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PodCast : Entrons-nous dans un nouveau moyen-âge ?

Sujet : monde médiéval, podcast, préjugés, idées reçues, crise sanitaire, actualité.
Période : moyen-âge central, modernité
Podcast : Delta Radio, Rediffusion du direct de Février 2021
Programme : « Vivons-nous un nouveau moyen-âge ? « Le poste zéro, animé par Mitch.
Invités : Fréderic Effe, Florian Besson, Simon de Thuillières

Bonjour à tous,

ous espérons que ce billet vous trouve en forme. Avec l’approche du mois d’août, nous allons sensiblement ralentir le nombre de publications, en espérant pouvoir un peu mieux nous concentrer sur d’autres projets. Dans l’attente de la rentrée, nous voulions toutefois vous laisser deux ou trois choses qui, nous l’espérons, vous plairont si vous ne les avez pas encore découvertes. D’une certaine façon, elles rejoignent toutes deux l’actualité tout en questionnant le monde médiéval. Voici la première :

Le moyen-âge est-il redevenu d’actualité ?

Il y a quelques mois, nous avions eu l’occasion de participer à une émission de radio proposé par Delta Radio. Le programme avait été diffusé en direct, courant Février 2021, et le podcast est, désormais, disponible. Si vous ne l’aviez pas écouté, nous le repartageons ici. Cela vous en fournira sans doute l’occasion de le découvrir si ce n’est déjà fait.

A près d’un an de crise sanitaire, le thème de cette émission : « Vivons-nous un nouveau Moyen-âge ? » nous donnait l’occasion de revenir sur quelques idées reçues sur cette période mais aussi d’aborder quelques différences substantielles entre monde moderne et monde médiéval. Dans le contexte de la crise sanitaire, nous y faisions, notamment, un détour sur certains éléments d’actualité, dont le rapprochement délirant fait si souvent par certains médias ou certains politiques entre Covid 19 et peste noire. Contre toute raison et à en juger la situation actuelle, il semble que cette confusion ait continué à être entretenue sur le fond.

Vous pourrez retrouver également dans ce programme Florian Besson (historien médiéviste) et Renaud Garcia aka Simon de Thuillières (illustrateur qui s’est signalé, ces dernières années, pour ses détournements entre culture pop, cinéma et enluminures).

Voir cet autre article sur les préjugés au sujet du moyen-âge

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com.
A la découverte du Monde médiéval sous toutes ses formes.

NB : l’enluminure, sur l’image d’en-tête, est tirée du Speculum Historiale ou Miroir Historial de Vincent de Beauvais (1190-1264). Ce manuscrit médiéval (le Ms-5080 réserve de la Bibliothèque de l’Arsenal) est daté du XIVe siècle ; il est actuellement conservé à la BnF et consultable sur Gallica. Au premier coup d’œil, l’enluminure pourrait avoir d’étranges relents d’actualité, mais ce n’est pas aussi direct que cela. Dans les faits, elle représente Josephat, jeune prince indien tenu reclus longtemps par son père, découvrant le monde et tombant sous le choc devant un lépreux et un aveugle faisant l’aumône. Au moyen-âge, les lépreux inspirent la crainte et même à certains périodes, la défiance, et on les garde soigneusement éloignés du système social et économique (voir aussi La lèpre, première maladie épidémique de la littérature française de Baptiste Laïd).

Podcast delta radio : Pandemie, crise en vue, Le moyen-âge serait-il de retour ?

Bonjour à tous,

l’arrivée funeste du Covid 19 et la cohorte de peurs qui l’ont accompagné, la sempiternelle question (qui revient à l’approche de chaque période difficile) n’a pas manqué de ressurgir : « Le Moyen-âge serait-il de retour ? » ou encore « Sommes-nous entrés dans un autre moyen-âge ? ».

Pandémie, spectre de la vieille peste noire médiévale, crise économique à venir qui nous promettrait une plongée certaine dans un « nouveau moyen-âge », les comparaisons et rapprochements hasardeux sur les réseaux ou dans la presse n’ont pas tari. De nombreuses occasions ont ainsi été saisies par les intervenants les plus variés d’agiter le chiffon rouge en référence à une période médiévale « représentée », faisant au mieux bondir les médiévistes, au pire, leur faisant hausser les épaules, de manière presque fataliste.

Alors, « vivons-nous dans un nouveau moyen-âge ? » c’est sur ce thème que nous avons eu le plaisir de répondre à l’invitation de Delta Radio pour un podcast qui sera diffusé, en direct, le vendredi 19 février, à 20 heures (heure de Paris).

« Vivons-nous un nouveau moyen-âge ? »

Si le programme « Le Poste Zéro, l’émission qui réfléchit les Miroirs Brisés » pose ses thèmes au premier degré, c’est pour mieux inviter ses intervenants à les déconstruire. Nous avions déjà eu l’occasion, dans certains de nos articles, d’adresser certaines idées reçues à l’encontre du moyen-âge. Alors, comment résister à une nouvelle invitation dans ce sens ?

Pour cette émission, animée par Mitch (lui même auteur), nous serons en excellente compagnie : la sienne mais aussi celle de Florian Besson (Historien médiéviste, co-fondateur du blog Actuel Moyen-âge) et celle de Simon De Thuillières (graphiste-enlumineur de talent, à la croisée du cinéma moderne, de l’actualité et des codes graphiques médiévaux). Pour ceux que le programme intéresse et qui ne pourront pas l’écouter demain soir, il sera aussi rediffusé en podcast. Voici les liens de tout cela :

Le direct, Vendredi 19 février 2021 20h00 (h de Paris)
Ecouter le podcast en différé

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com.
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PS : l’enluminure ayant servi de fond à l’image en-tête d’article est tirée du manuscrit médiéval Ms. 13076 – 13077 : les Annales ou le Tractatus Quartus de Gilles Li Muisit. Elle représente l’épidémie de Peste à Tournai (milieu du XIVe siècle). Cet ouvrage est actuellement conservé à la Bibliothèque Royale de Bruxelles (Belgique). Quant à la belle reconstitutrice en armure de plates, elle provient d’une image de pixabay à mettre au crédit du photographe bstad.

La réalité de la peste noire médiévale, une citation De Jacques le Goff

Sujet    : citation, épidémie, peste noire, pandémie, historien médiéviste, histoire médiévale, covid.
Période : du moyen-âge central au XVIIIe s
Auteur  : Jacques le Goff (1924-2014)
Livre    :   L’Europe est-elle née au Moyen-âge (1964)

Bonjour à tous,

our avoir vu passer à plusieurs reprises, sur les réseaux sociaux, une comparaison entre la Covid 19 et la peste noire, voici une longue citation de l’historien Jacques le Goff. Tiré de son ouvrage l’Europe est-elle née au Moyen-Age, cet extrait sur la réalité du terrible fléau qui perdura du XIVe siècle aux suivants, devrait permettre de remettre les choses à leur juste place pour qui aurait encore des doutes.


« (…) La colonie génoise de Caffa en Crimée fut assiégée par des Asiatiques qui utilisèrent comme armes contre les assiégés des cadavres de pestiférés jetés par-dessus les murailles. Le bacille véhiculé par les puces des rats ou, comme on le croit plutôt aujourd’hui, par le contact humain vint en Occident à bord de bateaux originaires de Caffa. Au cours de l’année 1348, il se diffusa dans pratiquement toute l’Europe. La peste Noire commença à être un phénomène catastrophique qui dura en Occident jusqu’en 1720, date de la dernière grande peste, celle de Marseille, avec toujours une origine orientale. Ce qui rendit l’épidémie catastrophique, c’est d’abord le caractère foudroyant de la maladie. Les hommes et les femmes contaminés par le bacille étaient terrassés au bout d’une courte incubation par un accès qui, au bout de 24 à 36 heures, aboutissait le plus souvent à la mort.

(…) Nous ne possédons pas de documents permettant d’évaluer de façon assez précise la mortalité de l’épidémie. Elle varia suivant les régions. Il est probable qu’elle ne fut dans aucune région inférieure au tiers de la population, et l’évaluation la plus vraisemblable va de la moitié aux deux tiers de la population de la Chrétienté. La chute démographique fut de 70 % pour l’Angleterre qui passa d’environ 7 à environ 2 millions d’habitants en 1400. »

Jacques Le Goff – L’Europe est-elle née au Moyen-âge (1964)


Comme on le comprendra bien à la lecture de ces lignes, si le coronavirus a tristement emporté des victimes dans sa course, le comparer à une épidémie de peste noire qui a décimé de la moitié à 2/3 de la population médiévale est (ou était) rien moins qu’une énorme ânerie. Cela dit, ce ne sera pas la première dont les réseaux sociaux nous gratifient…

NB : l’enluminure utilisée pour l’image de la citation est tirée des  Annales de Gilles  Le  Muisit, ouvrage conservé actuellement à la Bibliothèque Royale de Bruxelles. Elle illustre la peste à Tournai en 1349. Sur l’image d’en-tête, la gravure du médecin de peste qui s’y superpose n’est pas médiévale. Historiquement, ce type de tenue, encore très prisée dans les carnavals vénitiens date plutôt des XVIIe et XVIIIe siècle.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred

Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

Hors champ : le long hiver de la Covid 19

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionprès le déconfinement amorcé au courant du mois de mai et comme on l’imagine, pour bien des établissements culturels, rouvrir ses portes ne sera  pas suffisant pour que les visiteurs s’y engouffrent. Les changements drastiques effectués au Puy du Fou pour accueillir le public le démontrent. Face à la crise, il est important de continuer à marquer clairement son engagement sanitaire.  Du reste, d’autres événements suivent déjà : quelques fêtes médiévales sont prévues dans le cadre de château notamment. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Réjouissons-nous tout en restant prudents, au regard  des mesures  à respecter puisque le  Coronavirus  2019 n’est toujours pas éradiqué.

Loin de nos considérations historiques et médiévales habituelles et pour déroger à nos habitude, ces événements autour de  LA Covid19 (les académiciens nous expliquent qu’il faut plutôt l’abréviation du virus au féminin) soulèvent quelques réflexions que nous voulions partager ici.

L’heure du confinement

Pour prendre un pas de recul  sur les premiers volets de cette crise sanitaire, tout s’est passé comme si, le vieil adage « Pour vivre heureux, vivons caché« , que certains pouvaient partager  jusque là, était devenu  par la force des circonstances : « Pour survivre, restons cloîtré« . Plus question de choix dès lors.  A l’arrivée de l’épidémie et au vu du manque de moyens, peu d’alternatives se sont ouvertes, si peu de voies ont été tracées. L’heure était au confinement : quatre syllabes pour une mesure nécessaire (pour éviter l’engorgement des hôpitaux et au moins dans les premières semaines) et qui, paradoxalement, pouvait aussi sonner un peu comme une sentence.  

 Dans les sociétés humaines, au passé comme au présent, la réclusion imposée par un état ou une institution se rattache, le plus souvent, à   des images d’enfermement punitif, de couvre-feu, de sanctions, de violences faites aux individus. Hors de ces contextes nous n’y sommes guère habitués mais si la mesure sanitaire a emporté nécessairement une privation relative de libertés,  elle était pourtant loin  d’avoir la dureté de ces symboles.  Du reste,  si certains trublions ont eu l’oreille un peu dure, les populations ont fini, globalement, par jouer le jeu.   La pire punition de ce long confinement, sera, on le sait, la violence faite à l’économie.

Quel horizon au sortir de l’abri ?

De longues semaines d’attente plus tard, si l’annonce d’un déconfinement  a sonné pour la grande majorité, comme un soulagement, en réalité, c’est une sorte de demi-sortie tiède, sans visibilité claire et sans mesures véritablement incisives qui était proposée. Au fond, ce deuxième temps d’une crise covid19  (qui n’en finit plus de ne pas finir), ressemblait plus à une version 1.01 du confinement qu’à une véritable riposte.

Pour peu,  il en venait même à prendre les dehors de ces hivers post-nucléaires tels qu’on les voit dans les films de genre : la guerre est survenue. La bombe a été lâchée. Quelque temps ont passé. Les yeux redécouvrent la lumière  du soleil, au sortir de l’abri.  C’est bon de se sentir dehors, mais cette  poussière, encore en suspension dans l’air et qui s’étire, en paillettes,  sous les rayons de l’astre du jour, est-elle encore chargée d’invisible poison  ?  Et si c’était le cas aurions-nous le moyen d’y faire face mieux que la fois d’avant ?  La seule perspective sera-t-elle le reconfinement ? Devrons-nous encore redescendre dans l’abri et à quel prix pour notre économie ? Un seule certitude, ce déconfinement, nous le savons tous, n’est pas encore  le monde d’après. Ce monde là se fera désirer. A  entendre les politiques, il n’a pas encore de dates sur le calendrier et même plus d’horizon.

Les    pandémies apocalyptiques

Bien sûr,  on nous dira que nous forçons un peu le trait en nous servant de cette imagerie apocalyptique,  mais   tout le monde en aura saisi le fond. Et puis, nous pourrons toujours rétorquer que ce n’est pas  vraiment nous qui avons commencé. Les fictions de pandémies radicales, ou même d’un monde peuplé de survivants zombies suite à des virus extra-terrestres ou de laboratoire ont, en partie, supplanté  sur nos écrans les peurs nucléaires des années 80.

Une certaine montée en épingle autour de ce Coronavirus n’est d’ailleurs sûrement pas étrangère à cela. Depuis près de 15 ans, la presse a fait ses choux gras, de chaque nouveau virus, en surfant allègrement sur cette phobie  (vache folle, grippe aviaire, Sars, etc…).  Le sensationnalisme fait lire et fait vendre, l’aubaine était irrésistible.. Aujourd’hui, de nouveaux prédicateurs viennent aussi nous expliquer qu’ils étaient les seuls à avoir annoncé cette « Apocalypse » (légèrement sur-vendue)  de la Covid, quand cette idée est dans l’air depuis des décennies déjà.  Le monde ne les avait pas attendus pour se la repasser en boucle. Du reste, au vu du mondialisme, de l’accélération de la circulation des biens et des personnes,  évidemment, que  nous n’étions pas  prêts…

Le temps de l’impuissance et des  menteries

Quoiqu’il en soit, si on n’a pas pu sortir tout à fait indemne, ni en toute tranquillité de ce long hiver de la  Covid, c’est qu’il  n’est pas encore fini.   Nul n’est besoin que de nouvelles  terreurs  nous soient servies, une partie d’entre nous est encore sous le coup  du confinement, mais plus encore sous le choc du véritable séisme (médiatique, politique, technocratique, économique) déclenché par la venue de celui qu’on a appelé outre-atlantique et dans de grands élans dramatiques : the invisible enemy.  Angoisses spontanées et légitimes auxquelles sont venues se surajouter d’autres plus manufacturées ? Oeuvre-t-on seulement à les déconstruire autant qu’on a travaillé à les échafauder ? « Comptons nos morts au quotidien », la nouvelle conception du devoir et de l’action politique, tandis que les pseudo-experts atermoient la moindre lueur d’espoir…  Au regard des chiffres  véritables, certains esprits  ont pu, après coup, se sentir quelque peu troublés.  Bien sûr qu’une action ferme était nécessaire, mais en cas d’alerte incendie, on nous avait, jusque là, tous appris à suivre le plan d’évacuation dans le calme…

Que reste-t-il ?

coronavirus-fetes-medievales-saison-2020Alors, que nous reste-t-il, aujourd’hui, sinon ce sentiment que la Covid nous a laissé de notre propre impuissance sociale face à ces formes inévitables d’hystérie médiatique, face à  ce vent  de panique qui éclatait en février et ses foules qui s’écharpaient, déjà, dans les rayons des supermarchés, face à ce manque de moyens qui, bientôt, a éclaté  au grand jour, face encore à cette technocratie médicale qui est allée jusqu’à écharper ses médecins de terrain, face enfin aux  collusions suspectées et déjà partiellement établies avec les géants de l’industrie sectorielle.

Toutes choses nauséabondes auxquelles il nous faut ajouter   les terribles ratages d’une classe politique, férue d’idéalisme supra-nationale et d’ingénierie sociale, mais si peu armée pour partir véritablement à la guerre et prendre des décisions dans le monde réel : revirements, mensonges, interdictions, demi-autorisations, ré-interdictions, ingérence sur le terrain des prescriptions médicales et finalement bannières de non responsabilité brandies hautes devant les médias ou les commissions d’assemblée. « Les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public« , « Nous n’avons jamais manqué de masques« ,  « J’ai interdit la chloroquine parce qu’on prend trop de médicaments« .

De l’incapacité de compter jusqu’à 3

Alors, « Rien ne sera jamais plus comme avant ».    On n’a  cessé de nous le répéter, jusqu’à l’indécence mais le pire reste que nous ne sommes  toujours  pas victorieux, pas d’avantage que nous ne sommes dans l’après Covid. Depuis 7 mois, nous avons surnagé dans des  prises de décisions qui n’ont compté que jusqu’à deux, « confinement- déconfinement » avec des graduations entre les deux. Le  temps 3 de stratégies véritables pour se donner les moyens d’une victoire ferme et sans appel n’a jamais été, véritablement, posé en perspective. La phase de  retranchement du long  confinement n’a pas été mise à profit pour l’établir. En revanche, le temps 4 de la crise économique et de ses violences à venir, lui, a déjà été avancé très largement et à maintes reprises. La guerre sanitaire n’est pas encore gagnée qu’on songe à la prochaine dont on nous promet déjà que nous la perdrons certainement. Rien ne nous est décidément épargné. Dans le discours politique français des quarante dernières années,  il n’est pratiquement jamais question de sortir la tête de sous l’eau, mais toujours d’apprendre l’apnée.

C’est un fait pourtant. Les dernières nouvelles sur la possible persistance du Coronavirus, voire sur la présence d’un certain nombre de foyers de  résurgence  dans le monde, semble l’indiquer clairement : l’ennemi n’a pas été totalement défait. On est donc bien forcé d’enjoindre à la  prudence, tout en se réjouissant au constat que les pratiques sanitaires préventives s’ancrent, chaque jour, un peu plus,  dans l’espace public : port du masque, distances physiques, gestes barrière, gestes d’hygiène…

L’horizon politique dans les mains du marché

Le peuple fera sa part du contrat sanitaire comme il y a souscrit, globalement avec sagesse, au  moment du confinement. Pour autant, saura-t-on lui offrir, cette fois-ci, un horizon véritable ? Face à la  Covid 19, l’action publique a jusque là consacré son impuissance à résoudre.  Au mieux, elle n’a eu l’ambition que d’atermoyer ou de se défausser.  Alors, va-t-elle relever enfin  la tête pour gagner cette guerre sanitaire ? Quel sera le programme ? Va-t-on daigner apprendre un peu des autres et mettre en pratique les recettes qui, ailleurs, semblent  avoir fait leur preuves ? Va-t-on accélérer le dépistage massif    et traiter les malades en les isolant ?

Sommes-nous vraiment dans le pendant ou    encore dans l’avant  ? Un avant de l’attentisme, de l’ouvrir et du fermer, un avant  impuissant à mobiliser intelligemment les énergies nationales, pour mettre en place  des stratégies fortes et concertées dans la perspective de l’éradication du problème… Continuerons-nous d’assister au triste spectacle d’une classe politique suspendue à ses propres idéaux technocratiques ? Naguère, on l’a vu compter sur le réveil d’une Europe des experts qui n’a  pas répondu présente. Hier encore, elle implorait la venue miraculeuse (à l’arrière-goût de Tamiflue) du vaccin d’un Bill Gates  ou  de grands labos privés, comme une façon de nous dire : « patientez, mes  frères, l’action politique est morte, la solution viendra du marché… »