Sujet : centre historique, histoire médiévale, histoire vivante, joutes équestres, combats à l’arme ancienne, événement, célébration médiévale. Période : moyen-âge tardif, XVe, octobre 1415 Lieu : Centre Historique Médiéval d’Azincourt Evénement : journée médiévale au coeur du XVe siècle Intervenants : combattants, artisans et compagnies médiévales historiques. Date : Dimanche 23 juillet 2017 (journée)
Bonjour à tous,
i vous vous tenez proches du Pas-de-Calais cette fin de semaine, le très actif Centre Historique Médiéval d’Azincourtvous convie à un grand événement autour du moyen-âge tardif. Entre histoire vivante et reconstitution historique, c’est, en effet, un voyage au coeur du XVe siècle et de la guerre de cent ans qui vous sera proposé, durant toute la journée du dimanche, à partir du milieu de matinée et jusqu’à la fin d’après-midi.
Chevalerie, archerie, armes de siège et vie militaire : revivre la guerre de cent ans
n ne peut décemment célébrer le XVe siècle à Azincourt et aborder la guerre de cent ans, sans parler de chevalerie. Pour l’occasion, la compagnie Chevalerie Initiatique viendra faire de nombreuses démonstrations de joutes à cheval mais encore de combats à pied et en armures, armes d’époque à la main.
L’archerie, élément stratégique clef des batailles médiévales, qui signera la cuisante défaite de la chevalerie française et la destruction d’une grande partie de sa noblesse, en 1415, à Azincourt, sera également représentée. C’est la compagnie The Free Company of Aquitaine qui viendra, pour l’occasion, vous dévoiler tous les secrets de cette discipline, autant que vous en démontrer la puissance.
De son côté, la compagnie médiévale Machina Silente sera en charge des démonstrations d’armes de jet. Projectiles et boulets variés au programme, Pied Graset Coquillard, les deux acteurs/reconstituteurs qui sont au coeur de cette troupe et de cette animation, conserveront, comme à l’habitude, leur ton humoristique et facétieux sans pour autant se départir de la dimension pédagogique et historique de leurs démonstrations.
Toujours dans le but d’explorer les aspects de la vie militaire au moyen-âge tardif, il y aura encore sur place un traditionnel campement médiéval, à la découverte du quotidien des guerriers et soldats autour des batailles: tentes et mobiliers, armement offensif et défensif, techniques de combats et même de cuisine y seront détaillées.
Enfin, pour clore le voyage sur les aspects militaires, point d’orgue important de la journée, les fiers combattants, chevaliers et mesnies venus sur place, tenteront de faire revivre devant vous la bataille d’Azincourt lors d’une grande reconstitution historique spécialement créée pour l’occasion.
Marché médiéval, démonstration d’artisanat d’époque, farces théâtrales et fabliaux
our le reste des animations,, un marché médiéval et des démonstrations d’artisanat d’époque sont également prévues, ainsi que des scénettes humoristiques et même des fabliaux avec la troupe théâtrale Eutrapelia.
Dernier détail, du côté des ripailles, une restauration champêtre avec sandwiches et boissons sera présente sur place.
Pour plus d’informations, vous pouvez contacter directement le centre d’Azincourt au numéro de téléphone suivant : 03 21 47 27 53 ou par courriel :
En vous souhaitant une très belle journée.
Fred
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Sujet : poésie médiévale, satirique, morale, réaliste, littérature médiévale, ballade, français ancien, Vertus, guerre de cent ans. Période : moyen-âge tardif Auteur : Eustache Deschamps (1346-1406) Titre : «J’aray desor a nom brûlé des champs » Ouvrage : Poésies morales et historiques d’Eustache Deschamps, Georges Adrien Crapelet (1832)
Bonjour à tous,
élèbre ballade d’Eustache Deschamps, la poésie que nous publions aujourd’hui nous conte par la bouche de l’auteur médiéval des ravages de la guerre de cent ans dans la plaine de Champagne. Les batailles ont laissé derrière elles tant de misère et de ruine qu’il faudrait désormais appeler le poète « brûlé Des Champs ».
Nous y apprenons des choses sur les origines du poète et sur sa ville de coeur et de naissance: Vertus, dont il nous conte les douceurs d’avant-guerre. Mal en point financièrement pour avoir dû restaurer son domaine, il en appelle aussi aux soutiens des plus grands, princes et seigneurs, pour l’aider à rétablir sa « maison ».
Ballade du domaine d’Eustache
brûlé par les anglais
Ce titre est celui donné par G.A. Crapelet dans son ouvrage de 1832. Dans son édition des œuvres d’Eustache Deschamps, le Marquis de Queux de Saint-Hilaire donnera quant à lui comme « titre » à cette ballade : « Il ne doit plus s’appeler Eustache, mais Brûlé des Champs ».
Je fu jadiz de terre vertueuse, Nez de Vertus, le paiz renommé Ou il avoit ville tresgracieuse Dont li bon vin sont en maint lieux nommé; Jusques a cy avoit mon nom nommé, Eustace fu appelle dès enfans; Or sui tous ars, s’est mon nom remué: (1) J’aray desor a nom Brûlé des Champs.
Dehors Vertus ay maison gracieuse Ou j’avoye par long temps demouré, Ou pluseurs ont mené vie joyeuse, Maison des champs l’ont pluseurs appelle ; Mais, Dieu merci (2), toute plaine de blé, Ont les Angles le feu bouté dedens ; Deux mille frans m’a leur gerre cousté: J’aray desor a nom Brûlé des Champs.
Las ! ma terre est destruitte et ruyneuse,’ Je suis désert, destruit et désolé; Fuir m’en fault, ma demeure est doubteuse, Se je ne sui d’aucun reconforté; , Ainsi seray de mon lieu rebouté, Comme essilliez, dolereux et meschans,(3) Se mes seigneurs n’ont de mon fait pitié : J’aray desor a nom Brûlé des Champs.
NOTES
(1)« Or sui tous ars, s’est mon nom remué » : il ne me reste plus rien ou je suis à nu et j’ai perdu jusqu’à mon nom. (2) « Dieu merci » : Dieu ait pitié de moi. (3) Comme essilliez, dolereux et meschans : comme exilé, ruiné, triste et malheureux.
Vertus en Champagne, la ville de Eustache Deschamps, gravure du XVIIe par Claude Chastillon
En vous souhaitant une excellente journée.
Fred
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Sujet : musiques médiévales et anciennes, danse médiévale, manuscrit ancien, ballades, madrigaux, estampies. Période : moyen-âge central, XIVe siècle, Titre : La rotta della Manfredina Tirées de : manuscrit add 29987, manuscrit de Londres, British Museum. Interprètes : Micrologus Album : Alla Festa Leggiadra(2005)
Bonjour à tous,
ujourd’hui, nous partageons une nouvelle pièce tirée du Manuscrit Ancien de Londres ou le MS ADD 29987. C’est encore une danse médiévale comme cet ouvrage en contient de nombreuses, connue sous le titre de La rotta della Manfredinaou La Manfredina etdemeurée anonyme à ce jour.
De nombreuses formations musicales de qualité l’ont reprise mais puisqu’il fallait en choisir une pour vous en présenter une première version, nous avons choisi de le faire en compagnie de l’excellent ensemble médiéval italien Micrologus (voir articles précédents).
Alla Festa Leggiadra avec Micrologus
ette pièce est tirée de l’album Alla Festa Leggiadra daté de 2005 et sous-titré : Ballate, madrigali e danze all’epoca di Boccaccio, XIV sec.
C’est donc un album tout entier dédié aux danses, ballades et madrigaux du XIVe siècle contemporains de Giovanni Boccaccio (1313-1375) mieux connu en français sous le nom de Jean Boccace.
On doit à ce célèbre auteur médiéval florentin, entre autres ouvrages le Décaméron eton a fait de lui, avec Dante et Petrarque, l’un des inspirateurs du renouveau de la littérature italienne ainsi que de la renaissance européenne. (ci dessus, portrait de Boccaccio, détail d’une fresque de Andrea del Castagno, 1450, Galleria degli Uffizi, Florence)
Pour plus d’informations sur cet album, toujours disponible à la vente en ligne, cliquez sur le lien suivant : Alla festa leggiadra [Import anglais]
En vous souhaitant une bonne écoute et une très belle journée.
Fred
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Sujet : poésie médiévale, satirique, morale, fables, valeurs humaines, métaphores animalières, Isopets, Ysopet, littérature médiévale, ballade, français ancien, Période : moyen-âge tardif Auteur : Eustache Deschamps (1346-1406) Titre : « Le chat et les souris » Ouvrage : Poésies morales et historiques d’Eustache Deschamps, Georges Adrien Crapelet (1832)
Bonjour à tous,
illes d’Esope, écrivain grec des VIIe et VIe siècles avant Jésus-Christ, dont on a fait l’illustre père bien avant La Fontaine, les fables se sont perpétuées avec succès dans la France du moyen-âge central.
Les fables au moyen-âge
Recopiées tout d’abord en latin à partir des écrits de Phèdre, fabuliste du Ier siècle de notre ère, adaptateur d’Esope, mais aussi à partir des oeuvres du fabuliste romain de langue grecque Babrius (IIe siècle) ou encore du poète romain Avianus des IVe et Ve siècles, les fables gagneront leurs lettres de noblesse en anglo-normand et en français sous la plume de la célèbre poétesse Marie de France. Un peu avant la fin du XIIe, cette dernière en écrira, en effet, plus de 100.
Enluminure, Marie de France, Ms. 3142, BnF (retouche feuille d’or)
Sur l’ensemble, elle ne se contentera pas de retranscrire et de paraphraser l’héritage des auteurs latins et grecs des origines, elle créera aussi un bon nombre de fables inédites, consacrant là un véritable genre littéraire. Ses écrits seront, par la suite, largement repris contribuant à la diffusion du genre dans les siècles suivants. On les connaîtra alors sous le nom d’Isopets ou Ysopets, dérivés du nom de l’illustre Esope évoqué plus haut. C’est indéniable, la satire de la comédie humaine derrière l’écran de l’image animalière séduit et ce n’est pas le Roman de Renartet son succès, dès la fin du XIIe et les débuts du XIIIe siècle qui viendront le démentir.
Ballade & Fable : Le chat et les souris d’Eustache Deschamps
Comme nous l’avions déjà évoqué dans un portrait précédent, au XIVe siècle et un peu plus près déjà du moyen-âge tardif, Eustache Deschamps s’essayera lui aussi au genre de la fable et même à quelques autres dérivés autour de la métaphore animalière. La fable du jour est devenue, sans nul doute, la plus célèbre d’entre elles qui se trouve être aussi une ballade. Elle doit, entre autre, son succès à son refrain : « Qui pendra la sonnette au chat?« .
Autrement dit : Qui viendra pendre le grelot au cou du chat ? Au moment de conseiller ou d’argumenter, tout le monde est bien d’accord, mais au moment d’agir et d’en avoir le courage, il en reste peu pour prendre le risque d’entreprendre une affaire périlleuse pour le bien de tous ? La question reste posée et ouverte dans cette fable qui inspirera d’ailleurs, à son tour, Jean de La fontaine dans son Conseil tenu par les Rats, etlui tirera cette morale :
« Ne faut-il que délibérer, La cour en conseillers foisonne ; Est-il besoin d’exécuter, L’on ne rencontre plus personne. »
Je treuve qu’entre les souris Ot un merveilleux parlement Contre les chas leurs ennemis, A veoir manière comment Elles vesquissent* seurement (* vécurent) Sanz demourer en tel débat; L’une dist lors en arguant : Qui pendra la sonnette au chat?
Cilz consaulz fut conclus et prins ; Lors se partent communément. Une souris du plat pais Les encontre et va demandant Qu’om a fait: lors vont respondant Que leur ennemi seront mat : Sonnette aront ou coul pendant. Qui pendra la sonnette au chat?
« Cest le plus fort », dist un rat gris Elle demande saigement Par qui sera cilz fais fournis. Lors s’en va chascune excusant ; Il n’y ot point d’exécutant, S’en va leur besongne de plat; Bien fut dit, mais, au demeurant, Qui pandra la sonnette au chat?
L’envoy
Prince, on conseille bien souvent, Mais on puet dire, com le rat. Du conseil qui sa fin ne prant : Qui pendra la sonnette au chat?
Eustache Deschamps (1346-1406)
En vous souhaitant une belle journée.
Fred
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