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Le comte Lucanor de Don Juan Manuel : contenu, détail, sources et une lecture audio

armoirie_castille_europe_medievale_espagne_moyen-ageSujet : auteur médiéval, conte moral, morale politique,  Espagne Médiévale, fable médiévale, littérature médiévale, lecture audio,
Période : Moyen-âge central ( XIVe siècle)
Auteur :  Don Juan Manuel (1282-1348)
Ouvrage : Le comte  Lucanor, traduit par  Adolphe-Louis de Puibusque (1854)

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous avons le plaisir de revenir, aujourd’hui, sur  Don Juan Manuel de Castille et de León, prince de Villena, duc de Peñafiel et d’Escalona, grand chevalier et seigneur de l’Espagne médiévale des XIIIe et XIVe siècles.

Cette fois-ci, c’est à travers l’étude concrète d’un des plus célèbres de ses écrits  que nous approcherons cette noble figure du moyen-âge européen. En plus de son épopée digne de plus belles fictions, contre le souverain Alphonse XI,  qui se conclut, longtemps après, par leur alliance, contre l’envahisseur sarrasin, Don Juan Manuel a laissé à la postérité un ouvrage qui compte pour beaucoup dans la littérature médiévale espagnole  :  Le Comte Lucanor.

Le comte Lucanor :
contenu, sources et inspirations

D’un style épuré et très accessible, l’ouvrage présente une cinquantaine de  « ejemplos » (exemples) qui sont, en fait, des contes assez courts, tous construits sur le même modèle : pris de doutes, le comte Lucanor (personnage fictionnel) interroge son conseiller du nom de Patronio sur un point  particulier : stratégie militaire, politique, économique ou simplement code de morale et de conduite. L’homme lui répond de manière avisée et son intervention donne lieu à l’approbation du noble qui, à son tour, fait quelques vers pour résumer l’enseignement et en tirer une morale.

Manuscrits anciens

comte-lucanor_manuscrit-ancien_don-juan-manuel_litterature_Espagne-medievale_moyen-age_sLe premier manuscrit du Comte Lucanor fut redécouvert à la fin du XVIe siècle, au couvent des frères prêcheurs de Saint-Paul de  Pañafiel, par l’écrivain et historien Gonzalo Argote de Molina qui le fit imprimer et redécouvrir aux lecteurs espagnols d’alors. Dans le courant du XIVe, le manuscrit original avait été légué aux dominicains du monastère de l’endroit (détruit depuis) que Don Juan Manuel avait lui-même fondé.

Du point de vue des sources, il ne demeure que trois copies du Comte Lucanor, toutes partielles, conservées à Madrid. Par la grâce des nouvelles technologies et le travail de la Bibliothèque Nationale d’Espagne, on peut, de nos jours, consulter deux de ces manuscrits anciens en ligne :  le MSS 6376 daté des XIVe, XVIe siècles (photo ci-dessus) et le MSS 18415 daté du XVIe (photo plus bas dans l’article)

Aux origines du Comte Lucanor

Concernant les sources d’inspiration de l’ouvrage, elles sont d’origines assez diverses même si on lui reconnaît, en général, certaines influences orientales ou indiennes. Certains de ces contes puisent également dans des anecdotes inspirées directement de l’Histoire médiévale pré-contemporaine de l’auteur et notamment de l’Estoria de España, engagée sous le règne d’Alphonse X et à son initiative.

Les métaphores employées dans ces « exemples » peuvent être occasionnellement animalières et versées du côté de la fable.  L’inspiration vient alors d’Esope ou de Phèdre, mais elle ne se conforme pas toujours à la narration ou aux morales des auteurs originels. C’est d’ailleurs le cas du conte du jour ; comme dans une fable d’Esope (reprise également par La Fontaine), il met en scène un Coq perché sur un arbre et un renard désireux de lui régler son compte,  mais lors que le coq du fabuliste grec s’en tirait par une ruse, en invoquant la venue de chiens imaginaires à son secours, le volatile de basse-cour connaîtra un sort moins enviable, sous la plume du noble espagnol.

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Enfin, toujours au titre des inspirations ayant présidé à la rédaction du Comte Lucanor, pour qui s’est un peu penché sur la vie mouvementée de Don Juan Manuel, on ne peut évidemment s’empêcher de faire des ponts entre les préoccupations réelles de gouvernance de ce dernier ou encore la convoitise ou les menaces réelles représentées par ses voisins, et celles qui sont exprimées dans ce livre. A ce sujet et pour en posséder quelques clés, nous vous invitons à redécouvrir l’article biographique que nous avions fait sur l’auteur  :  Don Juan Manuel, portrait d’un noble seigneur dans l’Espagne déchirée du XIVe siècle .

Lecture audio & retranscription de l’exemple XII

Pour avancer plus concrètement dans la découverte de cet ouvrage médiéval, nous vous proposons de découvrir de deux façons et à votre préférence,  l’exemple XII, De ce qui advint à un renard avec un coq  : la première est une lecture audio réalisée par nos soins, la seconde  est une recopie littérale de la version traduite du Comte Lucanor par Aldophe-Louis Puibusque (1801-1863) en 1854.

Lecture audio : le comte Lucanor, exemple XII. du coq et du renard

Exemple XII
De ce qui advint à un renard avec un coq

L_lettrine_moyen_age_passion_citatione comte Lucanor s’entretenait un jour avec son conseiller : « Patronio, lui dit-il, vous connaissez l’Etat que j’ai reçu du Ciel ; quoique vaste, il n’est pas d’un seul tenant ; j’ai des villes très-fortes, d’autres qui le sont moins, et il en est plusieurs où je croirais n’avoir rien à redouter de personne si elles n’étaient pas trop éloignées les unes des autres ; or, quand j’ai maille à partir avec les seigneurs mes vassaux ou avec mes voisins, ceux qui se disent mes amis ou qui veulent passer pour mes conseillers me font grand peur de cet isolement. A leur avis, je ne dois ni m’écarter du centre de mon domaine, ni sortir des meilleures forteresses ; comme votre loyauté ne m’est pas moins connue que votre expérience en pareille matière, veuillez m’indiquer, je vous prie, la conduite que je dois tenir le cas échéant.

– Seigneur comte, répondit Patronio, on l’a souvent dit, et je le répète aujourd’hui avec une conviction profonde, rien n’est plus dangereux que de donner des conseils dans les affaires graves et douteuses. Pour bien conseiller, il faudrait être certain du résultat ; et que de fois l’événement ne trompe-t-il pas notre calcul ! Ce qu’on avait jugé mauvais produit du bien, ce que l’on croyait bon produit du mal ; en outre, l’homme loyal et sincère a plus à perdre qu’à gagner en conseillant de son mieux : si, en effet, le conseil qu’il donne à d’heureuses suites, son unique récompense est d’avoir fait son devoir ; tandis que si la chance vient à tourner, on fait retomber sur lui tout le tort de la déconvenue : croyez donc que je m’abstiendrais volontiers en cette circonstance, car j’entrevois plus d’un doute et d’un danger ; mais votre prière est un ordre pour moi, et il ne me reste qu’à vous demander la permission de vous conter, avant tout, ce qui advint au coq avec le renard.

– Volontiers, dit le comte Lucanor; et Patronio poursuivit ainsi :

– Seigneur comte, un laboureur qui habitait une montagne élevait des poules et des coqs ; un jour il arriva qu’un de ces coqs s’éloigna du logis et se mit à trotter vers la plaine. Un renard l’ayant aperçu, se glissa en tapinois pour le saisir : le coq n’eut que le temps de sauter sur un arbre isolé ; le renard, d’abord confus d’avoir manqué son coup, réfléchit au moyen qu’il pourrait employer pour déloger le coq de son refuge et en faire sa proie. Il commença par le saluer amicalement, lui adressa de douces paroles, et le pria avec insistance de continuer sa promenade, lui jurant qu’il n’avait rien à craindre. Le coq refusa net ; alors le renard, changeant de ton, passa de la flatterie à la menace : « puisque tu te méfies de moi, s’écria-t-il, je saurai bien t’approcher de gré ou de force. » Le coq, qui se sentait en sûreté, se moqua de sa colère ; le renard, après avoir tenté de l’intimider par ses discours, se mit à ronger l’arbre avec ses dents et à le frapper avec sa queue ; le coq aurait dû en rire, il s’effraya, prit son vol, et alla, non sans peine, se percher sur un autre arbre. Le renard voyant son trouble ne lui laissa pas le temps de se remettre, il le poursuivit à outrance, et l’ayant ainsi débusqué d’arbre en arbre, il parvint à l’éloigner de la montagne, l’attrapa et le mangea.

Et vous, Seigneur comte Lucanor, dont la condition est de subir tant d’épreuves, évitez avec un égal soin de prendre l’alarme au premier signal d’un danger imaginaire, et de ne pas tenir assez de compte d’un danger réel. Quoiqu’il arrive, n’abandonnez pas plus la défense de vos petites villes que celle de vos grandes ; il serait insensé d’admettre qu’un homme tel que vous, avec des troupes et des vivres, ne peut tenir que derrière les murailles les plus épaisses. Si jamais, entraîné par de fausse alarmes, vous désertiez une de vos places, soyez certain qu’on vous chasserait ainsi de ville en ville, et qu’il n’y aurait plus aucun rempart asse solide pour vous, car plus vos gens se décourageraient à votre exemple, plus vos ennemis deviendraient audacieux, ils ne poseraient les armes qu’après vous avoir tout enlevé ; si, au contraire, inébranlable dès le commencement, vous tenez ferme partout, comme le coq sur le premier arbre, ou plutôt comme l’assiégé qu’on cherche à épouvanter, soit par des tranchées, soit par des échelles ou tout autre machine, vous ne courrez aucun péril sérieux. Après tout, il n’y a que deux manières de prendre les places, en escaladant les remparts ou en les renversant. Dans le premier cas, les échelles n’atteignant pas les glacis, il est clair qu’on peut les repousser si on le veut bien ; dans le second cas, il faut beaucoup de temps pour faire brèche, et la résistance est plus facile que l’attaque ; donc, quand des villes tombent au pouvoir de l’ennemi, c’est toujours parce que les assiégés ont été vaincus par quelque besoin, ou parce qu’ils se sont manqué à eux-mêmes en s’effrayant sans motif. Petit ou grand, puissant ou faible, on doit ne rien entreprendre qu’après mûre réflexion, mais ne pas reculer d’un seul pas quand on s’est porté en avant ; il est moins périlleux de regarder le danger en face que de lui tourner le dos, et la preuve, c’est que dans une déroute, il meurt plus de fuyards que de combattants : voyez ce qui se passe entre un petit chien et un gros ; si le petit ne bouge pas et montre les dents, il parvient souvent à contenir son adversaire, mais s’il fuit, c’en est fait de lui, il est étranglé, et il n’échapperait point lors même qu’il serait plus grand et plus fort. « 

Le comte Lucanor goûta beaucoup ce conseil, il le suivit et s’en trouva bien. Don Juan estimant aussi que la leçon était bonne à retenir, la fit écrire dans ce livre, et composa deux vers qui disent ceci :

« TIENS FERME ET DEFENDS-TOI COMME UN HOMME DE COEUR,
LE DANGER LE PLUS GRAND EST CELUI DE LA PEUR. »

Tiré de Le comte  Lucanor, traduit de l’Espagnol ancien
par  Adolphe-Louis de Puibusque (1854)


NB : je fais ici un petit erratum par rapport à la lecture audio. En plus de la version originale de A. Puibusque réédité chez Forgotten Books, il existe  une autre traduction française de cet ouvrage sortie chez Aubier Domaine Hispanique en 1998 et rééditée en 2014:  Le livre du comte Lucanor / Don Juan Manuel ; présenté et traduit du castillan médiéval par Michel Garcia.

En vous souhaitant une excellente journée.
Fred
pour moyenagepassion.com
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La ballade des contredits de Franc-Gontier, de François Villon, lecture audio

noel_nativite_chanson_poesie_medieval_francois_villon_ballade_proverbesSujet : poésie médiévale, ballade,  auteur médiéval, poète, moyen-français, poésie satirique, humour, satire.
Auteurs :  François Villon (1431-?1463)
Titre : « Les contredits de Franc-Gontier »
Période : moyen-âge tardif, XVe siècle.
Oeuvre : le testament de François Villon
Album : Poètes immortels, François Villon,
dit par Alain Cuny (60/70)

Bonjour à tous,

S_lettrine_moyen_age_passionuite à notre article sur la Ballade des Contredits de Franc-Gontier de François Villon, en voici une belle lecture audio. Elle est tirée d’une série d’albums que le label Disque Festival avait dédié, dans les années 60/70, aux « poètes immortels » français,

A l’occasion de l’album consacré à François Villon, le grand acteur Alain Cuny (1908-1994) prêtait sa voix à douze pièces issues de la poésie de l’auteur médiéval dont cette ballade que voici.

Les contredits de Franc-Gonthier de François Villon par Alain Cuny

En vous souhaitant une excellente journée!
Fred
Pour moyenagepassion.com
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La Ballade à double entendement d’Eustache Deschamps, lecture audio

lecture_poesie_medievale_vieux_francais_oil_audioSujet : poésie médiévale, morale,  réaliste, satirique, réaliste, ballade, moyen français
Période : moyen-âge tardif, XIVe siècle
Auteur : Eustache Deschamps  (1346-1406)
Titre : « Ballade a double entendement, sur le temps présent»
Média : lecture audio
Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, pour faire écho à la Ballade à double entendement d’Eustache Deschamps que nous avions publié il y a quelque temps, nous vous en proposons une lecture audio dans le texte et en moyen-français, tout en profitant pour toucher un mot de l’auteur.

On notera encore ici que, loin des difficultés de compréhension, que peuvent soulever la poésie d’un Rutebeuf ou certains autres textes (poésies, fabliaux, etc) des XIIe et XIIIe siècles, la langue d’Eustache Deschamps reste largement plus accessible à l’oreille. Bien entendu, il faut  se défier de quelques faux-amis ou raccourcis de sens et il est encore vrai que certains textes sont plus ardus que d’autres. Cette ballade à double entendement est, quant à elle, plutôt facile d’accès. Pour plus d’informations la concernant et également pour sa version textuelle, vous pouvez valablement vous reporter à l’article précédent, à son sujet :  Une ballade sarcastique et grinçante d’Eustache Deschamps sur son temps

Note de prononciation

Vous noterez que je ne souscris toujours pas au « Oé » contre le « Oi », nonobstant le fait qu’on me l’ait fait remarquer à quelques reprises. En réalité et si l’on en croit certains auteurs ou traités de prononciation du vieux français ou ancien, le « Oé » semble postérieur au XVe siècle. On l’associe donc, semble-t-il faussement, aux siècles couvrant le moyen-âge, alors qu’il serait plus renaissant.

Tout cela étant dit, le « Oi » n’est certainement pas non plus correct. Diphtonguer en « Ohi », « Ouhi » ou « Oui » il le serait sans doute plus, mais prononcer tel quel (« Oi ») et, à ma défense, il a l’avantage de favoriser la compréhension. On se rapproche un peu ici de la conception de Michel Zink et de cet idée de ne pas ajouter trop d’obstacles à la compréhension des textes médiévaux lus. Autre argument, sans doute plus personnel, le R roulé associé au « Oé » à tous les coins de phrase, a tendance à me donner la sensation de drainer les textes tout entiers du côté de la ruralité et de certaines formes dialectales qu’elle a longtemps conservé. Non que j’ai quoi que ce soit contre le patois, vous connaissez ici mon amour des langues mais disons que sans la conjonction des deux, le texte me semble ainsi ressortir plus « moderne » ou moins connoté pour le dire autrement.

Tout cela étant dit, au long du chemin et pour ceux qui ont l’air d’y tenir, je finirai bien par faire quelques lectures avec de Oé en fait de Oi. A l’inverse, un autre exercice intéressant auquel je pense, serait de lire certains textes médiévaux avec la prononciation contemporaine pour justement ôter tout voile et les rapprocher encore d’autant de nous, en gommant totalement tout « archaïsme » de prononciation. Certains textes du XIVe ou XVe siècle s’y prêtent particulièrement bien.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Lecture audio : la paix de Rutebeuf, trouvère du XIIIe siècle

pauvre_rutebeuf_poesie_medievale_occitan_joan_pau_verdierSujet : poésie médiévale, réaliste, satirique, trouvère, vieux français, langue d’oil, adaptation, traduction.
Période : moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur ; Rutebeuf (1230-1285?)
Média ; lecture audio
Titre : La paix Rutebeuf, la paiz de Rutebuès

Bonjour à tous,

I_lettrine_moyen_age_passion copial semble que nos pas  nous conduisent du côté du trouvère Rutebeuf depuis quelques jours. Nous allons donc en faire un de plus dans sa direction, aujourd’hui, en vous proposant la lecture audio de la poésie  « la paix de Rutebeuf ».

rutebeuf_lecture_audio_paix_poesie_litterature_medievaleNous avions publié, il  y a quelque temps, un article assez long sur le ce texte avec sa version en vieux-français, son adaptation en français moderne et encore  quelques réflexions  d’ordre plus général sur l’auteur médiéval, aussi nous vous invitons à vous y reporter. Tout est là :  La « paix » de Rutebeuf et quelques reflexions sur le « je » et le « jeu » du poète médiéval.

Comme dans la plupart des lectures audio que nous avons proposées jusque là, les deux versions du texte  ancienne et moderne sont mises en miroir pour vous permettre de mieux suivre et comprendre.

 Pour information et si cela vous intéresse, il existe aussi une  playlist youtube de toutes nos lectures de poésie médiévale ici.

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Hommage Kaamelott : Perceval et la potion d’intelligibilité

kaamelott_alexandre_astier_legende_medievale_roi_arthur_moyen_age_passionSujet:  Kaamelott, roi Arthur, Perceval, Merlin, enchanteur, potion, Angharad, Bohort, Intelligibilité, légendes arthuriennes, Graal,  humour, humour médiéval, hommage, fan.
Auteur:  Alexandre Astier
Période: haut moyen-âge, moyen-âge central
Série culte : Kaamelott, M6, Calt production
Média : lecture audio, épisode hommage

Bonjour à tous,

J_lettrine_moyen_age_passione vous propose aujourd’hui un autre script et épisode   maison de notre petite série audio Kaameloot en accéléré. Il s’agit, en réalité, de nouveaux épisodes « inédits » mettant en scène les personnages de l’excellente oeuvre télévisuelle  d’Alexandre Astier. C’est un clin d’oeil en somme à cet univers pour ceux qui l’ont aimé avec l’idée d’y passer perceval_kaamelott_alexandre_astier_legendes_arthuriennes_medievalquelques minutes de plus en attendant le premier opus du long métrage  d’Alexandre Astier au Cinéma. Si ces petits épisodes sans prétention devaient se situer dans le temps, pour ceux qui connaissent bien la série, nous nous situons plutôt avant le livre III. Lancelot n’a pas encore commencé à courtiser ouvertement  Guenièvre, le seul enjeu véritable reste la découverte du Graal  et il y  règne une sorte d’insouciance qui permet de donner libre cours au non sens et à une certaine légèreté.

Encore une fois,  c’est un hommage, donc il faut plutôt y voir l’élan et ne pas rechercher à tout prix la fidélité des voix. Comme  je leur mets un sacré coup de speed  en plus, les différences sont un peu lissées en sortie. Pour le reste, la série originale co-produite par  Calt Production et Alexandre Astier et diffusée  sur M6, il y a quelques Merlin_enchanteur_kaamelott_serie_culte_roi_arthur_moyen-age_passiontemps déjà est disponible en  coffret DVDs et je sais que je me répète mais il est toujours temps de l’acquérir et de la découvrir si vous ne l’avez pas encore fait!  Ca vaut son pesant de cacahuètes.

Notre épisode du jour met en scène Merlin l’enchanteur (Jacques Chambon à l’écran), Perceval (Franck Pitiot), Angharad (Vanessa Guedj), Bohort (Nicolas Gabion) et Arthur (Alexandre Astier).

Kaamelott hommage, épisode audio

Perceval et  la Potion d’intelligibilité :
le script

Merlin est dans son laboratoire quand Perceval se présente à l’entrée:

Merlin :Tiens Seigneur Perceval, qu’est ce que vous faites là? Vous êtes pas avec votre ami Karadoc?

Perceval: Non mais il est pas là. Il est allé chez les pégus pour acheter du jambon…

Merlin : Ah? Et vous aimez pas ça, vous?

Perceval : Si mais j’voulais vous parler d’un truc.

Merlin :J’VOUS PREVIENS SI C’EST POUR D’LA MAGIE, VOUS ALLEZ ENCORE ME METTRE DE TRAVERS!

Perceval : Bin si c’était pour traire une vache je serais pas venu vous voir vous…

Merlin :Ah bin alors là vous avez tort parce que justement ça j’m’en sors drôlement bien, ça et les chèvres figurez vous.

Perceval : Non mais allez…

Merlin:Bon qu’est ce que c’est qui vous faut alors?

Perceval : Bin c’est Angharad. A chaque fois qu’elle me parle j’bite rien a c’qu’elle me dit du coup, c’qui m’faudrait c’est une potion que quand j’la prends je puisse la comprendre quoi…

Merlin :Vous préférez pas plutôt lui dire qu’vous bitez rien à c’qu’elle vous dit?

Perceval : Vous voulez que j’passe pour un con?

Merlin :Bin faut reconnaître que c’est le risque mais au moins après elle fera peut-être un peu gaffe à son vocabulaire.

Perceval : A son quoi?

Merlin:A c’qu’elle dit je voulais dire. L’autre truc ce serait que j’vous file une potion pour la mettre au niveau elle.

Perceval : Ah ? Heu ça change quoi?

Merlin :Bin niveau magie, c’est plus simple dans ce sens là. S’il existait une potion pour augmenter l’intelligence ça fait bien longtemps que j’m’en serais fait un stock, vous vous doutez bien. Le seul truc c’est qu’il va falloir lui faire prendre.

Perceval : Non mais c’est bon, ça. J’vais m’démerder.

(Générique)

Merlin : Tiens voilà c’est prêt. Attention par contre j’ai peut-être un peu forcé mais comme ça on est sûr.

Perceval : Ça va marcher vous croyez?

Merlin : Heu oui plutôt. Disons que là elle va être un peu au dessus du poisson blanc en terme d’intelligence. Mettez en qu’un infime pourcentage ça devrait suffire

Perceval : Ouais, c’est pas faux!

Merlin : Bon bin bon courage alors…

Perceval : Allez merci!

Dans les cuisines. Perceval verse du vin dans deux coupes et prend garde de verser le fiole de merlin dans l’une par contre comme il n’a rien bité il met toute la fiole.

Angharad: Comme je vous le disais mon cher ami, notre transport ne saurait perdurer si de votre côté, vous ne preniez pas un peu les devants.

Perceval : Ouais… Vous voulez pas plutôt boire un peu de vin là?

Angharad: Si plus tard… Car en l’absence de signe ostentatoire de votre élan pour moi…

Perceval : La vache… Vous z’êtes en forme aujourd’hui vous…

Angharad : Aussi sans vous offusquer ne croyez vous pas qu’il serait relevant de pouvoir enfin donner libre cours à notre idylle.

Perceval : … En tout cas, moi tout c’que vous m’dites ça m’donne drôlement soif ! Pas vous?

Angharad: Si bien sûr. Mais je voudrais d’abord finir de vous exprimer mon ressenti profond afin de m’assurer que ce hiatus ne reste pas lettre morte.

Perceval : Qui c’est qu’est mort? J’étais pas au courant…

Angharad: Heu, c’était une métaphore…

Perceval : Ah? Ça m’dit rien, j’devais pas la connaître. Elle était de votre village?

Angharad: …

Un serviteur entre:

Serviteur : Angarhad la reine vous fait quérir de toute urgence. Magnez vous l’train!

Angharad: Bien. Réfléchissez à tout cela mon ami. Je suis certaine que vous saurez en tirer le meilleur partie et lui donner suite avec toute votre grande noblesse de coeur.

Perceval: Ouais, c’est pas faux!

Angharad partie, Perceval se retrouve comme une noix devant les deux coupes quand Arthur entre dans la pièce.

Roi Arthur: Tiens Perceval mais qu’est ce que vous faites là?

Perceval : Heu rien j’parlais avec Angharad

Roi Arthur: Ah? Et comment ça se présente?

Perceval : Comme d’habitude, plutôt mal…

Roi Arthur: Bon, allez vous billez pas! ça va bien finir par s’décanter. Mais bon j’vous laisse j’ai l’autre taré de roi Burgonde qui m’attend en salle de réunion. Ah par contre ça tombe pas mal ça, j’ai un de ses soifs moi !

Perceval : Non mais sire, attendez!

Roi Arthur: AHHHHHHH, merci bien, il a un drôle de gout votre picrate mais il est drôlement rafraîchissant!

Un moment après , Bohort se tient soucieux devant la porte fermée de la salle de réunion quand Perceval le rejoint, l’air inquiet.

Perceval: Ça se passe comment?

Bohort : Plutôt bien. C’est bien ce qui m’inquiète. Cela fait deux heures qu’ils sont là dedans et on dirait qu’ils sont en grande conversation.

Perceval : Houla! Arthur, en grande conversation avec le roi burgonde? Vous devriez peut être aller voir, non?

Bohort : Je l’ai déjà fait il y a une heure et je n’ose plus depuis.

Perceval: Bin qu’est ce qui s’est passé?

Bohort : C’était affreux. Le roi Arthur m’a regardé d’un drôle d’air et puis il a crié « PAS CHANGER ASSIETTE POUR FROMAGE », le roi Burgonde a lâché un énorme vent et je me suis enfui.

NOIR

Perceval : N’empêche si i arrivent à signer le traité d’paix ils viendront pas dire encore que j’ai rien foutu…

Bohort : Comment seigneur Perceval? Je confesse ne pas avoir appréhendé la subtilité de votre remarque.

Perceval: Non mais maintenant que j’y pense vous aussi un d’ces jours, faudra que j’vous fasse goûter un truc.

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En vous souhaitant un très bon début de semaine dans la joie !

Fred
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