Sujet : agenda, reconstitution, fêtes historiques, médiévales, château-fort, Période : moyen-âge tardif, 1425 Evénement : Les médiévales d’automne du château de Foix Lieu : Château de Foix, Ariège, Occitanie Date : le 6 et 7 octobre 2018
Bonjour à tous,
vec la venue de l’automne, voici que nous arrive aussi la dernière édition de l’année des fêtes médiévales du château de Foix. Cette fois-ci, loin des victoires ou des faits de guerre du célèbre Gaston Fébus, c’est plutôt autour des bâtisseurs que les organisateurs ont décidé de scénariser l’événement. Cap sur les débuts du XVe donc, et même pour être plus précis sur le mois d’octobre 1425 pour un chantier médiéval de taille.
Chantier médiéval et bâtisseurs du XVe
Dans le contexte houleux de la guerre de cent ans, la décision a été prise d’édifier la tour ronde. Elle permettra de renforcer le dispositif défensif du château mais aussi de démontrer à tous, l’importance du Comté de Foix, autant que les richesses et la puissance militaire de son seigneur. On le sait désormais clairement et, en tout cas, nombre de médiévistes s’entendent sur cette question, en plus de leur vocation défensive et stratégique, au moyen-âge, les châteaux sont aussi, de manière indissociable, des symboles de pouvoir et de prestige.
Sur place ce week-end, à Foix, on pourra donc assister à de nombreuses démonstrations de savoir-faire autour des métiers de la construction et de l’architecture militaire médiévale. Que les amateurs d’action plus musclée se rassurent toutefois, ils ne seront pas en reste puisqu’il y aura aussi des divertissements de nature plus résolument militaire et belliqueuse, aux sons des ancêtres des premiers canons et des premières pièces d’artillerie d’époque.
L’événement devrait encore permettre à ses visiteurs d’assister au baptême de trois nouvelles machines médiévales arrivées dernièrement au château et qui viendront enrichir d’autant toutes ses futures animations : deux engins de guerre (un trébuchet et une pierrière) et un engin de levage (un treuil à tambour).
Sujet : musique ancienne, chansons médiévales, école franco-flamande, rondeau, chants polyphoniques, lyrique courtoise. Période : moyen-âge tardif, XVe siècle. Auteur: Guillaume Dufay (1397-1474) Titre : la plus mignonne de mon coeur. Interprète : The Medieval Ensemble of London, Album : DUFAY, chansons (1995)
Bonjour à tous,
ujourd’hui, nous repartons à la toute fin du moyen-âge, voire même à la renaissance suivant les chronologies classiques, pour découvrir un nouveau rondeau de Guillaume Dufay. C’est une chanson d’amour courtois qui fait partie du large répertoire profane que ce grand compositeur nous a laissé et c’est aussi un pièce polyphonique.
« La plus Mignonne de mon coeur », par l’ensemble médiéval de Londres
The Medieval Ensemble of London
Fondé à la fin des années 70, par Peter Davies & Timothy Davies, le Medieval Ensemble de Londres connut une carrière d’un peu moins d’une dizaine d’années. Au cours de son activité, il s’intéressa principalement au répertoire du XVe siècle avec quelques incursions du côté du XIVe et invita à son bord des musiciens importants de la scène anglaise de la musique ancienne ou qui allaient le devenir.
De 79 à 85, la formation laissa pas moins 16 albums en comptant ceux présents dans les coffrets, tous produits aux édition de L’Oiseau-Lyre, disparu depuis.
« Dufay Complete Secular Music »
un coffret dédié à la musique profane de Dufay
En 1981, sous la direction de ses deux fondateurs, The Medieval Ensemble of London faisait paraître à la distribution un impressionnant coffret contenant 5 Cds, autour de la musique profane de Guillaume Dufay. Sous le titre de Dufay Complete Secular Music, la production tenait ses promesses puisqu’on pouvait y trouver répertoriée près de 100 pièces du compositeur du XVe siècle dont le rondeau du jour.
Le coffret est toujours disponible à la vente au format CD et Universal Music Diffusion qui a en charge désormais sa distribution a aussi eu la bonne idée de le proposer au format dématérialisé pour ceux qui préféreraient butiner les pièces qui les intéressent de plus près plutôt que d’acquérir d’un coup l’ensemble d’entre elles : Dufay: Complete Secular Music (5 CDs)
La plus mignonne de mon cueur
de Guillaume Dufay
Du point de vue langagier, nous ne sommes déjà plus, avec cette chanson, dans le cadre du vieux français du moyen-âge central que nous côtoyons souvent ici. De fait, la langue de Dufay ne présente pas de grandes difficultés de compréhension et nous laissons donc cette jolie pièce libre de toute annotation.
Pour plus de détail sur cette retranscription voir ici
La plus mignonne de mon cueur Je m’esbahis, dont ce me vient Que sans cesser il me souvient De vostre beaulté et doulceur.
Des bonnes estez la meilleur, Puisque dire le vous convient,
La plus mignonne de mon cueur Je m’esbahis, dont ce me vient.
Quant j’ay desplaisir ou douleur Aucune foiz, comme il advient, Je ne scay que cela devient Pensant en vostre grant valleur.
La plus mignonne de mon cueur Je m’esbahis, dont ce me vient Que sans cesser il me souvient De vostre beaulté et doulceur.
En vous souhaitant une très belle journée.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.
Sujet : poésie médiévale, ballade, auteur médiéval, moyen-français, poésie morale, Auteur :François Villon (1431-?1463) Titre : « La ballade de bon conseil » Période : moyen-âge tardif, XVe siècle. Ouvrages : François Villon, Œuvres, édition critique avec notices & glossaire, Louis Thuasne (1923). François Villon sa vie et son temps,Pierre Champion (1913), Œuvres complètes de François Villon par Auguste Longnon (1892)
Bonjour à tous,
‘est vraisemblablement autour de l’année 1461 que François Villon rédigea une ballade baptisée, longtemps après lui, la ballade de bon conseil. On doit à Willem Geertrudus Cornelis Byvanck, bibliophile et bibliothécaire hollandais, docteur es Lettres classiques, passionné de littérature française d’avoir réintroduit ce texte, assez tardivement, dans l’œuvre de Villon, dans son ouvrage Specimen d’un essai critique sur les œuvres de François Villon, le Petit testament datant de 1882.
Issue d’un manuscrit presque entièrement dédié à l’œuvre d’Alain Chartier (le MS Français 833, voir image), on trouve cette poésie encore retranscrite, de manière anonyme, dans le célèbre Jardin de Plaisance et Fleur de Rhétorique, au tout début du XVIe siècle (1502).
Après cette découverte, ce texte, par ailleurs signé des initiales de Villon dans sa dernière strophe, sera réintroduit, définitivement, dans les œuvres dédiées à l’auteur médiéval, la première étant celle d’Auguste Longnon paru quelque temps plus tard (voir référence en tête d’article). Cette attribution tardive explique aussi son absence dans toutes les publications autour de Villon, antérieures à la fin du XIXe siècle.
La ballade conciliatrice & morale
d’un Villon repenti
Loin du mauvais garçon dévoyé et marginal, revendiqué dans ses poésies de jeunesse, on retrouve, dans cette ballade, un Villon tout en sagesse. Devenu presque moraliste, à la façon d’un Eustache Deschamps, il ne se situe plus, ici, dans le « Je » du témoignage, auquel il nous avait souvent habitué dans le Testament, mais s’élève pour adresser un message à ses contemporains ou, à son siècle, comme on le disait alors.
Rédigé, semble-t-il, à l’issu de son premier exil et après la rédaction du Testament (voir ouvrage de Pierre Champion. op cité), le poète, fatigué et repenti, a pris de la hauteur et il appelle ici ses « frères humains » à plus d’honnêteté et moins de convoitise, moins de discorde, plus de paix aussi. S’il y inclue, sans doute, ses anciens compagnons d’aventure et de rapine (qui ne sont, comme on le verra, pas si loin), le propos s’élargit bien au delà, pour s’adresser à tous les hommes, toutes générations confondues et Villon nous fait même cette ballade, l’épître aux Romains de Saint-Paul, sous le bras.
Peu de temps après, toujours miséreux et bien qu’il paraissait bien engagé sur la voie du repentir, Villon sera, pourtant, à nouveau rattrapé par son passé et ses mauvaises fréquentations. Arrêté puis emprisonné brièvement au Châtelet pour être rapidement relaxé à la suite d’un nouveau vol, il se trouvera pourtant mêlé, quelque temps après, à une rixe contre le notaire Ferrebouc. L’incident le verra, cette fois, condamné à être pendu. Ayant fait appel, il échappera encore aux fourches pour disparaître, cette fois, à jamais, du grand livre de l’Histoire puisqu’on en perdra alors, définitivement, la trace.
Ballade de bon conseil
Hommes faillis, despourveuz de raison, Dcsnaturez et hors de congnoissancc, Desmis du sens, comblez de desraison, Fols abusez, plains de descongnoissance, Qui procurez* (œuvrez) contre vostre naissance. Vous soubzmettans a détestable mort Par lascheté, las ! que ne vous remort L’orribleté qui a honte vous maine? Voyez comment maint jeunes homs est mort Par offencer et prendre autry demaine.
Chascun en soy voye sa mesprison, Ne nous venjons, prenons en pacience; Nous congnoissons que ce monde est prison Aux vertueux franchis d’impacience ; Battre, touiller* (renverser), pour ce n’est pas science, Tollir, ravir, piller, meurtrir a tort. De Dieu ne chault, trop de verte se tort* (s’éloigne de la vérité) Qui en telz faiz sa jeunesse demaine. Dont a la fin ses poins doloreux tort Par offencer et prendre autruy demaine.
Que vault piper*(tricher), flater, rire en trayson, Quester, mentir, affermer sans fiance* (sans certitude, sans savoir), Farcer, tromper, artifier* (confectionner) poison, Vivre en pechié, dormir en deffiance De son prouchain sans avoir confiance ? Pour ce conclus : de bien faisons effort. Reprenons cuer, ayons en Dieu confort, Nous n’avons jour certain en la sepmaine ; De noz maulx ont noz parens le ressort* (contrecoup, conséquences) Par offencer et prendre autruy demaine.
Vivons en paix, exterminons discort ; Jeunes et vieulx, soyons tous d’ung accort : La loy le veult, l’apostre le ramaine Licitement en l’epistre rommaine ; Ordre nous fault, estât ou aucun port. Notons ces poins ; ne laissons le vray port Par offencer et prendre autruy demaine.
Une belle journée.
Frédéric EFFE.
Pour moyenagepassion.com A la découverte du Moyen-âge sous toutes ses formes
Sujet : festivités médiévales, spectacle historique, reconstitution historique, guerre de cent ans, animations médiévales Période : moyen-âge tardif, Juillet 1453, Evenement : La Bataille de Castillon Lieu : Castillon la Bataille, Gironde, Nouvelle-Aquitaine Dates: Les 20, 21, 26, 27, 28 juillet et les 03, 04,, 09, 10, 11, 16, 17, 18, 24 et 25 août 2018.
Bonjour à tous,
u coeur du XVe siècle, la Bataille de Castillon vit la victoire de l’Ost du roi de France Charles VII, sur les armées de Henri VI d’Angleterre, poursuivant la reconquête des terres françaises restant encore aux mains des anglais et marquant, ainsi , un tour décisif à la guerre de cent ans. Comme chaque année, en Nouvelle-Aquitaine, une reconstitution grandeur nature de cette célèbre bataille du moyen-âge est proposée sur le site même où elle se joua et pour en faire revivre les temps forts.
De juillet à août, et chaque fin de semaine, une quinzaine de représentations est ainsi proposée. Largement salué par la presse, avec des centaines de comédiens, figurants et cavaliers. le spectacle met en scène, durant près d’une heure trente, une action haletante, soutenue par de nombreux rebondissements et d’impressionnants effets visuels, pyrotechniques et sonores.
Comme on ne change pas une formule qui gagne, l’événement reprend la recette qui a fait son succès. Un village médiéval animé est reconstitué pour l’occasion. Il ouvre ses portes en fin d’après-midi. Le tout est suivi d’un dîner-spectacle ou, à discrétion, simplement du spectacle qui lui débute, autour de 22 heures et à la nuit tombée.