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Humour : Comment reconnaître un roi au moyen-age, selon les Monty Python ?

film_moyen_age_cine_sacre_graal_monty_pythonSujet :   humour, légendes arthuriennes,  roi Arthur, extraits, citations, cinéma,  médiéval  fantaisie, hygiène  , idées reçues
Titre :   Sacré Graal (the Holy Grail)
Période    :   haut moyen-âge, moyen-âge central
Réalisation  :    
Les Monty Python  ( 1975)

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous proposons un peu d’humour moderne sur le moyen-âge, avec un nouvel extrait de dialogues du Sacré Graal des Monty Python.  Tandis que le roi Arthur (Graham Chapman) bat la campagne, accompagné de son fidèle serviteur Patsy  (Terry Gilliam) et ses deux noix de coco, il passe au milieu de   son peuple et   la confrontation donne lieu à des échanges hilarants.

Ça doit être un roi…

On se souvient de la scène des paysans  révolutionnaires et  de leur petite leçon de démocratie participative totalement anachronique et décalée.  Ici, c’est un peu différent.  Le légendaire  roi breton ne fait que traverser un village, en suscitant  les commentaires de deux  gueux :  un villageois    (John Cleese)  et un ramasseur de cadavres (Eric Idle) qui pataugent, tous deux, dans la plus  horrible  des fanges.

Extrait de dialogue (Sacré Graal – Monty Python)

Villageois :  C’est qui lui ?
Ramasseur de cadavres :    J’en sais rien.    Ça doit être un roi.
Villageois :   Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
Ramasseur de cadavres : Il n’est pas   (totalement)  recouvert de m….

Version originale   anglaise.

First Man : Who’s that then?
Second Man : I dunno. Must be a king.
First Man  : Why?
Second Man :  He hasn’t got shit all over him.

Rire du moyen-âge  aux temps modernes

jacquouille-la-fripouille-humour-cinema-visiteurs-hygiene-moyen-ageDepuis quelque temps déjà et grâce aux médiévistes, on sait  que la Renaissance  a été une période plutôt moins hygiénique que le Moyen-âge, avec moins de bains publics, moins de mesures prises sur l’hygiène corporelle, etc … (voir l’Ecole de Salerne et l’usage des bains).

Les préjugés, à ce sujet perdurent pourtant, et de leur côté, l’humour et la comédie moderne ne se privent pas de faire rire avec cette idée reçue. Cette dernière est même presque devenue indissociable quand il s’agit de faire rire du moyen-âge et on la retrouve dans un grand nombre de films de cinéma ou de séries comiques : du  Jacquouille la fripouille des Visiteurs ( incarné par le très drôle Christian Clavier), aux pécores de  la série  TV Kaamelott d’Alexandre Astier (Serge Papagalli et Gilles Graveleau) ou même  au personnage de Karadoc, au moment du bain  (Jean-Christophe Hembert).

Il ne faut pas y voir de mal. C’est une convention humoristique  et une référence que tout le monde partage. D’ailleurs, il faut bien reconnaître que, même en connaissant l’origine  de l’idée, l’effet est toujours réussi et nous fait toujours rire.

Voir un autre article sur le Sacrée Graal des Monthy python

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Bande dessinée : à la poursuite de la Légende Dorée avec Jean-Pierre Joblin & Olivier le Discot

legende-doree-bande-dessinee-financement-participatifSujet :   bande dessinée, humour,   monde médiéval, financement participatif,   Jacques de Voragine
Période : moyen-âge, XIIIe siècle.
Auteur : JP Joblin,  Olivier le Discot
Titre : la  légende dorée
Sortie prévue :   2020

Bonjour à tous

U_lettrine_moyen_age_passionne fois n’est pas coutume, nous vous présentons une opération de financement participatif en faveur d’une Bande dessinée humoristique, sur fond de XIIIe siècle mais surtout de médiéval fantasy.

   Nous  vous avions déjà parlé ici d’un de ses auteurs, Jean-Pierre Joblin, à l’occasion d’un excellent spectacle et d’un livre album autour de François  Villon.  Cette fois-ci, Joblin, qui partage ses talents entre l’écriture et l’illustration, se range uniquement du côté du scénario.   Du point de vue des thèmes, il récidive aussi avec le moyen-âge et l’humour qui lui sont tous les deux chers. Côté illustration, il retrouve, dans ce projet, son complice Olivier le Discot. Tous deux  avaient, en effet,  publié, à partir de 2008 et chez Vents d’Ouest, une trilogie dont la BD du jour est une nouvel opus.

De    la légende Dorée  de Jacques de Voragine à la BD et Frère Boulu

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Dans le courant du XIIIe siècle, le  dominicain  et archevêque génois  Jacques de Voragine rédigea un ouvrage liturgique qui allait devenir l’un des plus lus du  Moyen-âge. On le sait par le nombre impressionnant de copie manuscrites et de traduction qui en furent faites.   Sorte de compilation hagiographique, l’ouvrage conte la vie de près de 150 saints  et martyrs chrétiens.  Il  se fera  bientôt connaître sous le nom de Legenda aurea (soit Légende dorée)   et aura une véritable    influence sur la chrétienté médiévale    et sa mythologie.

moine-humour-medieval-moyen-age-legende-doree-joblin-le-discotOn l’aura compris, la bande dessinée qui fait l’objet de l’opération de financement participatif s’inspire de l’histoire et des  Saints, décrits  par Voragine, mais avec un scénario tout à fait original et sur le ton de l’humour. Ainsi, cette Légende Dorée illustrée conte les aventures d’un petit moine replet  :  Frère Boulu.   Bon vivant, épris de bonne chère et  doté du don rare, celui de pouvoir invoquer les Saints, il se  retrouvera, une fois de plus, entraîné dans de folles aventures.   Pour ce nouvel album, elles seront l’occasion de voir défiler une galerie de truculents personnages entre lesquels on reconnaîtra quelques  têtes inspirés du monde réel,  dont  Jean Lassale : le  grandiloquent député des Pyrénées atlantiques qui s’était fait remarquer, en 2017, par sa marche à travers la France et sa candidature à la présidence de la république. Encore tout récemment, il avait aussi investi l’Assemblée Nationale vêtu d’un gilet jaune, en solidarité au mouvement populaire du même nom, ce qui avait aussi fait grand bruit dans la presse.

Quoiqu’il en soit, nous laissons ici la place aux deux compères de cette Légende dorée moderne  pour vous présenter leur opération de financement en  textes et en images.


SAINTE ULULE, PRIEZ POUR NOUS !
par Jean-Pierre  Joblin

couverture-legende-doree-bande-dessinee-s« Il y a bien longtemps, en l’abbaye de Saint-Bibin-l’Imbibé, un jeune moine vivait dans l’amour de Dieu et … du gras de canard.  Non seulement, ce jeune moine pouvait adresser ses prières au saint dont la spécialité correspondait à la nature du problème qui se posait à lui, mais les saints se matérialisaient et venaient l’aider physiquement.  C’est à croire qu’il disposait des pages jaunes de l’annuaire paradisiaque… à moins qu’elles ne fussent… dorées  ! »

– « Alors ?… Quand est-ce qu’il repart vers de nouvelles aventures votre frère Boulu ? »

– « À quand un nouvel album de La Légende Dorée ?… »

Ces questions de lecteurs, combien de fois ne les avons-nous pas entendues dans les festivals, lors de rencontres, de dédicaces ?…

Enfin, une suite

bande-dessinee-legende-doree-frere-boulu-humour-sHé bien, cette fois, après que les planches aient été exposées au Scriptorial du Mont Saint-Michel, après avoir obtenu le prix « Jeune bulle pour le scénario » au Festival Atlantis de Nantes, nous souhaitons remettre la machine en marche et nous redorer la légende !

L’éditeur d’origine n’ayant pas imaginé publier autre chose qu’un triptyque et le paysage éditorial étant ce qu’il est, nous avons décidé de prendre le démon par les cornes.     Depuis des années, nous avons gardé le lien avec un grand nombre de lecteurs enthousiastes. Et c’est pourquoi nous communiquons à ceux qui souhaiteraient participer avec eux à la résurrection de frère Boulu, le lien du financement participatif qui nous permettra de sortir un gros album de 54 pages intitulé « LE VAMPIRE DES KUKULESCHKU » (voir lien en pied d’article).

 bande-dessinee-monde-medieval-humour-legende-doree-joblin-nouvel-album-vampire

Frère Boulu, la Matago, l’abbé Retzina, frère Bruno, frère Aimable, la bande des coquillards et cette vieille carne épiscopale d’Archinaze de Tarabisco vont à nouveau trépigner, glisser, mordre, se bastonner, frémir, bondir, voltiger, festoyer, rigoler, s’empiffrer de gras de canard… et vider des tonneaux de bibinictine !  Il y aura aussi de nouveaux personnages comme Monseigneur Mosquito (inspiré d’un certain Jean Lassale),    Saint Janvier et sa nièce, une délicieuse tête à bande-dessinee-jean-lassale-humour-joblin-monde-medievalclaques nommée sainte Sanguine…  Sans compter le comte et la comtesse Kukuleschku entourés d’une nuée de vampires dans le lointain comté de Bellalugozie. Nous révélerons même le nom du véritable inventeur du boudin !  

C’est avec délectation que nous nous sommes replongés dans l’univers de « La Légende Dorée »  … Nous espérons, dans l’avenir, créer beaucoup de nouvelles aventures ! Aussi, vous qu’un Moyen âge loufoque ne saurait effrayer, vous qui appréciez Rabelais, Villon, « Astérix », « Les Tontons flingueurs », « Le nom de la Rose », « Kaamelott », « Sacré Graal » et « Le bal des vampires » …   Vous, lecteurs de fabliaux, vous, qui vous enflammez à la lecture de maintes fantaisies héroïques, vous qui appréciez les enluminures et le beau dessin, vous devriez jeter un coup d’œil sur ce que nous proposons…

André May, notre coloriste, qui a déjà œuvré sur deux de nos albums sous le pseudo de « Searus » a déployé tout son savoir-faire pour servir au mieux le dessin virevoltant et si expressif d’Olivier Le Discot.

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Lancement de l’album

En cas de succès de l’opération Ulule, nous nous emploierons à sortir ce tout nouvel album pour Noël 2020.   Déjà nous prévoyons un gros événementiel dans les rues de Bourges  : défilé de moines bibinictins, personnages de la série en chair et en costumes, chant de leur hymne :  « D  inn’gueu di-diding diing diing  dingue dong ».   Il est interprété, ci-dessous, par les petits chanteurs à la gueule de bois emmenés par un certain Bruno Daraquy que certains ont déjà peut-être vu sous les hardes du François Villon surgit de mon livre-CD « François Villon, corps à cœur » (musique Malto – Yil édition).

Mais, pour l’heure, il importe de se rendre en pèlerinage sur la page  de l’opération de financement du Vampire des Kukuleschku.  Les collectionneurs pourront même acquérir des planches originales et une édition luxueuse de l’album.

Joblin

Goblin Feet : en 1915, une belle poésie de JRR Tolkien dans la revue Oxford Poetry

jrr-tolkien-poesie-oxford-gobelin-monde-medieval-fantastiqueSujet  :   poésie,  oxford, gobelins,  magie, féerie,   littérature anglaise,   fantaisie, fantasy.
Période    : XXe , Angleterre victorienne,
Auteur    :  JRR Tolkien (1892 -1973)
Titre :    Goblin Feet – Les pieds de Gobelins
Sources :   Oxford Poetry   (1915)

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn 1915, paraissait, dans la revue Oxford Poetry, une poésie de JRR Tolkien qui en disait déjà long  sur son intérêt pour le monde des légendes et de la féerie et son talent à les décrire. Il avait alors 23 ans. Un peu plus tard, en 1920, on retrouverait ce texte  dans The Book of Fairy Poetry  (le  livre de la poésie des fées),  édité par  Dora Owen et illustré par Warwick Goble. Ceci marquerait même l’entrée de Tolkien dans le monde de la littérature pour enfants. A la suite de cette parution et tout au long du XXe siècle, le Goblin feet réapparaîtrait dans des ouvrages du même type ou même des anthologies poétiques. Il serait également mentionné dans une biographie de Tolkien datée de 1977 et, plus récemment encore, dans The Annotaded Hobbit de  Douglas A. Anderson (1988).

Une pièce désavouée par Tolkien lui-même

En France, cette poésie compte parmi les textes publiés les moins connus du  grand écrivain,   aussi nous avons  pensé qu’il pourrait être intéressant de vous la faire découvrir.  En 1971, cinquante ans après sa première parution, JRR  désavouerait cette pièce, en signifiant même à  un éditeur qui souhaitait la réimprimer qu’il regrettait  de l’avoir écrite ou publiée. Voici ses propres mots à ce sujet : « Je souhaiterais que cette petite chose malencontreuse, qui représente tout ce que je serais  amené, si peu de temps après, à  détester avec ferveur, puisse être enterrée à jamais. » (I wish the unhappy little thing, representing all that I came (so soon after) to fervently dislike, could be buried for ever).

Quelques pistes

Difficile d’interpréter cela. Certaines sources indiquent qu’il aurait écrit ce poème pour  sa  fiancée  d’alors (Tolkien : A Biography,    Humphrey Carpenter, 1977) « qui aimait le printemps, les fleurs et les arbres et le petit peuple des elfes« . A en juger par la qualité du texte et la richesse des éléments que  Tolkien y a mis, il n’avait pourtant pas boudé son plaisir à l’écrire.

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Illustration de la poésie Goblin  Feet de Tolkien dans the  Book of Fairy Poetry (1920)

Réaction d’un auteur devenu mature face à une oeuvre de jeunesse ? Certains auteurs soutiennent que  la phrase  de Tolkien ne devait pas être trop prise au sérieux. Il avait pu s’agir en partie d’une pointe d’auto-dérision, voire peut-être de  coquetterie de sa part. Il semble  bien, pourtant, que le texte ne lui plaisait plus.

D’autres y ont vu l’expression possible d’une certaine frustration ou grogne de Tolkien devant les maisons d’édition. N’ayant pu faire paraître son Silmarillion en même temps que le Seigneur des anneaux, malgré de longues tractations avec ses éditeurs,  il aurait pu   se lasser de voir ses « pieds de gobelins » de la première heure,  s’inscrire dans la postérité et ne plus en finir d’être republiés (cf  Jason Fisher – Early Responses to Goblin Feet).   Il est vrai qu’il était   passé, depuis, à un tout autre stade dans son processus de création.

Univers  de contes de fées victoriens

Pour abonder dans ce sens, on notera encore, avec  la spécialiste de littérature fantastique et de Tolkien Dimitri Fimi, que le vocabulaire  et l’ambiance de Goblin feet rattachent la poésie à l’imaginaire victorien en matière de contes de fées et d’êtres fantastiques : gnomes, Leprechauns, petites fées volantes telles la fée clochette de Peter Pan (voir  Dimitri  Fimi « Come sing ye light fairy things tripping so gay”: Victorian Fairies and the Early Work of J.R.R. Tolkien  » – lien alternatif pdf).  Plus tard,  Tolkien allait créer son propre bestiaire et son propre univers, en s’affranchissant largement de ces codes et de ces références. Face à ces petits pieds de gobelins qui semblaient alors l’enchanter,  il allait faire des pieds de ses hobbits une de leur plus curieuse caractéristique.  De son côté, Gollum garderait ce pas furtif des êtres décrits ici, mais les histoires de JRR allaient s’ancrer bien plus résolument dans le monde médiéval.

Retenir la magie

Quoiqu’il en soit, que Tolkien ne nous en veuille pas de republier ici  cette poésie. En accord avec de nombreux éditeurs, nous continuons de la trouver excellente. Comme nous le disions plus haut, elle présente également l’intérêt de nous montrer la fascination précoce  de l’auteur anglais pour les mondes féeriques et  magiques, autant que son aptitude à  en retraduire les ambiances. Sous les émotions   soulevées chez le poète par  cette vision nocturne,  il nous semble aussi lire une   parabole  de ce qu’il aura tenté de faire tout au long de sa vie d’écrivain    :  le merveilleux est là, quelque part dans sa vaste imagination. Il en  est le témoin fasciné et il n’a de cesse de le suivre, pour le graver de sa plume, de crainte qu’il ne disparaisse à jamais. Au fond, tout Tolkien semble déjà contenu dans cette intention :  retenir la magie  et faire en sorte que notre monde  ne réussisse jamais tout à fait à l’anéantir

Vers une traduction française  de Goblin  feet

Nous n’avons pas trouvé de traduction française de cette belle poésie et s’il en existe une, elle nous a, pour l’instant, échappé.  Aussi, nous  avons décidé  de nous y atteler. Une fois de plus, ce n’est pas une adaptation ; nous suivons presque à la lettre le fil littéral de la langue d’origine. La musicalité, le rythme   et le nombre de pieds   sont  perdus  au passage : traduire c’est trahir. Il faut s’y résoudre en poésie plus qu’en toute autre matière. L’exercice n’a d’autres prétentions que de mettre à portée des lecteurs non anglophones   le sens général de ce texte du grand Tolkien.


The Goblin feet de Tolkien
ou les pieds de gobelins

I am off down the road
Where the fairy lanterns glowed
And the little pretty flittermice are flying :
A slender band of grey
It runs creepily away
And the hedges and the grasses are a-sighing.
The air is full of wings,
And of blundering beetle-things
That warn you with their whirring and their humming.
O ! I hear the tiny horns
Of enchanted leprechauns
And the padding feet (1) of many gnomes a-coming !

Je suis au bas de la route,
Où brillaient les lanternes des fées
Et les jolies petites chauve-souris volent :
Une fine bande de gris
Qui s’enfuit de manière terrifiante
Et les haies et les herbes soupirent.
L’air est rempli d’ailes
Et de coléoptères empotés 
Qui vous mettent en garde avec leurs sifflements et bourdonnements
ô ! j’entends les petites cornes
De lutins enchantés
Et les pieds  furtifs de nombreux gnomes qui s’approchent.

O ! the lights : O ! the gleams : O ! the little tinkly sounds
O ! the rustle of their noiseless little robes :
O ! the echo of their feet—of their little happy feet :
O ! their swinging lamps in little starlit globes.

ô ! les lumières : ô ! les lueurs : ô ! les petits tintements
ô ! le bruissement de leurs petites robes silencieuses :
ô ! l’écho de leurs pieds —  de leurs petits pieds joyeux :
ô ! leurs lampes qui se balancent dans leurs petits globes étoilés.

I must follow in their train
Down the crooked fairy lane
Where the coney-rabbits long ago have gone,
And where silverly they sing
In a moving moonlit ring
All a-twinkle with the jewels they have on.
They are fading round the turn
Where the glow-worms palely burn
And the echo of their padding feet is dying !
O ! it’s knocking at my heart—
Let me go ! O ! let me start !
For the little magic hours are all a-flying.

Je dois suivre leur sillage
Jusqu’au bas de la rue de la fée tordue
où les lapins sont allés depuis longtemps déjà.
Et où ils chantent et dansent
En un cercle argenté sous la lune
Tout scintillants des joyaux  qu’ils portent.
Ils disparaissent au détour du chemin
Là où les vers luisants pâlement se consument,
Et l’écho de leurs pieds    furtifs  s’évanouit  (meurt)    maintenant !
ô ! Cela fait battre mon cœur    — 
Laissez moi partir ! ô ! laissez moi m’en aller !
Car les petites heures magiques sont sur le point de s’envoler.

O ! the warmth ! O ! the hum ! O ! the colours in the dark !
O ! the gauzy wings of golden honey-flies !
O ! the music of their feet—of their dancing goblin feet !
O ! the magic ! O ! the sorrow when it dies.

ô ! la chaleur ! ô ! le bourdonnement ! ô ! les couleurs dans l’obscurité
ô ! les ailes translucides  des mouches-à-miel    (abeilles) dorées!
ô ! la musique de leurs pieds  —  de leurs pieds dansants de gobelins
ô ! la magie ! ô ! la tristesse quand tout cela s’arrête. (cela meurt)


(1) Concernant ces padding feet.  Au sens propre  et dans le domaine textile, le mot padding  renvoie   à la notion de matelassage, de rembourrage. To pad peut encore signifier marcher à pied  mais la piste ne semble pas la bonne. En creusant un peu, on  trouve « padding feet »  utilisé dans  le sens de pieds  dont le son   est doux et étouffé. Nous avons donc opté pour « pieds furtifs »  qui ne nous satisfait qu’à moitié. De fait, nous serions  heureux d’avoir l’avis de spécialiste de langue anglaise sur la question.

En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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