
Période : Moyen-âge tardif, renaissance
Evénement : la traversée des Alpes en armure des débuts du XVIe siècle
« Instigateur » : Stéphane Gal, historien et chercheur universitaire grenoblois
Bonjour à tous,

Sur les traces d’une expédition historique
du temps des guerres d’Italie
En 1515, le rêve de reconquête italienne est déjà dans la tête d’un François 1er, nouvellement couronné. Il faut dire que le roi de France n’est pas le premier que la reconquête de terres transalpines, inspire. Depuis la fin du XVe siècle, sous Charles VIII, quatre premières guerres d’Italie ont déjà éclaté qui ont vu s’affronter la couronne française à l’Espagne, la Suisse, et les Etats pontificaux qui refusent de lui céder le Royaume de Naples ; ancienne possession 
(François 1er et les guerres d’Italie, cliquez sur la carte pour l’agrandir)
En 1515, au moment où Francois 1er devient roi de France, l’affaire s’est compliquée d’autant qu’entre temps, la France, en la personne de Louis XII, a revendiqué également des droits sur le Duché de Milan. C’est ce dernier que le souverain fraîchement couronné convoite en priorité et il décide même de faire lever une expédition, dès après son sacre.
Une nouvelle route transalpine
Le Roi de France a mandé des espions et il connait les positions ennemis aussi pour tromper la vigilance suisse et les troupes stationnées massivement au Col de Montgenèvre et au Col de Mont-Cenis, il décide de faire passer son Ost par une nouvelle route 
L’historien et l’Histoire vivante
Comment l’armée du roi a-t-elle pu franchir les Alpes ainsi harnachée et équipée ? Dans quelles conditions et avec quelles difficultés ? La question a tant interpellé l’attention de l’historien et universitaire grenoblois, Stephane Gall qu’il a décidé d’y répondre de la manière la plus concrète qui soit, par l’expérimentation. C’est ainsi qu’ayant levé les fonds pour monter rien moins qu’une expédition réelle, il a réuni quelques chercheurs de métiers, pour marcher, littéralement, dans les pas de l’Histoire. Les vaillants volontaires s’attaqueront donc, le 5 et 6 juillet, au franchissement d’un Col de plus de 2600 mètres d’altitude. S’il ne s’agit pas exactement de la même route que celle empruntée, il y a à peine plus de cinq siècles, par le gros des troupes de François 1er, le Col choisi a probablement été emprunté, dans le même contexte historique, par une escorte d’éclaireurs ayant à leur tête le Chevalier Bayard.

(reconstitution de l’armure
équestre de François 1er.
Musée des armées)
Tous les passionnés d’histoire, de chevalerie et de reconstitution historique attendent déjà, avec impatience, des nouvelles de l’expérience et il faut saluer l’initiative de cet universitaire qui a décidé de démontrer, à sa manière, que l’Histoire peut être aussi une science vivante, conduite dans des laboratoires à ciel ouvert. De notre côté, nous souhaitons à ces passionnés d’histoire une grande réussite, la vaillance de Bayard, et beaucoup de courage sous le soleil de juillet, et à plus de 2500 mètres d’altitude !
Une très belle journée à tous.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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Sujet : histoire médiévale, historien, médiéviste, moyen-âge, définition, vidéo-conférence, nouvelle Histoire
ous avons souvent eu l’occasion de parler, ici, de l’historien médiéviste 

n 1989, Claude Mettra recevait sur France Culture, le médiéviste et romaniste Jean Dufournet dans le cadre de l’émission « Une vie, une oeuvre » dédiée tout entière à Thibaut IV de Champagne, roi de Navarre et grand poète courtois du XIIIe siècle.
« Ce qui est paradoxal c’est que d’une part, la courtoisie développe la sociabilité, les rapports entre les gens, mais d’autre part, l’amour courtois tend à s’opposer, et au christianisme puisqu’il ne s’agit pas d’amour conjugal et au système féodal puisque, souvent, le poète ou le vassal est amoureux, ou prétend être amoureux, de la dame de son seigneur. Dans la mesure où la femme tend à vivre dans un univers particulier, éloignée de l’humanité quotidienne, les choses s’atténuent, mais il reste que les gens du moyen-âge ont bien senti cette difficulté et qu’en 1277, parmi les condamnations de l’évêque de Paris, Tempier, (Etienne Tempier 1210 -1279) il y avait la condamnation de la courtoisie et de l’art d’aimer d’André le Chapelain qui avait mis en forme tous les principes de cette courtoisie. »
« La joie et la douleur, la folie et la sagesse, la crainte et l’espérance sont étroitement liées. Il n’est pas de douleur, sans joie, ni de joie sans douleur. c’est à dire qu’il faut passer par la douleur de la séparation, de l’absence, des épreuves pour atteindre à cette joie supérieure. Il y a tout un long apprentissage, une sorte d’ascèse à la fois poétique et religieuse pour parvenir à cet état et il faut abandonner les chemins réguliers de la raison, de la connaissance rationnelle, tomber dans une sorte de folie. La pire folie pour les gens du moyen-âge c’est de ne pas aimer, et l’attitude la plus raisonnable c’est d’aimer à la folie. »