Bestiaire : Une histoire du taureau par Michel Pastoureau

Sujet   : bestiaire, animaux, monde médiéval, histoire, anthropologie, histoire culturelle, symbole, taureau, anthropologie, médiéviste.
Période : antiquité à nos jours
Ouvrage : Le Taureau, une histoire culturelle (Edition du Seuil, 2020)
Auteur : Michel Pastoureau
Média : entretien à la librairie grande librairie Mollat, Bordeaux Novembre 2020

Bonjour à tous,


e l’histoire des couleurs à celle des animaux et leurs différentes symboliques à travers le temps, l’historien médiéviste Michel Pastoureau nous a habitué à s’intéresser à des sujets qui trouvent toujours un bel écho auprès du grand public.

Ses derniers travaux ne dérogent pas à la règle et nous entraînent, à nouveau, du côté des bestiaires : après l’ours, le loup ou encore le cochon, c’est, cette fois, à l’histoire du taureau qu’il s’attaque dans un ouvrage paru au Seuil, en octobre 2020. Reçu à la grande librairie Mollat de Bordeaux, en Novembre dernier, le médiéviste y partageait quelques unes des idées qu’il expose dans ce livre intitulé : Le Taureau, une histoire culturelle.


Une histoire du taureau à travers les âges

De l’auroch primitif de nos peintures rupestres aux premiers bovidés domestiqués et jusqu’à des temps plus modernes, on suivra, ici, Michel Pastoureau sur les traces du taureau à travers les âges. A sa manière habituelle, il puisera autant dans les outils de sa discipline première, l’histoire, que dans ceux de l’anthropologie et de l’ethnologie : en mêlant étude des textes, des mythes, de l’art ou encore du langage, il partira en quête des représentations culturelles et symboliques autour de l’animal, dans un style toujours très accessible.

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage sur le site Mollat.com ou encore au lien suivant : Le Taureau. Une histoire culturelle

On découvrira que, longtemps après sa domestication, le taureau a conservé une réputation de puissance qui l’a placé haut, dans les rangs des bestiaires. Ainsi, ce bovidé qu’on ne châtre pas, « le plus sauvage de nos animaux domestiques » selon Buffon (dont Pastoureau reprend la formule), a connu ses belles heures de gloire et même des cultes qui l’ont élevés et vénérés : force, énergie, fertilité, principe mâle et guerrier par excellence, l’animal est admiré en méditerranée et au proche orient, déjà des milliers d’années avant notre ère.

Dans ce que Pastoureau nomme le bestiaire central, le Taureau se disputera même, quelquefois, la première place avec l’ours ; c’est dire si la robustesse et la vigueur du bovidé ont été reconnues par les nombreuses cultures et territoires sur lesquels on peut le trouver.

Le taureau dans le monde médiéval

Paradoxalement, si les bestiaires du médiéviste avaient, jusque là, ménagé une belle place à sa période de prédilection, l’histoire du taureau au moyen-âge est, un peu plus, celle d’une absence et d’un recul.

Boeuf, Bestiaire, Royal MS 12 C XIX, B library

S’il était présent dans un grand nombre d’histoires de la mythologie gréco-romaine, l’avènement du christianisme le verra, en effet, reléguer à l’arrière plan, en terme cultuel ; le monde médiéval chrétien lui préfèrera, de loin, son double assagi, travailleur et pacifié : le bœuf, celui de la nativité, le compagnon de Saint Luc, ou encore la puissante bête de somme au travail,… Si le taureau est un peu éclipsé, durant le moyen-âge, la grand famille des bovidés n’est pas en reste. Aux côtés du bœuf, viendront s’adjoindre le veau, la vache et leur cohorte de symboles d’opulence, de richesse ou, même encore, de docilité.

Sous cette mise en sommeil relative, la réputation de puissance de taureau ne sera pas, pour autant, décriée. Pour en témoigner, on se souviendra de la fable de Don Juan Manuel dans son Comte de Lucanor : De ce qu’il advint au lion  et au taureau. Dans cette histoire, inspirée du Pañchatantra (ouvrage sanscrit du 3e siècle avant notre ère), l’auteur médiéval espagnol nous contait que le taureau et le lion avaient, un jour, formé une alliance sans précédent, soumettant ainsi toutes les créatures animales des règnes sauvage et domestique. Au terme de la fable, les deux grands seigneurs finiront renversés par les manœuvres traitresses de conseillers perfides mais la fable s’accorde, tout de même, pour élever le taureau en souverain redouté du monde des herbivores, face au lion prédateur carnivore.


Pour conclure sur l’ouvrage de Michel Pastoureau, le médiéviste nous gratifiera encore d’un détour sur l’histoire moderne du taureau. Il y fera la chasse à certaines idées reçues, en revenant sur la naissance autour des XVIIe, XVIIIe siècles, de la tauromachie. Assez loin des jeux que les romains avaient réservés, en leur temps, à l’animal, ce retour de popularité du taureau continue, plus que jamais, de faire polémique.

Voir nos autres articles au sujet de Michel Pastoureau.

En vous souhaitant une excellente journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

PS : l’enluminure du taureau en-tête d’article, ainsi que celle du bœuf (dans le corps du texte) sont tirées du manuscrit Royal MS 12 C XIX conservé à la British Library (à consulter en ligne ici). Daté du début du XIIIe siècle ( 1200-c 1210), ce beau bestiaire a pour titre : Bestiarum uocabulum proprie conuenit Incipit : liber de naturis bestiarum et earum significationibus.

Détente : Un imagier médiéval Au musée de Cluny

Sujet : jeu, application interactive, application ludique, colorisation, enluminures, miniatures, moyen-âge, imagier médiéval
Période : moyen-âge, du XIIIe au XVe siècles
Lieu : site web du Musée de Cluny
Image d’en tête : « élagage d’un arbre », l’enluminure recolorisée, utilisée en tête d’article est tirée du feuillet d’un manuscrit du XIIIe siècle, conservé au musée de Cluny.


Bonjour à tous,

ans la veine des applications ludiques autour du monde médiéval, le Musée de Cluny a publié sur Twitter, depuis quelques semaines, diverses réalisations faites au moyen d’un petit programme plutôt sympathique. Il s’agit d’un imagier interactif qui permet de coloriser des images issues de miniatures et d’enluminures médiévales. Les thèmes proposés sont assez variés. Ils vont de détails de la célèbre tapisserie de La Dame à la Licorne, à des peintures diverses, entre traités de combats, fous du roi ou même vitraux.

Enlumineurs en herbe, à vos souris !

Une fois l’application lancée, différentes techniques sont disponibles pour permettre à l’utilisateur de peaufiner le rendu de ses créations : lavis, gouache, lavis pâle,… Une roue chromatique permet aussi de choisir ses couleurs parmi des tons d’époque et, pour parfaire le tout, on peut encore faire varier la taille du pinceau ainsi que le support (parchemin, papier usé, papier jauni, etc…). Armez vous d’un peu de patience pour la prise en main et n’hésitez pas à faire varier les tailles de pinceau. Si vous êtes satisfait du résultat, vous pourrez même exporter votre « œuvre » sous forme de carte de vœux.

Se détendre tout en se prenant, un peu, pour un enlumineur du moyen-âge, voilà qui devrait en divertir plus d’un et leur donner des idées de créations originales. Quant aux publics les plus jeunes, ce livret élèvera le niveau au dessus des sujets habituels, en réconciliant, pour eux, découverte de l’art médiéval et passe-temps.

Vous trouverez cette application ludique sur le site du musée du Moyen-âge au lien suivant : imagier médiéval.

Le Musée de Cluny sur les réseaux

Pour rappel, si de grands travaux ont été engagés au musée de Cluny entraînant sa fermeture jusqu’à 2022, l’institution est toujours très active sur les réseaux. On se souvient de certaines conférences que nous avions postées, il y a quelque temps (voir tous nos articles ici ) mais l’action du musée ne s’arrête pas là ; ses conservateurs continuent de poursuivre sur la toile, de la manière la plus variée, leur mission de sensibilisation du public à l’histoire et au monde médiéval ( Twitter @museecluny – FB museecluny).

En vous souhaitant, une belle journée
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

Quatrain : l’homme de raison & l’homme de cour

Sujet :  poésies courtes,  quatrain, poésie satirique, moyen français, XVe siècle, moyen-âge tardif, auteur anonyme.

Bonjour à tous,

ujourd’hui, nous vous proposons un quatrain qui, tout bien considéré, pourrait être de circonstances. Demeurée anonyme, cette poésie courte nous provient du Moyen-âge tardif. Elle est tirée d’une compilation de pièces médiévales qu’on peut retrouver dans l’ouvrage : « La Danse des Aveugles et autres poésies du XVe siècle, extraites de la bibliothèque des Ducs de Bourgogne » (édition de 1743 chez André Joseph Panckoucke Libraire).

Si toute la première partie de cet ouvrage reproduit la Danse aux aveugles de Pierre Michault, ce quatrain demeuré anonyme apparait dans sa deuxième partie, aux cotés de quelques autres poésies courtes et proverbe du même type. Ces pièces viennent en prélude d’un texte intitulé : Le Petit Traittiet du Malheur de la France et demeuré, lui aussi, anonyme.

De notre côté et au vue du contexte, il nous est bien difficile de nous retenir de trouver dans ce quatrain, quelques accents d’actualité.


L’homme vivant selon raison,
Considéré le temps qui court,
Est plus aisé en sa maison
Que ne sont ceux qui sont en Court.

Quatrain anonyme du XVe siècle


Vie normale vs vie curiale

Ce quatrain oppose la tranquillité et la sagesse d’une vie normale aux vicissitudes d’une vie de cour, proche des couloirs du pouvoir. Historiquement, cette critique de la vie curiale, déjà présente dans la littérature du moyen-âge central, le devient encore plus à l’approche du moyen-âge tardif. On se souvient au XIVe et XVe siècles des envolées d’un Eustache Deschamps sur ce même sujet, du Dit de Franc Gontier de Philippe de Vitry ou encore du Curial de Alain Chartier dont voici un court extrait :

« Les abus de la court et la manière des gens curiaux sont telz que jamez homme n’y est souffert durer sans estre corrumpu, ou n’y est souffert soy eslever s’il n’est corrumpable« . (…) « Telz sont les ouvraiges de court, que les simples y sont mesprisez, les vertueux enviez et les arrogans orgueilleux en perilz mortelz« . Le Curial, Alain Chartier

Dans le reste du passage, Chartier donnera mille détails pour exhorter son frère à préférer sa vie paisible et à se tenir, le plus éloigné possible, des folies de la cour.

Une enluminure de la cour de Bourgogne

Sur l’image en-tête d’article, le président de la République française Emmanuel Macron reçoit, des mains de son conseil scientifique, un 60eme rapport sur la situation sanitaire, établissant la nécessité absolue d’un 14eme confinement. Bon ça va, je plaisante… Cette enluminure est tirée du Cod. 2549, Romance ou Chronique de Girart de Roussillon. Elle représente le duc de Bourgogne Philippe le Bon en train de recevoir la chronique. Ce manuscrit ancien, daté du milieu du XVe est conservé à la Bibliothèque nationale autrichienne de Vienne.

Une belle journée
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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Solution Des mots croisées spécial roman arthurien

Bonjour à tous,


omme promis, pour ceux qui s’y étaient lancés sur notre grille spéciale légendes arthuriennes, , vous trouverez la solution ici.

Si vous étiez passé à côté du problème et que vous voulez le tenter, la grille est les explications pour jouer en ligne sont est ici : Défi mots croisée légendes arthuriennes.

Une belle journée
Frédéric EFFE
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