Archives de catégorie : Musiques, Poésies et Chansons médiévales
Vous trouverez ici une large sélection de textes du Moyen âge : poésies, fabliaux, contes, chansons d’auteurs, de trouvères ou de troubadours. Toutes les œuvres médiévales sont fournis avec leurs traductions du vieux français ou d’autres langues anciennes (ou plus modernes) vers le français moderne : Galaïco-portugais, Occitan, Anglais, Espagnol, …
Du point du vue des thématiques, vous trouverez regroupés des Chansons d’Amour courtois, des Chants de Croisade, des Chants plus liturgiques comme les Cantigas de Santa Maria d’Alphonse X de Castille, mais aussi d’autres formes versifiées du moyen-âge qui n’étaient pas forcément destinées à être chantées : Ballades médiévales, Poésies satiriques et morales,… Nous présentons aussi des éléments de biographie sur leurs auteurs quand ils nous sont connus ainsi que des informations sur les sources historiques et manuscrites d’époque.
En prenant un peu le temps d’explorer, vous pourrez croiser quelques beaux textes issus de rares manuscrits anciens que nos recherches nous permettent de débusquer. Il y a actuellement dans cette catégorie prés de 450 articles exclusifs sur des chansons, poésies et musiques médiévales.
Sujet : poésie médiévale, poésie réaliste, auteur médiéval. mort, extrait Auteur : François Villon (1431-?1463) Période : moyen-âge tardif, XVe Ouvrage : extrait du grand Testament. Oeuvres complètes et commentés de François Villon par P.L Jacob (1854)
Bonjour à tous,
ujourd’hui, nous partageons un court extrait et une strophe du Grand Testament de François Villon sur la Mort. Le poète médiéval nous rappelle la vacuité du statut social ou des richesses face à l’inéluctable faucheuse, comme on le retrouvera rappelé dans certains ballades d’Eustache Deschamps, entre autres auteurs. Le thème n’est d’ailleurs pas propre à l’Europe médiévale, même s’il est empreint ici de valeurs chrétiennes.
Ajoutons que cette mort plane de manière tout à fait particulière sur cette partie de l’oeuvre de Villon qui la pense alors proche et ne sait pas encore, au moment où il écrit ses vers, qu’il va être gracié.
« Je congnoys que pauvres et riches, Sages et folz, prebstres et laiz (1) Nobles, vilains, larges et chiches, Petitz et grans, et beaulx et laidz, Dames à rebrassez colletz,(2) De quelconque condicion, Portant attours et bourreletz, (3) Mort saisit sans exception. » François VILLON (1431-?1463) Le Grand Testament – Extrait
uelques strophes plus loin, on retrouvera encore cette plume et ce verbe réaliste dont François Villon a le secret et il nous y décrira la mort dans le détail, un peu comme il l’avait fait pour les pendus de son épitaphe.
« La mort le fait frémir, pâlir,
Le nez courber, les veines tendre,
Le col enfler, la chair mollir,
Jointes et nerfs croître et étendre.
Corps fémenin, qui tant es tendre.
Poly, souef, si précieux,
Te faudra il ces maux attendre ?
Oui, ou tout vif aller ès cieux. »
En vous souhaitant une belle journée.
Fred
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Sujet : musique médiévale, Ars Nova, Ars subtilior, manuscrit Ancien, Codex Ivrae, chace, musique et chants polyphoniques, Canon. Période : moyen-âge tardif, XIVe siècle Titre: « Trés doux compains » Auteur : anonyme. Interprètes : Ensemble Unicorn
Bonjour à tous,
ous partons aujourd’hui à la découverte de la musique du moyen-âge tardif avec une pièce du XIVe Siècle demeurée anonyme et ayant pour titre : « Très doux compains ».
Le Codex d’Ivrea
Bien que l’interprétation que nous en partageons ici soit instrumentale, cette pièce est, au départ, un chant polyphonique à rattacher à l‘Ars Nova. On peut le retrouver dans le Codex Ivrea.
Recopié vraisemblablement dans la deuxième moitié du XIVe siècle, peut-être à la cour des papes d’Avignon, ce manuscrit ancien est conservé de nos jours en Italie à la bibliothèque d’Ivrea, Il contient plus de 80 pièces, essentiellement des motets, la plupart étant religieux et quelques autres profanes, mais on y retrouve également quelques virelais, chaces et ballades.
Concernant son origine, les avis sont partagés et on a soulevé l’hypothèse que ce Codex Ivrea ait pu avoir pour origine la cour de Gaston Fébus ou même celle de Savoie. Quoiqu’il en soit, à ce jour, il est considéré comme une des anthologies les plus importantes de la musique polyphonique de la première moitié du XIVe siècle.
A l’origine, le chant Trés dous Compains est une chasse ou chace. Les voix s’y répètent, en effet, en canon, donnant l’impression de se poursuivre l’une l’autre. La version instrumentale que nous vous proposons d’écouter ici est interprétée par l’Ensemble Unicornauquel nous avons déjà dédié plusieurs articles que nous vous invitons à consulter pour plus d’informations.
Tres doux compains, version instrumentale par l’ensemble Unicorn
Les paroles de tres dous compains
Tres dous compains, levés sus! Car ie ne puis dormir plus Et ne fas qu’imaginer Pour quoi pri qu’alons soner Maintenant une estampie Pour devant l’ostel m’amie. Encor vos pri, pour amours, Que aioms tous les compagnons: Nacaris et cournemuses, Leux et grouses fleutes Alons maintenant tout deus Pour querre les trompeeurs Hativement levés Et tous fors dons essemblés En mis etrange contrée Pour faire la matinée Or avant bonne compaignie Sans faire nulle vilainie Biaux compains, primiers dansés Et noz toutz yroms aprés Belement vos asseinblés Or sus trompaours, trompés!
Po po po po po po Alegremant! Po po po po po po Po po po po po po Po po po po po po Dies, Tant douce destinée Ba ba ba A a a A a a a a a A a a a a Les nachares sont venus: Or sus! Ton tititon tititon Ton tititon ton tititon Tititon Tititon (etc…) Or avant, la cournamuse! Ture lure Tarelure Ture lure Ture lure (etc..) Li estruments atemprés Or firés firés frapés! Lirili lirilido Dirili lido lirilido (etc…) Pour vous est la matinée Dame, sachés: si vous agrée Li tens est de retourner Car venu est le jour cler Maintenant sans désener Aloms nous toutz rigoilier.
En vous souhaitant une bonne écoute et une excellente journée !
Fred
Pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. »Publilius Syrus Ier s. av. J.-C
PS : à base de Po po po po! Comme quoi Joey Starr n’a rien inventé. Bon ça va, désolé, on est un peu fin juillet aussi. Les vacances approchent…
Sujet : poésie médiévale, satirique, morale, réaliste, littérature médiévale, ballade, français ancien, Vertus, guerre de cent ans. Période : moyen-âge tardif Auteur : Eustache Deschamps (1346-1406) Titre : «J’aray desor a nom brûlé des champs » Ouvrage : Poésies morales et historiques d’Eustache Deschamps, Georges Adrien Crapelet (1832)
Bonjour à tous,
élèbre ballade d’Eustache Deschamps, la poésie que nous publions aujourd’hui nous conte par la bouche de l’auteur médiéval des ravages de la guerre de cent ans dans la plaine de Champagne. Les batailles ont laissé derrière elles tant de misère et de ruine qu’il faudrait désormais appeler le poète « brûlé Des Champs ».
Nous y apprenons des choses sur les origines du poète et sur sa ville de coeur et de naissance: Vertus, dont il nous conte les douceurs d’avant-guerre. Mal en point financièrement pour avoir dû restaurer son domaine, il en appelle aussi aux soutiens des plus grands, princes et seigneurs, pour l’aider à rétablir sa « maison ».
Ballade du domaine d’Eustache
brûlé par les anglais
Ce titre est celui donné par G.A. Crapelet dans son ouvrage de 1832. Dans son édition des œuvres d’Eustache Deschamps, le Marquis de Queux de Saint-Hilaire donnera quant à lui comme « titre » à cette ballade : « Il ne doit plus s’appeler Eustache, mais Brûlé des Champs ».
Je fu jadiz de terre vertueuse, Nez de Vertus, le paiz renommé Ou il avoit ville tresgracieuse Dont li bon vin sont en maint lieux nommé; Jusques a cy avoit mon nom nommé, Eustace fu appelle dès enfans; Or sui tous ars, s’est mon nom remué: (1) J’aray desor a nom Brûlé des Champs.
Dehors Vertus ay maison gracieuse Ou j’avoye par long temps demouré, Ou pluseurs ont mené vie joyeuse, Maison des champs l’ont pluseurs appelle ; Mais, Dieu merci (2), toute plaine de blé, Ont les Angles le feu bouté dedens ; Deux mille frans m’a leur gerre cousté: J’aray desor a nom Brûlé des Champs.
Las ! ma terre est destruitte et ruyneuse,’ Je suis désert, destruit et désolé; Fuir m’en fault, ma demeure est doubteuse, Se je ne sui d’aucun reconforté; , Ainsi seray de mon lieu rebouté, Comme essilliez, dolereux et meschans,(3) Se mes seigneurs n’ont de mon fait pitié : J’aray desor a nom Brûlé des Champs.
NOTES
(1)« Or sui tous ars, s’est mon nom remué » : il ne me reste plus rien ou je suis à nu et j’ai perdu jusqu’à mon nom. (2) « Dieu merci » : Dieu ait pitié de moi. (3) Comme essilliez, dolereux et meschans : comme exilé, ruiné, triste et malheureux.
Vertus en Champagne, la ville de Eustache Deschamps, gravure du XVIIe par Claude Chastillon
En vous souhaitant une excellente journée.
Fred
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Sujet : musiques médiévales et anciennes, danse médiévale, manuscrit ancien, ballades, madrigaux, estampies. Période : moyen-âge central, XIVe siècle, Titre : La rotta della Manfredina Tirées de : manuscrit add 29987, manuscrit de Londres, British Museum. Interprètes : Micrologus Album : Alla Festa Leggiadra(2005)
Bonjour à tous,
ujourd’hui, nous partageons une nouvelle pièce tirée du Manuscrit Ancien de Londres ou le MS ADD 29987. C’est encore une danse médiévale comme cet ouvrage en contient de nombreuses, connue sous le titre de La rotta della Manfredinaou La Manfredina etdemeurée anonyme à ce jour.
De nombreuses formations musicales de qualité l’ont reprise mais puisqu’il fallait en choisir une pour vous en présenter une première version, nous avons choisi de le faire en compagnie de l’excellent ensemble médiéval italien Micrologus (voir articles précédents).
Alla Festa Leggiadra avec Micrologus
ette pièce est tirée de l’album Alla Festa Leggiadra daté de 2005 et sous-titré : Ballate, madrigali e danze all’epoca di Boccaccio, XIV sec.
C’est donc un album tout entier dédié aux danses, ballades et madrigaux du XIVe siècle contemporains de Giovanni Boccaccio (1313-1375) mieux connu en français sous le nom de Jean Boccace.
On doit à ce célèbre auteur médiéval florentin, entre autres ouvrages le Décaméron eton a fait de lui, avec Dante et Petrarque, l’un des inspirateurs du renouveau de la littérature italienne ainsi que de la renaissance européenne. (ci dessus, portrait de Boccaccio, détail d’une fresque de Andrea del Castagno, 1450, Galleria degli Uffizi, Florence)
Pour plus d’informations sur cet album, toujours disponible à la vente en ligne, cliquez sur le lien suivant : Alla festa leggiadra [Import anglais]
En vous souhaitant une bonne écoute et une très belle journée.
Fred
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