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Hors champ : le long hiver de la Covid 19

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionprès le déconfinement amorcé au courant du mois de mai et comme on l’imagine, pour bien des établissements culturels, rouvrir ses portes ne sera  pas suffisant pour que les visiteurs s’y engouffrent. Les changements drastiques effectués au Puy du Fou pour accueillir le public le démontrent. Face à la crise, il est important de continuer à marquer clairement son engagement sanitaire.  Du reste, d’autres événements suivent déjà : quelques fêtes médiévales sont prévues dans le cadre de château notamment. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Réjouissons-nous tout en restant prudents, au regard  des mesures  à respecter puisque le  Coronavirus  2019 n’est toujours pas éradiqué.

Loin de nos considérations historiques et médiévales habituelles et pour déroger à nos habitude, ces événements autour de  LA Covid19 (les académiciens nous expliquent qu’il faut plutôt l’abréviation du virus au féminin) soulèvent quelques réflexions que nous voulions partager ici.

L’heure du confinement

Pour prendre un pas de recul  sur les premiers volets de cette crise sanitaire, tout s’est passé comme si, le vieil adage « Pour vivre heureux, vivons caché« , que certains pouvaient partager  jusque là, était devenu  par la force des circonstances : « Pour survivre, restons cloîtré« . Plus question de choix dès lors.  A l’arrivée de l’épidémie et au vu du manque de moyens, peu d’alternatives se sont ouvertes, si peu de voies ont été tracées. L’heure était au confinement : quatre syllabes pour une mesure nécessaire (pour éviter l’engorgement des hôpitaux et au moins dans les premières semaines) et qui, paradoxalement, pouvait aussi sonner un peu comme une sentence.  

 Dans les sociétés humaines, au passé comme au présent, la réclusion imposée par un état ou une institution se rattache, le plus souvent, à   des images d’enfermement punitif, de couvre-feu, de sanctions, de violences faites aux individus. Hors de ces contextes nous n’y sommes guère habitués mais si la mesure sanitaire a emporté nécessairement une privation relative de libertés,  elle était pourtant loin  d’avoir la dureté de ces symboles.  Du reste,  si certains trublions ont eu l’oreille un peu dure, les populations ont fini, globalement, par jouer le jeu.   La pire punition de ce long confinement, sera, on le sait, la violence faite à l’économie.

Quel horizon au sortir de l’abri ?

De longues semaines d’attente plus tard, si l’annonce d’un déconfinement  a sonné pour la grande majorité, comme un soulagement, en réalité, c’est une sorte de demi-sortie tiède, sans visibilité claire et sans mesures véritablement incisives qui était proposée. Au fond, ce deuxième temps d’une crise covid19  (qui n’en finit plus de ne pas finir), ressemblait plus à une version 1.01 du confinement qu’à une véritable riposte.

Pour peu,  il en venait même à prendre les dehors de ces hivers post-nucléaires tels qu’on les voit dans les films de genre : la guerre est survenue. La bombe a été lâchée. Quelque temps ont passé. Les yeux redécouvrent la lumière  du soleil, au sortir de l’abri.  C’est bon de se sentir dehors, mais cette  poussière, encore en suspension dans l’air et qui s’étire, en paillettes,  sous les rayons de l’astre du jour, est-elle encore chargée d’invisible poison  ?  Et si c’était le cas aurions-nous le moyen d’y faire face mieux que la fois d’avant ?  La seule perspective sera-t-elle le reconfinement ? Devrons-nous encore redescendre dans l’abri et à quel prix pour notre économie ? Un seule certitude, ce déconfinement, nous le savons tous, n’est pas encore  le monde d’après. Ce monde là se fera désirer. A  entendre les politiques, il n’a pas encore de dates sur le calendrier et même plus d’horizon.

Les    pandémies apocalyptiques

Bien sûr,  on nous dira que nous forçons un peu le trait en nous servant de cette imagerie apocalyptique,  mais   tout le monde en aura saisi le fond. Et puis, nous pourrons toujours rétorquer que ce n’est pas  vraiment nous qui avons commencé. Les fictions de pandémies radicales, ou même d’un monde peuplé de survivants zombies suite à des virus extra-terrestres ou de laboratoire ont, en partie, supplanté  sur nos écrans les peurs nucléaires des années 80.

Une certaine montée en épingle autour de ce Coronavirus n’est d’ailleurs sûrement pas étrangère à cela. Depuis près de 15 ans, la presse a fait ses choux gras, de chaque nouveau virus, en surfant allègrement sur cette phobie  (vache folle, grippe aviaire, Sars, etc…).  Le sensationnalisme fait lire et fait vendre, l’aubaine était irrésistible.. Aujourd’hui, de nouveaux prédicateurs viennent aussi nous expliquer qu’ils étaient les seuls à avoir annoncé cette « Apocalypse » (légèrement sur-vendue)  de la Covid, quand cette idée est dans l’air depuis des décennies déjà.  Le monde ne les avait pas attendus pour se la repasser en boucle. Du reste, au vu du mondialisme, de l’accélération de la circulation des biens et des personnes,  évidemment, que  nous n’étions pas  prêts…

Le temps de l’impuissance et des  menteries

Quoiqu’il en soit, si on n’a pas pu sortir tout à fait indemne, ni en toute tranquillité de ce long hiver de la  Covid, c’est qu’il  n’est pas encore fini.   Nul n’est besoin que de nouvelles  terreurs  nous soient servies, une partie d’entre nous est encore sous le coup  du confinement, mais plus encore sous le choc du véritable séisme (médiatique, politique, technocratique, économique) déclenché par la venue de celui qu’on a appelé outre-atlantique et dans de grands élans dramatiques : the invisible enemy.  Angoisses spontanées et légitimes auxquelles sont venues se surajouter d’autres plus manufacturées ? Oeuvre-t-on seulement à les déconstruire autant qu’on a travaillé à les échafauder ? « Comptons nos morts au quotidien », la nouvelle conception du devoir et de l’action politique, tandis que les pseudo-experts atermoient la moindre lueur d’espoir…  Au regard des chiffres  véritables, certains esprits  ont pu, après coup, se sentir quelque peu troublés.  Bien sûr qu’une action ferme était nécessaire, mais en cas d’alerte incendie, on nous avait, jusque là, tous appris à suivre le plan d’évacuation dans le calme…

Que reste-t-il ?

coronavirus-fetes-medievales-saison-2020Alors, que nous reste-t-il, aujourd’hui, sinon ce sentiment que la Covid nous a laissé de notre propre impuissance sociale face à ces formes inévitables d’hystérie médiatique, face à  ce vent  de panique qui éclatait en février et ses foules qui s’écharpaient, déjà, dans les rayons des supermarchés, face à ce manque de moyens qui, bientôt, a éclaté  au grand jour, face encore à cette technocratie médicale qui est allée jusqu’à écharper ses médecins de terrain, face enfin aux  collusions suspectées et déjà partiellement établies avec les géants de l’industrie sectorielle.

Toutes choses nauséabondes auxquelles il nous faut ajouter   les terribles ratages d’une classe politique, férue d’idéalisme supra-nationale et d’ingénierie sociale, mais si peu armée pour partir véritablement à la guerre et prendre des décisions dans le monde réel : revirements, mensonges, interdictions, demi-autorisations, ré-interdictions, ingérence sur le terrain des prescriptions médicales et finalement bannières de non responsabilité brandies hautes devant les médias ou les commissions d’assemblée. « Les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public« , « Nous n’avons jamais manqué de masques« ,  « J’ai interdit la chloroquine parce qu’on prend trop de médicaments« .

De l’incapacité de compter jusqu’à 3

Alors, « Rien ne sera jamais plus comme avant ».    On n’a  cessé de nous le répéter, jusqu’à l’indécence mais le pire reste que nous ne sommes  toujours  pas victorieux, pas d’avantage que nous ne sommes dans l’après Covid. Depuis 7 mois, nous avons surnagé dans des  prises de décisions qui n’ont compté que jusqu’à deux, « confinement- déconfinement » avec des graduations entre les deux. Le  temps 3 de stratégies véritables pour se donner les moyens d’une victoire ferme et sans appel n’a jamais été, véritablement, posé en perspective. La phase de  retranchement du long  confinement n’a pas été mise à profit pour l’établir. En revanche, le temps 4 de la crise économique et de ses violences à venir, lui, a déjà été avancé très largement et à maintes reprises. La guerre sanitaire n’est pas encore gagnée qu’on songe à la prochaine dont on nous promet déjà que nous la perdrons certainement. Rien ne nous est décidément épargné. Dans le discours politique français des quarante dernières années,  il n’est pratiquement jamais question de sortir la tête de sous l’eau, mais toujours d’apprendre l’apnée.

C’est un fait pourtant. Les dernières nouvelles sur la possible persistance du Coronavirus, voire sur la présence d’un certain nombre de foyers de  résurgence  dans le monde, semble l’indiquer clairement : l’ennemi n’a pas été totalement défait. On est donc bien forcé d’enjoindre à la  prudence, tout en se réjouissant au constat que les pratiques sanitaires préventives s’ancrent, chaque jour, un peu plus,  dans l’espace public : port du masque, distances physiques, gestes barrière, gestes d’hygiène…

L’horizon politique dans les mains du marché

Le peuple fera sa part du contrat sanitaire comme il y a souscrit, globalement avec sagesse, au  moment du confinement. Pour autant, saura-t-on lui offrir, cette fois-ci, un horizon véritable ? Face à la  Covid 19, l’action publique a jusque là consacré son impuissance à résoudre.  Au mieux, elle n’a eu l’ambition que d’atermoyer ou de se défausser.  Alors, va-t-elle relever enfin  la tête pour gagner cette guerre sanitaire ? Quel sera le programme ? Va-t-on daigner apprendre un peu des autres et mettre en pratique les recettes qui, ailleurs, semblent  avoir fait leur preuves ? Va-t-on accélérer le dépistage massif    et traiter les malades en les isolant ?

Sommes-nous vraiment dans le pendant ou    encore dans l’avant  ? Un avant de l’attentisme, de l’ouvrir et du fermer, un avant  impuissant à mobiliser intelligemment les énergies nationales, pour mettre en place  des stratégies fortes et concertées dans la perspective de l’éradication du problème… Continuerons-nous d’assister au triste spectacle d’une classe politique suspendue à ses propres idéaux technocratiques ? Naguère, on l’a vu compter sur le réveil d’une Europe des experts qui n’a  pas répondu présente. Hier encore, elle implorait la venue miraculeuse (à l’arrière-goût de Tamiflue) du vaccin d’un Bill Gates  ou  de grands labos privés, comme une façon de nous dire : « patientez, mes  frères, l’action politique est morte, la solution viendra du marché… »

Une citation de Jules Michelet sur les croisades et quelques mots sur le lyrisme en Histoire

citation-moyen-age-histoire-france-medievale-jules-micheletSujet : citation, moyen-âge, monde médiéval, croisades, historien,  Godefroy de Bouillon, France médiévale, lyrisme,   littérature, roman national
Période :  moyen-âge central, XIIe siècle, modernité
Auteur : Jules Michelet
Ouvrage : Histoire de France – 1833


“Il appartient à Dieu de se réjouir sur son oeuvre et de dire : Ceci est bon. Il n’en est pas ainsi de   l’homme. Quand il a fait la sienne, quand il a bien travaillé, qu’il a bien couru et sué, quand il a vaincu, et qu’il le tient enfin, l’objet adoré, il ne le reconnaît plus, le laisse tomber des mains, le prend en dégoût, et soi-même. Alors ce n’est plus pour lui la peine de vivre ; il n’a réussi, avec tant d’efforts, qu’à s’ôter son Dieu. Ainsi Alexandre mourut de tristesse quand il eut conquis l’Asie, et Alaric, quand il eut pris Rome. Godefroi de Bouillon n’eut pas plutôt la terre sainte qu’il s’assit découragé sur cette terre, et languit de reposer dans son sein. Petits et grands, nous sommes tous en ceci Alexandre et Godefroi. L’historien comme le héros.”

Jules MicheletHistoire de France T2 – Suite de la croisade (1833)

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Bonjour à tous,

S_lettrine_moyen_age_passionil convient de prendre soin, en relisant Jules Michelet  (comme d’autres historiens du passé, du reste) de le resituer dans son temps, il demeure difficile de rester insensible à l’érudition et aux qualités de cet historien du XIXe siècle, haut en couleur et au caractère trempé. Encore aujourd’hui, sa monumentale   Histoire de France     impressionne par son contenu et son ambition.  Pourtant, au delà de ce vaste récit national  revisité à l’aulne de Michelet, ce qui frappe sans doute le plus, de prime abord, en feuilletant ses volumes, ce sont les talents stylistiques de ce dernier et l’intensité qu’il met  à  nous transmettre sa passion pour la France comme pour l’histoire.

Nous ne sommes pas les premiers à chanter les louanges littéraires de Jules Michelet.  Face à ses   parutions et notamment celle-ci, même ses nombreux détracteurs n’ont  eu d’autres choix que de s’incliner sur  ces aspects.  De fait, qui est sensible à la langue française et aux qualités de plume ne pourra que tomber sous le charme. Nous sommes face à un grand auteur. On a même souligné ce talent chez lui au risque d’éclipser, parfois son érudition au sujet de l’Histoire elle-même. « L’auteur de l’Histoire de France écrirait-il trop bien pour être honnête ? » se demandait le journaliste Jérôme Gautheret dans un article du   Monde de 2008, en saluant au passage la réédition de cette oeuvre de Michelet (l’Histoire de France de Michelet enfin réédité). La formule est triviale, mais elle résume assez bien l’idée.

 Un Roman national :
l’Histoire à l’aulne de Michelet

michelet-histoire-de-france-livre-historien-auteurSur le fond,   c’est un fait,  Jules Michelet est un homme de conviction. Il porte des valeurs fortes et entend les transmettre.  Certaines demeurent de son temps, d’autres nous semblent, aujourd’hui,   venir au secours de notre modernité et vouloir l’éclairer. Par dessus tout, notre homme aime la république, comme il aime la nation  et ce qui l’a forgée. Il sait aussi la France cimentée par sa langue sous les apports des peuples multiples qui l’ont formée. Sa continuité est ailleurs.

Plus qu’avoir simplement écrit une histoire de France, Michelet l’a forgé  sur son enclume comme un artisan. Avec son cœur, sa fougue et le feu de ses convictions, il y a fait entrer ses vérités,  La patine qui en résulte n’a pas été et n’est toujours pas du goût de tous. Elle a toujours fait polémique. Revisitée à la lumière de l’histoire actuelle, elle emporte aussi quelques inexactitudes. Bien sûr, son objectivité et ses prises de positions fortes ont été largement questionnées. On ira même jusqu’à le traiter d’imposteur. Entre toutes les critiques qui suivront,  on finira par lui reprocher, de manière presque consensuelle, d’avoir été à l’origine d’une Histoire de la France romancée et même romanesque et idéalisée : un « roman national » que les temps suivants se chargeraient bientôt de mettre copieusement à bas.


« Cette œuvre  mémorable, d’environ quarante ans, fut conçue d’un moment, de l’éclair de Juillet. Dans ces jours mémorables, une grande lumière se fit, et j’aperçus la France. »

Jules Michelet  –   Histoire de France – préface de 1869


Le souffle lyrique de Michelet

Quoiqu’il en soit,  si l’idéologie n’est évidemment pas absente  des ouvrages de Michelet et si son roman national  a essuyé, depuis, de sérieux contre pieds,  il demeure évident que personne ne pourra priver l’homme de son talent.  A  près de 200 ans des  premiers tomes  de son Histoire de France,  un puissant souffle lyrique traverse encore  cette oeuvre de part en part. Toute proportion gardée, c’est un peu comme si une certaine culture antique et médiévale de la chronique historique venait prendre le pas, par endroits, sur un style plus neutre et encyclopédique qu’on pourrait attendre, de nos jours, d’un projet de cette ambition. Nous sommes face, ici, à une Histoire qui se raconte avec élan et qui résonne comme autant d’histoires imbriquées. L’historien y assume pleinement la place de  véritable auteur et, se faisant, il se double aussi d’un « (hi)story teller »,   un conteur.

Une    tradition lyrique en histoire

Nous ne ferons pas ici l’historiographie d’une certaine tradition lyrique et littéraire  en Histoire. Elle ne débute pas avec Michelet.  Elle ne s’arrêtera pas avec lui. Une fois les éléments bien posés d’une méthodologie historique, elle se poursuivra même, jusqu’à nous, dans une proportion  variable (et un attachement inégal), en fonction de la sensibilité de chaque historien. Sous le poids de l’académie ou d’une certaine épistémologie, s’il fallait poser la question : « l’Histoire devrait-elle ennuyeuse pour être sérieuse ? » La réponse serait, à coup sûr, non. Au risque de quelquefois diluer la vérité dans ses effets (à quoi vigilance commande) la discipline subit aussi les exigences (pédagogiques  ou passionnées) de sa propre transmission.

Entre passion et transmission

michelet-histoire-de-france-livre-historien-auteur_002Qu’on nous passe le jeux de mots, mais si l’histoire est faite de la chair de ses chercheurs et de ses hommes, elle a aussi  ses chaires, ses têtes blondes et ses auditoires. Certes, elle est liée inextricablement et historiquement à la littérature, mais elle est aussi entrée dans le monde de l’éducation par la grande porte. Nous l’avons déjà dit, c’est à la fois un science de l’homme et une matière scolaire. A ce  titre, elle reste une discipline de la passation et il faut bien qu’elle en assume pleinement les contingences :  intelligibilité, nécessité et volonté de partage, mais encore passion de ses hommes et conscience aigüe, pour la plupart d’entre eux, de l’importance de la perpétuation d’une conscience historique pour une juste  compréhension du présent et une meilleure préparation de l’avenir.  Bien des historiens modernes pourraient tomber d’accord sur cette dernière dimension. Au milieu du XXe, souvenons-nous d’un  Lucien Febvre  qui s’enflammait tout entier pour un combat pour l’Histoire. Il aurait, lui aussi, de nombreux héritiers.

Pour apporter de l’eau au moulin de cette histoire attachée au style  qui entend  s’ouvrir à l’autre, en soignant sa plume et ses effets, on pourra encore évoquer, plus proche de nous,  certaines pages de  Georges Duby  ou  de manière plus parlante encore, certains extraits de son « Temps des Cathédrales » (papier ou télévisuel). Chez lui comme chez Michelet ou bien d’autres, on retrouvera,  dans  ce souffle lyrique d’une histoire qui s’enflamme, une volonté d’entraîner dans ses plus belles envolées, l’intérêt pour le passé autant que la passion pour l’histoire.  De son côté, le lecteur ou l’auditeur ne pourra que s’en délecter, même s’il ne devra pas, pour autant, désarmer son sens critique. Peut-être même devra-t-il,  l’exercer plus encore  ; la beauté d’un effet de style ou la plus belle des anecdotes ne devraient jamais faire perdre de vue totalement la complexité des faits et toutes  leurs nuances.   

En vous souhaitant une belle journée.
Fred

Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Coronavirus : aux héros de la médecine, aux malades et aux autres, et pour le confinement

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn  ces temps difficiles, nous voulions, à nouveau, envoyer   une pensée à tous les personnels de soins et de médecine qui restent, courageusement, au contact de l’épidémie.   En plus de    tous ceux-là, nous tenions également à joindre une pensée pour tous ceux qui permettent que nos sociétés humaines continuent de fonctionner a minima : travailleurs du secteur privé comme fonctionnaires.

Parmi eux, un grand nombre préférerait, sans doute, rester en famille et dans le confort (même relatif quelquefois) du chez soi. Tous les efforts qu’ils déploient et tous les risques qu’ils prennent, sont  autant de raisons  de respecter, à la lettre, le confinement.

Merci encore à eux du fond du cœur.

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En Aparté

Pour le reste, une véritable inflation d’information s’est emparée de la presse, mais aussi des médias alternatifs et des réseaux sociaux depuis le début de toute cette affaire. Elle continue d’aller crescendo…  Notre intention n’est pas, ici, de nous joindre à cette cacophonie. Les avis de Pierre ou Paul qui n’y connaissent absolument rien, ne font qu’ajouter à la confusion générale. Or, ce dont nous avons plus que jamais besoin, aujourd’hui, c’est  de clarté autant que d’humilité.  Garder la tête froide…

La seule raison qui motive cette  parenthèse, hors de nos terres habituelles, est qu’en se tournant du côté des professionnels de santé, on peut trouver des informations plus objectives dont certaines peuvent nous aider à prendre les choses avec calme et raison. Dans ce lot de sources triées, un espoir est venu du côté de chercheurs chinois, suivi d’expérimentations par un  éminent professeur de médecine de Marseille. Une grande partie de ces tests semble avoir déjà donné des résultats prometteurs en terme de soins. S’il faut encore un peu de patience, en se gardant bien de toute tentation d’auto-médicalisation, ces informations pourraient mettre quelques lumières dans votre journée si vous n’y avez pas encore eu accès :   Voir la vidéo du Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection.

Parenthèse    fermée.

Merci encore à tous ceux déjà mentionnés plus haut,  courage  aux confinés,  et courage également et tous nos vœux de rétablissement, à tous ceux que le  virus affecte directement et qui sont engagés dans des processus de soins.

 Une belle journée à tous.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Bande dessinée : à la poursuite de la Légende Dorée avec Jean-Pierre Joblin & Olivier le Discot

legende-doree-bande-dessinee-financement-participatifSujet :   bande dessinée, humour,   monde médiéval, financement participatif,   Jacques de Voragine
Période : moyen-âge, XIIIe siècle.
Auteur : JP Joblin,  Olivier le Discot
Titre : la  légende dorée
Sortie prévue :   2020

Bonjour à tous

U_lettrine_moyen_age_passionne fois n’est pas coutume, nous vous présentons une opération de financement participatif en faveur d’une Bande dessinée humoristique, sur fond de XIIIe siècle mais surtout de médiéval fantasy.

   Nous  vous avions déjà parlé ici d’un de ses auteurs, Jean-Pierre Joblin, à l’occasion d’un excellent spectacle et d’un livre album autour de François  Villon.  Cette fois-ci, Joblin, qui partage ses talents entre l’écriture et l’illustration, se range uniquement du côté du scénario.   Du point de vue des thèmes, il récidive aussi avec le moyen-âge et l’humour qui lui sont tous les deux chers. Côté illustration, il retrouve, dans ce projet, son complice Olivier le Discot. Tous deux  avaient, en effet,  publié, à partir de 2008 et chez Vents d’Ouest, une trilogie dont la BD du jour est une nouvel opus.

De    la légende Dorée  de Jacques de Voragine à la BD et Frère Boulu

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Dans le courant du XIIIe siècle, le  dominicain  et archevêque génois  Jacques de Voragine rédigea un ouvrage liturgique qui allait devenir l’un des plus lus du  Moyen-âge. On le sait par le nombre impressionnant de copie manuscrites et de traduction qui en furent faites.   Sorte de compilation hagiographique, l’ouvrage conte la vie de près de 150 saints  et martyrs chrétiens.  Il  se fera  bientôt connaître sous le nom de Legenda aurea (soit Légende dorée)   et aura une véritable    influence sur la chrétienté médiévale    et sa mythologie.

moine-humour-medieval-moyen-age-legende-doree-joblin-le-discotOn l’aura compris, la bande dessinée qui fait l’objet de l’opération de financement participatif s’inspire de l’histoire et des  Saints, décrits  par Voragine, mais avec un scénario tout à fait original et sur le ton de l’humour. Ainsi, cette Légende Dorée illustrée conte les aventures d’un petit moine replet  :  Frère Boulu.   Bon vivant, épris de bonne chère et  doté du don rare, celui de pouvoir invoquer les Saints, il se  retrouvera, une fois de plus, entraîné dans de folles aventures.   Pour ce nouvel album, elles seront l’occasion de voir défiler une galerie de truculents personnages entre lesquels on reconnaîtra quelques  têtes inspirés du monde réel,  dont  Jean Lassale : le  grandiloquent député des Pyrénées atlantiques qui s’était fait remarquer, en 2017, par sa marche à travers la France et sa candidature à la présidence de la république. Encore tout récemment, il avait aussi investi l’Assemblée Nationale vêtu d’un gilet jaune, en solidarité au mouvement populaire du même nom, ce qui avait aussi fait grand bruit dans la presse.

Quoiqu’il en soit, nous laissons ici la place aux deux compères de cette Légende dorée moderne  pour vous présenter leur opération de financement en  textes et en images.


SAINTE ULULE, PRIEZ POUR NOUS !
par Jean-Pierre  Joblin

couverture-legende-doree-bande-dessinee-s« Il y a bien longtemps, en l’abbaye de Saint-Bibin-l’Imbibé, un jeune moine vivait dans l’amour de Dieu et … du gras de canard.  Non seulement, ce jeune moine pouvait adresser ses prières au saint dont la spécialité correspondait à la nature du problème qui se posait à lui, mais les saints se matérialisaient et venaient l’aider physiquement.  C’est à croire qu’il disposait des pages jaunes de l’annuaire paradisiaque… à moins qu’elles ne fussent… dorées  ! »

– « Alors ?… Quand est-ce qu’il repart vers de nouvelles aventures votre frère Boulu ? »

– « À quand un nouvel album de La Légende Dorée ?… »

Ces questions de lecteurs, combien de fois ne les avons-nous pas entendues dans les festivals, lors de rencontres, de dédicaces ?…

Enfin, une suite

bande-dessinee-legende-doree-frere-boulu-humour-sHé bien, cette fois, après que les planches aient été exposées au Scriptorial du Mont Saint-Michel, après avoir obtenu le prix « Jeune bulle pour le scénario » au Festival Atlantis de Nantes, nous souhaitons remettre la machine en marche et nous redorer la légende !

L’éditeur d’origine n’ayant pas imaginé publier autre chose qu’un triptyque et le paysage éditorial étant ce qu’il est, nous avons décidé de prendre le démon par les cornes.     Depuis des années, nous avons gardé le lien avec un grand nombre de lecteurs enthousiastes. Et c’est pourquoi nous communiquons à ceux qui souhaiteraient participer avec eux à la résurrection de frère Boulu, le lien du financement participatif qui nous permettra de sortir un gros album de 54 pages intitulé « LE VAMPIRE DES KUKULESCHKU » (voir lien en pied d’article).

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Frère Boulu, la Matago, l’abbé Retzina, frère Bruno, frère Aimable, la bande des coquillards et cette vieille carne épiscopale d’Archinaze de Tarabisco vont à nouveau trépigner, glisser, mordre, se bastonner, frémir, bondir, voltiger, festoyer, rigoler, s’empiffrer de gras de canard… et vider des tonneaux de bibinictine !  Il y aura aussi de nouveaux personnages comme Monseigneur Mosquito (inspiré d’un certain Jean Lassale),    Saint Janvier et sa nièce, une délicieuse tête à bande-dessinee-jean-lassale-humour-joblin-monde-medievalclaques nommée sainte Sanguine…  Sans compter le comte et la comtesse Kukuleschku entourés d’une nuée de vampires dans le lointain comté de Bellalugozie. Nous révélerons même le nom du véritable inventeur du boudin !  

C’est avec délectation que nous nous sommes replongés dans l’univers de « La Légende Dorée »  … Nous espérons, dans l’avenir, créer beaucoup de nouvelles aventures ! Aussi, vous qu’un Moyen âge loufoque ne saurait effrayer, vous qui appréciez Rabelais, Villon, « Astérix », « Les Tontons flingueurs », « Le nom de la Rose », « Kaamelott », « Sacré Graal » et « Le bal des vampires » …   Vous, lecteurs de fabliaux, vous, qui vous enflammez à la lecture de maintes fantaisies héroïques, vous qui appréciez les enluminures et le beau dessin, vous devriez jeter un coup d’œil sur ce que nous proposons…

André May, notre coloriste, qui a déjà œuvré sur deux de nos albums sous le pseudo de « Searus » a déployé tout son savoir-faire pour servir au mieux le dessin virevoltant et si expressif d’Olivier Le Discot.

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Lancement de l’album

En cas de succès de l’opération Ulule, nous nous emploierons à sortir ce tout nouvel album pour Noël 2020.   Déjà nous prévoyons un gros événementiel dans les rues de Bourges  : défilé de moines bibinictins, personnages de la série en chair et en costumes, chant de leur hymne :  « D  inn’gueu di-diding diing diing  dingue dong ».   Il est interprété, ci-dessous, par les petits chanteurs à la gueule de bois emmenés par un certain Bruno Daraquy que certains ont déjà peut-être vu sous les hardes du François Villon surgit de mon livre-CD « François Villon, corps à cœur » (musique Malto – Yil édition).

Mais, pour l’heure, il importe de se rendre en pèlerinage sur la page  de l’opération de financement du Vampire des Kukuleschku.  Les collectionneurs pourront même acquérir des planches originales et une édition luxueuse de l’album.

Joblin