour reine
et dont je veux être le troubadour
Si je pouvais obtenir (gracieusement) son amour
Je laisserai au démon tous les autres amours
Rose d’entre les roses, fleur d’entre les fleurs
Dame d’entre les dames, reine d’entre les reines

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Culte Marial et lyrique courtoise
Littérature profane, littérature religieuse

A_lettrine_moyen_age_passionvec cette Cantiga 10 et ses louanges à la Sainte-Vierge, nous nous situons dans le registre du grand chant « adapté » de la lyrique courtoise profane, appliqué au culte marial. Ici, le croyant s’assimile en effet lui-même au troubadour et les sentiments voués à la Sainte viennent pratiquement se calquer sur la lyrique courtoise, ou y être transposés. C’en est même au point que le poète se dit prêt à « jeter au diable »  toutes ses autres amours s’il gagnait l’amour de la Vierge.

A partir de son émergence à la fin du XIIe et dans le courant du siècle suivant, c’est une tendance que l’on retrouvera souvent dans le culte marial. Certains médiévistes feront même l’hypothèse que l’entrée de la lyrique courtoise au sein des chants liturgiques et de la littérature religieuse mariale a été une forme de réponse cantiga_de_santa_maria_10_rosa_das_rosas_culte_mariale_partition_musique_chanson_medievale_XIIIe_siecle« politique » pour, en quelque sorte, reprendre à son compte les éléments de la littérature profane, tout en proposant une alternative pieuse et acceptable à la Fin’amor, qui, par ses transgressions et ses formes assez clairement adultérines n’était pas tout à fait du goût de l’église.  Quelques auteurs parlent de calquage littéral, ou même de « registre parasite » de la littérature courtoise profane, d’autres médiévistes restent un peu plus nuancés et mettent l’accent sur une forme adaptée et recomposée. Sans non plus verser dans la naïveté, peut-être n’y a-t-il pas eu là que des volontés d’instrumentalisation, mais aussi, par moments, quelques élans sensibles  de la part des auteurs religieux qui, inspirés par certains éléments de la lyrique courtoise et par certaines de ses valeurs chevaleresques aussi, se mettent au diapason d’une société qui à travers sa littérature et son art, est en train de repenser le sentiment amoureux au coeur même de ses valeurs  (1).

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.


(1) Hors de l’Espagne médiévale et des Cantigas de Santa Maria, on trouvera un exemple saisissant de ces questions de transposition de la lyrique courtoise au culte marial, dans l’oeuvre du trouvère et moine bénédictin Gautier de Coinci et on pourra valablement se reporter, comme point de départ, à un article publié en 2010  par Jean-Louis Benoit  dans la revue Le Moyen : « La dame courtoise et la littérature dans Les Miracles de Nostre Dame de Gautier de Coinci »

Tels rit au main qui au soir pleure, une complainte médiévale de Guillaume de Machaut

Guillaume-de-Machaut_trouvere_poete_medieval_moyen-age_passionSujet : musique médiévale, musique ancienne, chanson, complainte,  amour courtois. fortune.
Titre : « Tels rit au main qui au soir pleure»
Oeuvre : le remède de Fortune.
AuteurGuillaume de Machaut (1300-1377)
Période : XIVe siècle, moyen-âge tardif
Interpréte : Ensemble Project Ars Nova
Album : Machaut : remède de Fortune (1994)
Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous retournons aujourd’hui au moyen-âge tardif et à l’Ars Nova avec une complainte du grand maître de musique du XIVe siècle, Guillaume de Machaut.

La pièce «  Tels rit au main qui au soir pleure » est  tirée du Remède de fortune du Manuscrit ancien FR 1586, pièce d’amour courtois dans laquelle le compositeur nous conte la quête et les revers d’un poète pour conquérir la coeur de sa dame. Dans le cas du chant présent, il emprunte l’image de la roue de la fortune (la médiévale, bien sûr, pas la télévisuelle) pour décrire ses déboires amoureux. Amertume d’un sort qui frappe de manière inéluctable, sans qu’on sache comment, ni qu’on s’y attende vraiment, la roue tourne comme dans le chant « O fortuna » écrit un peu plus d’un siècle avant cette complainte de Guillaume Machaut et qui sert d’introduction à la Carmina Burana de Carl Orff,

Nous sommes pourtant bien dans la même conception de ce sort, cette « fortune » changeante, qui abaisse ou élève dans un mouvement sans fin et contre lequel l’homme ne peut rien, qu’il soit empereur, pape,  roi ou simple poète et amoureux transi :

O fortuna, extrait des chants de Benediktbeuern (Carmina Burana) 

 Sors immanis
et inanis,
rota tu volubilis,
statu malus,
vana salus,
semper dissolubilis
obumbrata
et velata
michi quoque niteris;
nunc per ludum
dorsum nudum
fero tui sceleris.
 Sort monstrueux
Et informe,
Toi la roue changeante,
Une mauvaise situation,
Une prospérité illusoire,
Fane toujours,
Dissimulée
Et voilée
Tu t’en prends aussi à moi
Maintenant par jeu,
Et j’offre mon dos nu
A tes intentions scélérates.

Tels rit au main qui au soir pleure par l’ensemble Project Ars Nova

L’ensemble Project Ars Nova : la passion des musiques médiévales des XIVe, XVe siècle

F_lettrine_moyen_age_passion-copiaondé aux début des années 80, au sein même de l’école suisse Schola Cantorum Basiliensis  pour la recherche et pour les musiques anciennes dont nous avons déjà dit un mot ici (voir article sur l’Ensemble Syntagma), l’Ensemble Project Ars Nova ou plus laconiquement l’Ensemble PAN  réunissait  principalement de jeunes passionnés de musiques médiévales originaires des Etats-Unis.

Composé au départ de trois artistes,  Laurie Monahan (chant mezzo-soprano), Michael Collver (chant, vièle à roue, cornet) et Crawford Young (luth), il fut bientôt rejoint par deux artistes supplémentaires: Shira Kammen  (vièle, instruments à cordes et ensemble_pan_project_ars_nova_musique_poesie_medievale_guillaume_machaut_moyen-age_XIVe_sieclearchet, ) et John Fleagle (chant tenor et harpe médiévale).

De 1985 à 1991, l’ensemble produisit huit albums autour de sa période musicale de prédilection et du répertoire médiéval de  l’Ars Nova.  Il fut actif jusqu’un peu avant les années 2000, date à laquelle on perd sa trace. A ce qu’il semble, ils ne se produisent donc plus en scène ou en studio et s’ils le font peut-être à quelques rares occasions, il n’existe, en tout cas, pour l’instant, aucun site web ou page facebook officielle pour le relayer.

Itinéraires artistiques

D_lettrine_moyen_age_passionu côté des itinéraires respectifs des cinq  membres de l’ensemble, Laurie Monahan a co-fondé avec deux autres artistes, en 1995 et à Boston l’ensemble vocal Tapestry. Ce dernier, largement salué depuis par la critique, propose un répertoire qui mêle musiques médiévales et compositions traditionnelles avec des pièces plus contemporaines. Crawford Young, désormais reconnu comme un grand expert du Luth de la période du XVe siècle et devenu par ailleurs, dans le cours de années 80, enseignant à la  Schola Cantorum Basiliensis, a une part active dans un autre ensemble médiéval qu’il a crée en Suisse et dirige depuis 84 : L‘Ensemble Ferrara, 

Michael_Collver_musique_poesie_medievale_complainte_guillaume_machaut_remede_fortune_moyen-ageQuant à Michael Collver  qui prête sa voix  de contre-ténor à la pièce du jour, après des contributions variées dans de nombreux ensembles, dont le Boston camerata, et des albums qu’il a pu diriger dans le courant des années 2010, il est également toujours présent, à la fois sur le terrain vocal et instrumental. On le retrouve notamment, encore tout récemment dans la formation Blue Heron, de Boston.

L’artiste John Fleagle,  décédé en 1999, a laissé derrière lui un album salué par la critique et ayant pour titre World’s Bliss : Medieval Songs of Love and Death, réalisé en collaboration avec Shira Kammen. Quant à cette dernière, elle a participé, depuis son histoire commune avec le Project Ars Nova, à près de vingt albums et joué avec de nombreux ensembles de musique ancienne. Du point de vue de son actualité, on peut la retrouver aux côtés du newberry consort pour des concerts autour de la tradition séphardique.

Comme on le voit, à la triste exception de John Fleagle et pour des raisons de fait, plus que de coeur, la passion pour les musiques anciennes et médiévales n’a pas déserté les artistes de l’ensemble PAN et chacun continue de la faire vivre à sa manière, à travers son travail.

Remède de Fortune, l’album

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Pour revenir à la pièce du jour, elle est tirée d’un album sorti en 94 et dédié entièrement au Remède de Fortune de Guillaume de  Machaut. C’est une version épurée musicalement, et il faut avouer que l’interprétation vocale de Michael Collver, associé au son de la vièle à roue est totalement envoûtant.

Cet album est encore disponible à la vente en ligne en format CD ou en format MP3 dématérialisé, au lien suivant : Le Remède De Fortune par l’Ensemble Project Ars Nova.

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Tels rit au main qui au soir pleure,
la complainte de Guillaume de Machaut

Tels rit au main qui au soir pleure
Et tels cuide qu’Amours labeure
Pour son bien, qu’elle li court seure
Et ma l’atourne;
Et tels cuide que joie aqueure
Pour li aidier, qu’elle demeure.
Car Fortune tout ce deveure,
Quant elle tourne,
Qui n’atent mie qu’il adjourne
Pour tourner; qu’elle ne sejourne,
Eins tourne, retourne et bestourne,
Tant qu’au desseur
Mest celui qui gist mas en l’ourne;
Le sormonté au bas retourne,
Et le plus joieus mat et mourne
Fait en po d’eure.

Car elle n’est ferme n’estable,
Juste, loyal, ne veritable;
Quant on la cuide charitable,
Elle est avere,
Dure, diverse, espouentable,
Traitre, poignant, decevable;
Et quant on la cuide amiable,
Lors est amere.
Car ja soit ce qu’amie appere,
Douce com miel, vraie com mere,
La pointure d’une vipere
Qu’est incurable
En riens a li ne se compere,
Car elle traïroit son pere
Et mettroit d’onneur en misere
Deraisonnable.

Fortune est par dessus les drois;
Ses estatus fait et ses lois
Seur empereurs, papes et rois,
Que nuls debat
N’i porroit mettre de ces trois
Tant fus fiers, orguilleus ou rois,
Car Fortune tous leurs desrois Freint et abat.
Bien est voirs qu’elle se debat
Pour eaus avancier, et combat,
Et leur preste honneur et estat
Ne sai quens mois.
Mais partout ou elle s’embat,
De ses gieus telement s’esbat
Qu’en veinquant dit: « Eschac et mat »
De fiere vois.

Einsi m’a fait, ce m’est avis,
Fortune que ci vous devis.
Car je soloie estre assevis
De toute joie,
Or m’a d’un seul tour si bas mis
Qu’en grief plour est mué mon ris,
Et que tous li biens est remis
Qu’avoir soloie.
Car la bele ou mes cuers s’ottroie,
Que tant aim que plus ne porroie,
Maintenant vëoir n’oseroie
En mi le vis.
Et se desir tant que la voie
Que mes dolens cuers s’en desvoie,
Pour ce ne say que faire doie,
Tant sui despris.

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En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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Lucien Febvre, l’Ecole des Annales et la passion de l’histoire

histoire_historiographie_ecole_annales_lucien_febvre_epistemologie_methodologieSujet : histoire, approche, méthodes, méthodologie historique,  épistémologie, écoles des annales. citations, sources et articles, historiographie. école des Annales
Auteur, Historien : Lucien Febvre (1878-1956)
Ouvrage :
Combats pour l’Histoire, Press Pocket (1952)

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn 1952, l’historien  Lucien Febvre publiait un recueil d’articles et de compte-rendus regroupés sous le titre très explicite de « Combats pour l’Histoire » et qui pouvait prendre, par endroits, des allures de véritable manifeste.

Il s’agissait là d’Histoire au sens large, mais l’oeuvre de cet homme et celle d’un certain nombre d’autres intellectuels pionniers, entre lesquels on comptera, le médiéviste March Bloch et, plus tard, Fernand Braudel eurent dans le courant du XXe siècle, d’importantes conséquences sur la manière d’approcher la discipline historique et, par extension, le moyen-âge et l’histoire médiévale. Leur place ici est donc rien moins que justifiée.

Une histoire totale et problématique

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“Faire de l’histoire, oui. Dans toute la mesure où l’histoire est capable, et seule capable, de nous permettre, dans un monde en état d’instabilité définitive, de vivre avec d’autres réflexes que ceux de la peur, des descentes éperdues dans les caves — et tout l’effort humain réduit à soutenir pour quelques heures, à étayer au-dessus des têtes branlantes, les toits crevés, les plafonds éventrés.”
                                   Lucien Febvre (1878-1956) Combats pour l’Histoire

Fondateur en 1929, avec Mac Bloch de la revue des Annales d’histoire économique et sociale  qui deviendra par la suite Les Annales, la dynamique intellectuelle, les travaux et les réflexions des deux historiens et de quelques autres avec eux, donneront naissance à de nombreuses vocations, à ce que l’on a même souvent convenu de nommer une « école » et, sans aucun doute, à une nouvelle manière de lucien_febvre_combats_pour_histoire_ecole_annales_historienfaire de l’Histoire.

Pour en revenir au contenu de l’ouvrage Combats pour l’Histoire, qui, comme on l’a compris, est le résultat d’un  travail engagé plus de vingt ans auparavant, Lucien Febvre effectuait alors une véritable mise à plat de la discipline, y traçait de grandes lignes et tendait aussi des perches interdisciplinaires vers les autres sciences humaines montantes, entre autre la psychologie, la sociologie de Durkheim,  l’anthropologie de Frazer ou les écrits de Marcel Mauss.  Concernant les bases de sa réflexion épistémologique, il se situait encore dans la remise en question des préceptes d’une réalité mécanique et matérialiste que les sciences de la nature opéraient alors : la physique quantique,  mais aussi la microbiologie, ouvraient  déjà, devant elles, de nouveaux territoires inconnus et la compréhension de l’univers qui avait semblé si proche pour les jeunes sciences de la nature devenait soudainement glissante. Face à cela et sans attendre, chaque scientifique se devait de remettre cette complexité en perspective et l’historien ne pouvait pas non plus, selon l’auteur, en faire l’économie. Sans d’ailleurs qu’il y soit pour grand chose, ce questionnement épistémologique a également touché, dans le courant du XXe siècle, l’anthropologie et l’ethnologie, en leur posant de la même façon le problème de leur véritable objectivité scientifique et celui de la neutralité réelle de l’observateur face à son objet de recherche.

Quoiqu’il en soit, pour Lucien Febvre, il était alors question de conduire une Histoire « totale » et « problématique » et de promouvoir une discipline qui entendait se détourner d’une discipline résumée à une succession chronologique, jugée par trop simpliste, d’événements politiques « marquants »  (grands faits, grands hommes, grandes dates et grandes batailles). Il fallait s’attacher à tous les aspects de l’humain dans le temps et repenser, du même coup, la place de l’individu dans l’Histoire, à la lumière des autres sciences humaines, en étirant aussi le cadre des méthodes pour échapper à la seule « tyrannie » du document. On commença alors à se pencher sur une véritable histoire des mentalités dans une tentative de remise en situation de l’homme dans son milieu historique, politique, économique, social et psychologique. De larges champs s’ouvraient devant les historiens des Annales. Le projet était tracé dans ses grandes lignes, quelques ouvrages et travaux venaient déjà l’illustrer; tout restait à explorer et à construire.

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“Quand aucune fin majeure ne sollicite les hommes à la limite de leur horizon, c’est alors que les moyens deviennent des fins pour eux et d’hommes libres, en font des esclaves.”
Lucien Febvre – Combats pour l’Histoire

Un nouveau souffle : « faire de l’Histoire dans un monde en ruine »

P_lettrine_moyen_age_passion copialus d’un bon demi-siècle plus tard, on peut bien sûr se demander, avec Nicolas Righi, (2) si les  Annales donnèrent véritablement lieu à une « école » (terme pourtant consacré) stricto-sensu. Dans un article de 2003, paru dans la revue le Philosophoire, il fait lui-même le constat d’un certain « éclectisme » (ou d’une élasticité) méthodologique et conceptuel qui impose quelques réserves au moment d’y répondre par l’affirmative.  On peut encore vouloir un peu nuancer l’impact de Lucien Febvre sur l’ensemble de la discipline, en faisant le constat (foucaldien?) que des mouvements d’ouverture s’amorçaient déjà, par ailleurs, du côté de l’Histoire économique par exemple, ou ajouter comme constat, que l’histoire politique et événementielle n’est pas morte avec les Annales, loin s’en faut, mais il reste que ces historiens qui s’enflammèrent pour la prise de risque et voulurent embrasser l’inconfort d’une épistémologie vacillante, à la lumière des dernières découvertes scientifiques du XXe siècle, contribuèrent grandement à donner à l’Histoire un nouveau souffle et à la transfigurer pour longtemps.

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“Satisfaite de ses progrès, fière de ses conquêtes, vaniteuse de ses succès matériels, l’Histoire s’endormait dans ses certitudes. Elle s’arrêtait dans sa marche. Elle redisait, répétait, reprenait ; elle ne recréait plus. Et chaque année qui passait donnait à sa voix, un peu plus, le son caverneux d’une voix d’outre-tombe. ”
Lucien Febvre  Combats pour l’Histoire

Plus ouverte, plus vibrante, moins sûre d’elle aussi, sans doute,  elle y gagna en flexibilité et en ouverture et il faut relire les pages de ce Combats pour l’Histoire pour sentir l’enthousiasme qui menait alors Lucien Febvre. Dans un monde dévasté par les guerres où tout était à reconstruire, quel courage fallait-il pour continuer d’opter pour l’Histoire et pour la recherche ? Comment lui trouver du sens ? De quelle force fallait-il encore investir ce « combat » pour qu’il fasse le poids et fasse sens quand tout le reste ou presque semblait avoir été perdu ? L’historien nous en parle aussi avec fougue et on s’imagine sans peine, dans ces amphithéâtres où il faisait lecture de certains de ses compte-rendus, être gagné, à notre tour, par sa flamme. Car ne nous y trompons pas,  il est bien question ici d’une véritable passion pour l’Histoire, doublée d’une volonté farouche de la faire sortir de ses ornières, pour la faire embrasser le monde dans sa complexité  dans un projet qui visait encore à la mettre au service des hommes et de leur propre compréhension d’eux-mêmes. Et, chaque étudiant d’alors pouvait, sans doute, mesurer la justesse de son choix et s’il en doutait encore basculer définitivement, avec Lucien Febvre du côté de l’Histoire, car sous la verve de cet intellectuel à la plume affûtée et cinglante, plus qu’un simple métier ronronnant, être historien devenait une aventure conquérante et épique.

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« Pour faire de l’histoire tournez le dos résolument au passé et vivez d’abord. Mêlez-vous à la vie. A la vie intellectuelle, sans doute, dans toute sa variété. Historiens, soyez géographes. Soyez juristes aussi, et sociologues, et psychologues ; ne fermez pas les yeux au grand mouvement qui, devant vous, transforme, à une allure vertigineuse, les sciences de l’univers physique. Mais vivez aussi, d’une vie pratique. Ne vous contentez pas de regarder du rivage,  paresseusement, ce qui se passe sur la mer en furie.

(…) Entre l’action et la pensée, il n’est pas de cloison. Il n’est pas de barrière. Il faut que l’histoire cesse de vous apparaître comme une nécropole endormie, où passent seules des ombres dépouillées de substance. Il faut que, dans le vieux palais silencieux où elle sommeille, vous pénétriez, tout animés de la lutte, tout couverts de la poussière du combat, du sang coagulé du monstre vaincu — et qu’ouvrant les fenêtres toutes grandes, ranimant les lumières et rappelant le bruit, vous réveilliez de votre vie à vous, de votre vie chaude et jeune, la vie glacée de la Princesse endormie… « 
Lucien Febvre. Combats pour l’Histoire

Polémiques  et querelles
sur fond d’historiographie

A_lettrine_moyen_age_passionh, qui n’aurait rêvé d’avoir un tel professeur d’Histoire au lycée!  Combien de nouvelles vocations auraient pu être ainsi suscitées devant tant de passion et une telle qualité d’érudition  ?  Du reste, la verve de ce combattant implacable et passionné pour une nouvelle histoire le conduisit même quelquefois sur des terrains diplomatiques minés sans pour autant lui faire baisser la garde. Entre autres auteurs d’alors Henri Jassemin (chartiste et conservateur aux Archives nationales) en fit quelque peu les frais et, à sa suite, quelques autres collègues qu’il avait pris à témoin déprécièrent, à leur tour, le trop de « verdeur » de Lucien Febvre dans ses propos. Dans un critique d’un ouvrage de Jassemin, « La Chambre des comptes de Paris au XVe siècle », l’historien des Annales terminait en effet ainsi, cristallisant et théâtralisant presque même, le conflit entre histoire érudite et histoire problématique (pour reprendre les termes de Étienne Anheim (3)) :

« (…)Je ne dis pas : cela n’est pas de l’histoire. Ou alors, si l’histoire c’est cela, que la collectivité cesse immédiatement d’encourager, et de soutenir, une activité aussi totalement inutile ! »
L. Febvre,  Comptabilité et chambre des comptes , Annales HES, 26, 1934

Et pour lui faire écho, voici une ligne de la réponse, non moins caustique, publiée par Jassemin :

« (…)Je veux simplement marquer la différence de l’historien dont la vocation essentielle est d’établir des faits et de l’historien dont la vocation essentielle est de vulgariser des idées.  »
H. Jassemin, Rubrique « Correspondance », Annales HES, 26, 1934

On relira, non sans déplaisir, l’article de Etienne Anheim sur la question de cette polémique article dans lequel, au passage, il nous offre, bien au delà de l’anecdote, une belle analyse d’historiographie, mais si l’on peut, aujourd’hui, sourire du tour et du ton  que le conflit avait pris entre les deux auteurs venus d’horizons méthodologiques divers, il demeure bien symptomatique du climat qui pouvait régner alors dans le milieu des historiens et aussi de l’importance que pouvait prendre dans l’esprit de Lucien Febvre ce combat pour une nouvelle histoire.

Pour conclure, et pour rebondir sur la citation d’en-tête de cet article, l’Histoire n’est sans doute pas la seule capable de nous permettre de vivre avec d’autres réflexes que ceux de la descente à la cave et peut-être que les sciences de l’homme au sens large, peuvent également y parvenir, mais on pourra en tout cas lire ou relire valablement ce classique qu’est devenu les combats pour l’Histoire de  Lucien Febvre dans l’histoire de la discipline, autant pour son fond, que pour son style.

En vous souhaitant une belle journée.
Fred

Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.


Sources :

Combats pour l’Histoire, Lucien Febvre, chez Press Pocket.
– FEBVRE LUCIEN(1878-1956),  par Paul LEUILLIOT (encyclopédie Universalis)
(2) « L’héritage du fondateur ? L’histoire des mentalités dans l’École des  « Annales » «  , par  Nicolas Righi (Cairn.info)
(3) « L’historiographie est-elle une forme d’histoire intellectuelle ? La controverse de 1934 entre Lucien Febvre et Henri Jassemin »,  par Étienne Anheim  (Cairn.info)
– Autres liens utiles : les annales aujourd’hui  et archives des annales sur Persée

« Holy » Kaamelott & Holy Grail: en attendant la sortie au cinéma

kaamelott_serie_televisee_humour_alexandre_astier_roi_arthur_episode_inedit_detournement_fan_artSujet : humour, Kaamelott, Alexandre Astier, série télévisée, série culte, Saint  Graal,   légendes arthuriennes, roi Arthur. comédie, médiévalisme,
Période : moyen-âge central pour le roman arthurien, haut moyen-âge pour la légende.
Auteur : Alexandre  Astier
Distribution :   CALT production, M6
Médias : détournement affiche cinéma

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous vous proposons aujourd’hui un peu de détente à la façon Kaamelott, en tirant encore partie du temps qui nous est laissé avant que ne sorte le premier opus de la trilogie sur grand écran. Nul besoin de préciser que nous sommes, là encore, bien plus dans le médiévalisme que dans le moyen-âge réaliste, et bien plus dans l’humour contemporain que dans l’humour médiéval au sens propre.

kaamelott_serie_televisee_cinema_monty_python_sacree_graal_alexandre_astier_non-sens_humourQuoiqu’il en soit, avant la date tant attendue par des millions de fans impatients, et dont il n’est pas impossible que ce petit cachottier d’Alexandre Astier (oui non je sais, c’est un peu familier, je l’ai senti en le disant) nous la taira jusqu’à la sortie effective du film en salles, voici donc une digression et une affiche de cinéma totalement imaginaire, certainement très loin d’ailleurs de ce que nous réserve le premier long métrage de l’auteur de la série culte autour du Saint Graal et du roi Arthur. Ceux qui connaissent bien les Monty Python et leur Holy Grail ne manqueront pas de reconnaître l’inspiration plutôt marquée de ce détournement.

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B_lettrine_moyen_age_passionien sûr, il s’agit là encore d’un clin d’oeil et d’un hommage rendu à la série française, en l’inscrivant dans l’univers de référence des Monty Python et de leur Holy Grail.  En 75, le film fit l’effet d’une bombe et l’on a quelquefois du mal à se souvenir du souffle et du ton nouveau que les six comédiens britanniques amenaient alors dans les salles. Dans l’Angleterre conservatrice, l’impertinence de cette bande qui osait tous les contre-pieds et passait tous les sujets au crible de leur humour déjanté faisait aussi débat et divisait; difficile en tout état de cause, de demeurer indifférent.

Si l’absurde et le non-sens sont au rendez-vous dans Kaamelott, à travers de nombreux dialogues et situations, sans faire d’échelle et pour des raisons ne serait-ce que culturelles, on ne peut pas pour autant  comparer point par point  l’humour présent dans la série télévisée avec les délires très british des Monty Python qui faisaient, par exemple, courir le roi Arthur à pied sur un rythme kaamelott_monty_python_sacree_graal_non-sens_humourde noix de coco pour simuler le bruit de son cheval ou qui faisaient encore intervenir des cars de police pour arrêter les frais, dans un anachronisme totalement assumé.

L’anachronisme est aussi présent dans Kaamelott et c’est même un moteur humoristique dont Alexandre Astier use à de nombreuses reprises, mais s’il joue allègrement avec le non sens et s’aventure, on peut même le dire, bien plus loin que de nombreuses oeuvres comiques françaises sur les rives de l’humour british (et de son sens du non-sens), il y a indéniablement aussi, dans son écriture, une vraie touche de comédie française « classique » dans les situations. Par ailleurs, n’importe quel anglais mis en face de la série vous le dira, ça n’arrête pas de lever le ton et de s’engueuler dans Kaamelott, ce qui est perçu, semble-t-il, outre manche, comme « typiquement »  français.

Au delà des différences évidentes, pour qui aime les Monty Python et leur humour, on ne peut s’empêcher pourtant de voir une vraie forme de filiation entre cette version française d’Alexandre Astier autour de la « Matière de Bretagne » comme la définissait  Jean Bodel et la version des joyeux drilles anglais. Dans les deux cas, il s’agit bien de revisiter de manière légère et totalement décalée une oeuvre sérieuse, sans pour autant considérer que l’humour n’est pas une affaire à prendre au sérieux.

D’ailleurs, l’auteur de Kaamelott lui-même ne cache  pas son admiration pour les comiques anglais  et nous reprenons ici, en guise de conclusion,  ses propres mots, tirés d’un interview qu’il donnait en 2013, au journal Le Progrès, dans le cadre du Festival Lumière.

Qu’est ce qui rapproche les Monty Python de Kaamelott ?

kaamelott_monty_python_sacree_graal_alexandre_astier_non-sens_humour« Je dirais qu’il y a quelque chose de l’ordre de la bienveillance paternelle. Pour nous, la mythologie, la légende arturienne, l’ancien testament sont à tout le monde, ce sont des matières faites pour être triturées. La légende arturienne est un mur et chacun met sa brique, y compris George Lucas avec « Star Wars ». Les Monty peuvent déconner, mais ils ne sont jamais pris en défaut de respect, c’est ça que j’aime chez eux. Ma scène préférée de » Sacré Graal », c’est quand le châtelain dit aux deux gardes de surveiller la chambre de son fils. Ça dure un quart d’heure parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’on leur demande. Le fait qu’au cinéma, des auteurs aient consacré plusieurs minutes d’écran utile à deux mecs qui ne comprennent pas, pour moi, ça a été une véritable révélation. C’est l’essence même de la comédie. »
Alexandre Astier, propos recueillis par François Monnet, Le progrès

Vous aurez noté au passage les géniales illustrations de Terry Gilliam qui émaillent cet article. En réalisation, comme en animation, ses créations ont amené une touche unique dans les productions télévisuelles comme cinématographiques des Monty Python.

Pour retrouver tous nos articles au sujet de Kaamelott, suivez ce lien.

En vous souhaitant une belle journée!

Fred
Pour moyenagepassion.com

« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publilius Syrus  Ier s. av. J.-C

passion et couleurs du monde médiéval (XVe) selon Johan Huizinga

citations_medievales_Sujet : Histoire médiévale, citations moyen-âge,
Auteur : Johan HUIZINGA
Période : moyen-âge tardif, XVe siècle
Ouvrage : l’automne (ou le déclin) du Moyen-âge

citation_moyen-age_histoire_johan_huizinga_declin_moyen-age_monde_medieval_XVe

« Il y avait, dans la vie quotidienne, une capacité illimitée le passion et de fantaisie. L’historien du moyen-âge qui, vu le manque de véracité des chroniques, puise le plus possible aux sources officielles, risque de temps à autre de commettre une faute grave. Les documents ne nous montrent guère la différence de couleur qui distingue cette époque de la nôtre. Ils nous font perdre de vue le violent pathos de la vie médiévale. De toutes les passions qui l’ont animée, ils ne mentionnent que l’avidité et la violence. Qui ne s’est étonné de la fréquence avec laquelle avidité, querelles, vengeances se répètent dans les sources officielles ? Mais une fois mis en rapport avec la passion générale qui animait toute la vie, ces traits nous deviennent compréhensibles et acceptables. « 

Johan HUIZINGA, historien médiéviste (1872-1945)
Le déclin (l’Automne) du Moyen-Age (1919)

exposition, invitation au rêve : les belles maquettes médiévales de Pascale Laîné

pssion_medievale_art_maquettes_miniatures_artiste_passionné_histoire_moyen-ageSujet :  reconstitution, maquettes, reproduction, art, artiste, passion médiévale, portrait de passionné, architecture médiévale,  médiévalisme, art réaliste.
Période : moyen-âge gothique et roman
Artiste : Pascale Laîné
Réalisations : maquettes et miniatures médiévales, exposition.
Lieu : dates et lieux d’exposition dans l’article

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous parlons comme toujours de passion pour le moyen-âge, mais, cette fois-ci, nous avons le plaisir de le faire sous l’angle d’un portrait. C’est, en effet, une artiste unique que nous souhaitons vous inviter à découvrir ici, une passionnée d’ambiance, d’architecture et d »époque médiévale  et qui a décidé de les revisiter d’une façon toute particulière. Son nom? Pascale Laîné, ses oeuvres : de merveilleuses maquettes de scènes médiévales patiemment reconstituées, mêlant architecture, mobiliers, vitraux, statues et oeuvres d’art et bien d’autres détails encore.

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Parcours d’une artiste
autodidacte et passionnée,

Q_lettrine_moyen_age_passionu’est-ce qui distingue un artiste  ? Voilà bien une question qui relève du mystère: vocation, alchimie, passion? Une idée qu’il poursuit et, quelquefois même, sans qu’il puisse bien se l’expliquer, une impossibilité presque existentielle de faire autrement ? Un « quelque chose » indéfinissable après quoi il coure, sans être au fond jamais tout à fait rassasié : créer pour vivre, pour respirer, pour s’exprimer ? Pour entraîner, peut-être, après tout cela, les autres sur les sentiers de ses rêves intérieurs.

monde_medieval_maquettes_artiste_passionné_histoire_moyen-ageOriginaire des Hauts de France, après un DEUG d’Histoire de l’Art et une entrée dans la vie active en région parisienne et dans un tout autre secteur, il n’était, en tout cas, pas question pour Pascale Laîné de renoncer à sa passion pour la création artistique, autant que pour l’Histoire et les vieilles pierres. Bientôt installée dans les Hauts de Seine, elle a donc décidé de s’improviser un atelier à domicile. Au vue de l’exiguïté de son appartement, région parisienne oblige, l’art de la reproduction et de la miniature qui l’attirait déjà lui est apparu toute indiqué.  Au départ, elle commencera par recréer des vieilles fermes traditionnelles et des granges d’antan, comme pour réinviter à la ville, les belles campagnes qui lui manquent et puis, rapidement, son goût pour l’architecture médiévale et le moyen-âge prendront le dessus et elle s’y aventurera avec toujours plus d’audace.

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Détail sculptures, église romane imaginaire, maquettes, reproduction scènes et architectures médiévales

Hyper réalisme, richesses de matériaux
et travail d’orfèvre

V_lettrine_moyen_age_passion copiaous le savez, sur ce site, nous sommes passionnés à la fois de reconstitution historique et de 3D, mais quand les matériaux réels s’en mêlent pour donner vie à de véritables petits mondes avec leur ambiance, leurs détails et toute leur profondeur, comment résister? Impossible de ne pas laisser aller son imagination voguer à l’intérieur de ces scènes très réussies en suivant les pas de l’artiste. En réalité, il ne s’agit pas ici de « simples » maquettes médiévales mais bien plus de véritables oeuvres. Nous sommes sur le terrain de l’art et du rêve, au moins autant sinon plus que sur celui de la reproduction.

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Scène du moyen-âge tardif, reconstitution d’une ruelle imaginaire du XVe siècle avec ses échoppes. Maquette réalisée pour le ‘Musée de la miniature et des décors de cinéma », à Lyon.

Au gré de son inspiration, certaines oeuvres de Pascale Laîné sont réelles, d’autres plus orientées sur l’imaginaire. Quelquefois même, l’artiste s’aventure  sur les terres du médiéval fantastique qu’elle affectionne aussi, mais toujours sans violence, avec une préférence pour les évocations romantiques et paisibles.

Dans tous les cas, et même quand la libre inspiration est au rendez-vous, du point de vue du traitement, son parti-pris reste celui de l’hyper réalisme. Les détails sont travaillés d’après photos, textes, documents d’époque, enluminures, etc. Quant aux courants d’architecture ou artistiques qui influencent son travail, ils peuvent être indifféremment d’inspiration romane ou gothique.

Détail maquette scène médiévale: une ruelle imaginaire du XVe siècle et ses échoppes comme si vous y étiez
Détail maquette scène médiévale: une ruelle imaginaire du XVe siècle et ses échoppes comme si vous y étiez

Q_lettrine_moyen_age_passionuelque soit le moteur secret qui pousse un artiste à créer et qui peut même parfois aller jusqu’à le hanter quand la passion devient dévorante, pour que l’art soit abouti, une constante semble demeurer: il lui faut, la plupart du temps, passer de longues heures à creuser, à chercher, à peaufiner. Ce chemin solitaire  de re-création de la matière qu’elle soit sous forme graphique, sonore, lumineuse ou organique, est aussi un processus long et laborieux au cours duquel le créateur acquiert sa propre maestria technique pour mieux la transcender, au point que ceux qui sont face à l’oeuvre finissent eux-même souvent par oublier les trésors de techniques qui se nichent là. Tout paraît alors simple, facile et gracieux. Les oeuvres de Pascale Laîné n’échappent pas à cette règle.

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Ci-contre une  reproduction  fidèle du portail de l’Eglise Notre Dame de Surgères, en Charente Maritime.
taille 33 x 13 x 43 cm 

Du point de vue du temps investi, il lui faut, en moyenne, près de 3 ans pour finaliser ses réalisations les plus complexes, soit d’innombrables heures mises bout à bout, plusieurs centaines. Tout est réalisé à la main jusque au plus petit élément des scènes. Les matériaux, les peintures, les pierres reconstituées, le polissage et le patinage pour reproduire les effets du temps, il a fallu chercher, inventer, trouver des solutions des techniques pour à peu près tout, mais, au final, ce sont ces longues heures, autant que cette fidélité aux matériaux et ce souci de perfectionnisme, qui rendent ses oeuvres si uniques. Il s’agit là rien moins que du véritable travail d’orfèvre.

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Détail intérieur chapelle, les voûtes avec leurs peintures passées et leurs sculptures. Pure merveille.

Intérieur d’édifices religieux médiévaux
& « bulles de rêve »

D_lettrine_moyen_age_passionu côté des ambiances, si Pascale Laîné avoue avoir un faible pour les édifices religieux qui, confie-t-elle, « réunissent dans le même espace ce que les hommes ont voulu créer et offrir de plus beau pour atteindre leur idéal » (architecture, sculpture, mobilier, vitraux,…) ,  ses scènes les présentent souvent comme des décorums désertés depuis longtemps par les hommes. La végétation y a repris ses droits dans un mélange subtil où architecture et vie organique se tutoient comme pour mieux mettre en valeur l’âge des pierres et leur patine, dans des atmosphères qui laissent libre champ à l’imagination et à la poésie. Ce charme incomparable est aussi pour l’artiste un support, une façon de réunir ses découvreurs qu’ils soient ou non croyants, dans un espace harmonieux et propice à la sérénité.

art_maquettes_miniatures_reproduction_scenes_architectures_medievales_melusine_vitraux_eglise_moyen-ageCi-contre, Pascale a bien voulu lever pour nous le voile sur un de ses travaux en cours. Intitulée « Odes à Mélusine » et réalisée en hommage à la fée bâtisseuse médiévale, cette oeuvre devrait être présentée dans une exposition prochaine. Il manque encore les objets liés au thème mais le projet terminé, nous vous en fournirons des photos plus détaillées et plus qualitatives. A noter que sur celle-ci, qui est une photo de « chantier », les éclairages faussent quelque peu les couleurs originales de l’oeuvre, notamment celles des vitraux.

Exposition des maquettes médiévales
et des oeuvres de Pascale Laîné

J_lettrine_moyen_age_passionusqu’au 21 septembre, les maquettes médiévales de Pascale Laîné sont exposées au Château de Sagonne dans le Cher. Elles voyageront ensuite jusqu’au château des Bordes à Urzy dans la Nièvre, à l’occasion des médiévales 2017 (les 23 et 24 septembre). Les 14 et 15 octobre prochains, vous pourrez encore aller les découvrir au Grand Théâtre d’Asnières-Sur-Seine.

Si vous souhaitez en savoir plus, ou peut-être même exposer vous-même ses oeuvres uniques nées de la passion et qui sont, chacune comme de petites machines à remonter le temps, vous pouvez contacter Pascale sur sa page Facebook dédiée à ses maquettes médiévales. Ajoutons qu’elle a encore à son actif des créations plus récentes que la période médiévale.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Moyen-âge aujourd’hui une « délicieuse évasion » en accord avec Michel Zink

Sujet : citation, Michel Zink, médiévalisme, moyen-âge, monde médiéval, évasion. moyen-âge imaginaire, divertissement.

michel_zink_litterature_medievale_academicien_philologie_citation_moyen-age_medievalisme“Heroic fantasy, films, séries télévisées, jusqu’à Harry Potter et son monde de magie préscientifique sous les ogives gothiques d’un collège anglais, peuvent nous entraîner dans un univers à coloration médiévale où nous nous évadons délicieusement.”

Michel ZINK – Médiéviste, philologue & académicien

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous n’avons pas grand chose à ajouter à cette citation de Michel Zink sur le moyen-âge et ces univers à « coloration médiévale » qu’il nous dépeint comme des occasions d’évasions délicieuses. Si nous ne le pensions pas nous-même, ce site n’existerait sûrement pas. La passion pour le monde médiéval est née chez nombre d’entre nous comme d’ailleurs, bien souvent, chez nos plus grands médiévistes, d’images reçues à travers la littérature, le cinéma, les séries ou même encore les bandes dessinés de notre monde contemporain. Ce moyen-âge « reconstruit », « évoqué » et qui parle tant à notre imaginaire, nous interpelle quelquefois au point de vouloir en savoir plus et de partir à la rencontre d’un moyen-âge plus historique.

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A_lettrine_moyen_age_passionlors, « Magie », « Merveilles », « évasion délicieuse », peut-être faudrait-il encore ici mettre cette citation de Michel Zink en perspective de deux autres : l’une de Georges Duby et l’autre de Jacques le Goff que nous commentions dans un article précédent : réflexions sur les merveilles et attraits du moyen-âge, à partir d’une citation de Georges Duby.

Mises en miroir et sans pour autant en gommer les nuances, elles nous nous permettent, en effet, de mesurer la passion, l’émerveillement, l’irrésistible pouvoir d’attraction et quelquefois encore l’impérieuse nécessité qui guident nos plus grands médiévistes vers leur vocation.

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georges_duby_historien_medieviste_histoire_medievale_moyen-age“Le moyen âge est un monde merveilleux, c’est notre western, et, en cela, il répond à la demande croissante d’évasion et d’exotisme de nos contemporains.”
Citation de Georges Duby (1919 – 1996), Historien médiéviste. Entretien avec Antoine de Gaudemar – Octobre 1984

histoire_monde_medieval_jacques_le_goff_citations_moyen-âge“Le Moyen-Âge ne m’a retenu que parce qu’il avait le pouvoir quasi magique de me dépayser, de m’arracher aux troubles et aux médiocrités du présent et en même temps de me le rendre plus brûlant et plus clair.”

Citation de Jacques Le Goff, historien médiéviste (1924-2014),  « A la recherche du Moyen Âge »

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En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
« Pardonnez-moi, Prince, si je
s
uis foutrement moyenâgeux. »

Georges Brasssens – Le moyenâgeux –  1966

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