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Danse médiévale et Saltarello : une très belle version de l’ensemble Musica Vagantium

MS-Add-29987_Manuscri-de-londres_saltarello_danses-medievales_moyen-âge-tardifSujet : danse, musique médiévale, Saltarelle, Saltarello.
Période : moyen-âge tardif, XIVe siècle
Titre : Saltarello.
Auteur : anonyme
Tirée du Manuscrit Add 29987 British Museum.
Interprète : Musica Vagantium
Album : Songs And Dances of Gothic and Renaissance Period (1997)

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn route pour le XIVe siècle et le Moyen-âge « dansé » avec une nouvelle interprétation d’un des quatre Saltarello que nous a légué le Manuscrit de Londres, connu également sous la référence  Add 29987.

manuscrit-de-londres_ADD29987_italie-medievale_musiques-danses_Moyen-age-sDaté des débuts du XVe siècle, cet ouvrage, conservé de nos jours à la  British Library, demeure un précieux témoin des chants et musiques de l’Italie médiévale et de la Toscane du XIVe et des débuts du XVe siècle. Il compte en tout 116 pièces (119 dont 3 doublons) vocales ou instrumentales, parmi lesquelles un nombre non négligeable était destiné à être dansées. Quatre-vingt deux des pièces présentés par ce manuscrit sont attribuées, les autres sont demeurées anonymes. C’est le cas de celle du jour.  Consulter le Manuscrit de Londres en ligne ici.

Salterello du Manuscrit de Londres par l’ensemble Musica Vagantium

Musica Vagantium

Fondée dans les années 90, Musica Vagantium est une formation originaire de République tchèque. Depuis ses origines, les quatre artistes qui la composent se sont donnés pour répertoire une période qui gravite autour des musiques anciennes de la renaissance et la période baroque.

ensemble_musiques-medievales_Musica-vagantium

Instruments anciens à la main et vêtus de costumes d’époque, Musica Vagantium entend privilégier des pièces jouées alors par, disent-ils, des « étudiants vagabonds ». Dans cet esprit d’errance et d’itinérance, on peut les retrouver en tournée dans divers pays d’Europe et au sein de nombreuses fêtes médiévales.

musica-vagantium-ensemble-medieval_musique-ancienne-renaissance_saltarelloDepuis sa création et entre leurs nombreuses prestations et concerts, le sympathique quatuor a tout de même trouvé le temps de produire trois albums. Le Saltarello que nous vous présentons aujourd’hui est issu de leur premier, daté de 1997 et ayant pour titre Songs And Dances of Gothic and Renaissance Period. Avec une orchestration minimaliste, mais enlevée et rafraîchissante, on retrouve bien dans leur interprétation de cette pièce le rythme, l’esprit et la légèreté de ces danses « sautées » et festives des XVIe, XVe siècles.

Voir leur page Facebook officielle – Site web (en anglais)


Pour retrouver plus de versions de ce même saltarello :
Version de Arany Zoltán  –  Version de Dead Can Dance

Voir plus d’articles sur le manuscrit de Londres Add29987


En vous souhaitant une très belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Le Dizain d’un amant tourmenté par Melin de Saint-Gelais

Sujet : poésies courtes,  dizain, poésie de cour, renaissance. amour courtois,
Période : XVIe, renaissance, fin du moyen-âge
Auteur : Mellin Sainct-Gelays
ou Melin (de) Saint- Gelais (1491-1558)
Ouvrage : Les poètes françois depuis le XIIe siècle jusqu’à Malherbe Tome II Pierre René Auguis (1824)

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui,, nous vous proposons une nouvelle poésie courte datée de la toute fin du moyen-âge et même de la renaissance.

Si l’on voulait prendre un raccourci commode, bien que certainement un peu abrupt, c’est une période qui va voir coexister et même, parfois, s’opposer une poésie de cour légère, voir primesautière qui se signe par une recherche du bon mot, de la bonne chute (voir La fleur de poésie françoyse) à une autre poésie aux ambitions plus élevées, qui entend bien faire le deuil du moyen-âge et qui prend, il faut bien le dire, son rôle très au sérieux. Cette dernière sera représentée par les auteurs de la Pléiade. Inspirés par les sonnets et le legs de Pétrarque, ils se réclameront résolument des auteurs antiques. De l’autre côté, celle qui ne rougit pas de se faire, par endroits, plus divertissante et qui renie, sans doute moins aussi, certaines de ses racines médiévales, on trouvera comme chefs de file  Clément Marot et Melin Saint-Gelais.

C’est à ce dernier que l’on doit le dizain du jour. Nous l’avons tiré d’une excellente anthologie de la poésie française des débuts du XIXe, signée de la main de  Pierre-René Auguis. Saint-Gelais y chante avec élégance les déboires d’un amant tourmenté qui ne sont pas sans évoquer sur le fond les affres sentimentaux auxquels l’amour courtois des siècles précédents nous a largement accoutumé.

melin_saint_gelais_dixain_XVIe

Dixain

SI j’ai du bien, hélas ! c’est par mensonge,
Et mon tourment est pure vérité :
Je n’ai douceur qu’en dormant et en songe,
Et en veillant, je n’ai qu’austérité :
Le jour m’est mal, et bien, l’obscurité :
Le court sommeil ma dame me présente,
Et le réveil la fait trouver absente. –
Ah ! pauvres yeux, où estes-vous réduits ?
Clos, vous voyez tout ce qui vous contente,
 » Tandis qu’ouverts, ne voyez rien qu’ennuis.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
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Epigramme humoristique : sagesse paysanne contre miséreux lettré sous la plume de Saint-Gelais

Sujet : poésies courtes,  épigramme, poésie de cour, renaissance. humour, sagesse populaire, vilain
Période : XVIe, renaissance, fin du moyen-âge
Auteur : Mellin Sainct-Gelays
ou Melin (de) Saint- Gelais (1491-1558)
Ouvrage : Oeuvres complètes de Mellin Sainct- Gelays, Prosper Blanchemain, 1873.

Bonjour à tous,

P_lettrine_moyen_age_passion-copiaour égayer votre journée, voici une épigramme de Melin Saint-Gelais. Le poète de cour renaissant y opposait, avec humour, le savoir universitaire, la science du lettré au bon sens paysan.

Homme rustre et sans manière ou représentant d’une forme certaine forme de sagesse populaire, l’image du « vilain » oscille tout au long du moyen-âge central et jusqu’aux siècles suivants pour incarner, tour à tour, les deux visages, au gré de l’inspiration des poètes.

poesie_epigramme_humour_medieval_renaissance_moyen-age-tardif_Melin-Saint-Gelais

Au siècle renaissant de Melin Saint-Gelais, on demeure toutefois assez loin de certains portraits au vitriole de paysans tels qu’on pouvait en trouver dans le courant des XIIe et XIIIe. L’eau a coulé sous les ponts ; dans le courant du XIIIe, les universités se sont ouvertes à des classes sociales plus laborieuses. On en trouvera notamment la marque dans les poésies de Rutebeuf (Ci encoumence li diz de l’Universitei de Paris) et peu à peu, certaines lettrés ou poètes revendiqueront même ouvertement leurs origines paysannes.

Au XIVe siècle, Le Dit de Franc-Gontier de Philippe de Vitry passera aussi par là pour revaloriser l’image de la vie campagnarde. Usés par les artifices des jeux de cour, certains poètes du XVe s’en feront encore les représentants (Alain Chartier, Eustache Deschamps,..) même si Villon y opposera un contre pied humoristique (voir le contredit de Franc-gontier). Sans doute peut-on ajouter à ce mouvement, le rythme de la vie urbaine et son développement. Peu à peu, la séparation entre deux mondes s’affirme, commençant déjà pour certains, à faire de la campagne un ailleurs (nostalgique ?) teinté de la promesse d’une simplicité, d’une authenticité et d’une tranquillité reconquises.

Nous retrouvons, en tout cas, dans cette épigramme de Saint-Gelais un paysan qui nous parle de simplicité, de liberté mais aussi entre les lignes, d’une forme de dignité, celle de nourrir sa famille sans devoir quémander comme le fait ici le miséreux lettré (avec un brin de condescendance).

Un maistre-ès-arts mal chaussé, mal vestu,
Chez un paysan demandoit à repaistre ;
Disant qu’on doit honorer la vertu,
Et les sept arts dont il fut passé maistre.
Comment sept arts! répond l’homme champestre;
Je n’en sais nul, hormi mon labourage ;
Mais je suis saoul quand il me plaist de l’estre,
Et si nourris ma femme et mon ménage.

Sur le thème du Vilain voir également les deux fabliaux suivants :
De Brunei la vache au prêtre de Jean Bodel – Du vilain qui conquit le Paradis en plaidant.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
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Clément Marot : « d’un doux baiser », joli huitain galant au moyen-âge finissant

clement_marot_poesie_moyen--age_tardif_renaissanceSujet :  poésie, huitain, poésie courte,
Période : fin du moyen-âge, renaissance
Auteur :  Clément MAROT (1496-1544)
Titre : « D’un doux baiser »
Ouvrage : oeuvres choisies de Clément MAROT, (1808)

Bonjour à tous,

Un peu de poésie galante, à  l’hiver du moyen-âge,  avec un huitain à la façon unique de Clément Marot et son sens aiguisé de la chute dans les pièces courtes.

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D’un Doux baiser

« Ce franc baiser, ce baiser amiable.
Tant bien donné, tant bien receu aussi,
Qu’il estoit doux ! o beauté admirable!
Baisez-moi donc cent fois le jour ainsi,
Me recevant dessous vostre merci
Pour tout jamais; ou vous pourrez bien dire
Qu’en me donnant un baiser adouci,
M’aurez donné perpetuel martire. »

Une belle journée.

Fred
Pour Moyenagepassion.com
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Une chanson d’amour courtois de Guillaume Dufay et toute sa musique profane par le Medieval Ensemble de London

musique_medievale_ancienne_guillaume_dufay_XV_moyen-age_tardifSujet : musique ancienne,  chansons médiévales, école franco-flamande, rondeau, chants polyphoniques, lyrique courtoise.
Période : moyen-âge tardif, XVe siècle.
Auteur: Guillaume Dufay (1397-1474)
Titre : la plus mignonne de mon coeur.
Interprète : The Medieval Ensemble of London,
Album :  DUFAY, chansons (1995)

Bonjour à  tous,

ujourd’hui, nous repartons à la toute fin du moyen-âge, voire même à la renaissance suivant les chronologies classiques, pour découvrir un nouveau rondeau de Guillaume Dufay. C’est une chanson d’amour courtois  qui fait partie du large répertoire profane que ce grand compositeur nous a laissé et c’est aussi un pièce polyphonique.

« La plus Mignonne de mon coeur », par l’ensemble médiéval de Londres

 The Medieval Ensemble of London

Fondé à la fin des années 70, par Peter Davies & Timothy Davies, le  Medieval Ensemble de Londres connut une carrière d’un peu moins d’une dizaine d’années. Au cours de son activité, il s’intéressa principalement au répertoire du XVe siècle avec quelques incursions du côté du XIVe et invita à son bord des musiciens importants de la scène anglaise de la musique ancienne ou qui allaient le devenir.

De 79 à 85, la formation laissa pas moins 16 albums en comptant ceux présents dans les coffrets, tous produits aux édition de L’Oiseau-Lyre, disparu depuis.

« Dufay Complete Secular Music »
un coffret dédié à la musique profane de Dufay

En 1981, sous la direction de ses deux fondateurs, The Medieval Ensemble of London faisait paraître à la distribution un impressionnant coffret contenant 5 Cds, autour de musique_chanson_medievale_profane_amour_courtois_guillaume_dufay_album_medieval_ensemble_london_Moyen-agela musique profane de Guillaume Dufay.  Sous le titre de Dufay Complete Secular Music, la production tenait ses promesses puisqu’on pouvait y trouver répertoriée près de 100 pièces  du compositeur du XVe siècle dont le rondeau du jour.

Le coffret est toujours disponible à la vente au format CD et Universal Music Diffusion qui a en charge désormais sa distribution a aussi eu la bonne idée de le proposer au format dématérialisé pour ceux qui préféreraient butiner les pièces qui les intéressent de plus près plutôt que d’acquérir d’un coup l’ensemble d’entre elles : Dufay: Complete Secular Music (5 CDs)

La plus mignonne de mon cueur
de Guillaume Dufay

Du point de vue langagier, nous ne sommes déjà plus, avec cette chanson, dans le cadre du vieux français du moyen-âge central que nous côtoyons souvent ici. De fait, la langue de Dufay ne présente pas de grandes difficultés de compréhension et nous laissons donc cette jolie pièce  libre de toute annotation.

Pour plus de détail sur cette retranscription voir ici
Pour plus de détail sur cette retranscription voir ici

La plus mignonne de mon cueur
Je m’esbahis, dont ce me vient
Que sans cesser il me souvient
De vostre beaulté et doulceur.

Des bonnes estez la meilleur,
Puisque dire le vous convient,

La plus mignonne de mon cueur
Je m’esbahis, dont ce me vient.

Quant j’ay desplaisir ou douleur
Aucune foiz, comme il advient,
Je ne scay que cela devient
Pensant en vostre grant valleur.

La plus mignonne de mon cueur
Je m’esbahis, dont ce me vient
Que sans cesser il me souvient
De vostre beaulté et doulceur.

En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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