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Cantiga de Santa Maria 26 : le miracle du pèlerin trompé par le diable, sur la route de Compostelle

La Cantiga de Santa Maria 26 par Evo & Almodí

cantiga-santa-maria_26_musique-ancienne_chansons-medievales_moyen-age_Alphonse_XUn pèlerin avait l’habitude de se rendre, chaque année, à Saint-Jacques de Compostelle, mais une de ces nombreuses fois, avant de se mettre en chemin, il s’acoquina avec une femme de petite moralité et passa la nuit avec elle. Facteur aggravant, nous conte le poète, l’homme n’était pas marié avec elle, et pire encore, il ne se lava pas de son péché, en le confessant, avant de prendre la route de Compostelle. C’est ainsi que le diable, attiré par l’odeur du coupable péché, lui apparût en chemin. « Blanc comme une hermine« , le Malin, qui avait pris l’apparence de Saint-Jacques de Compostelle, prétendit vouloir sauver le pécheur et lui demanda pour cela de s’amputer du membre par lequel il avait fauté, avant de se trancher le cou.

Désireux d’échapper aux affres de l’Enfer, le dévot pèlerin suivit scrupuleusement les perfides consignes et, après s’être émasculé, il mit fin à ses jours, en s’ouvrant la gorge. De crainte d’être accusés de l’avoir occis, ceux qui l’accompagnaient pelerinage_saint-jacques-de-compostelle_cantiga-santa-maria_26_musique_chansons-medievales_moyen-age_Alphonse_Xs’enfuirent et les démons vinrent bientôt chercher l’âme de l’infortuné pour la porter avec eux, aux enfers. L’affaire ne fut pourtant pas si simple car, comme leur cortège passait devant une belle chapelle dédiée à Saint-Pierre, Saint-Jacques en personne, en sortit pour s’interposer. Le pèlerin avait été trompé en son nom et l’âme égarée ne pouvait être conduite aux enfers ; c’est la ruse du Diable, autant que la grande foi de l’homme en la parole usurpée du Saint, qui l’avaient, en effet, conduit au suicide et non sa propre volonté. Les démons, de leur côté, argumentèrent que, comme le pécheur s’était donné la mort de ses propres mains, il devait être conduit, sans délai, devant l’ange déchu.

Voyant que le débat demeurait sans issue, Saint-Jacques fit appel au jugement de la Sainte-Mère, dont même les démons ne pourraient que convenir de l’impartialité. Dans sa grande mansuétude, la vierge ne donna pas cause à ces derniers et l’âme du pèlerin que la perfidie du Malin avait poussé à l’irréparable, fut retournée dans son corps, afin qu’il puisse culte_marial_miracle_pelerinage_compostelle_cantiga-santa-maria_26_musique_chansons_moyen-agevivre :  « Non é gran cousa se sabe bon joyzo dar a Madre do que o mundo tod’ á de joigar.« . Ce n’est pas très étonnant qu’elle sache bien juger, la Mère de celui qui, dans le monde entier, est juge de toute chose. 

Suite à cela, l’homme put faire pénitence et servit Dieu, le reste de sa vie. L’appendice par lequel il avait péché ne lui fut, toutefois, pas restitué.


NB : concernant la traduction, merci de prendre en compte qu’elle n’a la prétention que d’être indicative.  Comme ce n’est pour l’instant qu’un premier jet, elle comporte encore certaines imperfections. 

Esta é como Santa María juïgou a alma do Roméu que ía a Santïago, que se matou na carreira por engano do dïabo, que tornass’ ao córpo e fezésse pẽedença.

Celle-ci raconte comment Marie a jugé l’âme d’un pèlerin qui allant à Santiago de Compostelle, s’était tué en chemin après avoir été trompé le diable, de sorte qu’elle la fit retourner dans son corps pour qu’il fasse pénitence.

Mui gran razôn é que sábia dereito
quen Déus troux’ en séu córp’ e de séu peito
mamentou, e del despeito
nunca foi fillar;
porên de sen me sospeito
que a quis avondar.

Non é gran cousa se sabe | bon joyzo dar
a Madre do que o mundo | tod’ á de joigar.

Il est très juste que celle qui fit croître Dieu dans son corps, le nourrit de son sein, et ne l’a jamais mécontenté, soit capable de juger justement, car j’ai confiance qu’il l’a doté en abondance (de grands dons).

Ce n’est pas chose étonnante qu’elle sache bien juger
la Mère de celui qui, dans le monde entier, est juge de toute chose. 

Sobr’ esto, se m’ oissedes, diria
dun joyzo que deu Santa Maria
por un que cad’ ano ya,
com’ oý contar,
a San Jam’ en romaria,
porque se foi matar.
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar…

A ce propos, si vous m’écoutez, je vous parlerai d’un jugement que fit Sainte Marie pour un qui chaque année, allait, comme je l’entendis conter, en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle où il se  donna la mort.
Refrain ….

Este romeu con bõa voontade
ya a Santiago de verdade;
pero desto fez maldade
que ant’ albergar
foi con moller sen bondade,
sen con ela casar.
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar…

Ce pèlerin de bonne volonté se rendait vraiment à Santiago mais, il se comporta mal, car avant de prendre la route, il coucha avec une femme de peu de moralité, sans être marié avec elle.
Refrain ….

Pois esto fez, meteu-s’ ao caminno,
e non se mãefestou o mesquinno;
e o démo mui festinno
se lle foi mostrar
mais branco que un arminno,
polo tóst’ enganar.

Cela fait, il se mit en chemin sans confesser son péché, le mesquin, et le démon  très rusé se manifesta à lui, plus blanc qu’une hermine, pour le tromper totalement.
Refrain ….

Semellança fillou de Santïago
e disse: “Macar m’ éu de ti despago,
a salvaçôn éu cha trago
do que fust’ errar,
por que non cáias no lago
d’ iférno, sen dultar.
Non é gran cousa se sabe | bon joízo dar…

Sous l’apparence de Saint-Jacques , il lui dit « Même si je devrais te donner le bâton, je vais t’apporter le salut car tu t’es égaré, pour que tu ne tombes pas dans le lac de l’enfer,  qui t’attend sinon. »
Refrain ….

Mas ante farás esto que te digo,
se sabor ás de seer méu amigo:
talla o que trages tigo
que te foi deitar
en poder do ẽemigo,
e vai-te degolar.”
Non é gran cousa se sabe | bon joízo dar…

Mais avant cela tu feras ce que je te dis, si tu as le désir d’être mon ami
coupe la partie de toi qui t’as fait tomber au pouvoir de l’ennemi et ensuite, tranche toi la gorge.
Refrain ….

O romeu, que ssen dovida cuidava
que Santiag’ aquelo lle mandava,
quanto lle mandou tallava;
poi-lo foi tallar,
log’ enton se degolava,
cuidando ben obrar.
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar…

Le pèlerin, qui était persuadé que Santiago était celui qui lui avait  commandé de tout couper, trancha tout  et ensuite il s’ouvrit la gorge, en croyant bien faire.
Refrain ….

Séus companneiros, poi-lo mórt’ acharon,
por non lles apõer que o mataron,
foron-s’; e lógo chegaron
a alma tomar
démões, que a levaron
mui tóste sen tardar.
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar…

Ses compagnons, par la suite, trouvèrent le mort et de peur qu’on les accuse de l’avoir tué, s‘enfuirent; et après cela, les démons arrivèrent pour prendre l’âme et l’emportèrent sans tarder.
Refrain ….

E u passavan ant’ ha capela
de San Pedro, muit’ aposta e bela,
San James de Conpostela
dela foi travar,
dizend’: «Ai, falss’ alcavela,
non podedes levar
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar…

Et ainsi ils passèrent devant une chapelle de Saint Pierre, très belle et bien entretenue.  Et Saint-Jacques de Compostelle est venu vers eux, en disant:  » Ohé, faux trafiquants !, vous ne pouvez emporter
Refrain ….

A alma do méu roméu que fillastes,
ca por razôn de mi o enganastes;
gran traïçôn i penssastes,
e, se Déus m’ampar,
pois falssament’ a gãastes,
non vos póde durar.”
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar…

L’âme de mon pèlerin que vous avez prise de force et qu’en vous servant de moi, vous avez trompé. Grande trahison vous fîtes là et si Dieu me protège, vous ne pouvez persister dans cette erreur, à votre guise,
Refrain ….

Responderon os demões louçãos:
«Cuja est’ alma foi fez feitos vãos,
por que somos ben certãos
que non dev’ entrar
ante Deus, pois con sas mãos
se foi desperentar.»
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar…

Les démons répondirent : « Ceci est une âme dévoyée (rendue vide), car nous sommes bien certains qu’elle ne doit pas se présenter face à Dieu, puisque qu’elle s’est donnée la mort de ses propres mains ».
Refrain ….

Santiago diss’: «Atanto façamos:
pois nos e vos est’ assi rezõamos,
ao joyzo vaamos
da que non á par,
e o que julgar façamos
logo sen alongar.»
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar…

Santiago dit : « Regardons les choses en face, puisque vous et moi ne pouvons nous accorder, faisons appel au jugement de celle qui est impartiale afin de nous fier ensuite à son jugement, sans plus tergiverser.
Refrain ….

Log’ ante Santa Maria veron
e rezõaron quanto mais poderon.
Dela tal joiz’ ouveron:
que fosse tornar
a alma onde a trouxeron,
por se depois salvar.
Non é gran cousa se sabe | bon joizo dar..

Puis ils vinrent face à Sainte-Marie et argumentèrent autant qu’ils purent
Et celle-ci rendit tel jugement que l’âme  fut renvoyée  d’où elle venait pour qu’elle puisse ensuite, être sauvée.
Refrain ….

Este joízo lógo foi comprido,
e o roméu mórto foi resorgido,
de que foi pois Déus servido;
mas nunca cobrar
pod’ o de que foi falido,
con que fora pecar.

Ce jugement fut bientôt exécuté et le pèlerin mort fut ressuscité
après quoi il servit Dieu le reste de sa vie ;  Mais sans jamais retrouver ce par quoi il avait failli et avec quoi il avait péché.
Refrain ….


Retrouvez l’index de toutes les Cantigas de Santa Maria traduites et commentées, et présentées par les plus grands ensembles de musique médiévale ici,

Une très belle journée à tous.
Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

Concert-événement : l’ensemble médiéval Vox in Rama, sur les traces de Saint-Antoine l’égyptien

ordre_des_antonins_freres-hospitaliers_moyen-age_central_mal-des-ardents_mystique-chretienneSujet : musique médiévale, mystique chrétienne, Saint-Antoine l’égyptien,  
Période : 
moyen-âge central à tardif
Auteurs : Guillaume Dufay
(et divers)
Ensemble : Vox in Rama
Concert : Chants de dévotion à Saint-Antoine
,  église Saint-Antoine des Quinze-Vingts,
57 Rue TraversièreParis 12e.
Date : le Samedi 6 avril 2019 à 20h30

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionprès avoir fait vibrer son public, au son de la musique, des visions et de la médecine de la mystique rhénane Hildegarde de Bingen, l’Ensemble Vox-in-Rama et son directeur artistique Frédéric Rantières ont décidé, cette année, de nous entraîner sur les traces de Saint-Antoine l’égyptien et des musiques et chants donnés en son honneur,  du moyen-âge tardif aux siècles suivants.

Fruit d’un long travail de recherche et de restitution, auquel le bel ensemble médiéval nous a désormais habitué, le programme proposera des extraits de la messe composée par Guillaume Dufay en l’honneur du Saint, enrichis de chants tel qu’on pouvait les entendre durant ce même XVe sièclechants-chretiens-medievaux_saint-antoine_vox-in-rama_moyen-age_central_s, à l’occasion des fêtes de Saint-Antoine. Dans l’esprit du spectacle vivant et pour favoriser une immersion complète, ce concert, unique en son genre, mêlera encore, aux voix et à la musique, la présentation d’iconographies et de textes anciens autour du Saint et de sa vie.

A noter que ce programme se présente comme l’avant-première d’un album qui sera enregistré, en octobre prochain, à l’église abbatiale de Saint-Antoine l’Abbaye. Effectuée en partenariat avec l’Association des Amis des Antonins, l’opération a même donné lieu à un appel à souscription, limité dans le temps, qui propose, dores et déjà, sous forme de pré-commande, l’acquisition du CD à tarif préférentiel, :  pour plus d’informations à ce sujet, cliquez ici

Saint-Antoine l’Egyptien, père du monachisme et de l’érémitisme chrétien

Grand mystique des premiers siècles de l’ère chrétienne, Saint-Antoine est considéré comme le père fondateur du monachisme et de l’érémitisme chrétien.

Né en Egypte, autour de l’an 251, il serait mort plus d’un siècle plus tard, en 356, à l’âge vénérable de 105 ans. Bien qu’issu d’une famille plutôt aisée, celui que l’on connait encore sous le nom d’Antoine le Grand ou Antoine l’Ermite, fait partie de ces saints qui ont fait le vœu de suivre le chemin christique, à la lettre. L’histoire conte, en effet, qu’à peine âgé de 20 ans, après avoir entendu lire des passages de l’évangile, il fit saint-antoine-egyptien_ordre-des-antonins_musique-medievale_mystique-chretienne_Moyen-agedon de toutes ses possessions aux déshérités, avant de faire le choix de se retirer dans l’érémitisme. Suite à cela, il consacra, de longues années de sa vie à une quête mystique de la vérité chrétienne,  dans la solitude et dans l »ascèse.

Tenté maintes fois par le diable dans ses retraites, assailli par d’incessantes visions démoniaques, son hagiographie est pavé d’exemplarité et de récits de résistance contre les assauts du Malin. A travers toutes ses luttes, le Saint s’y révèle comme un véritable soldat du Christ et on le trouvera encore auteur de nombreux miracles. Ses combats ne se limitèrent pas au domaine spirituel puisque, en 311, âgé de 60 ans, il se rendit à Alexandrie pour assister les chrétiens oppressés par la 10e persécution de Maximin.

En lisant le récit de sa vie, on apprend encore que, durant ses longues années d’isolement volontaire. s’il répondait aux visiteurs ou quêteurs qui venaient le questionner, quand ceux-ci se faisaient trop pressants ou que l’exigence de son chemin intérieur lui commandait, il n’hésitait pas à reprendre la route pour s’enfoncer plus loin dans le désert, et y retrouver le calme et la solitude qui lui étaient chers. Du reste, il le fit même après s’être entouré de disciples et avoir crée de nombreux monastères et on ne se surprend pas qu’il est hérité, entre autres titres, de celui de père et protecteur des Ermites.

C’est le récit de la vie de Saint-Antoine par Saint Athanase (296-373), lui même contemporain du religieux, qui contribua à faire connaître ce grand mystique et à le rendre populaire dans tout l’orient et l’occident chrétiens des premiers siècles, bien avant le moyen-âge central.

L’ordre médiéval des Antonins
contre le mal des ardents

V_lettrine_moyen_age_passion-copiaers la fin du XIe siècle, en 1070, Guigues Disdier et Jocelin de Châteauneuf, deux nobles dauphinois de retour de Constantinople,  firent porter en leur petit village de la Motte-aux-bois, dans le département de l’Isère actuel, les reliques de Saint-Antoine. On contait alors qu’elles avaient le pouvoir de guérir notamment l’ergotisme, connu sous le nom de « Mal des ardents », « feu sacré » ou même « feu de l’enfer ».  Ce terrible fléau, dû à un parasite, l’ergot de seigle, sévit un nombre incomptable de fois,  durant le moyen-âge, en empoisonnant cette céréale dont on usait, à grand renfort, pour faire le pain. De ses formes convulsives ou hallucinatoires à ses formes bien plus virulentes et gangreneuses, les symptômes de ce mal demeuraient aussi douloureux que terrifiants et on devait aller, dans les cas les plus critiques, jusqu’à l’amputation, quand il n’emportait pas simplement ses victimes.

De la communauté charitable à l’ordre religieux

Dans les vingt ans qui suivirent l’arrivée des reliques du Saint, le village dauphinois se changea en terre de pèlerinage et vit affluer nombre de ceux que le mal des ardents mettait à la torture. L’endroit avait été rebaptisé Saint-Antoine-en-Viennois et allait devenir Saint-Antoine l’Abbaye. Un prieuré y fut fondé par les bénédictins pour protéger les reliques et pour faire les offices et la guérison miraculeuse d’un noble du nom de Guérin de Valloire,  en 1089, entraîna bientôt la création par ce dernier d’un communauté charitable et d’un établissement d’accueil et de soins aux malades.

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Ci contre La tentation de Saint-Antoine,  Matthias Grunewald (fin XVe, début XVIe), Musée d’Unterlinden de Colmar.  détail. en bas à gauche malade frappé du feu de Saint-Antoine)

A plus d’un siècle de là, en 1218, la communauté fut reconnue comme monastique par l’Eglise romaine et, 80 ans plus tard, au Concile de Clermont, elle devint l’Ordre hospitalier des chanoines réguliers de St Antoine de Viennois ; l‘Ordre des Antonins était né. Ce même XIIIe siècle vit  émerger quelques conflits entre l’ordre naissant qui ne cessait d’accueillir de nouveaux frères et les bénédictins, en charge des reliques, et c’est le pape lui-même qui mit fin aux tensions, en se rangeant au parti des frères dévots à Saint-Antoine.

Du dauphinois aux confins de l’Europe médiévale

De fait, les années qui suivirent marquèrent une période de développement, sans précédent, de l’ordre des Antonins. Il finira par s’étendre, bien au delà des frontières dauphinoises, pour être reconnu jusqu’aux confins de l’Europe médiévale. Dans la première moitié du XIVe siècle, plusieurs centaines d’établissements de soins avaient ainsi essaimé sur les routes des pèlerinages de Compostelle à la Terre Sainte et partout où le mal des Ardents sévissait, les frères antonins semblaient être présents pour lui barrer la route. L’ordre monastique qui pratiquait même ma chirurgie et l’amputation quand la gangrène l’imposait, donna même le jour à quelques médecins de grand renom.

Déclin et disparition

A partir du XVe siècle pourtant, le recul du mal des ardents, autant que l’émergence d’autres ordres hospitaliers signèrent le début du déclin de l’ordre. A titre indicatif en 1478, on dénombrait encore 220 commanderies, prieurés et hôpitaux, dans toute l’Europe. A la découverte au XVIe siècle du parasite fauteur de troubles, les frères de Saint-Antoine continuèrent de soigner, mais sans pour autant parvenir à freiner la marche vers leur inéluctable disparition. Cette dernière perdurera tout au long du XVIIe pour voir finalement l’ordre des Antonins s’éteindre, en 1776, date à laquelle il sera rattaché à celui des Chevaliers de Malte. Si on ne le retrouve plus sur les terres d’occident après cette date, il est encore présent de nos jours, dans quelques zones du Moyen-orient.

saint-antoine-le=-grand_musique-medievale_plain-chant_moyen-agePour revenir à cette belle incursion que nous propose Vox-in-Rama au carrefour de la musicologie, des chants sacrés et du monachisme médiéval, en célébration de Saint-Antoine et de son ordre occidental,  le concert sera donné le Samedi 6 avril 2019 à 20h30, en l’église Saint-Antoine des Quinze-Vingts, dans  le 12e arrondissement de Paris. Les réservations sont déjà ouvertes et conseillées : plus d’informations ici.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes


Sources Complémentaires

La vie de Saint-Antoine par Saint Athanase, traduction de Charles de Rémondange, 1874, sur Gallica.fr

Vie de Saint Antoine le grand patriarche des Cénobites,
par l’Abbé Verger,1890, sur Gallica.fr

Notice historique sur la vie de Saint-Antoine l’égyptien,
Commune de Saint-Antoine le Château

Danse médiévale : « Parlamento » un estampie du MS 29987 avec l’ensemble Artefactum

artefactum_musique_danse_et_repertoire_medieval_moyen-age_central_a_tardifSujet : danse, musique médiévale, estampie, Italie, manuscrit ancien
Période : moyen-âge tardif, XIVe siècle.
Auteur : anonyme
TitreParlamento
Source : Add 29987, Manuscrit de Londres
Interprètes : Arte Factum
Album : Saltos brincos y reverencias 

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous partageons une nouvelle danse médiévale issue du Manuscrit de Londres ou MS Add 29987. Avec un peu moins de 120 pièces notées, cet ouvrage du moyen-âge tardif, frappé des armoiries des Médicis et longtemps resté sous leur garde, demeure un témoin précieux des musiques de l’Italie médiévale, de la dernière partie du XIVe siècle au XVe naissant. Parvenu à Londres à la toute fin du XIXe, l’ouvrage est actuellement conservé à la British Library (consultation en ligne ici).

La composition du jour est une estampie dont l’auteur reste, à ce jour, inconnu. Son interprétation est celle de l’ensemble médiéval andalous Artefactum dont nous avons déjà abondamment parlé ici.

Parlamento, du MS Add 29987, par l’ensemble Artefactum

Joyeux Anniversaire Artefactum

MS-Add-29987_Manuscri-de-londres_musiques-medievales_Italie-XIVe-siecle_moyen-ageNotons que la formation Artefactum fête, cette année, ses 25 ans de carrière et de scène, aussi nous en profitons pour lui souhaiter ici un très joyeux anniversaire. Rejoignez-la sur Facebook pour suivre son actualité et notamment les concerts ou récitals spéciaux qu’elle ne manquera pas de donner à cette occasion.

Concernant la pièce présentée ici, on peut la retrouver sur leur chaîne Youtube officielle, ainsi que, dans leur excellent album daté de 2008 et ayant pour titre Saltos, Brincos y Reverencias,

Pour découvrir plus d’estampies médiévales, suivez ce lien.

Une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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« Chevalier, Mult estes guariz », un chant de croisade du XIIe siècle

Sujet : chanson médiévale,  musique médiévale,  chant de Croisade, 2e croisade, vieux français. rotruenge, Louis VII, chevaliers
Période : moyen-âge central, XIIe siècle
Auteur : anonyme
Titre :  « Chevalier, mult estes guariz»
Interprète : Early Music Consort of London
Album :
  Music of the Crusades (1971)

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous partons aujourd’hui, à la découverte d’une nouvelle chanson de croisades du moyen-âge central. Demeurée anonyme, elle compte parmi les plus anciennes qui nous soit parvenue. Sur les traces de Joseph Bédier et son ouvrage conjoint avec Pierre Aubry  ( Les chansons de croisade, 1909), sans toutefois le suivre totalement, nous vous en proposerons une traduction en français moderne et vous dirons aussi un mot des sources dans lesquelles la trouver et du contexte historique qui la vit naître.

Pour le reste, cette poésie très chrétienne et guerrière du XIIe siècle a été interprétée par un grand nombre de formations médiévales et nous avons choisi ici la version qu’en proposait le Early Music Consort of London en 1971, dans un album tout entier dédié aux musiques du temps de croisades.

La prise d’Edesse et l’appel à la 2e Croisade

Vers le milieu du XIIe siècle, et plus exactement en 1144, la forteresse d’Edesse (Rohais, l’actuelle cité de Şanlıurfa ou Urfa dans le sud de la Turquie) tombaient aux mains d’Imad ed-Din Zengi,  atabeg de Mossoul et d’Alep. Connu encore comme Zengui, l’homme fut aussi surnommé « le sanglant » par les chroniqueurs chrétiens d’alors (tout un programme). Très avancé sur les terres islamiques, le comté d’Edesse qui compte parmi les premiers états latin d’Orient était alors sous la régence de la reine Mélisende de Jérusalem. Son héritier Baudouin III n’a, en effet que 13 ans et est encore trop jeune pour gouverner.

partition_chanson_croisade_chevalier-mult-estes-guariz_XIIe-siecle_Moyen-age-sLe siège fut de courte durée et la cité céda en moins d’un mois : de la fin novembre 1144 à la fin décembre de la même année. Informé de sa chute de la main même de la régente, le souverain pontife Eugène III appellera bientôt à une seconde croisade en terre sainte, par l’intermédiaire de la bulle Quantum praedecessores. Alors âgé de 25 ans, Louis VII ne tarda pas à y répondre, mais, autour de lui, les seigneurs chrétiens d’Occident se montrèrent plutôt tièdes. Il faudra toute la ferveur, les prédications et les promesses de rédemption d’un Bernard de Clairvaux pour que le mouvement prenne véritablement de l’ampleur. Près de deux ans après l’appel, ce seront ainsi près de 35000 hommes d’armes qui répondront présents. En suivant les conclusions de Joseph Bédier et sans trop prendre de risques, la chanson du jour a nécessairement été écrite entre l’annonce par Louis VII de son intention de se croiser, le 25 décembre 1145 à l’assemblée de Bourges et son départ effectif pour la croisade, le 12 juin 1147.

chevalier-mult-estes-guariz_chant-de-croisade-medieval_chanson_moyen-age_XIIe-siecle-s

Sources historiques

Du point de vue des sources, on ne trouve cette chanson et sa notation musicale (sommaire) que dans un seul manuscrit datant de la deuxième moitié du XIIe siècle : le Codex Amplonianus 8° 32,  également référencé RS 1548a, conservé à Erfurt en Allemagne (Foreschungsbibilothek), Au vue de la langue usitée pour la retranscription de cette poésie, la copie est à l’évidence l’oeuvre d’un anglo-normand.

Pour le moment, il semble que ce manuscrit médiéval ne soit toujours pas disponible à la consultation en ligne. On ne peut donc qu’espérer qu’il le soit bientôt pour découvrir cette pièce dans son écrin d’époque. Dans l’attente et pour vous en faire une idée, nous reproduisons ci-dessus la version d’assez piètre résolution qu’on pouvait trouver dans un autre ouvrage de Pierre Aubry datant de 1905 : Les plus anciens monuments de la chanson française.  

« Chevalier, moult estes guariz » par le Early Music Consort of London

Musique des croisades, par David Munrow et le Early Music Consort de Londres

Comme nous avons déjà dédié un long article à cet excellent ensemble médiéval et même à cet album, nous vous invitons à vous y reporter pour plus d’informations : voir musique du temps des croisades par le Early Music Consort de London.


« Chevalier, Mult estes guariz »
en vieux-français & sa traduction moderne

I
Chevalier, mult estes guariz,
Quant Deu a vus fait sa clamur
Des Turs e des Amoraviz,
Ki li unt fait tels deshenors.
Cher a tort unt ses fîeuz saiziz ;
Bien en devums aveir dolur,
Cher la fud Deu primes servi
E reconnu pur segnuur.
Ki ore irat od Loovis
Ja mar d’enfern avrat pouur,
Char s’aime en iert en pareïs
Od les angles nostre Segnor.

Chevaliers, vous êtes sous très bonne protection,
Quand c’est vers vous que Dieu s’est plaint
Des turques et des Amoravides,
Qui lui ont fait une si grand honte
En saisissant à tort ses fiefs.
Il est juste que nous en souffrions
Car c’est là que Dieu fut d’abord servi
Et reconnu pour seigneur.
Celui qui désormais ira avec Louis
Ne redoutera plus jamais l’enfer
Car son âme sera (mise) en Paradis
Avec les anges de notre seigneur.

II
Pris est Rohais, ben le savez,
Dunt crestiens sunt esmaiez,
Les mustiers ars e désertez :
Deus ni est mais sacrifiez.
Chivalers, cher vus purpensez,
Vus ki d’armes estes preisez ;
A celui voz cors présentez
Ki pur vus fut en cruiz drecez.
Ki ore irat od Loovis
Ja mar d’enfern avrat pouur,
Char s’aime en iert en pareïs
Od les angles nostre Segnor.

Rohais est pris, bien le savez,
Dont les chrétiens sont en émoi
Les monastères  brûlent et sont désertés,
Dieu n’y est plus célébré* (sacrificare : célébrer une messe)
Chevaliers, songez-y bien,
Vous qui êtes prisés pour vos faits d’armes,
Offrez vos corps à celui
Qui pour vous fut dressé en croix.
Celui qui désormais ira avec Louis
Ne redoutera plus jamais l’enfer
Car son âme sera (mise) en Paradis
Avec les anges de notre seigneur.

III.
Pernez essample a Lodevis,
Ki plus ad que vus nen avez :
Riches est e poesteïz,
Sur tuz altres reis curunez :
Déguerpit ad e vair e gris,
Chastels e viles e citez :
Il est turnez a icelui
Ki pur nus fut en croiz penez.
Ki ore irat od Loovis
Ja mar d’enfern avrat pouur,
Char s’aime en iert en pareïs
Od les angles nostre Segnor.

Prenez exemple sur Louis,
Qui possède bien plus que vous,
Il est riche et puissant,
Sur tout autre roi couronné :
Il a abandonné et vair et gris* (fourrures)
Châteaux et villes et cités,
Et il est revenu vers celui
Qui pour nous fut torturé en croix.
Celui  qui désormais ira avec Louis
Ne redoutera plus jamais l’enfer
Car son âme sera (mise) en Paradis
Avec les anges de notre seigneur.

IV.
Deus livrât sun cors a Judeus
Pur mètre nus fors de prisun ;
Plaies li firent en cinc lieus,
Que mort suffrit e passiun.
Or vus mande que Chaneleus
E la gent Sanguin le felun
Mult li unt fait des vilains jeus :
Or lur rendez lur guerredun !
Ki ore irat od Loovis
Ja mar d’enfern avrat pouur,
Char s’aime en iert en pareïs
Od les angles nostre Segnor.

Dieu livra son corps à ceux de Judée
Pour nous mettre hors de sa prison
Ils lui firent des plaies en cinq endroits,
Tant qu’il souffrit mort et passion.
Maintenant, il vous commande que les païens 
Et les gens de Sanguin le félon
Qui lui ont fait tant de vilainies (mauvais tours):
En soient récompensés en retour.
Celui qui désormais ira avec Louis
Ne redoutera plus jamais l’enfer
Car son âme sera (mise) en Paradis
Avec les anges de notre seigneur.

V.
Deus ad un turnei enpris
Entre Enfern e Pareïs,
Si mande trestuz ses amis
Ki lui volent guarantir
Qu’il ne li seient failliz….
Ki ore irat od Loovis.
Ja mar d’enfern avrat pouur,
Char s’aime en iert en pareïs
Od les angles nostre Segnor.

Dieu a engagé un tournoi
Entre Enfer et Paradis,
Et, oui, il mande tout ses amis,
Qui veulent le défendre;
Qu’ils ne lui fassent pas défaut.
Celui qui désormais ira avec Louis
Ne redoutera plus jamais l’enfer
Car son âme sera (mise) en Paradis
Avec les anges de notre seigneur.

VI.
Char le fiz Deu al Creatur
Ad Rohais estre ad un jorn mis :
La serunt salf li pecceùr
…………………………………
Ki bien ferrunt e pur s’amur
Irunt en cel besoin servir
…………………………………
Pur la vengance Deu furnir.
Ki ore irat od Loovis
Ja mar d’enfern avrat pouur,
Car s’aime en iert en pareïs
Od les angles nostre Segnor.

Car le fils de Dieu le créateur
A fixé le jour pour être à Rohais
Là seront sauvés les pêcheurs.
…………………………………………….
Qui, pour l’amour de lui, frapperont bien
et iront le servir en ce besoin
…………………………………
Pour accomplir la vengeance de Dieu
Celui qui désormais ira avec Louis
Ne redoutera plus jamais l’enfer
Car son âme sera (mise) en Paradis
Avec les anges de notre seigneur.

VII.
Alum conquere Moïses,
Ki gist el munt de Sinaï ;
A Saragins nel laisum mais,
Ne la verge dunt il partid
La Roge mer tut ad un fais,
Quant le grant pople le seguit ;
E Pharaon revint après :
Il e li suon furent périt.
Ki ore irat od Loovis
Ja mar d’enfern avrat pouur,
Char s’aime en iert en parais
Od les angles nostre Segnor.

Allons conquérir Moïse,
Qui gît au Mont Sinaï
Ne le laissons plus aux Sarrasins,
Ni la verge qu’il utilisa pour séparer
La mer rouge d’un seul coup
Quand le grand peuple le suivit ;
Et Pharaon qui le poursuivait
vit périr lui et les siens.
Celui qui désormais ira avec Louis
Ne redoutera plus jamais l’enfer
Car son âme sera (mise) en Paradis
Avec les anges de notre seigneur.


En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen-âge sous toutes ses formes.

« Ai flores do verde pino », une belle cantiga de amigo par un roi-troubadour

roi_troubadour_poete_denis_1er_portugal_poesie_chansons_medievales_moyen-age_centralSujet :  troubadour, lyrique courtoise, galaïco-portugais, poésie, chansons médiévales, cantigas de Amigo, galicien-portugais, musique médiévale
Période : Moyen-âge central, XIIIe, début XIVe
Titre : Ai flores, ai flores do verde pino
Auteur : Denis 1er du portugal (1261-1325)
Interprètes : La Batalla et  Pedro Caldeira Cabral
(cantigas de amigo, 1984)

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionprès avoir fourni quelques éléments sur le Roi Denis 1er du Portugal, sa biographie et son oeuvre poétique, nous vous présentons aujourd’hui l’une de ses chansons. Cette Cantiga de amigo est pour ainsi dire un classique et c’est aussi d’ailleurs, une des compositions les plus célèbres du roi troubadour.

Du point de vue thématique, elle se situe tout à fait dans la veine des « Chansons pour l’ami » typiques de la littérature galaïco-portugaise médiévale. Le poète y met en scène une belle qui se tient dans la longue attente du retour de l’être aimé. Avec des termes et des rimes toujours d’une grande simplicité et d’une grande pureté, la montée en tension, la dimension dramatique de l’attente, autant que l’espérance s’opèrent ici par la répétition du refrain et les variantes introduites au fil de la chanson.

Semblablement à la lyrique courtoise des troubadours, la nature fournit souvent le cadre poétique de ces Cantigas de Amigo. Plus qu’un simple décorum c’est une source d’inspiration, un miroir des états d’âme du poète. Quelquefois, au delà, cette nature devient un interlocuteur actif avec lequel le troubadour engage un véritable dialogue et en attend des signes et des réponses. Ici c’est une modeste fleur de pin vert que la belle questionne, ailleurs ce pourra être une autre fleur ou le chant d’un oiseau.

Un cantiga de Amigo du Denis 1er par Batalla et Pedro Caldeira Cabral

La Batalla et Pedro Caldeira Cabral

En 1984 le compositeur  guitariste, flûtiste, joueur de vièle et multi instrumentiste portugais Pedro da Fonseca  Caldeira Cabral fondait, à la demande du Monastère Santa Maria da Vitória, le groupe La Batalla. Dans le courant de la même année et à la faveur de leur création, la formation sortait, sous sa direction, un album ayant pour titre  Cantigas de Amigo.

cantigas_de_amigo_moyen-age_musique_poesie_chanson_medievale_lyrique_gallaico_portugaise_XIIIe_roi_denis_portugalOn peut y retrouver onze pièces du moyen-âge central dont celle du jour de Don Diniz. Le reste se partage entre des Cantigas de Santa Maria d’Alphonse X (les Cantigas 322 et 100), deux pièces de Martim Codax (Ondas do mar de Vigo et Mandad’ei comigo), quelques pièces d’autres troubadours gallicien-portugais (Joâo Zorro, Dom Sancho et Fernand’ Esquyo) et d’autres pièces anonymes et musicales dansées, de la même période (estampie, trotto, et ductia) empruntées au Chansonnier du Roy (MS Fr 844), au BM Harley 878 et encore au Manuscrit de Londres (MS Add 29987).

Pedro Caldeira Cabral,
grand nom de la scène musicale portugaise

« A tout seigneur, tout honneur ».  Pedro Caldeira Cabral semblait l’un des mieux désigné pour servir dignement cette Cantiga de Amigo du roi Denis. Né à Lisbonne en 1950, ce musicien compositeur de formation classique compte en effet parmi les plus grands noms de la scène musicale portugaise, autour de la Early Music.

Dés le début des années 70, il s’est passionné à la fois pour les instruments anciens et les musiques de l’Europe méditerranéenne et s’est fait, depuis une place de choix, dans le champ des musiques médiévales, baroques et renaissantes. musique_medievale_troubadour_poesie_cantigas_de_amigo_Pedro_-Caldeira_Cabral_moyen-ageAvec une ample discographie et plus de trente albums enregistrés au cours de sa longue carrière, il a largement exploré d’autres répertoires. On le retrouve ainsi sur des musiques traditionnelles, populaires et folkloriques ou même encore dans des registres plus modernes  et contemporains.

En plus de nombreux programmes, événements et séminaires sur la musique  auxquels il a participé ou qu’il a même organisés et animés, on doit également à Pedro Caldeira Cabral des publications sur son instrument de prédilection dont notamment un livre en 1999 dédié à la guitare portugaise, auquel on pourra ajouter diverses contributions (Les instruments de musique populaire portugais sortis en 2001).  Découvrir son site web officiel ici.

Ai flores, ai flores do verde pino
Paroles et traductions

Ai flores, ai flores do verde pino,
se sabedes novas do meu amigo?
Ai Deus, e u é?

Oh fleurs, oh fleurs du pin vert
Avez-vous des nouvelles de mon ami ?
Oh mon Dieu, et où il se trouve?

Ai flores, ai flores do verde ramo,
se sabedes novas do meu amado?
Ai Deus, e u é?

Oh fleurs, oh fleurs du pin vert
Avez-vous des nouvelles de mon aimé ?
Oh mon Dieu, et où il se trouve ?

Se sabedes novas do meu amigo,
aquel que mentiu do que pôs conmigo?
Ai Deus, e u é?

Avez-vous des nouvelles de mon ami ?
Celui qui a menti au sujet de qu’il avait convenu avec moi
Oh mon Dieu, et où il se trouve ?

Se sabedes novas do meu amado,
aquel que mentiu do que mi há jurado?
Ai Deus, e u é?
Ai Deus, e u é?

Avez-vous des nouvelles de mon aimé ?
Celui qui a menti sur ce qu’il m’avait juré
Oh mon Dieu, et où il se trouve ?
Oh mon Dieu, et où il se trouve ?

Vós me preguntades polo voss’amigo
e eu bem vos digo que é san’e vivo.
Ai Deus, e u é?
Ai Deus, e u é?

Vous me questionnez sur votre ami
Et je vous dis qu’il est sain et sauf
Oh mon Dieu, et où est-il?
Oh mon Dieu, et où est-il?

Vós me preguntades polo voss’amado
e eu bem vos digo que é viv’e sano.
Ai Deus, e u é?
Ai Deus, e u é?

Vous me questionnez sur votre aimé
Et je vous dis qu’il est sain et sauf
Oh mon Dieu, et où est-il?
Oh mon Dieu, et où est-il?

E eu bem vos digo que é san’e vivo
e será vosco ant’o prazo saído.
Ai Deus, e u é?
Ai Deus, e u é?

Et je vous dis qu’il est sain et sauf
Et qu’il sera avec vous avant la date échue
Oh mon Dieu, et où est-il?
Oh mon Dieu, et où est-il?

E eu bem vos digo que é viv’e sano
e será voscant’o prazo passado.
Ai Deus, e u é?
Ai Deus, e u é?

Et je vous dis qu’il est sain et sauf
Et qu’il sera avec vous avant que la date ne sois passée
Oh mon Dieu, et où est-il?
Oh mon Dieu, et où est-il?

En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric EFFE
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes