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Boustan ou le verger, un miroir des princes du grand Saadi

saadi_mocharrafoddin_sagesse_persane_moyen-age_XIIIe_siecleSujet  : citations médiévales, sagesse persane, poésie morale, miroirs des princes, sagesse politique, mauvais conseillers, précis de morale politique
Période  : moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur :   Mocharrafoddin Saadi (1210-1291)
Ouvrage :  Le Boustan  (Bustan) ou Verger,  traduction de Charles Barbier de Meynard (1880)

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn poursuivant nos lectures autour de Saadi, nous approchons maintenant de son « Verger » ou Boustan,  autre ouvrage empreint de sagesse et de raison laissé par ce grand conteur persan du moyen-âge central.

Le Boustan : miroir à l’usage
de l’éducation des puissants

Les histoires qui pavent le verger de Saadi sont comme autant de leçons de discernement et de mansuétude à l’usage de princes et des puissants.  En voici pour commencer une simple citation. Elle est tirée du chapitre de l’ouvrage intitulé le ministre calomnié et dans lequel un roi fait montre de grande sagesse face aux manœuvres d’un conseiller jaloux et déchu.


Saadi-citations-medievales-sagesse-persane-miroirs-des-princes-sagesse-politique
« Il faut savoir repousser les inspirations   perfides de la malveillance, pour ne pas s’exposer au regret de les avoir écoutées. »

Mocharrafoddin Saadi – « Le ministre calomnié », Le Boustan ou Verger 


En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Rôle et responsabilités des conseillers du Prince selon Alphonse X de Castille

Sujet  : citation, moyen-âge, prince, conseillers, exercice de la responsabilité, exercice du pouvoir, Espagne médiévale, XIIIe siècle.


alphonse-X_le-savant_citations_medievales_Espagne_XIIIe-siecle_Moyen-age

« Ceux qui laissent sciemment le roi se tromper méritent d’être punis comme des traîtres. »
Citation médiévale d’Alphonse X dit le sage ou le Savant,  roi de Castille, (1221-1284)


Bonjour à tous,

L_lettrine_moyen_age_passion‘image du prince mal conseillé ou influencé de manière néfaste, coure sous la plume de nombreux auteurs, tout au long du Moyen-âge. Mesure de prudence de la part de ces derniers ? Si elle permet de ne pas se risquer à incriminer directement la personne sacrée du souverain, en pointant du doigt ses conseillers malavisés ou même, mal intentionnés, elle se fonde aussi, dans d’autres cas, sur une réalité de fait.

Stratégie d’acteurs, convoitises, ivresse du pouvoir, intérêts biaisés,  là encore, à lire entre les lignes des auteurs et poètes médiévaux, de Rutebeuf à Eustache Deschamps en passant par Alain Chartier et bien d’autres encore, les cours royales et seigneuriales regorgent de conseillers empoisonnés qui ne servent pas toujours l’intérêt des couronnes. Biais inévitable de la vie curiale, théâtre des luttes individuelles et de toutes les ambitions, au delà des simples mesquineries ou des fausses flatteries, quand une grande partie du pouvoir se concentre sur une seule tête, il faut aux princes une sérieuse dose d’intégrité et de discernement (qu’ils n’ont pas toujours), pour échapper à ces jeux d’influence ou éviter même qu’ils ne les plongent dans des conflits inextricables.

Ainsi, contre l’impunité de ceux qui pèsent dans l’ombre, sur la balance des décisions des rois, cette citation d’Alphonse X remettait ici les pendules à l’heure, en mettant les mauvais conseillers face à leur responsabilité et leurs possibles félonies. Pour ne citer qu’un exemple tragique de ce type d’influence fallacieuse et en restant dans le cadre de l’Espagne médiévale, on se souviendra que trois générations plus tard, son arrière petit-fils, Alphonse XI allait connaître des tensions sans fin opposant ses tuteurs et régents, pour se trouver lui-même, à peine monté sur le trône, pris dans un conflit sanglant dont l’histoire a retenu qu’il avait été en grande partie ourdi et fomenté par de vils conseillers. Ces derniers furent, du reste, dûment châtiés. A ce sujet, nous vous invitons à consulter l’article suivant: Don Juan Manuel, portrait d’un seigneur, chevalier et auteur médiéval dans l’Espagne déchirée du XIVe siècle

Pour le reste, voici la version espagnole originale de cette citation  : “Los que dejan al rey errar a sabiendas, merecen pena como traidores.”

En vous souhaitant une belle journée

Fred F
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