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La ballade de bonne doctrine, des goliards à Villon : la taverne médiévale, lieu festif, lieu social.

francois_villon_ballade_poesie_medievale_moyen-age_tardif_XVSujet : poésie médiévale, ballade médiévale,  humour , auteur, poète médiéval. moyen-français, taverne médiévale
Auteur : François Villon (1431-?1463)
Titre : « Ballade des femmes de Paris »,
Le grand testament,
Période : moyen-âge tardif, XVe siècle.
Ouvrages : diverses oeuvres de Villon,  PL Jacob  (1854) , JHR Prompsault (1832), Pierre Champion (1913)

Bonjour à tous,

R_lettrine_moyen_age_passionevenons à Villon pour nous en délecter avec une ballade médiévale dont il a le secret. Nous en profiterons aussi pour faire un crochet à la taverne, lieu médiéval de socialisation et, souvent, ne le nions pas,  d’excès, de liesse et de perdition.

Adressée aux clercs marginaux, aux fêtards  et à une certaine faune de la rue qu’il côtoya un temps, cette Ballade de bonne doctrine à ceulx de mauvaise vie de  François Villon n’est pas celle d’un moraliste mais bien plutôt une poésie qui célèbre les plaisirs et les lieux festifs qu’il aime lui-même à fréquenter. Son titre complet lui fut d’ailleurs donné a posteriori par Clément Marot.

Sur le ton de l’humour, Villon y deco_poesie_medievale_enluminures_francois_villon_XVe_sièclevoue à la fatalité tout ceux qu’il nomment ici. Quel que soit leur gagne pain, honnêtes ou malhonnêtes et quoiqu’ils fassent tout finira par être gaspillé « au taverne et aux filles ».  Sur ces deux sujets, l’oeuvre du grand maistre de poésie médiévale qui oscille entre drame et humour, est, on le sait, truffée de références explicites ou de sous-entendus.

Concernant les tavernes en particulier, c’est un monde qui lui est largement familier et son grand testament est émaillée de noms d’établissements ayant alors pignon sur rue, à Paris, et qu’il lègue généreusement, en forme de clin d’oeil, à certains de ses contemporains. Sur le goût de la boisson et de l’enivrement,  pour ne citer que quelques références prises dans son oeuvre sur le sujet, s’il « connait le vin à la tonne« , comme il le dira dans sa ballade des menus propos, il conclura même le grand testament sur un « traict de vin morillon« . On se souvient encore, pour n’en donner qu’un autre exemple, du vibrant hommage qu’il fit en forme de ballade à feu le bon maistre Jehan Cotard et son attrait irrépressible pour la boisson.

Dans la lignée de ses poésies sur le thème des « écarts de conduite » qui émaillent son oeuvre – beuveries, jeux, transport festif et autres polissonneries – , il fait donc là un portrait en forme de listes,  de ceux que l’on peut retrouver dans ces tavernes dans lesquels on devait avoir quelque chance de le croiser lui-même, dans le Paris du XVe siècle.

Benjamin Gerritsz, XVIIe.
Benjamin Gerritsz, XVIIe.

Les Tavernes médiévales de Paris au XVe

E_lettrine_moyen_age_passionn suivant les pas de Pierre Champion dans ses deux ouvrages sur François Villon, sa vie et son temps, nous remontons le fil de sa référence à l’ouvrage Paris et ses historiens au XIVe et au XVe siècle. On y trouve, en effet, un document riche d’enseignements du copiste flamand Guillebert de Metz, sur ce Paris du Moyen-âge tardif. Je ne résiste pas à en citer un long passage tant il nous replonge dans la réalité générale de l’époque:

« Len souloit estimer a Paris plus de quatre mil tavernes de vin, plus de quatre vingt mil mendians, plus de soixante mille escripvains : item de escolier et gens de mestier sans nombre. (…) On mengoit à Paris, chascune sepmaine, lune parmy lautre comptée, quatre mille moutons, deux cent quarante beufs, cinq cens veaux, deux cens pourceaux salés et quatre cents pourceaux non salés. Item on y vendoit chascun jour sept cens tonneaux de vin, dont le Roy avoit son quatrieme, sans le vin des escoliers et autres qui nen paioient point, comme les seigneurs et autres pluseurs qui le avoient de leurs heritages. »
Guillebert de Metz, Paris et ses historiens au XIVe et au XVe siècle.

Pour mieux comprendre l’effervescence qui régnait autour des tavernes et du commerce du vin et expliquer ce nombre vertigineux d’établissements, il faut, là-encore, lire les belles pages de Pierre Champion sur la capitale d’alors. Tous viennent y vendre directement le fruit de leur vignes pour en tirer profit, et notamment ceux qui sont exemptés de taxes : seigneurs, écoliers comme le précise l’extrait ci-dessus et encore religieux. On confie même aux « escoliers » (collégiens et étudiants) la vente du vin des cuvées familiales pour « le bayer en paiement à leurs maîtres » et pouvoir financer leurs études. Vendre son vin s’appelait alors « faire taverne » et on comprend bien comment, dans ce contexte, les débits du nectar viticole pouvaient être aussi florissants. En plus d’être une boisson prisée, c’était un commerce juteux.

Bouillonnement social & ambiance festive

A_lettrine_moyen_age_passionu delà de ces aspects économiques, du point de vue social, la taverne était le lieu de la boisson autant que de la ripaille mais c’était aussi celui où se retrouvait un fourmillement de vie et d’activité sociale. On y réglait ses comptes, ses litiges ou ses affaires. On y faisait commerce et on pouvait encore y rencontrer un clerc prompt à vous conseiller ou à rédiger pour vous quelques actes, lettres ou documents.

En dehors de cela, il y avait indéniablement dans ces lieux et dans ce milieu de XVe siècle, bien plus qu’un reste de la tradition qu’avaient célébrée les goliards des siècles précédents; on y buvait (sans toujours grande modération), on y chantait, on y jouait aussi à des jeux (d’argent) variés et l’ambiance festive deco_poesie_medievale_enluminures_francois_villon_XVe_sièclequ’avaient encensé la poésie goliardique aux XIIe et XIIIe siècle  semble y avoir largement perduré. Pour tempérer un peu, de nombreuses tavernes se trouvaient alors aux portes de la ville et on imagine bien qu’en fonction des quartiers ou de leur localisation, l’ambiance devait être variable d’un établissement à l’autre, du plus sage au plus permissif.

Quoiqu’il en soit, lieu populaire par excellence, montré du doigt des moralistes comme le « lieu de perdition et de tous les vices », de la même façon que Rutebeuf s’y était peut-être déjà ruiné au jeu de dés (la Griesche d’Hiver), deux siècles auparavant, certains pouvaient encore, du temps de Villon, y sombrer dans l’excès et y laisser tous leurs deniers, quand ce n’était pas leur fond de culotte. C’est d’ailleurs toute la morale de cette ballade narquoise et fataliste du jour.

Ballade de bonne doctrine
à ceulx de mauvaise vie

Car or’, soyes porteur de bulles, (1)
Pipeur* (tricheur) ou hésardeur de dez,
Tailleur de faulx coings* (fausse monnaie), tu te brusles
Comme ceux qui sont eschaudez  (2);
Trahistres* (traîtres) pervers, de foy vuydez ;
Soyes larron, ravis ou pilles :
Où en va l’acquest* (les gains, le profit), que cuydez* (croyez-vous)?
Tout aux tavernes et aux filles.

Ryme, raille, cymballe, luttes, (3)
Hante tous autres eshontez ;
Farce, broille* (joue la comédie) , joue des flustes ;
Fais, ès villes et ès cités,
Fainctes, jeux et moralitez,
Gaigne au berlan* (brelan) , au glic* (jeu de cartes), aux quilles :
Où s’en va tout ? Or escoutez :
Tout aux tavernes et aux filles.

De telz ordures te reculles,
Laboure, fauche champs et prez,
Serz (4), et panse chevaulx et mulles,
S’aucunement tu n’es lettrez ;
Assez auras, se prens en grez.
Mais, se chanvre broyes ou tilles,
Ne tends ton labour qu’as ouvrez
Tout aux tavernes et aux filles.

Chausses, pourpoinctz esguilletez
Robes, et toutes vos drapilles* (harde, petit linge),
Ains* (avant) que cessez, vous porterez
Tout aux tavernes et aux filles.


NOTES

(1) porteurs de bulles : prêcheur de bonnes paroles ou plutôt faux prêcheur? La traduction de JHL Prompsaut est contestée par PL Jacob qui ne la clarifie pas pour autant. Dans La Vie de Lazarillo de Tormes, fiction célèbre de la littérature espagnole, datant de 1554, on trouve mention d’un porteur de (fausses) bulles, « franc scélérat » qui abuse de la crédulité et des deniers des gens en leur prêchant de fausses vérités religieuses. Cela serait assez dans le ton de la poésie de Villon et de sa première strophe sur les tricheurs au jeu, les faux monnayeurs, etc. 

(2) Ebouillanté était la punition qu’on réservait aux faux-monnayeurs. 

(3) Impératif : fais des vers, des satires ou des moqueries (bouffon), joue de la cymbale ou du luth.

(4) trouve-toi un travail, mets toi au service de quelqu’un, 

 En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

Bestiaire médiéval fantastique audio : elfes et demi-elfes

dragon_monde_medieval_fantastique_naheulbandSujet : elfes, demi-elfes, JRR Tolkien, Donjon et Dragon, humour, blague, histoire audio
Période : médiéval fantastique donc imaginaire
Auteur
: votre serviteur
Titre : deux elfes et un demi elfes à la taverne

Bonjour à tous,

D_lettrine_moyen_age_passionans la série « restons un peu léger » en ce dimanche d’août, nous vous proposons une nouvelle histoire audio, peut-être devrais-je dire une ânerie audio pour être plus juste. Elle s’inscrit dans notre série du Bestiaire Médiéval Fantastique. L’inspiration est clairement « donjon dragonesque » et faite de ce medieval_fantastique_bestiaire_elffes_demi-elfe_humour_tolkienmélange de légendes celtiques et d’autres inspirations du genre. L’ombre du grand JRR Tolkien y plane; peut-être se tient-il embusqué derrière un arbre, sans doute un gros chêne centenaire, avec sa pipe fumante et le sourcil froncé en pensant « qu’est-ce que c’est que ce truc? ». Et, s’il est dans les parages, l’oublié de la saga du seigneurs des anneaux de Peter Jackson, le d’ordinaire jovial et chantant Tom Bombadil doit sans doute secouer sa tête de dépit à l’écoute de nos inepties. Mais qu’à cela ne tienne, puisqu’elles sont en boite, persistons et signons!

Deux elfes et un demi-elfe à la taverne

La très belle Tauriel, du Hobbit de Peter Jackson, ou le démenti de l'amour impossible entre elfe et nains
La très belle Tauriel, du Hobbit de Peter Jackson, ou le démenti de l’amour impossible entre elfe et nains

N_lettrine_moyen_age_passionous approchons aujourd’hui une différence fondamentale entre les elfes, les purs, les vrais, ces merveilleux êtres de la forêt, et les demi-elfes, ces hasards de l’amour et de la création, né de l’engeance d’un elfe et d’un humain. Voilà donc l’historiette, la blagounette, mieux même, l’ânerie du jour ayant pour titre  deux elfes et un demi-elfe à la taverne.

Avant d’en terminer, si vous l’avez manqué, peut-être est-il préférable d’écouter l’histoire audio suivante avant, pour mieux comprendre celle d’aujourd’hui: trois elfes à la taverne

En vous en souhaitant une bonne écoute!

Un beau dimanche à tous sous vos applaudissements! (que ceux qui ne connaissent pas la formule aillent farfouiller du côté de l’INA)

Fred
Pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publiliue Syrus  Ier s. av. J.-C

Tous à la Taverne avec la poésie médiévale goliardique et Carmina Burana

carmina_burana_goliards_poesie_humour_medievale_moyenagepassionSujet : poésie et chanson médiévales, humour médiéval, Goliards et poésie goliardique.
Période : moyen-âge central, XI au XIIIe siècle
Média : « in tabernum », tirée de Carmina Burana,
Compositeur :  Carl Orff
Interprètes : Artefactum

In tabernum, Carmina Burana de Carl Orff

Humour médiéval au sens propre

Q_lettrine_moyen_age_passionue les puristes et amateurs d’Histoire médiévale se réjouissent, aujourd’hui, en plus de parler de poésie, nous abordons l’humour médiéval sous une perspective historique. Jusque là, vous l’aviez compris, cette rubrique du site s’adressait plus à des façons modernes de rire du moyen-âge qu’à des commentaires éclairés sur l’humour médiéval d’époque. Cela ne changera d’ailleurs pas, dans cette rubrique, il sera bien toujours question de se divertir et de rire plus que de faire une sorte d’anthologie du rire médiéval, (qui, en réalité, serait surement nettement moins drôle comme le sont souvent les ouvrages qui parlent d’humour sans en faire). Nous allons donc continuer de maintenir cette partie du site dans son esprit original mais, une fois n’est pas coutume, nous dérogeons un peu à la règle, ici, pour parler de poésie satirique et d’humour médiéval « d’époque » donc.

troubadour_artefactum_musique_poesie_medievale_moyen-age_passionCet article a aussi sa place dans la rubrique musiques médiévales puisque nous postons ici un extrait de Carmina Burana par le groupe Artefactum (photo de droite): « cantate scénique du XXe siècle », me direz-vous! A quoi je répondrai: « certes!, » mais les paroles de cette cantate sont inspirées de poésies médiévales et goliardiques du XIIIe siècle, tirées justement du manuscrit du même nom, « Carmina Burana » découvert en 1803 à l’abbaye de Benediktbeuern, d’où sa légitime présence ici. (illustration en tête d’article, roue de la fortune, tiré de ce manuscrit)

Qui étaient les goliards?

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour la plupart, les Goliards étaient de jeunes clercs, insoumis, qui ne s’intégraient pas aux institutions, ou même des étudiants en théologie ou en droit ayant délaissé leurs brillantes études ou ne les ayant pas encore achevées. Dans le courant du XIIe et XIIIe siècle, ce terme a donc désigné ces jeunes gens qui avaient pris la route et vagabondaient, troquant leur pitance contre leurs services, leurs poésies, ou leurs enseignements. Insouciants et peu conformistes, ces clercs chantaient alors, en latin et avec humour, les joies de la taverne – vantant les jeux et la boisson que l’on y trouvait -, mais aussi les plaisirs de la chair, et raillaient encore les religieux ou taverne_medieval_humour_medieval_les_goliards_moyen-age_passiondétournaient les ouvrages sacrés pour s’en moquer. Se faisant, ils suscitèrent, d’ailleurs, les foudres de l’Eglise et des universités qui, dans le courant du XIIIe siècle, condamnèrent, à diverses reprises ces clercs « ribauds » (débauchés) pour leurs agissements. (à droite, une miniature flamande  de la fin du XVe siècle, scène de beuverie).

Goliards, littérature et poésie goliardique

L_lettrine_moyen_age_passiones Goliards nous ont laissé pour héritage des chansons et poésies satiriques et le nom d’un genre littéraire que l’on a regroupé sous l’appellation de poésie goliardique. Au sujet de leur influence littéraire, on va quelquefois jusqu’à leur prêter d’être à la genèse de la tradition satirique européenne ancienne et moderne (1) et on leur reconnaît souvent d’avoir eu une influence certaine sur l’art et la poésie de Rutebeuf et, plus tard, de Villon. Il faut noter qu’en dehors de ces clercs errants dont l’Histoire pour la plupart, n’a pas retenu les noms, d’autres auteurs jeu_taverne_humour_medieval_goliards_moyen-age_passioncélèbres s’étaient aussi essayés au genre dès le début du XIIe siècle (Abélard, Archipoeta de Cologne, Hugues d’Orléans, Gautier de Châtillon entre autres).

Les Goliards se sont-ils également inspirés de ces textes et de cette littérature, en la nourrissant à leur tour, de leurs créations? D’une certaine manière, nous sommes un peu face à la question de la poule et de l’oeuf; s’il est, en effet, facile de repérer l’influence de cette tradition satirique dans certains écrits et, par là, de savoir qui alimente cette littérature, affirmer qui en a allumé le feu ou peut en revendiquer la paternité est une autre paire de manches. Pour rester prudent, disons donc, pour l’instant, que l’ensemble de la poésie que l’on a nommé « goliardique » s’inscrit dans un corpus que ces jeunes clercs errants ont participé activement à alimenter, et en tout cas, suffisamment pour que la chose nommée dérive de l’appellation qu’on leur donnait.

(1) voir article de Pierre Heugas sur Persée  « Création et continuité : de la poésie à la prose, des Goliards à la modernité »

Confrérie organisée ou mouvement isolé?

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour rejoindre les réserves ci-dessus, en fait d’accorder à ces goliards d’être les grands inspirateurs d’une certaine tradition satirique, d’autres auteurs, ailleurs, s’accordent plus à voir en ces clercs miséreux et à demi mendiants, de simples groupes d’ivrognes suffisamment lettrés pour écrire le latin, quand ce ne sont pas que des adolescents encore rebelles et bientôt rangés. O vérité historique, combien ta quête est quelquefois difficile! Voilà encore un sujet qu’il faudra creuser, plus avant, pour le démêler un peu. humour_medieval_goliards_taverne_moyen-age_passion (ci-contre scène de beuverie dans une taverne médiévale, fin du XIVe, British Library, Londres)

Au titre des questions qui courent sur les goliards, en tant que mouvement social et humain, les opinions entre historiens restent également partagées. Allaient-ils en bandes itinérantes véritablement structurées, ou, même, comme le suggérait à la fin du XIXe siècle l’historien médiéviste Joseph Bédier (1864-1938), étaient-ils un groupe de pression puissant, organisé comme une confrérie ou une société secrète? Bien loin de ces affirmations, Daniel POIRION (1927-1996), un autre grand historien, spécialiste du moyen-âge, nous enjoint, là encore, à la prudence. Selon lui, les sources historiques ne nous permettent d’établir rien de certain sur la dimension sociale et humaine du mouvement des goliards, et il reste de l’avis qu’en l’absence de faits avérés, il vaut mieux plutôt s’intéresser à la tradition littéraire goliardique qui est, je le cite, « d’une grande violence satirique, mais aussi d’une belle puissance poétique ». (2) (ci-dessous taverne médiévale, manuscrit taverne_moyen-age_goliard_humour_medievalTacuinum sanitatis, Rhénanie, XVe, BNF)

Une fois de plus, il semble que le temps et l’absence de sources, ont, pour l’instant, emporté avec eux une bonne partie des secrets de ces Goliards, en nous laissant un peu sur notre faim les concernant. Fort heureusement, il nous reste, tout de même d’eux, quelques textes qui ont traversé les âges et qui témoignent d’un certain regard insoumis, satirique, humoristique et festif sur ce moyen-âge central dont ils étaient contemporains. De l’humour médiéval donc, du vrai et de l’irrévérencieux!

(2) voir l’article de Danier Poirion « Goliards » sur universalis.fr

L’inspiration goliardique de Carmina Burana

L_lettrine_moyen_age_passiona vidéo musicale, en tête de cet article et qui nous a fourni le prétexte à aborder la question des Goliards, est un extrait de la cantate Carmina Burana du compositeur allemand Carl Orff (1895-1982) (photo ci-dessous) interprété ici par l’excellent groupe, amateur de musique médiévale, ArteFactum . On doit à Carl Orff d’autres pièces que celle-ci, mais le succès populaire de cette cantate aura, d’une certaine manière, éclipsé le reste de son oeuvre auprès du grand public. D’ailleurs, Carmina Burana n’est qu’une partie d’un tryptique qui comprend deux autres pièces qui n’ont pas non plus rencontré, pour l’instant en tout cas, le même écho.carmina_burana_goliard_poesie_humour_medieval_moyen-age_passion Quoiqu’il en soit, la cantate Carmina Burana  reste, comme nous le disions plus haut, inspirée de poésies médiévales et goliardiques du XIIIe siècle et le texte « quand nous sommes à la taverne » dont nous vous livrons ci-dessous les paroles est, bien évidemment, issu de cette tradition.

« In taberna quando sumus », version latine

In taberna quando sumus,
non curamus quid sit humus,
sed ad ludum properamus,
cui semper insudamus.
quid agatur in taberna
ubi nummus est pincerna,
hoc est opus ut quaeratur;
si quid loquar, audiatur.

Quidam ludunt,
quidam bibunt,
quidam indiscrete vivunt.
sed in ludo qui morantur,
ex his quidam denudantur,
quidam ibi vestiuntur,
quidam saccis induuntur;
ibi nullus timet mortem,
sed pro Baccho mittunt sortem.

Primo pro nummata vini;
ex hac bibunt libertini;
semel bibunt pro captivis,
post haec bibunt ter pro vivis,
quater pro Christianis cunctis,
quinquies pro fidelibus defunctis,
sexies pro sororibus vanis,
septies pro militibus silvanis.
octies pro fratribus perversis,
nonies pro monachis dispersis,
decies pro navigantibus,
undecies pro discordantibus,
duodecies pro paenitentibus,
tredecies pro iter agentibus.

Tam pro papa quam pro rege
bibunt omnes sine lege.
Bibit hera, bibit herus,
bibit miles, bibit clerus,
bibit ille, bibit illa,
bibit servus cum ancilla,
bibit velox, bibit piger,
bibit albus, bibit niger,
bibit constans, bibit vagus,
bibit rudis, bibit magus,
Bibit pauper et aegrotus,
bibit exul et ignotus,
bibit puer, bibit canus,
bibit praesul et decanus,
bibit soror, bibit frater,
bibit anus, bibit mater,
bibit ista, bibit ille,
bibunt centum, bibunt mille.

Parum sescentae nummatae
durant cum immoderate
bibunt omnes sine meta,
quamvis bibant mente laeta;
sic nos rodunt omnes gentes,
et sic erimus egentes.
qui nos rodunt confundantur
et cum iustis non scribantur.

« Quand nous sommes à la taverne »
version français moderne

Quand nous sommes à la taverne
que nous importe de n’être que poussière ,
mais nous nous hâtons pour les jeux ,
qui nous mettent toujours en sueur
Ce qui se passe dans la taverne
où l’argent est le roi
ça vaut le coup de demander
et d’écouter ce que je dit.

Certains jouent , certains boivent ,
d’autres vivent sans pudeur
De ceux qui jouent ,
certains se retrouvent nus
certains sont rhabillés
d’autres sont mis à sac .
Personne ici ne craint la mort
mais ils misent le sort pour Bacchus .

Le premier est pour le tournée ,
puis les affranchis boivent ,
une autre fois pour les prisonniers ,
une troisième pour les vivants ,
une quatrième pour les Chrétiens ,
une cinquième pour les fidèles défunts ,
une sixième pour les sœurs légères ,
une septième pour la troupe en campagne .

Une huitième pour les frères pervertis ,
une neuvième pour les moines dispersés ,
une dixième pour ceux qui naviguent
une onzième pour les plaideurs ,
une douzième pour les pénitents ,
une treizième pour les voyageurs ,
une pour le pape une pour le roi
tous boivent sans loi .

La patronne boit , le patron boit ,
le soldat boit , le prêtre boit ,
celui-ci boit , celle-ci boit ,
l’esclave boit avec la servante ,
l’agile boit , le paresseux boit ,
le blanc boit , le noir boit ,
le pondéré boit , l’inconstant boit ,
le fou boit , le sage boit ,
Le pauvre et le malade boivent ,
l’exilé et l’étranger boivent ,
l’enfant boit , le vieux boit ,
l’évêque et le doyen boivent ,
la sœur boit , le frère boit ,
la vieille boit , la mère boit ,
celui-ci boit ,celui-là boit ,
cent boivent , mille boivent .

Six cent pièces filent
vite , quand , sans retenue
tous boivent sans fin .
Mais ils boivent l’esprit gai ,
ainsi nous sommes ceux que tous méprisent
et ainsi nous sommes sans le sou ,
Ceux qui nous critiquent iront au diable
et avec les justes ne seront pas comptés.

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Voilà pour aujourd’hui, mes amis, donc, cette fois-ci, une belle journée et si d’aventure cet article vous a donné grand soif, une bonne santé avec modération!

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la recherche du monde médiéval sous toutes ses formes.

Bestiaire médiéval fantastique audio : trois trolls à la taverne

Bonjour à tous!

V_lettrine_moyen_age_passion copiaoilà! En définitive, j’ai décidé de lancer un peu d’audio autour de ces petites historiettes et blagounettes autour du monde médiéval fantastique dont nous vous avions déjà parlé ici et qui a pour titre le « bestiaire médiéval-fantastique ». Ce sont donc des histoires drôles ou des blagues « maison » et l’on y retrouvera les créatures, monstres ou personnages familiers de l’univers de Tolkien, de Donjons et Dragons et du médiéval fantaisie en général : elfes, trolls, orcs,  dragons, nains, hobbits, gobelins, humains aussi, bien sûr (chevalier, pages et paladins, brigands, taverniers ou marchants, etc…) et tout ce petit monde se mélange ou se côtoie en essayant de bien s’entendre, ou à défaut au moins d’essayer de se comprendre et de s’adapter les uns aux autres, ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes.

 Voici donc la première histoire que nous avions déjà publié en texte sur ce site, il y a quelques temps,  mais en version audio cette fois! Elle se passe dans une taverne médiévale.

Les Trois Trolls à la Taverne

Ces petites histoires drôles n’ont d’autres prétentions que de vous divertir et de vous détendre, aussi j’espère qu’elles atteindront leur but. Elles se destinent aux amateurs de moyen-âge fantastique, aux fans du « Seigneur des Anneaux » ou du « Hobbit » de JRR Tolkien et de cette littérature, mais encore et, bien sûr, aux rôlistes  et aux geeks.

D’autres suivront bientôt et, dans cette attente, nous vous souhaitons une excellente journée à tous!

Fred
Pour moyenagepassion.com

 « L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publiliue Syrus  Ier s. av. J.-C

Bestiaire médiéval fantastique : la question épineuse de l’adaptation chez les elfes

elfes_bestiaire_medieval_fantastique_moyen_age_passion
Les Elfes de JRR Tolkien, selon Peter Jackson dans Le Hobbit & Le seigneur des anneaux

P_lettrine_moyen_age_passion copiaoursuivons notre bestiaire médiéval fantastique, en exclusivité pour moyenagepassion.com et pour nos lecteurs*, et, bien entendu, toujours animés que nous sommes de la volonté tenace  de mieux cerner tous ces êtres magiques que l’on peut pouvons croiser dans la littérature ou le cinéma dédiés au médiéval fantaisie (ou même simplement dans une forêt un peu ancienne pour certains d’entre eux). Aujourd’hui donc, nous parlons de ces merveilleuses créatures des forêts que sont les elfes et nous nous posons la question de leur « adaptabilité moyen_age_bestiaire_medieval_fantastique_elfe_elrondsociale réelle en environnement urbanisé à semi-urbanisé ». Autrement dit, sans en faire des caisses non plus, il s’agit de savoir comment les elfes arrivent plus ou moins à passer en ville, propos que nous tâcherons d’illustrer à travers une anecdote les concernant. (photo: Elrond, roi de elfes, Le Seigneur des anneaux de P. Jackson)

Notre histoire se passe donc dans un village médiéval. Trois elfes entrent dans une taverne et s’assoient à une table.  La patronne s’approche et leur demande :

« – Qu’est-ce qu’on leur sert? »

Le premier elfe réfléchit longuement et finalement dit :

 » – Je vais prendre un jus d’airelles bien frais avec un soupçon de coulis de mûres et si c’est possible, une à deux pincées de pollen de lys blanc, vraiment juste un peu par contre. Après, sinon, ça va être trop fort et ça va passer par dessus le goût de la mure »

Le deuxième elfe se gratte la tête, et après un moment, fait:

« – Alors, moi je vais plutôt partir sur un jus à base de romarin et de trèfles, avec un nuage d’hydromel et, si vous avez, deux ou trois petites framboises sauvages également, mais par contre là, vous vous embêtez pas, vous les mettez juste comme ça entières, avec le reste dans la chope ».

La patronne acquiesce et regarde le troisième elfe qui fait :

« – Bon du coup, moi, je vais partir sur un jus d’airelles aussi, très  bonne idée ça Gwëhëndorn!, mais par contre ce qu’on va faire, on va le couper avec un bon tiers de jus de cresson sauvage et trois cuillères de miel d’acacia. Ça devrait le radoucir un peu. Ah aussi, si vous pouviez bien battre le tout pour que ce soit bien homogène, ce serait parfait ».

La femme acquiesce, retourne au comptoir où son mari, le tavernier, lui demande :

« – Alors, i veulent quoi? »

Et la femme lui répond :

« – Trois bières. »

___________________________________________________________________________PS : si vous avez un site web, une page sociale, un blog, une page FB et que vous souhaitez partager une partie des contenus écrits de notre bestiaire médiéval fantastique, merci de nous contacter avant. Ils sont tous originaux, déposés et sous copyright et nous passons du temps à les écrire avec notre petite main, cela nous ferait donc plaisir d’être crédité de leur création.

Bestiaire médiéval fantastique : la vie sociale des trolls 1

Le troll selon Peter Jackson
Le troll de JRR Tolkien selon Peter Jackson

N_lettrine_moyen_age_passionous sommes tou-jours avec ce projet ambitieux et peut-être même un peu fou de mieux comprendre la vie des bêtes et des êtres qui peuplent l’univers du médiéval fantastique.

Aussi, aujourd’hui, conscient de l’immensité de la tâche et en exclusivité pour moyenagepassion, nous nous penchons sur la vie sociale des trolls.

C’est donc trois trolls qui entrent dans une taverne, dans un village médiéval et le tavernier leur fait :

– Comme d’habitude?

Le premier troll répond en grognant : « MeuHaaaaaaaaa! », le deuxieme hôche la tête et hurle « Beeeeuuuuhhhaaaaaaaa! ».  Le troisième les regarde et fait au barman « Ouais du coup,  moi aussi, je vais prendre comme eux ».

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Humour médiéval, blague moyen-âge fantastique

La forteresse Médiévale de Roqueblanche

Projet, écriture, série humoristique médiévale, humour médiéval

Roqueblanche : une série humoristique sur le moyen-âge
Roqueblanche : une série humoristique sur le moyen-âge

LA FORTERESSE MEDIEVALE DE ROQUEBLANCHE

L_lettrine_moyen_age_passiona ville-forteresse de Roqueblanche est totalement fictionnelle et a été créée, de toutes pièces, à l’occasion d’un projet d’écriture. Ce projet consiste à réaliser une série humoristique ayant pour cadre le moyen-âge et qui se déroule dans une  ville fortifiée, au début du XIIIe siècle.

Trente épisodes audio de cette série ont déjà été écrits et déposés à la société des auteurs, ayant pour cadre cet univers. On y retrouve de nombreux personnages et on peut y suivre, au fil du temps, la vie de cette forteresse et de ses habitants.

taverne_medievale_brasserie_serie_humour_moyen_ageUn des lieux pivots de la série est une petite taverne brasserie de la ville, tenue par Adrien un personnage haut en couleurs. C’est un homme célibataire qui vit avec sa fille de vingt printemps, qui commence à lui causer de plus en plus de souci. On lui doit notamment la phrase suivante restée célèbre dans les annales de Roqueblanche pour sa nature hautement philosophique :

« Attention tout l’monde écoute, tout l’monde tend bien l’oreille parce que j’vais l’dire qu’une fois! J’vous préviens, le prochain qui dit qu’ma bière elle sent la pisse, j’le sors d’ici à coup de chausses dans les roustons! »  Adrien, Tavernier, Roqueblanche

Bref, vous l’aurez compris, les premiers épisodes se présentent comme une galerie de portraits. Il y a bien sûr le seigneur, incorrigible fêtard et ses gens, mais il y a surtout les gens de la rue, ceux de l’ordinaire, le peuple, finalement, avec ses travers, son humour, sa tendresse, ses petites méchancetés, et toutes ces contradictions qui font de l’être humain ce qu’il est finalement.

Vidéo : présentation courte de la forteresse en Musique et en ambiance médiévale

Le lieu : les terres du Dauphiné

B_lettrine_moyen_age_passionien qu’elle soit fictionnelle, la forteresse se situe en terre dauphinoise, à la frontière de la Drôme des collines et de la Drôme provençale. Comme la zone est semi-montagneuse, elle pourrait se situer proche du Diois (Die, Dieulefit, ce genre d’endroit) même si encore une fois elle est totalement imaginaire.

Pourquoi ce lieu? Tout d’abord parce que c’est ma terre de naissance et que j’y suis attaché, à ses accents autant qu’à la simplicité salutaire de ses gens, et ensuite aussi parce que c’est là d’où je viens. oui, pas faux, ça sonne exactement pareil et ça fait un peu répétition mais j’avais envie d’insister.

L’époque : le moyen-âge central

L_lettrine_moyen_age_passion‘histoire de Roqueblanche se situe en plein coeur du moyen-âge et au début du XIIIe siècle. Pourquoi? Parce que c’est un siècle que j’affectionne particulièrement  et qu’ayant déjà écrit deux romans qui se passent pendant cette période médiévale, j’ai l’impression de commencer à bien la connaître. Je me situe avant les grandes épidémies de peste qui ravageront l’Europe, dans un temps ou l’on chante encore l’amour courtois et où l’on croit encore à la noble chevalerie, même si les habitants de Roqueblanche ne sont visiblement pas tous d’accord sur la question de glorifier les hommes en armure. Pour être plus précis, l’histoire se situe plutôt à partir de 1230, entre la sixième et la septième croisade.

Au fond, ce qui m’intéresse justement, c’est qu’il ne se passe rien de notable et d’ainsi pouvoir bénéficier d’une relative tranquillité et prospérité, favorable à une certaine « indolence ». Faire une série humoristique sur la peste, allez savoir pourquoi, je le sentais moyen. J’étais aussi assez attaché à l’idée de faire quelque chose de réaliste,  en restant au niveau des gens, de leurs préoccupations quotidiennes et du comique qui peut ressortir des situations et des dialogues. Je voulais aussi éviter la fresque historique, hyper réaliste et documentée, non que je n’aime pas le genre, mais ce n’était simplement pas l’idée. Par ailleurs, d’autres savent le faire bien mieux que moi. Je lui préfère toujours la fiction.

La finalité du projet Roqueblanche

R_lettrine_moyen_age_passionêvons un peu. Dans l’idéal, la série Roqueblanche pourrait trouver sa place dans un format court et quotidien télévisuel. Dans le concret, elle a pris pour l’instant la forme de trente épisodes sonores et audio qui font en moyenne cinq minutes trente chacun. Je suis aussi en train d’explorer le moyen de la réaliser en animation de type 2D ou dessins animés, on va dire. C’est assez long à produire. Il faut créer les personnages, les décors, réaliser le montage vidéo image par image, etc… Non, rassurez-vous, je n’ai l’outrecuidance ou l’ambition de prétendre devenir Pixar à moi tout seul, mais j’espère, de cette façon au moins, partager de manière plus concrète cet univers et ces personnages, en espérant vous divertir.

En attendant d’en avoir plus à vous mettre sous la dent, je vous partage déjà dans cet article les vidéos sur les décors et ce petit monde avec un tour plus détaillé du propriétaire dans la vidéo ci-dessous. Pour le reste, promis, dès que j’ai quelque chose de prêt, je vous ferais passer une petite vidéo.

Vidéo 2 : présentation détaillée de la ville forteresse et grand tour du propriétaire

Qu’est-ce qu’on y trouve?

C_lettrine_moyen_age_passionomme Roqueblanche est plus une ville fortifiée qu’un simple château-fort, on y trouve représentée toute la société médiévale avec ses métiers, ses marchands, ses bâtiments, son seigneur, etc.

Les défenses de la ville et les murailles

forteresse_medievale_serie_humoristique_moyen_age_chateauCôté fortification, la forteresse a ses hauts murs, ses tours de garde, sa porterie, son pont-levis, sa large enceinte fortifiée avec ses créneaux, ses courtines et son long chemin de ronde. Elle a aussi ses douves sèches, son immense palais seigneurial, pour ne pas dire ostentatoire avec ses jardins et sa chapelle.

LA BASSE COUR

Échoppes, tavernes et restaurants

Côté bâtiments, on y trouve des logements pour les marchands, enhalle_de_marche_medievale_citadelle_roqueblanche général situés au dessus de leurs échoppes : boulangerie et four à pain, taverne et restaurant divers, marchand d’accessoires, de tissus,  de meubles de bois, etc. On trouve également des halles de marché d’époque, ces grands bâtiments sans mur à la charpente merveilleuse qui commencent à fleurir un peu partout à partir du XIIe siècle dans les centres de village ou dans les bastides, et qui pour certain en deviennent le coeur aux côtés de l’église.

L’église

eglise_medieval_moyen_age_chretien_forteresseCette dernière est bien sûr présente et a sa place centrale dans la basse cour de la ville, dans ce moyen-âge profondément imprégné de religion et de chrétienté. Entre la basse cour et la haute cour et son palais , il y a également un certain nombre de logements qui peuvent être destinée à héberger les notables, les administratifs, le pouvoir judiciaire et même les bourgeois qui existent forcément dans une ville de cette taille. Il y a encore des écuries bien sûr pour les chevaux des gens de passage.

Tribunal, cachots, potence et justice

justice_cachot_bourreau_moyen_ageToujours au vue de la taille de cette ville forteresse, nous trouvons également à Roqueblanche, un bâtiment dédié qui fait à la fois office de tribunal et de prison et dans lequel le bourreau en sous-sol déploie des trésors d’ingéniosité psychopathe pour faire dire à tous ceux qui passent entre ses mains ce qu’il a envie d’entendre. Dans ce même bâtiment, on a aussi prévu aux étages supérieurs l’hébergement d’une force armée totalement dédiée à la sécurité même de la ville, soit finalement un ancêtre des forces de polices, plutôt d’ailleurs des forces de gendarmerie pour être plus exacte puisqu’elles restent à composante militaire. Le royaume est donc en paix mais faut pas exagérer non plus.

Académie militaire : « Si vis pacem, para bellum »

Comme disait un romain que je n’ai pas connu personnellement etmoyen_age_serie_humour_academie_militaire_roqueblanche qui serait décédé depuis, d’après ce que j’ai compris, « si tu veux la paix, prépare la guerre ». On trouve donc entre la basse-cour et la haute cour de Roqueblanche, une académie militaire aménagée dans le premier château historique de la ville.  Un deuxième palais a, en effet, été construit plus récemment à un niveau encore au dessus pour répondre aux exigences de luxe, de faste et des festins de la famille du seigneur.

Les métiers

Côté métiers, il y a aussi bien sûr, la forge et ses métiers (maréchal ferrant, forges d’outils, d’armes et d’armures), un tailleur de pierre, un boulanger, un atelier de poterie et céramique, un herboriste ou apothicaire, etc.

LA HAUTE COUR ET LE PALAIS SEIGNEURIAL

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salle_banquet_medieval_chateau_moyen-ageElle contient principalement le château du seigneur qui est en réalité un véritable palais seigneurial avec sa grande salle pour festoyer, sa cave immense dans lequel le maître des lieux semble passer plus de temps qu’il ne devrait aux dires de certains au moins et encore de nombreuses pièces pour loger famille, familiers ou nobles de passage. Il y a aussi largement assez de place pour une petite armée de serviteurs et pour une large garnison rapprochée. On trouve également des jardins, une chapelle, un jeu de paume et tout un tas d’autres choses mais je ne veux pas tout dévoiler ici.

HORS LES MURS

Vilains, serfs, et zone périurbaine

forteresse_medievale_humour_moyen_age_roqueblancheA la faveur de la paix qui règne dans l’endroit et du grand développement de la ville, à défaut de pousser les murs d’enceinte, on retrouve en dehors de murs de la ville, une zone agricole bien sûr avec son moulin, son four banal, et ses fermes mais aussi un développement de type péri-urbain avec une grande zone d’accueil et d’hébergement pour tous les visiteurs extérieurs, mais aussi des premiers bâtiments d’habitation nichés à l’ombre des remparts, dont certains contiennent également des échoppes.

Champ de tournoi

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tournoi_chevalerie_joute_serie_humour_moyen_ageLieu Incontournable des grandes fêtes de printemps où les chevaliers les plus téméraires viennent partager leur temps entre camping sauvage et coups de lance dans les gencives ou le poitrail, Roqueblanche se devait d’avoir son champ de tournoi, et comme le dit le seigneur des lieux :

« On ne peut pas non plus passer son temps qu’à boire ou à dormir, de temps en temps, il faut bien se marrer un peu. »

Bref, voilà pour la présentation générale des lieux et du projet. D’autres informations et des choses plus concrètes suivront au fur et à mesure de nos avancées sur la réalisation!

Bonne journée à tous!

Fred
moyenagepassion.com

NB : cette forteresse a été créée à l’aide du moteur du jeu vidéo Medieval Engineers, édité par la société Keen Software.