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Animations et fêtes médiévales du 15 août : trois châteaux en fête

agenda_sortie_historique_festivals_fetes_ripailles_week_end_theme_medieval_moyen-ageSujet : fêtes médiévales, animations, compagnies, marché médiéval, agenda médiéval, châteaux en fête, week end du 15 août
Lieu : Bretagne, Hautes Pyrénées, Aveyron
Evénement: Fêtes et animations médiévales d’ici et d’ailleurs, 
Dates : du 13 au 15 août 2017

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionu moment où nous apprêtons à lever le pied pour prendre quelques congés et avant que de le faire, nous avons tenu à vous faire un petit digest des fêtes médiévales qui vous attendent pour ce week end du 15 août.

De notre côté, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin du mois, merci de noter que nous baisserons un peu l’intensité de nos articles pour vous retrouver autour de la rentrée de septembre.deco_frise

Les Médiévales de Rochefort-en-Terre

Lieu : Rochefort en Terre,  Morbihan, Bretagne
Dates :  les 13,14 et 15 août 2017

C_lettrine_moyen_age_passionomme chaque année, la cité bretonne de Rochefort-en-terre fête ses Médiévales et se souvient de son glorieux passé. Nantie au XIIe siècle d’une forteresse construite par les seigneurs de Rochefort, elle fut par la suite, et notamment au XIIIe siècle, au coeur d’une seigneurie puissante du pays de Vannes qui couvrait, dit-on, plus de 5000 hectares et s’étendait sur près de dix paroisses.

fetes_animation_medievales_bretagne_morbihan_chateau_rochefort_en_terreCompagnies présentes sur place

Compagnie ARKAVAL – Maisnie de Kistreberh  – Cie Les Jeux du Pays Guérandais –

Le programme en un clin d’oeil

Marché artisanal, village et campement médiéval, joutes de chevaliers, spectacles équestres, démonstration de fauconnerie, jongleurs, cracheurs de feu, grand spectacle nocturne, parade déambulatoire et animations continues vous attendent durant ces trois jours de réjouissances et de célébration.

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Tarifs et programme détaillé des Médiévales de Rochefort-en-Terre

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Camp médiéval au château de Mauvezin

Lieu : Mauvezin, Hautes-Pyrénées, Occitanie
Dates :  les 13,14 et 15 août 2017

B_lettrine_moyen_age_passionâti originellement au XIe siècle, le château de Mauvezin possède une riche histoire médiévale. Assiégé durant la guerre de cent ans par le duc d’Anjou ce dont témoignera Froissart dans ses chroniques, il fut ensuite cédé, à la fin du XIVe, au légendaire Lion des Pyrénées, Gaston Febus. Ce dernier remania la forteresse et y fit notamment construire un donjon de pas moins de 37 mètres de hauteur. Longtemps resté à la main des Béarn-Foix, le château finira, plus tard dans le temps, par tomber dans l’escarcelle d‘Henri IV. Depuis le début du XXe siècle l’édifice est géré par l’association « Escòla Gaston Febus » qui s’occupe de son maintien, de son animation et également de sa restauration.

fetes_medievale_camp_reconstitution_agenda_15_aout_chateau_mauvezin_hautes_pyrenees_fetes_moyen-ageCompagnies  médiévales
présentes sur place

Qu’em Biarnes camp médiéval – Turba Musica – Maguy & Jacques (chant renaissance italienne) – El Dragon – La Compagnie des meneurs de Loups – La Cie théâtrale Zig Zag et son spectacle : Gaston Febus se la raconte

Durant les trois jours à venir, le château vous propose un voyage aux temps médiévaux avec un camp d’époque pour faire revivre sous vos yeux la vie au moyen-âge. Il y aura encore des combats à l’arme ancienne, mais aussi du théâtre burlesque, des jongleries, et encore des chants et de la musique médiévale.

Visitez le site du château de Mauvezin ici pour plus d’informationsdeco_frise

Château de Peyrelade : animation médiévale

Lieu : Rivière-sur-Tarn, Aveyron, Occitanie
Dates :  les 13,14 et 15 août 2017

J_lettrine_moyen_age_passionuché sur son éperon rocheux, le château de Peyrelade embrasse, de ses hauteurs, l’ensemble de la vallée du Tarn. Edifié à partir du XIe siècle et remanié  jusqu’au XVie, sa position à l’entrée des Gorges du Tarn en fit un enjeu stratégique important dans le courant du moyen-âge central. Cette belle forteresse est inscrite au patrimoine français et aux  monuments historiques depuis  1998.

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C’est la  très sérieuse compagnie (ou plutôt mesnie) des chevaliers Faydits d’Oc qui aura en charge les animations. Prise du donjon, combats et reconstitution, ces passionnés d’histoire et d’Occitanie se feront fort de vous transporter directement au fetes_medievale_camp_reconstitution_agenda_15_aout_chateau_fort_peyrade_occitanie_aveyron_chevalier_faydits_fetes_moyen-agemoyen-âge.

Il y aura encore sur place une exposition d’armures et d’armes anciennes, et d’autres démonstrations d’artisanat d’époque. Vous pourrez, bien sûr, profiter de votre venue sur place pour visiter le donjon du château.

Pour information la troupe des Faydits d’Oc se tient à la Peyrade tous les débuts de semaine  de la mi-juillet à la mi-août. Pour ce mois, les dates que vous nous fournissons sont donc les dernières vous permettant de profiter de leurs animations au château.

Pour plus d’informations, visite le site web du château de la Peyrade.deco_frise

 

En vous souhaitant un joyeux 15 août et une très belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

Château de Falaise : une fête médiévale sur les traces de Guillaume le Conquérant

armoirie_blason_heraldique_falaise_chateau_forteresse_normandie_fetes_medievaleSujet : fêtes, animations médiévales, marché  médiéval,  vie au moyen-âge, tournois, joutes, lices, combat médiéval.
Evénement: 15e fête médiévale de Falaise
Lieu :
 Château de Falaise, Calvados, Normandie
Dates : samedi 12 et dimanche 13 août 2017

Bonjour à tous,

T_lettrine_moyen_age_passionoujours au titre de l’agenda médiéval de ce week end, nous vous avons déjà parlé des médiévales de Brignoles dans le Var, de la bataille de Castillon qui se rejoue toutes les fins de semaine en Aquitaine jusqu’à la mi-aout, et encore plus spécifiquement pour les Fans de la série Kaamelott du Rassemblement du Corbeau dans la région de Tours et il nous faut ajouter à tout cela pour cette fin de semaine, les fêtes et animations du Château normand de Falaise, dans le Calvados.

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Au programme des 15e médiévales
du château de Falaise

S_lettrine_moyen_age_passioni, à l’occasion de ces 15e fêtes médiévales de Falaise, il est, bien sûr, avant tout question de divertissement et d’amusement, l’histoire vivante n’y sera pas négligée pour autant. Ainsi durant l’événement, les organisateurs vous convient entre autres animations théâtrales, musicales ou festives à un tournoi équestre et plus précisément, à des joutes médiévales à la façon du XVe siècle, suivant un cérémonial « rigoureusement reconstitué ».

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En dehors de ces joutes très spéciales et des animations permanentes,  il y aura encore, pour compléter la fête, un marché médiéval, des camps pour découvrir l’artisanat et la vie au moyen-âge, mais aussi des démonstrations de tirs de machines de guerre et, des spectacles équestres et combats médiévaux animés par des reconstituteurs passionnés d’histoire.

fetes_animation_medievale_chateau_forteresse_falaise_normandie_tournoi_joute_XVe_reconstitution_histoire_vivante_moyen-age_tardifCompagnies médiévales et mesnies présents sur place

La Cie théâtrale Sembadelle – Trébuca et les Coqs de Brume –  la Confrérie de l’Arc en Main – Les Écuyers de l’Histoire, Peloton XVe – Barba Jovis – Fidelis Normannorum – Fratres & Milites – La Cie Aisling 1198

La fête ne sera pas qu’au château mais aussi autour et pour les grand faim et soif, vous pourrez, bien entendu, vous restaurer sur place, ou même dans les nombreuses tavernes   et restaurants de la ville qui se feront, à n’en pas douter, un plaisir de vous accueillir et de vous sustenter.

 Télechargez le programme complet de la fête médiévale du château de Falaise

Visitez la page Facebook officielle du château

Vous l’avez compris, si vous êtes du côté de la Normandie cette fin de semaine, voilà une excellente opportunité d’aller voir de plus près la célèbre forteresse où naquit Guillaume le Conquérant et qui fut un lieu hautement stratégique du duché de Normandie dans le courant du moyen-âge central. Pour l’occasion, nous faisons d’ailleurs suivre cet article d’un autre billet dédié à l’Histoire médiévale du château de Falaise.

En vous souhaitant une excellente journée.

Frédéric F.

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le château-fort de Falaise: un mot d’histoire médiévale et une belle reconstitution 3D

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : lieu d’intérêt, reconstitution 3D, architecture médiévale, Guillaume le Conquérant, duché de Normandie, monument historique, patrimoine.
Période : Moyen-âge central à tardif
Lieu : Château de Falaise (Calvados, Normandie)

Bonjour à tous

P_lettrine_moyen_age_passion copiaerché sur son éperon rocheux, à la pointe sud du Calvados, le site de Falaise a connu une occupation précoce dès le Mésolithique. Bien plus tard, au haut moyen-âge et sous les carolingiens, son élévation a sans doute favorisé l’édification de premières fortifications et, à tout le moins, de premiers dispositifs militaires et défensifs. Tirant partie de cette protection, ce qui allait devenir la ville de Falaise s’installera et prospérera dans le prolongement du promontoire.

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Du moyen-âge central
à l’annexion du duché de Normandie

D_lettrine_moyen_age_passionans le courant de l’an Mil et au coeur du duché de Normandie naissant, concédé à Rollon par Charles le Simple, lors du traité de Saint-Clair sur Epte, le site de la forteresse actuelle est, semble-t-il, un des tous premiers qui se vit renforcer et consolider. Au Xe siècle, des traces retrouvées par les archéologues y attestent, en effet, de la présence d’une large enceinte maçonnée, faisant de Falaise une des premières places fortes bâties en pierre sur les terres normandes.

chateau_fort_falaise_normandie_calvados_guillaume_le_conquerantAu début du XIe siècle, déjà alors privilégié par les ducs de Normandie, le château verra naître le légendaire Guillaume le Conquérant (1027-1087), futur roi d’Angleterre.

(Guillaume le Conquérant, portrait du XVIe siècle, artiste inconnu, National Portrait Gallery, Londres)

Autour de son année de naissance en 1027, un conflit opposant son père Robert 1er de Normandie au frère de ce dernier Richard III atteste que la forteresse était déjà sérieusement renforcée et prompte à résister aux assauts d’un siège. Même si le conflit entre les deux frères ne dura pas, il fallut user de grands renforts de béliers et balistes pour assiéger la place.

Par la suite, dans le courant du XIIe siècle, devenue lieu de résidence des ducs de Normandie et rois d’Angleterre, la forteresse médiévale de Falaise connut plusieurs phases de construction avant d’être encore remaniée au milieu du XIIIe siècle, par l’architecture philippienne et sous Philippe-Auguste lui-même, après que ce dernier eut conquis le duché de Normandie. Entre autre témoin de cette époque, l’imposante tour Talbot domine encore de sa hauteur l’ensemble de l’édifice et lui imprime une marque royale sans équivoque.

Une très belle reconstitution 3D
des étapes de construction du Château de Falaise

Nous vous proposons de découvrir les grandes étapes de construction du château avec une excellente reconstitution 3D proposée par la chaîne youtube  du magasine culturel Patrimoine Normand.

Falaise : de Philippe-Auguste à nos jours

J_lettrine_moyen_age_passionusqu’à la guerre de cent ans, un paix relative régnera sur l’endroit et dans le courant du XVe siècle, sous l’occupation anglaise, le château de Falaise connaîtra quelques aménagements défensifs notamment au niveau des ouvrants pour l’adapter à la poudre et aux tirs de canons sur d’éventuels assaillants. Quelques tours supplémentaires viendront aussi le renforcer.

chateau_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_architecture_defensive_moyen-ageA la fin du XVIe siécle, le couronnement d’Henri IV, roi protestant, suscitera l’émotion des normands et, avec eux, des Falaisiens qui s’attireront ainsi les foudres du monarque. Ce dernier se déplacera même en personne pour assiéger la place et les « 400 coups de canon » royaux finiront bien vite par avoir raison de la résistance de la ville, et avec elle de la vocation militaire de sa forteresse.

Plus tard, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, dans une paix retrouvée et une période plus propice aux développements économiques qu’aux échanges  guerriers, de nombreux aménagements seront effectués  qui gommeront encore la nature défensive de la forteresse : les fossés seront comblés, les portes de la ville rasées, les donjons finiront même par se délabrer.

chateau_fort_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_architecture_defensive_moyen-ageIl faudra attendre le XIXe pour que  le château soit, en partie, sauvé. Le goût du patrimoine venant à la mode et avec lui la prise de conscience de l’importance de préserver les édifices anciens et médiévaux, le monument sera classé en 1840 et une première grande campagne de restauration sera lancée. Plus tard encore, dans le courant du XXe siècle, la ville de Falaise, propriétaire des murs s’engagera, en collaboration avec l’Etat français, dans une autre grande restauration pour sauver, cette fois, les donjons. Et c’est grâce à tout cela et pour notre plus grand plaisir, que la forteresse de Falaise, belle et vieille amie normande qui a vu naître les plus grands d’entre eux se tient, encore aujourd’hui, debout et fière sur ses hauteurs pour témoigner de leur gloire et de leurs faits passés.

En dehors des nombreuses animations qui y sont organisées, le site peut être visité toute l’année et vous pourrez trouver toutes les informations le concernant sur le site web officiel du château de Falaise.

En vous souhaitant une excellente journée.

Frédéric F.

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Le château de Foix part en campagne: des médiévales effervescentes pour fêter le printemps en Ariège

foix_ville_medievale_festival_festivites_moyen-age_idees_sortiesSujet : agenda, reconstitution, fêtes historiques, médiévales, château-fort, compagnies médiévales,
Période : moyen-âge central, 1362
Evénement : Les médiévales de printemps du château de Foix
Lieu : Château de Foix (Ariège)
Date : le 27 et 28 mai 2017

Bonjour à tous,

C_lettrine_moyen_age_passionomme chaque année, depuis maintenant trois ans, à l’arrivée de la belle saison, le beau château de Foix dans l’Ariège vous convie à ses fêtes médiévales de printemps.

medievales_de_foix_printemps_2017_agenda_medieval_reconstitution_historique_moyen-age_centralL’esprit y est toujours résolument à la reconstitution historique et à l’Histoire vivante, au plus près du moyen-âge central. L’ombre du Lion des Pyrénées Gaston III de Foix-Béarn, plus connu encore sous le nom de Gaston Fébus, grand seigneur et maître des lieux durant presque toute la deuxième moitié du XIVe siècle, planera plus que jamais au dessus des remparts du château durant toute cette fin de semaine.

Au programme : 1362, bataille de Launac, l’aube d’une grande campagne militaire

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour cette édition, avec plus de cinquante acteurs et spécialistes, le château se propose, entre autres réjouissances festives, de vous faire découvrir le maniement des armes anciennes, les bases et les principes de la vie en camp militaire d’époque mais aussi de lever pour vous le voile sur les techniques de soin et de chirurgie médiévale.

medievales_printemps_chateau_foix_ariege_agenda_sortie_historique_gaston_febusEn octobre dernier,  vous y étiez transporté en 1391 après la disparition de Gaston Fébus, cette fois-ci, la machine à remonter le temps marquera la date de 1362 pour  vous propulser dans un voyage médiéval jusqu’à une période contemporaine du Lion des Pyrénées. Le célèbre Comte de Foix sera donc bel et bien là et sur son impulsion, ses troupes se prépareront même à partir en campagne pour affronter les Armagnacs. Vous serez rendus aux portes de la bataille de Launac dont Gaston Fébus reviendra triomphant puisqu’il y fera même prisonnier Jean 1er, comte d’Armagnac, mais encore l’allié de ce dernier, le baron de Launac. Il ne relâchera d’ailleurs ses belles prises que contre une rançon sonnante, trébuchante et de taille, qui fera même de lui, un des Seigneurs et prince les plus puissant et fortuné de son temps.

Chevaliers, mercenaires et routiers
tous aux ordres de Gaston Fébus

I_lettrine_moyen_age_passion copial y aura là, sur le parvis du château et autour des remparts, des hommes de tous bords, les fidèles de Gaston Fébus et ses hommes d’armes, mais aussi des routiers et mercenaires engagés pour l’occasion.

Entraînements intensifs, coups d’éclats et tensions au moment de partir au combat, entre ces hommes venus d’horizon divers, tenez-vous prêts à vivre un moment véritablement unique dans agenda_sortie_historique_chateau_foix_fetes_medievales_printemps_2017_1362_gaston_febus_moyen-age_centralune ambiance rien moins qu’effervescente et électrique. Foix tout entier sera sur le pied de guerre jusqu’au coeur de ses vieilles pierres!

Et qui sait, en observant bien et en tendant l’oreille, vous pourrez peut-être y vérifier les mots de Jean Froissart au sujet de Gaston Fébus, grand chef de guerre, comte de Foix, vicomte de Béarn et encore viguier d’Andorre et de sa détermination au moment d’en découdre avec ses ennemis :

«  J’ai vu bien des chevaliers, des rois, des princes. Mais jamais je n’en vis qui fut de si magnifique stature et de si merveilleuse prestance. (…) En toutes choses il était parfait. Il aimait ce qu’il devait aimer, haïssait ce qu’il devait haïr. Il était aimable et accessible à toutes gens et il leur parlait doucement et amoureusement. Mais dans son courroux nul n’avait pardon. »
Jean Froissart – Les Chroniques

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P_lettrine_moyen_age_passion copiaour le reste, détails logistiques et pratiques, mais aussi de très beaux portraits de certains protagonistes qui vous attendent cette fin de semaine au pied des remparts du château de Foix, n’hésitez pas à consulter le Facebook des sites touristiques de l’Ariège qui se chargent de l’organisation de l’événement.

Enfin et pour en terminer, si, par le plus grand des hasards, vous n’étiez pas déjà convaincu de la beauté saisissante de ce site historique d’exception, niché dans les hauteurs vertigineuses de son piton rocheux, voici une vidéo qui achèvera certainement de vous en  persuader

Pour plus d’informations historiques, retrouvez notre article détaillé sur ce haut lieu de l’histoire ariégeoise et languedocienne ici.

Une très belle journée à tous !

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Reconstitution 3D : Vincennes, près de 1000 ans d’histoire en moins de trois minutes

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : Infographie 3D, infographiste, Château, reconstitution historique, Vincennes, Histoire, Architecture, Histoire de l’Art, documentaire
Période : du moyen-âge central à nos jours
Média : vidéo 3D, youtube
Artiste : Dimitri Bez

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous  partageons aujourd’hui une très sobre mais très réussie réalisation 3D autour de l’histoire architecturale du château de Vincennes, du XIe siècle à nos jours. Nous la devons à Dimitri Bez, infographiste 3D, designer et peintre.

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On trouve les premières mentions d’un habitat rural sur le site de Vincennes dès le XIe siècle. Jusqu’au début du XIIe un droit d’usage du bois sera concédé par différents rois de France à l’abbaye de Saint-Maur, ainsi qu’à différentes abbayes de la région.  S’il se trouvait donc occupé de longue date, au moins de manière rurale, chateau_vincennes_reconstitution_3D_histoire_sainte_chapelle_moyen-age_centralc’est Louis VII, qui, dès le XIIe siècle, conférera au site et à son bois, une première vocation royale.

Dans les siècles qui suivront, Vincennes ne cessera de s’embellir pour devenir d’un simple pavillon de chasse, un véritable palais. Philippe-Auguste y laissera son empreinte en y érigeant un manoir sur lequel Louis IX (Saint-Louis) effectuera à son tour quelques transformations mais ces constructions ne résisteront pas à l’emprise du temps pas d’avantage qu’aux grands travaux entrepris par la suite, dans le courant du XIVe, par Philippe de Valois et Charles V. C’est ce dernier qui lancera également vers la fin de ce siècle, en 1379, les travaux de la Sainte chapelle en vue d’y conserver  les Saintes reliques de la Passion du Christ.

I_lettrine_moyen_age_passion copial faut noter que si, dans les premiers siècles, Vincennes n’était que d’un usage marginal et secondaire par les rois de France, c’est véritablement Saint-Louis en y faisant de nombreux séjours qui lui conférera une importance qu’il gardera aux yeux des souverains français dans les siècles suivants. Le château deviendra alors une résidence principale d’élection. On y célébrera des noces royales (Philippe II et III) et c’est aussi là que mourront les rois maudits chateau_vincennes_reconstitution_3D_histoire_donjon_medieval_moyen-age_central (Louis X, Philippe V et Charles IV).

Le Donjon du XIVe, fleuron architectural de Vincennes, avec 50 m de hauteur, c’est un des plus hauts donjon d’Europe.

Dans le courant du XVIe siècle, le site verra encore s’effectuer de grands travaux et de Louis XI à Louis XIV, les rois continueront de construire et d’édifier à Vincennes. Ce n’est que sous Louis XV que la vocation de palais royal du lieu sera laissée de côté au profit, d’abord d’une fabrique de Porcelaine et bientôt d’une école militaire.

Plus tard, au XVIIIe et sous la révolution, il demeurera en si piteux état qu’il sera question de le raser, mais on ne trouvera personne pour se charger des travaux. Sous l’empire, Vincennes et son Donjon deviendront même une prison et il faudra attendre le XIXe siècle pour que de sérieux travaux de restauration y soient entrepris.

En vous souhaitant une excellente journée!

Fred
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A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

NB : pour des informations détaillés sur l’Histoire du château de Vincennes vous pouvez valablement consulter l’ouvrage suivant :
Le château historique de Vincennes à travers les ages, François de FOSSA, 1908.

Sortie médiévale : Fous d’Histoire à Dinan, la Bretagne au Coeur de l’Histoire Vivante

heraldique_dinan_bretagne_histoire_moyen-age_fetes_historiques_festival_medievales_fou_histoireSujet : fêtes historiques, festival moyen-âge, troubadours, compagnies médiévales. festival historique.
Evénement : Salon Fous d’Histoire 2016
Lieu : Dinan, Côtes-d’Armor (Bretagne)
Date : les 22  et 23 octobre 2016

Bonjour à tous,

C_lettrine_moyen_age_passione week end, la cité médiévale de Dinan vous accueille en ses murs pour y célébrer l’Histoire au sens large. Elle héberge, en effet, pour la deuxième fois consécutive, le festival Fous d’Histoire, un grand baladin_animation_popolino_compagnie_medievale_spectacle_theatre__humour_festival_fous_histoire_dinanévénement qui entend bien faire coup double, puisqu’il se destine à la fois au grand public mais aussi aux professionnels. A travers le nombre impressionnant  de compagnies venues se joindre au festival pour présenter des reconstitutions  et des spectacles, les visiteurs pourront se divertir  à loisir, quant aux organisateurs d’événements  historiques, ils pourront ainsi juger sur pied et découvrir de nouvelles animations autour de différentes périodes de l’histoire et de leur reconstitution.

La période couverte est donc assez large et si les passionnés de moyen-âge n’y seront pas en reste puisque de très nombreuses compagnies médiévales y seront présentes, les curieux d’Histoire au sens large  y trouveront, eux aussi, leur compte.

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Le programme et les compagnies présentes.

C_lettrine_moyen_age_passion‘est au Comité de la Fête des Remparts de Dinan qui organise dans la belle citée médiévale la grande majorité des manifestations historiques, ainsi qu’à l’Association pour l’Histoire vivante (dont nous touchons un mot plus loin), que nous devons cette seconde édition du Festival Fous d’Histoire de Dinan.

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L’événement a ceci d’ambitieux et d’original qu’il fait coexister un grand salon du spectacle historique qui accueillera des compagnies venues des quatre coins de France pour présenter leurs nouveaux spectacles et vous régaler de leurs prestations sur scène ou dans la rue, avec un marché de l’histoire et ses produits d’inspiration historiques, mais encore de nombreuses et très sérieuses conférences sur tous ces sujets. Il y aura même un espace dédié aux éditeurs pour vous y faire découvrir magazines, bandes dessinées, livres et autres ouvrages spécialisés sur le sujet de l’Histoire au sens large.

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Pour preuve encore que ce festival met véritablement la barre très haute, du samedi 22 octobre au matin au soir du dimanche 23, plus de trente compagnies et exposants y sont attendus pour faire vibrer la cité médiévale de leur passion et de leur art. Se joindront encore à eux de nombreux autres acteurs qui oeuvrent dans le domaine de l’histoire vivante sous toutes ses formes. Au menu des réjouissances et des animations: musique, chants, danses, théâtres, spectacles et arts Al_cantara_compagnie_musique_danses_medievale_fetes_historiques_fous_histoire_vivante_dinande rue, numéro de dressage animalier, art militaire et techniques de combats anciennes mais encore artisanat, fabrications d’armures, de décors, d’accessoires ou d’instruments anciens, et autres prestations diverses.

Nous vous présentons, tout au long de cet article et sous forme visuelle, une liste non exhaustive des compagnies présentes (en nous excusant auprès de ceux qui ne s’y trouveront pas) afin que vous puissiez vous faire une idée de la densité d’événements et de spectacles qui se trouvent concentrés sur ces deux journées. Nous sommes, chaque semaine, plus étonnés de voir combien de compagnies, d’artistes et de passionnés se dédient à l’Histoire et ce grand festival en propose un très bel échantillon. Pour plus de détails, vous pouvez valablement consulter le site de l’Association pour l’Histoire vivante qui, nous le disions plus haut, organise l’événement en coordination avec la municipalité de Dinan et son association historique.

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tisseurs_de_brume_fetes_historiques_fous_histoire_reconstitution_danse_artisanat_spectacle_theatre_compagnie_medievale_ pro_jacq_compagnies_theatrale_fetes_historiques_spectacle_theatre_festival_medieval_dinan

Pour en terminer avec ce programme, et si vous comptez encore parmi les sceptiques qui pensent qu’Histoire peut parfois rimer avec baladins_vallee_argent_compagnie_spectacle_theatre_animalier_equestre_-fetes_historiques_festival_salon_fous_histoire_vivanterasoir, sachez qu’en Bretagne ce week end, tout sera fait pour vous démontrer le contraire. De nombreux spectacles seront humoristiques, d’autres encore tutoieront la poésie visuelle, et le rire, autant que la magie artistique, seront présents tout au long de ces deux jours dans les rues de Dinan.  Il s’agit donc bien de se divertir sans compter, dans l’ambiance d’un festival haut en couleurs et en émotion. Ajoutons enfin, pour ceux qui pensent s’y rendre en famille que les enfants, là non plus, n’ont pas été oubliés puisque des grandes aires de jeux sont également prévues pour eux.

L’Association pour l’Histoire Vivante

C_lettrine_moyen_age_passionréée en 2010, l’Association pour l’Histoire vivante, loi 1901, a pour vocation de promouvoir les différentes corporations, compagnies ou acteurs de la reconstitution historique en France. Même s’il existe un certain nombre d’institutions, associations, organismes, et  compagnies spécialisées dans certaines périodes spécifiques de l’Histoire, une large place était, en effet, laissée à la salon_historique_fous_histoire_et_une_association_pour_l_histoire_vivantepromotion de l’Histoire vivante au sens large; c’est ce qui a motivé la création de cette Association et c’est, de fait, ce à quoi elle s’emploie depuis sa création.

A cette fin, elle organise et coordonne de multiples événements: marchés, festivals, spectacles et est aussi fournisseur de services dans le domaine de la reconstitution historique et de l’histoire vivante. En contact avec un grand nombre de compagnies du secteur
qu’elle aide à se produire, elle a eu également l’occasion de prêter la main à l’occasion de tournages historiques pour les chaînes de télévision généralistes ou plus spécialisées. Sur son site, elle propose encore la vente de produits autour de ses thématiques de prédilection. Quant au salon fous d’Histoire, il n’en est pas à sa première édition et elle le propose déjà dans plusieurs villes de France.

via_cane_compagnie_marionnettes_spectacles_historiques_theatre_imaginaire_animations_festival_fous_histoire_vivante tan_elleil_compagnie_medievale_celtique_historique_arts_de_rue_evenements_spectacle_festival_moyen-age_fous_histoire_vivante sacres_cathares__compagnie_medievale_historique_spectacle_theatre_humour_festival_moyen-age_fous_histoire_vivante
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Dinan, cité médiévale historique

L_lettrine_moyen_age_passiona cité de Dinan fournit un merveilleux cadre pour ce salon historique et comme il y est plus question d’y célébrer l’Histoire vivante au sens large, que l’Histoire même de la ville, nous n’en dirons qu’un mot ici.

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Même si l’on suppose des traces d’occupation du site datant de l’antiquité, l’histoire connue de Dinan commence au moyen-âge central et au XIe siècle, date à laquelle elle est fondée par Josselin, l’un des fils du vicomte de Saint-Malo (qui s’appelle alors Alet). Ce sont ses descendants qui favoriseront l’installation sur le site d’un prieuré bénédictin ainsi que d’une église dans le courant de ce même siècle.

dinan_cite_medievale_fortifiee_histoire_medievale_duche_de_bretagne_jean_1erSituée sur les bords de la Rance, la cité se dotera bientôt d’un port fluvial qui lui permettra d’établir des relations commerciales fortes avec l’Angleterre et la Flandre. Les deux siècles suivants, elle continuera de prospérer et verra même se construire une seconde église paroissiale. Son développement suscitera bientôt l’intérêt du duc de Bretagne, Jean 1er (gravure ci-contre) qui en achètera la moitié, flouant au passage les droits du seigneur légitime des lieux, Henri III d’Avaugour. Ce dernier disputera longtemps son héritage, mais la marche de l’Histoire sera la plus forte et Dinan sera bientôt tout entière sous la main du duché de Bretagne. La croissance de la ville s’y poursuivra au XIIIe siècle et les ducs y feront construire de puissants remparts qui feront alors de Dinan, après Nantes et Rennes, une des villes les mieux fortifiées de Bretagne. Ces efforts dénotent bien de la prospérité économique de la cité d’alors et l’installation de nouvelles communautés religieuses dans le courant de ce XIIIe siècle viendra encore confirmer ce fait.

Les efforts de fortifications se poursuivront aux XIVe et XVe siècles, faisant de Dinan une place forte stratégique pour la défense du territoire breton. Le début du XIVe siècle verra naître, non loin, le célèbre dogue noir de Brocéliande, Bertrand Du Guesclin dinan_cite_medievale_fortifiee_histoire_medievale_siege_du_guesclinet quelques quarante ans plus tard, ce dernier défendra avec succès la cité assiégée par les anglais, lors de la guerre de succession du duché de Bretagne. Une statue de lui est d’ailleurs érigée à Dinan (photo ci-contre).

Au début du XVIe siècle, tandis que le pouvoir royal se centralise de plus en plus, la cité deviendra française avec le reste des villes bretonnes. Au cours des siècles suivants, elle poursuivra son développement, en s’organisant notamment autour du commerce de toile qu’elle exportera vers le nord, et plus tard vers l’Espagne et même les Amériques. Sa noblesse et sa bourgeoisie y prospéreront jusqu’au XVIIIe, laissant en témoignage de nombreux édifices et de riches maisons datant de cette époque dans le centre historique de la ville.

Pour ce qui est de l’architecture de la ville, voici un reportage très court et très bien fait, tiré de l’émission de France 3, Des racines et des Ailes et qui vous permettra de vous en faire une belle idée :

Pour le reste, mes chers amis, si vous en avez l’opportunité, vous êtes cordialement attendus, cette fin de semaine, dans la jolie cité médiévale de Dinan pour y festoyer à l’occasion de ce grand festival qui célèbre la passion de l’histoire vivante!

En vous souhaitant une très belle fin de semaine.

Fréd
Pour moyenagepassion.com
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Motte Castrale et châteaux à mottes : HD format panoramique, fonds d’écran gratuits et jeux de lumières

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Panoramic HD motte castrale et châteaux à motte

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn passant, nous vous proposons quelques nouvelles images de la motte castrale en cours de reconstitution. C’est un monde 3D que nous réalisons avec le moteur du jeu vidéo Medieval engineers  de la société Keen Software et qui s’inspire de diverses lectures sur le sujet: de Viollet le Duc à d’autres études archéologiques plus récentes, en passant bien sûr par l’incontournable colloque de Caen sur l’archéologie médiévale et les écrits de Michel de Boüard et de Michel Bur (voir aussi nos articles sur la naissance et l’histoire des châteaux forts) et encore d’éléments retrouvés dans les chroniques de Guines et d’Ardre, par Lambert, curé d’Ardres (notamment sur la répartition des espaces privatifs et des pièces dans un donjon du milieu du XIIe siècle).

Nous nous attellerons bientôt à la réalisation d’une vidéo qui nous fournira l’occasion d’une visite virtuelle commentée de ce monde, mais en attendant, nous vous proposons un peu d’infographie et de travail sur les lumières, les ciels et les ambiances.

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Coucher de soleil sur le petit monde fermé d’une motte castrale du XIIe siècle

C_lettrine_moyen_age_passion‘est donc un monde « imaginaire » que nous nous sommes proposés de réaliser ici. Il présente une grande motte castrale, ses installations défensives et sa basse-cour, et s’inspire de sources historiques et archéologiques sérieuses pour se situer à la croisée de possibles; l’idée étant donc de fournir le prétexte de parler de ces châteaux à motte et de leurs installations, autant que d’approcher la vie dans ce type de forteresses aux XIe, XIIe siècles.

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La butte castrale, sa tour maîtresse, sa rampe d’accès et ses douves

Comme nous le disions déjà dans un premier article de présentation sur ce projet de motte castrale, ceux qui sont familiers de ce genre de châteaux de bois et de terre noteront que notre butte est d’une hauteur assez exceptionnelle. Elle dépasse, en effet largement, les trente mètres d’élévation, ce qui la rend, de fait, bien plus haute que la plupart de ses contemporaines qui, elles, plafonnent bien plus souvent à des hauteurs maximales de 15 à 20 mètres. Il existe, bien sûr, des exemples de mottes castrales artificielles frappées de gigantisme notamment au niveau du diamètre général d’élévation en pied de butte mais peu d’entre elles atteignent de telles hauteurs que celle de nos captures et de notre monde 3D, en étant artificielles.

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Vue sur le barrage ayant favorisé l’aménagement des douves, la partie privative de la basse-cour et ses jardins.

S_lettrine_moyen_age_passioni une telle motte castrale avait existé, elle aurait été assurément juchée sur une butte semi artificielle, voir naturelle comme on a retrouvé certaines, depuis, grâce à l’archéologie ou encore à la photographie aérienne.

A l’image de sa hauteur, le diamètre du plateau de notre motte est aussi particulièrement grand. Bien qu’elles semblent avoir obéi à des standards de construction relativement hétérogènes, les mottes castrales du moyen-âge central présentent bien plus fréquemment des plateaux qui avoisinent les dix à quinze mètres de diamètre et celle-ci les supère largement. Même si notre forteresse imaginaire n’est pas encore de pierre, au vue de sa taille générale – motte et installations défensives et humaines comprises – autant que des moyens déployés nous sommes forcément, ici, en présence d’un seigneur de prestige et nanti. Pour faire bonne mesure nous lui avons d’ailleurs ménager une tour maîtresse (donjon) qui offre tout le confort auquel un tel seigneur aurait pu rêver dans le courant du XIIe siècle et dans ce moyen-âge, devenu féodal. 

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Motte castrale : vue globale du site bordée de deux rivières

Vous pouvez, bien entendu,  utiliser ces images, comme fonds d’écran gratuits si le coeur vous en dit.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
moyenagepassion.com
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mottes castrales, archéologie médiévale et histoire des châteaux : teaser, projet en cours.

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Reconstitution d’une Motte Castrale, XIe, début du XIIe

Bonjour à tous,

J_lettrine_moyen_age_passione vous propose, aujourd’hui, de découvrir, en exclusivité, quelques images d’un projet de reconstitution « historique » auquel nous sommes attelés depuis quelques temps et sur lequel nous avons déjà empilé quelques sérieuses heures.

L’idée est de reconstituer une motte castrale de la fin du XIe, début du XIIe siècle, en nous servant d’une main de la sandbox du jeu Medieval Engineers et de l’autre main de sources archéologiques et historiques  entre lesquelles : le dictionnaire raisonné d’architecture médiéval de Eugène Viollet le Duc, les chroniques du curée d’Ardre et encore divers autres documents sur des sites existants actuellement fouillés par les archéologues. S’il ne s’agit pas d’une motte ayant précisément existé, mais plutôt d’un hybride qui réunit les caractéristiques de plusieurs ayant quant à elles existé, cette motte castrale se situe donc au plus près du champ des possibles. Il faudra encore quelques heures pour boucler ce monde mais une fois fini, nous nous en servirons pour réaliser quelques vidéos sur l’histoire des châteaux forts et notamment, en l’occurrence, des châteaux à mottes.

Le site naturel : plaine et rivières

Reconstitution d'une Motte Castrale, XIe, début du XIIe
Motte castrale du XIe, XIe reconstituée en 3D

Même si nous voyons quelques montagnes au loin, notre motte castrale se trouve en plaine. A l’image du site de la Tusque, à Sainte-Eulalie d’Ambarès, décrit par Viollet le Duc dans son dictionnaire d’architecture médiévale, l’enceinte a tiré avantage de la présence des deux ruisseaux qui la borde. Elle bénéficie donc de cette protection naturelle. Sur le plus grand des deux cours d’eau, un barrage a également été ménagé pour inonder le fossé, au pied de la motte.

Une hauteur exceptionnelle

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La motte castrale la plus haute du monde!

A_lettrine_moyen_age_passionu vue de sa hauteur, on doit supposer que cette motte est partiellement artificielle. Elle dépasse  de près de dix mètres celle du château de Gisors. Sauf erreur de ma part, si une motte telle que la notre avait été élevée totalement artificiellement, à ce jour, elle détiendrait le record de la plus haute motte castrale jamais construite. Le plateau de cette création virtuelle culmine en effet à une hauteur supérieure à trente deux mètres. et vous êtes donc, techniquement en face de la motte castrale la plus haute jamais construite. Je n’en suis pas peu fier je dois dire, mais il faut admettre que les pelletées de terre virtuelle sont bien plus légères que les réelles. Outre le fait qu’il soit du plus bel effet visuel et nous aide à percevoir encore mieux, l’effet symbolique de ce type de construction  sur qui se trouve au pied, ce gigantisme de circonstance nous permettra encore d’aborder la question de la taille moyenne des mottes castrales et de pouvoir ainsi remettre en échelle les créations du passé.  Il n’est pas impossible également que dans une future vidéo, cette motte n’accueille un château du type de celui de Gisors, si ce n’est une réplique de ce dernier, mais j’en dit déjà trop.

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La rampe d’accès du château à motte

Au vue de la taille de l’élévation et même de l’enceinte, on peut également déduire que le seigneur qui l’a faite construire était relativement aisé mais qu’en plus, il n’était peut-être pas aussi pressé par le contexte que certains ont pu l’être à l’époque (qui ont érigé quelquefois des mottes en à peine quelques jours). De la motte prestige à la motte guerrière, réponse immédiate à l’envahisseur ou au voisin plein de convoitise, de la motte du seigneur aisé à celle du seigneur chiche ou de peu de moyens,  la disparités des statuts et des situations se donnent à voir dans les architectures. Ici, nous avons pris  résolument le pari du prestige et de la grandeur. Point de pierre donc encore pour ce seigneur dans ce XIe finissant, il trouve son luxe et affirme sa grandeur avec le bois, mais en revanche, il ne badine pas.

La tour maîtresse : inspirée des chroniques du curée d’Ardre et de Viollet le duc.

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Une tour maîtresse de bois (donjon) digne d’un prince et historiquement inspirée

A_lettrine_moyen_age_passionu sommet de la motte, nous avons  juché un grand donjon, spacieux et doté de tout le  confort nécessaire à la vie du seigneur et de ses gens, familles, « gens de maison », et garnison d’élite.  Son intérieur et la disposition des différents espaces  de cette grande tour maîtresse s’inspirent, en grande partie, des descriptions que l’on trouve dans les chroniques du curée d’Ardre. Du point de vue défensif, cette grande tour est, bien sûr, entourée d’une chemise de bois sur le haut de la motte, mais le dispositif est également doublé au pied de butte. L’accès à l’intérieur du donjon ne se fait que depuis le premier étage et au moyen d’un dispositif que l’on peut relever ou baisser. Le bâtiment est aussi nanti de force hourds sur son pourtour ainsi que de quelques autres mécanismes de défense supplémentaires que nous vous présenterons dans la vidéo. Son intérieur prétend également refléter l’obsession de sécurité et de protection personnelle que les seigneurs francs exigeaient de ce type de bâtiments. La barbacane, à l’entrée de l’enceinte, comme celle au sommet de la motte tâche de suivre les études faites par Jean Mesqui sur les portes des châteaux et enceintes, au XI et XIIe siècle.

Côté Basse-cour

O_lettrine_moyen_age_passionn trouvera dans la basse-cour, une église à l’architecture inspirée des églises d’Art Roman des XIe et XIIe siècles mais faite de bois et non encore de pierre. Tous les châteaux à mottes n’ont pas accueilli d’église en leur enceinte, mais ça a été le cas d’un certain nombre d’entre eux et celui que nous avons réalisé en compte une.

Il y aura encore dans cette basse-cour tous les bâtiments nécessaires à la vie du château à mottes, tels que les décrit Viollet le Duc, mais aussi quelques autres auteurs, historiens ou archéologues, ayant écrit sur la question:  écurie du seigneur, magasins, artisans mais encore, ici,  quelques paysans qui y cultivent ou qui y élèvent des bêtes et se qui sont rangés sous la protection de la motte et de son seigneur. Nous vous présentons ici quelques photos et captures de certaines de ces constructions.

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Une ferme étable, destinée à l’élevage bovin
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Les écuries du Seigneur de la motte castrale
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Un forgeron dans la basse cour de notre motte castrale avec étal pour la vente et attache pour ferrer les chevaux.
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Un artisan charpentier, indispensable pour la création et la réparation de notre château et enceinte de bois
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Une église de bois, inspirée de l’art et l’architecture romane des XI, XIIe siècle
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Le petit cimetière derrière notre ‘église du XIe siècle

La série de vidéos sur cette motte castrale suivra bientôt. Il reste encore quelques détails à finaliser pour que cet univers soit prêt. Vous en serez, bien entendu, les premiers avertis!

En attendant, une très bonne journée à tous et longue vie!

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Balade vidéo dans le temps : superbe « reconstitution » d’un village viking au moyen-âge

reconstitution_moyen_age_village_viking_3D_monde_medievalSujet : village de pécheurs viking, reconstitution, création, balade virtuelle.
Média : vidéo, infographie 3D
Période : haut moyen-âge à moyen-âge central
Artiste : Simon Pennington

Bonjour à tous!

A_lettrine_moyen_age_passionmateurs de voyage dans le temps en général et dans le monde médiéval en particulier, aujourd’hui, je vous propose la vidéo d’un infographiste 3D de grand talent qui s’est fendu de reconstituer ou d’imaginer, pourrait-on dire plutôt, un village viking du lointain passé. Entouré de montagnes, le petit bourg  se tient, paisible, dans un fjord et au bord de la mer. Il est supposé être en Suède, et si l’artiste lui-même ne le date pas, ce village pourrait sans doute être daté du bas moyen-âge jusqu’au Xe, XIe siècle.

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village_viking_moyen-age_reconstitution_3DCe « monde » 3D n’est pas à proprement parler, basé sur des sources archéologiques, mais l’artiste Simon Pennington a passé tout de même autour de 6 mois pour le réaliser. Que l’on connaisse ou pas les techniques utilisées et le travail qu’il y a derrière la scène pour en arriver là, le résultat est totalement époustouflant.

Si cela vous intéresse, vous trouverez plus d’informations (en anglais) et de photos de ce projet sur le site web de cet artiste. Ce designer de mondes 3D, travaille désormais  pour la société Creative-Assembly dont nous avions déjà parlé ici et qui édite entre autres, les jeux vidéos de la collection TOTAL WAR. Il y occupe le poste de « ‎Senior Environment Artist »..

Une très belle journée à tous!

Fred
Pour moyenagepassion.
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Histoire de châteaux-forts & techniques de siège médiévales. 2. DU BOIS VERS LA PIERRE

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D_lettrine_moyen_age_passionans notre premier article sur la naissance des châteaux-forts (ou sur le point de départ dans le temps qu’on définit comme tel), nous suivions sagement l’architecte du XIXe siècle Eugène Viollet le Duc. Il  nous y décrivait le contexte précédent le Xe siècle, l’émergence des premières mottes castrales et les balbutiements d’une féodalité en gestation. Pour aborder le siècle suivant autant que pour élargir un peu nos vues, il est désormais grand temps de nous adjoindre les découvertes du XXe siècle.

Nous parlerons donc ici d’Architecture médiévale, bien sûr, mais aussi d’archéologie médiévale puisque c’est à la lumière de cette dernière et d’éminents spécialistes de la discipline que nous examinerons la période médiévale qui succède à l’apparition des premières mottes de terre et de bois, période que l’on considère encore souvent comme une période de « transition » vers les châteaux-forts de pierre. Le mot « transition » est mis entre guillemets ici parce nous en profiterons pour revenir sur la vision un peu simpliste et linéaire que nous livre ou que nous a livré, par le passé, une certaine chronologie de l’Histoire des châteaux. Après nous être efforcé de redessiner les contours du paysage « fortifié » de cette période du XIe au XIIe et sa grande variété, nous parlerons encore de féodalité pour tenter de mieux comprendre ce contexte du XIe siècle qui voit se multiplier les châteaux de manière telle que l’on a parlé de « maillage » du territoire.

Mottes, châteaux et forteresses,
à la lumière de l’architecture médiévale

Reconstitution d'une motte castrale avec l'appui de l'archéologie, Terra Maris Museum, Hollande
Reconstitution d’une motte castrale avec l’appui de l’archéologie, Terra Maris Museum, Hollande

A_lettrine_moyen_age_passionvant même de parler « d’évolution »‘ ou d’émergence du château-fort par la motte castrale, il nous revenir sur quelques éléments vus en introduction. Pour autant que de manière « conventionnelle » (ou « réthorique » si l’on préfère), il est intéressant d’avoir un point de départ en Histoire, il ne faudrait pas non plus perdre de vue la situation réelle sur le terrain. A la lumière de découvertes faites au XXe siècle, la réalité des faits est, en effet, un peu plus complexe que ce que nous en contait Viollet le Duc dans notre article précédent; au delà du contexte historique et idéologique dans lequel notre architecte s’inscrivait, au moment de rédiger son dictionnaire raisonné d’architecture,  il avait, de fait, moins de données archéologiques à sa disposition que nous en avons aujourd’hui.

C’est ce même souci de réalisme qui animait un nombre important d’éminents spécialistes et érudits du CNRS dans le courants des années 1980. Ces derniers se réunissaient, en effet, à Caen, sous l’égide de Michel de Boüard, historien et archéologue (portrait ci-contre), à l’occasion d’un grand colloque, avec l’idée d’y faire état de leurs questions autant que de leurs réponses sur les mottes et les châteaux du moyen-âge, en vue de s’entendre sur des définitions communes dans cette jeune discipline qui était alors la leur: l’archéologie médiévale. Ces chercheurs faisaient ressortir plusieurs constats d’importance de cette réunion que nous croisons, ici, avec un nombre varié de sources plus récentes. Que ceux qui se sont attachés à notre guide de l’article précédent se rassurent, nous n’oublierons pas, au passage Eugène Viollet Le Duc; nous nous en voudrions de le semer brutalement en route, d’autant que comme nous le verrons, sur certains points, il n’est pas si aisé que cela à distancer.

Histoire des châteaux-forts : le deuil d’une chronologie simplifiée et simpliste

Motte de Rittersdorf. Kanzach, Allemagne, Réconstitution d'une motte du XIIIe siècle
Motte de Rittersdorf. Kanzach, Allemagne, Réconstitution d’une motte du XIIIe siècle

I_lettrine_moyen_age_passion copial faut bien comprendre qu’en Histoire, certaines observations « tendancielles » « tendent » quelquefois à se figer en « vérités » immuables. Ce phénomène s’explique sans doute par le fait que c’est une discipline qu’on prétend enseigner à tous et dès le plus jeune âge, ce qui n’est pas le cas des autres sciences humaines. Concernant cette pierre d’achoppement de l’Histoire, il y a, sans doute aussi, des raisons plus profondes liées à l’instrumentalisation que l’on peut faire du passé que cela soit en idéologie ou en politique, ou même quelquefois simplement le fait que les théories doivent s’échafauder sur des vides documentaires relatifs. On pourra encore ajouter que l’histoire médiévale a longtemps hérité de ses pères du XIXe dont les tendances théoriques allaient à l’évolutionnisme, dans une Histoire qui restait une « affaire nationale », pour ne pas dire « nationaliste »(*).

Quelles qu’en soient les raisons, cette façon de figer les choses, en les « vulgarisant », est bien commode pour qui veut fixer « à peu près » une version digeste (et erronée) des réalités passées, mais il faut aussi savoir s’en défier. Quand nous approchons l’histoire médiévale et le moyen-âge, nous ne cherchons pas à apprendre une leçon en vue d’un examen, ni à former des idéaux simplistes, nous cherchons à comprendre vraiment la situation. Les réalités des sociétés humaines, qu’elles soient passées ou présentes, sont toujours immensément complexes et comme toutes les sciences humaines qui ont la prétention de les approcher peuvent doutent, il nous plait de considérer que l’Histoire puisse le faire aussi, sauf à se déconsidérer, elle-même, comme discipline sérieuse et scientifique. Pour le dire de manière plus légère, il y a un moment où il faut fermer les vieux manuels d’histoire qui traitent de la période du moyen-âge, la plupart du temps, en une page et demi; c’est ce même moment où l’Histoire « racontée aux enfants » doit topaze_histoire_medievale_chronologie_chateaux_forts_mottes_castrales_moyen-age céder le pas sur l’Histoire au plus proche des faits. A la lumière des traces comme des vides laissés, elle  doit alors se livrer dans sa complexité, avec ses limites et ses tâtonnements. Et pour chercher cette Histoire là, la meilleure solution restera toujours d’aller au coeur des laboratoires et de remonter à ses chercheurs. (ci-joint un clin d’oeil au maître d’école de Pagnol, « Topaze », immortalisé par Fernandel)

Concernant l’évolution des châteaux-forts, on a souvent tendance à nous la présenter de manière très rigide et linéaire. Je dit « on a » et non pas « on avait » parce que le deuil de cette chronologie n’est pas encore fait; c’est cette même version raccourcie que vous trouverez encore souvent reprise, ici ou là, pour « résumer » (expédier?) l’histoire des châteaux-forts.

Xe siècle : Apparition des mottes castrales et des premiers châteaux à mottes. Enceinte et palissade de bois ( basse-cour ) butte au centre surélevée sur laquelle trône une tour de bois ( donjon ), rampe d’accès à cette même tour, bordée également quelquefois de sa propre palissade.

XIe siècle : Remplacement progressif du bois vers la pierre du donjon puis de l’enceinte dans ces mêmes mottes.

XIIe siècle : apparition des châteaux de pierre. Architecture philippienne. Apparition du château-fort carré, tours flanquées, courtines, chemins de ronde, donjon toujours au centre.

N’allons pas, pour l’instant, au delà du XIIe siècle pour rester sur la période qui nous intéresse aujourd’hui dans cet article. Voilà une chronologie simple, ou qui l’était pendant un temps, et dont on se contentait. En somme, tout était partie des mottes ayant évolué. Tout le monde peut retenir cette version; elle est en partie vraie mais elle ne reflète pas les choses qui sont loin d’être aussi figées sur le terrain.

A. Les Mottes castrales en question

Datation et disparition :
la question des mottes tardives

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Une Motte castrale reconstituée dans le, parc historique de Bärnau-Tachov, Allemagne

L_lettrine_moyen_age_passione premier constat sur lequel nous devons nous attarder concerne la datation des mottes castrales et notamment la datation de leur disparition. Sur l’apparition, même si les données restent maigres pour ne pas dire qu’elles ne tiennent qu’à un fil, on s’entend encore avec Viollet le Duc, sur le fait qu’elles sont apparues dans les dernières décennies du Xe siècle. En revanche, concernant leur disparition, les choses sont un peu plus élastiques, comme le confirme le  préambule du colloque de Caen sur ce sujet:

« La date à laquelle, dans telle ou telle région, l’on cesse de construire des mottes est souvent en relation avec la date où l’on avait commencé d’en édifier. Dans le nord-ouest de la France, ou en Angleterre, on n’en construit plus guère après la fin, voire après le troisième quart du XIIe siècle. Dans le sud-ouest, au contraire, où la motte est apparue plus tard, nous savons qu’il en fut élevé encore dans le second quart du XIIIsiècle, voire au XIVe. Mais il est certain que partout des mottes continuèrent d’être occupées longtemps après que l’on eut cessé d’en construire, surtout lorsque l’on avait installé sur la motte une tour de pierre. »
Michel de Boüard, Archéologie médiévale – Colloque de Caen.

La réalité de terrain fait donc état d’un décalage de près de quatre siècles dans l’apparition des mottes castrales, sur le seul sol français, (XIIIe, XIVe!) soit de 300 à 400 ans pour que l’innovation se propage du nord vers le sud de la France. Nous parlons d’une construction qui ne nécessite pas des trésors d’ingénierie et d’expertise. Même si l’architecture défensive médiévale connaîtra encore quelques progrès après le XIIIe siècle, c’est tout de même le moment où la technologie des châteaux forts est réputée être à son apogée et où, supposément , les armées se sont structurées et, du même coup, on s’est réapproprié les techniques de siège les plus sophistiquées! Que viennent faire au milieu de tout cela des mottes castrales de terre et de bois? histoire_chateaux_fort_mottes_castrale_monde_medievalLa disparité des situations sur l’ensemble du territoire impose, à l’évidence, un sérieux glissement à l’ensemble de la chronologie de départ. Au delà de ce glissement évident, cette disparition tardive soulève tout de même quelques remarques et appelle quelques questions. (ci- contre un garde de la motte du parc médiéval allemand  de Bärnau- Tachov. Qui s’y frotte s’y pique!).

Du « brouillon passager » de château-fort
au standard défensif

Réconstitution d’une motte castrale à Saint Sylvain d’Anjou, France

L_lettrine_moyen_age_passiona première des remarques est que plus qu’un simple objet « innovant », un brouillon de château-fort des origines,  la motte castrale semble, indéniablement, s’être imposée comme un « standard » défensif qui a duré dans le temps. Au fond, elle est devenue pendant près de 400 ans, la construction reconnue ou « réputée » comme la plus efficace  afin d’assurer sa défense minimum contre des petits exercices militaires (voisins ou invasions légères), pour une certaine classe de seigneurs ou une certaine aristocratie. Indéniablement encore, la rapidité de sa construction et la disponibilité des ressources de l’environnement ont joué en sa faveur. Que l’on soit riche aristocrate, seigneur peu nanti et petit propriétaire terrien, elle semble être, en effet, devenue cette fortification que l’on va pouvoir construire rapidement, face à une urgence et/ou en l’absence de grands moyens. Je dis « elle semble » motte_castrale_histoire_medievale_chateau_fort_moyen-ageparce que je voudrais éviter de répéter deux fois les erreurs déjà faites en la dépouillant de sa complexité pour en faire d’un objet temporel et « évanescent » dans une séquence chronologique, autrement dit, un simple objet factuel au bas de l’échelle des châteaux. Cela procéderait, au fond,  du même raisonnement expéditif et la complexité des représentations culturelles et symboliques attachées à chaque société, présente ou passée enjoint à la prudence dans l’exercice de la théorisation. Au fond, nous ne savons pas grand chose de toute la charge symbolique de la motte castrale dans son monde médiéval, nous ne pouvons qu’essayer de la deviner  ou la « déduire » entre les lignes. Une chose est certaine, cette construction ne peut plus être vue simplement comme une forme de fortification passagère, bien vite dépassée dans  le temps et bien vite oubliée puisqu’elle a perduré. (ci dessus photo presque surréaliste d’une motte castrale reconstituée en plein milieu du paysage urbain, Musée de Herne, Allemagne). 

De l’objet factuel à l’objet symbolique

C_lettrine_moyen_age_passiononcernant cette apparition tardive des mottes castrales sur certains territoires, la propagation d’une innovation n’est pas aussi rapide que celle que l’on connait à notre ère de grand consumérisme me direz-vous? En réalité, les mottes ont, à partir de leur localisation d’origine (entre la Loire et le Rhin), essaimé dans une grande partie de l’Europe, les voies de communication ne semblent donc pas en cause; en plus de cela, nous parlons en plus de trois siècles d’écart, pas de quelques années. Leur propagation est-elle seulement la marque de conflits qui s’étendent vers d’autres zones? Au fond, aux mêmes périodes, les seigneurs et les aristocrates ne vivent pas tous dans des châteaux de pierre, ni des mottes loin s’en faut. Certains vivent aussi derrière de simples enceintes ou dans des « maisons fortes » et n’ont pas attendus d’avoir une motte castrale pour s’y loger. Ne serait-il pas moins fastidieux alors de fortifier une construction existante plutôt que de réunir tant de bras pour élever une motte (ou plusieurs) au milieu de ses terres? Qu’exprime-t’elle, cette motte, d’un pouvoir et de ses intentions à l’attention de son environnement immédiat? Dans cette féodalité qui se structure et consacre le pouvoir des petits seigneurs sur leurs terres et « leurs gens », ne la construit-on vraiment que pour régler des conflits réels avec des seigneuries ennemies ou faire face à des envahisseurs potentiels? En élevant sa demeure si haut qu’elle puisse être vue de si loin, ne veut-on aussi marquer « visuellement » et « dominer » de sa présence et son autorité un territoire auprès de ceux qui pourraient le convoiter, autant qu’auprès de  ceux  qui l’occupent et le cultivent? Ah! Si je n’avais pas, depuis longtemps déjà, nourri quelques réserves  à l’égard de la nature scientifique des grandes théories freudiennes,  je pourrais même être tenté de m’essayer à quelques digressions psychanalytiques mais comme elles n’épuiseraient pas, de toute façon, notre sujet, qu’il nous suffise d’évoquer, d’un mot, ces « grivoiseries » autrichiennes et d’en faire une vignette clin d’oeil pour les adeptes du père fondateur de la discipline.

Q_lettrine_moyen_age_passionuoiqu’il en soit, il est assez frappant de voir, à travers la multiplication de ces constructions dans l’espace et dans le temps, ce qu’elles nous disent aussi d’un certain contexte politique et social. Ce monde féodal est en guerre, mais sans doute plus seulement et uniquement contre des envahisseurs à compter du XIe siècle. Au delà des tensions de terrain et des pillages, c’est une lutte entre vassaux, mais aussi une guerre symbolique pour la conquête du pouvoir sur les terres, une guerre de signes et de positionnement. Songez qu’on parle de Seigneurs ayant fait construire pour eux-seuls jusqu’à cinq mottes, il s’agit donc vraiment d’un maillage du territoire mais aussi d’une manifestation ostentatoire de pouvoir sur les paysages et l’environnement. Dans ce fourmillement, il faut voir aussi, certainement, l’éclatement progressif du pouvoir du haut vers le bas, et peut-être  une volonté d’y accéder ou d’en être partie-prenant par tout un tas de petits aristocrates ou propriétaires terriens qui se positionnent ainsi sur leurs terres pour les marquer de leur sceau, auprès des seigneuries voisines, tout autant qu’auprès des paysans et des gens qui les occupent déjà. Sur ce sujet, il faut lire ou relire l’article de Michel Bur « vers l’an mil, la motte castrale, instrument de révolution ».

Reconstitution d'une motte castrale et sa basse-cour, Allemagne.
Reconstitution d’une motte castrale et sa basse-cour, Allemagne.

De l’objet-pouvoir  à la mimétique de « Classe »

« Un château de peu de moyens certes!, mais un château tout de même! »

A_lettrine_moyen_age_passionvec le temps, en plus de s’imposer de manière simplement factuelle, cette construction dans laquelle Viollet le Duc ne voyait qu’un moyen de défense bâtie à la hâte, une sorte de « brouillon » de château,  est certainement devenue  aussi le signe et le symbole de quelque chose de plus qu’il est sans doute difficile de mesurer dans toute son ampleur. Cette motte castrale fait corps avec la symbolique de ce monde féodal qui se structure: forme de défense effective contre de petits exercices ou des invasions légères cela est indéniable, marque ostentatoire de pouvoir sur son environnement par son détenteur, cela est certain, mais surement est-elle encore, une marque de prestige, de rattachement, de référence, d’appartenance de classe, qui inscrit le seigneur qui la construit dans une certaine histoire,  une forme de tradition ou encore d’élitisme « de classe ». En plus de la simple efficacité défensive ou de la main mise sur un territoire, il semble qu’il puisse y avoir, aussi, dans ces constructions qui perdurent au delà d’une « certaine marche du progrès », une marque de l’accession à un univers symbolique de classe, un symbole fort qu’une simple maison fortifiée ou une enceinte ne peut suffire à démontrer. Dit autrement, la motte, signe/langage d’un pouvoir féodal qui se codifie et d’une prise de pouvoir reconstitution_motte_castrale_holland_charpente_histoire_medievale_chateau_fortaristocratique sur les terres, a d’une certaine manière, « démocratisé » en le rendant accessible à peu de frais, le symbole de l’ascension vers une classe aristocratique dirigeante pour tout un tas de petits aristocrates et petits seigneurs? (ci-contre, motte castrale de Terra Maris, charpente et construction, Hollande ).

Nous n’avons pas bien sûr, ici, la prétention de répondre à toutes ces questions, mais les soulever permet de montrer l’intérêt de dépasser le simple objet factuel et chronologique, pour considérer cette motte castrale comme un objet à la fois symbolique, sociologique et anthropologique.  Du reste, la définition que donne Philippe Durand de la  « Castellologie » – cette discpline qui étudie les châteaux et l’architecture fortifiée – recoupe tout à fait cette approche symbolique de la motte castrale sur laquelle nous venons d’insister:

« La castellologie définit le château comme un édifice aristocratique répondant à trois fonctions : défense, résidence et symbolisme. Elle en considère les différents types : le château à proprement parler, le petit château (construction de la moyenne aristocratie qui imite les édifices des grands seigneurs), la maison forte (édifice qui se compose d’un seul élément architectural) et les autres résidences aristocratiques. »
Philippe Durand Castellologie Architecture, Universalis

De l’objet  chronologique à l’objet d’étude complexe: apprehender le monde médiéval.

A_lettrine_moyen_age_passionu delà de l’évidence, que l’on ne peut réduire la motte castrale à « une simple étape du Xe siècle dans l’histoire des châteaux sur un territoire affecté de manière égale par les agressions », on ne peut, d’avantage, réduire ces premières forteresses à un  « objet factuel à l’efficacité reconnue » parce qu’au fond les objets ne sont jamais uniquement de simples « choses » comprises dans des suites d’innovations ou des séquences temporelles. Ils sont aussi, chacun à leur manière, intriqués dans leur monde, attachés à des usages, à des systèmes de références, à des logiques de classes et à des charges symboliques complexes que la seule notion de « prestige » ne peut suffire à totalement résumer.

Vestiges d'une motte castrale du XIIe siècle, Flandre, Belgique, Evergem
Vestiges d’une motte castrale du XIIe siècle, Flandre, Belgique, Evergem

Comment retraduire aujourd’hui véritablement toute cette complexité? Quoi retenir ou écarter? Quels sont les critères? Nos historiens  et nos archéologues médiévistes se battent encore avec la sémantique et les définitions données aux mots de l’époque médiévale pour en percer le sens véritable. Dans un registre plus terre à terre mais qui pose, pourtant, autant de problèmes de méthodes, il leur faut encore comme ils le soulignent si souvent eux-même – y compris dans les lignes de ce colloque de Caen – recouper les affirmations des chroniqueurs de l’époque à l’aide d’autres sources plus officielles parce qu’il n’est pas rare que ces derniers enjolivent les faits quand il ne les inventent pas tout simplement! Pour actualiser un peu nos données, je vais ajouter encore qu’au moment du colloque, pratiquement aucune politique de fouilles archéologiques systématiques n’avait été décidée sur les mottes castrales. Il semble que depuis, quelques études de terrain aient fort heureusement vu le jour, mais songez, tout ce qu’on savait alors pratiquement des mottes, en dehors de quelques fouilles, ne résidait que dans quelques documents écrits et dans quelques tapisseries d’époque (voir ci-dessous « l’incontournable » tapisserie de Bayeux au sujet des mottes castrales). O frustration légitime du scientifique et de l’archéologue qui sait qu’il a devant lui autant de livres ouverts qui ne demandent qu’à être lus mais qui requièrent pour que l’on en tourne les pages quelques crédits et quelques volontés officiels. Mais aussi combien de lignes écrites sur un objet qu’on connaissait finalement si peu. (1)

La très incontournable tapisserie de Bayeux au sujet des mottes castrales.
La très incontournable tapisserie de Bayeux au sujet des mottes castrales.

E_lettrine_moyen_age_passionn un mot, pour en conclure, toutes ces découvertes concrètes viennent nuancer les chronologies expéditives et erronées, autant qu’elles nous obligent à revisiter l’idée simple et linéaire d’une motte castrale des origines, « esquisse » dans le meilleur des cas, « brouillon » dans le pire, des premiers châteaux-forts. Nous pouvons, à travers cela, toucher un peu du doigt les limites d’une certaine histoire évolutionniste, comme les limites des simplifications excessives de la réalité du terrain à la théorisation, puis à sa vulgarisation, qu’elle soit  au service de la pédagogie ou de l’idéologie, les deux n’étant pas exclusifs; il reste difficile, en tout état de cause, de mesurer l’importance de ce que l’Histoire qu’on nous sert écarte des « vérités » tendancielles quand elle s’essaye à l’exercice de la chronologie comme de la synthèse, pour sortir de ses laboratoires vers le grand public. Quelquefois, il peut s’agir de choses bien plus subtiles qu’il n’y parait et qui peuvent être aussi hors de portée de l’historien lui-même, parce que son travail est complexe mais aussi parce son monde n’est pas le monde des représentations, des symboles et des mots qu’il cherche à étudier. Pour naviguer dans cette complexité autant que dans les vides laissés, il n’est pas rare que les outils lui manquent et l’apport des disciplines connexes ne devrait jamais être un luxe pour lui, mais c’est une leçon qu’il a tiré depuis. 

Sur la partie critique des outils, des conceptions et de l’instrumentalisation de l’Histoire, Il faut lire  quelques excellents écrits de l’Historien Alain Guerreau à commencer par celui-ci, daté de 2008 : Situation de l’Histoire médiévale.  Sur la partie très concrète de la difficulté des datations et dans un effort louable pour dépasser les polémiques, vous pouvez utilement consulter l’article de Laure Leroux daté de 2013: Du monument à son histoire : aperçu méthodologique des études castrales en France.

ENTRACTE! Vidéo de la Motte castrale de  Holstein, Allemagne.

Retour sur la définition de mottes castrales
par l’archéologie médiévale

« Il y a tant de mottes qu’on ne peut les conter »
Contre-pétrie  « cyclopédique ». (pas de quoi y passer la journée)

D_lettrine_moyen_age_passionans le même état d’esprit, à la lumière de cette archéologie médiévale qui débordait déjà de ses frontières pour s’élargir à l’Europe, nos experts de Caen se penchaient encore sur la notion même de mottes castrales pour tenter d’en définir les contours. La construction, typiquement marquée du sceau des francs, en aurait-elle pris un coup? Il semblerait que non. Les théories venues tenter de faire des mottes une innovation purement Viking, en contradiction avec ce que nous apprenait notre architecte Viollet le Duc, n’ont pas été retenues. Aucune trace de mottes n’a été retrouvée pour l’instant dans les pays du nord dont ils étaient originaires. Concernant la propagation des mottes castrales dans le courant de ces XI, XIIe, voir XIIIe siècle, elles se retrouvent un peu partout sur ce vaste territoire européen à l’exclusion toutefois de quelques pays qui ne semblent pas les avoir érigées : Norvège, Suède, Péninsule ibérique. On émet aussi l’hypothèse que ces innovations aient pu émerger de manière simultanée dans tous ces pays, sans pouvoir l’établir de manière certaine et, du coup, on retient plutôt l’idée d’une propagation.

En fonction des régions, même si le même « standard » semble revenir (les photos de cet article de mottes castrales « reconstituées » à travers l’Europe, sont là pour en faire la démonstration). On fait tout de même face à une profusion de constructions : avec ou sans basse-cour, avec ou sans donjon, mottes doubles, mottes contemporaines des mottes castrales mais ayant d’autres vocations (agricoles, défensives uniquement, etc). En remontant le cours du temps, on trouve encore des tertres élevés depuis la préhistoire. Au secours! A moi les définitions! Qu’est-ce donc qu’une motte castrale pour l’archéologie médiévale?

Motte Castrale de Brion, Puy de dome et apport de la photographie aérienne sur la détection des vestiges.
Motte Castrale de Brion, Puy de dome et apport de la photographie aérienne sur la détection des vestiges.

A_lettrine_moyen_age_passionu final, on semble tout de même prêt à s’entendre pour border le sujet et classifier les mottes, de façon à garder bien intacte la catégorie de mottes castrales, même si, on le sent bien à la lecture des minutes de ce colloque de Caen, la définition garde encore une touche de polémique chez les archéologues médiévaux d’alors, les disparités régionales et trans-nationales venant ajouter à la complexité. Pour être dignement castrale, la motte devra donc :

1. être « partiellement ou totalement » élevée de manière artificielle.

2. être dotée d’une résidence seigneuriale  qui peut, ou non, prendre la forme d’un donjon (quoique) et se tenir ou non sur la motte. Quelquefois une simple tour de défense est sur la motte et la résidence du seigneur se trouve alors dans la basse-cour.

3.
être dotée d’une basse cour à l’enceinte fortifiée? Cela ne semble pas un critère pouvant être systématisé au vue des observations régionales.

4.
être dotée d’une double fonction militaire et résidentielle pour le seigneur qui l’occupe. Elle ne peut être une simple installation militaire ou qu’un fortin bordant une frontière. Sur le dernier point, certains archéologues de ce colloque fondateur semblent  tenter d’élargir ce critère à certains mottes qui n’ont de vocation que militaires. Le faire bien sûr rendrait notre point 2. caduque, mais plus loin la fonction du château typiquement « défensif et résidentiel » serait définitivement mise à mal, autant d’ailleurs que l’opposition formelle entre Castrum romain et château de Viollet le Duc. Dans ce dernier cas, une seule catégorie de motte entrerait donc encore dans la théorie « conventionnelle » de l’histoire des châteaux-forts.

Naissance d’une discipline médiévale

O_lettrine_moyen_age_passionn le voit, même si cette architecture médiévale ne remettait pas tout en cause, une certaine vision était à revisiter avec cette nouvelle échelle d’observation et au fil de cette nouvelle discipline, elle-même alors en construction. Et la tâche se montrait déjà ardue car à peine s’affirmait-elle, que la voilà qui se morcelait déjà en régionalisme; il faut passer par la complexité pour aller vers les synthèses les plus justes. On demandait alors des études systématiques à la hauteur des ambitions et il est vrai que pour répondre à ces voeux, il semble que les études de terrain se soient multipliées à défaut de s’être systématisées dans les années suivantes. Ont-elle suffi ou suffiront-elles pour autant, à combler certain vides que l’analyse des sources documentaires et des écrits, plus du ressort de l’historien pouvaient en partie combler? Les historiens semblaient alors en douter plus que les archéologues eux-même. Pourtant, la volonté de l’archéologie médiévale était claire et affichée : naître comme une discipline à part et s’affranchir en partie de l’Histoire; avant que de théoriser ou spéculer, il fallait attendre que le terrain livre sa vérité. De l’émergence de cette archéologie médiévale est née d’ailleurs, une forme de schisme entre historiens et archéologues dont il n’est pas totalement certain qu’il soit, à ce jour, résorbé puisque les deux disciplines continuent de coexister. Si vous souhaitez en savoir plus sur ces problématiques, vous pouvez vous référer très utilement au colloque de Caen en 1980 à propos des mottes castrales et des châteaux à donjon. Pour faire un point sur l’archéologie médiévale récente, sur ses apports comme sur ses difficultés vous pouvez aussi consulter utilement l’article suivant de Jean Chapelot: Retour critique sur l’évolution de l’archéologie médiévale depuis dix ans.  Revenons pour ce qui nous concerne à nos moutons!

B. Du bois vers la pierre :

Evolution hétérogène des matériaux

enceintes_fortifiees_medieval_histoire_chateaux-forts_forteresses_an_mil
An mil, reconstitution de l’habitat fortifié de Colletière, Lac de Paladru, site archéologique d’exception. Infographie de J. Martel. http://www.isere-patrimoine.fr/2924-les-fouilles-de-charavines.htm

R_lettrine_moyen_age_passioneprenons donc notre l’histoire des châteaux en repartant de la version un peu simpliste des événements pour mieux la nuancer. Du Xe au XIe siècle, l’évolution consistera, principalement, à voir se généraliser l’usage de la pierre dans la construction des forteresses et des donjons. Le donjon de bois de la motte castrale sera peu à peu remplacé par un donjon de pierre. Nul doute que dans les pays où elle abonde, on s’en était déjà servi pour construire les premières fortifications mais, pour le coup, devant le peu de résistance qu’offre le bois comme matériau, la nécessité se fait jour d’employer la pierre de manière plus systématique, quand on en a la disponibilité et les moyens. Les choses varient encore selon que la forteresse bénéficie ou non d’une protection naturelle par son site même : éperon rocheux, inaccessibilité du terrain contre plaine, présence de l’eau et de douves contre fossés secs ou même simplement selon qu’elle se trouve éloignée ou non des zones de tension. En plus de tout cela, il y a encore nécessairement des variations régionales, dans l’utilisation des matériaux ou les « standards ».

Concernant cette version du  remplacement du bois vers la pierre dans le courant du XIe siècle, je fais appel, cette fois,  à un exemple parmi tant d’autres, celui du Jura, pour qu’on comprenne bien qu’il en va de cette affirmation « commune » comme de la précédente.

« La transition ou le passage entre la motte féodale et le château de pierre s’effectue cependant de manière différente selon les sites, c’est du moins ce qu’indique les sources archivistiques. Si la plupart d’entre elles cesse d’être mentionnée dès la fin du XIIIe siècle et plus volontiers dans le courant du XIVe siècle, plusieurs signalements de « motte foussoyée » sont rencontrés à la fin du XVIe siècle. Ces chronologies permettent ainsi d’envisager une certaine persistance des mottes dans la plaine doloise, avant leur remplacement par les constructions en pierre. Cette adéquation entre abandon de la motte et construction en pierre semble donc s’opérer sur près de deux siècles. »
Le château et la seigneurie dans le Jura Xe -XVe siècle,
Serge David, J-Luc Mordefroid, Musée Archéologique du Jura,

Encore une nuance apportée par les régions à la fois sur les mottes, mais aussi sur la transition du bois vers la pierre, et, cette fois-ci, notre chronologie glisse jusqu’au XVIe siècle. Bref, il semble que nous ayons compris l’idée. Pour autant qu’elle soit séduisante, une chronologie  simple ne sied pas à l’évolution des châteaux. Ci-contre, à gauche, mottes_catrales_tardives_histoire_chateau_fort_jurala carte du Jura et des mottes à cette période, tirée du dossier susnommé consultable ici. Au passage, vous noterez l’extrême profusion de ces installations, notamment en plaine. C’est une véritable fourmillement.

Outre ce remplacement du bois vers la pierre qui est loin d’être aussi systématique et général, dans le courant du XIe siècle, il ne faut pas, non plus, perdre de vue la très grande hétérogénéité des constructions  et c’est une autre idée sur laquelle il faut aussi insister. Cela relève de l’évidence, mais tous les seigneurs ne se tiennent pas à l’époque qui nous intéresse dans des mottes castrales. Les moyens de se défendre et de se fortifier sont en effet multiples et l’Histoire des châteaux-forts ne recouvre donc pas totalement l’Histoire des résidences des aristocrates, propriétaires terriens, ou seigneurs médiévaux mais bien plutôt, l’Histoire d’une certaine aristocratie ou de certaines seigneuries, sans nul doute les plus aisées et les plus puissantes. La motte castrale gomme en quelque sorte les différences mais plus on ira vers la pierre, plus cette vérité se confirmera. Quelles sont donc ces autres constructions à prendre en compte pour avoir une vue d’ensemble du paysage fortifié de cette France, autour du XIe siècle?

Enceintes de pierre, Enceintes castrales et Donjons de pierre sans motte

Ile Saint-Honorat, Provence. Ancien Monastére Fortifie à partir du XIe siècle
Ile Saint-Honorat, Provence. Ancien Monastére Fortifie à partir du XIe siècle

P_lettrine_moyen_age_passion copiaalissade et/ou élévation, moyens  employés traditionnellement par les hommes pour se défendre de leurs congénères? Assurément, nous le disions en introduction de cette série d’articles. Depuis le début du XXe siècle,  on a, de fait, retrouvé un grand nombre de traces d’enceintes dans toute l’Europe et jusqu’aux plaines de Russie. Certaines d’entre elles ont hébergé des villes ou des villages, d’autres de petites communautés, d’autres encore des seigneurs.

Quelquefois donc, les seigneurs se protègent simplement derrière une enceinte et ne construisent ni donjon, ni motte. Les éléments fonctionnels de leur résidence sont alors dispersés dans l’enceinte. Dans certains cas, un château a bien été construit mais il l’a été postérieurement à l’occupation effective de l’enceinte. Au même titre que la notion de mottes castrales, on parle « d’enceintes castrales » pour désigner ce type d’enceinte particulière, et on est bien tenté d’ailleurs de les faire entrer aussi dans la catégorie des ancêtres du château, même si elles ne sont pas des mottes à donjons ou des donjons à mottes, bref des mottes castrales. Les découvertes de l’archéologie moderne distancent encore quelque peu ici l’architecte qui nous servait de guide lors de l’article précédent en donnant de l’élasticité aux définitions. Dans d’autres cas de figure, comme on l’avait vu avec Viollet le Duc, c’est une motte castrale sur laquelle on trouve un donjon et on en fait alors chateaux-forts_mottes_castrales_donjons_histoire_monde_medieval« l’ancêtre du château-fort à donjon », mais elle n’a pas toujours de basse-cour ni d’enceinte autour. Dans d’autres cas, encore, il y a motte, il y a seigneur, mais point de donjon sur la motte, quelquefois c’est une simple tour de défense qui domine l’installation. De la même façon, on connaît aussi et déjà au Xe et XIe siècle l’existence de donjons de pierre isolés, contemporains des mottes castrales mais sans motte. (ci-contre donjon de Loches, XIe siècle)

« Tour fortifiée résidentielle, le donjon est une création du Xe siècle finissant, surtout sous sa forme la plus originale, la motte surmontée d’une demeure en bois. Il en existe une autre version, sinon plus spectaculaire, du moins mieux conservée, le grand donjon résidentiel en pierre »
Château-fort, Article de Michel BUR sur Universalis.

Autre château-fort de pierre bâti au XIIe, XIIIe supposément, sur une motte castrale normande du XIIe,
Restormel Castle, Angleterre : château-fort de pierre rebâti au XIIe, XIIIe, (supposément) sur une motte castrale normande du XIIe. Ses fondations sont enfouies dans la butte.

L_lettrine_moyen_age_passione donjon, résidence défensive du Seigneur par excellence, élevé ou non sur une butte et ceint ou non d’une muraille, semble, par contre, rencontrer un succès certain au fur et à mesure que l’architecture médiévale se standardise. Pour rester proche de la terminologie d’usage, il faudrait remarquer avec Jean Mesqui, qu’on le dénomme alors « Grande Tour » ou « Tour maîtresse »; l’appellation de Donjon est en effet tardive et ce terme désignait, au Moyen Âge, la partie du château qui forme le siège du pouvoir féodal et non pas ce que nous nommons « donjon » depuis seulement quelques siècles. Quoiqu’il en soit, on retrouvera cette grande tour de pierre, encore construite de manière isolée, dans les siècles suivants, atteignant quelquefois des hauteurs spectaculaires, et il n’intégrera pas forcément un château. De plus en plus souvent, sans toutefois que cela soit systématique, les châteaux eux l’intégreront dans leur cour et les mottes qui en disposent, comme nous l’avons dit, les fortifieront à leur rythme ou non. Quelquefois les sites seront désertés au profit d’autres sites, quelquefois on reconstruira un château de pierre sur le même site. Pour clore le gisors-histoire_medievale_chateau_forts_mottes_castrales_moyen-age_feodalitepaysage de cette France fortifiée, ajoutons qu’il y a aussi, déjà, dans les régions où la pierre abondent et où les seigneurs sont suffisamment puissants pour s’entourer de bâtisseurs experts dans la pierre, des châteaux faits de ce matériau. Le paysage est donc hétérogène même on peut supposer que pour la facilité de leur construction et le peu de moyens qu’elles engagent, les mottes l’emportent en nombre. (ci dessus photo du très célèbre château de Gisors, XIe, XIIe siècle)

Faisceau d’innovations ou évolution buissonnante?

A_lettrine_moyen_age_passionu delà de la forme identifiée de la motte castrale, il semble donc bien que l’on soit tenté d’élargir un peu les catégories, ou en tout cas, de former une vision un peu plus complète de ce paysage fortifié d’entre la fin du Xe siècle et le début du XIIe. Un donjon seul, pas plus qu’une enceinte ne peuvent, me direz-vous, être appelé « château » et il reste vrai qu’un certain nombre des composants combinés que l’on retrouve « souvent » dans les mottes castrales font encore de cette construction  ce qu’il y a de plus proche de ce que l’on retrouvera plus tard dans les châteaux, pour peu qu’on continue de lui prêter une fonction résidentielle. Pour autant, l’évolution de la motte castrale vers le château n’est pas non plus, aussi linéaire et directe qu’on se la représente en général, ce que pressentait déjà Viollet le Duc, en quelque sorte, qui ne lui voyait que peu de filiation totnes_motte_castrale_chateaux_medievaux_angleterre_histoire_medievaleentre ces premières fortifications et les merveilles d’architecture des châteaux du XIIe sauf à en appeler à l’intervention de l’expertise militaire, autant qu’à la conscience politique et territoriale des seigneurs normands.  (ci contre Totnes, Angleterre, château à mottes normand,  XIe siècle)

« Le château normand conserve longtemps les qualités d’une forteresse combinée de façon à se défendre contre l’assaillant étranger ; son assiette est choisie pour commander des passages, intercepter des communications, diviser des corps d’armée, protéger un territoire ; ses dispositions intérieures sont comparativement larges, destinées à contenir des compagnies nombreuses. Le château français ne s’élève qu’en vue de la garde du domaine féodal ; son assiette est choisie de façon à le protéger seul ; ses dispositions intérieures sont compliquées, étroites, accusant l’habitation autant que la défense ; elles indiquent la recherche d’hommes réunis en petit nombre, dont toutes les facultés intellectuelles sont préoccupées d’une seule pensée, celle de la défense personnelle. »
Eugène Viollet le Duc. Dictionnaire raisonné d’Architecture

L_lettrine_moyen_age_passiones analyse d’Eugène Viollet le Duc reste étayées et très convaincantes, et les normands ont laissé de cette époque de véritable chef-d’oeuvre d’architecture défensive, mais il serait intéressant de voir si les enceintes castrales, de même que les donjons de pierre isolés, qui n’étaient pas juchés sur des mottes et qui en sont contemporains, n’ont pas eux-même été, au moins partiellement partie-prenant des évolutions. Au fond, au vue de ce que nous démontre l’archéologie de leur présence aux mêmeshistoire_chateau_fort_medieval_moyen-age_chateau_normand_arques_viollet_le_duc périodes, toutes ces installations auront certainement aussi évolué dans le temps, chacune de leur côté mais de manière plutôt simultanée que séquentielle. Finalement, plus surement qu’une simple relation de cause à effet, des mottes vers les châteaux, et sans remettre en cause l’inspiration et l’influence normande évidente, n’y a-t-il pu aussi avoir un effet de regroupement des innovations entres maisons fortes, enceintes castrales et mottes castrales qui auraient participé des évolutions et se seraient cristalliser par la suite et en partie dans le château-fort du XIIe, avant même que Philippe- Auguste ne le standardise, en y adjoignant, peut-être encore avec ses bâtisseurs, quelques éléments antiques retrouvés à la lumière des premières croisades (ci- contre le château normand d’Arques la bataille construit sur un motte, à partir du XIe siècle. Des débats entourent  sa datation).  Je ne prétends pas, bien sûr, diminuer l’importance des avancées de Philippe-Auguste en disant cela, pas d’avantage que l’apport normand, mais plutôt questionner ce que le fruit de deux cent ans d’expérience dans les fortifications du Xe au XIe aurait pu amener vers lui, auquel il faudrait alors rendre justice. Au fond, l’idée même relative d’un faisceau d’innovations, venu d’expertises et d’expériences variées dans la construction défensive qui s’affinent et s’aguerrissent sous la pression des agressions, pour contribuer aussi et, à leur manière, aux progrès du château-fort des siècles suivants, me paraît être, un tout cas, une piste séduisante. (Par rapport à l’image ci-dessous, veuillez noter que ce château du Pays de Galles, a été reconstruit ou restauré plusieurs fois, du vivant de son propriétaire dans le courant du XIIe siècle mais que ce dernier n’a jamais considéré l’usage de la pierre. Voir article en anglais ici sur Hen Domen pour ceux que cela intéresse).

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Hen Domen, Pays de Galles, château de bois du XIIe siècle, maquette réalisée par Peter Scholefield, sur la base de 30 ans de recherche archéologique.

C. Le paysage politique de la féodalité

D_lettrine_moyen_age_passiones mottes castrales qui tendent à évoluer vers la pierre, des donjons en pierre qui leur sont contemporains et s’érigent sans motte, des enceintes encore, un peu partout, et souvent des tours de garde pour les protéger, mais aussi pour faire le tour de ce paysage fortifié du XIe, des bâtiments civils et surtout des bâtiments religieux qui se protègent, des monastères fortifiés. Religieux, civils, seigneurs, tout le monde aux abris! Ce XIe siècle verra les forteresses et les châteaux se multiplier. Que s’y passe-t-il donc? 

Notion de « Révolution » féodale

Le XIe siècle se caractérise, semble-t’il, par une forme de « push ». J’emploie ce mot moderne à dessein mais c’est un peu ainsi qu’on peut décrire les choses, si tenté que l’on prenne en compte que cette forme de prise de pouvoir se fait dans des espaces laissés vacants ou presque par une royauté affaiblie. Devant la situation  de l’affaiblissement du pouvoir central et sous la pression des invasions, les seigneurs, les aristocrates et les propriétaires fonciers vont, en effet et d’une certaine manière, s’engouffrer dans les brèches et occuper le terrain laissé par ce vide régalien, et nous faire entrer, cette fois-ci, en plein dans cette période que l’on appelle la féodalité. Il est intéressant  de noter que pour certains auteurs, la féodalité n’est pas un régime ou une forme politique établie, au sens où ils ne la considèrent pas comme une forme figée et « stable » d’organisation mais plutôt comme une forme de transition d’une certaine forme de « barbarie » voire « d’anarchie », vers un contrôle monarchique qui exercera à nouveau ses droits et qui n’aura d’ailleurs de cesse de les reprendre sur les seigneurs dans le courant des siècles suivants, de Philippe-Auguste à Saint-Louis. On parle encore ailleurs d’une forme de « révolution » menée par ces seigneurs locaux et ces aristocrates s’étant appropriés le droit de bâtir des châteaux, droit qui était, jusque là, le fait du prince. Bien vestige_donjon_chateau_fort_tour_de_pierre_histoire_monde_medievalsûr et dans ce cadre, ce concept de révolution n’est pas connoté de  l’idée de mieux ou de progrès, mais relève plutôt du constat d’un changement radical, avec un avant et un après. (ci-contre tour de pierre du XIIe siècle, vestige d’un château La Garde-Guérin, France)

« ….Cette crise révolutionnaire a duré l’espace d’une génération, quelquefois l’espace de deux générations, et ceci a suffi à modifier complètement la situation sociale et la situation des châteaux. Alors, pendant cette période qui est marquée par des coups de boutoir violents de la part de l’aristocratie et surtout de la nouvelle aristocratie, le pouvoir sur les châteaux échappe momentanément au prince, il y a appropriation généralement brutale des droits publics et par voie de conséquence des édifices publics et en même temps on voit se construire de nouvelles forteresses sans l’autorisation du prince… »
Pierre Bonnassie, « Châteaux, pouvoir de commandements« .
Colloque d’archéologie médiévale de Caen.

Protection des territoires délocalisée :
de la délégation à la dérive?

D_lettrine_moyen_age_passione nouveaux droits, de nouvelles lois, de nouveaux châteaux ou de nouvelles mottes castrales et la naissance véritable de la féodalité. Au fond, de la vision consensuelle d’un roi, d’un prince ou d’un suzerain qui concède à ses vassaux par absence de choix la protection du territoire, on s’oriente plus résolument sur une dérive de la situation. Certains historiens la font remonter bien plus loin que le Xe, XIe siècle, mais la grande majorité d’entre eux continue d’y voir un régime  très particulier qu’il faut rattacher aux siècles dont nous parlons et dont ce XIe semble consacrer l’avènement. On a décrit cette féodalité comme un régime cruel et injuste, un régime de fortes taxes, de corvées à merci, et d’abus de pouvoir de toute nature sur les petites gens et, comme nous le disions, il  faudra attendre que ces derniers comme les rois dans un effort conjoint aux intérêts toutefois divergents, la fassent tomber graduellement pour en quelque sorte, reprendre les droits que ces petites seigneurs et aristocrates leur avait confisqué.  Les épidémies de peste, mais aussi la dépopulation de la guerre de cent ans auront leur rôle à jour et viendront en quelque sorte, accélérer les choses en changeant la donne pour les petites gens qui travaillent la terre, et du côté du roi la reconstitution d’une armée et la chateaux-fort_anglo-normands_histoire_medievale_mottes_castrales_moyen-age_feodaliteréaffirmation de sa couronne sur l’ensemble de ses territoires reconquis aidera; la guerre de cent ans n’y sera d’ailleurs pas totalement étrangère. (photo ci-contre, Dudley Castle, Angleterre, château rebâti en pierre aux XIIe sur une butte castrale normande du XIe siècle), 

La fracture féodale franco-normande

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour beaucoup donc, ces mottes castrales, ces forteresses et ses châteaux qui se multiplient sont aussi le signe de cette période et c’est une période trouble. Pour  reprendre le fil avec Viollet le Duc, c’est dans une véritable diatribe que notre architecte se lance contre la féodalité et il suivra encore dans ses raisonnements la fracture qu’il avait déjà souligné entre seigneurs français et seigneurs normands. Il nous décriera les seigneurs francs d’alors comme opportunistes, peu soucieux de l’idée de nation, ne cherchant qu’à former de nouveaux accords pour conquérir de nouvelles terres, complotant ou oeuvrant pour « s’assujettir » la protection de plusieurs suzerains. Et voyez que j’use du terme d’assujettissement du suzerain par un vassal, en pensant à la dialectique du maître et de l’esclave. Les intérêts et les dépendances sont doubles et le suzerain, comme le vassal, également instrumentalisé. Ils se soulèveront même quelquefois, vassaux unis contre suzerain. Pour revenir sur cette féodalité « à deux vitesses » ou  à deux visages que Viollet le Duc nous dépeint, l’un normand et l’autre françaischateau_fort_pierre_motte_castrale_histoire_medieval_mauvezin, Michel Bur la reprendra également. Il évoquera, en effet, des systèmes plus collaboratifs entre seigneurs et paysans et une forme de co-dépendance plus intelligente, plus nuancée. qu’il placera préférablement du côté normand: étrangers sur leur propre territoire, nouvelle-ment installés ces derniers auraient ressenti, d’une certaine manière, le besoin plus marqué de s’associer la collaboration des gens s’y trouvant. Est-ce un invariant ou une tendance? Il semble que la fracture existe mais je veux croire encore que les régions parlent différemment sur tous ses aspects et peut-être encore plus sûrement les seigneurs et la nature de chacun. Fait intéressant, Michel Bur note aussi que même construits sans autorisation et sauvagement, de nombreux châteaux avaient fait l’objet d’une régularisation a posteriori par des actes officiels. On se pose alors la question de savoir s’il y a là, après la liberté prise, un volonté tout de même de se placer sous l’égide du roi ou du prince ou sous sa protection, en cherchant son assentiment, ou s’il ne s’agit que de manoeuvres administratives pour prétendre à plus de droits sur le territoire une fois le château régularisé dans les actes. (ci-dessus le château de pierre de Mauvezin,  reconstruit au XIIIe siècle sur un château de bois qui se trouvait sur cette même motte castrale, Midi-Pyrénées,  France)

Maquette : reconstitution de l'enceinte castrale et du site fortifié de Plessis-Grimoult (Calvados), XIe siècle
Maquette : reconstitution de l’enceinte castrale et du site fortifié de Plessis-Grimoult (Calvados), XIe siècle

V_lettrine_moyen_age_passion copiaoilà donc pour notre XIe et les débuts du XIIe siècle, ces mottes castrales, ces paysages hétérogènes inégalement fortifiés et pas tous de la même manière, cette féodalité qui se structure aussi, dans la violence et les vides laissées, et encore quelques incursions du côté d’une chronologie qui glisse et de la complexité à toucher le monde médiéval dans ses représentations et sa vérité toute entière. J’espère que vous aurez apprécié ces détours sur un sujet sur lequel il est tant difficile de faire court. Du reste, vous l’aurez remarqué, nous n’avons pas abordé le rôle politique et défensif  que joue la religion dans ce paysage féodal fortifié, mais les détours sont suffisamment larges quand l’on se penche uniquement sur les châteaux.

Avant d’aborder les siècles qui verront se généraliser le château-fort de pierre nous ferons, dans notre prochain article, une incursion vers les techniques de siège héritées de l’époque antique à gréco-romaine qui seront à l’oeuvre au moyen-âge notamment face à ses futurs châteaux de pierre.

En vous remerciant de votre lecture, je vous souhaite une excellente journée.  Longue vie!

Fred
Pour moyenagepassion.com

« A la recherche du monde médiéval sous toutes ses formes « 

___________________________________________________________________________(*) Histoire du XIXe et « Nationalisme » : concernant ce mot, souvent historiquement connoté au point d’entre être devenu presque suspect, et la tendance d’une certaine histoire du XIXe siècle à s’exercer à l’échelle des nations, je le constate sans le juger. Sauf preuve du contraire, au sens littéral et historique, les nations sont encore bien des entités réelles, et je n’ai rien, me concernant, contre l’idée que ceux qui occupent un territoire puissent être attachés à leur propre Histoire. Il ne faut pas confondre un concept ou, en l’occurrence, un sentiment d’attachement avec l’instrumentalisation idéologique biaisée qui peut en être faite. D’un autre côté,  on peut aussi avoir du discernement et  éviter de tomber dans la chanson de Brassens qui parlait des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». Depuis des millénaires, la richesse des sociétés humaines est aussi basée sur les échanges et les apports culturels dans la connaissance et le respect mutuel. L’idée abstraite de gommer ces différences entre les peuples au prétexte qu’elles en créent est une idée simpliste qui relève plus d’une intention politique, économique et stratégique que d’une réalité.