Sujet : fêtes, festivités médiévales, Jeanne d’Arc, guerre de cent ans, commémoration historique, histoire vivante, défilé, marché médiéval, patrimoine culturel immatériel. Période : moyen-âge tardif, XVe siècle Lieu : Orléans, Loiret, Centre-Val de Loire Evénement : 590e fêtes Johanniques d’Orleans Dates : du 29 avril au 8 mai 2019
Bonjour à tous,
ébutées depuis hier déjà, les traditionnelles fêtes johanniques sont de retour à Orléans, cette semaine. Jusqu’au 8 mai, elles célébreront le reprise de la ville des mains des angloys par la jeune et légendaire guerrière du Moyen-âge tardif : de son entrée dans la cité, jusqu’à la remise de l’étendard, en passant par un office religieux solennel à la cathédrale Sainte Croix, l’événement se clôturera avec les hommages officiels et un grand défilé.
C’est la 590e fois que ces réjouissances, qui comptent parmi les plus anciennes fêtes commémoratives de France, se tiendront à Orléans. Depuis près de six siècles, leur succès ne s’est pas tari et, ces dernières années, elles ont attiré, en moyenne et à chaque nouvelle édition, près de 100 000 personnes, Depuis 2018, les fêtes johanniques d’Orléans ont même été ajoutées à l’inventaire du Patrimoine culturel immatériel de France.
Cette édition 2019 mettra particulièrement à l’honneur la fraternité, en associant à la fête les villes jumelées avec la cité d’Orléans. Le thème fait sens puisque l’histoire de l’héroïne médiévale a largement débordé les terres de France pour être connue dans le monde entier. Côté temps fort, en plus de la mise en scène de l’épopée orléanaise de Jeanne d’Arc dans les rues de la cité, on retrouvera sur place et à l’habitude de nombreuses animations, parades et réjouissances d’inspiration médiévale, mais aussi des concerts (classiques ou plus électro) et encore un grand spectacle son et lumière projeté sur les murs de la cathédrale (le 7 mai).
Jeanne d’Arc victorieuse des Anglais entre à Orléans, Jean-Jacques Scherrer, 1887
Comme chaque année, depuis sa première apparition sur le site, il y a plus de cent ans, en 1912, le vaste marché médiéval sera à nouveau installé, au Campo Santo, près de la cathédrale. A l’occasion de cette édition, il ouvrira ses portes du samedi 4 jusqu’au 8 mai. Plus de 100 exposants s’y tiendront et en plus des échoppes, on pourra y croiser, danse, musique, farces et scénettes, ou encore jeux d’époque variés. Des tavernes seront aussi à la disposition des visiteurs affamés ou assoiffés.
Du coté des animations toujours, le samedi, un grand campement composé de plusieurs compagnies médiévales sera également planté sur le site de La Clairière. Il proposera, lui aussi, son lot de divertissements aux couleurs du Moyen-âge : ateliers d’époque, danses, musiques et démonstrations de combats et d’escrime ancienne, etc…
Compagnies médiévales présentes (marché et campement)
La Mesnie des Leus du Val de Loyre – Cléry, son Histoire en Lumière – La Compagnie des Hauts Coeurs – Les Chardons d’Orléans – Bella Travée – Gueules de Loup – Sembadelle – Corazon – La ferme du Chaineau – Médiémômes. Vol en Scène – Compagnies les Pies
Pour le détail des autres spectacles et concerts prévus à l’occasion de ces fêtes johanniques d’Orléans, nous vous laissons consulter le programme détaillé aux liens suivants.
Sujet : complainte, poésie médiévale, poésie satirique, guerre de cent ans, extraits, moyen-Français, misère, laboureurs Période : Moyen-âge tardif, XVe siècle. Titre : Complainte du pauvre commun et des pauvres laboureurs de France Auteur : anonyme Ouvrage : Les chroniques d’Enguerrand de Monstrelet, (milieu du XVe)
Bonjour à tous,
ujourd’hui, nous vous proposons de découvrir un large extrait d’une poésie satirique du moyen-âge tardif, ayant pour titre la Complainte du pauvre commun et des pauvres laboureurs de France. Du point de vue des sources, cette complainte est tirée des Chroniques deEnguerrand de Monstrelet (1400-1453),
Avec cet ouvrage portant sur l’histoire de la première moitié du XVe siècle (1400-1444). le noble chroniqueur d’origine picarde qui servit entre autres seigneurs, les ducs de Bourgogne, entendait poursuivre le travail engagé par Jean Froissard. S’il influença par ses écrits certains auteurs de son temps, on lui prêta, toutefois, moins de rigueur et de talent que ce dernier. Rabelais écrivit même de lui qu’il était « baveux comme un pot de moutarde » ( Molinier Auguste – L’Histoire de France 1904, T4 ). Quant à son impartialité, notre auteur n’échappa pas à la règle, maintes fois vérifiée, mais encore bien plus manifeste dans le courant du moyen-âge, qui veut que l’Histoire ait toujours un point de vue.
Cela étant dit, ce qui nous intéresse aujourd’hui, n’est pas tant le récit du chroniqueur que cette complainte du pauvre commun qu’il ne fait que retranscrire, sans l’attribuer, et qui n’est pas de sa plume. Dans son ouvrage La Satire en France au Moyen-Âge (1893) Charles Felix Lenient rapproche ce texte, son ton satirique et une part de son inspiration du Quadrilogue Invectif d’Alain Chartier, mais il hésite tout de même à lui en attribuer, de manière certaine, la paternité. Elle demeure, en tout cas, non signée, dans les Chroniques d’Enguerrand.
Misères des laboureurs & temps troublés
Datée du début du XVe siècle, cette poésie réaliste nous conte le triste sort de nombre de paysans saignés par la guerre de cent ans, les pillages, les disettes et les taxes. Sous la pression des événements, certains en furent même réduits à fuir les campagnes, tristes hordes de familles en guenilles, mendiant dans les villes, pour subsister. Cette complainte en est restée le témoin. Ces « pauvres communs et laboureurs » en appelaient alors à la charité de tous, dans l’indifférence générale, s’il faut en croire ces vers. Sous la complainte, la menace planait aussi clairement puisqu’ils y mettaient en garde les seigneurs et le roi des conséquences fâcheuses où cette indifférence pourrait les conduire: effondrement du royaume par sa base, d’abord, mais plus loin menace ouverte de révolte incendiaire ou même encore désertion du pays. Quant à l’Eglise, nos pauvres laboureurs l’appelait aussi à leur rescousse afin qu’elle intercède auprès des nobles pour leur rappeler leur devoir de chrétiens.
Ci-contre les Chroniques deEnguerrand de Monstrelet, ManuscritCod 37 (A,) Bibliothèque bourgeoise de Bern. voir en ligne)
Il faut, avec Charles Felix Lenient, constater que cette clameur du peuple et des pauvres gens demeure une des plus poignantes à nous être parvenue de cette période. Ses accents vibrants de sincérité lui confère une place très particulière dans la poésie satirique et réaliste du moyen-âge.
La complainte du pauvre commun
et des pauvres laboureurs de France
Hélas ! hélas ! hélas ! hélas ! Prélats , princes , et bons seigneurs , Bourgeois, marchans, et advocats, Gens de mestiers grans et mineurs, Gens d’armes , et les trois estats , Qui vivez sur nous laboureurs , Confortez nous d’aucun bon ayde ; Vivre nous fault, c’est le remède.
Vivre ne povons plus ensemble Longuement, se Dieu n’y pourvoye : Mal fait qui l’autruy tolt* (enlève, ôte) ou emble* (dérobe, vole) Par barat* (ruse, tromperie), ou par faulse voye. Perdu avons soulas et joye L’en nous a presque mis à fin , Car plus n’avons ne blé ne vin.
Vin ne froment ne autre blé. Pas seullement du pain d’avoyne , N’avons nostre saoul la moité Une seulle fois la sepmaine : Les jours nous passons à grand’ peine , Et ne sçavons que devenir ; Chacun s’en veult de nous fuyr,
Fuyr de nous ne devez mie, Pensez-y, nous vous en prions. Et nous soustenez nostre vie ! Car, pour certain , nous languissons. Allangouris nous nous mourons, Et ne gravons reméde en nous , Seigneurs , pour Dieu , confortez-nous.
Confortez-nous, vous ferez bien, Et certes vous ferez que saiges : Qui n’a charité, il n’a rien. Pour Dieu , regardez noz visaiges , Qui sont si piteux et si pâlies , Et noz membres riens devenir, Pou nous povons plus soustenir.
Soustenir ne nous povons plus En nulle maniére qni soit : Car, quand nous allons d’huys en huys, Chacun nous dit : Dieu vous pourvoye ! Pain, viandes, ne de rien qui soit, Ne nous tendez nen plus qu’aux chiens , Hélas! nous sommes chrestiens.
Chrestiens sommes-nous voirement* (véritablement) , Et en Dieu sommes tous vos frères , Si vous avez l’or et l’argent Ne sçavez si durera guères : Le temps vous aprestent les biens , Et si mourrez certainement , Et ne savez quand , ne comment.
Comment dictes-vous et pensez Plusieurs choses que de nous dictes , Que ce nous vient par noz péchez , Et vous en voulez clamer quittes. Pour Dieu jà plus ne le dictes , Et autrement nous confortez Pour ce en pitié nous regardez.
Regardez-nous, et si pensez , Que sans labour ne povez vivre , Et que tous sur nous vous courez : ( Long- temps a que chacun nous pille) Ne nous laissez ne croix ne pille, Ne rien vaillant que vous puissiez , De quelque estat que vous soyez.
Soyez, si vous plaist, advisez , Et que de cecy vous souvienne , Que nous ne trouvons que gaigner , Ne nul qui nous mette en besongne. Chacun de vous de nous s’eslongne , Mais s’ainsi nous laissez aller , A tard vous en repentirez.
Repentirez vous si acertes, Que si ainsi nous en allons , Vous cherrez les jambes retraictes , Et au plus prés de voz talons ; Sur vous tumberont les maisons , Vos chasteaulx et vos tenemens* (propriétés) : Car nous sommes voz fondemens.
Voz fondemens sont enfondus, N’y a mais rien qui les soustienne ; Les murs en sont tous pourfondus, N’y a pilier qui les retiengne, N’y estat qui en rien se faingne De nous mener jusque au plus bas : Pource nous fault crier , hélas !
Hélas! prélats et gens d’église, Sur quoy nostre foy est assise, Chiefs estes de chrestienté , Vous nous voyez nuds sans chemise Et nostre face si eslize , Et tous languis de povreté. Pour t’amour Dieu , en charité , Aux riches gens ce remonstrez Et que vous les admonestez. Qu’ils ayent pitié d’entre nous autres , Qui pour eux avons labouré Tant que tout leur est demouré : De noz povretez ils sont causes , Comme leur dirons cy en bas : Pour ce nous fault crier , hélas !
Hélas ! trés puissant roy françois , Nous pensons si bien ravisois , Et tu feusses bien conseillé, Qu’aucun pou nous espargnerois : Tu es le roy de tous les roys , Qui sont en la chrestienté, Dieu t’a ceste grand’ dignité Raillée , pour raison deffendre, Et diligentement entendre Aux complainctes qui vont vers toy ; Et par ce garder nous pourras , De ainsi fort crier , hélas !
Hélas ! trés noble roy de France , Le pays de vostre obéissance Espargnez-le : pour Dieu mercy , Des laboureurs ayez souv’nance, Tout avons prins en patience Et le prenons jusques à icy; Mais tenez-vous asseur, que si Vous n’y mettez aucun reméde, Que vous n’aurez chasteau ne ville, Que tous seront mis à exille , Dont jà sommes plus de cent mille Qui tous voulons tourner la bride , Et vous lairions tout esgaré, Et pourrez cheoir en tel trespas , Qu’il vous faudra crier , hélas !
Hélas ! ce serait grand douleur Et grand’ pitié à regarder, Qu’un si très excellent seigneur Criast , hélas ! Or y pensez , Pas ne serez le premier , Qui par deffaut de raison faire , D’estre piteux et débonnaire Aurait esté mis en exil. Tenu estes de bon affaire , Mais que n’ayez point de contraire Dieu vous garde de ce péril ! Et nous mettez si au délivre, Qu’en paix puissions dessoubs vous vivre Dés le plus haut jusques au bas, Tant que plus ne crions , hélas !
En vous souhaitant une belle journée.
Fred
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Sujet : fêtes historiques, célébration, Jeanne d’Arc, Guerre de cent ans, animations médiévales, fêtes johanniques Période : XVe, moyen-âge tardif Evénement : 10e Fête médiévale du départ de Jeanne d’Arc Dates : le samedi 23 et dimanche 24 février 2019 Lieu : Vaucouleurs, Meuse, Région Grand Est
Bonjour à tous,
ans le cadre des célébrations historiques autour du départ de Jeanne d’Arc pour Chinon, en 1429, la municipalité de Vaucouleurs organise, ce week-end, une grande fête en honneur de l’héroïne médiévale. Il s’agira de la 10e édition de l’événement.
Contexte historique
C’est ici, en 1426 et en plein cœur de la guerre de Cent ans, que la futur guerrière de légende allait visiter, à plusieurs reprises, la garnison française qui s’y tenait, en réclamant rien moins que le commandement des troupes royales, au nom du Tout-Puissant.
Après s’être fait congédiée, Jeanne insistera pourtant et, au terme de 3 ans, elle finira par convaincre le gouverneur de roi à Vaucouleurs, de sa détermination et du bien-fondé de sa mission. C’est ainsi que 3 ans plus tard, le 23 février 1429, elle partira pour Chinon, à la rencontre du Dauphin, accompagnée d’une petite escorte et c’est cet événement historique qu’il s’agit de célébrer, ce week end, à Vaucouleurs.
Animations, spectacles et ripailles
Tout au long de ces deux journées, le programme des réjouissances se partagera entre musiques, temps fort et reconstitutions autour de Jeanne d’Arc et spectacles variés, mais encore saltimbanques, combats, saynètes humoristiques et ripailles. Il y aura également, sur place, des artisans venus démontrer des savoir-faire d’époque (vitraux, calligraphie, etc..), ainsi qu’une foire marché d’inspiration médiévale.
Compagnies médiévales attendues :
Machine Silente – Cie des Chasseurs de Dragon de Sedan – Cie Historica Tempus – Bandido & Cie – Michel Redal Calligraphie – Atelier du Renard Vert – Hauvoy – Les Goliards – Château d’Eaucourt – Sorga – Ferme pédégogique.
Sujet : fêtes historiques, célébration, Jeanne d’Arc, Guerre de cent ans, animations médiévales, Charles VII, Période : XVe, moyen-âge tardif Evénement : La chevauchée de Jeanne Dates : le Dimanche 3 mars 2019 Lieu : Chinon, Indre-et-Loire, Centre-Val de Loire
Bonjour à tous,
e 3 mars prochain, l’Association Jeanne en Lumière de Chinon proposera sa 4e édition de La Chevauchée de Jeanne. Depuis 4 ans, l’événement célèbre l’entrevue historique entre Jeanne d’Arc et Charles VII à Chinon et la pucelle d’Orléans y est invitée à arpenter, de nouveau, les rues de la Cité, à la rencontre de sa grande destinée.
« Gentil Dauphin, j’ai nom Jeanne la Pucelle et vous mande le Roi des cieux, par moi, que vous serez sacré et couronné dans la ville de Reims » Jeanne d’Arc à Charles VII
C’était il y a tout juste 590 ans, en février 1429, et l’étonnant échange entre la jeune fille encore adolescente et le dauphin allait changer le cours de l’Histoire. Les anglais allaient être boutés hors de France et la pucelle aiderait par ses exploits à faire consacrer le roi. Quelquefois, au milieu du chaos, un être improbable, animé de sa seule foi et que nul n’attend plus, se dresse contre ce que l’on pensait être une fatalité. Cette page de l’Histoire française qui débute et se poursuit comme un mythe pour s’achever tristement dans l’injustice et les flammes, continue de figurer comme une de plus surprenantes de notre récit national et pour nombre d’esprits, si les miracles existent, celui-ci en fut un.
Au programme de la chevauchée de Jeanne
Pour fêter dignement l’événement, les organisateurs de cette chevauchée en hommage à l’héroïne médiévale proposent une marche qui partira des dehors de Chinon pour accompagner Jeanne d’Arc et ses chevaliers jusque dans les murs de la cité. Une fois sur place et après la remise de l’étendard, suivront un défilé en costumes d’époque, ainsi que des animations médiévales sous la houlette du trépident et très actif Patrick Proust. Avant de clore cette journée par quelques agapes autour d’un verre de l’amitié, toute cette joyeuse troupe devrait accompagner Jeanne en cortège jusqu’à la forteresse.