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Le monde médiéval au Festival de l’Histoire de l’Art de Fontainebleau

evenement-festival-histoire-de-l-art-patrimoine-FHA-2019_conferences-documentaires_monde-medievalSujet : festival, conférences, film-documentaires, histoire de l’art, Salon du Livre, monde médiéval, patrimoine, ministère de la Culture.
Evénement : Festival de l’Histoire de l’Art
Lieu : Château de Fontainebleau,
Seine-et-Marne, Île-de-France
Dates : du 7 au 9 juin 2019

Bonjour à tous,

L_lettrine_moyen_age_passiones 7, 8 et 8 juin prochain, le  Festival de l’Histoire de l’Art se tiendra à nouveau à Fontainebleau. Il s’agira de la 9ème édition de ce grand événement, organisé par le ministère de la Culture, l’Institut National d’Histoire de l’Art et le château de Fontainebleau.

Un festival d’exception
autour de l’Histoire de l’art et du patrimoine

festival-histoire-de-l'art_FHA-2019_Fontainebleau_conferences_documentaire_monde-medieval_patrimoineLe programme de cette mouture 2019  proposera près de 300 manifestations autour de l’Art et de son histoire : spectacles, expositions, visites guidées grand salon du Livre d’art réunissant plus de 80 éditeurs, mais encore projections de films documentaires, ainsi que conférences et tables rondes. En plus des nombreux chercheurs et experts en Histoire de l’Art ou issus de disciplines diverses (sciences de la nature, sciences humaines, etc …) on pourra y échanger avec des artistes, écrivains, cinéastes, réalisateurs, comédiens, musiciens, o encore architectes.

Cette année, c’est le thème du Peuple qui a été choisi et les pays du nord de l’Europe y seront particulièrement à l’honneur puisqu’ils  font partie des invités de choix du festival.

Visitez le site officiel du FHA 2019 – Page Facebook officiel

Le Moyen-Age au FHA 2019

On l’aura compris, l’événement est en soi d’un grand intérêt, mais sur le sujet plus particulier du moyen-âge, vous y trouverez des conférences et projections réunissant des intervenants de grande qualité.  En voici un digest.


 Les Vikings  entre archéologies et mythes

Conférence sur le monde matériel et spirituel Viking. Rapprochement des modes de vies et croyances de ces peuples nordiques avec celles des peuples d’Europe et du Moyen-Orient, du haut Moyen Âge.

Isabelle Bardiès  Musée de Cluny
Jeanette Varburg  Musée National de Danemark
Vendredi  7 juin de 14h à  15h – Château de Fontainebleau
Fresque; La Dormition, Abbaye d'Abou Gosh, XIIe siècle, Jerusalem, Moyen-Age central
Fresque; La Dormition, Abbaye d’Abou Gosh, XIIe siècle, Jerusalem, Moyen-Age central

L’église d’Abu Gosh et ses peintures du Moyen-âge central

Au XIIe siècle, une église fut élevée sur le lieu reconnu comme celui de la rencontre d’Emmaüs. Conférence sur ses fresques, réalisées par des artistes byzantins, à destination de fidèles hétéroclites (pèlerins, locaux, moines guerrier, etc…)

Jean-Baptiste Delzant (Université d’Aix- Marseille)
Samedi 8  juin de 10h à  11h – Château de Fontainebleau

La tapisserie de Bayeux : mondes vikings et  tradition tardo-antique et carolingienne.

Une conférence autour de cette tapisserie de choix pour comprendre l’héritage et les coutumes vikings en Normandie, mais aussi la vie des XIe et XIIe, ainsi que les décors des demeures civiles les plus prestigieuses. 

Xavier Barral i Altet, Universités de Rennes et de Venise
Samedi 8  juin de 11h à  12h
– Château de Fontainebleau


Les Chansons de troubadours  par Yvette Guilbert

Conférence sur Yvette Guilbert, chanteuse de la fin des XIXe/XXe siècle, qui a fait revivre les mélodies et chansons médiévales en les adaptant à la scène pour créer un répertoire hybride propre à séduire le grand public. 

Isabelle Ragnard musicologue, maître  de conférence Sorbonne
Samedi 8  juin de 17h30 à  18h30 – Château de Fontainebleau
Conférence sur la tapisserie de Bayeux, Moyen-Age
Conférence sur la tapisserie de Bayeux, Moyen-Age

Vie quotidienne, calendriers runiques et fresques d’églises

Au Xe siècle, les Islandais introduisent un calendrier de 52 semaines et 364 jours. Avec le Christianisme, l’Église lui substituera le calendrier Julien. Une conférence sur les systèmes calendaires et runes scandinaves préservés en France, et sur les fresques des églises scandinaves.

Jens Ulff-Meller Colombia University
Dimanche 9 juin de 10h à 11h – Hôtel Aigle noir – Fontainebleau

Film documentaire :  Bazin roman 

Un peu avant sa mort, le cofondateur des Cahiers du Cinéma, André Bazin entreprit un tournage autour des églises romanes de la Saintonge. Ce documentaire suit les pas du critique et son projet inachevé tout en abordant l’histoire, l’art roman et les paysages.

Projection, suivi d’un, échange en présence des réalisateurs.
Marianne Dautrey et Hervé Joubert-Laurencin
Dimanche 9 juin de 14h15 à 16h15
–  Cinéma Ermitage


Film documentaire : À la recherche de Vaubeton

documentaire_monde-medieval_archeologie-architecture_girart-de-roussillon_moyen-ageSur les traces de Girart de Roussillon et la bataille de Vaubeton, Michelle Gales parcoure le pays bourguignon et le questionne. La Fête des moissons, les vestiges archéologiques, les pratiques locales peuvent-elles évoquer l’histoire et se réapproprier les légendes ?   (voir notre article sur ce documentaire).

Le film sera suivi d’un échange avec Michelle Gales, réalisatrice, et Isabelle Ragnard musicologue,  maître de conférence à la Sorbonne

Dimanche 9 juin de 16h15 à 19h00
Cinéma Ermitage, Fontainebleau


En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Monde Médiéval sous toutes ses formes.

Roman « Frères devant Dieu ou la Tentation de l’alchimiste » : vu sur Netgalley

roman_freres-devant-dieu_medecin_alchimie_medieval_moyen-age_chretienSujet : roman, aventure,  médecine médiévale, alchimie, monde chrétien, science médiévale.
Période : Moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur : Frédéric EFFE
Titre : Frères devant Dieu ou la Tentation…
Date de parution :  mars 2019



« Philosophie , médecine, religion, croyances et vie médiévale font de ce roman un agréable moment de lecture. Le narrateur est soit omniscient, soit ce sont les personnages tour à tour et c’est ce qui permet d’impliquer le lecteur encore plus dans l’histoire. J’aime beaucoup les romans historiques et celui ci m’a beaucoup plu. » 

Isabelle. Lectrice sur Netgalley.


Trouver ce roman en ligne –  Voir article détaillé à son sujet

Conte médiéval : l’exemple XVI du Comte de Lucanor de Don Juan Manuel

armoirie_castille_europe_medievale_espagne_moyen-ageSujet : auteur médiéval, conte moral, Espagne Médiévale, littérature médiévale, réalité nobiliaire, vassalisme, monde féodal, Europe médiévale.
Période  : Moyen-âge central ( XIVe siècle)
Auteur  :   Don Juan Manuel (1282-1348)
Ouvrage : Le comte Lucanor, traduit par Adolphe-Louis de Puibusque (1854)

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn explorant la littérature et les faits de l’Espagne médiévale, nous avions, il y a quelque temps, croisé la route de Don Juan Manuel de Castille et de Léon, prince de Villena et duc de Penafiel et d’Escalona, entre autres titres.

Après avoir été l’un des tuteurs du jeune roi Alphonse XI, les deux hommes avaient fini par s’affronter dans des luttes sans merci, pour finalement se réconcilier, longtemps après, face à l’avancée des armées maures et aux exigences de la Reconquista. Entre temps, une princesse, la fille de Don Juan Manuel avait été retenue en otage, plus de 10 ans, par la couronne, de perfides guet-apens et de sanglants assassinats avaient aussi eu lieu, qui pourraient faire penser à certaines scènes parmi les plus spectaculaires du trône de fer de GRR Martin. Et, au sortir, la vie et la destinée de ce puissant et noble seigneur espagnol du XIVe siècle semblent ne rien avoir à envier aux plus grands romans d’aventure (voir portrait et bio détaillé ici).  Aujourd’hui nous revenons donc à lui, à travers le plus célèbre de ses écrits : Le comte de Lucanor, précis d’éthique et de moral, considéré comme un ouvrage d’importance majeure pour la littérature espagnole médiévale.

Grands vassaux et seigneurs du moyen-âge,
entre tensions et luttes incessantes

Loin de l’image d’éternelles ripailles et de joyeuses agapes, de flamboyants tournois ou encore de grandes chasses en forêt, être noble et seigneur, dans le courant du Moyen-âge central, est loin d’être de tout repos, tout spécialement quand on se tient proche des couronnes et qu’on en est un grand vassal. S’il y eut, bien sûr, des périodes propices au relâchement, la vie des puissants du monde féodal demeure mouvementée. Sans même parler des départs pour la terre sainte qui ont ruiné un nombre non négligeable d’entre eux deco_medieval_espagne_moyen-agequand ils ne les ont pas simplement décimés, leurs devoirs envers leurs suzerains autant que leurs alliances, dans le contexte de guerres de territoire et de pouvoir incessantes, à quoi on ajoutera  encore l’ambition d’autres héritiers ou de provinces voisines, forment bien des raisons pour eux d’avoir à s’inquiéter.

Si on la connait généralement mieux dans le contexte de l’Histoire française, cette réalité est présente sur de nombreuses terres de l’Europe médiévale et la vie de Don Juan Manuel pourrait presque en sembler un archétype, pour ne pas dire une caricature : entre pressions royales sur ses possessions et titres, fausses promesses et complots, mais aussi, réalité des invasions maures sur le territoire espagnol, peu de répit lui fut laissé et on retrouve cet esprit, évoqué plus haut, de tensions fréquentes sinon permanentes, entre de nombreuses lignes du Comte de Lucanor : la confiance n’y est jamais acquise, bien au contraire, c’est presque toujours la réserve et la méfiance qui l’emportent et, dans ce climat « délétère », les trêves semblent toujours chargées de la menace de futurs offensives ou de futurs traîtrises : la défaite, la mort, le déshonneur planent. C’est encore le cas dans cet Exemple XVI qui nous occupe aujourd’hui. Bien qu’arrivé à un certain âge, le noble espagnol se questionne encore sur le bien fondé de se distraire un peu. Comme nous l’apprend Adolphe-Louis de Puibusque, dont nous suivons ici la traduction, Don Juan Manuel puise d’ailleurs son inspiration dans l’Histoire, en invoquant le personnage de Fernán González  (Ferdinand Gonzalez de Castille), puissant comte, seigneur et chevalier espagnol du Xe siècle, entré dans la légende. La réponse que fait ici ce dernier à son parent Nuños Lainez est, en effet, tirée de la Première Chronique générale d’Alphonse X de Castille (Primera crónica general – Estoria de Espana). La boucle est ainsi bouclée.

Au delà du spectre de la défaite ou de la déroute, la morale de ce conte porte son propos un peu plus loin, en opposant au renom, l’oisiveté, désignée ici comme un des plus grands ennemis du prince ou de celui qui veut laisser, à la postérité, quelque souvenir de son nom.


Le Conte Lucanor

Exemple XVI : de la réponse que le comte Fernan Gonzalez fit à Nuño Lainez, son Parent.

L_lettrine_moyen_age_passion_citatione comte Lucanor s’entretenait un jour avec Patronio, son  conseiller : «  Patronio, lui dit-il, vous savez que je ne suis plus très jeune et que j’ai eu beaucoup de soucis et de peines dans ma vie :  Eh bien ! je voudrais maintenant me donner du bon temps, chasser à loisir et me débarrasser enfin de tout le fardeau des affaires ; comme vous ne pouvez me conseiller que pour le mieux, dites-moi, je vous prie, ce que vous pensez de telle résolution. »

— Seigneur comte, répondit Patronio, puisque vous demandez un avis raisonnable, je voudrais qu’il vous plût d’apprendre ce que le comte Fernan Gonzalez dit un jour à Nuño Lainez.

— Volontiers, dit le comte.

Et Patronio poursuivit ainsi :

— Le comte Fernan Gonzalez, qui résidait à Burgos, avait eu fort à faire pour défendre ses domaines ; il arriva un moment de tranquillité qui lui permit de respirer un peu plus librement : alors Nuño Lainez, pensant que tout irait au mieux désormais l’engagea à se donner quelque répit et à ménager ses pauvres gens :  » Certes, lui répliqua le comte, personne ne désire plus que moi se donner congé et liesse, mais j’ai guerre avec les Mores, avec les Léonais, avec les Navarrais, et si je me croise les bras, mes ennemis ne manqueront pas d’en profiter pour fondre sur mes terres ; je sais que s’il me plait de chasser avec de bons faucons et de chevaucher sur de bonnes mules dans tout le pays d’Arlanza, j’en suis bien le maître ; mais il pourra m’arriver ce que dit le proverbe : L’homme mourut et sa renommée avec lui : tandis que si je n’ai le souci que d’échapper à l’oisiveté, de tout faire pour me défendre et de laisser bonne mémoire, on retournera le proverbe en disant : L’homme mourut, mais non sa renommée. Puisqu’un jour nous devons tous trépasser, bons ou mauvais, il ne conviendrait pas, ce me semble, de sacrifier à l’amour du plaisir des devoirs dont l’accomplissement peut faire vivre notre nom en ce monde longtemps après que nous n’y serons plus.

— Et vous, seigneur comte Lucanor, qui savez aussi qu’il vous faudra mourir, occupez-vous toujours de votre réputation, et n’immolez rien à l’amour du repos ou du plaisir, si vous tenez à ce que votre nom vous survive.

Le comte goûta beaucoup ce conseil, il le suivit et s’en trouva bien. Don Juan Manuel, estimant aussi que la leçon était utile à retenir, la fit écrire dans ce livre et composa deux vers qui disent ceci :

« Nos jours sont peu nombreux, qui veut être cité
Ne doit se reposer que dans l’éternité. »*

*On notera que bien que très réussis, les deux vers de fin, issus de la traduction de  A de Puibusque  sont très librement inspirés de l’original.

Version espagnole (ancien) original :

« Si por viçio et por folgura
la buena fama perdemos,
la vida muy poco dura,
denostados fincaremos. »

Si par vice ou par folie
Nous perdons notre renommée
La vie est de courte durée
Nous demeurerons injuriés (déshonorés).

Version espagnole moderne

« Si por descanso y placeres la buena fama perdemos,
al término de la vida deshonrados quedaremos. »

Si par paresse ou pour céder aux plaisirs, nous perdons notre renommée
A la fin de notre vie, nous resterons déshonorés.

En vous souhaitant une excellente journée.
Fred
pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen-âge sous toutes ses formes

Quand « le diable s’agite » au Moyen Age central, avec Jacques le Goff

citations_moyen-age_monde-medievalSujet : citation, moyen-âge chrétien, Diable, représentations médiévales, historien médiéviste
Auteur : Jacques le Goff
Livre : L’Europe est-elle née au Moyen-âge ?  (1964)

Bonjour à tous,

D_lettrine_moyen_age_passionans son ouvrage L’Europe est-elle née au Moyen-âge, l’historien médiéviste Jacques le Goff nous parlait de ce « Diable qui s’agite » à partir des XIe et XIIe siècles.


« A partir des XI, XIIe siècles, (…) plus que jamais, le salut des hommes et des femmes dépend du résultat d’un conflit constant. Celui du combat entre les vertus et les vices. On les représente, les vertus, comme des chevaliers fortement armés, et les vices comme des guerriers païens désordonnés. Le monde du péché est plus que jamais dominé par les agressions du diable, cet « ennemi du genre humain », qui se  déchaîne pendant cette période où il atteint une grande popularité et soulève des peurs accrues. (…).  

jacques-le-goff_historien-medieviste_citations-moyen-age_extraits_monde-medievalLe diable effraie et torture l’homme par des apparitions, des hallucinations, des métamorphoses, par exemple en animaux, des fantasmes, qui cherchent constamment à le faire tomber dans le péché et à en faire un gibier d’enfer. Certes, l’Église organise la lutte contre le diable et l’Enfer ; exorcisme, prières, purgatoire, font partie de cet arsenal de défense contre Satan. Mais, dans ce monde où le pouvoir a toujours des formes impériales, Satan est en train de devenir celui que Dante appellera « l’imperador del regno doloroso ». »

Jacques le GoffL’Europe est-elle née au Moyen-âge ?


Au passage, pour mieux vous plonger dans l’esprit de ce que nous décrit ici Jacques le Goff, nous vous invitons à découvrir notre dernier roman sur fond de moyen-âge historique : Frères devant Dieu ou la Tentation de l’alchimiste. (trailer utube au lien suivant). Il vous entraînera dans un monde médiéval, entre ombre et lumière, avec son lot de superstitions, de méfiance et d’ignorance, dans lequel le malin et ses tours ne sont jamais très loin.

En vous souhaitant une bonne journée.

Frédéric EFFE
Moyenagepassion.com
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