« Des instruments artificiels merveilleux », Roger bacon

Sujet : science médiévale, savant, art mécanique, préjugés, citations médiévales, citations, extraits, médecine, philosophe, alchimiste
Période : moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur : Roger Bacon (1214-1292)
Ouvrage : Lettre sur les prodiges de la nature et de l’art et la nullité de la magie, Albert Poisson, Ed Chamuel (1893)

Bonjour à tous,

ujourd’hui, nous vous proposons une citation médiévale et, même plutôt un extrait, d’un texte du XIIIe siècle. Il nous provient du médecin et savant Roger Bacon. Nous sommes donc au moyen-âge central et dans un essai assez court où il recensait les merveilles de la nature et de la science pour les opposer à la magie (Epistola de secretis operibus naturae et artis et de nullitate magiae), le Doctor Mirabilis anglais énumèrait quelques prodiges mécaniques de sa connaissance.

Engins volants, sous-marins, chars à feux dotés de systèmes de traction autonomes, embarcations à la vitesse stupéfiante : nous sommes plus de deux siècles avant Léonard de Vinci et en puisant dans l’antiquité et ses observations, Bacon nous donne l’occasion de revenir, une nouvelle fois sur quelques préjugés concernant l’état d’ignorance dans lesquels la science du moyen-âge et ses savants étaient censés se tenir.


« On peut construire des machines marines telles, que les plus grands esquifs maritimes ou fluviaux en étant munis, et un seul homme les montant et les gouvernant, ils auraient une vitesse bien plus grande que s’ils étaient mus par une grande quantité de rameurs. On peut aussi faire des chars qui, n’étant tirés par aucun animal, se meuvent avec une vitesse considérable ; l’on pense que tels étaient les chars à feux sur lesquels combattaient les anciens. On peut aussi construire des instruments pour voler; un homme est assis au centre de l’appareil et fait tourner quelque roue par laquelle des ailes artificiellement construites frappent l’air à la manière d’un oiseau qui vole. On peut aussi faire un instrument d’un petit volume pour pouvoir élever ou descendre des poids d’une pesanteur infinie, ce qui est fort utile à l’occasion. Car, à l’aide d’un semblable instrument d’une longueur de trois doigts, large comme eux et d’un volume moindre, un homme pourrait s’évader de prison, monter et descendre lui et ses compagnons.

On peut construire des instruments à l’aide desquels un homme tirerait à lui mille personnes avec violence et malgré elles, il en est de même pour les autres espèces de traction. On peut aussi faire des instruments avec lesquels on se promène dans la mer et au fond des fleuves sans aucun danger pour le corps. Alexandre se servit de cette machine pour surprendre les secrets de la mer, d’après ce que raconte Ethicus l’astronome.


Toutes ces choses ont été expérimentées soit dans l’antiquité soit à notre époque, et je les affirme être véridiques, excepté l’appareil à voler, que je n’ai pas vu; je n’ai pas non plus connu d’homme qui l’ait vu, mais je connais intimement le savant qui l’a inventé. On peut faire une infinité d’autres choses du même genre, telles que des ponts traversant les fleuves, sans piles ni autres soutiens; des machines et bien d’autres choses ingénieuses peu connues. »

Extrait de Epistola de secretis operibus naturae et artis et de nullitate magiae – Roger Bacon – Lettre sur les prodiges de la nature et de l’art
Chap IV Des instruments artificiels merveilleux. Albert Poisson (op cité).


Un mot sur ce livre de Roger Bacon

Pour dire un mot de ce précis médiéval de Roger Bacon, on y trouvera encore des réflexions sur la science, la magie, la médecine, dont certaines étonnantes de modernité, sur le prolongement de la vie. Avec un total de 70 pages, un certain nombre de chapitres sont également consacrés à des opérations alchimiques et, notamment, à la composition de l’œuf des philosophes.

Ce livre de Roger Bacon, il a été réédité chez Kessinger Legacy Reprints. Vous le trouverez donc facilement à la commande en librairie ou à la vente en ligne. Voici un lien utile pour plus d’informations : Lettre Sur Les Prodiges: de La Nature Et de L’Art, Albert Poisson (1893)

Albert Poisson (1869-1894), auteur français du XIXe siècle, s’était lui même piqué d’Alchimie. Cette passion (ou cette quête si l’on préfère), lui donna l’occasion de se pencher sur l’œuvre de Bacon mais pas seulement. Nicolas Flammel, Albert le Grand, Paracelse, Raymond Lulle, Arnaud de Villeneuve font aussi partie des auteurs qu’il a approchés, commentés ou traduits. Adepte et initié, il semble que l’alchimiste gravita dans l’entourage du médecin et occultiste Papus (Gérard Anaclet Vincent Encausse) et fréquenta assidument les milieux martinistes d’alors. On le retrouve également mentionné dans certains cercles de la Rose-Croix. Poisson a légué un nombre de livres assez conséquent autour de l’alchimie en regard de sa courte carrière. Le jeune auteur prometteur a disparu, en effet, prématurément, à l’âge de 25 ans. Son ouvrage le plus connu, écrit à l’âge de 22 ans, « Théories et symboles des alchimistes : le grand œuvre » connaîtra un certain succès au regard du thème pointu et réservé que l’auteur se proposait d’aborder.


Voici également d’autres articles qui pourraient vous intéresser sur quelques idées reçues et préjugés à l’encontre du moyen-âge :

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric Effe.
Pour moyenagepassion.com.
A la découverte du Monde médiéval sous toutes ses formes.

PS : l’image d’en tête est tirée d’une gravure de l’édition de 1893 de la Lettre sur les prodiges de la nature et de l’art de Roger Bacon, traduite par A poisson.

Faire reculer la mort : vocation médicale et questions liées à l’exercice de la médécine

Bonjour à tous,

ans la foulée de notre article précédent (idées pour tromper le temps en août), la deuxième chose que nous voulions mentionner ici est aussi liée, ç sa manière au contexte actuel en relation au roman « Frères devant dieu et la tentation de l’alchimiste« . C’est une coïncidence assez étrange mais dans cet ouvrage ayant pour toile de fond le moyen-âge, et paru quelques mois avant l’arrivée de la Covid, nous traitions, entre autres sujets, de médecine médiévale et de questions liées à cette vocation.

« Ceux qu’on désespérait de guérir »

Depuis son origine, la pratique médicale s’est donnée pour objectif de prévenir, soulager, mais aussi de faire reculer la maladie et, autant que faire se peut, la mort. Jusqu’où devait-elle le faire et où le médecin devait-il fixer la limite ? On peut supposer que le peu de moyens des médecines anciennes évitait, bien des fois, de se poser la question. Pourtant, si la nature mettait souvent le pratiquant face à l’inconnu ou devant le fait accompli, cette question de « l’acharnement thérapeutique » semble bien avoir accompagné les tous premiers médecins. En suivant certains vieux textes de l’antiquité et hippocratiques, le médecin prudent pouvait être tenté de s’écarter bien vite de celui qu’il ne pouvait soigner, de crainte qu’on l’accuse, plus tard, de l’avoir conduit à leur perte. Mais d’autres sources l’enjoignaient, au contraire, au dépassement et à l’opposition contre le sort et la nature même (1).

Cette dernière idée était, en tout cas, présente au début du moyen-âge central et Avicenne l’exprimait déjà de manière un peu abrupte en écrivant : « Certains avaient pensé qu’il fallait tuer ceux qu’on désespérait de guérir. » Le médecin face à sa vocation autant qu’à son impuissance, vaste sujet. Cette citation donne la mesure de cette problématique et d’une pratique médicale qui peut, quelquefois, glisser au point de devenir obsessionnelle.

Toute proportion gardée, les questions de l’acharnement et des limites dans l’exercice médical étaient donc déjà là, dès l’aube de la médecine et, a fortiori, au moyen-âge. Elles se sont posées, de manière plus aigue encore, au fur et à mesure, de l’avancée de la médecine moderne et bien que transposées sur le plan collectif et politique, on ne peut tout à fait les abstraire de la toile de fond qui préside à la crise sanitaire actuelle.

Dans la fiction « Frères devant Dieu ou la tentation de l’Alchimiste« , vous trouverez justement un médecin médiéval en prise avec un mal mystérieux et face à ce questionnement. Jusqu’où aller pour exercer son don de médecine sans prendre le risque de s’égarer soi-même ? Où doit s’arrêter la science ? Où commence la vanité ? Au moyen-âge, le médecin et son patient s’inscrivent aussi dans une relation triangulaire puisque la vie comme la mort demeure, en premier et en dernier ressort, dans les mains de Dieu.


Où trouver ce roman d’aventure médiévale ?

Vous pouvez retrouver cette fiction médiévale qui a pour toile de fond le XIVe siècle, aux adresses suivantes.

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 Format papier.  – 18,90 €uros chez Amazon ou chez  Librinova.fr

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Format  Ebook, Epub ou Mobi
Dans toutes les plus grandes librairies en ligne, à partir du 8 août 2021, Opération Spéciale Eté à 2,99 €uros

Cliquez sur les liens pour plus d’informations : Amazon  –   Cultura –  Decitre  –   Kobo –  Bayard –  Paris Librairies – Sciences po –   Forum du Livre –  La Buissonnière 

Quelques retours de lecteurs

« Philosophie , médecine, religion, croyances et vie médiévale font de ce roman un agréable moment de lecture. le narrateur est soit omniscient, soit ce sont les personnages tour à tour et c’est ce qui permet d’impliquer le lecteur encore plus dans l’histoire. J’aime beaucoup les romans historiques et celui ci m’a beaucoup plu. » Isabelle sur Netgalley.

« J’ai adoré ce roman. Très beau voyage dans ces temps reculés. Personnage vraiment attachant ce Geoffroy ! C’est une lecture que je conseille vivement ! » Pascale Lainé  – Maquettes médiévales

« Je viens de terminer la lecture de Frères devant Dieu ou la tentation de l’Alchimiste. Je voudrais vous adresser mes compliments. Votre roman m’a passionnée !!!  » Marianne – Scénariste

« Le Moyen Age reste tout de même toujours dans mon cœur et m’accompagne dans mes quelques temps de loisirs grâce à la lecture d’un livre que j’aime beaucoup et qui aborde des sujets sensibles pour  Conscience Médiévale comme l’Alchimie et la médecine au Moyen Age. Une lecture prenante, facile et très agréable, je vous la recommande !  Merci à l’auteur de Moyen-âge Passion qui est aussi l’auteur de ce livre, pour ce bon moment de lecture ! »
Blog Conscience Médiévale

« Frédéric Effe, l’architecte du site @moyenagepassion, vient de publier un chouette roman racontant l’histoire de deux frères, un médecin et un troubadour, confrontés à une obscure affaire de sorcellerie dans une seigneurie du XIIIe siècle… Avec plein de vrai Moyen Âge dedans! » Florian Besson – Historien-médiéviste, blog Actuel MoyenAge

« J’ai terminé Frères devant Dieu et l’histoire m’a longtemps habitée. Dès le départ et tout au long du livre, j’ai été impressionnée par les descriptions si vivantes des lieux, les ambiances, la psychologie des personnages, les discussions, les idées qui s’opposaient, et la quantité de détails documentés sur le Moyen Âge. Au départ tout cela m’a rappelé — avec plaisir Le Nom de la Rose. Et puis l’intrigue a pris une tournure tout à fait originale. (…) Merci pour ce beau roman. »
Michelle Galles – Réalisatrice – A la Recherche de Vaubeton


En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com.
A la découverte du Monde médiéval sous toutes ses formes.

(1) voir Le Médecin du Prince: Voyage à travers les cultures, Anne Marie Moulin -Odile Jacob 2010

En Septembre, les médiévales normandes de Montfort sur Risle

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Sujet  : animations historiques, animations médiévales, château, compagnies médiévales, joutes, spectacles équestres, reconstitutions
Evénement  : les Médiévales de Montfort sur Risle,   Eure, Normandie
Date :   dimanche  5 septembre 2021

Bonjour à tous,

ans quelques semaines, les Médiévales de Montfort sur Risle reprendront du service pour une nouvelle édition. Ce 17eme cru se déroulera le dimanche 5 septembre 2021 et sera organisé, à l’habitude, par l’Association Montfort Culture et Patrimoine sur le site même du château médiéval. L’événement est toujours un temps fort pour cette structure locale très active qui compte, par ailleurs, de nombreuses activités culturelles à son actif.

Au programme des animations médiévales

Pour cette 17eme Médiévales de Montfort, un bon nombre de compagnies médiévales, artistes et artisans a été convié. Le programme s’annonce donc dense et prometteur et la Normandie médiévale sera célébrée, en grand, tout au long de la journée.

On pourra déjà compter avec des combats grandeur nature dont un siège et une tentative de prise du château. Pour cette reconstitution, les visiteurs seront transportés au début du XIe siècle, en 1027. Le voyage sera spatio-temporel puisque l’action prendra place dans le comté anglais de Kent, au château de Douvres. Hugues de Montfort est alors en charge de la défense de l’édifice aux côtés des valeureux vassaux d’Odon de Bayeux. Les preux normands auront à faire face à Eustache de Boulogne bien décidé à faire tomber le fort dans son escarcelle. Le siège aboutira-t-il ? L’histoire se répétera-t-elle ? Il faudra se rendre à Montfort sur Risle, le dimanche 5 septembre, pour le savoir.

Liste des compagnies et mesnies invitées

L’Ensemble musical Pastourel – Les Chevaliers de Saint Michel – Les Ours de Muspelheim – Le Clan Divar – Les Compagnons pour Hastings – La troupe de Mortemer et ses marionnettes – L’Association Montfort Culture et Patrimoine

Spectacles, ateliers, camp viking et marchés

En plus de ce temps consacrée à la reconstitution, une foule de réjouissances, d’ateliers et d’animations sont encore prévues : tirs de trébuchets et d’engins de siège, joutes équestres à la façon du XIe siècle par de preux chevaliers, spectacles de feu et jongleries, jeux scandinaves. Viendront s’y ajouter encore, au sein d’un grand camp de vie médiévale normand et viking du moyen-âge central (Xe, XIe, XIIe siècle) : ateliers de confection d’armures et ateliers vikings, artisanat du moyen-âge central, démonstrations et apprentissage du maniement des armes.

En bref, une vraie fête médiévale à la Normande avec de la détente, de la découverte, du divertissement et des compagnies de passionnés, le tout dans une atmosphère musicale d’époque. Les enfants n’y seront pas oubliés avec des spectacles et animations spécialement prévus à leur attention. Et pour les envies de shopping de produits régionaux, d’objets d’inspiration médiévale ou plus créatives, on pourra aussi compter avec une marché artisanal.

L’Association Montfort Culture et Patrimoine viendra, bien sûr, apporter sa touche historique et éducative et on pourra même découvrir, en leur compagnie, une maquette reconstituée du château de Montfort. A cette occasion, les notions d’architecture défensive médiévale seront copieusement abordées.

Pour plus d’informations sur ces réjouissances médiévales normandes, n’hésitez pas à consulter les liens suivants :

Télécharger le programme  – Page FB officielle de ces médiévales

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval  sous toutes ses formes.

Voir également l’article sur les Médiévales de Montfort 2020.

PodCast : Entrons-nous dans un nouveau moyen-âge ?

Sujet : monde médiéval, podcast, préjugés, idées reçues, crise sanitaire, actualité.
Période : moyen-âge central, modernité
Podcast : Delta Radio, Rediffusion du direct de Février 2021
Programme : « Vivons-nous un nouveau moyen-âge ? « Le poste zéro, animé par Mitch.
Invités : Fréderic Effe, Florian Besson, Simon de Thuillières

Bonjour à tous,

ous espérons que ce billet vous trouve en forme. Avec l’approche du mois d’août, nous allons sensiblement ralentir le nombre de publications, en espérant pouvoir un peu mieux nous concentrer sur d’autres projets. Dans l’attente de la rentrée, nous voulions toutefois vous laisser deux ou trois choses qui, nous l’espérons, vous plairont si vous ne les avez pas encore découvertes. D’une certaine façon, elles rejoignent toutes deux l’actualité tout en questionnant le monde médiéval. Voici la première :

Le moyen-âge est-il redevenu d’actualité ?

Il y a quelques mois, nous avions eu l’occasion de participer à une émission de radio proposé par Delta Radio. Le programme avait été diffusé en direct, courant Février 2021, et le podcast est, désormais, disponible. Si vous ne l’aviez pas écouté, nous le repartageons ici. Cela vous en fournira sans doute l’occasion de le découvrir si ce n’est déjà fait.

A près d’un an de crise sanitaire, le thème de cette émission : « Vivons-nous un nouveau Moyen-âge ? » nous donnait l’occasion de revenir sur quelques idées reçues sur cette période mais aussi d’aborder quelques différences substantielles entre monde moderne et monde médiéval. Dans le contexte de la crise sanitaire, nous y faisions, notamment, un détour sur certains éléments d’actualité, dont le rapprochement délirant fait si souvent par certains médias ou certains politiques entre Covid 19 et peste noire. Contre toute raison et à en juger la situation actuelle, il semble que cette confusion ait continué à être entretenue sur le fond.

Vous pourrez retrouver également dans ce programme Florian Besson (historien médiéviste) et Renaud Garcia aka Simon de Thuillières (illustrateur qui s’est signalé, ces dernières années, pour ses détournements entre culture pop, cinéma et enluminures).

Voir cet autre article sur les préjugés au sujet du moyen-âge

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com.
A la découverte du Monde médiéval sous toutes ses formes.

NB : l’enluminure, sur l’image d’en-tête, est tirée du Speculum Historiale ou Miroir Historial de Vincent de Beauvais (1190-1264). Ce manuscrit médiéval (le Ms-5080 réserve de la Bibliothèque de l’Arsenal) est daté du XIVe siècle ; il est actuellement conservé à la BnF et consultable sur Gallica. Au premier coup d’œil, l’enluminure pourrait avoir d’étranges relents d’actualité, mais ce n’est pas aussi direct que cela. Dans les faits, elle représente Josephat, jeune prince indien tenu reclus longtemps par son père, découvrant le monde et tombant sous le choc devant un lépreux et un aveugle faisant l’aumône. Au moyen-âge, les lépreux inspirent la crainte et même à certains périodes, la défiance, et on les garde soigneusement éloignés du système social et économique (voir aussi La lèpre, première maladie épidémique de la littérature française de Baptiste Laïd).