Archives par mot-clé : histoire médiévale

Octobre médiéval à la Basilique cathédrale Saint-Denis

Sujet : concerts, musiques médiévales, patrimoine, cathédrale, ensemble médiéval, site classé, conférences.
Période : Moyen Âge central à tardif.
Événement : Octobre médiéval 2026
Dates : 4 concerts de musique médiévale et 2 conférences, octobre 2026.
Lieu : Basilique cathédrale Saint-Denis, Centre des Monuments nationaux, 1, rue de la Légion d’Honneur, Saint-Denis

Bonjour à tous,

e mois d’octobre sera de nouveau médiéval à la Basilique cathédrale Saint-Denis. L’événement, proposé par le Centre des monuments nationaux, séduit et cette nouvelle édition devrait encore confirmer son succès.

La recette est simple et ambitieuse à la fois : proposer des concerts d’exception dans le cadre patrimonial unique. La Basilique Saint-Denis est incontestablement un des plus prestigieux édifice religieux classé d’Île de France. Le programme musical se complète également de deux conférences sur des thèmes touchant le patrimoine et l’Histoire médiévale.

Les Concerts de musique médiévale

Pour cette nouvelle édition, quatre concerts vous attendent dans le chevet gothique du monument. Les performances scéniques seront suivies d’échanges et dialogues avec le public (présentation d’instruments, contexte et travail de restitution, etc…).

Ai Lemozi : du chant monastique à la lyrique des troubadours en Aquitaine

Interprètes : Ensemble Beatus
Date : Samedi 3 octobre – 16H30

Jean-Paul Rigaud, directeur de l'Ensemble Beatus, portrait.

Au programme, chants grégoriens et récital autour du graduel de Saint-Yriex (manuscrit BnF Latin 903), daté du XIe siècle. On y entendra de rares pièces issues de la tradition des chrétiens de Gaule, du temps des mérovingiens.

L’ensemble Beatus a été fondé en 2005. Sous la direction de Jean-Paul Rigaud, il s’est spécialisé sur le répertoire médiéval. Il explore les chants grégoriens, mais aussi les œuvres des premiers troubadours jusqu’aux compositeurs et maîtres de musique du Moyen Âge tardif.

Paris gothique : une visite guidée musicale dans le Paris de 1250

Interprètes : Ensemble Rue des Chantres
Date : Samedi 10 octobre – 16H30

Ce voyage original mené par le trio vocal l’Ensemble Rue des Chantres vous propose une exploration en musique du Paris du milieu du 13e siècle.

L'Ensemble de musique médiévale "Rue des Chantres"

L’ensemble Rue des Chantres s’est formé en 2019, sous l’impulsion d’Erwan Picquet, Vincent Pislar et de Christian Ploix. Pour ces trois chantres de Notre-Dame, l’envie de partager les chants interprétés historiquement entre les murs de la célèbre cathédrale s’est imposée un point de départ naturel avant de s’élargir vers d’autres horizons.

Le concert explorera ici le spectacle vivant, avec des projections d’extraits de manuscrits et d’iconographie issu du répertoire proposé.

Les Anges musiciens : à la découverte des instruments du Moyen Âge

Interprètes : Ensemble Obsidienne
Date : Vendredi 16 octobre – 20H00

Nous avons tous en tête les anges sculptés des églises ou des cathédrales et leurs instruments musicaux. Pour ce concert, l’ensemble Obsidienne a voulu relever le défi de nous les faire entendre. Musique du ciel pour instruments anciens et découvertes étonnantes sont au programme de ce concert à ne pas manquer. On pourra y écouter, entre autres pièces, des extraits des cantigas de Santa Maria ou encore des chansons plus tardives du célèbre manuscrit de Bayeux (ms Français 9346).

L'ensemble de musiques médiévales et renaissantes Obsidienne

Mené par Emmanuel Bonnardot, l’ensemble Obsidienne est de ces formations que l’on ne présente plus. Formé en 1993, largement primé depuis pour ses interprétations, il a proposé de nombreux programmes pour un répertoire allant du Moyen Âge central aux polyphonies renaissantes.

Je loe amours : chansons à la cour de Bourgogne au XVe siècle

Interprètes : Anne Delafosse et Angélique Mauillon
Date : Samedi 24 octobre – 16H30

Ce concert vous entraînera à la découverte de la courtoisie du Moyen Âge tardif à la cour de Bourgogne. A l’exploration d’un style et de compositeurs demeurés anonymes ou confidentiels, il aura pour guide principal le Manuscrit Ms Canon ou Misc 213 de la Bodleian Library d’Oxford.

Angelique Mauillon et Anne Delafosse, passion musiques médiévales

Anne Delafosse et Angélique Mauillon, les deux interprètes de talent au service de ce programme, sont coutumières du répertoire médiéval et des musiques anciennes. Leur complicité scénique et musicale patinée au fil de nombreuses années, viendra s’ajouter à leur passion et leur enthousiasme contagieux pour produire un autre concert d’exception à ne pas manquer.


Les Conférences

Deux conférences viennent dont compléter ce programme musical pour les férus d’histoire médiévale et de patrimoine.

Notre-Dame de Paris et Saint-Denis : émulations et rivalités de deux grandes voisines à la fin du Moyen Âge

Conférencier : Damien Berné
Date : Mardi 6 octobre – 19H30

Cette conférence permettra d’explorer les interactions, relations et frictions entre les deux géantes chrétiennes de la région parisienne. La période porte du Moyen Âge central (12e siècle) au tardif.

Archiviste paléographe et docteur en histoire de l’art, Damien Berné est également conservateur en chef de la collection de sculpture médiévale du musée de Cluny (musée national du Moyen Âge).

Compositrices, interprètes, mécènes : les actrices de la musique médiévale

Conférencière : Anne Ibos-Augé
Date : Mardi 13 octobre – 19H30

Octobre médiéval 2026, affiche de l'événement de la basilique cathédrale Saint-Denis

Au programme de cette conférence, une exploration dans les archives du Moyen Âge à la découverte de trobairitz et compositrices du Moyen Âge, mais aussi d’héroïnes littéraires ou de figures culturelles ayant compté dans la musique médiévale.

Musicologue agrégée, Anne Ibos-Augé est actuellement associée à l’Institut de recherche en musicologie de la Sorbonne. Elle est également membre de la Société française de musicologie.

Pour le détail des réservations et des tarifs, veuillez consulter directement le site officiel de la Basilique Saint-Denis.


Retrouvez nos articles sur les éditions précédents de cet événement aux liens suivants : Edition 2024 – Edition 2025 (avec présentation de la Basilique et de son histoire) – Conférence Marc Bloch 2026

En vous souhaitant une belle journée.
Frédéric Effe.
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.

Une Série Vidéo Exclusive sur les Mottes Castrales et leur Histoire

Bonjour à tous,

n événement aussi récent qu’inattendu nous a contraint de republier un épisode d’une série vidéo que nous avions réalisée en 2016. Cette série de documentaires porte sur l’origine des châteaux forts et des forteresses médiévales que furent les mottes castrales, au Moyen Âge central.

Inutile de nous étaler ici sur les circonstances entourant cette republication, nous souhaitons plutôt en tirer partie pour attirer, à nouveau, votre attention sur ces trois vidéos et leur intérêt.

Une Approche détaillée des mottes castrales

Pour donner le contexte de cette série documentaire, ces trois épisodes se déroulent autour d’une motte castrale fictive qui pourrait être datée du milieu du XIIe siècle. Les vidéos restent légères et divertissantes mais elles sont, toutefois, sérieusement documentées. Une bonne quantité de sources et de références bibliographiques y sont citées. Pour les réaliser nous nous sommes, en effet, appuyés sur de nombreuses recherches en archéologie médiévale et en architecture médiévale.

Formé nous-même à la recherche universitaire, nous faisons toujours en sorte sur Moyenagepassion que les œuvres soient créditées à leurs auteurs. Outre le fait de rendre à Caesar ce qui lui revient légitimement, cela permet à notre audience de pouvoir, par la suite, creuser les sujets.

Un donjon médiéval de bois sur une haute motte de terre entouré d'un rempart de bois et d'une douve

Redécouvrez la série complète

Comme la vidéo en question fait partie d’une série de trois, nous avons décidé de reposter ici le tout, en espérant qu’ils vous plaisent si vous les découvrez. Avec un peu de chance, les vues disparues de la vidéo originelle seront quintuplées sur la nouvelle qui sait ? La chaîne YouTube n’étant pas monétisée, je précise que ce n’est pas une question de monétisation mais plutôt de transmission.

Depuis leur parution peu après le lancement de Moyenagepassion, ces documentaires sur les mottes castrales nous ont valu un nombre important d’éloges ou de commentaires d’amateurs d’histoire médiévale, de poliorcétique ou d’architecture défensive. Elles ont aussi inspiré des conférences et même des projets de reconstitution ou d’archéo-site médiéval. C’est pour nous la meilleure récompense de nos efforts.

Tout cela étant dit, voici les trois épisodes de cette série.

Episode 1. Naissance des mottes castrales

Comment ces forteresses médiévales ont-elles émergées ? A quel moment du Moyen Âge et dans quel contexte historique ? Quelle est la typographie générale d’une motte castrale ? Y a-t-il des disparités entre elles ? Y en avait il beaucoup sur le territoire ? Dans cette première vidéo, nous tâchons d’approcher toutes ces questions.

Episode 2. La basse-cour du château à motte

Dans ce deuxième opus, nous approchons de l’entrée de la motte castrale pour entrer dans sa basse-cour. Hébergements, cabanes d’artisans, petites gens abrités par les remparts, structure d’une habitation paysanne, greniers à grains ou même zone de combats, cette vidéo est l’occasion d’un grand tour documenté sur la vie médiévale du petit peuple dans un château à motte.

Episode 3. A l’assaut du donjon médiéval

Au centre de la motte castrale, se tient souvent un autre édifice défensif, la forteresse du seigneur. Donjon, tour maîtresse, simple édifice renforcé, dans certains cas et avec le temps, cette construction donnera lieu à de futurs installations de donjon de pierre sur le même site. Accès, pièges, point de vue, nous explorons ici ce dispositif défensif et lieu de vie seigneurial, à la lumière de diverses chroniques du Moyen Âge.


D’autres vidéos semblables sur les châteaux

Sur notre chaîne YouTube vous pourrez également trouver d’autres vidéos de châteaux forts du Moyen Âge reconstitués, avec commentaires et recherches à l’appui. Voir la playlist complète.


En vous souhaitant une belle journée
Frédéric Effe
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.

Conférences : découvrir L’invention Du Moyen Âge Et Du Médiévalisme

Sujet : monde médiéval, histoire médiévale, histoire des représentations, médiévalisme.
Période : Moyen Âge, XVIIIe s au XXIe s
Conférences : l’Invention du Moyen Âge : du marquis de Paulmy à « Game of Thrones »
Organisateur : BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, 1, rue de Sully – 75004 Paris
Dates : 18 décembre 2023, 15 janvier 2024, 5 février 2024
Intervenants : Fanny Maillet, Isabelle Durand, Vincent Ferré.

Bonjour à tous,

rands amateurs et amis du Moyen Âge sous toutes ses formes y compris les plus modernes, c’est au tour de la prestigieuse BnF de se pencher très sérieusement sur le sujet du médiévalisme. L’institution vous propose, en effet, tout prochainement, un détour par la Bibliothèque de l’Arsenal pour un cycle de conférences gratuites, animées par d’éminents médiévistes.

Du Moyen Âge au médiévalisme

Comment le Moyen Âge s’invite-t-il dans notre monde moderne et sous quelles formes ? Livres, fictions, jeux vidéo, jeux de rôles ou de plateaux, films et séries… Au XXIe siècle, les temps médiévaux continuent d’habiter nos productions culturelles modernes et, avec elles, un peu de notre quotidien. L’affaire n’est pas nouvelle. Le Moyen Âge, sa résurgence ou même sa réinvention sous les formes les plus diverses n’a guère tardé pour échapper à la courte éclipse dans laquelle avait voulu le plonger les auteurs renaissants ; même avec le plus grand des talents de plume, on ne tire pas impunément un trait sur mille ans d’histoire.

Voilà donc que le XVIIIe siècle voyait déjà renaître le Moyen Âge. Oui, mais lequel ? Sur ce nouveau terreau, notre bel objet historique se cherchait déjà de nouvelles racines et représentations sous l’impulsion du marquis de Paulmy. A quelque temps de là, suivraient bientôt les élans magnifiques des romantiques avec leur flamboyant, inquiétant et glorieux Moyen Âge. Plus tard, viendraient encore se greffer de nouvelles charges symboliques, de nouveaux territoires oniriques ou politiques, des espaces de luttes idéologiques et culturelles, de nouveaux horizons perdus ou à perdre, bref autant de nouveaux Moyen Âge(s).

La chose est actée. Depuis ses retrouvailles au XVIIème siècle (a-t-il jamais vraiment été perdu ?), le Moyen Âge projeté, revisité ou reconstruit n’a jamais cessé d’évoluer, de changer de visage. Et c’est justement cette longue et passionnante évolution, des premiers re- découvreurs des siècles passées jusqu’au Trône de Fer de G.R.R Martin, que la BnF vous propose de parcourir, à partir du 18 décembre prochain.

Le cycle de trois conférences prévu a pour titre : L’Invention du Moyen Âge : du marquis de Paulmy à « Game of Thrones ». En plus de ces interventions de qualité, les visiteurs auront la joie de découvrir quelques précieux manuscrits de la Bibliothèque de l’Arsenal pour illustrer tous ces propos.

Trois conférences pour mieux comprendre le Moyen Âge et le Médiévalisme

Ces trois conférences seront données à l’Arsenal même. L’entrée en sera gratuite mais il est recommandé de réserver et, à défaut de se présenter suffisamment à l’avance. Voici le programme de cet événement qui devrait donner des clés utiles de compréhension sur le Moyen Âge, ses représentations historiques et modernes, comme sur le médiévalisme.


Le Moyen Âge des Lumières.
Le marquis de Paulmy entre érudition et littérature

Date : le lundi 18 décembre 2023, à l’Arsenal.
Horaires : 18 h 30 – 20 h.

C’est la médiéviste Fanny Maillet, enseignante en littérature médiévale à l’université de Zurich qui l’aura en charge. Il sera ici question de se pencher sur le rôle et l’influence du marquis de Paulmy. Dans le courant du XVIIIe siècle, cet homme de culture, diplomate et homme d’Etat français a, en effet, contribué à la diffusion d’un certain Moyen Âge, notamment au travers de sa collection médiévale.

Qui était le marquis de Paulmy ?

Portrait d'Antoine-René de Voyer, marquis de Paulmy

Grand collectionneur et bibliophile du XVIIe siècle, Antoine-René de Voyer, marquis de Paulmy (1722-1787) fut à l’initiative de la transformation de l’Arsenal de Paris en ce qui deviendra plus tard la prestigieuse Bibliothèque de l’Arsenal.

Amis des livres et des anciens manuscrits, revoyez vos critères sur la définition de « belle » bibliothèque et sortez vos mouchoirs ! Celle du marquis de Paulmy contenait près de cent mille ouvrages. Autrement dit, de quoi donner le vertige ou même plutôt des envies de s’enfermer des milliers d’heures pour explorer tous ces trésors. Ils sont, aujourd’hui, sous la bonne garde du conservateur des lieux et de ses archivistes.

En grand lettré, le marquis de Paulmy fut aussi à l’initiative de nombreuses publications et de sélections à partir de sa vaste collection. En plus de rendre tribut à son influence sur une première relecture du Moyen Âge, c’est un double hommage que rendra ici la Bibliothèque de l’Arsenal à son lointain aïeul et fondateur.


L’invention du Moyen Âge par les écrivains romantiques

Date : le lundi 15 janvier 2024 à l’Arsenal.
Horaires : 18 h 30 – 20 h.

La professeure de littérature générale et comparée Isabelle Durand (université de Bretagne Sud) aura en charge cette deuxième conférence plus particulièrement ciblée sur les romantiques et leur nouveau souffle pour un Moyen Âge perdu et à reconquérir.

Portrait de Victor Hugo, féru de Moyen Âge au temps des romantiques.

La période couvrira le XVIIIe siècle de Jean-Charles-Emmanuel Nodier pour s’étendre au XIXe siècle de Victor Hugo. Comme dans toute analyse médiévaliste sérieuse, les préoccupations et projections immédiates des romantiques, dans leur entreprise de réinvention d’un Moyen Âge onirique et sublime, seront mises en exergue.


Le médiévalisme fait des vagues (XVIe-XXIe siècle)

Date : le lundi 5 février 2024 à l’Arsenal.
Horaires : 18 h 30 – 20 h.

Avec cette dernière conférence, on se rapprochera plus particulièrement du médiévalisme moderne. L’universitaire Vincent Ferré, professeur de littérature générale et comparée à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle sera en charge de la conduire.

Prince Vaillant, affiche de cinéma, Moyen Âge et médiévalisme

Entre « réception savante » et Moyen Âge récréatif, l’intervenant se penchera ici sur les origines du médiévalisme. La conférence abordera particulièrement les questions soulevées par cette jeune discipline complexe qui tente de démêler les soutènements de tous ces Moyen Âge(s) de fiction, de pellicule, de costumes ou de papier. L’engouement pour ce monde médiéval qui n’en finit pas d’être à la mode et qui, par là, interpelle d’autant plus le médiévalisme, sera également examiné.


Voilà donc un programme de prestige à ne pas manquer si vous êtes en région parisienne à ces dates. N’oubliez pas de réserver le cas échéant. A cette fin, reportez-vous aux pages officielles de la BnF dédié à l’événement. Pour ceux qui se tiendront trop loin de la capitale et de l’Arsenal, on espère que la technique permettra d’assurer l’enregistrement et la rediffusion en ligne de ces conférences d’intérêt.

Sur le sujet du médiévalisme voir aussi:

 En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE.
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.

NB : le portrait du Marquis de Paulmy sur l’image d’en-tête est tirée d’un portrait daté du 18e, conservé au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. En arrière plan vous aurez reconnu le Dragon tiré du Trône de Fer de G.R.R. Martin.

Le roi tué par un cochon, une leçon magistrale d’histoire médiévale

Sujet   : monde médiéval, histoire médiévale, anthropologie, histoire culturelle, symbole, cochon, animaux, régicide, capétiens, royauté française, anthropologie, médiéviste.
Période : Moyen âge central, XIIe et XIIIe siècle
Ouvrage : Le roi tué par un cochon (Edition du Seuil, 2015)
Auteur : Michel Pastoureau

Bonjour à tous,

e 13 octobre 1131, le jeune prince Philippe, fils et héritier direct de Louis VI le gros déambule à cheval, avec quelques uns de ses gens, dans les rues de Paris. Est-il lancé dans un galop imprudent ? Joue-t-il à se courser avec l’un de ses écuyers ? Les chroniqueurs hésitent.

Pourtant, par un funeste tour du destin, un porc errant viendra se prendre dans les pattes de sa monture, faisant choir le futur roi alors âgé de 15 ans. Quelques heures plus tard, le terrible drame s’abat sur la couronne : le jeune Philippe est mort des suites de ses blessures. Il était l’ainé choyé du souverain. La royauté avait mis en lui tous ses futurs espoirs et même s’il avait été déjà sacré à Reims en 1129, il ne règnera jamais sur la France contre toutes les attentes de son géniteur, Louis VI.

Enluminure de l'accident du roi Philippe dans le Ms 677 de la ville de Besançon - Chronique anonyme, en langue française, depuis la création du monde jusqu'en 1384 (Fin du XIVe s)
,
Enluminure de l’accident du prince Philippe dans le Mss 677 de la ville de Besançon – Chronique anonyme, en langue française (fin du XIVe siècle)

Quand le destin des capétiens croisa
celui d’un porc « envoyé du diable »

L’événement pourrait passer pour anodin et la « grande histoire » l’a même un peu oublié, mais c’eut été sans compter sur la présence de Michel Pastoureau. Partant du funeste accident, le médiéviste va dérouler ici toute son érudition pour nous entraîner dans un voyage au cœur du Moyen Âge central. Il y mettra même ses larges connaissances des bestiaires, des héraldiques, des couleurs et des symboles du monde médiéval au service d’une hypothèse étonnante : sous l’apparence du simple accident urbain, ce « porcus diabolicus », comme le nomment certains chroniqueurs d’alors, cet animal infâme, ce porc envoyé du diable aurait-il pu, à ce point, affecter le destin de la lignée capétienne pour que, se pensant souillée et presque maudite, elle cherche finalement à se laver de l’infâmie, et à se racheter aux yeux de Dieu, en se drapant de nouveaux symboles propices à conjurer le sort :

  • D’un côté, le lys, celui de la mère des mères, la vierge Marie, fleur des fleurs du culte marial naissant,
  • De l’autre, le bleu roi, couleur de la lumière divine, qui avait déjà occupé Michel Pastoureau dans son histoire des couleurs.

    Conjugués, ces deux symboles puissants et protecteurs, s’imposeront, en effet, tous deux, quelque temps après l’incident, sur les habits royaux les plus symboliques de la couronne de France.

Ombre et souillure d’un cochon diabolique

Dans une grande aventure, pour passer au crible son étonnante hypothèse, Michel Pastoureau donnera dans ce livre une leçon magistrale de nouvelle histoire, en liant chronologies, histoire des symboles et des mentalités et bien entendu, approche anthropologique et historique.

Enluminure d'un cochon errant tirée de, Der Naturen Bloeme de Jacob van Maerlant (KA16, Koninklijke Bibliotheek),
Cochon errant dans la forêt, enluminure (1350), Der Naturen Bloeme de Jacob van Maerlant, manuscrit conservé à la Bibliothèque Royale de la Haye.

Il nous parlera du lourd deuil du père du prince : Louis VI le gros a-t-il, par ses exactions et ses conduites par trop libertine, suscité la colère de Dieu ? Il abordera encore la question du possible poids qu’aura fait peser cet héritage du frère défunt sur l’autre fils qui par là, deviendra rien moins que le nouveau roi de France, Louis VII. Suivons un peu Michel Pastoureau sur les traces de ce règne qui, sans le porc errant n’aurait jamais du avoir lieu.

Louis VII ou le règne maladroit d’un héritier de circonstance

Peu préparé à ses fonctions, ce roi par accident, accumulera les maladresses. D’un naturel très pieu et d’un caractère peu amène, il se fâchera avec le pape et d’autres encore, entrera en conflit ouvert avec Thibaut de Champagne. En 1143, et dans le cadre de ses passes d’armes d’avec le puissant comte, les gens de Louis VII seront même à l’origine des terribles incidents conduisant au drame de l’église de Vitry-en-Perthois : un millier de villageois en furent victimes et périrent brûlées en les murs de l’édifice religieux où ils s’étaient réfugiés. Pour le souverain, il fallut bien au moins un départ aux croisades pour tenter d’expier l’horreur de cette tragédie, mais son voyage oriental ne se soldera par aucune victoire flamboyante et bien plutôt par des déroutes.

Enfin, et c’est encore une pierre à l’édifice de sa déroute, Louis VII le jeune ratera totalement son mariage (arrangé par son père), avec Aliénor d’Aquitaine. Il se montrera incapable de concevoir un héritier (ils auront cependant deux filles). Mauvais assortiment, natures incompatibles, jalousie trop grande de Louis le Jeune ou frivolité d’Aliénor ? L’union finira par un divorce qui verra la belle, deux ans plus tard, conclure un remariage avec le roi Henri II d’Angleterre (autre terrible disgrâce). De neuf ans son cadet, le souverain anglois donnera à Aliénor de nombreux descendants dont un nombre incomptable de fils, autre disgrâce par procuration pour Louis VII. L’ombre du porc maléfique encore lui et la punition divine planerait-elle sur tout cela, mais surtout sur l’esprit ou les dispositions psychologiques de la lignée capétienne ? Michel Pastoureau tient son fil et nous le suivons avec plaisir et même, à plus d’un tour, une certaine jubilation. Le sujet est passionnant et l’historien ne perd pas son fil pour le rendre crédible.

Un exercice de synthèse érudit et réjouissant

Le roi tué par un cochon, livre d'histoire médiévale de Michel Pastoureau

Afin de servir sa démonstration, le médiéviste fera encore des détours par l’histoire des croisades, les bestiaires médiévaux et notamment l’histoire du porc domestique. Fort répandu dans les villes d’alors, l’animal les nettoie de sa grande voracité. Nous visiterons également avec l’auteur, la symbolique médiévale attachée au cochon, en opposition à celle de son cousin sauvage le sanglier, qu’on affronte à la chasse et dont on tire quelques mérites guerriers. Michel Pastoureau en profitera encore pour disgresser sur le statut du porc et les interdits comparés qui pèsent sur sa consommation dans différentes cultures et religions en tentant de donner des pistes à leur propos : porc attaché à la souillure, porc omnivore, porc (trop) proche de nous du point de vue anatomique, etc…

On croisera encore, dans cet ouvrage finalement très dense, de grands personnages historiques comme Bernard de Clairvaux ou l’abbé et homme d’état Suger animés de leurs propres enjeux. On y sera gratifié d’un bonne dose d’historiographie sur l’incident et on en ressortira copieusement instruit sur l’héraldique, la nature végétale des symboles royaux français contre les animaux préférés par les royaumes de l’Europe d’alors.

Faire de l’histoire sérieuse avec des choses triviales

Pour conclure, on a même un peu de mal a restituer la richesse et la densité de ce petit ouvrage tant Michel Pastoureau y a mis d’information, en faisant des détours et des parenthèses toujours passionnantes sans perdre de vue longtemps son hypothèse. Il reste de ses érudits intarissables qui sait tenir ses lecteurs et ses auditeurs en haleine.

Au passage et pour les apprentis- chercheurs en sciences humaines, il donnera aussi une belle leçon de méthodologie, en démontrant comment à partir d’une hypothèse et de choses qui pouvaient sembler, à première vue triviales, on peut faire sérieusement de la science historique. Dans l’exercice, il aura fait, dans le même temps la nique à l’histoire classique ou « la grande histoire » comme on a pu la nommer, en interrogeant, une fois de plus ses fondements, pour établir dans la lignée de ses pairs, les Duby ou les Le Goff que les dates et les faits importants ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Finalement, pour boucler la leçon de méthode et sur le terrain de l’épistémologie, la falsifiabilité de Poppers demeurera au centre de la conclusion de cet ouvrage ; l’hypothèse, par certains aspects, cocasse, de ce porcus diabolicus et son influence sur les emblèmes royaux de la France capétienne et du bleu de la France actuelle restera une hypothèse, sauf à trouver plus d’éléments ou de documents capables de l’avérer ou de l’infirmer. Entre-temps, le médiéviste nous aura donné beaucoup de plaisir, au long d’un ouvrage qui reste parfaitement accessible à tout type de publics et dont on sent aussi, à son ton plus d’une fois amusé, qu’il a pris beaucoup de plaisir à l’écrire.

Comment se procurer cet ouvrage ?

Ce livre de Michel Pastoureau est disponible au format poche chez Points. Il fait un peu moins de 300 pages mais aucun caractère n’y est perdu. Voici un lien utile pour l’acquérir : le roi tué par un cochon, Michel Pastoureau, Edition Points (2018). Si vous préférez écouter cet ouvrage, notez qu’il est également disponible chez Audible en forma audio, lu par Olivier Martinaud et paru chez l’éditeur Le livre qui parle.

Découvrir d’autres ouvrages de Michel Pastoureau :

 En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE.
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.

NB : le détail d’enluminure sur l’image d’en-tête est tiré du manuscrit médiéval Royal 16 G VI de la British Library d’Angleterre. Daté du milieu du XIV siècle et superbement illuminé, cette longue série de manuscrits médiévaux présente une édition révisée des Grandes Chroniques de France.