ux portes des congés de fin d’année, nous vous souhaitons dors et déjà, à tous, d’excellentes fêtes. Que vous les passiez en famille et au repos, au travail et aux astreintes, ou plus solitaire et, peut-être encore dans des circonstances moins favorables, sachez que nos pensées et nos vœux vous accompagnent.
Manuscrit ancien : l’Evangéliaire d’Averbode
NB : l’illustration ayant servi de base à cette carte provient d’une miniature datant du moyen-âge central et représentant la nativité. Elle est tirée de l’Évangéliaire d’Averbode (vers 1150).
Sujet : fêtes historiques, animations médiévales, marché artisanal, moyen-âge, sorties, compagnies médiévales. Evénement : Fantaisies Médiévales Lieu : les Sables-d-Olonne,
Vendée, Pays-de-la-Loire Dates : 22 et 23 décembre 2018
Bonjour à tous,
e samedi à Dimanche, la cité vendéenne des Sables-d’Olonne fêtera ses 800 ans d’histoire. L’événement, en réalité, le point culminant d’une année entière dédiée à cette célébration et ce mois de décembre a été choisi pour la clore, avec des fêtes qui mettront en exergue le Moyen-âge et notamment les débuts du XIIIe siècle.
Un peu d’Histoire médiévale
C’est en 1218 que le Seigneur et prince local concéda deux chartes aux moines de Sainte-Croix de Talmont afin que puisse être mise en oeuvre l’occupation du littoral. Il s’agissait aussi pour le noble d’y établir un nouveau port qui puisse avantageusement se substituer à celui situé à Talmont et qui posait quelques problèmes de viabilité. Ses efforts furent récompensés puisque, dès la fin du XIIIe, on trouvera la cité des Sables d’Olonne largement mentionnée dans les sources historiques.
Un peu moins de deux-cent ans plus tard, autour de la fin du XVe siècle, ce sera au tour de Louis XI d’en favoriser le développement. A l’occasion d’un voyage dans le Bas-Poitou et après avoir visité l’endroit en 1472, le roi de France décida de lui accorder d’importantes franchises et de le faire fortifier, en en faisant un port d’importance du point de vue tant stratégique qu’économique; d’un point de vue politique, la décision venait aussi trouver sa place dans une période de fortes tensions politiques entre la couronne et la Bretagne.
Animations et réjouissances
aux couleurs du Moyen-âge
Ainsi, ce week-end, pour célébrer son histoire médiévale, la cité recréera au coeur de La Chaume, l’un de ses plus anciens quartiers, un village médiéval avec son marché artisanal. On pourra également retrouver jongleurs et musiciens, comédiens et conteurs, ainsi que des spectacles équestres et un lot d’animations de circonstance au château Saint-Clair.
Sujet : pont, reconstitution 3D, vidéo, architecture médiévale, Provence médiévale, monument historique, Saint Bénézet. Période : Moyen Âge central, XIVe siècle Lieu : Pont Bénézet, Avignon, PACA
Bonjour à tous,
n 2015, après quatre ans de recherches et de travail assidus, une équipe pluridisciplinaire du CNRS, composée d’historiens médiévistes, d’archéologues, d’ingénieurs, d’architectes, ainsi que d’infographistes 3D redonnait vie au Pont Saint-Bénézet d’Avignon, en présentant au public une reconstitution 3D exceptionnelle de l’ouvrage médiéval.
En plus de la vidéo dévoilée à l’issue du projet que vous retrouverez ci-dessous, une application de réalité augmentée voyait également le jour. Elle permet, encore aujourd’hui, aux visiteurs du monument dotés d’une Iphone et d’un Ipad, d’observer l’ouvrage à deux moments clés de son histoire : le Moyen Âge tardif et le XIVe siècle (1350) et la fin du XVIIe (1675).
La reconstitution 3D du pont d’Avignon par le CNRS
Saint Bénézet et le Pont d’Avignon
Rendu populaire par une chanson du XVe siècle, le célèbre pont d’Avignon fut construit, dans le courant du XIIe siècle, sur les restes d’un ouvrage romain. Son édification fit l’objet d’une légende bien connue qui possède, sans doute, un fond de vérité puisqu’il semble que le personnage qui en est à l’origine ait véritablement existé. C’est celle d’un modeste pâtre ardéchois du nom de Bénézet (Petit Benoit) qui, sur la foi d’une vision divine et dans le courant de l’année 1177, en aurait posé la première pierre, alors qu’il était tout juste âgé de 12 ans.
Au vu du poids exceptionnel de cette dernière, l’histoire conte que les habitants furent bientôt convaincus de la dimension miraculeuse et divine de l’injonction et se mirent à l’aider à édifier l’ouvrage. Dans la même veine, la construction du pont fut encore à la source de nombreux autres miracles parmi lesquels on compte près d’une vingtaine de guérisons miraculeuses opérées par celui qui devint bientôt Saint-Bénézet (1165 -1184), un Saint Provençal non canonisé par Rome. Las!, ce dernier ne vit pas la fin de son entreprise puisqu’il décéda prématurément, à l’âge de 19 ans, un avant que l’ouvrage ne soit achevé.
Un ouvrage médiéval d’exception
D’une longueur de plus de 900 mètres, le pont enjambait alors les deux bras du Rhône pour rallier la cité royale de Villeneuve-lès- Avignon, sur l’autre rive. Au sortir de sa première construction, il possédait encore un tablier de bois et ce n’est que dans le courant du XIIIe qu’il sera édifié en pierre dans sa totalité. Il fut, depuis lors, l’objet de nombreuses reconstructions et ce, jusqu’au XVIIe siècle qui, pour autant, ne permirent pas son maintien.
A la faveur notamment d’un changement climatique et de la glaciation qui à touché l’occident du XIIIe au XVe siècle, l’œuvre du puissant fleuve et de ses crues ont fini par avoir raison de la presque totalité de l’ouvrage médiéval. Aujourd’hui, il n’en subsiste plus que quatre arches qui s’arrêtent net au dessus du fleuve et lui confèrent une étrange aura de mystère. Du point de vue patrimonial, il fut classé monument historique en 1840.
Pour revenir à l’histoire de Bénézet et d’une manière plus factuelle, il semble que sa volonté s’était aussi accompagnée de grandes collectes et d’aumône pour réunir les moyens nécessaires à la construction de l’ouvrage. Il fonda même une confrérie laïque dont Jean Mesqui (voir article ic) nous apprend qu’elle était « sous l’autorité d’un prieur et qu’elle disposait d’une chapelle et d’un chapelain ». La confrérie demeurait alors dans une maison proche du pont pour veiller sur l’ouvrage et moins d’un demi-siècle plus tard, un hôpital dédié aux pauvres y fut également ouvert.
Œuvres de pont et frères Pontifes
Concernant l’édification du Pont d’Avignon et de quelques autres ouvrage du couloir rhodanien de la même époque, à la légende du pâtre Bénézet, quelques auteurs des XVIIIe et XIXe allaient bientôt soulevé l’hypothèse d’un ordre monacal puissant, celui des frères pontifes (les fratres pontifices) qui, dans le courant du XIIIe siècle auraient construit certains ponts le long des fleuves et en aurait même garder l’accès contre d’éventuels brigandages, protégeant ainsi Pèlerins et voyageurs.
Depuis lors et au vu de la disparité des sources, les historiens médiévistes ont pourtant réfuté ces hypothèses. S’il existait bien des fraternités de pont qui assumaient l’entretien des ouvrages et leur protection, il ne semble pas qu’un ordre de bienfaiteurs religieux unique ait été en charge de cette mission. Comme l’affirme Jean Mesqui dans l’exemple d’Avignon, dans un certain nombre de cas, c’étaient bien plutôt des laïques locaux, qui, ayant eux-mêmes participé à la construction des ponts, prolongeaient tout naturellement leurs œuvres sur la gestion de ces mêmes ouvrages. On trouve encore la confirmation de ce fait dans l’ouvrage de Daniel Le Blévec – La part du pauvre. L’assistance dans les pays du Bas-Rhône, du XIIe siècle au milieu du XVe siècle. (Rome, Ecole Française, 2000).
En vous souhaitant une excellente journée.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.
Sujet : citation, moyen-âge, prince, conseillers, exercice de la responsabilité, exercice du pouvoir, Espagne médiévale, XIIIe siècle.
« Ceux qui laissent sciemment le roi se tromper méritent d’être punis comme des traîtres. » Citation médiévale d’Alphonse X dit le sage ou le Savant, roi de Castille, (1221-1284)
Bonjour à tous,
‘image du prince mal conseillé ou influencé de manière néfaste, coure sous la plume de nombreux auteurs, tout au long du Moyen-âge. Mesure de prudence de la part de ces derniers ? Si elle permet de ne pas se risquer à incriminer directement la personne sacrée du souverain, en pointant du doigt ses conseillers malavisés ou même, mal intentionnés, elle se fonde aussi, dans d’autres cas, sur une réalité de fait.
Stratégie d’acteurs, convoitises, ivresse du pouvoir, intérêts biaisés, là encore, à lire entre les lignes des auteurs et poètes médiévaux, de Rutebeuf à Eustache Deschamps en passant par Alain Chartier et bien d’autres encore, les cours royales et seigneuriales regorgent de conseillers empoisonnés qui ne servent pas toujours l’intérêt des couronnes. Biais inévitable de la vie curiale, théâtre des luttes individuelles et de toutes les ambitions, au delà des simples mesquineries ou des fausses flatteries, quand une grande partie du pouvoir se concentre sur une seule tête, il faut aux princes une sérieuse dose d’intégrité et de discernement (qu’ils n’ont pas toujours), pour échapper à ces jeux d’influence ou éviter même qu’ils ne les plongent dans des conflits inextricables.
Ainsi, contre l’impunité de ceux qui pèsent dans l’ombre, sur la balance des décisions des rois, cette citation d’Alphonse X remettait ici les pendules à l’heure, en mettant les mauvais conseillers face à leur responsabilité et leurs possibles félonies. Pour ne citer qu’un exemple tragique de ce type d’influence fallacieuse et en restant dans le cadre de l’Espagne médiévale, on se souviendra que trois générations plus tard, son arrière petit-fils, Alphonse XI allait connaître des tensions sans fin opposant ses tuteurs et régents, pour se trouver lui-même, à peine monté sur le trône, pris dans un conflit sanglant dont l’histoire a retenu qu’il avait été en grande partie ourdi et fomenté par de vils conseillers. Ces derniers furent, du reste, dûment châtiés. A ce sujet, nous vous invitons à consulter l’article suivant: Don Juan Manuel, portrait d’un seigneur, chevalier et auteur médiéval dans l’Espagne déchirée du XIVe siècle
Pour le reste, voici la version espagnole originale de cette citation : “Los que dejan al rey errar a sabiendas, merecen pena como traidores.”
En vous souhaitant une belle journée
Fred F
Pour Moyenagepassion.com A la découverte du Moyen-Age sous toute ses formes.