Archives de catégorie : Romans et livres

Romans récents ou livres anciens, le moyen-âge s’édite et se réédite : fiches de lecture, extraits, impressions, une balade dans l’univers du livre autour du monde médiéval,

Raconti, les Contes corses à la croisée des cultures et des TEMPS

Sujet : contes, fables, Corse, origines comparées, livre, culture, contribution, tradition orale corse
Période : du moyen-âge à nos jours.
Titre : Raconti à u crucivìa di i culturi Contes corses à la croisée des cultures, ouvrage collectif.
Parution : Octobre 2021, Editions Maïa

Bonjour à tous,

ujourd’hui, nous avons le plaisir de vous annoncer la parution prochaine d’un ouvrage collectif qui puise ses racines dans la tradition orale corse. Comme son titre l’indique, les auteurs de Raconti à u crucivìa di i culturi, Contes corses à la croisée des cultures se sont efforcés de collecter un certain nombre de contes colportés dans l’île, tout en allant bien au delà, de leur simple retranscription écrite comme nous allons le voir.

Raconti, Contes corses à la croisée des cultures

Avant d’entrer dans le détail, précisions que ce livre est le fruit de l’effort de 94 auteurs/contributeurs. Avec moyenagepassion, nous n’y avons apporté qu’une très modeste et indirecte contribution (côté archive) mais nous en sommes très heureux. Le projet est, en effet, ambitieux et de qualité.

Contes, mémoire et culture de l’oralité

Si vous êtes visiteur régulier de notre site, vous connaissez notre attachement pour les contes, les fabliaux et les fables du moyen-âge. Ces histoires, vibrantes de vie, souvent pleines d’humour et porteuses de sagesse, demeurent de véritables témoins du monde médiéval, de ses mentalités et même de son évolution (voir le personnage du vilain dans les fabliaux). Dans un monde fortement basé sur l’oralité comme l’était le moyen-âge, ces formes narratives avaient vocation à mettre à portée de tous les valeurs du temps, tout en créant du liant social. Rythme, suspense, humour, morale, sens critique et distance, on trouve aussi, dans ces récits oraux, propices à la transmission, de véritable concentré de sens et d’émotions.

S’ils subsistent dans des cultures qui privilégient encore l’oralité, les contes semblent avoir la vie dure dans les sociétés où les relations sociales et familiales ont été bien plus atomisées. Avec la modernité, ils ont aussi subi des mutations en passant de la veillée, aux livres, puis au monde le l’image et aux écrans (petits et grands). Indépendamment des aspects historiques, dans les nombreuses cultures qu’elles ont eu l’occasion d’approcher, l’ethnologie et l’anthropologie se sont toujours intéressées de près à ces récits populaires. On en a même souvent fait, quand on l’a pu, de précieuses monographies, sachant qu’au passage des mondes traditionnels à la modernité, quand un ancien mourrait dans un village, une société rurale ou une culture où prédominait encore une forte tradition d’oralité, avec lui s’éteignait un livre, un monde de référence et de mémoire et, quelquefois, même tout un univers culturel, voire un langage.

Un voyage dans les contes corses et au delà

« Histoire de Bergers corses » et « Histoires de Famille », l’ouvrage Raconti à u crucivìa di i culturi se divise en deux grandes parties. Dans chacune d’entre elles, on trouvera des contes avec leur version corse, quelques variantes locales, le cas échéant, mais aussi, des variantes aux origines géographiques les plus diverses. On voyagera ainsi de la Corse à la Haute Loire ou le Morbihan, mais encore jusqu’aux confins de l’Europe, de l’Afrique, la Chine ou l’Océanie dans un grand tour du monde comparé de ces contes corses à leurs plus (ou selon les cas, moins) lointains cousins.

Au delà de cette épopée transfrontalière, Raconti nous fait aussi voyager dans le temps. Pour ne citer que quelques-unes de ses références historiques les plus anciennes, on croisera notamment des contes de l’Egypte ancienne (les deux frères), du moyen-âge central à tardif ((la housse partie, le violier des histoires romaines, Les facecieuses nuicts du seigneur Jean François Straparole), ou même encore du XVIIe siècle avec Le terrible dragon de Malte… Avec ses variations, ses mises en perspective et ses pistes d’interprétations, Raconti se présente donc comme un véritable trait-d’union entre la culture orale de l’île de beauté et la tradition du conte au sens large.

Divergences culturelles et universalité

« Récits du proche et du lointain – quand les faits de proximité gardent leur charge de mystère – l’expérience est là qui l’illustre. Il convient d’y être attentif et capable de s’étonner. » Contes corses à la croisée des cultures

Si les contes sont des objets culturels taillés pour le voyage, pour se sédentariser, il faut bien qu’ils entrent, à un moment donné, en résonnance avec quelques réalités locales ou quelque vision commune du monde (ou à défaut qu’on les y adapte). Ainsi, s’ils ont circulé à travers le temps et l’espace, ils ont pu être aussi sujet à des sélections ou, même encore, des arrangements, des transpositions. En étudiant certains textes anciens médiévaux sur moyenagepassion — les contes de Lucanor par exemple, les fables de Marie de France ou encore d’autres fabliaux du moyen-âge — nous avons vu qu’en ayant pris le vent du large, ils ont souvent hérité en se fixant de variations locales, historiques et contextuelles profondes.

L’affaire n’est pourtant pas si simple car, avec le conte, entre l’avant et l’après, la séduction possède un double nature. Et suivant comme on l’approche, il peut agir comme un révélateur des mentalités locales, mais aussi comme un catalyseur à la croisée des destinées humaines. Autrement dit, s’il finit par nous parler de ceux qui le colportent, on l’adopte d’autant mieux qu’il emporte avec lui une part d’universalité. Du proche et du lointain… Au delà de ses versions, ses adaptations, ses nuances ou ses variations de styles, on pourra alors voir transparaître, dans l’essence du conte, cette « similitude fondamentale » que ne manque pas de souligner l’ouvrage Raconti.

Où trouver l’ouvrage Raconti ?

Pour mieux comprendre les hommes et leur vision du monde, il faut connaître intimement leur langue et les histoires qu’ils échangent et se transmettent. Si Raconti à u crucivìa di i culturi Contes corses à la croisée des cultures place la Corse dans une croisée des cultures, il est, aussi une ode à l’île de Beauté, à sa culture et son oralité, autant qu’un témoignage précieux de sa mémoire.

D’un point de vue éditorial Raconti est porté par les Editions Maïa. Il se présente comme un projet participatif. L’option d’acquérir le livre étant le but, il s’agit plus de participation anticipée et de préventes. Le livre, paraîtra quant à lui, fin octobre. Pour plus d’information ou pour acquérir cet ouvrage, c’est ici.

Pour le mettre en perspective d’ors et déjà, ce premier opus n’est que le début d’une aventure qui connaîtra d’autres publications autour de la culture orale corse. Un Tome 2 est même déjà prévu sur les histoires de villages qui sortira dans quelques mois, en Janvier 2022.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com.
A la découverte du Monde médiéval sous toutes ses formes.

Citation : Bâtisseurs du moyen-âge, La Cathédrale de la mer

Sujet : extrait, citation, roman médiéval, roman historique, culte marial, bâtisseurs médiévaux. fiction médiévale, cathédrale Santa Maria del Mar, Barcelone, Catalogne médiévale, Espagne médiévale.
Période : moyen-âge tardif, XIVe siècle
Titre : La Cathédrale de la Mer (2006)
Auteur : Ildefonso Falcones.

Bonjour à tous,

Nous partageons, aujourd’hui, une nouvelle citation inspirée du moyen-âge tardif, celui qu’a reconstitué pour nous l’auteur Ildefonso Falcones dans son grand roman historique : La Cathédrale de la Mer. Datée de 2006, cette fiction médiévale se déroule au XIVe siècle. Sur fond de moyen-âge réaliste, elle conte la fuite d’un serf catalan, Arnau d’Estanyol, désireux d’échapper à sa condition et de s’affranchir. Pour tenter sa chance, le jeune paysan rejoindra Barcelone. À l’époque, la grande cité a besoin de bras et une loi y prévoit que certains asservis puissent y devenir des hommes libres.

Un beau voyage dans la Barcelone du XIVe s

Toute une vie d’aventure attendra le fugitif dans une capitale catalane fourmillante qui bat au rythme de ses activités portuaires mais aussi de l’immense projet de construction de sa Cathédrale Santa Maria del Mar. En véritable orfèvre, Ildefonso Falcones reconstitue sous nos yeux des myriades de détails d’époque et il réussit le tour de force de nous immerger totalement au cœur de cette Barcelone médiévale et de ses dimensions économiques, religieuses et sociales. Son talent et son souci du réalisme feront de son roman un succès mondial.

L’ouvrage sera traduit en de nombreuses langues et, en 2018, il donnera même lieu à la production d’un série télévisée co-produite par Netflix. Le format proposera une saison de 8 épisodes. Depuis ce fantastique best- seller, l’avocat catalan a écrit d’autres ouvrages. En 2020, on a même appris que son quatrième roman Los Herederos de la tierra (les Héritiers de la terre) devrait, lui aussi, être adapté pour le petit écran. Daté de 2016, cette fiction se déroule quelques années après l’intrigue de La Cathédral de la Mer et en reprend le fil. En attendant cette sortie, on pourra toujours lire ou relire le premier opus qui a révélé l’auteur au public.


Extrait de La Cathédrale de la Mer,
de Ildefonso Falcones

Un bâtisseur apparut chargé d’une pierre. Peu avait survécu à la peste. Son propre beau-père Ramon et d’autres étaient tombés en grand nombre. Arnau les avait pleuré sur la plage avec ses anciens compagnons.
— Sébastien, murmura-t-il en reconnaissant le bâtisseur.
— Que dis-tu ? lui demanda Guillem qui se tenait derrière lui, en l’entendant.
— Sébastien, répéta-t-il. Cet homme, celui qui porte la pierre, s’appelle Sébastien.
Sébastien le salua en passant à côté de lui, sans tourner la tête, en continuant de regarder face à lui, les lèvres serrées sous le poids de la pierre.
— Pendant de nombreuses années, j’ai fait pareil, continua Arnau, la voix entrecoupée. Guillem ne fit aucun commentaire.
À ce moment là, passa un autre porteur. Arnau le salua. J’ai cru que j’allais me séparer en deux, j’ai cru qui mon échine allait se rompre, pourtant, Dieu ! Quelle satisfaction je ressentis en arrivant.
—Votre vierge doit certainement avoir quelque chose de bon pour que les gens se sacrifient pour elle de telle manière. Entendit-il dire au maure.
Par la suite, les deux conservèrent le silence tandis que la procession de porteurs de pierre passait devant d’eux.

Version originale espagnole de cette citation

Apareció un bastaix cargado con un piedra. Pocas habían sobrevivido a la plaga. Su propio suergro, Ramon y muchos más habian fallecido. Arnayh habia llorado en la playa junto a sus antiguos compañeros.
— Sebastià — murmuró al reconocer el bastaix
— Que dices — oyó que preguntaba Guillem a sus espaldas. Arnau no ese volvió.
— Sebastià — repitió — . Ese hombre, el que carga la piedra, se llama Sebastià.
— Sebastià lo saludó al pasar po delante de él, sin volver la cabeza, con la vista al frente y los labios apretados bajo el peso de la piedra.
— Durante muchos años yo hice lo mismo — continuó Arnau con voz entrecortada. Guillem no hizo ningún comentario. Solo tenía catorce años cuando llevé mi primera piedra à la virgen. — En aquel momento pasó otro bastaix. Arnau lo saludo — . Creía que me iba a partir por la mitad, que se me iba a romper el espinazo, pero la satisfacción que sentí al llegar… Dios!
— Algo buneo debera de tener vuestra Virgen para que la gente se sacrifique por ella de esta manera – oyó que le decía el moro.
Luego, los dos guardaron silencio mientras la procesión de bastaixos pasaba por delante de ellos.


Désormais, vous pouvez vous procurer cet ouvrage au format pocket ou même au format kindle. Ne vous en privez pas, il est excellent.

En vous souhaitant une bonne journée.

Frédéric EFFE
Moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

NB : au premier plan, sur l’image d’en-tête, on peut voir le personnage d’Arnau Estanyol incarné par Aitor Luna dans la série La Catedral del mar (Cathedral of the sea) de Netflix en 2018. L’enluminure, en arrière plan, est tirée du Codice Bodmer 181, superbe manuscrit du XVe siècle. Elle représente des bâtisseurs à l’œuvre pour la construction du temple de Salomon et est une reproduction d’une enluminure de Jean Fouquet. Le manuscrit est digitalisé est consultable en ligne ici. On retrouve ce même acteur sur l’image reprenant la citation.

« Des instruments artificiels merveilleux », Roger bacon

Sujet : science médiévale, savant, art mécanique, préjugés, citations médiévales, citations, extraits, médecine, philosophe, alchimiste
Période : moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur : Roger Bacon (1214-1292)
Ouvrage : Lettre sur les prodiges de la nature et de l’art et la nullité de la magie, Albert Poisson, Ed Chamuel (1893)

Bonjour à tous,

ujourd’hui, nous vous proposons une citation médiévale et, même plutôt un extrait, d’un texte du XIIIe siècle. Il nous provient du médecin et savant Roger Bacon. Nous sommes donc au moyen-âge central et dans un essai assez court où il recensait les merveilles de la nature et de la science pour les opposer à la magie (Epistola de secretis operibus naturae et artis et de nullitate magiae), le Doctor Mirabilis anglais énumèrait quelques prodiges mécaniques de sa connaissance.

Engins volants, sous-marins, chars à feux dotés de systèmes de traction autonomes, embarcations à la vitesse stupéfiante : nous sommes plus de deux siècles avant Léonard de Vinci et en puisant dans l’antiquité et ses observations, Bacon nous donne l’occasion de revenir, une nouvelle fois sur quelques préjugés concernant l’état d’ignorance dans lesquels la science du moyen-âge et ses savants étaient censés se tenir.


« On peut construire des machines marines telles, que les plus grands esquifs maritimes ou fluviaux en étant munis, et un seul homme les montant et les gouvernant, ils auraient une vitesse bien plus grande que s’ils étaient mus par une grande quantité de rameurs. On peut aussi faire des chars qui, n’étant tirés par aucun animal, se meuvent avec une vitesse considérable ; l’on pense que tels étaient les chars à feux sur lesquels combattaient les anciens. On peut aussi construire des instruments pour voler; un homme est assis au centre de l’appareil et fait tourner quelque roue par laquelle des ailes artificiellement construites frappent l’air à la manière d’un oiseau qui vole. On peut aussi faire un instrument d’un petit volume pour pouvoir élever ou descendre des poids d’une pesanteur infinie, ce qui est fort utile à l’occasion. Car, à l’aide d’un semblable instrument d’une longueur de trois doigts, large comme eux et d’un volume moindre, un homme pourrait s’évader de prison, monter et descendre lui et ses compagnons.

On peut construire des instruments à l’aide desquels un homme tirerait à lui mille personnes avec violence et malgré elles, il en est de même pour les autres espèces de traction. On peut aussi faire des instruments avec lesquels on se promène dans la mer et au fond des fleuves sans aucun danger pour le corps. Alexandre se servit de cette machine pour surprendre les secrets de la mer, d’après ce que raconte Ethicus l’astronome.


Toutes ces choses ont été expérimentées soit dans l’antiquité soit à notre époque, et je les affirme être véridiques, excepté l’appareil à voler, que je n’ai pas vu; je n’ai pas non plus connu d’homme qui l’ait vu, mais je connais intimement le savant qui l’a inventé. On peut faire une infinité d’autres choses du même genre, telles que des ponts traversant les fleuves, sans piles ni autres soutiens; des machines et bien d’autres choses ingénieuses peu connues. »

Extrait de Epistola de secretis operibus naturae et artis et de nullitate magiae – Roger Bacon – Lettre sur les prodiges de la nature et de l’art
Chap IV Des instruments artificiels merveilleux. Albert Poisson (op cité).


Un mot sur ce livre de Roger Bacon

Pour dire un mot de ce précis médiéval de Roger Bacon, on y trouvera encore des réflexions sur la science, la magie, la médecine, dont certaines étonnantes de modernité, sur le prolongement de la vie. Avec un total de 70 pages, un certain nombre de chapitres sont également consacrés à des opérations alchimiques et, notamment, à la composition de l’œuf des philosophes.

Ce livre de Roger Bacon, il a été réédité chez Kessinger Legacy Reprints. Vous le trouverez donc facilement à la commande en librairie ou à la vente en ligne. Voici un lien utile pour plus d’informations : Lettre Sur Les Prodiges: de La Nature Et de L’Art, Albert Poisson (1893)

Albert Poisson (1869-1894), auteur français du XIXe siècle, s’était lui même piqué d’Alchimie. Cette passion (ou cette quête si l’on préfère), lui donna l’occasion de se pencher sur l’œuvre de Bacon mais pas seulement. Nicolas Flammel, Albert le Grand, Paracelse, Raymond Lulle, Arnaud de Villeneuve font aussi partie des auteurs qu’il a approchés, commentés ou traduits. Adepte et initié, il semble que l’alchimiste gravita dans l’entourage du médecin et occultiste Papus (Gérard Anaclet Vincent Encausse) et fréquenta assidument les milieux martinistes d’alors. On le retrouve également mentionné dans certains cercles de la Rose-Croix. Poisson a légué un nombre de livres assez conséquent autour de l’alchimie en regard de sa courte carrière. Le jeune auteur prometteur a disparu, en effet, prématurément, à l’âge de 25 ans. Son ouvrage le plus connu, écrit à l’âge de 22 ans, « Théories et symboles des alchimistes : le grand œuvre » connaîtra un certain succès au regard du thème pointu et réservé que l’auteur se proposait d’aborder.


Voici également d’autres articles qui pourraient vous intéresser sur quelques idées reçues et préjugés à l’encontre du moyen-âge :

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric Effe.
Pour moyenagepassion.com.
A la découverte du Monde médiéval sous toutes ses formes.

PS : l’image d’en tête est tirée d’une gravure de l’édition de 1893 de la Lettre sur les prodiges de la nature et de l’art de Roger Bacon, traduite par A poisson.

Faire reculer la mort : vocation médicale et questions liées à l’exercice de la médécine

Bonjour à tous,

ans la foulée de notre article précédent (idées pour tromper le temps en août), la deuxième chose que nous voulions mentionner ici est aussi liée, ç sa manière au contexte actuel en relation au roman « Frères devant dieu et la tentation de l’alchimiste« . C’est une coïncidence assez étrange mais dans cet ouvrage ayant pour toile de fond le moyen-âge, et paru quelques mois avant l’arrivée de la Covid, nous traitions, entre autres sujets, de médecine médiévale et de questions liées à cette vocation.

« Ceux qu’on désespérait de guérir »

Depuis son origine, la pratique médicale s’est donnée pour objectif de prévenir, soulager, mais aussi de faire reculer la maladie et, autant que faire se peut, la mort. Jusqu’où devait-elle le faire et où le médecin devait-il fixer la limite ? On peut supposer que le peu de moyens des médecines anciennes évitait, bien des fois, de se poser la question. Pourtant, si la nature mettait souvent le pratiquant face à l’inconnu ou devant le fait accompli, cette question de « l’acharnement thérapeutique » semble bien avoir accompagné les tous premiers médecins. En suivant certains vieux textes de l’antiquité et hippocratiques, le médecin prudent pouvait être tenté de s’écarter bien vite de celui qu’il ne pouvait soigner, de crainte qu’on l’accuse, plus tard, de l’avoir conduit à leur perte. Mais d’autres sources l’enjoignaient, au contraire, au dépassement et à l’opposition contre le sort et la nature même (1).

Cette dernière idée était, en tout cas, présente au début du moyen-âge central et Avicenne l’exprimait déjà de manière un peu abrupte en écrivant : « Certains avaient pensé qu’il fallait tuer ceux qu’on désespérait de guérir. » Le médecin face à sa vocation autant qu’à son impuissance, vaste sujet. Cette citation donne la mesure de cette problématique et d’une pratique médicale qui peut, quelquefois, glisser au point de devenir obsessionnelle.

Toute proportion gardée, les questions de l’acharnement et des limites dans l’exercice médical étaient donc déjà là, dès l’aube de la médecine et, a fortiori, au moyen-âge. Elles se sont posées, de manière plus aigue encore, au fur et à mesure, de l’avancée de la médecine moderne et bien que transposées sur le plan collectif et politique, on ne peut tout à fait les abstraire de la toile de fond qui préside à la crise sanitaire actuelle.

Dans la fiction « Frères devant Dieu ou la tentation de l’Alchimiste« , vous trouverez justement un médecin médiéval en prise avec un mal mystérieux et face à ce questionnement. Jusqu’où aller pour exercer son don de médecine sans prendre le risque de s’égarer soi-même ? Où doit s’arrêter la science ? Où commence la vanité ? Au moyen-âge, le médecin et son patient s’inscrivent aussi dans une relation triangulaire puisque la vie comme la mort demeure, en premier et en dernier ressort, dans les mains de Dieu.


Où trouver ce roman d’aventure médiévale ?

Vous pouvez retrouver cette fiction médiévale qui a pour toile de fond le XIVe siècle, aux adresses suivantes.

icone_livre

 Format papier.  – 18,90 €uros chez Amazon ou chez  Librinova.fr

icone_epub

Format  Ebook, Epub ou Mobi
Dans toutes les plus grandes librairies en ligne, à partir du 8 août 2021, Opération Spéciale Eté à 2,99 €uros

Cliquez sur les liens pour plus d’informations : Amazon  –   Cultura –  Decitre  –   Kobo –  Bayard –  Paris Librairies – Sciences po –   Forum du Livre –  La Buissonnière 

Quelques retours de lecteurs

« Philosophie , médecine, religion, croyances et vie médiévale font de ce roman un agréable moment de lecture. le narrateur est soit omniscient, soit ce sont les personnages tour à tour et c’est ce qui permet d’impliquer le lecteur encore plus dans l’histoire. J’aime beaucoup les romans historiques et celui ci m’a beaucoup plu. » Isabelle sur Netgalley.

« J’ai adoré ce roman. Très beau voyage dans ces temps reculés. Personnage vraiment attachant ce Geoffroy ! C’est une lecture que je conseille vivement ! » Pascale Lainé  – Maquettes médiévales

« Je viens de terminer la lecture de Frères devant Dieu ou la tentation de l’Alchimiste. Je voudrais vous adresser mes compliments. Votre roman m’a passionnée !!!  » Marianne – Scénariste

« Le Moyen Age reste tout de même toujours dans mon cœur et m’accompagne dans mes quelques temps de loisirs grâce à la lecture d’un livre que j’aime beaucoup et qui aborde des sujets sensibles pour  Conscience Médiévale comme l’Alchimie et la médecine au Moyen Age. Une lecture prenante, facile et très agréable, je vous la recommande !  Merci à l’auteur de Moyen-âge Passion qui est aussi l’auteur de ce livre, pour ce bon moment de lecture ! »
Blog Conscience Médiévale

« Frédéric Effe, l’architecte du site @moyenagepassion, vient de publier un chouette roman racontant l’histoire de deux frères, un médecin et un troubadour, confrontés à une obscure affaire de sorcellerie dans une seigneurie du XIIIe siècle… Avec plein de vrai Moyen Âge dedans! » Florian Besson – Historien-médiéviste, blog Actuel MoyenAge

« J’ai terminé Frères devant Dieu et l’histoire m’a longtemps habitée. Dès le départ et tout au long du livre, j’ai été impressionnée par les descriptions si vivantes des lieux, les ambiances, la psychologie des personnages, les discussions, les idées qui s’opposaient, et la quantité de détails documentés sur le Moyen Âge. Au départ tout cela m’a rappelé — avec plaisir Le Nom de la Rose. Et puis l’intrigue a pris une tournure tout à fait originale. (…) Merci pour ce beau roman. »
Michelle Galles – Réalisatrice – A la Recherche de Vaubeton


En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com.
A la découverte du Monde médiéval sous toutes ses formes.

(1) voir Le Médecin du Prince: Voyage à travers les cultures, Anne Marie Moulin -Odile Jacob 2010