Archives par mot-clé : monument classé

Europe économique contre Europe patrimoniale ? le Pont des Trous de Tournai menacé

tournai_blason_ecu_armoiries_belgique-medievale_pont-des-trousSujet : patrimoine médiéval, histoire, culture, monument classé, Belgique médiévale, Europe économique, Europe médiévale, polémique, pont militaire fortifié.
Période : Moyen-âge central, XIIIe, siècle.
Lieu : Pont des Trous, Tournai, Belgique

Bonjour à tous,

D_lettrine_moyen_age_passionepuis quelques jours, un séisme secoue le monde des passionnés de patrimoine médiéval, de la Belgique à la France et même jusque Navarre. Sous la houlette de Bruxelles et pour des raisons d’aménagement fluvial, la municipalité wallonne de Tournai vient, en effet, d’entériner la décision de détruire un des fleurons de son patrimoine médiéval : le Pont des Trous. Programmée pour le courant de cette année 2019, la disparition de l’ouvrage pourrait entraîner, dit-on, le risque de déclassement de Tournai au patrimoine mondial de l’UNESCO et toute l’affaire a pris des proportions telles que la presse française s’en est émue à son tour.

Construit originellement entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, ce remarquable ouvrage avait été presque entièrement détruit pendant la seconde guerre mondiale; Reconstruit quelques années plus tard et durant l’après-guerre, son classement a été rendu officiel par décret ministériel en 1991.  A ce jour, lpont_a_trous_vu_dessuse Pont des Trous est considéré comme un des plus prestigieux monuments de la cité et même, au delà, de la Belgique médiévale. Cette porte d’eau fortifiée est aussi d’une grande rareté puisqu’elle compte  parmi les trois seuls ponts militaires fluviaux, datant du Moyen-âge, encore préservés, au niveau mondial.

Pot de fer contre pot de terre ?

Évalué à la bagatelle de 7 milliards d’Euros d’investissement (2013 – source wikipédia), le projet européen d’un puissant axe fluvial Seine-Escaut est dans les cartons de Bruxelles depuis près de 15 ans déjà : il avait, du reste, connu des précédents, au milieu des années 70. Aujourd’hui, ce gigantesque chantier est financé par les Etats, par l’Europe (soit encore les Etats) et par une part privée. Largement sous-évalué au départ en terme d’investissement, le projet a failli être abandonné, après 2008. Depuis, les budgets titanesques engagés ont même été réduits à la baisse, obligeant ses instigateurs à faire quelques concessions sur leurs ambitions de départ. Ces grignotages sont-ils étrangers à la polémique du jour ? Ont-ils pu gréver les moyens alloués à la préservation des ouvrages d’art que ce projet pouvait emporter dans sa marche ? Difficile de l’affirmer. Jusque là, il n’y a guère eu de bras de fer entre Europe projet_transport_fluviale_europe_tournai_pont-a-trous_séconomique et Europe culturelle,  puisque la première en sort, la plupart du temps, victorieuse quand l’autre se trouve, par quelque hasard, à la table. A travers la polémique autour de la destruction du Pont des Trous, c’est peut-être, d’ailleurs, cette question de fond qui est, en partie, soulevée.

Les enjeux économiques :
interconnexion et mondialisation

Pour prendre la mesure économique du projet Seine-Escaut, l’enjeu en terme de Fret de marchandises se chiffrerait à plus de 13 millions de tonnes annuelles dès les premières années de mise en service. Cette nouvelle voie permettrait ainsi aux grosses compagnies (céréales, matériaux déconstruction, métaux ferreux, etc…) de réduire considérablement leurs frais de transport sur cette partie de l’Europe. Du point de vue des coûts, le transport fluvial par gabarits standards à moyens (péniches) soutient, en effet, largement la comparaison avec le transport routier ou même ferroviaire puisqu’il est de deux à trois fois moins cher. Quant aux plus grands gabarits  dont il est question ici, ils permettent encore de gagner quelques sérieux points de marge par tonne transportée. Si son unique inconvénient demeure sa lenteur, le transport fluvial est aussi statistiquement plus sûr et il nécessite aussi moins de main d’oeuvre que le transport routier. D’un point de vue purement entrepreneurial  et économique, c’est donc un Win winner.  Au titre des autres arguments soulevés en faveur de ce projet, on compte encore sur le désengorgement de certains axes routiers et sur un impact écologique favorable en terme de bilan carbone.

Les gabarits

Concernant l’incidence de ce chantier sur Tournai, il impose d’y élargir le lit du fleuve en plusieurs endroits, pour favoriser, comme sur l’ensemble de cette voie fluviale, le passage de péniches de classe Va. Avec des largeurs de 11,40 mètres minimum, ce type de transport fait partie de la plus grosse catégorie d’embarcations fluviales. Ils s’agit, en un mot, de véritables mastodontes du fret. Pour en donner une idée, les péniches qui naviguent sans trop de difficultés, depuis des décennies, sur la plupart des fleuves aménagés d’Europe, y compris l’Escaut, font des longueurs de 38 à 55 mètres pour des tonnages de 250 à 750 T et des largeurs de 5 à 7 mètres. Les classes A sont, quant à elles, capable d’affréter de 1500 à 3500 tonnes pour des longueurs allant de 115 à 140 mètres.

transport_fluviale_tournai_polemique_pont-medieval_moyen-age

La largeur maximale de l’arche principale du Pont des Trous n’étant que de 11,30 mètres, le calcul a été vite fait et ce qui, pour certains, pouvait constituer un fleuron d’architecture médiévale s’est ainsi trouvé réduit à n’être plus qu’un « goulot d’étranglement » du point de vue des porteurs du projet. Toutes les possibilités de contournement mises à l’étude ayant, par ailleurs, été rejetées, comme non viables car trop coûteuses, il ne restait plus pour Tournai qu’à refuser le projet en bloc ou l’entériner, et c’est ce dernier choix qui a été retenu.

Communication politique & urbanisme :
du global au local

Pour se conformer aux attentes européennes, la municipalité s’est ainsi engagée sur un réaménagement des berges de l’Escaut à grande échelle, en essayant d’en positiver, dans le même temps, les aspects urbanistiques. De fait, du côté européen, comme de cette dernière, on n’a pas ménagé les efforts en direction des habitants du lieu pour accompagner l’opération. Un site web a notamment été mis en place, ayant pour slogan « Tournai is Scaldis », ie « Tournai c’est l’Escaut ».  Les habitants de la cité sont ainsi invités à se tourner vers leur fleuve, même s’ils n’ont sans doute pas attendu jusque là pour le faire : ce dernier serpente, en effet, à travers tout le centre-ville de la cité et contribue à son charme depuis de siècles.

En décryptant les communiqués officiels en faveur de ce qui est présenté comme « un projet-pilote en Wallonie« , les arguments jouent prioritairement sur la fibre « éco-responsable » (bilan carbone global du projet) mais on y parle aussi de « renouveau urbanistique ». pont_a_trous_tournai_architecture_patrimoine_medieval_moyen-ageL’élargissement du lit du fleuve et le chantier se trouvent présentés comme « une opportunité inespérée » pour que la ville, ses habitants, mais aussi les touristes se « réapproprient le fleuve sur tout son tracé tournaisien« . Dans le même esprit, on parle encore de « redonner aux abords du fleuve le cachet qu’ils méritent » mais, au fond, lequel et celui de qui ? La question est posée. A l’évidence pas celui des amoureux d’histoire et de Culture. Si l’on a de doutes que quelques nouvelles aires d’agrément pourraient voir le jour, dans un cité qui se pose comme témoin du patrimoine historique médiéval wallon et belge, le « c’est neuf donc c’est mieux » semble tout de même un peu léger pour justifier de la destruction pure et simple d’un ouvrage du XIIIe siècle et de la partie des quais eux, aussi classés, qui s’y trouve attachée.

Au delà des intentions politiques sous-jacentes, l’exercice de communication politique demeurait, il faut bien le dire, bien périlleux face à la décision. Pour transposer, on imaginerait assez mal un projet de construction de multiples voies ferroviaires marchandes  passant au milieu du château de Versailles, en rognant, au passage, certains de ses édifices, avec des responsables qui viendraient expliquer qu’il s’agit là d’une « opportunité inespérée pour les touristes de redécouvrir l’histoire de France et se l’approprient« . Le magazine Le Point du 12 février ne s’y est d’ailleurs pas trompé, en titrant laconiquement Tournai : un pont médiéval sacrifié pour le transport de marchandises ? (voir article ici)

Ajoutons que, si l’incidence défavorable du projet sur le tourisme patrimonial et culturel local demeure un risque manifeste, son impact positif en terme économique sur la ville ou ses habitants, s’il existe, n’est mentionné nul part, suggérant que la grande majorité de ce fret ne fera qu’y passer.

Le nouveau monument prévu

Si la destruction de Pont des Trous suit son cours, un nouvel ouvrage moderne devrait bientôt le remplacer (voir photo). Chacun jugera si le design prévu est vraiment à la hauteur de l’ancien. Il semble, en tout cas, avoir été voté par la grande majorité du conseil municipal de Tournai en 2016.

L’engagement a, semble-t-il, été pris d’utiliser la pierre et de maintenir les deux tours. Pourtant, cette mince arche triple, tendue vers le ciel et qui se présente plus comme un « clin d’oeil » symbolique à l’ouvrage historique original, que comme une tentative de le conserver au plus près, divise les habitants du lieu. On murmure même que certains  d’entre eux l’auraient déjà surnommés, l’arche « Mc Donald’s » (voir article du point)

Alors Europe économique contre Europe culturelle ou encore pot de fer contre pot de terre ? On l’a bien compris, ce dont il est question ici, ce ne sont pas tant les velléités d’aménager le transport fluvial que le peu de traitement qui est fait, dans la balance, entre perspectives macro-économiques d’un côté, et respect de la culture, de l’histoire et du patrimoine, de l’autre.

Au vue des investissements engagés pour faire place aux convois géants désirées par l’Europe, on s’explique mal que n’ait été prévu, dès les départ, dans les budgets, une solution pour partir de la réalité locale, culturelle et historique du terrain, afin de la préserver : éviter la destruction du pont, privilégier une alternative sérieuse pour le sauvegarder, ou même pourquoi pas le modifier ou le déplacer avec l’appui de spécialistes de la construction médiévale. Bref, y consacrer des moyens à la mesure de ce projet d’envergure pharaonique. De fait, face à l’émoi et aux contestations des amoureux d’histoire, de patrimoine et d’Histoire médiévale, une pétition a été ouverte pour la sauvegarde de l’ouvrage. Obligera-t-elle les instances européennes et la municipalité à revoir leur copie ? On ne peut que l’espérer. Stephane Bern, notre nouveau « Monsieur Patrimoine national », l’a, en tout cas, déjà signé.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen-âge sous toutes ses formes.

Architecture médiévale, une reconstitution 3D du Pont Saint-Bénézet d’Avignon

Sujet : pont,avignon_ecu_blason_armoirie_heraldique_provence_ville_historique reconstitution 3D, vidéo, architecture médiévale, Provence médiévale,  monument historique, Saint Bénézet.
Période : Moyen-âge central, XIVe siècle
Lieu : Pont Bénézet, Avignon, PACA

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passionn 2015, après quatre ans de recherches et de travail assidus, une équipe pluridisciplinaire du CNRS, composée d’historiens médiévistes, d’archéologues, d’ingénieurs, d’architectes, ainsi que d’infographistes 3D redonnait vie au Pont Saint-Bénézet d’Avignon, en présentant au public une reconstitution 3D exceptionnelle de l’ouvrage médiéval.

En plus de la vidéo dévoilée à l’issue du projet que vous retrouverez ci-dessous, une application de réalité augmentée voyait également le jour. Elle permet, encore aujourd’hui, aux visiteurs du monument dotés d’une Iphone et d’un Ipad, d’observer l’ouvrage à deux moments clés de son histoire : le moyen-âge tardif et le XIVe siècle (1350) et la fin du XVIIe (1675).

La reconstitution 3D du pont d’Avignon par le CNRS

Saint Bénézet et le Pont d’Avignon

R_lettrine_moyen_age_passionendu populaire par une chanson du XVe siècle, le célèbre pont d’Avignon fut construit, dans le courant du XIIe siècle, sur les restes d’un ouvrage romain. Son édification fit l’objet d’une légende bien connue qui possède, sans doute, un fond de vérité puisqu’il semble que le personnage qui en est à l’origine ait véritablement existé. C’est celle d’un modeste pâtre ardéchois du nom de Bénézet (Petit Benoit) qui, sur la foi d’une vision divine et dans le courant de l’année 1177, en aurait posé la première pierre,  alors qu’il était tout juste âgé de 12 ans. Au vue du poids exceptionnel de cette dernière, l’histoire conte que les habitants furent bientôt convaincus de la dimension miraculeuse et divine de l’injonction et se mirent à l’aider à édifier l’ouvrage. Dans la même veine, la construction du pont fut encore à la source de nombreux autres miracles parmi lesquels on compte près d’une vingtaine de guérisons miraculeuses opérées par celui qui devint bientôt Saint-Bénézet (1165 -1184), un Saint Provençal non canonisé par Rome. Las!, ce dernier ne vit pas la fin de son entreprise puisqu’il décéda prématurément, à l’âge de 19 ans, un avant que l’ouvrage ne soit achevé.

Un ouvrage médiéval d’exception

D’une longueur de plus de 900 mètres, le pont enjambait alors les deux bras du Rhône pour rallier la cité royale de Villeneuve-lès- Avignon, sur l’autre rive. Au sortir de sa première construction, il possédait encore un tablier de bois et ce n’est que dans le courant du XIIIe qu’il sera édifié en pierre dans sa totalité. Il fut, depuis lors, l’objet de nombreuses reconstructions et ce, jusqu’au XVIIe siècle qui, pour autant, ne architecture_medievale_pont_avignon_benezet_infographie-3D_moyen-age_spermirent pas son maintien.

A la faveur notamment d’un changement climatique et de la glaciation qui à touché l’occident du XIIIe au XVe siècle, l’oeuvre du puissant fleuve et de ses crues ont fini par avoir raison de la presque totalité de l’ouvrage médiéval. Aujourd’hui, il n’en subsiste plus que quatre arches qui s’arrêtent net au dessus du fleuve et lui confèrent une étrange aura de mystère. Du point de vue patrimonial, il fut classé monument historique en 1840.

Pour revenir à l’histoire de Bénézet et d’une manière plus factuelle, il semble que sa volonté s’était aussi accompagnée de grandes collectes et d’aumône pour réunir les moyens nécessaires à la construction de l’ouvrage. Il fonda même une confrérie laïque dont Jean Mesqui (voir article ic) nous apprend qu’elle était « sous l’autorité d’un prieur et qu’elle disposait d’une chapelle et d’un chapelain ». La confrérie demeurait alors dans une maison proche du pont pour veiller sur l’ouvrage et moins d’un demi-siècle plus tard, un hôpital dédié aux pauvres y fut également ouvert.

Œuvres de pont et frères Pontifes

Concernant l’édification du Pont d’Avignon et de quelques autres ouvrage du couloir rhodanien de la même époque, à la légende du pâtre Bénézet, quelques auteurs des XVIIIe et XIXe allaient bientôt soulevé l’hypothèse d’un ordre monacal puissant, celui des frères pontifes (les fratres pontifices) qui, dans le courant du XIIIe siècle auraient construit certains ponts le long des fleuves et en aurait même garder l’accès contre d’éventuels brigandages, protégeant ainsi Pèlerins et voyageurs. Depuis lors et au vue de la disparité des sources, les historiens médiévistes ont pourtant réfuté ces hypothèses. S’il existait bien des fraternités de pont qui assumaient l’entretien des ouvrages et leur protection, il ne semble pas qu’un ordre de bienfaiteurs religieux unique ait été en charge de cette mission. Comme l’affirme Jean Mesqui dans l’exemple d’Avignon, dans un certain nombre de cas, c’étaient bien plutôt des laïques locaux, qui, ayant eux-mêmes participé à la construction des ponts, prolongeaient tout naturellement leurs œuvres sur la gestion de ces mêmes ouvrages. On trouve encore la confirmation de ce fait dans l’ouvrage de Daniel Le Blévec La part du pauvre. L’assistance dans les pays du Bas-Rhône, du XIIe siècle au milieu du XVe siècle. (Rome, Ecole Française, 2000).

En vous souhaitant une excellente  journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Une exposition sur les légendes arthuriennes au Château de Pierrefonds avec la BnF

expo_arthur_bnf_pierrefonds_chateau_moyen-age_legendes_arthuriennesSujet : Roi Arthur, légendes arthuriennes, roman arthurien, sources historiques, exposition,littérature, cinéma, télévision, Eugène Viollet le Duc
Période : du moyen-âge central à nos jours
Exposition : le Roi Arthur, une légende en Images.
Lieu : Château de Pierrefonds,
Pierrefonds, Oise, Hauts-de-France.
Dates : Du 20 octobre 2018 au 22 avril 2019

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionu titre des événements autour du monde médiéval à relever sur vos agendas, nous avons le plaisir de relayer ici l’annonce d’une grande exposition sur les légendes arthuriennes. Elle se tient, depuis près d’un mois dans le cadre prestigieux du château de Pierrefonds et elle y restera jusqu’au 22 avril prochain.

En partenariat avec la BNF

legendes-arthuriennes_roi-Arthur_exposition_evenement_monde_medieval_medievalisme_bnf_chateau_pierrefonds_hauts-de-FranceOuverte depuis le 20 octobre, cette invitation à la découverte du  monde  arthurien est organisée par le beau monument historique en partenariat avec la BnF. Nous sommes donc ici face à un double gage de sérieux et de qualité. Souvenons-nous que notre prestigieuse bibliothèque nationale s’enorgueillit d’un fond d’exception sur le sujet ; elle est en effet détentrice de la plus grande collection mondiale de sources, documents historiques et codex sur le roman arthurien et elle conserve également, en son sein, le fleuron des manuscrits médiévaux enluminés traitant des hauts faits du noble roi breton et de ses chevaliers.

Du moyen-âge à nos jours,
la légende en images

Des œuvres  de Chrétien de Troyes aux plus récentes productions sur la légende du Graal, cette belle exposition se propose de vous entraîner, à travers des projections d’images et d’enluminures, dans un voyage qui s’étale sur une durée de huit siècles. On verra ainsi défiler les plus célèbres héros de la quête du Graal, en suivant la piste de cette légende indémodable qui continue de fasciner et qui ne cesse de se réécrire, encore de nos jours, sous la plume de nos auteurs, scénaristes, illustrateurs ou artistes contemporains.

L’ombre de Viollet le Duc

Au cœur du patrimoine de Pierrefonds, cette belle exposition fournit encore l’occasion de suivre, dans les vastes couloirs du château, l’ombre d’Eugène Viollet le Duc, qui nous a servi de guide à plus d’un tour, ici, sur le sujet de l’architecture médiévale.

On se souvient que dans la deuxième moitié du XIXe siècle et sous Napoléon III, le grand maître architecte avait participé activement à la rénovation (on pourrait même dire au sauvetage) du prestigieux palais. Animé par la passion qu’on lui connaissait pour les édifices de l’époque médiévale, il prit même ce vaste projet à-bras-le-corps, entendant bien montrer, à travers cette réalisation et pour longtemps, la qualité et les hauteurs des savoir-faire français des XIVe et XVe siècles en matière civile, militaire et architecturale. Des légendes arthuriennes qui l’ont partiellement accompagné et même inspiré lors de ses grands travaux, il a laissé, entre autre témoignage, d’impressionnantes fresques que le public pourra découvrir  dans le cadre de cette exposition (voir photo ci-dessus chambre de l’Impératrice, château de Pierrefonds).

Du Septième art à la Télévision :
légendes, aventures et Camelot à Pierrefonds

Ajoutons que depuis le milieu du XXe siècle, ce beau monument historique classé, aujourd’hui propriété du Centre des monuments nationaux a été, à de nombreuses reprises, le théâtre de tournages cinématographiques. On n’en citera ici que quelques exemples : le Bossu de 59 avec Bourvil et Jean Marais, le Peau d’âne de Jacques Demy en 70, avec la belle Catherine Deneuve, dans les années 80, le célèbre Papy fait de la Résistance de Jean-Marie Poiré, entouré de la troupe du Splendid, à la fin des années 90, le Jeanne d’Arc de Luc Besson et encore, l’excellente série des Rois maudits, réalisée par Josée Dayan, dans les années 2000.

Plus près de nous, l’édifice a encore servi de décor à la série télévisée britannique Merlin, mais également à certaines scènes de la série Kaamelott. Cette exposition autour du Roi Arthur, devrait donc fournir l’occasion aux visiteurs d’approcher des aspects plus modernes de la légende, tout en redécouvrant le patrimoine exceptionnel du  château de Pierrefonds sous un nouvel angle.

Plus de détails sur l’exposition arthurienne à Pierrefonds ici

Une belle journée à tous.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Agenda : Périgord Noir, le château médiéval de Castelnaud, au temps des Seigneurs

armoirie_blason_ecu_castelnaud_la_chapelle_nouvelle_aquitaineSujet : agenda, site historique, animations  médiévales. ateliers, banquet médiéval, château-fort, monument classé, site d’intérêt, histoire médiévale
Période : moyen-âge central à tardif
Evénement : Le château de Castelnaud au temps des seigneurs.
Lieu : Castelnaud-la-Chapelle, Dordogne, Périgord Nouvelle-Aquitaine
Date : les 27 et  28 octobre 2018

Bonjour à tous,

L’agenda médiéval  du week-end nous entraîne du côté du Périgord noir au sein d’un site historique d’exception, celui de la forteresse médiévale de Castelnaud.

Un peu d’histoire

A_lettrine_moyen_age_passion quelques 70 km au sud de Périgueux et sur les bords de la Dordogne, le Château de Castelnaud dresse fièrement ses vieilles pierres, du haut de son éperon rocheux. Au XIIIe siècle,  il a vu passer les armées des croisés contre les albigeois, Simon de Montfort à leur tête. Il fut alors pris, puis, un peu plus tard encore, brûlé sur ordre de l’archevêque de Bordeaux. Rebâti dans le courant de ce même siècle, il deviendra bientôt, la demeure des Caumont puis des Seigneurs de Castelnaud.

Plus tard, vers le milieu du XVe siècle, en 1442, après s’être trouvé pris entre les feux de la guerre de cent ans, ayant changé de multiples fois de camps entre Anglais et Français, il finira à la main de la couronne de France sans que de grandes effusions de sang ne soient versées ; le tenant de la place a, en effet, décidé de remettre sagement les clefs de la forteresse au Comte du Périgord, représentant du roi, sauvant ainsi sa peau. Nous sommes alors au crépuscule de la guerre de cent ans à laquelle la grande bataille de Castillon portera un coup de grâce, un peu plus d’une décennie plus tard.

chateau-fort_medieval_castelnaud_perigord_noir_monuments_classes_site_interet_moyen-age

De son passé médiéval, le château de Castelnaud conserve encore de très beaux restes architecturaux. Au titre de ses autres intérêts, il héberge également un riche musée dédié à cette période et à son armement :  Le Musée de la guerre au Moyen Âge.  On peut ainsi y découvrir un nombre conséquent de pièces d’armes et armures du moyen-âge central à tardif (250 pièces) et y compter encore d’impressionnants engins de siège et des pièces d’artillerie d’époque.

Classé dans la deuxième moitié du XXe et relativement tardivement comme monument historique, le bel édifice propose de nombreux animations et visites à l’année. Les deux journées médiévales qu’il organise ce week-end font, en réalité, partie d’un vaste programme d’animation que nous vous invitons à découvrir dans son ensemble, sur son site web.

Au temps des seigneurs

Pour dire un mot des réjouissances qui se tiendront, cette fin de semaine, au coeur de cette belle place forte historique, c’est la compagnie médiévale la Massenie de Saint-Michel qui aura en charge leur animation. Ces passionnés d’Histoire vivante et de reconstitution se sont faits une grande spécialité du Moyen-âge tardif et du milieu du XVe siècle  (1473)

chateau_de_castelnaud_site_interet_historique_monument_classe_journee_animations_medievale_2018Le programme est assez panaché. Il comprend un grand banquet ainsi que diverses démonstrations de savoir-faire des temps médiévaux ; la cuisine, le bain au moyen-âge, le travail à la forge, l’essayage d’une armure complète du XVe. On pourra aussi s’y initier à la danse médiévale, assister à un défilé de mode d’époque et encore se divertir au spectacle d’une joute courtoise.

Pour les aspects plus résolument belliqueux, des tirs au trébuchet fourniront un aperçu de la puissance ce cet engin de guerre autant que de la difficulté à le manipuler. Enfin, ceux qui seront sur place pourront en profiter pour suivre une des nombreuses visites guidées programmées à la découverte de ce grand édifice, témoin de notre histoire et peut-être encore chiner quelques ouvrages d’intérêt  au sein de sa boutique.

Voir détails et informations sur le site du château de Castelnaud

Notons encore ici pour anticiper sur le programme à venir des animations du château qu’il donnera, entre noël et la fin d’année, un spectacle conté autour de Merlin l’Enchanteur à l’attention des plus jeunes.

En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.