{"id":39075,"date":"2021-05-16T20:15:51","date_gmt":"2021-05-16T19:15:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/?p=39075"},"modified":"2023-08-07T19:51:55","modified_gmt":"2023-08-07T18:51:55","slug":"a-la-foire-de-lest-lart-dangelo-branduardi-comme-une-madeleine-de-proust-medievale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/2021\/05\/16\/a-la-foire-de-lest-lart-dangelo-branduardi-comme-une-madeleine-de-proust-medievale\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0\u00e0 La foire de l&rsquo;est\u00a0\u00bb, l&rsquo;art d&rsquo;Angelo Branduardi comme une madeleine de proust m\u00e9di\u00e9vale"},"content":{"rendered":"<div id=\"moyen-1127095012\" class=\"moyen-before-content moyen-entity-placement\"><script async src=\"\/\/pagead2.googlesyndication.com\/pagead\/js\/adsbygoogle.js?client=ca-pub-3035390706780632\" crossorigin=\"anonymous\"><\/script><ins class=\"adsbygoogle\" style=\"display:block;\" data-ad-client=\"ca-pub-3035390706780632\" \ndata-ad-slot=\"\" \ndata-ad-format=\"auto\"><\/ins>\n<script> \n(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); \n<\/script>\n<\/div><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"208\" height=\"273\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/troubadour_medieval_trovatore_musique_chanson_poesie_inspiration_moyen-age_medieval.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-18999\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong>Sujet :<\/strong>&nbsp;chanson, po\u00e9sie d\u2019inspiration m\u00e9di\u00e9vale, musique, folk, po\u00e9sie, m\u00e9di\u00e9valisme.<br><strong>P\u00e9riode :<\/strong>&nbsp;&nbsp;XXe si\u00e8cle<br><strong>Auteur&nbsp; :&nbsp;Luisa Zappa<\/strong>,&nbsp;<strong>Angelo Branduardi<\/strong>, <strong>Etienne Roda-Gil<\/strong>&nbsp;VF (1941-2004)<br><strong>Titre :&nbsp;<\/strong><em>A la foire de l&rsquo;est<\/em><br><strong>Interpr\u00e8te<\/strong>&nbsp;:&nbsp;Angelo Branduardi<br><strong>Album : <\/strong>\u00c0 la foire de l&rsquo;est&nbsp;<em>&nbsp;(<\/em>1978)<\/p>\n\n\n\n<p>Bonjour \u00e0 tous,<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"96\" height=\"103\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/P_lettrine_moyen_age_passion-copia.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23901\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">our les nombreux passionn\u00e9s de Moyen \u00c2ge, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour cette p\u00e9riode peut avoir eu les d\u00e9clencheurs les plus vari\u00e9s. Cela a pu \u00eatre la vue d&rsquo;un vieux ch\u00e2teau, d&rsquo;une cath\u00e9drale, un jouet qu&rsquo;on vous aura offert, enfant, une forteresse de carton,  un chevalier de plastique ou de plomb, peut-\u00eatre encore la lecture d&rsquo;un conte, d&rsquo;un livre, la d\u00e9couverte d&rsquo;un film\u2026 Quelquefois, il peut m\u00eame s&rsquo;agir d&rsquo;une simple \u00e9vocation, d&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence lointaine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un parfum de Moyen \u00c2ge<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/deco-medieval-angelo-branduardi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39116\" width=\"86\" height=\"371\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Aujourd&rsquo;hui, au vu du peu de place r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 ces 1000 ans d&rsquo;Histoire dans les programmes scolaires, il semble que ce soit tout de m\u00eame plus par le cin\u00e9ma, la litt\u00e9rature, ou encore le ludique, que s&rsquo;immisce le monde m\u00e9di\u00e9val dans nos vies. Georges Duby n&rsquo;est plus \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision pour nous conter le temps des cath\u00e9drales et l&rsquo;on y parle de toute fa\u00e7on, de moins en moins, de culture, de livres et si peu d&rsquo;histoire.  Quand il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un d\u00e9clic d\u00fb au patrimoine, c&rsquo;est alors, bien souvent, d&rsquo;un Moyen \u00c2ge totalement reconstruit ou id\u00e9ologis\u00e9 que peut na\u00eetre notre int\u00e9r\u00eat. Pourtant, il ne faut pas d\u00e9sesp\u00e9rer. Nombre d&rsquo;entre nous sont partis de ces mondes m\u00e9di\u00e9vaux fantaisistes pour aller, ensuite, \u00e0 la rencontre de r\u00e9alit\u00e9s plus historiques. Il faut, quelquefois, un d\u00e9part \u00e9motionnel ou imaginaire pour susciter la curiosit\u00e9 et l&rsquo;envie de voir plus loin.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">On le constate aussi, quels que soient les canaux qu&rsquo;il emprunte,  le Moyen \u00c2ge ne cesse de fasciner. On peut donc supposer qu&rsquo;il continuera de trouver son chemin, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre. Qui sait ? Les g\u00e9n\u00e9rations les plus r\u00e9centes auront peut-\u00eatre plus de chances de le d\u00e9couvrir au c\u0153ur d&rsquo;une BD fantasy, d&rsquo;un jeu vid\u00e9o, dans un festival ou une foire m\u00e9di\u00e9vale ?  Quelquefois, du reste, ce n&rsquo;est pas une seule chose qui leur feront aimer mais un faisceau d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments \u00e9pars qui ont fini par former un tout, une suite de circonstances ou m\u00eame une sorte \u00ab\u00a0d&rsquo;effet papillon\u00a0\u00bb que m\u00eame une m\u00e9lodie aux accents anciens a pu alimenter.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un d\u00e9tour inhabituel<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/deco-medieval-angelo-branduardi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39116\" width=\"86\" height=\"371\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Je dois le dire, je n&rsquo;affectionne pas particuli\u00e8rement l&rsquo;exercice de l&rsquo;autobiographie. Par principe, je ne m&rsquo;y plie pas et je m&rsquo;en d\u00e9fie, restant de l&rsquo;avis (classique) qu&rsquo;il ne pr\u00e9sente gu\u00e8re d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;avoir un destin tr\u00e8s sp\u00e9cial et de s&rsquo;entendre vraiment sur cette d\u00e9finition. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">\u00c0 partir du dernier tiers du XXe si\u00e8cle, avec l&rsquo;av\u00e8nement de la soci\u00e9t\u00e9 du tout m\u00e9diatique, le genre a aussi \u00e9t\u00e9 largement d\u00e9voy\u00e9 par certaines maisons d&rsquo;\u00e9ditions. On a vu alors des quantit\u00e9s d&rsquo;autobiographies inond\u00e9es  les pr\u00e9sentoirs des librairies \u00e0 intervalles r\u00e9guliers : anecdotes, t\u00e9moignages, grands \u00e9talages d\u00e9riv\u00e9s de vies de people, politiques, animateurs, \u00ab\u00a0fils de\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0conjoint de\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ami de\u00a0\u00bb, sans autre int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;un sticker  \u00ab\u00a0vu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9\u00a0\u00bb ou l&rsquo;argument de la \u00ab\u00a0c\u00e9l\u00e9brit\u00e9\u00a0\u00bb (1).  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Amateur de contrepieds, au sein d&rsquo;un monde qui encourage, de plus en plus, le r\u00eagne ostentatoire du \u00ab\u00a0moi je\u00a0\u00bb, voir du \u00ab\u00a0moi tout\u00a0\u00bb dans l&rsquo;impudeur d\u00e9brid\u00e9e des r\u00e9seaux, je  suis doublement plus partisan d&rsquo;\u00e9viter les pi\u00e8ges du genre et d&rsquo;y surseoir. Pour aborder le sujet du jour, je ferai toutefois, une exception : la seule, en 1400 articles, j&rsquo;esp\u00e8re que vous me la passerez (sans quoi vous avez toujours l&rsquo;option d&rsquo;aller directement \u00e0 la section : \u00ab\u00a0Angelo, entre m\u00e9di\u00e9valisme et m\u00e9di\u00e9val\u00a0\u00bb). De mon c\u00f4t\u00e9, cet exercice m&rsquo;a sembl\u00e9 alimenter la r\u00e9flexion sur les m\u00e9andres complexes par lesquelles certaines choses viennent quelquefois se cristalliser en nous. Ainsi, ce d\u00e9tour me permettra de mieux parler d&rsquo;Angelo Branduardi, grand troubadour italien contemporain, mais encore d&rsquo;amour des langues, de racines et de billard \u00e0 bandes, des myst\u00e8res de l&rsquo;identit\u00e9 et de certaines convergences.  J&rsquo;y ferai aussi un court tribut \u00e0 certains anonymes que l&rsquo;histoire n&rsquo;a pas retenus mais qui continuent d&rsquo;exister dans les replis de l&rsquo;\u00e2me et le c\u0153ur de ceux qui les ont connus. Puissent mes mots et mon verbe ne pas troubler leur repos \u00e9ternel dans leur beau lit de fleurs, aux c\u00f4t\u00e9s du Seigneur et de la madone en lesquels ils ont cru.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Branduardi,  grand \u00ab\u00a0trovatore italiano\u00a0\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">J&rsquo;ai d\u00e9couvert Angelo Branduardi, au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 et \u00e0 l&rsquo;adolescence. Je crois me souvenir que j&rsquo;\u00e9tais tomb\u00e9 par hasard, sur un de ses titres en italien chez un disquaire : <em>la Demoiselle <\/em>ou plut\u00f4t <em>la pulce d&rsquo;Acqua<\/em> (la puce d&rsquo;eau), mais, \u00e0 la r\u00e9flexion, peut-\u00eatre est-ce plut\u00f4t mon p\u00e8re qui me l&rsquo;avait fait d\u00e9couvrir ? Dans ses voitures rutilantes et toujours impeccablement tenues, il \u00e9coutait alors beaucoup de musique. Suite \u00e0 cela, j&rsquo;avais, en tout cas, achet\u00e9 l&rsquo;album complet de Branduardi. J&rsquo;ai toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les albums aux singles.  <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/album-branduardi-la-pulce-d-acqua.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39121\" width=\"263\" height=\"219\" srcset=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/album-branduardi-la-pulce-d-acqua.jpg 350w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/album-branduardi-la-pulce-d-acqua-300x250.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 263px) 100vw, 263px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Dans la nu\u00e9e des 33 tours vinyles et plus encore des 45 tours qui faisaient la joie des consommateurs d&rsquo;alors, ce troubadour unique en son genre faisait un peu figure d&rsquo;OVNI. Look improbable, coupe de cheveux plus proche des \u00e9g\u00e9ries de la pop noire am\u00e9ricaine du milieu des 70&rsquo;s que de la mode des 80&rsquo;s, auxquels il ajoutait encore, violon, instruments anciens et m\u00e9lodies surgies tout droit d&rsquo;un lointain pass\u00e9 : ni rock y\u00e9y\u00e9, ni disco, ni funk, ni reggae, ni pop. Je n&rsquo;avais alors absolument aucune culture en mati\u00e8re de musique classique ou baroque. Ce n&rsquo;\u00e9tait simplement pas de mon milieu et pour moi, le folk branduardien \u00e9voluait dans une p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence que mon imaginaire rattachait, confus\u00e9ment, au Moyen \u00c2ge, sans chercher bien plus loin. Une chose \u00e9tait certaine : chez lui, tout \u00e9tait diff\u00e9rent et il n&rsquo;\u00e9tait pas de ce temps.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un peu de racines et de terre de Saint-Marin<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\"><br>Si Branduardi chantait d\u00e9j\u00e0 en fran\u00e7ais, c&rsquo;est \u00e0 sa langue d&rsquo;origine, l&rsquo;italien, que ma pr\u00e9f\u00e9rence allait. C&rsquo;\u00e9tait la langue maternelle de mon p\u00e8re et de ses fr\u00e8res et s\u0153urs, ces ritals venus tenter leur chance en France apr\u00e8s guerre et \u00e0 l&rsquo;aube des ann\u00e9es 50. \u00c0 30 ans de l\u00e0, ils ne la parlaient pratiquement plus au quotidien sauf \u00e0 l&rsquo;occasion des grandes f\u00eates de famille, quand ils la chantaient ou qu&rsquo;ils se racontaient entre eux de vieilles anecdotes pass\u00e9es. Originaires de la r\u00e9publique de Saint-Marin, fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9s en France entre l&rsquo;enfance et l&rsquo;adolescence, tous ceux qui \u00e9taient rest\u00e9s depuis, sur le territoire (la plupart), s\u0153urs comme fr\u00e8res, s&rsquo;\u00e9taient mari\u00e9s \u00e0 des fran\u00e7ais ou des fran\u00e7aises. Ils en avaient donc adopt\u00e9 la langue de longue date, et m\u00eame le principal de la culture,  pour ne pas dire l&rsquo;ensemble. Comme tous mes cousins du c\u00f4t\u00e9 paternel, j&rsquo;\u00e9tais, moi aussi, n\u00e9 d&rsquo;une de ces unions franco-italiennes, Saint-Marinais par mon p\u00e8re, dauphinois par ma m\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 celui qui ne roulait pas les R et \u00e0 ses fr\u00e8res<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/deco-medieval-angelo-branduardi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39116\" width=\"86\" height=\"371\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">D&rsquo;entre tous ses fr\u00e8res et s\u0153urs, mon p\u00e8re \u00e9tait le seul qui ne roulait pas les R en parlant le fran\u00e7ais. Il \u00e9tait le plus jeune de la fratrie. D\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 9 ans sur le sol de l&rsquo;hexagone, il avait eu le temps d&rsquo;en embrasser totalement la langue, sans conserver m\u00eame un soup\u00e7on d&rsquo;accent. Il n&rsquo;avait pas fait que l&rsquo;adopter, il aimait sa musique, sa profondeur. Il la parlait m\u00eame avec humour et esprit et un riche vocabulaire que seule une passion pour le fran\u00e7ais, associ\u00e9e au go\u00fbt de la lecture, avaient pu lui permettre d&rsquo;entretenir. Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e de la famille en France, il avait d\u00e9croch\u00e9, \u00ab\u00a0haut la main\u00a0\u00bb, son Certificat d&rsquo;\u00e9tudes, faisant l&rsquo;admiration de sa m\u00e8re et de ses fr\u00e8res et s\u0153urs. On \u00e9tait au d\u00e9but des ann\u00e9es 50. Ces derniers avaient m\u00eame insist\u00e9 pour qu&rsquo;il poursuive ses \u00e9tudes, en se proposant de l&rsquo;y aider, mais il avait refus\u00e9.  A l&rsquo;\u00e2ge de 14 ans, il voulait se mettre, comme eux, au travail pour all\u00e9ger le fardeau de cette grande famille. Ils \u00e9taient 8 enfants \u00e9lev\u00e9s par une m\u00e8re seule. Le p\u00e8re \u00e9tait rest\u00e9 en Italie pour travailler la terre.  En France, \u00e0 cette \u00e9poque, Sante, rebaptis\u00e9 Pierre sur l&rsquo;\u00e9tat civil, l&rsquo;ain\u00e9 d&rsquo;entre eux, \u00e2g\u00e9 d&rsquo;\u00e0 peine 20 ans, faisait de son mieux pour les faire vivre, aid\u00e9 par Romeo, Raymond, qui, du haut de ses seize ans, s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mis au travail depuis deux ans d\u00e9j\u00e0. Entr\u00e9es pr\u00e9coces dans la vie active et sur le march\u00e9 du travail, dans ses ann\u00e9es 50, le lot \u00e9tait le m\u00eame pour bien des ouvriers et des enfants fran\u00e7ais. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un amour inconditionnel de la langue fran\u00e7aise<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Rossano, mon p\u00e8re, devenu Rossino par une faute de frappe de l&rsquo;officier d&rsquo;\u00e9tat civil, puis Roland, apr\u00e8s sa nationalisation, s&rsquo;\u00e9tait donc mis au travail. Plus tard, il avait fait son service militaire, s&rsquo;\u00e9tait mari\u00e9, et le temps passant, il avait continu\u00e9 d&rsquo;entretenir cet amour de la langue. Les g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;alors s&rsquo;astreignaient presque toutes \u00e0 la lecture de la fameuse PQR (presse quotidienne r\u00e9gionale) et de ses nouvelles mais il l&rsquo;avait aussi prolong\u00e9 par une oreille attentive, le go\u00fbt des textes, des chansons et, surtout, des lectures : pas de philosophie, ni de choses trop absconses, plut\u00f4t des po\u00e9sies, des fictions, des romans chin\u00e9s chez les bouquinistes dont une bonne dose de Fleuve noir et de polars : Charles Exbrayat, Fr\u00e9d\u00e9ric Dard,  plus tard, quelques incontournables comme<em> Les Ritals ou Les Russkoffs<\/em> de Cavanna,&#8230;  <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/deco-medieval-angelo-branduardi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39116\" width=\"86\" height=\"371\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Litt\u00e9rature de gare ? On l&rsquo;appelait quelquefois ainsi d&rsquo;un air d\u00e9daigneux dans les couloirs de la grande litt\u00e9rature. On en est revenu. C&rsquo;\u00e9tait souvent des p\u00e9pites langagi\u00e8res, des petits tr\u00e9sors d&rsquo;humour des ann\u00e9es 70-80, du temps o\u00f9 Audiard \u00e9tait dialoguiste et Brassens, chansonnier. Ils finiraient tous deux au panth\u00e9on du Fran\u00e7ais de ces ann\u00e9es l\u00e0. Autre \u00e9poque, autre niveau d&rsquo;\u00e9ducation, mais que d&rsquo;exigence et de style et que d&rsquo;amour de la langue sous ces plumes cisel\u00e9es ! <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">\u00c0 l&rsquo;image de Fr\u00e9d\u00e9ric Dard, avec ses 300 romans pour 220 millions d&rsquo;exemplaires, plus d&rsquo;un auteur de ces ann\u00e9es l\u00e0 aurait sans doute m\u00e9rit\u00e9 sa place dans les acad\u00e9mies ou les Lagarde et Michard, \u00e0 d\u00e9faut de la revendiquer. Quant \u00e0 la grande litt\u00e9rature, au del\u00e0 d&rsquo;un certain m\u00e9pris de classe, pas question, ici, de lui tourner le dos. Nombreux sont ceux qui pourraient  s&rsquo;accorder sur la grandeur de Balzac ou Hugo. Mais en mati\u00e8re d&rsquo;amour de la langue, la seule v\u00e9rit\u00e9 qui compte est que chacun puisse trouver un porte ouverte pour entrer. Et si quand la culture ouvri\u00e8re s&rsquo;entiche du go\u00fbt des mots, ses nourritures spirituelles peuvent avoir quelquefois la modestie et la beaut\u00e9 simple des fleurs des champs, son amour du verbe reste toujours sinc\u00e8re. Sur l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;attachement il ne d\u00e9m\u00e9rite pas et se fout de l&rsquo;\u00e9chelle sociale ou de l&rsquo;\u00e9tiquette \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb. Il aime la phrase comme un \u00e9tranger, un po\u00e8te ou un Lucchini, apprenti coiffeur, pourrait l&rsquo;aimer, avec la m\u00eame fra\u00eecheur et le m\u00eame enthousiasme. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">De mon c\u00f4t\u00e9, j&rsquo;h\u00e9ritais de tous ses bouquins, de la main \u00e0 la main. Je lui dois ainsi un certain nombre de mes premi\u00e8res lectures hors cadre, le go\u00fbt des histoires et de la fiction et, plus important encore, la d\u00e9couverte que lire un roman pouvait \u00eatre autre chose qu&rsquo;un \u00ab\u00a0devoir\u00a0\u00bb scolaire : un plaisir indicible, une porte ouverte sur le monde, une libert\u00e9 dont il ne faudrait jamais laisser quiconque vous priver. J&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0, de mon c\u00f4t\u00e9, cultiv\u00e9 ce jardin secret.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"550\" height=\"285\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/angelo-branduardi-madeleine-de-proust-medievale.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39194\" srcset=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/angelo-branduardi-madeleine-de-proust-medievale.jpg 550w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/angelo-branduardi-madeleine-de-proust-medievale-300x155.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Angelo Branduardi, Maestro Trovatore<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le chemin \u00e0 l&rsquo;envers<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Pour revenir \u00e0 notre troubadour du jour, mes doubles origines me portaient alors vers l&rsquo;exotisme de cette partie de mes racines et je tendais l&rsquo;oreille \u00e0 tout ce qui sonnait italien. Comme mon p\u00e8re avait fait le chemin de sa langue maternelle au fran\u00e7ais, apr\u00e8s avoir emprunt\u00e9 les routes de l&rsquo;exil, peut-\u00eatre fallait-il, pour une raison \u00e9trange, que je le parcoure \u00e0 mon tour en sens inverse ? C&rsquo;\u00e9tait sans doute un peu injuste pour mes origines maternelles, elles aussi modestes, m\u00eame si je ne reniais rien de ma langue de chair. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Avec mes premi\u00e8res lectures, j&rsquo;apprenais \u00e0 peu \u00e0 peu \u00e0 l&rsquo;apprivoiser mais je grandissais aussi dans un quartier ouvrier pluriethnique. Des mondes cloisonn\u00e9s s&rsquo;y c\u00f4toyaient et s&rsquo;y entrechoquaient m\u00eame parfois, et si les choses se passaient dans l&rsquo;ensemble, la d\u00e9finition \u00e0 mettre sur \u00ab\u00a0\u00eatre fran\u00e7ais\u00a0\u00bb n&rsquo;allait pas toujours de soi. Dans ce contexte, difficile quelquefois de se situer mais ces doubles racines culturelles jouait, finalement, plut\u00f4t en ma faveur. Si j&rsquo;\u00e9tais fils de l&rsquo;hexagone par ma naissance et la moiti\u00e9 de mon sang, on se plaisait souvent \u00e0 me dire italien pour mieux m&rsquo;accepter. D\u00e9j\u00e0 cam\u00e9l\u00e9on, je m&rsquo;y pliais volontiers, en en jouant m\u00eame. Il me faudrait du temps et m\u00eame vivre, \u00e0 mon tour, plus tard, l&rsquo;expatriation, pour comprendre mes vraies racines. Loin de cette grisaille \u00e0 loyers mod\u00e9r\u00e9s, je dois aussi avouer que la bienveillance et la bonne humeur de ces oncles et tantes latins,  autant que leur nature festive et leurs accents chantants r\u00e9sonnaient au plus profond de moi : leur bonne humeur, leurs chants, leurs rires, leurs histoires, leurs le\u00e7ons de vie, leur vrai sens de la famille et de la f\u00eate, et, de l&rsquo;ouvrier \u00e0 l&rsquo;artisan, je les aimais tous, sans r\u00e9serve, dans leur joie et leur simplicit\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/deco-medieval-angelo-branduardi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39116\" width=\"86\" height=\"371\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\"> Comment n&rsquo;aurais-je pas pu, alors, me r\u00e9clamer au moins un peu de cet h\u00e9ritage, ni m\u00eame m&rsquo;y sentir l\u00e9gitime ?  En v\u00e9rit\u00e9, je m&rsquo;y identifiais presque totalement. Si les radios populaires de ces jeunes ann\u00e9es 80 diffusaient d\u00e9j\u00e0 les Toto Cotugno ou les Richard Cocciante et si le \u00ab\u00a0Svalutation\u00a0\u00bb de 76 d&rsquo;Adriano Celentano n&rsquo;\u00e9tait pas encore trop loin, Branduardi su toucher, en moi, des cordes diff\u00e9rentes. Au coll\u00e8ge, contre l&rsquo;allemand qu&rsquo;on recommandait alors avec autorit\u00e9 (le plus grand march\u00e9 d&rsquo;Europe), j&rsquo;avais pris l&rsquo;italien en deuxi\u00e8me langue. Rien n&rsquo;aurait pu m&rsquo;en dissuader ; question d&rsquo;absolue n\u00e9cessit\u00e9. J&rsquo;y montrai rapidement des aptitudes que je voulais inn\u00e9es et, au c\u0153ur de cet entre-deux culturel dans lequel j&rsquo;oscillais, les m\u00e9lodies du trovatore italien et sa  po\u00e9sie allaient tomb\u00e9es \u00e0 point nomm\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">\u00c9tait-ce l&rsquo;origine de son art que je percevais simplement comme tr\u00e8s ancien, dans mon inculture musicale ? Pas seulement. Tout l&rsquo;ensemble \u00e9tait comme une r\u00e9conciliation : un voyage temporel, culturel et litt\u00e9raire dans lequel je retrouvais comme une lointaine r\u00e9miniscence de ce qu&rsquo;une partie de moi aurait pu \u00eatre, sans le hasard des exodes, des destins et des unions ; et c&rsquo;\u00e9tait un peu comme se regarder dans un miroir \u00e0 facettes o\u00f9 se refl\u00e9tait \u00e0 la fois ce que j&rsquo;\u00e9tais et ce que j&rsquo;aurais pu \u00eatre, tout en ne l&rsquo;\u00e9tant d\u00e9j\u00e0 plus. Et puis bien s\u00fbr, il y avait aussi cette po\u00e9sie de Branduardi, ces r\u00e9f\u00e9rences \u00ab\u00a0m\u00e9di\u00e9vales\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;art des troubadours, et la musicalit\u00e9 de cette langue qui, autant que le fran\u00e7ais, s&rsquo;\u00e9tait mis \u00e0 me parler comme si je l&rsquo;avais toujours eu en moi, cach\u00e9e quelque part et n&rsquo;attendant que d&rsquo;\u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Angelo, entre m\u00e9di\u00e9valisme et m\u00e9di\u00e9val,<br>des tr\u00e9sors de r\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Qu&rsquo;est-ce qui fait qu&rsquo;une po\u00e9sie vous touche ? Le pincement d&rsquo;une corde secr\u00e8te de l&rsquo;\u00e2me  ? Son entr\u00e9e en r\u00e9sonnance avec un terrain profond\u00e9ment \u00e9motionnel, connu ou m\u00eame en friche et que son verbe \u00e9veille ? Comme dans tous les arts, la magie peut op\u00e9rer sans avoir toutes les clefs du texte, de sa profondeur ou de ses r\u00e9f\u00e9rences.  Avec Branduardi, c&rsquo;\u00e9tait cela m\u00eame qui s&rsquo;accomplissait. S&rsquo;il avait fini par incarner, pour moi, l&rsquo;id\u00e9e du monde m\u00e9di\u00e9val, sa po\u00e9sie portait en elle et lui insufflait un incomparable suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me : <em>\u00ab\u00a0La<\/em> <em>pulce d&rsquo;acqua<\/em> <em>che l&rsquo;ombra ti rub\u00f2 e tu ora sei malato\u00a0\u00bb<\/em> : cette<em> \u00ab\u00a0demoiselle qui a vol\u00e9 ton ombre<\/em> <em>et maintenant, te voil\u00e0 malade<\/em> \u00ab\u00a0.  Ou  encore \u00ab\u00a0<em><em>Il cilegio\u00a0\u00bb<\/em>,<\/em> cette merveilleuse chanson du cerisier dont voici un extrait : <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em><span class=\"has-inline-color has-green-color\">Gi\u00e0 ero vecchio e stanco<br>Per prenderla con me<br>Ma il vecchio giardiniere<br>Rinunciare come pu\u00f2<br>All&rsquo;ultimo suo fiore<br>Se l&rsquo;inverno viene gi\u00e0<\/span><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 vieux et malade <br>Pour la prendre avec moi<br>Mais le vieux jardinier<br>Renonce comme il le peut<br>\u00c0 sa derni\u00e8re fleur<br>Si l&rsquo;hiver arrive d\u00e9j\u00e0.<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/deco-medieval-angelo-branduardi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39116\" width=\"86\" height=\"371\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Contre la premi\u00e8re lecture, cette superbe chanson n&rsquo;\u00e9tait pas qu&rsquo;un chant m\u00e9lancolique et superbe sur l&rsquo;hiver de la vie ou de la s\u00e9duction. Je d\u00e9couvrirai plus tard son origine dans un vieux chant religieux anglais du XVe si\u00e8cle : le <em>Cherry Tree Carol.<\/em> D&rsquo;inspiration biblique, il mettait en sc\u00e8ne le vieux Joseph et parlait de son amour pour Marie, dans les \u00e9vangiles apocryphes du pseudo-Matthieu (autour de 650). Dans la version  anglaise du Moyen \u00c2ge tardif, le palmier dattier avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 chang\u00e9 contre un cerisier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Tant d&rsquo;autres chansons d&rsquo;Angelo Branduardi m&rsquo;ont touch\u00e9 que je ne me hasarderai pas \u00e0 en faire la liste compl\u00e8te, au risque d&rsquo;en oublier. <em>La lepre nella luna<\/em>,  conte superbe et fataliste du li\u00e8vre na\u00eff et joueur, trahi par ses amis, le singe et le renard.  \u00ab\u00a0<em>Cogli la prima mela<\/em>\u00ab\u00a0, chanson de libert\u00e9 devenue \u00ab\u00a0<em>Va o\u00f9 le vent te m\u00e8ne<\/em>\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais. Et puis encore ces magnifiques <em>Confessioni di un malandrino<\/em> ,<a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/2018\/02\/01\/confessions-dun-malandrin-angelo-branduardi-un-grand-et-merveilleux-troubadour-italien\/\"> <em>Confessions d&rsquo;un malandrin<\/em><\/a>  inspir\u00e9es du po\u00e8te russe <strong>Sergue\u00ef Essenine<\/strong>  et qu&rsquo;<strong>Etienne Roda-Gil<\/strong> allait r\u00e9ussir \u00e0 rendre vibrantes et sublimes dans la langue de Moli\u00e8re. Je dois dire ici que, pour m&rsquo;\u00eatre senti alors jalousement privil\u00e9gi\u00e9 (comme seul un adolescent peut l&rsquo;\u00eatre) de comprendre Branduardi dans le texte, cet auteur si particulier que fut Roda-Gil, anarchiste libertaire, n\u00e9 de r\u00e9publicains espagnols exil\u00e9s, parolier fid\u00e8le aussi de Julien Clerc, eu sans aucun doute une grande importance pour le troubadour milanais, en lui permettant de traverser brillamment la fronti\u00e8re franco-italienne. Il lui a, en effet, servi, bien plus que de simples traductions, de v\u00e9ritables po\u00e9sies et il fut d&rsquo;ailleurs le complice de Branduardi sur la grande majorit\u00e9 de ses albums fran\u00e7ais.  Ajoutons que cette fronti\u00e8re n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une parmi d&rsquo;autres franchie par Angelo, artiste de dimension internationale qui a notamment chant\u00e9 en italien, fran\u00e7ais, anglais, espagnol et m\u00eame allemand.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La foire de l&rsquo;est et tutti quanti<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/deco-medieval-angelo-branduardi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39116\" width=\"86\" height=\"371\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Dans un autre album dat\u00e9 de 1976, viendrait cette <em>Fiera delle Este<\/em>, une <em>Foire de l&rsquo;est<\/em> plus l\u00e9g\u00e8re, un peu enfantine qui nous occupe aujourd&rsquo;hui. Bien des ann\u00e9es plus tard, en avan\u00e7ant sur ce chansonnier m\u00e9di\u00e9val qu&rsquo;est aussi Moyenagepassion, j&rsquo;en d\u00e9couvrirai l&rsquo;origine juive et ancienne. Comme les inspirations musicales d&rsquo;Angelo Branduardi sont souvent plus baroques et folk que m\u00e9di\u00e9vales, son \u0153uvre est aussi pav\u00e9e de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences non n\u00e9cessairement li\u00e9es au Moyen \u00c2ge, mais qui valent d&rsquo;\u00eatre d\u00e9busqu\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">\u00c0 heures perdues, je cherche, quelquefois, encore le sens de certaines d&rsquo;entre elles et qu&rsquo;importe que son \u0153uvre prenne ses sources dans un champ bien plus large que le monde m\u00e9di\u00e9val ;  l&rsquo;alchimie et la magie du \u00ab\u00a0trovatore\u00a0\u00bb italien a op\u00e9r\u00e9 profond\u00e9ment en moi depuis longtemps d\u00e9j\u00e0. Par le hasard de la vie et de ses trajectoires, elles s&rsquo;y sont \u00e0 jamais cristallis\u00e9es, aux c\u00f4t\u00e9s de la qu\u00eate de sens et d&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;un gamin de 15 ans et ses r\u00eaves d&rsquo;Italie autant que de troubadours et de ch\u00e2teaux forts. Bient\u00f4t, d&rsquo;autres r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires, cin\u00e9matographiques, musicales viendraient s&rsquo;y ajouter mais le grand Angelo Branduardi conserverait toujours une digne place, dans cette formation premi\u00e8re et un peu impr\u00e9cise d&rsquo;un Moyen \u00c2ge imaginaire. Alors Auguri Maestro et longue vie !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe title=\"Angelo Branduardi - Alla Fiera Dell&#039; Est (Live&#039;96)\" width=\"474\" height=\"356\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/wnq0qEKvtrA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Alla Fiera del este, Angelo Branduardi<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De Chad Gadya \u00e0 la foire de l&rsquo;est, <br>les p\u00e2ques juives au violon de Branduardi<br><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">L&rsquo;origine de cette chanson d&rsquo;Angelo Branduardi prend racine dans la tradition h\u00e9bra\u00efque. Son titre original est <em>Chad Gadya<\/em> ou <em>Had Gadia<\/em>. Du point de vue de ses traces \u00e9crites formelles, elle appara\u00eet, pour la premi\u00e8re fois, dans une Haggadah imprim\u00e9e \u00e0 Prague et dat\u00e9e du XVIe si\u00e8cle. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">La Haggadah, texte ancien h\u00e9breu r\u00e9glant le rituel du S\u00e9der durant la p\u00e2que juive est, quant \u00e0 lui, fort ancien. Bien ant\u00e9rieure au XVIe si\u00e8cle, elle daterait de plus de deux mill\u00e9naires. M\u00eame si l&rsquo;on sait que l&rsquo;ensemble de ce rituel a pu s&rsquo;enrichir au cours du Moyen \u00c2ge, la langue originelle de cette <em>Chad Gadya <\/em>trouv\u00e9e dans ce manuscrit de Prague <em>\u2014<\/em> un m\u00e9lange d&rsquo;aram\u00e9en et d&rsquo;h\u00e9breu <em>\u2014<\/em> continue de poser question \u00e0 de nombreux \u00e9rudits quant \u00e0 sa datation possible. Est-elle bien plus ancienne qu&rsquo;il n&rsquo;y parait ou a-t-elle \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e de chansons \u00e0 r\u00e9capitulation europ\u00e9ennes m\u00e9di\u00e9vales ? En dehors de cette version imprim\u00e9e \u00e0 la Renaissance,  on en daterait une premi\u00e8re mention autour des XIIe, XIIIe si\u00e8cles par le rabbin Elazar ben Yehuda of Worms (1160-1238).  En dehors de la question des ses origines, la dimension symbolique de <em>Chad Gadya<\/em> a \u00e9galement fait couler beaucoup d&rsquo;encre. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/prague-haggadah-origine-chad-gadya.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/prague-haggadah-origine-chad-gadya.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39136\" width=\"504\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/prague-haggadah-origine-chad-gadya.jpg 850w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/prague-haggadah-origine-chad-gadya-300x233.jpg 300w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/prague-haggadah-origine-chad-gadya-768x597.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 504px) 100vw, 504px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">C&rsquo;est dans une version plus tardive de cette <a href=\"https:\/\/braginskycollection.com\/ajaxzoom\/single.php?zoomDir=\/pic\/BCB\/BCB_211&amp;zoomFile=BCB_211_000a.jpg\">Haggadah de Prague<\/a> que Chad Gadya serait apparu.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les myst\u00e8res de de Chad Gadya<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\"><em>Chad Gadya<\/em>  conte, \u00e0 premi\u00e8re vue, l&rsquo;histoire d&rsquo;un agneau \u00ab\u00a0<em>achet\u00e9 pour deux sous sur le march\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb et qui entra\u00eenera, malgr\u00e9 lui, des \u00e9v\u00e9nements en cascade. Pourtant, plus qu&rsquo;une comptine enfantine au premier degr\u00e9, son sens demeure bien plus profond et symbolique. Elle est m\u00eame consid\u00e9r\u00e9e comme ayant une grande valeur en mati\u00e8re de transmission de l&rsquo;histoire juive, des parents vers les enfants.  Ainsi, au del\u00e0 de sa simple apparence, ce chant se pr\u00e9sente plut\u00f4t comme un enseignement sacr\u00e9, une parabole sur l&rsquo;exode du peuple juif qui se termine par le retour en Isra\u00ebl. <br><br>D&rsquo;un point de vue traditionnel, <em>Chad Gadya<\/em> est d&rsquo;ailleurs, chant\u00e9 \u00e0 la fin du \u00ab\u00a0<em>s\u00e9der<\/em>\u00ab\u00a0, moment de la p\u00e2que juive (Pessa\u2019h) qui comm\u00e9more, notamment \u00e0 destination des plus jeunes, l&rsquo;accession du peuple juif \u00e0 la libert\u00e9, au d\u00e9part de l&rsquo;Egypte. Durant ce rituel, on sert un plateau initiatique fait d&rsquo;aliments tr\u00e8s particuliers, ainsi qu&rsquo;un d\u00eener fait de viande d&rsquo;Agneau.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>Alla fiera dell&rsquo;est<\/em>, l&rsquo;album<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/B001VG3MJI\/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B001VG3MJI&amp;linkCode=as2&amp;tag=f1266-21&amp;linkId=2ee5bca6a44daad626d5a4331f23cec9\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/album-branduardi-la-foire-de-lest.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39122\" width=\"263\" height=\"219\" srcset=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/album-branduardi-la-foire-de-lest.jpg 350w, https:\/\/www.moyenagepassion.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/album-branduardi-la-foire-de-lest-300x250.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 263px) 100vw, 263px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">C&rsquo;est Luisa Zappa, l&rsquo;\u00e9pouse d&rsquo;Angelo Branduardi, qui adapta la chanson <em>Had Gadia<\/em> en italien en changeant l&rsquo;agneau en souriceau (topolino). La version fran\u00e7aise serait, quant \u00e0 elle, sign\u00e9e d&rsquo;Etienne Roda-Gil comme les huit autres morceaux composant cet album. L&rsquo;opus italien sortit en 1976, le fran\u00e7ais deux ans plus tard. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">En ligne, on trouve encore quelques vinyles d&rsquo;occasion de la version fran\u00e7aise ou m\u00eame <a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/gp\/product\/B001VG3MJI\/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B001VG3MJI&amp;linkCode=as2&amp;tag=f1266-21&amp;linkId=2ee5bca6a44daad626d5a4331f23cec9\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">la version italienne  en version MP3 ou CD<\/a>. En dehors de cela, le violoniste, chanteur et compositeur italien n&rsquo;est pas avare de partage sur sa cha\u00eene youtube et on y trouve de nombreux extraits de concerts. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 71 ans, il est encore tr\u00e8s actif sur la sc\u00e8ne musicale et nous saluons ici, \u00e0 nouveau, sa belle carri\u00e8re et sa longue vie de musique et de po\u00e9sie. Pour suivre son actualit\u00e9 vous pouvez aussi vous reporter \u00e0 son<a href=\"http:\/\/www.angelobranduardi.it\/branduardi\/fra\/news09.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> site web officiel<\/a>.   <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">\u00ab\u00a0<em>Alla fiera dell&rsquo;est<\/em>\u00a0\u00bb d&rsquo;Angelo Branduardi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em><strong><span class=\"has-inline-color has-green-color\">Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi<br>Un topolino mio padre compr\u00f2.<br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi<br>Un topolino mio padre compr\u00f2.<br>E venne il gatto che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br>E venne il gatto che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi<br>Un topolino mio padre compr\u00f2.<br>E venne il cane che morse il gatto<br>Che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi,<br>Un topolino mio padre compr\u00f2.<br>E venne il bastone che picchi\u00f2 il cane,<br>Che morse il gatto che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi,<br>Un topolino mio padre compr\u00f2.<br>E venne il fuoco che bruci\u00f2 il bastone<br>Che picchi\u00f2 il cane che morse il gatto<br>Che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi<br>Un topolino mio padre compr\u00f2,<br>E venne l&rsquo;acqua che spense il fuoco<br>Che bruci\u00f2 il bastone che picchi\u00f2 il cane<br>Che morse il gatto che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi<br>Un topolino mio padre compr\u00f2.<br>E venne il toro che bevve l&rsquo;acqua<br>Che spense il fuoco che bruci\u00f2 il bastone<br>Che picchi\u00f2 il cane che morse il gatto<br>Che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi<br>Un topolino mio padre compr\u00f2.<br>E venne il macellaio che uccise il toro<br>Che bevve l&rsquo;acqua che spense il fuoco<br>Che bruci\u00f2 il bastone che picchi\u00f2 il cane<br>Che morse il gatto che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>E l&rsquo;angelo della morte sul macellaio<br>Che uccise il toro che bevve l&rsquo;acqua<br>Che spense il fuoco che bruci\u00f2 il bastone<br>Che picchi\u00f2 il cane che morse il gatto<br>Che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi<br>Un topolino mio padre compr\u00f2.<br>E infine il Signore sull&rsquo;angelo della morte<br>Sul macellaio che uccise il toro<br>Che bevve l&rsquo;acqua che spense il fuoco<br>Che bruci\u00f2 il bastone che picchi\u00f2 il cane<br>Che morse il gatto che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>E infine il Signore sull&rsquo;angelo della morte<br>Sul macellaio che uccise il toro<br>Che bevve l&rsquo;acqua che spense il fuoco<br>Che bruci\u00f2 il bastone che picchi\u00f2 il cane<br>Che morse il gatto che si mangi\u00f2 il topo<br>Che al mercato mio padre compr\u00f2.<br><br>Alla fiera dell&rsquo;est, per due soldi<br>Un topolino mio padre compr\u00f2<\/span><\/strong><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">\u00ab\u00a0<em>A la Foire de l&rsquo;est<\/em>\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>\u00c0 la foire de l&rsquo;est, pour deux pommes<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est, pour deux pommes,<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>Et soudain la chatte mange la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>Et soudain la chatte mange la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br><br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est, pour deux pommes<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e?<br>Soudain la chienne mord la chatte<br>Qui mangeait la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br><br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est pour deux pommes<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>Soudain la trique frappe la chienne<br>Qui mordait la chatte, qui mangeait la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br><br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est, pour deux pommes,<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>Soudain la flamme br\u00fble la trique<br>Qui frappait la chienne, qui mordait la chatte, qui mangeait la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br><br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est, pour deux pommes,<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>Soudain l&rsquo;averse ruine la flamme,<br>Qui br\u00fblait la trique, qui frappait la chienne,<br>Qui mordait la chatte, qui mangeait la taupe,<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br><br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est, pour deux pommes<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>Soudain la b\u00eate vient boire l&rsquo;averse,<br>Qui ruinait la flamme, qui br\u00fblait la trique,<br>Qui frappait la chienne, qui mordait la chatte, qui mangeait la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br><br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est, pour deux pommes<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>Et l&rsquo;\u00e9gorgeur frappe et tue la b\u00eate<br>Qui buvait l&rsquo;averse, qui ruinait la flamme<br>Qui br\u00fblait la trique, qui frappait la chienne<br>Qui mordait la chatte, qui mangeait la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e<br>C&rsquo;est l&rsquo;ange de la mort qui saigne l&rsquo;\u00e9gorgeur<br>Qui tuait la b\u00eate, qui buvait l&rsquo;averse<br>Qui ruinait la flamme, qui br\u00fblait la trique<br>Qui frappait la chienne, qui mordait la chatte, qui mangeait la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e<br><br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est pour deux pommes<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>C&rsquo;est enfin le Seigneur qui emporte l&rsquo;ange<br>Qui saignait l&rsquo;\u00e9gorgeur, qui tuait la b\u00eate<br>Qui buvait l&rsquo;averse, qui ruinait la flamme<br>Qui br\u00fblait la trique, qui frappait la chienne<br>Qui mordait la chatte, qui mangeait la taupe<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<br>C&rsquo;est enfin le Seigneur qui emporte l&rsquo;ange,<br>Qui saignait l&rsquo;\u00e9gorgeur, qui tuait la b\u00eate,<br>Qui buvait l&rsquo;averse, qui ruinait la flamme,<br>Qui br\u00fblait la trique, qui frappait la chienne,<br>Qui mordait la chatte, qui mangeait la taupe,<br>Qu&rsquo;\u00e0 la foire mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e.<\/em><br><em><br>\u00c0 la foire de l&rsquo;est, pour deux pommes<br>Une petite taupe mon p\u00e8re m&rsquo;avait achet\u00e9e<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"classe text_justify\">Pour conclure, \u00e0 moi de vous tendre la perche en vous posant la question : et vous de quoi vous est venu votre int\u00e9r\u00eat pour le Moyen \u00c2ge ? Dites-nous le en commentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>En vous souhaitant une belle journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric EFFE.<br>Pour moyenagepassion.com<br><em><strong>A la d\u00e9couverte du Moyen \u00c2ge sous toutes ses formes.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">(1) Pour \u00e9viter tout malentendu avec l&rsquo;actualit\u00e9, je vais exclure de cette g\u00e9n\u00e9ralisation, le narratif autour de Duhamel qui a secou\u00e9 tout r\u00e9cemment la classe bien pensante. Je me r\u00e9f\u00e8re ici \u00e0 des autobiographies bien plus incons\u00e9quentes que celle-ci.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sujet :&nbsp;chanson, po\u00e9sie d\u2019inspiration m\u00e9di\u00e9vale, musique, folk, po\u00e9sie, m\u00e9di\u00e9valisme.P\u00e9riode :&nbsp;&nbsp;XXe si\u00e8cleAuteur&nbsp; :&nbsp;Luisa Zappa,&nbsp;Angelo Branduardi, Etienne Roda-Gil&nbsp;VF (1941-2004)Titre :&nbsp;A la foire de l&rsquo;estInterpr\u00e8te&nbsp;:&nbsp;Angelo BranduardiAlbum : \u00c0 la foire de l&rsquo;est&nbsp;&nbsp;(1978) Bonjour \u00e0 tous, our les nombreux passionn\u00e9s de Moyen \u00c2ge, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour cette p\u00e9riode peut avoir eu les d\u00e9clencheurs les plus vari\u00e9s. Cela a pu \u00eatre &hellip; <a href=\"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/2021\/05\/16\/a-la-foire-de-lest-lart-dangelo-branduardi-comme-une-madeleine-de-proust-medievale\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0\u00e0 La foire de l&rsquo;est\u00a0\u00bb, l&rsquo;art d&rsquo;Angelo Branduardi comme une madeleine de proust m\u00e9di\u00e9vale<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":39112,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[3527,5382,169,5378,142,5383,5384,1353,5381,22,2895,5034,78,5376,2550,80,138,5380],"class_list":["post-39075","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-musique-medieval-historique-fantaisie-celtique","tag-angelo-branduardi","tag-chad-gadya","tag-chanson","tag-etienne-roda-gil","tag-folk","tag-had-gadia","tag-haggadah","tag-inspiration-medievale","tag-madeleine-de-proust","tag-medievale","tag-medievalisme","tag-moyen-age-3","tag-musique","tag-musiques-juives","tag-paques","tag-poesie","tag-troubadour","tag-trovatore"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39075"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39075"}],"version-history":[{"count":286,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39075\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48883,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39075\/revisions\/48883"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/39112"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39075"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39075"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moyenagepassion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39075"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}