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Le chevalier d’Aimé-Martin, imitation en français moderne du XIXe d’une poésie médiévale du XIIIe

poesie_medievale_fabliaux_chevalerie_chevalier_heros_valeurs_guerrieres_moyen-age_XIIIeSujet : poésie médiévale, littérature médiévale, chevalerie, héros, guerrier, fabliau, vieux français, imitation, adaptation moderne.
Période : Moyen-âge central, XIIIe siècle, XIXe.
Auteur : Aimé-Martin (1782,1847)
Titre : une branche d’Armes
Ouvrage : Jongleurs & Trouvères, d’après les manuscrits de la Bibliothèque du RoiAchille Jubinal, 1835.

Bonjour à tous,

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour faire suite à l’article d’hier sur le texte une branche d’armes, « fabliau » atypique du XIIIe siècle,  nous publions aujourd’hui l’imitation qu’en fit un auteur contemporain de la fin du XVIIIe et des débuts du XIXe : Louis-Aimé Martin, alias Aimé-Martin, auteur et éminent professeur de belles lettres, de morale et d’histoire à l’école polytechnique, ami proche d’Alphonse de Lamartine.

 Le chevalier, par Aimé-Martin

Honneur au chevalier qui s’arme pour la France !
Dans les champs de l’honneur il reçut la naissance;
Bercé dans un écu, dans un casque allaité,
Déchirant des lions le flanc ensanglanté,
Il marche sans repos où la gloire l’appelle.
A l’aspect du combat son visage étincelle.
L’amour arme son bras, et l’honneur le conduit.
Il paraît : tout frissonne ; il combat, tout s’enfuit.
Au sein de la tempête étendu sur la terre,
Il dort paisiblement au fracas du tonnerre;
Et lorsque la poussière, en épais tourbillons,
Cache des ennemis les sanglants bataillons,
Lui seul les voit encore et s’élance avec joie,
Semblable à l’aigle altier qui découvre sa proie,
Et qui, dans sa fureur, plongeant du haut des cieux,
La frappe, la saisit, la déchire à nos yeux.
Les montagnes, les bois et les mers orageuses,
Des Sarrasins vaincus les rives malheureuses,
Ont retenti souvent du bruit de ses exploits.
Il venge la faiblesse, il protège les rois.
Vingt troupes de guerriers devant lui dispersées,
Les coursiers effrayés, les armes fracassées
Comblent tous les désirs de son cœur belliqueux;
Et voilà ses plaisirs, ses fêtes et ses jeux.

Vieux-Français, Français moderne
Le difficile exercice de l’adaptation

Après avoir décrypté le texte médiéval dans notre article précédent, vous en reconnaîtrez sans peine la marque. Bien sûr, comme le veut l’exercice, l’imitation ne colle pas tout à fait à l’original. Outre le passage du vieux-français au français moderne, Aimé-Martin a décidé de donner un visage aux ennemis de notre chevalier qui n’en avaient pas dans la branche d’armes. Il en a fait également le protecteur des rois et des faibles, devoir dont la poésie du XIIIe avait aussi exempté notre guerrier. Et pour finir et au passage, il a ajouté une petite couche sur la défense de la nation qui n’était pas non plus au rang des préoccupations de notre poète médiéval, mais qui, on le sait, occupait bien plus les esprits des historiens et des auteurs du XIXe.

Pour le reste, autant le dire, l’exercice d’adapter véritablement le vieux-français des fabliaux en français moderne (entendons dans une vraie poésie remaniée, ambitieuse, etc…), est à peu près du niveau de la course à pied au milieu d’un champ de peaux de bananes. Les auteurs qui s’y sont essayés, l’ont fait souvent à leur frais et, ils ont, en général, trouvé en face d’eux, au moins un médiéviste, un romaniste ou un amateur de vieux-français et de poésie ancienne, pour leur signifier qu’ils auraient mieux fait de se passer du dérangement. De fait et sauf rares exceptions, en matière médiévale, la création ex nihilo semble bien mieux payante que l’imitation ou l’adaptation.

auteur_XIXe_louis_aime_martin_le_chevalier_poesie_inspiration_medievaleAimé-Martin (portrait ci-contre Collection Bibliothèque Municipale   de Lyon) eut donc, comme le veut la règle, au moins un détracteur et on relèvera, pour la note d’humour et sans rien enlever à la qualité de ses vers, la petite phrase exquise dont il s’est trouvé gratifiée par son critique, dans l’ouvrage La littérature français depuis la formation jusqu’à nos jours. lectures choisies par le Lieutenant-Colonel Staaff, (Volume 2, 1874). 

Après avoir cité la poésie de notre auteur « moderne », le texte médiéval était donc repris, dans son entier, par le Lieutenant-Colonel, dans une note qu’il concluait de la façon suivante : « Malgré la barbarie du langage, l’original est bien supérieur, comme feu et comme énergie, à la pâle imitation d’Aimé-Martin. » (sic) Avec le recul, la remarque  est d’autant plus drôle que le docte critique parlait alors de « barbarie du langage » à propos de la poésie du XIIIe et de son vieux français, ce qui dénote tout de même d’une dépréciation certaine. Pour autant, il n’appréciait guère non plus les effets de style de l’imitateur, exécuté en règle, pour l’occasion, dans la pénombre d’un pied de page.

« La poésie du passé »

A la décharge de Louis Aimé-Martin, le texte original possède, il est vrai, une force brute et évocatrice que nous avions déjà souligné, mais à laquelle il faut sans doute ajouter une sorte d’aura de mystère qui entoure presque de facto la langue du moyen-âge central. Pour être aux origines de notre langage et pour nombre de ceux qui en sont curieux ou friands, le vieux-français emporte indéniablement une sorte de charge émotionnelle intrinsèque qu’une adaptation perd presque fatalement en route. Pour éclairer tout cela, on pourra encore se reporter à quelques belles analyses  de Michel Zink.  Dans un article de 2008, l’académicien médiéviste nous parlait, en effet, d’un autre phénomène qui vient s’ajouter à cette fascination. Sans doute un peu narcissique, c’est celui qui nous fait quelquefois aimer la poésie médiévale autant pour son mystère que pour le sentiment (souvent bien présomptueux) que nous retirons en prétendant la  décrypter, d’en être un peu les co-créateurs ou les révélateurs : une forme de jubilation (illusoire par endroits) digne d’un Champollion, l’impression d’un secret partagé qu’une adaptation moderne serait condamnée à  trahir et à éventer. (voir « Pourquoi lire la poésie du Passé ? » Michel Zink, le genre humain 2008, n47, au seuil, consultable en ligne ici).

Dans la veine des romantiques

Quoiqu’il en soit et pour faire justice tout de même à cette version d’Aimé-Martin qui n’a finalement que le malheur d’être une version deux, elle connut tout de même ses heures de gloire dans le courant du XIXe siècle et on la trouvait reprise dans des éditions variées dont notamment une anthologie (fleur de poésie française des 17e, 18e, et 19e siècle, G Engelberts Gerrits).

Dans la mouvance des romantiques, ce proche de Lamartine a-t-il, avec ce texte, participé de l’élan qui se tournait alors vers les rives lointaines du moyen-âge et entraînait les auteurs français des XVIIIe et XIXe, à y puiser leur inspiration, en le réinventant sous un jour nouveau, à la griffe de leurs plumes ? Sans doute. A quelques pas de là, l’encre des plus belles pages ou poésie de d’Hugo sur le monde médiéval n’étaient pas encore sèches (à ce sujet, voir Histoire de la Ballade médiévale du moyen-âge central au XIXe siècle).

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Kaamelott : en attendant le retour du roi Arthur de Bretagne (Alexandre Astier) au cinéma

Sujet : Kaamelott, légendes arthuriennes, roi Arthur, humour,  comédie, série télévisée culte,  détournement, humour médiéval, série télé
Période : moyen-âge central, haut moyen-âge pour la légende.
Auteur : Alexandre  Astier
Distribution :   CALT productions, M6
Média : épisode Kaamelott  inédit, page FB

Bonjour à tous,

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour faire suite à l’article précédent sur Kaamelott et pour faire patienter les amateurs du genre, en attendant le retour du roi Arthur  national, alias le très affûté et talentueux Alexandre Astier, nous  vous proposons  deux nouveautés sur le sujet.

Un page Facebook Autour de Kaamelott

facebook_page_kaamelott_creation_humour_detournement_alexandre_astierLa première nouveauté est une  page FaceBook autour de la série Kaamelott. Vous pourrez y retrouver des détournements graphiques, (affiches cinéma et autres) de l’humour et tout un tas d’autres créations  sur le thème de la  célèbre série télévisée. Elle ne contient aucun « repompage » intempestif, uniquement des créations nouvelles et exclusives.

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Un  nouvel épisode de Kaamelott
inspiré des personnages de la série

L_lettrine_moyen_age_passiona deuxième nouveauté est un autre  épisode  à la façon d’Alexandre Astier.  Il met cette fois en scène les deux enchanteurs du château : le célèbre  Merlin  (Jacques Chambon à l’écran) et le nettement moins célèbre Elias de Kelliwic’h (Bruno Fontaine), dit « le fourbe ». Ce dernier est, en effet, nouveau dans le corpus des légendes arthuriennes  et a été crée de toutes pièces par l’auteur de la série télévisée, sans doute pour venir soutenir la nullité affligeante de son Merlin qui est un contre-pied total de celui que nous vante en principe les légendes.

Une colère gratinée  avec Merlin  et Elias,  Enchanteurs de Kaamelott

elias_enchanteur_kaamelott_legendes_arthuriennes_alexandre_astier_serie_televisee_bruno_fontainePris dans une compétition totalement illégale, au grand désavantage de Merlin, les deux enchanteurs n’en finissent pas de se chamailler, donnant lieu à quelques épisodes originaux savoureux. En voici donc un qui nous donne l’occasion de retrouver un peu ces deux personnages de Kaamelott. Il est totalement inédit. Encore une fois, c’est une forme de clin d’oeil à l’auteur et aux fans de la série pour patienter un peu en attendant le retour du roi.

En espérant que tout cela vous plaise, nous vous souhaitons une excellente week end.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Kaamelott : la bête du Gévaudan 2, un épisode inédit en hommage à la série culte d’Alexandre Astier

Sujet : Kaamelott, légendes arthuriennes, roi Arthur, pécores, Hervé de Rinel, Léodagan, Perceval,  bête du Gévaudan, humour, audio, inédit, comédie, hommage.
Période : moyen-âge central, haut moyen-âge pour la légende.
Auteur :  Votre  serviteur à la manière de l’auteur Alexandre Astier
Série télévisée culte, M6, Calt Production
Média : épisodes audio, chaîne youtube.

Bonjour à tous,

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour se  détendre ce week end, nous vous proposons un nouvel épisode « maison » (voix et script) de la série télévisée culte des légendes arthuriennes à la française :  Kaamelott. Il s’agit ici de la suite de la bête du Gévaudan dont nous avions publié le premier épisode, il y a quelque temps déjà (Visionnez le premier épisode ici).

Cette fois-ci, nous retrouvons nos preux chevaliers autour d’Arthur et à la table ronde. Parviendront-ils  à élucider le mystère de l’étrange animal qui rode dans les campagnes environnantes et autour des fermes des pécores  ?

kaamelott_episode_herve_de_rinel_inedit_tony_saba_bete_du_gevaudan_hommage_alexandre_astierDans les intervenants, il y a ici le Roi Arthur (Alexandre Astier), Léodagan (Lionnel Astier), Perceval (Franck Pitiot) et surtout le  grand Hervé de Rinel dont on peut déplorer les trop rares interventions dans la Série télévisée, tant il brille par son impressionnante nullité.  Incarné à l’écran  par Tony Saba, il faut vraiment faire ici  une mention particulière à cet acteur pour la touche hilarante qu’il a su donner à ce personnage rêveur et totalement décalé. Il n’a, en effet, que quelques rares répliques dans toutes les saisons et pourtant, il n’est guère de fans ou d’aficionados de Kaamelott qui ne les connaissent par coeur.  Ajoutons que le personnage de  Hervé de Rinel est un ajout d’Alexandre Astier au corpus des légendes arthuriennes. Avant lui, ce chevalier n’y figurait pas.

Pour revenir sur l’épisode du jour, on y retrouvera encore les deux paysans, alias « les pécores » Guethenoc  (Serge Papagalli) et Roparzh (Gilles Graveleau) pour une brève apparition.  Précisons, kaamelott_episode_hommage_inedit_bete_du_gevaudan_roi_arthur_alexandre_astiercomme c’est de rigueur, que ce petit exercice de style et d’écriture est en hommage à la série d’Alexandre Astier. C’est d’abord une façon de prolonger la compagnie  des personnages créés par lui, en attendant le premier opus du film Kaamelott au Cinéma, et en espérant que le plaisir soit partagé.

Pour le reste, l’oeuvre demeure bien évidemment l’entière propriété de son brillant auteur et vous pouvez trouver les six livres vidéos qui la compose  dans toute  bonne boutique de DVDs ou même à l’achat en ligne.

Kaamelott, épisode audio inédit
en hommage à la série d’Alexandre Astier

La bête du  Gévaudan 2:  le script

Une réunion se finit à la table ronde.

Arthur: Bon, on a fait le tour, donc on se revoit plus tard dans la semaine. Ah, non, mais attendez, maintenant que j’y pense. Il y a un truc dont j’voulais vous parler. Apparemment du côté des pécores y aurait un genre de bête bizarre qui tournent autour de leurs baraques et d’leur vaches. Ça vous dit rien?

(réponses diffuses) Non Non Non

Léodagan :  Non moi non plus mais y a eu des dégâts?

Arthur : Pour l’instant non, mais bon vu la description qu’ils en font, ça pourrait bien finir par arriver.

Hervé de Rinel : Heu j’peux prendre la parole?

Arthur : Heu oui allez y Hervé. Juste une chose. Vous êtes bien certain que ça va avoir un rapport avec le sujet?

Hervé de Rinel : Heu Normalement oui. Enfin j’crois…

Arthur : Bon bin allez y. (je me méfie quand même un peu, je ne vous le cache pas)

Hervé de Rinel : Non mais j’y suis tout le temps là bas, moi, je n’ai rien d’vu bizarre.

Arthur : Comment ça vous y êtes tout le temps. qu’est ce que vous fichez la bas? Vous avez rien de mieux à foutre?

Hervé de Rinel : Bin c’est rapport à ce qu’on s’était dit sur l’espionnage.

Arthur : De quoi? Non mais ça s’était y a 6 mois au moins ça. Ça fait longtemps que c’est plié.

Hervé de Rinel : Ah ça chais pas, à moi personne m’a rien dit. A moins que je me souvienne pas.

Générique

Arthur : NON MAIS C’EST PAS VRAI! CA NE FAIT PAS SIX MOIS QUE VOUS TRAÎNEZ VOTRE CUL DANS LES CAMPAGNES A ESPIONNER LES PÉCORES, SI?

Léodagan : Sans compter qu’s’ils le voient ça va encore nous les mettre de travers les bouseux.

Hervé de Rinel : Non mais ça, ça craint rien par contre.

Arthur : Comment ça ça craint rien? Avec le boucan que vous devez faire avec votre armure, vous risquez pas de passer inaperçu..

Hervé de Rinel : Non mais c’est impossible qu’ils me repèrent, j’y vais camouflé en fait.

Arthur : Camouflé, mais comment ça?

Hervé de Rinel : Je me déguise en renard.

Arthur : En quoi? Vous???? En renard?

Léodagan : Dites voir Vous en avez déjà vu beaucoup des renards vous ? Non parce que niveau gabarit, vous êtes largement plus proche du blaireau…

Hervé de Rinel : Bin ouais c’est bien le truc un peu rouge avec des cornes et qui poussent des cris? C’est pas ça? Bon, c’est ma femme qui m’a fait le costume, . elle s’y connait mieux que moi en animaux. Bin j’l’ai là, justement, j’en viens.

Arthur : Faites voir. Mais qu’est-ce que c’est que cette M….? C’est pas une peau de renard, ça, En plus, la vache qu’est que ça pue ce truc! Non mais c’est un genre de peau de bouc avec une queue de renard cousu au niveau du fion. Regardez-moi ça, c’est limite monstrueux!

Perceval  : Ah mais c’est pour ça,  ça fait des mois que ça pue pendant les réunions. J’ai rien dit je pensais que c’était Karadoc mais ça doit être  l’explication…

Arthur: Non mais, regardez ça, y a même une peau de furet crevé cousu sur un  bras. On s’demande c’que ça vient foutre là… Dites donc votre femme, elle est au moins aussi douée en connaissance animalière qu’en couture .

Hervé de Rinel : Oui, on fait une bonne équipe. Elle c’est plus le côté manuel.

Arthur : Et vous c’est la tête donc? P… la vache…

Léodagan : Moi, c’qui m’échappe c’est qu’ils ne se soient pas plaints avant les pécores.

Hervé de Rinel : Non mais là j’ai changé en fait. Avant elle m’avait fait un costume de pigeon mais j’en avais marre d’être toujours perché dans le même arbre. En plus il était un peu loin des habitations, j’entendais rien.

Arthur : P… Bon.. Pfffff, alors Hervé vous écoutez bien là?

Hervé de Rinel : heu ouais…

Arthur : Alors à partir de maintenant, la mission d’espionnage est finie d’accord ? Allez y, répétez.

Hervé de Rinel : Heu ouais…

Arthur : Non, mais répétez !

Hervé de Rinel : Heu la mission d’espionnage est finie

Arthur : Voilà très bien  ET, attention, c’est important, vous arrêtez de roder autour des pécores avec ou sans costume! Terminé ! Ah et autre chose, ce truc immonde, vous m’le cramez, j’veux plus en entendre parler.

Hervé de Rinel : Vous êtes sûr? C’est dommage, Ma femme avait commencé à me faire un camouflage de truite.

Arthur : De? Truite   ?????

Hervé de Rinel : Bin oui y a un ruisseau qui passe pas loin.

Arthur : oh p… Non mais vous arrêtez tout c’qu’est costume à l’extérieur. POINT! ça suffit! VOUS CRAMEZ TOUT CE MERDIER, LE BOUC, LE PIGEON ET TOUTE LA MÉNAGERIE. Après si chez vous en soirée, bref vous faites c’que vous voulez, j’veux surtout pas l’savoir.

Hervé de Rinel : Mais du coup quand est ce que j’vous fais mon rapport de mission?

Arthur : Votre?

Hervé de Rinel : Bin, j’y ai passé du temps quand même…

Arthur : Ah oui exact. pfff… Bon, grouillez vous! Allez-y…

Hervé de Rinel : Voila, j’ai remarqué que depuis quelques temps ils n’arrêtent pas de planter des piquets. Je ne sais pas ce qu’ils font mais ça parait bizarre.

Arthur : Ah ok d’accord, non  non mais ça c’est bon on sait du coup.

Hervé de Rinel : Ah bon? Mais ça sert à quoi?

Arthur : Bin à mon avis, ça sert à attraper les gros cons déguisés en machins improbables et qui s’ prennent pour des renards…

Noir

Guethenoc : Alors, Sire rapport à notre problème vous avez des nouvelles?

Arthur : Non mais ça craint plus rien ça, c’est bon. c’est réglé

Roparzh : Comment ça c’est réglé? Mais c’tait quoi alors cette saloperie?

Arthur : Non mais rien. Alors si quand même par contre, parce qu’on sait jamais si vous voyez encore un truc dans le même style, roder par là-bas, sur la terre, dans un arbre ou tiens dans l’eau même, on sait pas, quelque soit la forme que ça a, vous y mettez un bon coup de fourche dans le fion.

Guethenoc : Ah non mais ça, avec nous, y a pas de problème. Par contre j’aime mieux vous l’dire si on a l’temps d’viser on choisira plutôt la tête.

En vous souhaitant une excellente journée!

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Kaamelott : les pécores et la bête du Gévaudan 1, un épisode inédit en hommage à la série Culte

Sujet : Kaamelott, légendes arthuriennes, roi Arthur, pécores, Guethenoc, Roparzh,  bête du Gévaudan, humour, non sens, , audio, inédit, comédie, hommage.
Période : moyen-âge central, haut moyen-âge pour la légende.
Auteur :  Votre  serviteur à la manière de l’auteur Alexandre Astier
Série télévisée culte, M6, Calt Production
Média : épisodes audio, chaîne youtube

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous en  avions déjà posté deux ici et en voici un nouveau.  Il s’agit donc d’épisodes inédits et d’un travail d’écriture et audio autour de la série télévisée culte Kaamelott et « à la manière » d’Alexandre Astier.

Cette fois-ci, l’histoire est en deux parties et il s’agit là du première épisode. Il met en scène les deux paysans  principaux de la série. Roparzh (Gilles Graveleau à l’écran) et Guethenoc (Serge Papagalli), ainsi que le Roi Arthur (Alexandre Astier ).

Dans Kaamelott, les deux  « pécores », comme les appelle le Roi Arthur, n’ont de cesse de se  battre et de se chamailler pour un oui ou pour un non. Ils ont tous les deux, bien sûr, de forts accents l’un, Guethenoc est sans doute plus  dauphinois et drômois (Serge Papagalli), l’autre, Roparzh, tire un peu plus du côté de l’Isère, de Grenoble, avec peut-être même une  légère pointe de savoyard dedans (Gilles Graveleau). Comme pour les épisodes précédents, l’audio est accéléré au niveau du traitement, comme  d’autres séries audio du type de celles que  François Pérusse faisait à la radio, il y a quelques années, ou encore du Donjon de Naheulbeuk.

Pour ceux d’entre vous qui relèveront d’emblée l’anachronisme du titre de cet épisode – cette affaire de la bête du Gévaudan, datant  du XVIIIe siècle (1764) – , je précise que  c’est un  clin d’oeil à l’auteur Alexandre Astier. Une partie de sa famille est en effet originaire de l’endroit et il   s’est dit, à plusieurs reprises, particulièrement intéressé sur le sujet. Il projette  même  d’écrire sur la question  (peut-être un long métrage ?) à un moment donné et dans le futur.

Kaamelott, épisode audio inédit
en hommage à la série d’Alexandre Astier

Les légendes arthuriennes au service d’une comédie & un humour résolument modernes

E_lettrine_moyen_age_passionncore une fois, dans la série originale Kaamelott, il s’agit d’humour à propos du moyen-âge, et même plutôt d’humour tout court mais pas du tout d’humour médiéval. L’ambition n’est pas là et l’écriture, au contraire, est résolument moderne. Si le moyen-âge ne s’y réduit pas non plus qu’à une toile de fond, il n’est pas question d’avantage de coller totalement aux valeurs de la chevalerie médiévale ou de les encenser, pas plus que de suivre le fil des versions très chrétiennes du Graal d’un Chrétien de Troyes ou d’autres auteurs de la période  médiévale. Nous sommes ici plutôt dans le mythe de « l’anti-héros ». Si les marques et les temps forts de la légende sont respectés (bien que l’auteur ne s’interdise pas certaines libertés), la série se présente avant tout comme un contre-pied humoristique.

L’auteur, Alexandre Astier se joue, dans une dérision constante, d’abord et avant tout de la nature humaine, de ses travers et de ses facéties. Au final, le Roi Arthur de Kaamelott qu’il campe à l’écran, a plus de maille à partir avec la stupidité incommensurable de ceux qui l’entourent qu’avec des intrigues touchant la quête véritable du Graal. Nous sommes ici résolument dans la « comédie » moderne, assumée  et définie au sens large puisqu’elle  ne s’enferme pas  dans le genre du « faire rire » à tout prix.

Pour analyser plus finement les relations entre le moyen-âge littéraire historique des légendes Arthuriennes et le moyen-âge restitué dans sa modernité « Kaamelottienne » (passez-moi le néologisme), il faudra sans doute attendre les minutes de colloque de l’université de la Sorbonne sur la question, en espérant qu’elles soient publiées pour ceux qui ne peuvent s’y rendre, ou même, un peu plus tard dans le temps, la thèse de Florian Besson sur la question.  Mais tout cela nous sort un peu de notre sujet du jour,  alors en attendant voici le script de  nos âneries  « à la manière » d’Alexandre Astier.

La bête du  Gévaudan 1 :  le script

(ambiance exterieur, bruit de piquet)

Extérieur, campagne, Guethenoc et Roparzh sont affairés ensemble à bricoler vaguement une clôture.

Guethenoc: Nom d gu, mais faites un peu attention à c’que vous faites, vous voyez bien que vous y plantez tout de traviole là.

Roparzh : Ah vouais. Tout à l’heure quand vous prendrez ma main dans votre tronche, vous m’direz si vous la trouverez assez droite pour vous ou si ça vous fait des problèmes d’angles !

Guethenoc: Non mais avec vous c’est simple on peut jamais rien vous dire…

Roparzh : Vouais bin d’toute façon, c’est pas de le savoir qui vous empéche d’l’ouvrir !

Guethenoc: Non, mais donnez moi cette masse, tiens ! j’vais le faire, là de voir ces piquets tout tordus comme ça, ça m’fait mal au coeur ! De toute façon, tout ce que vous faites, vous l’faites toujours tout de traviole…

Roparzh : Bin, tiens, faites moi plaisir ! V’nez la chercher la masse, que j’vous la mette directement dans la gueule !

Générique.

I se battent en silence.   Arthur arrive

Arthur : QU’EST CE QUE VOUS FOUTEZ LA ENCORE LES DEUX? ENCORE EN TRAIN DE VOUS TAPER DESSUS ?

Guethenoc: Ah sire, bonjour, non mais rien ça va. On essaye d’écouter vos conseils, on travaille un peu en équipe.

Roparzh : oui voila. tout à fait!, en équipe. Un qui bosse et un gros con de moustachu qui veut pas lui lâcher le fond de culotte!

Arthur : Non mais effectivement, on la sent bien la fine équipe là…

Guethenoc : Non mais on fait une clôture pour protéger nos bêtes. Justement vous tombez bien.Sire, on voulait pas venir vous déranger avec ça mais maintenant qu’vous êtes là.

Arthur :Tiens c’est nouveau ça… Normalement vous n’êtes pas trop du genre à vous embarrasser de ça. Bon alors, il se passe quoi?

Roparzh : Bin, dison s que depuis quelques temps on a repéré une bête bizarre qui tourne autour d’nos maisons et d’nos bêtes. D’la vraie saloperie !

Arthur : Tiens donc et elle ressemble a quoi cette bête?

Roparzh ; non mais ça on y jamais trop vu par ici ça, Sire. C’est un genre d’machin tout moisi… ça marche a moitié a quatre pattes avec des genre de cornes et pis des poils tout dégueulasses.

Guethenoc : Voui voila c’est ça, c’est comme i dit. Et pis ça fait des drôles de bruits comme des genres de grognements aigus, un peu ent’ la poule et le cochon, voyez. D’la vraie salop’rie.

Arthur : Bin dites donc, c’est bizarre en effet mais elle s’en est pris à vos bêtes?

Roparzh : Non à ce jour les seuls qu’on crevé, chez moi c’est de mort naturelle. Et puis chez lui comme d’habitude, à force de patauger dans la merde ses pauv’ bêtes elles sont à moitié dépressives et elles claquent toute seules. Y a même des poules qui se suicident chez lui!  J’y avais jamais vu avant ça, moi!

Guethenoc : Dites ? Et mon pied dans votre cul vous l’avez déjà vu ?

Roparzh : Allez y j’vous attends, par contre c’te fois ci ,ça sera pas la peine de gueuler j’vais vous dératiser, mais dans votre totalité !

Arthur : STOP! NE RECOMMENCEZ PAS ! Bon bin j’vais voir c’que j’peux faire et on s’en reparle. Allez j’m casse. J’vous assez vu…

NOIR

Guethenoc : bon, alors on en était ou?

Roparzh : Ah bin bougez pas, j’vous faire un petit résumé. On en était à peu prés la.

Bruit  de coups

Guethenoc :  Aie! … Bon dieu, prévenez sa famille, y a d’la veillée funèbre dans l’air!

Générique

En vous souhaitant une belle journée!

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

Lecture Audio, l’Ecole de Salerne avec Louis (pratiquement) Jouvet & Fabrice (presque) Luchini

medecine_medievale_ecole_salerne_science_savant_Regimen_SanitatisSujet : médecine, citations médiévales, école de Salerne, Europe médiévale, moyen-âge, ouvrage, manuscrit ancien.
Période: moyen-âge central
Titre:  l’Ecole de Salerne (1880)
Auteur :  collectif d’auteurs anonymes
Traducteur : Charles Meaux Saint-Marc
Média : lecture audio

Bonjour à tous,

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour ce qui est du post d’aujourd’hui, nous prolongeons le plaisir de la compagnie de la médecine médiévale de l’Ecole de Salerne. Il faut dire que résister à la lecture de quelques strophes du Flos Medicinae relevait de la gageure et je me suis trouvé dans l’incapacité de ne pas y céder. Et comme, pour une fois, le texte n’est pas en vieux français mais en français moderne du XIXe siècle avec, il faut l’avouer, une qualité dans la versification qui le distancie sûrement de son original latin, au niveau sémantique mais qui est savoureuse, il nous fallait un peu corser la difficulté. Alors plutôt que notre voix pour se prêter à l’exercice, nous avons décidé d’en emprunter  deux autres. Du Docteur Knock à l’école des femmes, celle de Louis Jouvet est la première des deux, et pour sa filiation avec lui, autant que pour ses grandes lectures, celle de Fabrice Luchini est la deuxième. Toute ressemblance avec des personnes existantes ne pouvant être qu’allégorique, le genre auquel nous nous exerçons ici pourrait avoir pour nom l’imitation de loin.medecine_medievale_science_medicale_ecole_salerne_moyen-age_central_flos_medicinae

Vous allez me dire que je n’en finis pas de chercher des peaux de banane sur lesquelles glisser et vous n’aurez sans doute pas tord, mais comme je ne cesse ici de le réaffirmer avec le poète latin Publilius Syrus du premier siècle avant notre ère: « L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient». Il faut donc bien, fidèle à cette maxime, se situer, de temps en temps, dans la prise de risque pour étonner et pour se divertir aussi.

Un OVNI médiéval

Du Docteur Knock au verbe de Molière, et de l’amour des lectures, de Lafontaine et de Jouvet
Du Docteur Knock au verbe de Molière, et de l’amour des lectures, de Lafontaine et de Jouvet

N_lettrine_moyen_age_passionous voici donc rendu avec une lecture audio sur le sujet très sérieux de la médecine médiévale, à la façon de Louis Jouvet et de Luchini, même si, encore une fois, ce n’est que de très loin. Techniquement, on pourrait être tenté d’appeler cela un OVNI, comprenez un Objet Versifié Non Identifié. Tout cela a un goût de fêtes de fin d’année, un goût d’enfance aussi parce que cette chose là qui consiste à s’amuser à calquer des notes, des rythmes, des accents ou des voix, en les empruntant aux autres ne s’explique pas. Elle prend sûrement sa source dans un mimétisme grégaire. On la commence comme un enfant qui joue à ressembler aux adultes, et puis elle fait partie de vous et, quelquefois, s’y enracine. Pourtant, toute réserve gardée sur la ressemblance de facto à l’original, au delà du singer, c’est aussi une question d’alchimie, une façon de prendre, un peu, de l’essence de l’autre pour lecture_audio_fabrice_luchine_louis_jouvetle retraduire, une  sorte de transmutation ou de distillation empathique. Et comme il est question d’empathie, rien ne pourrait mieux la traduire qu’une maxime un peu étirée: dis-moi qui tu singes, je te dirais qui tu es.

Alors voilà, nous y sommes. La peau de banane étant droit devant, laissez-moi prendre un peu d’élan et je suis à vous!

La médecine médiévale de Salerne avec
Louis (pratiquement) Jouvet et Fabrice (presque) Luchini

Une très belle journée à tous!
Fred
Pour moyenagepassion.com
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