{"id":20378,"date":"2018-04-06T03:46:11","date_gmt":"2018-04-06T02:46:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.moyenagepassion.com\/?p=20378"},"modified":"2020-10-02T00:25:12","modified_gmt":"2020-10-01T23:25:12","slug":"eglogue-au-roi-sous-les-noms-de-pan-robin-une-parabole-aux-accents-bucoliques-de-marot-a-lautomne-de-sa-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/2018\/04\/06\/eglogue-au-roi-sous-les-noms-de-pan-robin-une-parabole-aux-accents-bucoliques-de-marot-a-lautomne-de-sa-vie\/","title":{"rendered":"Eglogue au Roi sous les noms de Pan &#038; Robin, une parabole aux accents bucoliques de Marot, \u00e0 l&rsquo;automne de sa vie"},"content":{"rendered":"<div id=\"moyen-3307356927\" class=\"moyen-before-content moyen-entity-placement\"><script async src=\"\/\/pagead2.googlesyndication.com\/pagead\/js\/adsbygoogle.js?client=ca-pub-3035390706780632\" crossorigin=\"anonymous\"><\/script><ins class=\"adsbygoogle\" style=\"display:block;\" data-ad-client=\"ca-pub-3035390706780632\" \ndata-ad-slot=\"\" \ndata-ad-format=\"auto\"><\/ins>\n<script> \n(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); \n<\/script>\n<\/div><p><strong><a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/portrait_clement_marot_poesie_medievale.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-5778 alignleft\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/portrait_clement_marot_poesie_medievale.jpg\" alt=\"portrait_clement_marot_poesie_medievale\" width=\"138\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/portrait_clement_marot_poesie_medievale.jpg 253w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2016\/08\/portrait_clement_marot_poesie_medievale-209x300.jpg 209w\" sizes=\"(max-width: 138px) 100vw, 138px\" \/><\/a>Sujet :<\/strong>\u00a0 po\u00e9sie renaissante, moyen-\u00e2ge tardif, po\u00e9sies courtes, \u00e9glogue, Robin, Marion.<br \/>\n<strong>P\u00e9riode :<\/strong>\u00a0fin du moyen-\u00e2ge, renaissance<br \/>\n<strong>Auteur :\u00a0<\/strong>\u00a0<em><strong><a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/2016\/08\/20\/clement-marot-portrait-dun-esprit-libre-a-la-lisiere-du-monde-medieval-et-de-la-renaissance\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Cl\u00e9ment MAROT<\/a><\/strong>\u00a0<\/em>(1496-1544)<br \/>\nTitre :\u00a0\u00ab Eglogue au roy (roi), sous les noms de Pan et Robin\u00bb<br \/>\n<strong>Ouvrage<\/strong>\u00a0:. oeuvres compl\u00e8tes de Cl\u00e9ment MAROT, par\u00a0<strong>Abel grenier<\/strong>, Tome 1\u00a0(1879)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bonjour \u00e0 tous,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-50\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/D_lettrine_moyen_age_passion.jpg\" alt=\"D_lettrine_moyen_age_passion\" width=\"84\" height=\"103\" \/>at\u00e9 de 1539, <strong><em>l&rsquo;Eglogue au Roy<\/em><\/strong> de <strong>Cl\u00e9ment Marot<\/strong>\u00a0fait partie de la po\u00e9sie tardive de l&rsquo;auteur. Notre po\u00e8te a pass\u00e9 la quarantaine et il laisse ici de c\u00f4t\u00e9 le ton grivois et gaulois qu&rsquo;il a si souvent tutoy\u00e9 sur le th\u00e8me de <em><strong>Robin et de Marion,<\/strong><\/em> pour une po\u00e9sie plus sage et plus profonde, mais dont le ton reste l\u00e9ger et imag\u00e9.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Eglogue<\/strong> :\u00a0 l&rsquo;\u00e9glogue est une po\u00e9sie lyrique en g\u00e9n\u00e9ral assez courte qui loue et met en exergue le th\u00e8me de la vie champ\u00eatre et pastorale. Son origine remonte aux grecs et au po\u00e8te Virgile.\u00a0Dans la forme dont il est question ici, c&rsquo;est un genre po\u00e9tique repris aux d\u00e9buts du XVe.<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Les deux visages de Marot<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-20437 alignright\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/deco_medievale_enluminures_clement_marot.jpg\" alt=\"deco_medievale_enluminures_clement_marot\" width=\"80\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/deco_medievale_enluminures_clement_marot.jpg 115w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/deco_medievale_enluminures_clement_marot-70x300.jpg 70w\" sizes=\"(max-width: 80px) 100vw, 80px\" \/>En r\u00e9alit\u00e9, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire d&rsquo;\u00e2ge, ni de maturit\u00e9. Les deux visages de Marot\u00a0homme de cour trivial \u00e0 l&rsquo;humour caustique\u00a0 d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et, de l&rsquo;autre, auteur talentueux d&rsquo;une grande sensibilit\u00e9 qui sait aussi traiter les sujets avec style et profondeur, sont pr\u00e9sents tout au long de son parcours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut-\u00eatre ne peut-on pas totalement en vouloir \u00e0 <strong>Boileau<\/strong> de l&rsquo;avoir un peu enferm\u00e9 et sans doute r\u00e9duit\u00a0\u00e0 ce r\u00f4le d&rsquo;amuseur\u00a0et cet <em><strong>\u00ab\u00a0\u00e9l\u00e9gant badinage\u00a0\u00bb<\/strong><\/em>. Marot a c\u00e9d\u00e9 plus qu&rsquo;\u00e0 son tour aux traits d&rsquo;esprit et sa verve a, de fait et souvent, pu un peu \u00e9clipser l&rsquo;auteur plus s\u00e9rieux et formel qu&rsquo;il savait \u00eatre aussi. L&rsquo;humour a quelquefois ceci de \u00ab\u00a0d\u00e9vorant\u00a0\u00bb qu&rsquo;il suffit d&rsquo;en faire un peu pour qu&rsquo;on veuille vous y r\u00e9duire ou\u00a0 m\u00eame en faire, \u00e0 votre place, une profession de foi. C&rsquo;est loin d&rsquo;\u00eatre le cas de Marot et on ne peut l&rsquo;y cantonner, ceux qui se sont pench\u00e9s sur la totalit\u00e9 de son oeuvre le savent bien. Comme de notre c\u00f4t\u00e9, nous avons jusque l\u00e0 beaucoup c\u00e9d\u00e9 \u00e0 ses bons mots, il est temps sans doute que nous approchions un peu son autre\u00a0visage, pour contrebalancer.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Contexte historique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que de chemin parcouru entre la premi\u00e8re \u00e9glogue \u00e0 Virgile de <em>l&rsquo;<strong>Adolescence Cl\u00e9mentine<\/strong><\/em>, ou celle encore, en forme d&rsquo;\u00e9pitaphe \u00e0 <em><strong>Ma Dame Loyse de Savoye<\/strong> <\/em>et celle du jour. De longues ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es, plus de vingt ans, avec dans l&rsquo;intervalle, quelques s\u00e9rieuses \u00e9preuves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1539,\u00a0Marot est revenu depuis quelque temps d\u00e9j\u00e0 de son premier et douloureux exil. Trois ans auparavant et sur demande de <strong>Fran\u00e7ois 1er<\/strong>, il a abjur\u00e9 solennellement \u00e0 Lyon et, ayant obtenu le pardon du roi, il se tient \u00e0 nouveau \u00e0 la cour. Ses conflits avec les autres po\u00e8tes sont loin derri\u00e8re lui et sa r\u00e9putation, autant que sa position, y sont de nouveau bien assises. Quelques ann\u00e9es auparavant, ces oeuvres ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es \u00e0 la faveur d&rsquo;une imprimerie qui s&rsquo;impose de plus en plus comme une technologie avec laquelle il faudra d\u00e9sormais compter et malgr\u00e9 les vicissitudes et le\u00a0parcours agit\u00e9 que notre auteur a connu, le roi semble toujours autant l&rsquo;avoir en ses faveurs, go\u00fbtant, sans les bouder, les charmes\u00a0de\u00a0sa plume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-20437 alignleft\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/deco_medievale_enluminures_clement_marot.jpg\" alt=\"deco_medievale_enluminures_clement_marot\" width=\"80\" height=\"344\" srcset=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/deco_medievale_enluminures_clement_marot.jpg 115w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/deco_medievale_enluminures_clement_marot-70x300.jpg 70w\" sizes=\"(max-width: 80px) 100vw, 80px\" \/>Pourtant, pour autant qu&rsquo;il pourrait se contenter du confort dans lequel il se tient, il semble qu&rsquo;il faille que <strong>Marot<\/strong>\u00a0ne soit jamais tout \u00e0 fait sage et conforme, ni tout \u00e0 fait docile. En l&rsquo;occurrence et cette\u00a0 m\u00eame ann\u00e9e 1539, il sera, en plus, rattrap\u00e9 par son pass\u00e9. L&rsquo;<em><strong>Enfer<\/strong><\/em>\u00a0&#8211; sulfureux pamphlet qu&rsquo;il avait compos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attention de\u00a0ceux qui l&rsquo;avaient fait emprisonner en 1526 et contre la magistrature et les th\u00e9ologiens &#8211; sera, en effet, \u00e9dit\u00e9 sans son autorisation. Trois ans plus tard, le m\u00eame texte sera \u00e0 nouveau publi\u00e9 par\u00a0<strong>Estienne Dollet<\/strong>\u00a0dans des conditions similaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 et, pour le coup, bien volontairement, Marot\u00a0continue d&rsquo;oeuvrer \u00e0 sa traduction des psaumes. Sait-il que se faisant, il prendra encore le risque d&rsquo;\u00e9veiller les foudres de ses anciens ennemis qui continuent\u00a0de le surveiller d&rsquo;un oeil ? Il ne peut l&rsquo;ignorer et, en tout cas, il semble le redouter, comme on pourra le lire entre quelques lignes de cette\u00a0<em><strong>Eglogue du Roy<\/strong><\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\"><em><strong>\u00ab\u00a0Il me suffit, que mon trouppeau <\/strong><span style=\"color: #999999;\">(tu)<\/span><strong> preserves<\/strong><span style=\"color: #808080;\">* (Pan)<\/span><\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><em><strong>Des loups, des ours , des lyons, des loucerves,\u00a0\u00bb<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du reste, ces foudres, il les conna\u00eetra \u00e0 nouveau, quelques temps apr\u00e8s, avec ses m\u00eames psaumes. La Sorbonne en t\u00eate, bient\u00f4t suivie par l&rsquo;\u00e9glise et une cohorte de d\u00e9tracteurs, se dressera contre la traduction et la versification de Marot. Bien que le succ\u00e8s de la parution ait \u00e9t\u00e9\u00a0ind\u00e9niable \u00e0 la cour comme ailleurs, on le frappa d&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie et on vint m\u00eame demander au roi d&rsquo;ent\u00e9riner la sanction. Ajout\u00e9s au contexte houleux de la r\u00e9forme et de la chasse aux luth\u00e9riens, la publication de l&rsquo;enfer en 1542 et cette agitation autour des psaumes compt\u00e8rent sans doute parmi les raisons qui conduisirent le po\u00e8te \u00e0 un nouvel exil. On en connait les suites, il s&rsquo;enfuit \u00e0 Gen\u00e8ve, de l\u00e0 et un peu plus tard, il se r\u00e9fugia en Savoie, puis encore en Italie et \u00e0 Turin\u00a0o\u00f9, il finit par p\u00e9rir, deux ans plus tard,\u00a0 loin de son sol aim\u00e9.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Libert\u00e9 et conscience de la post\u00e9rit\u00e9<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #808080;\"><span style=\"color: #000000;\">Plus id\u00e9aliste que marginal ou m\u00eame r\u00e9volt\u00e9 ( au sens social), pour \u00eatre pensionn\u00e9 et au service du roi, nous le disions plus haut, Marot n&rsquo;en est pas, pour autant, totalement servile ; une n\u00e9cessit\u00e9 le pousse \u00e0 mener son art, autant que ses actes, l\u00e0 o\u00f9 bon lui semble et o\u00f9 sa conscience lui dicte. On ne peut sans doute pas r\u00e9duire cette libert\u00e9 \u00e0 une protection royale et peut-\u00eatre m\u00eame une certaine bienveillance qu&rsquo;il tiendrait pour acquises et dont, le supposant, il aurait fait quelques abus. En 1539, l&rsquo;exp\u00e9rience lui en a d\u00e9j\u00e0 largement d\u00e9montr\u00e9 les limites. Les choses lui \u00e9chappent-elle vraiment ? Se pose-t-il m\u00eame toujours\u00a0 la question ? A l&rsquo;image de ses convictions, il semble tout de m\u00eame que l&rsquo;\u00e9criture reste pour lui une affaire s\u00e9rieuse qui devrait situer le po\u00e8te, en dernier ressort, \u00e0 une certaine hauteur de d\u00e9bat et m\u00eame au dessus des simples contingences alimentaires. <strong>(1)<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Est-ce une tendance naturelle, un trait de caract\u00e8re frondeur ou est-ce l&rsquo;\u00e9criture critique et satirique du<strong> <a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/moyen-age\/musique-medieval-historique-fantaisie-celtique\/jean-de-meung\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Jean de Meung<\/a><\/strong> du <em><strong>Roman de la Rose<\/strong><\/em>, qui l&rsquo;a form\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;une certaine libert\u00e9 qu&rsquo;on ne peut simplement r\u00e9duire \u00e0 de l&rsquo;impertinence ? Plus haut et plus loin que le d\u00e9sir pu\u00e9ril de provoquer,\u00a0la plume est un chemin vers une libert\u00e9 <img decoding=\"async\" class=\" wp-image-20437 alignright\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/deco_medievale_enluminures_clement_marot.jpg\" alt=\"deco_medievale_enluminures_clement_marot\" width=\"81\" height=\"349\" \/>qui ne souffre l&rsquo;ali\u00e9nation. On a parl\u00e9 quelquefois \u00e0 son propos d&rsquo;\u00e9tourderie, d&rsquo;impulsivit\u00e9, c&rsquo;est lui pr\u00eater,\u00a0sans doute, un peu trop de \u00ab\u00a0l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 intellectuelle\u00a0\u00bb\u00a0et moins de conscience qu&rsquo;il n&rsquo;en avait.\u00a0 La v\u00e9rit\u00e9 est entre les deux. S&rsquo;il serait exag\u00e9r\u00e9 de faire de Marot un auteur clairement engag\u00e9, loin s&rsquo;en faut,\u00a0on ne peut pour\u00a0autant\u00a0 le r\u00e9sumer \u00e0 un po\u00e8te de cour\u00a0 \u00e9pris de trivialit\u00e9 et aveugl\u00e9ment au service du roi. <strong>(2)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut-\u00eatre un peu de la\u00a0fronde de <strong><a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/moyen-age\/musique-medieval-historique-fantaisie-celtique\/francois-villon\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Fran\u00e7ois Villon<\/a><\/strong> a t-elle aussi fini par se greffer dans un coin de l&rsquo;esprit de Marot et jusque dans sa destin\u00e9e houleuse ? On sait l&rsquo;admiration qu&rsquo;il vouait \u00e0 ce dernier et si c&rsquo;est le cas, le po\u00e8te de Cahors aurait eu de qui tenir.\u00a0M\u00eame si le rapprochement ne peut se faire que de loin entre\u00a0 le parcours et \u00ab\u00a0l&rsquo;anticonformisme\u00a0\u00bb de l&rsquo;auteur du <em><strong>Grand testament<\/strong><\/em> et Marot,\u00a0\u00a0Villon a ind\u00e9niablement insuffl\u00e9 \u00e0 la po\u00e9sie une forme d&rsquo;absolu, en la mettant, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, au dessus des lois des hommes et du conformisme. Dans les m\u00e9andres de sa vie chaotique et\u00a0marginale,\u00a0\u00e0 travers\u00a0la grande aventure de son \u00e9criture, arm\u00e9 de sa seule plume, Villon est finalement demeur\u00e9 seul face \u00e0 ses actes, face \u00e0 Dieu et face \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, insaisissable et \u00e9lev\u00e9 par son art.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marot a-t-il pu \u00eatre touch\u00e9 par cet absolu et la hauteur \u00e0 laquelle ce dernier pla\u00e7ait la po\u00e9sie ? Peut-\u00eatre. Dans ses si\u00e8cles o\u00f9 se forme plus r\u00e9solument la notion d&rsquo;auteur, il eut aussi une conscience aigu\u00eb de la notion de legs et de post\u00e9rit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\">\u00a0<em><strong>\u00ab\u00a0Et tant que ouy,\u00a0&amp;\u00a0nenny se dira,<\/strong><\/em><\/span><br \/>\n<em><strong><span style=\"color: #008000;\">Par l&rsquo;univers, le monde me lira\u00a0\u00bb<\/span><br \/>\n<\/strong><\/em><span style=\"color: #808080;\">Cl\u00e9ment Marot. Epitre LXI a un sien amy (1543)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">L&rsquo;imprimerie, de plus en plus pr\u00e9sente, n&rsquo;est sans doute pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 cela. Dans ce XVIe si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0 renaissant, elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e9dit\u00e9 et souvent m\u00eame \u00e9gratign\u00e9 des oeuvres po\u00e9tiques (celles de Villon notamment) pour les besoins de son commerce, Marot s&rsquo;en est assez plaint. Nouvelle technologie \u00e0 double\u00a0tranchant,\u00a0elle peut, certes, d\u00e9former l&rsquo;art du po\u00e8te ou \u00e9diter contre lui des oeuvres pass\u00e9es en lui \u00f4tant des mains le contr\u00f4le de son legs mais, en m\u00eame temps, elle l&rsquo;affranchit (id\u00e9alement plus que mat\u00e9riellement) de son royal bienfaiteur en lui offrant un large lectorat. Il est difficile de savoir \u00e0 quel point cela a pu faire partie des \u00e9l\u00e9ments favorisant chez le po\u00e8te de Cahors la conscience d&rsquo;inscrire son art et ses actes dans\u00a0la dur\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;\u00e8re des manuscrits le succ\u00e8s de certains auteurs avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 assur\u00e9, mais c&rsquo;est un \u00e9l\u00e9ment de contexte que l&rsquo;on ne peut totalement ignorer.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Eglogue au Roy,<br \/>\ns<em>ous les noms de Pan &amp; Robin\u00a0\u00a0<\/em><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cet \u00e9glogue \u00e0 la premi\u00e8re personne, Marot se glisse dans la peau d&rsquo;un pastoureau nomm\u00e9 Robin qui nous conte sa vie champ\u00eatre tout en louant le Dieu Pan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De fait, l&rsquo;ensemble de cette oraison du petit berger \u00e0 Pan est une belle\u00a0parabole aux accents rupestres dans lequel le po\u00e8te relate et \u00ab\u00a0encode\u00a0\u00bb les moments forts de sa vie. On y trouvera donc de nombreux allusions \u00e0 son propre parcours,\u00a0beaucoup de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, un brin de m\u00e9lancolie et de questionnement sur l&rsquo;avenir mais pas de trace d&rsquo;amertume. Point de verve ou de vitriol, le calme est retrouv\u00e9\u00a0et \u00e0 l&rsquo;approche de l&rsquo;hiver, l&rsquo;auteur semble ne r\u00eaver que d&rsquo;un peu d&rsquo;abri et de tranquillit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/clement_marot_poesie_jeunesse_folle_eglogue_au_roi_pan_et_robin_moyen-age_tardif.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-20448  alignleft\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/clement_marot_poesie_jeunesse_folle_eglogue_au_roi_pan_et_robin_moyen-age_tardif.jpg\" alt=\"clement_marot_poesie_jeunesse_folle_eglogue_au_roi_pan_et_robin_moyen-age_tardif\" width=\"201\" height=\"148\" srcset=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/clement_marot_poesie_jeunesse_folle_eglogue_au_roi_pan_et_robin_moyen-age_tardif.jpg 1024w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/clement_marot_poesie_jeunesse_folle_eglogue_au_roi_pan_et_robin_moyen-age_tardif-300x221.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 201px) 100vw, 201px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On en connait le passage c\u00e9l\u00e8bre, maintes fois cit\u00e9 que nous reprenons ici \u00e0 notre tour. Au del\u00e0 de ces quelques vers connus, en plus du plaisir \u00e0 la lire, cette \u00e9glogue vaut vraiment d&rsquo;\u00eatre red\u00e9couverte dans sa totalit\u00e9 pour ce qu&rsquo;elle nous apprend de la vie du po\u00e8te, mais aussi de ses vues sur son art. Nous vous proposons d&rsquo;ailleurs en pied d&rsquo;article un lien vous permettant de la t\u00e9l\u00e9charger au format pdf.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\">(&#8230;)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\"><strong><em>Sur le printemps de ma jeunesse folle,<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Je ressemblois l&rsquo;arondelle qui volle<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Puis \u00e7a, puis l\u00e0 : l&rsquo;aage me conduisoit,<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Sans peur ne soing, o\u00f9 le cueur me disoit.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> En la forest (sans la craincte des loups)<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Je m&rsquo;en allois souvent cueillir le houx,<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Pour faire gluz \u00e0 prendre oyseaulx ramages,<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Tous differens de chantz et de plumages ;<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Ou me souloys (pour les prendre) entremettre<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> A faire bricz, ou cages pour les mettre.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Ou transnouoys les rivieres profondes,<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Ou r&rsquo;enfor\u00e7oys sur le genoil les fondes,<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Puis d&rsquo;en tirer droict et loing j&rsquo;apprenois<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><strong><em> Pour chasser loups et abbatre des noix.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Saluant au passage\u00a0la \u00ab\u00a0jeunesse folle\u00a0\u00bb de Villon, \u00a0dans quelques uns de ses premiers vers sur le printemps de sa vie, on pourrait presque entendre raisonner avec quelques si\u00e8cles d&rsquo;avance, certains accents lyriques du Chant du monde de Giono ou revoir encore d\u00e9filer les plus belles pages contemporaines de l&rsquo;enfance buissonni\u00e8re de Pagnol\u00a0\u00e0 la Gloire de son p\u00e8re. Le cadre de la vie campagnarde est joliment pos\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Viendra encore s&rsquo;y ajouter l&rsquo;affirmation de la vocation pr\u00e9coce du po\u00e8te et un long hommage \u00e0 son p\u00e8re Jean Marot pour lui avoir transmis cet art que l&rsquo;auteur mettra\u00a0ici\u00a0en comparaison avec celui des troubadours ou des trouv\u00e8res de la lyrique courtoise, en parlant de &lsquo;chants\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0chansons\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0notes\u00a0\u00bb et encore de \u00ab\u00a0fl\u00fbtes\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/moyen-age\/musique-medieval-historique-fantaisie-celtique\/colin-muset\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">flajolets<\/a>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em><span style=\"color: #008000;\">O quantesfoys aux arbres grimp\u00e9 j&rsquo;ay,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Pour desnicher ou la pye ou le geay,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Ou pour jetter des fruictz ja meurs et beaulx<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> A mes compaings, qui tendoient leurs chappeaux!<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Aucunefoys aux montaignes alloye ,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Aucunefoys aux fosses devalloye,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Pour trouver l\u00e0 les gistes des fouynes,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Des herissons ou des blanches hermines,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Ou pas \u00e0 pas le long des buyssonnetz<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Allois cherchant les nidz des chardonnetz<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Ou des serins, des pinsons ou lynottes.<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Desja pourtant je faisoys quelques nottes<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> De chant rustique, et dessoubz les ormeaux,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Quasy enfant, sonnoys des chalumeaux.<\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em><span style=\"color: #008000;\">Si ne s\u00e7aurois bien dire ne penser<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Qui m&rsquo;enseigna si tost d&rsquo;y commencer,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Ou la nature aux Muses inclin\u00e9e,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Ou ma fortune, en cela destin\u00e9e<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> A te servir : si ce ne fust l&rsquo;un d&rsquo;eux,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Je suis certain que ce furent tous deux.<\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard, plus loin, arrivant \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9, il nous parlera encore du plaisir qu&rsquo;il a eut \u00e0 exercer son art. Cigale plus que fourmi, il n&rsquo;a eu cure\u00a0d&rsquo;accumuler les biens.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em><span style=\"color: #008000;\">Plus me plaisoit aux champestres s\u00e9jours<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Avoir faict chose (\u00f4 Pan) qui t&rsquo;agreast,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Ou qui l&rsquo;oreille un peu te recreast,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Qu&rsquo;avoir autant de moutons que Tityre;<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Et plus (cent foys) me plaisoit d&rsquo;ouyr dire :<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> &lsquo;( Pan faict bon oeil \u00e0 Robin le berger. \u00bb<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Que veoir ch\u00e9s nous trois cents beufz h\u00e9berger,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Car soucy lors n&rsquo;avoys en mon courage<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> D&rsquo;aucun bestail ne d&rsquo;aucun pasturage.<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Mais maintenant que je suis en l&rsquo;autonne,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\">Ne s\u00e7ay quel soing inusit\u00e9 m&rsquo;estonne.<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> De tel&rsquo; fa\u00e7on que de chanter la veine<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Devient en moy, non point lasse ne vaine,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Ains triste et lente, et certes, bien souvent,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Couch\u00e9 sur l&rsquo;herbe, \u00e0 la frescheur du vent,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Voy ma musette \u00e0 un arbre pendue<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Se plaindre \u00e0 moy qu&rsquo;oysive l&rsquo;ay rendue;<\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et le souci le prend un peu de pouvoir se mettre \u00e0 l&rsquo;abri, lui et les siens pour\u00a0anticiper sur l&rsquo;hiver d\u00e9j\u00e0 proche :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em><span style=\"color: #008000;\">D&rsquo;autre cost\u00e9 j&rsquo;oy la bise arriver.<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Qui en soufflant me prononce l&rsquo;yver;<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Dont mes trouppeaux, cela craignant et pis,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Tous en un tas se tiennent accroupis,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Et diroit on, \u00e0 les ouyr besler,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Qu&rsquo;avecques moy te veulent appeller<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> A leur secours, et qu&rsquo;ilz ont cognoissance<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Que tu les as nourriz d\u00e8s leur naissance.<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Je ne quiers pas (\u00f4 bont\u00e9 souveraine)<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Deux mille arpentz de pastiz en Touraine,<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Ne mille beufz errants par les herbis<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Des montz d&rsquo;Auvergne, ou autant de brebis :<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Il me suffit que mon troupeau pr\u00e9serves<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Des loups, des ours, des lyons, des loucerves.<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> Et moy du froid, car l&rsquo;yver qui s&rsquo;appreste<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"color: #008000;\"> A commenc\u00e9 \u00e0 neiger sur ma teste.<\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains auteurs se sont demand\u00e9s si sous le visage de Pan, Marot ne s&rsquo;adressait pas ici, de mani\u00e8re all\u00e9gorique, \u00e0 la personne de <strong>Fran\u00e7ois 1er. <\/strong>De fait et par son titre cette Eglogue est explicitement adress\u00e9e au souverain<strong>.<\/strong>\u00a0On a m\u00eame \u00e9voqu\u00e9 l&rsquo;hypoth\u00e8se que le po\u00e8te puisse ici s&rsquo;adresser au Christ <strong>(2)<\/strong>. Il semble, en tout cas, qu&rsquo;\u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, Marot ait obtenu du roi la donation d&rsquo;une demeure (\u00ab\u00a0une maison avec jardin rue du clos Bruneau \u00e0 Paris\u00a0\u00bb).\u00a0 Les auteurs sont partag\u00e9s sur la question d&rsquo;une dol\u00e9ance voil\u00e9e au souverain ou m\u00eame encore de remerciements que le po\u00e8te lui aurait fait \u00e0 travers cette oraison comme les deux derniers vers semblent le sugg\u00e9rer:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong><span style=\"color: #008000;\">\u00ab\u00a0Sus mes brebis, trouppeau petit et maigre,<br \/>\nAutour de moy saultez de cueur allaigre,<br \/>\nCar desja Pan, de sa verte maison,<\/span><\/strong><\/em><br \/>\n<em><strong><span style=\"color: #008000;\"> M&rsquo;a faict ce bien d&rsquo;ouyr mon oraison.\u00a0\u00bb<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On trouvera une autre version de cette oraison\u00a0plus tardive et d\u00e9couverte apr\u00e8s le mort du po\u00e8te. Son authenticit\u00e9 ou sa paternit\u00e9\u00a0ont quelquefois \u00e9t\u00e9 questionn\u00e9es, mais il semble qu&rsquo;on n&rsquo;ait plus grand doute de nos jours sur le fait que cette r\u00e9\u00e9criture est bien de Marot et sans doute du temps de son dernier exil. Elle a pour titre <em>\u00ab\u00a0La Complaincte d&rsquo;un pastoureau chrestien faict en forme d&rsquo;\u00e9glogue rustique, dressant laplaincte a Dieu, soubz la personne de pan, dieu des Bergers\u00a0\u00bb. <\/em>La \u00ab\u00a0verte maison\u00a0\u00bb en a \u00e9t\u00e9 gomm\u00e9e :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\"><em><strong>Puis je connois par ce chesne tremblant<\/strong><\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><em><strong>Que Pan mon dieu me monstre bon semblant,<\/strong><\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><em><strong>Dont \u00e0 mon coeur ferme joye est rendue<\/strong><\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #008000;\"><em><strong>Puisqu&rsquo;il a j\u00e0 ma pri\u00e8re entendue.<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Retrouvez l&rsquo;Eglogue au Roy de Marot\u00a0dans sa totalit\u00e9 ici :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/poesie_medievale_renaissance_clement_marot_eglogue_au_roi_robin_et_pan.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;\u00e9glogue au Roy de Cl\u00e9ment Marot au format PDF<\/a><\/p>\n<p>En vous souhaitant une belle journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Fred<br \/>\nPour moyenagepassion.com<br \/>\n<em><strong>A la d\u00e9couverte du Moyen-Age\u00a0sous toutes ses formes<\/strong><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333333;\"><strong>(1)<\/strong><em>\u00a0Sur la libert\u00e9 de Marot, on lira avec int\u00e9r\u00eat l&rsquo;article de <\/em><strong>Daniel Martin<\/strong><em> <a style=\"color: #333333;\" href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/rhren_0181-6799_2004_num_59_1_2654\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00ab\u00a0<span style=\"color: #008000;\">Cl\u00e9ment Marot, nouveaux horizons de la po\u00e9sie et du po\u00e8te \u00e0 la Renaissance<\/span>\u00ab\u00a0<\/a> dans le num\u00e9ro 54 de la revue R\u00e9forme, Humanisme, Renaissance de 2004.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>(2) <\/strong><em>Du m\u00eame auteur<\/em> :\u00a0<a href=\"http:\/\/www.persee.fr\/doc\/rhren_1771-1347_2014_num_79_1_3388\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Le Valet de chambre et son roi, Marot impertinent<\/em><\/a>,\u00a0<em>R\u00e9forme, Humanisme, Renaissance, 2014.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sujet :\u00a0 po\u00e9sie renaissante, moyen-\u00e2ge tardif, po\u00e9sies courtes, \u00e9glogue, Robin, Marion. P\u00e9riode :\u00a0fin du moyen-\u00e2ge, renaissance Auteur :\u00a0\u00a0Cl\u00e9ment MAROT\u00a0(1496-1544) Titre :\u00a0\u00ab Eglogue au roy (roi), sous les noms de Pan et Robin\u00bb Ouvrage\u00a0:. oeuvres compl\u00e8tes de Cl\u00e9ment MAROT, par\u00a0Abel grenier, Tome 1\u00a0(1879) Bonjour \u00e0 tous, at\u00e9 de 1539, l&rsquo;Eglogue au Roy de Cl\u00e9ment Marot\u00a0fait partie &hellip; <a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/2018\/04\/06\/eglogue-au-roi-sous-les-noms-de-pan-robin-une-parabole-aux-accents-bucoliques-de-marot-a-lautomne-de-sa-vie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Eglogue au Roi sous les noms de Pan &#038; Robin, une parabole aux accents bucoliques de Marot, \u00e0 l&rsquo;automne de sa vie<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1467,9],"tags":[1468,3692,3693,3694,913,80,3695,294,1013],"class_list":["post-20378","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-clement-marot","category-musique-medieval-historique-fantaisie-celtique","tag-clement-marot","tag-eglogue","tag-eglogue-au-roy","tag-elegant-badinage","tag-moyen-age-tardif","tag-poesie","tag-poesie-pastorale","tag-poete","tag-renaissance"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20378"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20378"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20378\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":33854,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20378\/revisions\/33854"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20378"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20378"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20378"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}