Archives de catégorie : Conférences Moyen Âge

Des conférences sur le moyen-âge et autour de la période médiévale par les plus grands érudits et experts de ces questions (historiens médiévistes, romanistes, etc…)

Octobre médiéval à la Basilique cathédrale Saint-Denis

Sujet : concerts, musiques médiévales, patrimoine, cathédrale, ensemble médiéval, site classé, conférences.
Période : Moyen Âge central à tardif.
Événement : Octobre médiéval 2026
Dates : 4 concerts de musique médiévale et 2 conférences, octobre 2026.
Lieu : Basilique cathédrale Saint-Denis, Centre des Monuments nationaux, 1, rue de la Légion d’Honneur, Saint-Denis

Bonjour à tous,

e mois d’octobre sera de nouveau médiéval à la Basilique cathédrale Saint-Denis. L’événement, proposé par le Centre des monuments nationaux, séduit et cette nouvelle édition devrait encore confirmer son succès.

La recette est simple et ambitieuse à la fois : proposer des concerts d’exception dans le cadre patrimonial unique. La Basilique Saint-Denis est incontestablement un des plus prestigieux édifice religieux classé d’Île de France. Le programme musical se complète également de deux conférences sur des thèmes touchant le patrimoine et l’Histoire médiévale.

Les Concerts de musique médiévale

Pour cette nouvelle édition, quatre concerts vous attendent dans le chevet gothique du monument. Les performances scéniques seront suivies d’échanges et dialogues avec le public (présentation d’instruments, contexte et travail de restitution, etc…).

Ai Lemozi : du chant monastique à la lyrique des troubadours en Aquitaine

Interprètes : Ensemble Beatus
Date : Samedi 3 octobre – 16H30

Jean-Paul Rigaud, directeur de l'Ensemble Beatus, portrait.

Au programme, chants grégoriens et récital autour du graduel de Saint-Yriex (manuscrit BnF Latin 903), daté du XIe siècle. On y entendra de rares pièces issues de la tradition des chrétiens de Gaule, du temps des mérovingiens.

L’ensemble Beatus a été fondé en 2005. Sous la direction de Jean-Paul Rigaud, il s’est spécialisé sur le répertoire médiéval. Il explore les chants grégoriens, mais aussi les œuvres des premiers troubadours jusqu’aux compositeurs et maîtres de musique du Moyen Âge tardif.

Paris gothique : une visite guidée musicale dans le Paris de 1250

Interprètes : Ensemble Rue des Chantres
Date : Samedi 10 octobre – 16H30

Ce voyage original mené par le trio vocal l’Ensemble Rue des Chantres vous propose une exploration en musique du Paris du milieu du 13e siècle.

L'Ensemble de musique médiévale "Rue des Chantres"

L’ensemble Rue des Chantres s’est formé en 2019, sous l’impulsion d’Erwan Picquet, Vincent Pislar et de Christian Ploix. Pour ces trois chantres de Notre-Dame, l’envie de partager les chants interprétés historiquement entre les murs de la célèbre cathédrale s’est imposée un point de départ naturel avant de s’élargir vers d’autres horizons.

Le concert explorera ici le spectacle vivant, avec des projections d’extraits de manuscrits et d’iconographie issu du répertoire proposé.

Les Anges musiciens : à la découverte des instruments du Moyen Âge

Interprètes : Ensemble Obsidienne
Date : Vendredi 16 octobre – 20H00

Nous avons tous en tête les anges sculptés des églises ou des cathédrales et leurs instruments musicaux. Pour ce concert, l’ensemble Obsidienne a voulu relever le défi de nous les faire entendre. Musique du ciel pour instruments anciens et découvertes étonnantes sont au programme de ce concert à ne pas manquer. On pourra y écouter, entre autres pièces, des extraits des cantigas de Santa Maria ou encore des chansons plus tardives du célèbre manuscrit de Bayeux (ms Français 9346).

L'ensemble de musiques médiévales et renaissantes Obsidienne

Mené par Emmanuel Bonnardot, l’ensemble Obsidienne est de ces formations que l’on ne présente plus. Formé en 1993, largement primé depuis pour ses interprétations, il a proposé de nombreux programmes pour un répertoire allant du Moyen Âge central aux polyphonies renaissantes.

Je loe amours : chansons à la cour de Bourgogne au XVe siècle

Interprètes : Anne Delafosse et Angélique Mauillon
Date : Samedi 24 octobre – 16H30

Ce concert vous entraînera à la découverte de la courtoisie du Moyen Âge tardif à la cour de Bourgogne. A l’exploration d’un style et de compositeurs demeurés anonymes ou confidentiels, il aura pour guide principal le Manuscrit Ms Canon ou Misc 213 de la Bodleian Library d’Oxford.

Angelique Mauillon et Anne Delafosse, passion musiques médiévales

Anne Delafosse et Angélique Mauillon, les deux interprètes de talent au service de ce programme, sont coutumières du répertoire médiéval et des musiques anciennes. Leur complicité scénique et musicale patinée au fil de nombreuses années, viendra s’ajouter à leur passion et leur enthousiasme contagieux pour produire un autre concert d’exception à ne pas manquer.


Les Conférences

Deux conférences viennent dont compléter ce programme musical pour les férus d’histoire médiévale et de patrimoine.

Notre-Dame de Paris et Saint-Denis : émulations et rivalités de deux grandes voisines à la fin du Moyen Âge

Conférencier : Damien Berné
Date : Mardi 6 octobre – 19H30

Cette conférence permettra d’explorer les interactions, relations et frictions entre les deux géantes chrétiennes de la région parisienne. La période porte du Moyen Âge central (12e siècle) au tardif.

Archiviste paléographe et docteur en histoire de l’art, Damien Berné est également conservateur en chef de la collection de sculpture médiévale du musée de Cluny (musée national du Moyen Âge).

Compositrices, interprètes, mécènes : les actrices de la musique médiévale

Conférencière : Anne Ibos-Augé
Date : Mardi 13 octobre – 19H30

Octobre médiéval 2026, affiche de l'événement de la basilique cathédrale Saint-Denis

Au programme de cette conférence, une exploration dans les archives du Moyen Âge à la découverte de trobairitz et compositrices du Moyen Âge, mais aussi d’héroïnes littéraires ou de figures culturelles ayant compté dans la musique médiévale.

Musicologue agrégée, Anne Ibos-Augé est actuellement associée à l’Institut de recherche en musicologie de la Sorbonne. Elle est également membre de la Société française de musicologie.

Pour le détail des réservations et des tarifs, veuillez consulter directement le site officiel de la Basilique Saint-Denis.


Retrouvez nos articles sur les éditions précédents de cet événement aux liens suivants : Edition 2024 – Edition 2025 (avec présentation de la Basilique et de son histoire) – Conférence Marc Bloch 2026

En vous souhaitant une belle journée.
Frédéric Effe.
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.

Conférences : les Héros du Roman Arthurien investissent la BnF

Sujet : légendes arthuriennes, héros arthuriens, roman arthurien, littérature médiévale, médiévalisme.
Période : du Moyen Âge au monde moderne
Conférences : « Les héros du roman arthurien, d’hier à aujourd’hui »
Organisateur : BnF, Paris
Dates : du 3 février 2025 au 28 mai 2025
Intervenants : Nathalie Koble, Myriam White-Le Goff, Christine Ferlampin-Acher, Christophe Imperiali.

Bonjour à tous,

e début février à la fin mai 2025, la prestigieuse Bibliothèque Nationale de France et son conservateur Jérôme Chaponneau vous convient à la découverte des légendes arthuriennes, au travers ses héros les plus marquants.

Quatre conférences sur les héros arthuriens

De Merlin à Lancelot, en passant par Perceval et Morgane, ce cycle de quatre conférences vous permettra de suivre l’origine médiévale et les évolutions des célèbres héros arthuriens. Chaque intervention sera conduite par d’éminents universitaires spécialistes de ces questions.

Merlin, Lancelot, Morgane, Perceval, nous les connaissons tous tant le médiévalisme et les productions littéraires, ludiques ou cinématographiques modernes continuent de les mettre à l’honneur ou de les décliner. Pourtant, que savons-nous vraiment d’eux ? D’où viennent-ils ? Comment ont-ils évolué à travers la littérature arthurienne ? Quels visages ont ils pu emprunter du Moyen Âge à nos jours, au long de plus de huit siècles de légendes arthuriennes ?

Voilà les thèmes passionnants que ces conférences de la BnF vous inviteront à aborder. En voici le détail :

Merlin, ou la mémoire du monde. Un prophète d’outre-tombe

Enluminure Manuscrit Médiéval, Légendes Arthuriennes, MS Français 749  : Merlin et le père Blaise
Merlin et Blaise dans le Français 749.

D’où vient Merlin l’enchanteur et son personnage ? Entre ombres et lumières, qu’incarne-t-il ? Tout pose question sur ce personnage, jusqu’à sa disparition dans certains récits arthuriens. Ici, la BnF vous invite à découvrir les différents visages de Merlin de sa naissance jusqu’à l’époque moderne.

Conférenciére : Nathalie Koble, professeure de littérature médiévale à l’École normale supérieure.
Dates : Lundi 3 Février 2025 : 18h30 -20h00
Lieu : Richelieu – Salle des conférences, 5, rue Vivienne, Paris 2e.


Morgane, entre ambiguïté et polyvalence

Enluminure Manuscrit Médiéval, Légendes Arthuriennes, MS Français 122  : Morgane et Lancelot
Lancelot et Morgane, Français 122

Mystère et fascination entourent la plus sombre des héroïnes arthuriennes. Fée ou sorcière ? Ses apparitions dans les différents récits du roman arthurien peuvent la montrer sous les jours les plus ambivalents. Elle incarne un pouvoir insaisissable et secret. Autant séductrice que dangereuse, le feu qu’elle couve n’est jamais très loin.

Conférenciére : Myriam White-Le Goff, maîtresse de conférences en littérature médiévale à l’université d’Arras.
Dates : Lundi 10 Mars 2025 : 18h30 -20h00
Lieu : Petit auditorium François-Mitterrand, Quai François-Mauriac, Paris 13e.


Perceval, héros du roman arthurien

Enluminure Manuscrit Médiéval, Légendes Arthuriennes, MS Français 122 : Perceval chevauchant son destrier.
Perceval chevauchant, Français 122

Tantôt naïf, drôle et touchant, tantôt héroïque et valeureux, l’un des plus célèbres chevalier arthurien a traversé le temps, en maintenant sa popularité. La conférence vous invitera à la découverte de Perceval des récits de Chrétien de Troyes à la série Kaamelott d’Alexandre Astier et même d’autres productions hollywoodiennes plus récentes.

Conférencier : Christophe Imperiali, professeur de littérature française à l’université de Neufchâtel.
Dates : Lundi 5 Mai 2025 : 18h30 -20h00
Lieu : Petit auditorium François-Mitterrand, Quai François-Mauriac, Paris 13e


Lancelot & ses représentations illustrées

Enluminure Manuscrit Médiéval, Légendes Arthuriennes, MS Français 122 : Lancelot et Guenièvre
Lancelot au chevet de Guenièvre, Ms Fr 122

Qu’on l’admire ou qu’on soit tenté de le fustiger pour ses trahisons, Lancelot est, sans conteste, le chevalier de la table ronde qui a la fâcheuse tendance d’éclipser ses confrères. Ses talents d’épée et son courage sont aussi légendaires que sa capacité de séduction. Cette conférence vous invitera à la découverte de ses représentations imagées. Elle fournira l’occasion d’un beau voyage au cœur des manuscrits enluminés ou des œuvres illustrées plus modernes issues du roman arthurien.

Conférencière : Christine Ferlampin-Acher, professeure de littérature médiévale à l’université de Lille
Dates : Lundi 26 Mai 2025 : 18h30 -20h00
Lieu : Arsenal, 1, rue de Sully, Paris 4e.


Pour assister à ces conférences, nous vous recommandons de réserver sur le site officiel de la BnF.

NB : sur l’image d’en-tête, vous retrouverez une autre enluminure tirée du Manuscrit médiéval Français 122 de la BnF (consultable sur Gallica). L’ouvrage daté de la fin du XIVe siècle contient divers écrits arthuriens dont une copie partielle de Lancelot du Lac, de la Queste du saint Graal et de La Mort Artu. L’enluminure représente le tournoi des chevaliers au chastel du moulin.

En vous souhaitant une très belle journée.

Frédéric  Effe
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes


Découvrir d’autres articles et conférences sur un thème similaire :

Conférences : découvrir L’invention Du Moyen Âge Et Du Médiévalisme

Sujet : monde médiéval, histoire médiévale, histoire des représentations, médiévalisme.
Période : Moyen Âge, XVIIIe s au XXIe s
Conférences : l’Invention du Moyen Âge : du marquis de Paulmy à « Game of Thrones »
Organisateur : BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, 1, rue de Sully – 75004 Paris
Dates : 18 décembre 2023, 15 janvier 2024, 5 février 2024
Intervenants : Fanny Maillet, Isabelle Durand, Vincent Ferré.

Bonjour à tous,

rands amateurs et amis du Moyen Âge sous toutes ses formes y compris les plus modernes, c’est au tour de la prestigieuse BnF de se pencher très sérieusement sur le sujet du médiévalisme. L’institution vous propose, en effet, tout prochainement, un détour par la Bibliothèque de l’Arsenal pour un cycle de conférences gratuites, animées par d’éminents médiévistes.

Du Moyen Âge au médiévalisme

Comment le Moyen Âge s’invite-t-il dans notre monde moderne et sous quelles formes ? Livres, fictions, jeux vidéo, jeux de rôles ou de plateaux, films et séries… Au XXIe siècle, les temps médiévaux continuent d’habiter nos productions culturelles modernes et, avec elles, un peu de notre quotidien. L’affaire n’est pas nouvelle. Le Moyen Âge, sa résurgence ou même sa réinvention sous les formes les plus diverses n’a guère tardé pour échapper à la courte éclipse dans laquelle avait voulu le plonger les auteurs renaissants ; même avec le plus grand des talents de plume, on ne tire pas impunément un trait sur mille ans d’histoire.

Voilà donc que le XVIIIe siècle voyait déjà renaître le Moyen Âge. Oui, mais lequel ? Sur ce nouveau terreau, notre bel objet historique se cherchait déjà de nouvelles racines et représentations sous l’impulsion du marquis de Paulmy. A quelque temps de là, suivraient bientôt les élans magnifiques des romantiques avec leur flamboyant, inquiétant et glorieux Moyen Âge. Plus tard, viendraient encore se greffer de nouvelles charges symboliques, de nouveaux territoires oniriques ou politiques, des espaces de luttes idéologiques et culturelles, de nouveaux horizons perdus ou à perdre, bref autant de nouveaux Moyen Âge(s).

La chose est actée. Depuis ses retrouvailles au XVIIème siècle (a-t-il jamais vraiment été perdu ?), le Moyen Âge projeté, revisité ou reconstruit n’a jamais cessé d’évoluer, de changer de visage. Et c’est justement cette longue et passionnante évolution, des premiers re- découvreurs des siècles passées jusqu’au Trône de Fer de G.R.R Martin, que la BnF vous propose de parcourir, à partir du 18 décembre prochain.

Le cycle de trois conférences prévu a pour titre : L’Invention du Moyen Âge : du marquis de Paulmy à « Game of Thrones ». En plus de ces interventions de qualité, les visiteurs auront la joie de découvrir quelques précieux manuscrits de la Bibliothèque de l’Arsenal pour illustrer tous ces propos.

Trois conférences pour mieux comprendre le Moyen Âge et le Médiévalisme

Ces trois conférences seront données à l’Arsenal même. L’entrée en sera gratuite mais il est recommandé de réserver et, à défaut de se présenter suffisamment à l’avance. Voici le programme de cet événement qui devrait donner des clés utiles de compréhension sur le Moyen Âge, ses représentations historiques et modernes, comme sur le médiévalisme.


Le Moyen Âge des Lumières.
Le marquis de Paulmy entre érudition et littérature

Date : le lundi 18 décembre 2023, à l’Arsenal.
Horaires : 18 h 30 – 20 h.

C’est la médiéviste Fanny Maillet, enseignante en littérature médiévale à l’université de Zurich qui l’aura en charge. Il sera ici question de se pencher sur le rôle et l’influence du marquis de Paulmy. Dans le courant du XVIIIe siècle, cet homme de culture, diplomate et homme d’Etat français a, en effet, contribué à la diffusion d’un certain Moyen Âge, notamment au travers de sa collection médiévale.

Qui était le marquis de Paulmy ?

Portrait d'Antoine-René de Voyer, marquis de Paulmy

Grand collectionneur et bibliophile du XVIIe siècle, Antoine-René de Voyer, marquis de Paulmy (1722-1787) fut à l’initiative de la transformation de l’Arsenal de Paris en ce qui deviendra plus tard la prestigieuse Bibliothèque de l’Arsenal.

Amis des livres et des anciens manuscrits, revoyez vos critères sur la définition de « belle » bibliothèque et sortez vos mouchoirs ! Celle du marquis de Paulmy contenait près de cent mille ouvrages. Autrement dit, de quoi donner le vertige ou même plutôt des envies de s’enfermer des milliers d’heures pour explorer tous ces trésors. Ils sont, aujourd’hui, sous la bonne garde du conservateur des lieux et de ses archivistes.

En grand lettré, le marquis de Paulmy fut aussi à l’initiative de nombreuses publications et de sélections à partir de sa vaste collection. En plus de rendre tribut à son influence sur une première relecture du Moyen Âge, c’est un double hommage que rendra ici la Bibliothèque de l’Arsenal à son lointain aïeul et fondateur.


L’invention du Moyen Âge par les écrivains romantiques

Date : le lundi 15 janvier 2024 à l’Arsenal.
Horaires : 18 h 30 – 20 h.

La professeure de littérature générale et comparée Isabelle Durand (université de Bretagne Sud) aura en charge cette deuxième conférence plus particulièrement ciblée sur les romantiques et leur nouveau souffle pour un Moyen Âge perdu et à reconquérir.

Portrait de Victor Hugo, féru de Moyen Âge au temps des romantiques.

La période couvrira le XVIIIe siècle de Jean-Charles-Emmanuel Nodier pour s’étendre au XIXe siècle de Victor Hugo. Comme dans toute analyse médiévaliste sérieuse, les préoccupations et projections immédiates des romantiques, dans leur entreprise de réinvention d’un Moyen Âge onirique et sublime, seront mises en exergue.


Le médiévalisme fait des vagues (XVIe-XXIe siècle)

Date : le lundi 5 février 2024 à l’Arsenal.
Horaires : 18 h 30 – 20 h.

Avec cette dernière conférence, on se rapprochera plus particulièrement du médiévalisme moderne. L’universitaire Vincent Ferré, professeur de littérature générale et comparée à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle sera en charge de la conduire.

Prince Vaillant, affiche de cinéma, Moyen Âge et médiévalisme

Entre « réception savante » et Moyen Âge récréatif, l’intervenant se penchera ici sur les origines du médiévalisme. La conférence abordera particulièrement les questions soulevées par cette jeune discipline complexe qui tente de démêler les soutènements de tous ces Moyen Âge(s) de fiction, de pellicule, de costumes ou de papier. L’engouement pour ce monde médiéval qui n’en finit pas d’être à la mode et qui, par là, interpelle d’autant plus le médiévalisme, sera également examiné.


Voilà donc un programme de prestige à ne pas manquer si vous êtes en région parisienne à ces dates. N’oubliez pas de réserver le cas échéant. A cette fin, reportez-vous aux pages officielles de la BnF dédié à l’événement. Pour ceux qui se tiendront trop loin de la capitale et de l’Arsenal, on espère que la technique permettra d’assurer l’enregistrement et la rediffusion en ligne de ces conférences d’intérêt.

Sur le sujet du médiévalisme voir aussi:

 En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE.
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.

NB : le portrait du Marquis de Paulmy sur l’image d’en-tête est tirée d’un portrait daté du 18e, conservé au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. En arrière plan vous aurez reconnu le Dragon tiré du Trône de Fer de G.R.R. Martin.

Ségurant : à la découverte d’un chevalier arthurien inconnu avec Emanuele Arioli

Emanuelle Arioli, brillant médiéviste découvreur de Ségurant, le chevalier au dragon

Sujet : roman arthurien, légendes arthuriennes, chevaliers de la table ronde, manuscrits anciens, littérature médiévale, Ségurant, découverte médiévale.
Période : Moyen Âge central à tardif, XIIIe au XVe siècle
Titre : Ségurant ou le chevalier au dragon
Auteur : Emanuele Arioli
Média : Conférence à la Fondation Martin Bodmer, (juillet 2023) et ouvrages de l’auteur.

Bonjour à tous,

u cours des dernières semaines, ceux qui s’intéressent aux légendes arthuriennes n’ont pu manquer le grand bruit fait par les découvertes d’un archiviste- paléographe et universitaire du nom d’Emanuele Arioli. Après une décennie de recherches, ce dernier a, en effet, mis au jour l’existence littéraire et les faits d’un chevalier de la table ronde jusque lors tombé dans l’oubli : Ségurant le Brun.

Dans cet article, nous revenons dans le détail sur cette découverte inattendue. Nous vous présentons également une conférence de l’auteur ainsi qu’un récapitulatif des nombreux ouvrages qu’il a fait paraître sur le sujet.

Un chevalier oublié et quel chevalier !

La révélation de l’histoire de Ségurant est d’autant plus étonnante qu’on nous présente d’emblée ce chevalier comme l’un des plus brillants de l’épopée arthurienne.
Alerte divulgâchage mais pas trop ! L’histoire raconte qu’il est si fort qu’il éclipsa les autres chevaliers durant les tournois organisés à la cour du roi breton.

L’apparition de ce héros médiéval dans le corpus arthurien est postérieure à celle de Lancelot ou Tristan. Pourtant, ces derniers auraient peut-être eu leur blason moins doré à Camelot sans l’intervention de la perfide fée Morgane. A l’occasion d’un tournoi, la terrible demi-sœur d’Arthur invoquera, en effet, le diable pour écarter ce chevalier décidemment trop talentueux. Le Malin s’étant changé en dragon, Ségurant se lancera à ses trousses. Emporté par son courage, il se laissera entraîner loin du lieu dans une poursuite effrénée de la bête. Entre-temps, la fourbe et fallacieuse fée aura convaincu Arthur que le vainqueur du tournoi, comme le dragon, n’étaient qu’une illusion.

A peine apparu à la cour, Ségurant se trouvera donc condamné à l’oubli. La malédiction de Morgane a-t-elle traversé le papier pour s’exercer sur la postérité du preux chevalier dans le monde réel ? De fait, pour étonnant que cela paraisse, les faits de Ségurant restaient jusque là oubliés du roman arthurien.

Voir la conférence présentation d’Emanuele Arioli à la Fondation Martin Bodmer

Une aventure dans l’aventure

Dans les faits, les recherches d’Emanuele Arioli sur Ségurant débutent aux archives et dans une bibliothèque. Ce jour là, le jeune médiéviste trouve dans un manuscrit médiéval une partie de l’histoire de Ségurant passée jusque là inaperçue. Le manuscrit en question est le Ms 5229 de la Bibliothèque de l’Arsenal. L’ouvrage contient les Prophéties de Merlin. Il est, aujourd’hui, consultable en ligne sur Gallica.

Trouvant le récit interrompu au milieu d’une phrase, Emanuele Arioli décide de ne point s’en ternir là. Il se lance alors dans des recherches qui le mèneront dans les plus grandes bibliothèques d’Europe en quête d’autres manuscrits. Epluchant des centaines de codex, il s’attachera à débusquer le moindre fragment de parchemin, en quête du chevalier arthurien perdu.

Une longue quête dans les manuscrits médiévaux

Obnubilé par la poursuite de son dragon, Ségurant ne recherche pas le Graal mais l’apprenti docteur semble avoir trouvé le sien. Dix ans plus tard, il aura pisté le héros chevaleresque dans 28 manuscrits, mettant à jour une trame principale, mais aussi des variantes. Les ouvrages s’étalent sur une période qui débute en 1272-1273 pour les sources les plus anciennes et s’achève au Moyen Âge tardif. Les épisodes étaient disséminés dans diverses bibliothéques en France, en Belgique, en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis.

Les manuscrits sont principalement d’origine française, flamande et Italienne mais demeurent en langue française. On y trouve de tout : codex entiers, fragments, parties de manuscrits brûlés ayant miraculeusement survécu à des incendies, … Selon le chercheur médiéviste, l’association du chevalier au dragon aux Prophéties de Merlin peut expliquer, en partie, son invisibilisation. L’ouvrage sera, en effet, interdit à la parution par l’Eglise romaine, dès le milieu du XVIe siècle. Vient sans doute s’ajouter l’apparition tardive de Ségurant dans le corpus arthurien et la baisse d’intérêt pour ce dernier à la Renaissance.

Quelques traits marquants de Ségurant

Dans son entreprise, Emanuele Arioli a établi des rapprochements entre Ségurant et Sigfried, autre héros des épopées germaniques. Il a également trouvé des correspondances manifestes entre ce dernier et Sigurd, son homologue chasseur de dragons né du côté des mondes scandinaves. Suivant l’auteur, il est fort probable qu’il se soit trouvé intégré, après coup, dans les récits arthuriens, comme se fut le cas pour Tristan.

Pourfendeur de lions, vainqueur aux tournois, Ségurant se distingue encore dans les légendes arthuriennes par d’autres traits. Destiné à un public peut-être plus aristocratique que bourgeois, son récit tardif semble bien entériner la fin de la courtoisie. Un auteur médiéval tardif s’efforcera de lui dégotter une princesse mirobolante. Cela relève toutefois de l’exception. Victime du sortilège de Morgane, le chevalier au dragon échappe aux choses de l’amour.

Par son humour et certains autres traits, l’histoire de Ségurant à la poursuite de son dragon illusoire pourrait encore annoncer la fin de la chevalerie. Cet idée n’est pas rare, cela dit, au Moyen Âge central et surtout tardif. En lisant certains auteurs médiévaux des XIIIe, XVe, on a souvent l’impression que la chevalerie reste un ailleurs insaisissable qui ne cesse d’agoniser. Un peu plus tard, Cervantes enfoncera le clou avec Don Quichotte et Emanuele Arioli établit certaines parentés entre l’auteur castillan et l’histoire de Ségurant.

Des recherches aux publications

Après un long travail de terrain, d’analyse et de classification, Emanuele Arioli a présenté sa thèse en 2017 devant la Sorbonne et le Collège de France. Mené sous la direction de Sylvie Lefèvre et de Michel Zink, ce travail lui a valu une mention très honorable. En dehors de la reconnaissance de ses pairs et comme à peu près toutes les thèses, elle passera à peu près inaperçue du grand public. Rien d’étonnant. C’est un peu la loi du genre.

Profitons en pour ajouter ici que les parutions de ce brillant médiéviste n’ont cessé d’être saluées par diverses académies depuis. Ses premiers travaux thèse présentés en 2013 devant l’Ecole des Chartes lui avaient déjà valu deux prix prestigieux et d’autres sont venus s’y ajouter.

« Ségurant ou le chevalier au dragon : étude d’un roman arthurien retrouvé », chez Honoré Champion

Quelques années plus tard, en 2019, l’auteur fera publier une première version remaniée de cette thèse chez Honoré Champion. Présenté en 2 tomes, l’ouvrage reste alors relativement confidentiel. On y trouve les versions en vieux Français et des notes propices à intéresser le public averti de la grande maison d’édition.

Couverture du livre sur Ségurant paru chez Honoré Champion en deux volumes

Le tome 1 présente le corpus central des écrits médiévaux attachés à Ségurant. On a là la version la plus fournie et la plus datée. Le tome 2 expose, quant à lui, les versions ultérieures et variantes retrouvées et réunies par l’auteur. Une réédition des deux ouvrages, datée de mars 2023, avancera encore dans la diffusion de Ségurant auprès du même public. On peut la trouver au lien suivant : Ségurant ou le chevalier au dragon, version cardinale, deuxième édition, Editions Honoré Champion.

Un troisième livre est également paru chez le même éditeur « Ségurant ou le chevalier au dragon (XIIIe, XIVe siècle : étude d’un roman arthurien retrouvé« . Il expose le patient travail de codicologie et de philologie ayant permis d’aboutir à la restauration de l’histoire du chevalier oublié.

Malgré cela, il faudra attendre sept mois pour voir la presse et les médias commencer à tendre plus sérieusement l’oreille. Ils le feront, au point d’élever Ségurant, au rang de véritable buzz médiatique automnal dans le monde du livre. Il faut dire qu’en plus du patient travail d’Honoré Champion, le jeune médiéviste, désormais professeur des universités, aura déployé de nouvelles stratégies et de nouveaux moyens pour faire connaître son chevalier arthurien au plus grand nombre.

Des livres tous publics pour découvrir Ségurant

Dans sa volonté de diffusion et comme on pourra le relever dans la conférence ci-dessus, Emanuele Arioli a eu à cœur de partager l’aventure de son héros médiéval oublié, autant que de mettre en scène sa propre course au trésor médiéval. Les amateurs de légendes arthuriennes se retrouvent donc gâtés à l’approche de Noël avec trois productions, en plus de celle susmentionnée.

Ségurant, le chevalier au dragon, Les belles lettres

Ségurant, le livre et la version en français moderne

Cet ouvrage présente une version plus compacte et plus orientée grand public de l’épopée de Ségurant que celle sortie chez Honoré Champion.

Pas de vieux français ici. Sur 240 pages, le livre présente en français moderne le roman disparu ainsi que des enluminures issues des manuscrits originaux. Il est disponible en format broché ou Kindle à un prix plutôt abordable et rencontre déjà un franc succès.

Ségurant, le chevalier au dragon, Seuil Jeunesse

Ségurant, un livre au seuil jeunesse sur l'aventure du médiéviste et ses recherches

Le parti-pris de cet ouvrage est de faire découvrir, de manière illustrée, la quête entreprise par le chercheur et les méthodes utilisées pour mettre au jour le chevalier arthurien oublié.

Mettre à la portée des jeunes publics son métier de paléographe archiviste et ses recherches dans les manuscrits, reste un moyen original de partager ses péripéties, tout en suscitant des vocations. C’est plutôt une bonne idée dans laquelle transparaît le pédagogue et professeur qu’est aussi Emanuele Arioli.

Le Chevalier au Dragon, la BD chez Dargaud

Ségurant, le chevalier au Dragon, sorti en BD chez Dargaud

Avec ce dernier format sous le mode pure BD, l’auteur-chercheur se propose de faire découvrir Ségurant d’une autre manière encore. Pour les besoins du scénario et du format, il se permet ici quelques incursions un peu plus fictionnelles. Elles permettent notamment de combler quelques vides laissés par les aventures reconstituées du chevalier arthurien.

Tous les produits sus-décrits sont à la vente chez tout bon libraire. Aussi, n’hésitez pas à les visiter pour leur commander. Pour ceux qui sont dans des zones privées de librairies ou même hors de France, vous pourrez, bien entendu, retrouver tous ces ouvrages dans les librairies en ligne. Voici un lien utile à cet effet.

Des productions complémentaires

Pour une histoire sortie d’un labo de recherches, l’idée d’une sortie rapprochée sur tous ces supports est assez novatrice. En fait de redondances, il faut plutôt y voir une heureuse complémentarité. En plus de toucher divers publics, ces différentes productions papier se renvoient, en effet, la balle de manière plutôt heureuse.

A l’heure où il est si difficile de s’arracher aux écrans pour se plonger dans de saines lectures, la BD est un bon moyen d’entrer dans l’histoire pour les aficionados du format illustré et pour les plus jeunes. Elle peut, par la suite, susciter l’envie d’aller chercher aux racines du texte médiéval dans le ou les livres disponibles. Aurait-on trouvé une nouvelle façon d’envisager le retour à la lecture par l’image papier et la BD ? Le sujet s’y prête mais l’originalité de cette triple sortie reste à saluer.

Documentaires et conférences

Dans la foulée de toutes ses sorties, l’auteur a également travaillé, de concert, avec la chaîne de télévision Arte sur un documentaire qui vient tout juste de sortir (le 25 novembre). La réalisatrice et l’auteur ont fait le choix d’y présenter, en parallèle, les aventures filmées de l’archiviste-paléographe et celle du chevalier Ségurant en format animation.

On espère que ce format participera de la dynamique de distribution des produits et ne l’éteindra pas comme c’est trop souvent le cas. On connait hélas trop l’effet « j’ai vu le film, pas besoin de lire le livre » (l’écran, encore lui). Quoi qu’il en soit, l’auteur, comme les publics ayant déjà vu ce documentaire, ont l’air de s’en déclarer largement satisfaits.

En dehors de cela, on peut trouver quelques conférences d’Emanuele Arioli en ligne comme celle partagée un peu plus haut dans l’article. Vous pourrez également le retrouver au lien suivant dans une conférence sur le site de l’Ecole des Chartes parue tout récemment. Etant lui-même chartiste, il revient en quelque sorte à la source de ses enseignements, pour sa découverte et son approche, en compagnie de son éditeur des Belles lettres.

Bon pour les chercheurs et pour le Moyen Âge

Pour conclure, il faut se féliciter de cet enthousiasme médiatique mérité autour de Ségurant. La découverte et l’opiniâtreté du chercheur auront payé même si, redisons-le, la mise au jour d’une telle nouveauté sur un corpus si largement étudié reste aussi rare qu’exceptionnelle.

De fait, bien des archivistes ou médiévistes peuvent lui envier cette trouvaille mais aussi s’en trouver d’autant plus motivés dans leur travail. La chasse au trésor est encore possible et l’on peut avec un peu de ténacité se changer tout soudain en une sorte d’Indiana Jones des temps modernes, toute mesure gardée. Au delà, tout cet écho dont bénéficie aujourd’hui Emanuele Arioli est bon pour la recherche en Histoire, pour les légendes arthuriennes, autant que pour la connaissance du Moyen-Âge et de sa littérature. On peut donc l’en féliciter doublement.

Des labos aux échos médiatiques

Ses mésaventures permettent aussi de mesurer le fossé existant entre le monde de la recherche et celui des médias, même quand les sujets s’y prêtent. Sans les supports appropriés en terme de ciblage, de marketing et de communication, il aura fallu près de 6 ans pour que la découverte d’un chevalier oublié de la cour d’Arthur passe des bancs de l’Université aux médias plus grand public. Entre l’univers Kamelott d’Alexandre Astier mais encore les séries et autres productions hollywoodiennes diverses, le roman arthurien n’a pourtant cessé de démontrer sa popularité actuelle. Il y a là peut-être un leçon à tirer.

Pour les amateurs de toutes ces déclinaisons filmées autour du roi des bretons, reste à savoir si Ségurant fera bientôt une apparition, fugace ou plus consistante, sur les grands écrans. L’auteur en rêve certainement mais ne soyons pas trop pressés et donnons au public le temps de lire un peu, puisqu’il semble en reprendre le goût grâce à ce chevalier oublié.

Sur le roman arthurien, voir également :

En vous souhaitant une belle journée.
Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.