Archives par mot-clé : XVe siècle

une Ballade satirique sur la vie curiale

Sujet :  poésies,  ballade médiévale, poésie satirique, moyen français, vie curiale, dépravation, immoralité, flatterie, satire.
Période : Moyen-âge tardif, XVe siècle
Auteur : Anonyme
Ouvrage : « La Danse aux Aveugles et autres poésies du XVe siècle, extraites de la bibliothèque des Ducs de Bourgogne » (édition de 1748 chez André Joseph Panckoucke Libraire)

Bonjour à tous,

ujourd’hui, nous vous proposons de rester au XVe siècle, avec une nouvelle ballade satirique sur la vie de cour. Le monde médiéval, et, peut-être plus particulièrement encore, le tardif, n’a pas été avare de poésies et de textes sur ce sujet : au moyen-âge central et au XIIIe siècle, il y eut Jean de Meung, Rutebeuf et d’autres. Plus tard encore, au XIVe et XVe siècle, on se souvient d’auteurs comme Philippe de Vitry, Eustache Deschamps, Alain Chartier, Jean Meschinot, etc… De fait, la liste pourrait être longue des satires médiévales qui dénoncent l’hypocrisie, l’immoralité, le dévoiement, ou encore les flatteries et les manœuvres calculées qui entourent les couloirs du pouvoir et les couronnes.

Les travers de cette vie curiale sont souvent présentés de manière détachée de la personnalité du prince ou du seigneur qui y règne. C’est alors comme une sorte d’univers « parasite » autonome qui se met en place, un peu comme une fatalité induite par les jeux de pouvoir et l’éternelle comédie humaine (voir, par exemple, deux ballades d’Eustache Deschamps ou encore cet extrait des Lunettes des Princes de Jean Meschinot ). Dans d’autres cas, on adresse le pouvoir, ou on le rend plus directement responsable de laisser vivre et perdurer ce poison. Eustache Deschamps et d’autres mettront même, en avant, l’ingratitude des princes vis à vis de leurs serviteurs de cour (« Je muir de froit, l’en m’a payé du vent« ).

Une ballade des « maximes de court »

On peut trouver la pièce du jour, à la fin d’un ouvrage daté du milieu du XVIIIe siècle : « La Danse aux Aveugles et autres poésies du XVe siècle, extraites de la bibliothèque des Ducs de Bourgogne ». Cette compilation de poésies du moyen-âge tardif présente en exergue « La Danse aux aveugles » de Pierre Michault ainsi que quelques autres œuvres de cet auteur médiéval, prêtre et poète à la cour de Bourgogne. On notera, au passage des erreurs d’attribution comme par exemple la  » Complainte de tres haulte et vertueuse dame ma dame Ysabel de Bourbon, contesse de Charrolois« , souvent attribuée à Pierre Michault et qu’on a fini par restituer à son auteur original : Amé (ou Aimé) de Montgesoie.

Sources et attributions

L’éditeur du XVIIIe siècle a décidé de faire suivre ces pièces d’une sélection d’autres textes empruntés au même manuscrit ou à d’autres de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, d’après ce qu’il nous dit. Certains sont signés, d’autres, dans la dernière partie de l’ouvrage sont anonymes. Le compilateur ne donne pas la référence précise du ou des ouvrages anciens sur lequel il s’est appuyé. Pour remonter aux sources, nous serons donc quittes de plonger dans les nombreux manuscrits répertoriés faisant mention de la dance aux aveugles ou d’autres textes cité par l’éditeur, sans être tout à fait certain que les ouvrages en question, à près de 300 ans de là, soient présents à la BnF, sur Gallica ou sur une autre Bibliothèque numérique. Recherche en cours… A moi Arlima(.net) !

Du point de vue de son contenu et au moins sur le fond, cette ballade des « Maximes de court » aurait pu être signée de la plume d’un Eustache Deschamps, voire même d’un Chartier. Toutefois, dans le manuscrit dont l’a extraite son éditeur, elle est supposée être demeurée anonyme. Pour l’instant et après des premières recherches, elle ne semble pas avoir été attribuée plus tardivement à un auteur reconnu. On notera que le premier vers n’est pas sans évoquer un rondeau de Blosseville que nous avions déjà présenté par ailleurs (voir pour contrefaire l’amoureux, Trois rondeaux de Blosseville à la cour d’Orléans), mais cela ne préjuge en rien de son attribution.


Maximes de Court

Qui ne contrefait l’amoureux ,
Qui ne scet faindre son penser.
Qui ne rit sans estre joyeux.
Qui ne scet souvent rigouler,
Qui ne scet braire ou hault chanter ,
Qui n’a dequoy estre jolys .
Qui n’a le bec au vent toudys .
Qui n’a ung peu du poil du lourt ;
En verité c’est ung chetifs,
Il n’a que faire d’estre a Court.

Qui n’est un petit envieux.
Qui ne scet son maistre flater.
Qui ne devient gloux ou precieux ,
Qui n’aprent a dissimuler,
Qui n’est maistre du bas vouler.
Qui ne scet acquerir amys ,
Qui n’est du bas mestier apris,
Qui n’aprent a faire le sourt ;
Je vous dis bien qu’en ce pays
Il n’a que faire d’estre a Court,

Qui veut estre religieux,
Qui ne scet boire & banqueter,
Qui ne veult estre convoiteux ,
Qui ne scet prendre sans donner ,
Qui veut de conscience user ,
Qui de pratique n’est garnis ,
Qui de demander n’est hardis
Selon le temps qui ores court;
Par le corps Dieu de paradis ,
Il n’a que faire d’estre a Court.

Princes, es haultes Cours jadis ,
N’estois recullis ne ouys
Nul qui fust vicieux ne lourt ;
Ains a present il m’est advis ,
Que qui de vices n’est remplis
Il n’a que faire d’estre a Court.


En vous souhaitant très belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen-Âge sous toutes ses formes

NP : l’enluminure de l’image d’en-tête (banquet à la cour) est tiré du manuscrit médiéval Français 12574. Cet ouvrage ayant pour titre « Histoire d’Olivier de Castille et d’Artus d’Algarbe » est daté du XVe siècle. Il est actuellement conservé à la BnF et consultable sur Gallica au lien suivant).

SAGA HISTORIQUE « Les trois pouvoirs » : un entretien exclusif avec Xavier Leloup

Sujet : auteur, roman historique, guerre de cent ans, aventure, fresque historique, Jeanne d’Arc, Charles VI, roman, histoire médiévale.
Période : XVe siècle, moyen-âge tardif
Titre : Les Trois pouvoirs T1 et T2, Librinova, 2019-2020
Auteur : Xavier Leloup

Bonjour à tous,

ujourd’hui, nous avons le plaisir de vous présenter une nouvelle formule puisqu’il s’agit d’un entretien échange. Nous le faisons avec d’autant plus de plaisir que notre premier invité est, à la fois, une homme de droit, un homme de lettres et un auteur.

Le thème reste bien sûr le moyen-âge puisqu’il s’agit de Xavier Leloup, auteur de la saga historique : Les Trois Pouvoirs dont il a déjà fait paraître deux tomes qui connaissent déjà un grand succès. Sans plus attendre, nous vous laissons découvrir cet entretien de toute fraîcheur.


Rencontre : une plongée au cœur du XVe siècle avec Xavier Leloup

Propos recueillis  par Frédéric EFFE le 5 février 2021

Itinéraire, du droit à l’écriture

Moyenagepassion : Bonjour Xavier,
Merci d’avoir accepté cette entrevue pour nous parler de votre parcours de jeune auteur, ainsi que de vos deux romans historiques « les trois pouvoirs » paru chez Librinova. De notre côté, nous sommes ravis de pouvoir faire découvrir, à nos lecteurs, ces ouvrages, dont une partie de la presse s’est déjà largement faite l’écho. On rappelle, en préalable, que ce sont des romans qui se déroulent au XVe siècle et au moyen-âge tardif et qui gravitent, en partie, autour du personnage de Jeanne d’Arc.

Alors, pour commencer, peut-être vous pourriez nous dire un mot de votre parcours ? Vous avez eu plusieurs vies avant tout cela en travaillant comme avocat, notamment dans le monde des affaires et de l’édition. Vous savez certainement que l’auteur d’un des ouvrages historiques qui a connu un des plus grands succès dans les 20 dernières années était, lui-même, avocat. Je veux parler de la Cathédrale de la mer de ldelfonzo Falcones. Je ne sais pas si cela a pu être à l’origine de votre vocation. Bref, deux mots de votre parcours avant de vous lancer à plein dans l’écriture et peut-être du déclencheur qui vous y a conduit ?

Xavier Leloup : J’ai connu deux tranches de vie : juridique d’abord, avec un cursus international qui m’a conduit au barreau d’affaires, journalistique ensuite, et plus parisienne, à travers la création d’un magazine dédié à la finance. Avec le recul, je dirais que la profession d’avocat apprend la rigueur et l’esprit d’analyse, quand celle de journaliste développe la curiosité d’esprit et l’habitude d’écrire. Pour un auteur de romans historiques qui doit sans cesse alterner entre ses recherches et la fiction, ces deux professions constituent la meilleure préparation qui soit. Pour le reste, tout est affaire de persévérance !

La passion de l’histoire et de la littérature

Moyenagepassion : Pourquoi un roman historique et pourquoi le moyen-âge ? C’est un thème auquel vous êtes lié pour une raison particulière ou peut-être plus une fascination pour ce qui entoure le personnage de Jeanne d’Arc ? Comment est née votre inspiration ?

Xavier Leloup : J’ai toujours été passionné par l’histoire de France et la littérature. Mais comme beaucoup parmi ma génération, j’ai aussi été soumis très tôt à l’influence de la culture américaine, que ce soit au travers de films ou d’œuvres littéraires. Jusqu’à ce que, arrivé à la trentaine, je découvre les grands classiques de la littérature historique. C’est à ce moment-là que s’est produit le déclic. J’ai soudain été saisi du désir viscéral de bâtir une grande fresque ancrée dans un cadre non pas américain, imaginaire, ou futuriste, mais dans l’histoire de France. Or pour ce faire, quoi de plus évocateur que le personnage de Jeanne d’Arc, figure emblématique de notre pays à travers le monde ?

Le choix s’est fait d’autant plus naturellement que j’ai grandi au milieu des vieilles pierres, au cœur d’un Val de Loire longtemps prisé par la dynastie des Valois. C’est notamment au château de Chinon que s’est faite la fameuse rencontre entre Jeanne d’Arc et le futur Charles VII. J’ajouterais que le Moyen Âge représente ce que j’aime le plus dans l’histoire de France : le royal, le chrétien, l’héroïque. J’ai voulu faire revivre notre passé dans ce qu’il a de plus puissant et de plus épique, de plus universel aussi.

Jeanne d’Arc entre monde rural et guerrier, sur cette enluminure du Ms Latin 12665 de la BnF

Un regard nouveau sur l’histoire de Jeanne d’Arc

Moyenagepassion : A ce sujet, qu’est ce qui le différencie des œuvres habituelles qu’on trouve sur Jeanne d’Arc ? On est loin ici des épopées habituelles qui suivent la jeune héroïne médiévale dans son périple de reconquête, souvent à partir de sa rencontre avec le dauphin. On y assiste aussi à un beau défilé de personnages historiques avec en fond cette demi-folie du roi Charles VI qui donne presque à cette période et par endroits, des allures surréalistes. Pour mettre un peu l’eau à la bouche de nos lecteurs. Pouvez-vous nous résumer en quelques mots, ce qu’ils trouveront dans Les Trois Pouvoirs ?

Xavier Leloup : Ils découvriront une saga historique au sens classique du terme, c’est-à-dire dans la lignée des Dumas, Druon et autres Walter Scott. Mais ils trouveront également une nouvelle façon d’aborder le personnage de Jeanne d’Arc qui n’est ni naturaliste, ni mystique, mais je dirais, épique, et doté d’une forte dimension visuelle. Mes romans se prêteraient volontiers à une adaptation télévisée.

D’un point de vue scénaristique, la principale originalité de la saga consiste à raconter l’histoire de Jeanne d’Arc depuis ses origines, et même, ses origines cachées. Son point de départ est le règne de Charles VI. Nous sommes en pleine guerre de Cent Ans, durant une période de trêve. Mais le roi est fou, et une sourde rivalité entre princes déchire son royaume. J’invite ainsi le lecteur à se plonger dans un règne aussi méconnu que passionnant, peuplé de personnages shakespeariens comme Isabelle de Bavière, reine infidèle et tourmentée, ou Jean Sans Peur, le puissant duc de Bourgogne revenu des croisades de Hongrie. Et puis, il y a Yolande d’Aragon ; cette grande féodale qui a sauvé la France et sans laquelle Jeanne d’Arc n’aurait jamais pu mener sa mission à bien. On pourrait donc presque dire que dans ses premiers tomes, les Trois Pouvoirs constituent une « prequel » de l’épopée johannique.

Être romancier sur les chemins de l’Histoire

Moyenagepassion : C’est une question inévitable quand on fait face à un roman historique. Comment est-ce que vous définiriez votre roman ? Ce n’est pas véritablement une uchronie. Il y a un vrai fil conducteur historique, alors ce serait quoi ? Plutôt une fresque historique avec, dans les zone d’ombres, une fiction qui se tisse à la croisée de possibles ? Quelle est la part de fiction ?

Xavier Leloup : Alexandre Dumas avait l’habitude de dire : « Mieux vaut l’histoire écrite par les romanciers que l’histoire écrite par les historiens, d’abord parce qu’elle est plus vraie, et ensuite parce qu’elle est plus amusante ». C’est aussi mon credo. Je m’emprunte les chemins détournés de la littérature pour faire revivre le Moyen Âge et guerre de Cent Ans.

Mais pour répondre à votre dernière question, Les Trois Pouvoirs sont globalement très fidèles à la réalité historique. Ceci est si vrai qu’à certains moments, mes personnages s’expriment avec les mots rapportés par les chroniqueurs de l’époque. Cela étant dit, j’ai aussi imaginé et pris quelques libertés avec la chronologie. Je pense que pour un romancier, c’est inévitable et même nécessaire. Il faut laisser vivre ses personnages et leur prêter des passions, s’abstraire de leur existence strictement historique pour en faire des êtres incarnés, de chair et de sang.

Immersion et secrets de fabrique

Moyenagepassion : Sur les aspects de cuisine historique, tous les romanciers ont leur petit secret. On sait que les plus célèbres, comme Ken Follett s’entourent de nombreux documentalistes et informateurs. Comment avez-vous abordé vos recherches et comment avez-vous réussi à vous plonger dans cette période ? Il y a un gros travail sur le Paris du XVe siècle dans le tome 1 notamment. Comment parvient-on à un tel travail d’immersion et de restitution ?

Xavier Leloup : Vous avez utilisé le mot juste : « immersion ». On peut connaître les dates ou les faits historiques, les habitudes d’une l’époque, mais je crois que pour la restituer à sa juste mesure, il convient surtout de la comprendre. J’ai donc naturellement lu de nombreux livres d’histoire au moment de préparer le premier tome, avant de sélectionner ceux qui me seraient les plus utiles pour bâtir la trame de mon récit et construire mes personnages. À partir d’un moment, il faut savoir s’arrêter dans son enquête et choisir un angle. Je continue toutefois de lire avec assiduité les grands maîtres de la littérature. Car c’est, à mon avis, en lisant et relisant les meilleurs auteurs qu’on améliore son style et trouve de nouvelles idées.

Actualité, sortie du Tome 3 et projets

Moyenagepassion : Pour passer à des choses plus concrètes, côté distribution et actualité. Vos deux premiers romans ont trouvé leur rythme de croisière et un vrai public. Ils sont d’ailleurs disponibles à la commande au format papier dans toutes les bonnes librairies et même au format ebook. Mais quid du 3eme tome ? Il est, on l’imagine, déjà en cours ? Avez-vous une date de sortie en tête ?

Xavier Leloup : Mes livres sont disponibles sur toutes les plateformes numériques et dans plus de 5000 librairies en France. Pour les Parisiens, je recommande plus particulièrement la librairie Eyrolles, dans le Ve, ainsi que dans les Yvelines, la librairie Gibert-Joseph à Saint-Germain-en-Laye. Le tome III est en cours d’écriture et devrait sortir d’ici la fin de l’automne. Je me suis fixé comme objectif la publication d’un livre par an au cours des trois prochaines années.

Moyenagepassion : Dernière question, avec la Covid, nous sommes tous plus ou moins consignés mais on vu certains organisateurs d’événements autour du livre ou du moyen-âge se montrer plutôt optimistes pour les mois à venir. Avez-vous des salons du livre ou des événements en perspective pour 2021 ? Où est-ce que les férus de roman historique ou les passionnés de Moyen Âge peuvent vous retrouver ? On sait que vous cultivez aussi votre présence en ligne, et notamment sur YouTube, puisque y vous faîtes régulièrement des vidéos pour présenter un peu mieux le contexte et les personnages historiques qui traversent vos romans.

Xavier Leloup : Les lecteurs peuvent retrouver toutes mes actualités sur Facebook, LinkedIn et YouTube, où j’ai créé la chaîne des TROIS POUVOIRS qui permet d’en apprendre davantage sur l’univers de la saga à travers des vidéos animées. Si la plupart de mes dédicaces ont été reportées en raison du contexte sanitaire, mes lecteurs devraient néanmoins pouvoir me retrouver les 27 et 28 mars prochain, lors de la 10ème édition du Salon du Roman Historique de la ville de Levallois.

Moyenagepassion : Merci beaucoup de votre temps Xavier, Nous invitons tous les lecteurs de moyenagepassion à se pencher de près sur vos romans et nous leur souhaitons encore beaucoup de succès pour les mois à venir.

Xavier Leloup : Merci à vous.


Se procurer ces deux romans historiques

Vous pourrez trouver les livres de Xavier Leloup au format broché chez votre libraire habituel, ainsi que dans toutes les grandes librairies en ligne (format papier ou ebook). Voici également deux liens vous permettant de vous les procurer.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est roman-historique-jeanne-darc-monde-medieval-XVe-siecle.jpg.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est roman-historique-jeanne-darc-monde-medieval.jpg.
Les trois pouvoirs: T 1
Le prince meurtrier
Les Trois Pouvoirs T 2:
Le chevalier noir

Voilà mes amis, merci de votre lecture.

Concernant cette nouvelle formule de l’entretien-rencontre, nous espérons pouvoir la développer et vous proposer, dans le futur, plus d’échanges vivants avec des auteurs, historiens, créateurs qui gravitent autour du monde médiéval. N’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez en commentaires.

Une belle journée à tous.

Frédéric Effe
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen-Age  sous toutes ses formes.

NB : sur l’image d’en-tête, l’enluminure en arrière plan du portrait de l’auteur est tirée du manuscrit  Ms Français 2646 de la BnF : Chroniques de Jean Froissart. Elle représente le roi Charles VI, pris d’un accès de folie dans la forêt du Mans (expédition contre Pierre de Craon). Celle ayant servi à l’image « entretien rencontre avec un auteur » est tiré du Manuscrit Ms 4 de la Royal Library de Copenhague. Il représente un moine achetant du parchemin à un artisan et vérifiant sa qualité.

Détente : Un imagier médiéval Au musée de Cluny

Sujet : jeu, application interactive, application ludique, colorisation, enluminures, miniatures, moyen-âge, imagier médiéval
Période : moyen-âge, du XIIIe au XVe siècles
Lieu : site web du Musée de Cluny
Image d’en tête : « élagage d’un arbre », l’enluminure recolorisée, utilisée en tête d’article est tirée du feuillet d’un manuscrit du XIIIe siècle, conservé au musée de Cluny.


Bonjour à tous,

ans la veine des applications ludiques autour du monde médiéval, le Musée de Cluny a publié sur Twitter, depuis quelques semaines, diverses réalisations faites au moyen d’un petit programme plutôt sympathique. Il s’agit d’un imagier interactif qui permet de coloriser des images issues de miniatures et d’enluminures médiévales. Les thèmes proposés sont assez variés. Ils vont de détails de la célèbre tapisserie de La Dame à la Licorne, à des peintures diverses, entre traités de combats, fous du roi ou même vitraux.

Enlumineurs en herbe, à vos souris !

Une fois l’application lancée, différentes techniques sont disponibles pour permettre à l’utilisateur de peaufiner le rendu de ses créations : lavis, gouache, lavis pâle,… Une roue chromatique permet aussi de choisir ses couleurs parmi des tons d’époque et, pour parfaire le tout, on peut encore faire varier la taille du pinceau ainsi que le support (parchemin, papier usé, papier jauni, etc…). Armez vous d’un peu de patience pour la prise en main et n’hésitez pas à faire varier les tailles de pinceau. Si vous êtes satisfait du résultat, vous pourrez même exporter votre « œuvre » sous forme de carte de vœux.

Se détendre tout en se prenant, un peu, pour un enlumineur du moyen-âge, voilà qui devrait en divertir plus d’un et leur donner des idées de créations originales. Quant aux publics les plus jeunes, ce livret élèvera le niveau au dessus des sujets habituels, en réconciliant, pour eux, découverte de l’art médiéval et passe-temps.

Vous trouverez cette application ludique sur le site du musée du Moyen-âge au lien suivant : imagier médiéval.

Le Musée de Cluny sur les réseaux

Pour rappel, si de grands travaux ont été engagés au musée de Cluny entraînant sa fermeture jusqu’à 2022, l’institution est toujours très active sur les réseaux. On se souvient de certaines conférences que nous avions postées, il y a quelque temps (voir tous nos articles ici ) mais l’action du musée ne s’arrête pas là ; ses conservateurs continuent de poursuivre sur la toile, de la manière la plus variée, leur mission de sensibilisation du public à l’histoire et au monde médiéval ( Twitter @museecluny – FB museecluny).

En vous souhaitant, une belle journée
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

Quatrain : l’homme de raison & l’homme de cour

Sujet :  poésies courtes,  quatrain, poésie satirique, moyen français, XVe siècle, moyen-âge tardif, auteur anonyme.

Bonjour à tous,

ujourd’hui, nous vous proposons un quatrain qui, tout bien considéré, pourrait être de circonstances. Demeurée anonyme, cette poésie courte nous provient du Moyen-âge tardif. Elle est tirée d’une compilation de pièces médiévales qu’on peut retrouver dans l’ouvrage : « La Danse aux Aveugles et autres poésies du XVe siècle, extraites de la bibliothèque des Ducs de Bourgogne » (édition de 1743 chez André Joseph Panckoucke Libraire).

Si toute la première partie de cet ouvrage reproduit la Danse aux aveugles de Pierre Michault, ce quatrain demeuré anonyme apparait dans sa deuxième partie, aux cotés de quelques autres poésies courtes et proverbe du même type. Ces pièces viennent en prélude d’un texte intitulé : Le Petit Traittiet du Malheur de la France et demeuré, lui aussi, anonyme.

De notre côté et au vue du contexte, il nous est bien difficile de nous retenir de trouver dans ce quatrain, quelques accents d’actualité.


L’homme vivant selon raison,
Considéré le temps qui court,
Est plus aisé en sa maison
Que ne sont ceux qui sont en Court.

Quatrain anonyme du XVe siècle


Vie normale vs vie curiale

Ce quatrain oppose la tranquillité et la sagesse d’une vie normale aux vicissitudes d’une vie de cour, proche des couloirs du pouvoir. Historiquement, cette critique de la vie curiale, déjà présente dans la littérature du moyen-âge central, le devient encore plus à l’approche du moyen-âge tardif. On se souvient au XIVe et XVe siècles des envolées d’un Eustache Deschamps sur ce même sujet, du Dit de Franc Gontier de Philippe de Vitry ou encore du Curial de Alain Chartier dont voici un court extrait :

« Les abus de la court et la manière des gens curiaux sont telz que jamez homme n’y est souffert durer sans estre corrumpu, ou n’y est souffert soy eslever s’il n’est corrumpable« . (…) « Telz sont les ouvraiges de court, que les simples y sont mesprisez, les vertueux enviez et les arrogans orgueilleux en perilz mortelz« . Le Curial, Alain Chartier

Dans le reste du passage, Chartier donnera mille détails pour exhorter son frère à préférer sa vie paisible et à se tenir, le plus éloigné possible, des folies de la cour.

Une enluminure de la cour de Bourgogne

Sur l’image en-tête d’article, le président de la République française Emmanuel Macron reçoit, des mains de son conseil scientifique, un 60eme rapport sur la situation sanitaire, établissant la nécessité absolue d’un 14eme confinement. Bon ça va, je plaisante… Cette enluminure est tirée du Cod. 2549, Romance ou Chronique de Girart de Roussillon. Elle représente le duc de Bourgogne Philippe le Bon en train de recevoir la chronique. Ce manuscrit ancien, daté du milieu du XVe est conservé à la Bibliothèque nationale autrichienne de Vienne.

Une belle journée
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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