Archives de catégorie : Musiques, Poésies et Chansons médiévales

Vous trouverez ici une large sélection de textes du Moyen âge : poésies, fabliaux, contes, chansons d’auteurs, de trouvères ou de troubadours. Toutes les œuvres médiévales sont fournis avec leurs traductions du vieux français ou d’autres langues anciennes (ou plus modernes) vers le français moderne : Galaïco-portugais, Occitan, Anglais, Espagnol, …

Du point du vue des thématiques, vous trouverez regroupés des Chansons d’Amour courtois, des Chants de Croisade, des Chants plus liturgiques comme les Cantigas de Santa Maria d’Alphonse X de Castille, mais aussi d’autres formes versifiées du moyen-âge qui n’étaient pas forcément destinées à être chantées : Ballades médiévales, Poésies satiriques et morales,… Nous présentons aussi des éléments de biographie sur leurs auteurs quand ils nous sont connus ainsi que des informations sur les sources historiques et manuscrites d’époque.

En prenant un peu le temps d’explorer, vous pourrez croiser quelques beaux textes issus de rares manuscrits anciens que nos recherches nous permettent de débusquer. Il y a actuellement dans cette catégorie prés de 450 articles exclusifs sur des chansons, poésies et musiques médiévales.

« Puis qu’en oubli », un chant polyphonique et un rondeau de Guillaume de Machaut

Guillaume-de-Machaut_trouvere_poete_medieval_moyen-age_passionSujet : musique, poésie médiévale, chanson,  chants polyphoniques, maître de  musique,  rondeau, loyal amour, amour courtois.
Titre : Puis qu’en oubli
Auteur: Guillaume de Machaut (1300-1377)
Période : XIVe siècle, Moyen Âge tardif
Interprétes : Ensemble  Oxford Camerata

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous proposons la découverte d’un chant polyphonique composé par Guillaume de Machaut, et interprété par l’ensemble anglais  Oxford Camerata.

Nous sommes encore  ici dans le registre du loyal  et « fine » amour que Guillaume de Machaut a su si bien mettre en paroles et en musique. Dans ce rondeau, le maître de musique du Moyen Âge central nous conte ses déboires amoureux. Le voici  donc oublié de son amie, lui promettant pourtant de rester fidèle à l’amour dont il a été confisqué.  Le sujet de l’oubli qui l’aborde ici, comme celui de la crainte d’être oublié  dans l’éloignement sont des  thèmes qu’on recroise  à plusieurs  reprises dans ses poésies et chansons. Voici d’ailleurs l’extrait d’une autre ballade sur le même thème :

« Loing de vous souvent souspir,
Douce dame débonnaire,
Pour ce que trop fort désir
A veoir vo dous viaire.
Mais se vers vous ne puis traire
A mon voloir, je vous pri,
Ne me mettes en oubli. »

Malgré ses exhortations et ses appels du poète,  il semble que  ce  que l’on redoute le plus finisse quelquefois par survenir et  c’est le sujet du chant médiéval que nous vous proposons ici.

L’ensemble Oxford Camerata

Fondé en 1984, en Angleterre, par le chef d’orchestre  Jeremy Summerly, l’ensemble Oxford Camerata était à l’origine un groupe de douze choristes.  Au  fil  des concerts et en fonction des projets,  l’ensemble s’est produit dans des formations plus réduites ou même plus grandes  (jusqu’à  vingt choristes), a capela ou accompagné de formation orchestrale.

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Dans les six premières années suivant leur création, la formation  a proposé principalement un répertoire autour de la période médiévale et renaissance mais depuis les années 90  les artistes ont élargi leur champ  à des pièces qui vont  des chants grégoriens  et polyphoniques du Moyen Âge à un  répertoire  plus moderne.  Entre sa  naissance et l’année 2008, l’Oxford Camerata a légué à la postérité près de trente albums et s’est produit activement en concert au niveau européen, jusqu’à l’année 2015.

Puis qu’en oubli :
paroles et adaptation en français moderne

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Puis qu’en oubli sui de vous, dous amis,
Vie amoureuse et joie à Dieu commant.
Mar vi le jour que m’amour en vous mis,
Puis qu’en obli sui de vous, dous amis.
Mais ce tenray que je vous ay promis,
C’est que ja mais n’aray nul autre amant.
Puis qu’en oubli sui de vous, dous amis,
Vie amoureuse et joie à Dieu commant.

Puisque je suis oublié de vous, douce amie
Je remets à Dieu ma vie amoureuse et ma joie
Malheureux* fut le jour où je mis mon amour en vous,
Puisque je suis oublié de vous, douce amie
Mais je tiendrai ce que je vous ai promis
Jamais je n’aurai d’autre amante
Puisque je suis oublié de vous, douce amie
Je remets à Dieu ma vie amoureuse et ma joie

* Malencontreux, Mal à propos, vain.


En vous souhaitant  une excellente journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

La sagesse et la poésie persane médiévale de Mocharrafoddin Saadi

Sujet : citation médiévale, sagesse persane du moyen-âge central

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Un mal d’yeux’ survint à. un pauvre petit homme; il alla trouver un vétérinaire, lui disant : “Donne-moi un remède.” Le vétérinaire lui introduisit dans l’oeil la drogue dont il se servait pour les yeux des quadrupèdes, et notre homme devint aveugle. On porta la contestation devant le juge, lequel dit : “il n’y a pas d’amende à payer par le vétérinaire. Si cet autre n’avait pas été un âne, il ne serait pas allé le trouver. ”
Mocharrafoddin Saadi (1210-1291), poète et conteur persan
 Gulistan, le jardin des roses.

Ghaetta, une estampie du XIVe tirée du manuscrit de Londres

artefactum_musique_danse_et_repertoire_medieval_moyen-age_central_a_tardifSujet : danse, musique médiévale, estampie, Italie, Ghaetta.
Période : Moyen Âge tardif,  XIVe siècle.
Auteur : anonyme
Source : Manuscrit Add 29987, Manuscrit de Londres, British Museum
Titre : Ghaetta
Interprètes : Arte Factum
Album: « Saltos brincos y reverencias »

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn espérant que ce billet vous trouve en joie, nous vous proposons une  danse médiévale pour égayer votre journée.  Tirée du Manuscrit de Londres, cette pièce manuscrit_ancien_musiques_danses_estampie_medievales_add_29987_manuscrit_de_londres_moyen_agenommée Ghaetta est une estampie de l’Italie du XIVe siècle,  dont l’auteur est demeuré   anonyme.

Concernant ce précieux manuscrit ancienréférencé Add 29987, nous vous laissons retrouver plus d’informations en cliquant sur le lien suivant : le Manuscrit de Londres, danses et musiques toscanes  de l’Italie médiévale.

On trouve de nombreuses versions de cette pièce mais, aujourd’hui, nous vous proposons l’interprétation de l’excellente formation espagnole Artefactum dont nous avons déjà parlé, ici, à quelques reprises.

musiques_medievales_authentiques_Artefactum_quatuor_andalous_moyen-age_central_tardif

Tout entier dédié au répertoire de la musique médiévale, ce quatuor d’artistes andalous revisite avec bonheur  les « classiques » du moyen-âge,  en puisant à la source  des manuscrits et des codex anciens.  On leur doit, à ce jour, des albums qui  passent pas les chansons de troubadours des XII, XIIe siècle, et vont jusqu’à Carmina Burana  ou  aux chants de pèlerins du moyen-âge central, en passant par les très célèbres Cantigas Santa Maria, et les danses médiévales et autres estampies qu’ils ont mis à l’honneur dans leur album « Saltos, brincos y reverencias » sorti en 2007 et réédité dans le courant de l’année 2016.

En vous souhaitant une merveilleuse journée et une belle écoute.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Tempus Est Iocundum du Codex Buranus 179 et l’ensemble Oni Wytars

carmina_burana_goliards_poesie_humour_medievale_moyenagepassionSujet : musique   et chanson médiévales,  poésie goliardique, golliards, poésie latine et satirique
Période : XIIe, XIIIe siècle, moyen-âge central
Titre :  Tempus Est iocundum  Carmina Burana
Manuscrit ancien :  Codex Buranus 179
Compositeur : Carl Orff (Karl)
Interprètes :
  Oni Wytars & ensemble Unicorn

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous vous proposons de revenir, aujourd’hui, sur la Cantate Carmina burana de Carl Orff, tirée du manuscrit ancien Codex Buranus 179, connu aussi sous le nom de Chants de Benediktbeuern. Nous en avons déjà parlé, ici, à plusieurs reprises, ce manuscrit ancien du moyen-âge central est devenu célèbre, largement grâce au compositeur allemand qui, au passage, a contribué à « populariser » également ainsi la poésie des Goliards, ces jeunes étudiants ou clercs quelque peu dévoyés qui, au XIIe siècle sillonnait la France pour chanter en latin leurs amours, leurs joies et aussi leur moment de fêtes et  de perdition.

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Enluminure tirée du Codex Buranus 179 (Carmina Burana)

La formation Oni Wytars  en collaboration
avec l’ensemble Unicorn

C_lettrine_moyen_age_passionette fois-ci, la pièce que nous partageons est la chanson « Tempus Est iocundum », interprétée conjointement et de manière très énergique par l’excellent  ensemble Unicorn, originaire d’Autriche et  les membres de la formation  Oni Wytars.

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Formé en 1983 en Allemagne, par le compositeur, musicien et vielliste Marco Ambrosini,  l’ensemble Oni Wytars se dédie à un  répertoire qui va du monde médiéval à celui de la renaissance, en élargissant son champ d’investigation musical et instrumental au berceau méditerranéen et à  des pièces en provenance du monde byzantin  ou de l’Est de l’Europe.  La qualité des artistes qui le composent les ont  amenés à participer à des concerts ou productions en collaboration avec d’autres formations, et ils font eux-même appel, à l’occasion, à d’autres musiciens ou formations comme ici dans cette interprétation de Carmina Burana avec l’ensemble  Unicorn.

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Pour faire partager sa passion, Oni Wytars  organise encore des marco_ambrosinie_vielliste_compositeur_musique_anciennes_medievales_renaissance_oni_wytarsstages de formations  à la musique ancienne. Les quelques 15 albums qu’ils ont produit à ce jour se trouvent à la vente sur leur site web (hélas pour le moment seulement disponible en allemand et japonais) mais on en trouve également quelques uns sur Amazon ou sur le site de la FNAC. Quand au fondateur du groupe, Marco Ambrosini (portrait ci-contre) sa renommée n’est plus à faire et il compte une participation sous formes diverses dans plus de 110 albums,  autour des musiques anciennes, et ce au niveau international.

Les paroles de Tempus est  iocundum
et leur traduction adaptation en français

Tempus est iocundum,
o virgines,
modo congaudete
vos iuvenes.

Le temps est joyeux,
O vierges,
Réjouissez-vous avec
Vos jeunes hommes.

Oh – oh, totus floreo,
iam amore virginali
totus ardeo,
novus, novus amor est,
quo pereo.

Oh, oh, oh !
Je fleuris entièrement !
De mon tout premier amour
Je brûle ardemment !
Un nouvel, nouvel amour
Est ce dont je meure.

Mea me comfortat
promissio,
mea me deportat
negatio.

Je suis réconfortée
Par ma promesse,
Je suis abattue par mon refus

Oh – oh, totus floreo,
iam amore virginali
totus ardeo,
novus, novus amor est,
quo pereo.

Oh, oh, oh !
Je fleuris entièrement !
De mon tout premier amour
Je brûle ardemment !
Un nouvel, nouvel amour
Est ce dont je meure.

Tempore brumali
vir patiens,
animo vernali
lasciviens.

Au solstice d’hiver
L’homme patient,
Par l’esprit printanier
Devient folâtre.

Oh – oh, totus floreo,
iam amore virginali
totus ardeo,
novus, novus amor est,
quo pereo.

Oh, oh, oh !
Je fleuris entièrement !
De mon tout premier amour
Je brûle ardemment !
Un nouvel, nouvel amour
Est ce dont je meure.

Mea mecum ludit
virginitas,
mea me detrudit
simplicitas.

Ma virginité
Me rend folâtre,
Ma simplicité
Me retient.

Oh – oh, totus floreo,
iam amore virginali
totus ardeo,
novus, novus amor est,
quo pereo.

Oh, oh, oh !
Je fleuris entièrement !
De mon tout premier amour
Je brûle ardemment !
Un nouvel, nouvel amour
Est ce dont je meure.

Veni, domicella,
cum gaudio;
veni, veni, pulchra,
iam pereo.

Viens, ma maîtresse,
Avec joie,
Viens, viens, ma toute belle,
Déjà je me meure !

Oh – oh, totus floreo,
iam amore virginali
totus ardeo,
novus, novus amor est,
quo pereo.

Oh, oh, oh !
Je fleuris entièrement !
De mon tout premier amour
Je brûle ardemment !
Un nouvel, nouvel amour
Est ce dont je meure.

Oh, oh, oh, une belle journée  à tous!

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes