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Le dernier duel judiciaire français par Ridley Scott

Sujet : justice médiévale, duel judiciaire, justice divine, film, cinéma, ordalie, duel ordalique.
Période :  Moyen Âge tardif, XIVe siècle
Film : Le Dernier Duel, (The Last Duel) Ridley Scott
Adaptation du livre le Dernier Duel de Eric Jager
Date de sortie : octobre 2021

Bonjour à tous,

otre rubrique cinéma pâtit souvent du peu de temps que nous avons à lui consacrer mais, à la faveur des fêtes, nous avons eu l’occasion de voir Le dernier duel de Ridley Scott et cela va nous fournir l’occasion d’un petit rattrapage.

Ridley Scott en terres de France

Affiche du film "le dernier duel" de Ridley Scott

Quand un grand nom du cinéma anglo-américain comme Ridley Scott s’attaque à un sujet, le résultat laisse rarement indifférent. Le réalisateur a, dans son parcours, des films qui ont marqué à jamais l’histoire du 7eme art dans des registres aussi différents que les thrillers, la science fiction ou même les films sur fonds historiques.

Cette fois-ci, ce n’est pas dans l’espace profond qu’il nous entraîne à la recherche du huitième passager, ni même dans la forêt de Sherwood à la poursuite de Robin de bois, mais bel et bien, au temps médiévaux et, qui plus est, sur le sol de France. Ce dernier duel, sorti en octobre dernier dans les salles, nous invite donc à le suivre sur les traces du dernier duel judiciaire par ordalie de l’histoire française : celui qui vit s’affronter les nobles Jean de Carrouges et Jacques le gris, par un jour froid de décembre 1386. La joute impitoyable eut lieu dans le champ clos du monastère de Saint-Martin, à Paris. L’événement rameuta les foules et Jean Froissart, avant un grand nombre d’autres écrivains et historiens, le commenta largement dans ses chroniques.

L’histoire du dernier duel et son contexte

Historiquement, ce duel du XIVe siècle est assez bien documenté entre registres judiciaires et les chroniques. De notre côté et pour ceux qui nous suivent, nous avions déjà mentionné ce duel historique, il y a quelques années, à l’occasion d’un article sur les duels judiciaires et les jugements par ordalie au Moyen Âge.

Manuscrit médiéval présentant le dernier duel de Jean IV de Carrouges et Jacques le gris

Le film Le dernier duel est tiré du livre du même titre de Eric Jager, professeur de littérature médiévale et critique littéraire américain (2004). Pour poser le cadre, en essayant de ne pas trop en dévoiler, le dernier duel judiciaire français a opposé deux nobles normands : Jean IV de Carrouges , homme d’armes à la longue carrière qui avait notamment combattu aux cotés de Duguesclin et, face à lui, Jacques le gris, écuyer de son état et de moins grand nom mais puissant, semble-t-il, par ses possessions et richesses. Les deux hommes avaient été, par le passé, assez proches et même amis. Le premier était vassal et chambellan de Pierre II de Valois, comte d’Alençon. L’autre était le protégé de ce dernier et même son écuyer. Une suite de circonstances et de tensions ont pourtant éloigner les deux hommes. Il est question d’un incident sur un terrain promis en dot à Carrouges et qui sera, malgré les engagements du père de la futur épouse, repris par le comte d’Alençon pour être offert à Le gris. Le point culminant n’est cependant pas celui-ci mais l’accusation bien plus grave portée par l’épouse de Carrouges, Marguerite de Thibouville à l’encontre de l’écuyer du comte. Elle affirma, en effet, qu’après s’être fait ouvert la porte avec l’aide d’un complice, l’homme avait abusé d’elle et l’avait violée, en profitant de l’absence de son mari et de sa belle mère. Carrouges, revenu d’un voyage à Paris et rentré dans ses foyers, trouva sa femme en grand trouble et la questionna. L’histoire dit qu’elle lui confia alors les faits, en demandant à son époux d’en obtenir réparation en son nom.

Confondu, Le Gris refusa catégoriquement d’admettre l’accusation. Il dit même ne pas s’être trouvé sur place. Devant son obstination à nier, Jacques de Carrouges décida d’invoquer le duel judiciaire par ordalie. Il demanda donc, devant le parlement de Paris et le roi de France, de concéder l’organisation d’un combat, en bonne et due forme, pour permettre à la justice divine de trancher. En cas de victoire, le duel laverait son honneur et celui de sa femme. En cas de défaite, celle-ci serait brûlée, lui occis et leurs deux noms salis à jamais. La requête de Carrouges fut finalement acceptée malgré les gages donnés par le comte d’Alençon et ses intercessions en faveur de son protégé ; le parlement et le roi statuèrent loin de son influence.

Enluminure du dernier duel judiciaire dans les  chroniques d'Angleterre de Jehan de Wavrin
Le dernier duel judiciairedans les Anciennes et nouvelles chroniques d’Angleterre, Jehan de Wavrin

Trois partitions pour un même drame

Le film met en opposition un Jacques de Carrouges, guerrier et chevalier loyal trempé de courage, un peu rustre (voire lourdaud et peu cultivé suivant les points de vues) contre un Jacques Le gris plus lettré et sophistiqué ; ce dernier nous est présenté comme un homme de cour à qui tout ou presque est concédé par sa simple proximité d’avec le comte. C’est aussi un coureur invétéré de jupons.

Côté scénario, Ridley Scott a fait le choix de livrer les trois partitions : celle de l’épouse, celle du mari, celle de Le Gris. Certaines critiques ont pu trouver le procédé un peu redondant en cela que les histoires comprennent de nombreuses convergences mais le réalisateur connait son affaire et arrive à les mettre au service de son récit. Les acteurs le servent parfaitement dans son entreprise avec un casting de haut vol. Jodie Comer est juste et superbe dans le rôle de Marguerite. Matt Damon, dans la peau de ce Jacques de Carrouges ombrageux et plein de ressentiment et Adam Driver dans le rôle d’un Le gris sur le fil, entre amitié sincère et perfidie, sont, eux-aussi, excellents. Pierre II de Valois, campé parfaitement par Ben Affeck, est présenté comme un personnage jouisseur et plutôt méprisable. Cette partie semble spéculative. Le scénario lui fait aussi jouer un rôle assez trouble dans les intrigues entre les deux hommes et, malgré la loyauté de Carrouges à son encontre, le comte d’Alençon et du Perche semble lui vouer quelque rancœur presque atavique.

Histoire médiévale et regards modernes

Acteurs principaux du dernier duel de Ridley Scott

Sur le fond, la vision de Ridley Scott n’est pas exempte de parti-pris. Même s’il présente trois versions, avec ce dernier duel, lui et ses scénaristes ont choisi, à l’évidence, de nous conter la leur ; elle suit, d’ailleurs, de près la conviction de l’auteur du livre qui accrédite la version de l’épouse de Jacques de Carrouges. Disant cela, gardons en tête que l’ histoire n’a jamais su trancher objectivement sur ce qui est survenu ce jour là, ni sur les relations exactes qui ont lié ces trois personnages. Factuellement, Le Gris n’a jamais reconnu son crime même si, au vu du risque pris par Marguerite de Carrouges en exposant publiquement son infortune, on a, un peu, peine à imaginer qu’elle ait pu tout inventer. Froissard la décrit ainsi au moment du duel :

« Et vous dy qu’elle estoit en grans transses et n’estoit pas asseuree de sa vie. Car se la chose tournoit a desconfiture sus son mary, il en estoit sentencié que sans remedde on l’eust arse, et son mary pendu. »
Jehan Froissart – Chroniques

Pour infirmer sa version, il faudrait lui prêter une confiance aveugle dans la capacité de son époux à triompher de Le gris sans quoi elle se serait trouvée condamnée au bûcher. L’affaire se complique d’autant qu’elle est tombée enceinte, apparemment suite aux faits. Y-a-t-il pu avoir une sorte de complicité entre les deux époux pour occire Le Gris ? C’est une autre hypothèse qui suppose là encore la certitude de vaincre. Par ailleurs, si l’enfant avait été de Carrouges, les époux auraient-ils pris le risque de le faire passer pour un bâtard en ourdissant un plan scabreux afin d’occire Le gris ? A tout cela, il faut encore ajouter les menaces proférées par le violeur après son forfait et portées par la plaignante au registre. Cela n’engage que nous mais elles nous semblent particulièrement criantes de vérité. Toutes ces hypothèses vous donnent une idée des spéculations sur lesquels les auteurs n’ont pas tari depuis. Dans la dernière version de ses chroniques, Froissart penche, lui aussi, en faveur de la version de Marguerite (1).

Dernier duel ou première #MeToo ?

Le titre peut prêter à sourire mais on n’a pas manqué de trouver, dans le film de Ridley Scott, des références directes à des idées qui semblent tomber à pic dans une actualité assez récente. Pour le réalisateur, il s’est agi indubitablement de traiter les deux sujets et il nous présente un peu Marguerite de Carrouges comme une des premières femmes de l’Histoire à s’être dressée contre l’abus sexuel. En tout état de cause, la volonté du réalisateur de transposer son regard actuel jusque dans l’histoire médiévale ou, au moins, d’y trouver de fortes résonnances est manifeste. Interrogés à la Mostra de Venise, lui et ses scénaristes (Matt DamonBen Affleck et Nicole Holofcener) ont d’ailleurs totalement assumés leur intention de se servir de la superproduction pour faire avancer les consciences modernes en matière de féminisme.

Au delà même de l’intrigue et dans ce même esprit, le film nous montrera encore une jeune femme esseulée et opprimée en train de se démener à grand peine, contre les mâles et la société patriarcale qui l’entourent : bringuebalée entre les jeux de pouvoir, troquée par son père contre des biens et des terres et pour un meilleur nom (dans une scène franchement digne d’un échange de rues et de gares au Monopoly), on la verra usée jusqu’à la corde par la gente masculine (le père, le mari, le prétendant). Elle sera encore violentée en permanence par un mari brutal, disons même bestial, et inculte incapable, à l’évidence, de lui donner du plaisir. Enfin, on la découvrira écrasée sous le poids de ses devoirs à l’égard du lignage ( injonction de fertilité, mépris, cf aussi la relation à la belle-mère, …). Au paroxysme de cette instrumentalisation, elle sera même (présentée comme) susceptible de se retrouver immolée sur un bûcher simplement pour permettre à son mari de laver son propre nom et honneur d’homme (2). C’est ce qu’on appelle la totale.

Un léger surdosage pour les besoins de la cause ?

En bref, femme spoliée, femme objet, femme ventre, femme chosifiée, femme sacrifiée, femme trahie jusque par ses amies (d’ailleurs, elle n’en a pas). Etre violée n’était pas suffisant. Il fallait décidément qu’il ne subsiste aucune lueur dans la vie de la Marguerite de Carrouges de ce Dernier duel. Les besoins de la construction dramatique peuvent, sans doute, en expliquer les raisons. Mais on peut, quand même, se demander si les scénaristes américains ne sont pas tombés un peu dans le Netflix : autrement dit, dans la tentation d’en étaler un peu trop, pour servir leur propos, au risque de verser dans une vision un brin caricaturale et victimaire plutôt tendance et, pour le coup, assez loin des réalités et des mentalités médiévales (« de l’instrumentalisation idéologique de l’Histoire », vous avez 2 heures). Au passage, tout cela nous fait inévitablement retomber dans cette vision habituelle et rabattue de la femme tout au long du Moyen Âge (quand ce n’est pas tout au long de l’Histoire). La médiéviste Régine Pernoud n’en aurait, sans doute, pas été ravie, elle qui avait œuvré, durant sa longue carrière, pour montrer, entre autre chose, la grandeur et le pouvoir des femmes durant cette longue période.

Bien sûr, me direz-vous, Ridley Scott n’avait sûrement pas la prétention de refléter toute la réalité du Moyen Âge dans son film, mais c’est un peu le problème des surproductions. En donnant l’impression d’illustrer des vérités immuables plutôt que ce qu’elles sont le plus souvent : des points de vue, elles finissent, quelquefois, par gommer les nuances. C’est un effet des idéologies distillées dans les films ou les séries qui a été, plus d’une fois, mis à profit. On sait que ce type de fiction peut finir par être maladroitement, interprété ou généralisé pour laisser, à sa traîne, des perceptions un peu simplistes de la réalité, voire des aprioris (cf le film Le Nom le Rose et l’inquisition médiévale). Tout ça est donc à prendre avec un peu de recul et, disons-le, même si cela parait évident : ce film n’est pas sorti d’un laboratoire de recherche et n’est pas non plus un documentaire. Pour le dire autrement, toutes les femmes du Moyen Âge n’étaient pas des Marguerite de Carrouges à la façon de Ridley Scott.

photo extraite du film le dernier duel

Un ensemble relativement réussi
malgré le fond idéologique un peu lourd

Si le box office n’a pas rendu justice à ce long métrage d’un point vue financier, cet insuccès est largement démérité. Il faut espérer que son thème historique n’en est pas la cause et aussi se souvenir qu’en son temps Blade Runner, du même réalisateur, s’était fait descendre par les critiques avant de devenir un film SF culte. Boudé par le grand public, dans les salles, Le Dernier duel est pourtant un bon Ridley Scott. L’ensemble est contrasté, épique, mené à bon rythme, même si, disons-le pour les âmes sensibles, certaines scènes de combats et de bataille sont violentes. Pour que ce soit moyenâgeux, il fallait bien que cela tranche un peu et cela donne aussi à l’ensemble un côté réaliste : de l’abus subi par l’épouse de Carrouges à la vie militaire de son guerrier d’époux et ses épopées sanglantes en terrain ennemi, Scott nous dépeint un monde rude et sans concession.

photo extraite du film le dernier duel 2

Est-ce encore un monde d’hommes avec sa réalité barbare (guerroyer, occire ou se vautrer dans le stupre) qu’il a cherché à suggérer, par contraste, avec les espaces silencieux et feutrés de la femme et de son attente (voir le Brécheliant de Annick Le Scoëzec Masson) ? Quoi qu’il en soit, sa plongée dans le monde médiéval est assez réussie et, d’un point de vue historique, on aimerait voir cette qualité au rendez-vous plus souvent ; la rigueur n’étouffe pas, en général, le cinéma outre-Atlantique quand il s’attaque à la période médiévale. Il a même plus souvent tendance à se retrancher dans le médiéval fantasy, ce qui vaut toujours mieux qu’une référence historique ratée et sans recherche sérieuse, même si cela fournit très souvent le prétexte aux pires scénarios (voire âneries).

Pour conclure, on ne peut pas s’empêcher de se dire que cette histoire qui s’est déroulée sur notre sol devait sans doute passer par un auteur et un réalisateur étranger pour susciter un intérêt cinématographique. Apparemment, Martin Scorsese avait aussi louché dessus, un peu après la sortie du livre, mais finalement sans s’y atteler. Mais va ! Consolons-nous. Si on aurait rêvé de voir ce film médiéval réalisé localement, avec de vrais moyens, Ridley Scott l’a servi avec tout son talent. L’histoire de ce dernier duel judiciaire le valait bien et il y a suffisamment peu de films intéressants sur la période médiévale pour ne pas bouder notre plaisir et même en redemander.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

NB : l’enluminure de l’image d’en-tête est tirée du Royal MS 14 E IV de la British Library. Ce manuscrit de la fin du XVe est le troisième tome des Anciennes et nouvelles chroniques d’Angleterre de Jehan de Wavrin. Il peut être consulté en ligne au lien suivant. Au premier plan de l’image vous aurez reconnu l’actrice Jodie Comer qui incarne Marguerite de Carrouges dans le film de Ridley Scott.

Notes

(1) Voir Au-delà des apparences : Jean Froissart et l’affaire de la dame de Carrouges, Peter Ainsworth, dans Le droit et son écriture, La médiatisation du fait judiciaire dans la littérature médiévale, ouvrage collectif, 2013

(2) Attention divulgâchage : il y a, du reste, un renversement assez paradoxal opéré par les scénaristes à un moment donné. Marguerite est présentée, tout du long, comme fortement déterminée à laver son propre nom et à prouver qu’elle dit bien la vérité. C’est même elle qui pousse largement son époux à tout faire pour cela. En revanche, quand elle comprend que le duel à mort présente non seulement pour son époux le risque de périr mais aussi pour elle (elle sera exécutée s’il perd), elle lui reproche d’avoir mis sa vie à elle en danger et de l’avoir instrumentalisée.

Idée week end : les médiévales de Crémieu sous le signe du Loup

cremieu_blason_ville_medievale_festival_festivites_moyen-age_idees_sortiesSujet : réjouissances et fêtes médiévales, fêtes historiques, idées sortie, idées week end, lieu d’intérêt
Lieu : Crémieu
Département : Isère
Date : 10 et 11 septembre 2016
Nom : Les médiévales de Crémieu

Bonjour à tous!

D_lettrine_moyen_age_passionécouvrir une ville et son histoire médiévale, le temps d’une sortie ou d’un week end, notre rubrique événements  s’étoffe de semaine en semaine, mais au fond, quoi de plus probant quand il s’agit d’aborder le moyen-âge, de ses siècles à nos jours, que d’en visiter les lieux qui s’en font à nouveau le théâtre? Or, les occasions ne manquent pas et il est même étonnant de voir à quel point les mille ans que couvre cette période nous fascinent encore, peut-être même de manière croissante à en juger par le nombre d’événements proposés  en medievales_cremieu_fetes_festivites_celebration_moyen-ageterre de France, chaque fin de semaine. De fait, il est même parfois difficile de choisir sur lequel mettre l’accent tant nos villes et nos villages, et sans parler encore de ceux de Belgique, de Suisse ou d’Europe, ont à coeur d’éveiller réguliè-rement leurs vieilles pierres pour les faire vibrer à nouveau, le temps d’un festival, de leur histoire médiévale.

De fait, ce week-end, entre toutes les réjouissances médiévales qui se tiennent ici ou ailleurs, deux d’entre elles sont fort tentantes, Elles ont lieu toutes deux en région Rhône-Alpes:  l’une, à quelques pas de Lyon, dans la très jolie cité médiévale de Crémieu. L’autre, en Provence, dans la cité des papes, la prestigieuse Avignon. Comme il faut pourtant bien choisir, nous avons décidé de dédier cet article aux médiévales de Crémieu, Assurément, le nombre d’événements et de célébrations historiques qui se déroulent régulièrement en Avignon nous fourniront d’autres occasions de parler de cette grande cité et de sa célèbre histoire. Si vous êtes dans ses alentours ce week end, voici tout de même le lien du festival des Carmes qui s’y déroule ce week end,  mais pour l’instant place aux belles Médiévales de Crémieu! Cité dauphinoise que nous avons eu l’occasion de visiter plusieurs fois et que nous affectionnons particulièrement!

La 14e édition  des médiévales de Crémieu

* Affiche non officielle des médiévales. voir pied de l’article

Depuis plus d’une dizaine d’années, les médiévales de Crémieu sont devenues une véritable tradition et sont toujours une grande réussite. Leur succès en a même fait l’une des fêtes sur le thème du moyen-âge les plus prisées de la région lyonnaise et des trois départements Ain, Isère et Rhône. Comme chaque année, les festivités couvriront une durée de deux jours pleins. et se dérouleront, à l’habituel, à l’occasion du deuxième week end de septembre. Elles seront, cette fois-ci, sous le signe du loup et pour sorties_week_end_medievale_cremieu_sous_le_signe_du_loupfaire honneur à cette thématique des animations et séances de dressage de l’animal, (rares!) seront même proposées durant l’événement qui s’annonce à l’image des années précédentes riche et haut en couleurs.

Du samedi au dimanche, vous pourrez, bien entendu et en sus du grand marché médiéval ou plus de cents exposants sont attendus, retrouver de nombreuses animations musicales, théâtrales et visuelles dans les rues de la cité médiévale. Pour vous en donner la mesure, chaque année, plus de deux-cents artistes professionnels et trois-cents bénévoles en moyenne sont présents sur le site pour vous y faire revivre le moyen-âge. Cette année, en plus des grandes parades festives programmées, pas moins de huit lieux du centre ville seront le théâtre permanent d’animations du samedi au dimanche, de la fin de matinée jusqu’au soir : ateliers et cremieu_medievales_concert_festif_moyen_age_troubadour_compagnie_gueule_de_loupcamps à thèmes, grands spectacles de chevalerie, mêlées de troupes au combat et à l’arme ancienne, concerts de musique festive et médiévale avec, entre autre, le joyeux trio de la compagnie gueule de loup, mais aussi troupes comiques, troubadours, conteurs, musiciens,   jongleurs, comédiens sur échasses et j’en passe; l’église sera même de la fête et vous proposera des concerts de musiques anciennes.

Ripailles et banquet médiéval sous les merveilleuses halles historique du XVe.
Ripailles et banquet médiéval sous les belles halles historiques du XVe siècle. crédit medievales-cremieu.fr

Entre ripailles et un tour à la taverne, ou au grand banquet arrosé d’hypocras ou de vin rouge (avec modération) sous les majestueuses halles couvertes (photo ci-contre) jusqu’au grand bal médiéval du samedi soir, il y aura encore dans les rues de la belle cité, des processions de ladres avec force crécelles, pour vous ladres_procession_fetes_medievales_cremieufaire souvenir que la lèpre, ramenée des lointaines terres croisées, fut, bien avant la peste noire et durant de longs siècles, un des autres fléaux qui toucha l’Europe médiévale. Rassurez-vous pourtant, ces ladres là, ne dénoteront pas du reste des festivités et n’auront à vous offrir pour contagion que celle du rire et de la bonne humeur.

Le programme des médiévales en détail

Pour plus de détails sur l’ensemble de ce joyeux événement, voyez le programme ci-dessous ou sa version imprimable sur le site officiel des médiévales de Crémieu -> ici.

Crémieu, sur les terres des dauphins

Sise à quelques quarante kilomètres de Lyon, à la pointe nord du département de l’Isère, la cité de Crémieu est riche d’une histoire médiévale et dauphinoise qu’elle a su conserver et valoriser. De fait, point ne serait nécessaire d’attendre l’occasion d’une grande fête médiévale pour aller en découvrir le patrimoine et c’est même d’ailleurs une destination très prisée des fins de semaine pour de nombreux habitants du lyonnais ou du grenoblois qui viennent en arpenter les ruelles et se laisser aller à ses charmes incomparables. Et, du charme, Crémieu en déborde. Elle est de ces lieux encore préservés du temps dans lesquels chaque détour de rue semble vouloir nous conter une histoire.

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Les halles de Crémieu, patrimoine historique du XVe siècle

Ses belles halles du XVe siècle sont désormais presque entrées dans la légende. Nous leur avions d’ailleurs dédié un hommage particulier, il y a quelque temps, à l’occasion d’une vidéo sur le sujet de la charpenterie médiévale. Outre leur esthétique indéniable, elles sont parmi les plus grandes halles de marché couvertes de France, les deuxièmes par la taille – pour en donner une idée, leur charpente, couverte de lauzes sur une surface de 1200 m², dépasse les 400 tonnes- , mais le patrimoine historique de Crémieu ne s’arrête pas là.

cremieu_ville_medievale_patrimoine_historique_moyen-ageHistoriquement, la ville entre véritablement dans la postérité dans le courant du XIIe siècle en devenant le lieu de résidence des Dauphins de la tour qui y construisent un château. Située à la pointe nord de l’Isère et à la frontière nord du Dauphiné historique, province alors indépendante, ces seigneurs y sont puissants et l’emplace-ment hautement stratégique de la cité, au portes de la Savoie et de la route d’Italie, en fait un site de choix. De fait, la présence des dauphins attirera sur la ville une prospérité économique et politique qui durera plusieurs siècles. On battra même à Crémieu monnaie pour leur compte, d’une monnaie qui est alors en usage dans une grande partie du sud-est de la France. Au hasard des rues, vous pourrez d’ailleurs découvrir d’anciennes maisons d’époque, construites du temps où la cité florissante attirait à elle de nombreux marchants venus y commercer.

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De son emplacement stratégique, et militaire, autant que de cet essor économique, la ville conserve de très beaux remparts et dresse encore fièrement ses portes fortifiées du XIVe siècle à l’ombre desquels se tient un couvent d’Augustins et son cloître bâtis entre le XIV et le XVIIe siècle. Installé sur la colline Saint Laurent et dominant la cité, le château des dauphins des XIIe et XIIIe est encore là. Restauré au XIXe siècle, il semble veiller sur la plaine avec bienveillance comme il le faisait déjà plus de huit siècles auparavant. Sur les hauteurs encore, se dressent les remparts fortifiés et les restes du prieuré bénédictin Saint-Hippolyte, déserté par ses moines dans le courant du  XIIe siècle mais dont les pierres résistent à l’assaut du temps.

Voilà, mes amis, un peu de détails sur la cité de Crémieu et sur ce bel événement qui s’y prépare cette fin de semaine. Autant de raisons de plus pour vous rendre sur place, si vous êtes quelque part non loin du Dauphiné, et pour aller y partager un peu de cette histoire, à l’occasion de cette grande fête médiévale.

Une belle journée à tous!
Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

___________________________________________________________________________* Sur l’affiche non officielle des médiévales de Crémieu.  Crédit photo pour l’homme loup: moncommuniquedepresse.com  (Crémieu 2015), Logo officiel des medievales 2016 sur le site medievales-cremieu.fr / Montage, Retouche & création : moyenagepassion.com