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Toussaint, fête des morts et Halloween, une approche historique et ethnologique

toussaint_histoire_medievale_fetes_des_morts_halloween_anthropologie_historiqueSujet : fêtes catholiques, histoire médiévale, Toussaint, fêtes des morts, Halloween, fête celtique, fiche de lecture, analyse critique. sociologique, histoire culturelle, « celtisme », anthropologie culturelle.
Auteur de référence : Renaud Zeebroek
Article :  Persistance ou transformation ? La trajectoire d’une fête
Revue : ethnologie française (2006)

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionl’approche du temps de noël et, comme chaque année, les voilà qui reviennent nos deux célébrations de début novembre : la Toussaint, fête de tous les saints et la fête des morts qui la suit. Certes, pour certains d’entre nous, elles se sont peut-être quelquefois un peu vidées de leur sens religieux premier, mais il n’en demeure pas moins qu’elles font partie de nos traditions ancrées.

Pourtant, depuis quelques années, un événement curieux survient dans le paysage culturel de notre vieille Europe catholique, alors que le gigot du repas familial du dimanche de tous les Saints est déjà presque froid et que tant nous allons, en cohorte, porté nos chrysanthèmes, jolies marguerites des morts de Brassens, pour aller communier, un instant, dans les cimetières et près des tombes, à la mémoire de nos chers disparus. En effet, au même moment et même quelques semaines avant, les citrouilles creusées ont déjà fleuri dans les grands magasins, et avec elles les deco_medieval_moyen-age_chretiendéguisements et costumes variés de sorcières et de Frankenstein et encore les paquets de friandises industrielles colorées artificiellement et vendus par pack de cinq. Au demeurant pourtant, tout ce merchandising autour d’Halloween, puisque c’est de cela qu’il s’agit, qui vient comme pousser du coude nos vieilles coutumes pour tenter de s’installer un peu sur leur terrain, ou peut-être sur celui laissé vacant par une sécularisation de bon ton, a, semble-t-il, encore du mal à se faire une place.

« Mais qu’est-ce que c’est que ce truc diront encore certains ? «  au risque de passer (bientôt ou peut-être déjà) pour d’affreux rabat-joies ou même des catholiques, ce qui, dans certains recoins de notre société, est devenu presque bien pire, l’ombre de Bernardo Gui (celui du Nom de la rose) n’étant jamais bien loin ! Et on leur dira d’autant plus d’en rabattre qu’Halloween nous est quelquefois présentée comme issue d’une tradition millénaire, ayant pour origine l’antique et « sacro-sainte » culture celtique, celle d’avant la romanisation, celle d’avant l’évangélisation, bref,  celle du monde qui avait encore un sens. La fête serait, en effet, nous explique-t-on ici ou là, bien plus vieille que le christianisme lui-même. Elle aurait, au bas mot, près de 2500 ans d’histoire, et aurait même « inspiré » l’église romaine qui l’aurait bien vite recouverte de ses propres rituels, dans le courant du moyen-âge, pour en faire, d’une fête impie, joyeuse, libre, débridée et véritablement festive, une fête instituée, soit donc tout le contraire, moraliste, obligatoire, conservatrice, tristounette, etc, deco_medieval_moyen-age_chretienetc… Mais je provoque, je provoque, j’en suis conscient et je vous avoue le faire avec d’autant plus de liberté et d’impertinence que, d’une part, je ne suis pas d’une église, et que, d’autre part, la « chose celtique » véritable m’intéresse vraiment. Alors pour répondre à toutes ces questions, sans céder à un anticléricalisme primaire et lui aussi devenu « de bon ton », comment trier le vrai du faux, j’allais dire le grain de l’ivraie ? Et bien, comme d’habitude, en faisant appel à l’Histoire, au sens critique mais aussi et pour le coup aux sciences humaines.

Revisiter l’histoire avec les outils de l’anthropologie et la sociologie, pour dresser une « biographie culturelle » des objets, voilà le projet que se proposait, en effet, de suivre le sociologue Renaud Zeebroek. Dans un article paru en 2006 de la revue Ethnologie Française, pour illustrer concrètement son propos, il se lançait, ce qui tombe à pic, dans une analyse de l’histoire culturelle et sociale d’Halloween, et revisitait au passage les mythes modernes qui l’entourait. Il nous servira donc de guide pour la partie qui concerne plus particulièrement cette fête mais avant, revisitons un peu nos classiques avec l’histoire de la Toussaint et de la fête des morts catholiques.

Un peu d’histoire catholique et médiévale

S_lettrine_moyen_age_passioni les fêtes données en l’honneur des martyrs catholiques, sont connues dès le Ve siècle à Rome, – elles sont généralement célébrées le dimanche suivant la Pentecôte – la fête de tous les Saints et des martyrs, la Toussaint, est apparue offciellement, dans l’église catholique d’occident, à l’initiative du Pape Grégoire III dans le courant du haut moyen-âge et au tout début du VIIe siècle.

deco_medieval_moyen-age_chretienUn peu plus de deux siècles plus tard, un autre Grégoire, le IVe du nom cette fois, décrétera que la fête devait tenir place et être suivi dans l’ensemble du monde chrétien. C’est à ce dernier qu’on attribue d’avoir fixé la date au 1er novembre. A quelques cinq cent ans de là, au XIIIe siècle, l’archevêque de Gènes  Jacques de Voragine nous expliquera dans son ouvrage Légende dorée que le changement de date fut effectué « car à cette fête les fidèles venaient en foule, pour rendre hommage aux saints martyrs, et le pape jugea meilleur que la fête fut célébrée à un moment de l’année où les vendanges et les moissons étaient faites, les pèlerins pouvaient plus facilement trouver à se nourrir. »

Que la version de Jacques de Voragine soit avérée ou non, ce changement de dates expliquera les débats soulevés plus bas concernant la « récupération » par l’église de Rome de la Samain et d’Halloween.

Quoiqu’il en soit, Louis le Pieux suivra la consigne de Grégoire IV en étendant la célébration à tout l’empire carolingien. Pour suivre le fil jusqu’à nos jours, désireuse d’en ancrer l’application, l’église en fit un fête solennelle durant le moyen-âge tardif, à la fin du XVe siècle, et bien plus tard, dans le courant du XXe, le pape Pie XI en consacra définitivement l’importance, en lui conférant la nature de fête d’obligation.

La commémoration des fidèles défunts, célébrée,  officiellement, le 2 novembre, même si, pour des raisons de calendrier, nous la célébrons en général en France le premier est, quant à elle, un peu plus tardive puisque datée du moyen-âge central. Même si les traces d’un office spécifique pour les morts lui sont antérieures, elle aurait émergé dans l’univers monastique du côté de l’abbaye de Cluny et au XIe siècle. On commémorait alors les deco_medieval_moyen-age_chretienfrères disparus à l’occasion d’une « fête des trépassés », qui ne s’imposa, comme pratique liturgique officielle, généralisée au monde chrétien, que deux cent ans plus tard, au XIIIe siècle.

Soulager l’âme des défunts, prier pour qu’ils soient libérés du purgatoire si toutefois ils s’y trouvaient encore pris, cette commémoration était encore, du point de vue de l’église, une façon de rappeler aux croyants, une fois l’an, que ceux qui sont passés dans l’autre monde sont aussi et peut être même plus vivants qu’eux; comme chacun sait, du point de vue catholique, notre monde d’incarnation n’est qu’une épreuve à passer. Ô étrange paradoxe du deuil dans notre Europe occidentale catholique, ce rituel qui devait être, dans ses fondements même, plutôt une joie et une force d’espérance pour les pratiquants de la glose s’est quelquefois changé en rivières de larmes ou en des moments lourds d’émotions, mais si la pratique de cette commémoration n’est pas toujours joyeuse, elle reste tout de même un moment d’évocation important, et l’occasion d’une pensée pour tous ceux qui ne sont déjà plus de ce monde. Voilà pour la partie historique et traditionnelle.

Halloween : fête des morts celtique ?

Q_lettrine_moyen_age_passionuant à Halloween que, encore une fois, depuis quelques années, les vendeurs de potirons en résine, de costumes, d’arômes artificiels et de friandises colorées, essayent, non sans une certaine insistance, de mettre à la vente sur tous les étals ( sans grand succès, semble-t-il, pour l’instant), elle se veut résolument festive, surnaturelle, humoristique, bref joyeusement païenne. Une façon de célébrer les morts qui pourrait presque prendre, de très loin, des allures festives mexicaines. Loin de nos coutumes cérémonielles, elle vient, en tout cas, nous enjoindre à deco_halloweenfaire la fête dans un melting-pot de déguisements qui mêlent fantastique, surnaturel et autres références à un cinéma d’horreur parfois très XXe siècle et même, disons-le, hollywoodien.

Pourtant, sous ses dehors bigarrés et modernes, Halloween puiserait, nous assure-t-on,  ses origines lointaines dans la culture celtique, suivie de près depuis des temps immémoriaux par des irlandais et écossais qui l’auraient importée en Amérique du nord et au Canada, en y émigrant dans le courant des XVIIIe, XIXe siècles. On trouvera même, nous le disions plus haut, mentionner l’idée qui tendrait à affirmer qu’Halloween serait finalement le véritable ancêtre « historique » de la fête des morts, la seule, l’authentique, la véritablement populaire, la celtique et du coup aussi la gauloise, bien vite récupérée et instrumentalisée par l’Eglise et le christianisme, dans le courant du moyen-âge, avec des visées d’évangélisation des terres de l’Europe païenne.

Samain, Samonios, Halloween récupérée?

« Attribuer une origine païenne à Halloween contribue à justifier les liens que la fête entretient avec le monde de l’étrange. Dans la foulée, la relation de la fête avec le christianisme – que pourtant ni sa date, ni son nom ne font oublier – peut être facilement niée. »
Renaud Zeebroek, 
Persistance ou transformation ? La trajectoire d’une fête, Revue l’Ethnologie française 2006.

E_lettrine_moyen_age_passionn suivant les pas du sociologue Renaud Zeebroek, sur cette hypothèse d’une Toussaint, ou plutôt d’une commémoration des morts comme forme christianisée d’une vieille tradition celtique, le raccourci semble, en réalité, et contre tout ce que l’on peut lire ici ou là, un peu court. Guéguerres d’Eglises ou querelles de clochers ? l’auteur souligne, au passage, l’influence des folkloristes protestants anglo-saxons du XIXe siècle sur cette idée de fêtes catholiques n’étant au fond, pour la plupart,  que des rituels biaisés, fondés sur les anciennes pratiques et croyances populaires païennes ou celtiques et les ayant récupérées. Bien sûr, l’histoire ne dit pas que cela ne s’est jamais produit, loin s’en faut, mais le systématiser peut tout de même avoir certaines limites.

deco_halloweenOriginellement, la Samain, Samhuin, ou Samonios auquel on rattache communément Halloween, était une fête qu’on célébrait chez les celtes, aux environs de début novembre. En réalité, historiquement nous n’en savons pas grand chose sinon qu’elle se présentait comme une fête de nouvel an et de fin de cycle, copieusement arrosée avec force banquets et avant tout destinée, semble-t-il, à l’aristocratie guerrière,  royale et religieuse (druidique). A tout le moins, aucune source historique ne permet d’établir de manière claire qu’elle était sa nature populaire, ni si ou comment elle était célébrée par le petit peuple. Pendant cette parenthèse que la fête représentait, entre deux cycles donc, celui qui se fermait et celui qui allait s’ouvrir, les Déesses (pas les âmes des hommes défunts) venues du Sid (lieu surnaturel qui pour certains auteurs contient le lieu des morts et pour d’autres non) pouvaient se manifester au guerrier (le héros, pas l’homme du commun) et lui délivrer des messages, l’élever ou le perdre.

Nous sommes là à des lieues de la commémoration des morts chrétienne, mais ce qui est plus embêtant, nous sommes aussi loin de la fête d’Halloween non seulement dans sa forme actuelle, mais encore dans sa forme historique  la plus ancienne connue.

Le fil de l’Histoire : aux origines

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour reprendre le fil historique, avec Renaud Zeebroek toujoursc’est dans le courant du XVIIIe siècle qu’on trouve mentionné Halloween pour la première fois.

On y célèbre alors, dans certains endroits d’Ecosse et d’Irlande et de manière diverse en fonction des régions, les pommes ou les noix et la fête est l’occasion de jeu d’adresses et de festivités autour de ces récoltes automnales. Elle donne quelquefois lieu à des « amusements » divinatoires et on y fait par exemple brûler des coquilles de noix pour projeter le devenir ou la possibilité qu’auront de jeunes couples de se former. Dans certains endroits, on la célèbre encore par de grands feux ou des flambeaux. Il est alors assez peu question de déguisements et de tournées, et la seule relation au deco_halloweenmagique prend la forme de ces jeux de divinations. La fête a alors tous les dehors d’un événement familial, communautaire et rural. Elle s’inscrit dans le cadre chrétien et saisonnier et, à l’image d’autres fêtes de l’Europe catholique occidentale et du calendrier religieux d’alors, elle semble aussi célébrer l’arrivée de la nativité et l’approche de Noël. Si elle a existé, il n’y a guère de  trace d’une relation directe, ni même d’un rattachement au Samain celte à ce stade. Halloween concerne alors principalement des pratiques et traditions catholiques dans une Angleterre devenue officiellement protestante. N’étant plus encadrée par une pratique officielle, la fête aurait alors progressivement pris une nature plus ludique pour devenir « un amusement plus ou moins pris au sérieux et propre aux jeunes gens préoccupés par les rites de la séduction et les préparatifs du mariage ». (op cité).

Encore une fois, quand est-il avant cela ? Nous ne le savons pas. Selon l’auteur, si origine plus ancienne il y a, elle ne semble pas traçable concrètement, pour l’instant au moins, à l’aide de sources documentaires fiables.

Les heures américaines d’Halloween

D_lettrine_moyen_age_passionébarquée sur le terrain américain, Halloween, désormais bien implantée dans la culture des migrants, notamment ceux des classes supérieures, prendra encore un autre tour. C’est dans le courant du XIXe siècle, qu’on la trouve mentionnée pour la première fois sur le continent américain.  Elle sera, alors considérée comme typiquement écossaise. Les amusements et les divinations autour de la formation de jeunes couples seront encore présents même s’ils donneront moins lieu à des alliances durables. Ces derniers auront d’ailleurs tendance à disparaître avec le temps. Peut-être en se répandant dans d’autres couches sociales, la fête donnera aussi le jour à une nuit des mauvais tours ou des mauvaises farces. Ce dernier aspect, en s’urbanisant et sortant du cadre étroit des communautés rurales, prendra vite des allures de vandalisme et suscitera même la grogne, au point de conduire les jeunes contrevenants devant les tribunaux dès le début du XXe siècle. deco_halloweenMême si les milieux étudiants s’en seront emparés alors, montrant par là une récupération culturelle de la fête qui devient, dés lors, clairement « américaine », certains de ces débordements ne feront, dès lors, plus rire grand monde. Au passage, on notera qu’elle n’avait alors et depuis longtemps déjà, plus grand chose de spirituel et semblait devenir uniquement le signe du relâchement, pour ne pas dire d’une certaine forme de transgression.

Cette « nuit des méfaits » continuera, du reste, jusqu’à pratiquement la moitié du XXe siècle, prenant une nature plus préoccupante et plus excessive au fil des grandes crises économiques ou des guerres traversées. De fait, dans les années 40, on essayera du côté des institutions d’encadrement de la jeunesse, établissements scolaires et des pouvoirs publics de trouver des moyens pour atermoyer ces actes de vandalisme. Il semble que cette idée de « Trick or Treat »  durant les tournées, « une friandise ou un mauvais tour ? » émergera alors et sera encouragée. Une poignée de bonbons contre un acte de vandalisme ? Finalement, pour l’américain des années d’après guerre, l’affaire était vite réglée. Bien entendu, les commerçants de friandise et les magasins de déguisement surent aussi en tirer partie.

Pour finir, dans les années 80, on sera un peu plus réticent à laisser sortir les têtes blondes pour quémander des friandises à des inconnus et on verra alors de nouveaux divertissements émergés autour de la fête. C’est là qu’elle prendra plus résolument son côté surnaturel et horrifique, avec l’émergence, au passage, des déguisements issus du cinéma de genre. On verra alors certains adultes s’y joindre et se déguiser à leur tour.

Pour conclure

A_lettrine_moyen_age_passionlors, Halloween, fête des morts originellement païenne et celtique? Ni l’un, ni l’autre semble-t-il. A l’étudier avec le sociologue Renaud Zeebroek on en perd en tout cas largement le fil. Il se situe clairement à contre-courant des idées en vogue sur la question en démontrant qu’elles sont bien plus le fruit d’une mythologie séculaire, issue de la modernité, que d’une histoire deux fois millénaire. Est-ce une surprise ? Pas tant que cela. Le monde celte tel qu’on nous le représente, prend souvent, il faut bien le constater, des allures de fourre-tout. Il est de ce dernier comme il est du moyen-âge, un faire-valoir commode, un univers à la mode auquel on fait tout dire, la promesse d’un rêve ouvrant sur des espaces imaginaires infinis : »J’adooooore tout ce qui est celtique ! » « D’accord, mais qu’est-ce qu’il est vraiment ? » Et s’il existe un médiévalisme qui revisite le deco_halloweenmoyen-âge avec quelquefois bien plus de fantaisie que de sérieux, il existe aussi indéniablement un « celtisme » (pardonnez ce néologisme), territoire magique de tous les possibles, univers à succès, terre d’opposition aussi ou se mélange une certain « wiccanisme » ou paganisme des XIXe, XXe, bref, une mythologie bien souvent plus moderne que réellement ancienne, avec sans doute en arrière plan, un désir d’évasion spirituelle, loin des terres historiques d’une Europe des valeurs chrétiennes, dans un monde « projeté » de l’avant christianisme, même si, de ce monde là, par les sources écrites en tout cas, il faut bien reconnaître que nous ne savons que très peu de choses. Tout cela reste, en tout cas, une belle matière à débat et à réflexion.

En vous souhaitant, pour étrange que puisse paraître l’expression, elle ne l’est pas tant que ça, une heureuse fête de la Toussaint et une joyeuse fête des morts.

Fred
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le château-fort de Falaise: un mot d’histoire médiévale et une belle reconstitution 3D

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : lieu d’intérêt, reconstitution 3D, architecture médiévale, Guillaume le Conquérant, duché de Normandie, monument historique, patrimoine.
Période : Moyen-âge central à tardif
Lieu : Château de Falaise (Calvados, Normandie)

Bonjour à tous

P_lettrine_moyen_age_passion copiaerché sur son éperon rocheux, à la pointe sud du Calvados, le site de Falaise a connu une occupation précoce dès le Mésolithique. Bien plus tard, au haut moyen-âge et sous les carolingiens, son élévation a sans doute favorisé l’édification de premières fortifications et, à tout le moins, de premiers dispositifs militaires et défensifs. Tirant partie de cette protection, ce qui allait devenir la ville de Falaise s’installera et prospérera dans le prolongement du promontoire.

chateau_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_chateau_fort_architecture_defensive_moyen-age_central

Du moyen-âge central
à l’annexion du duché de Normandie

D_lettrine_moyen_age_passionans le courant de l’an Mil et au coeur du duché de Normandie naissant, concédé à Rollon par Charles le Simple, lors du traité de Saint-Clair sur Epte, le site de la forteresse actuelle est, semble-t-il, un des tous premiers qui se vit renforcer et consolider. Au Xe siècle, des traces retrouvées par les archéologues y attestent, en effet, de la présence d’une large enceinte maçonnée, faisant de Falaise une des premières places fortes bâties en pierre sur les terres normandes.

chateau_fort_falaise_normandie_calvados_guillaume_le_conquerantAu début du XIe siècle, déjà alors privilégié par les ducs de Normandie, le château verra naître le légendaire Guillaume le Conquérant (1027-1087), futur roi d’Angleterre.

(Guillaume le Conquérant, portrait du XVIe siècle, artiste inconnu, National Portrait Gallery, Londres)

Autour de son année de naissance en 1027, un conflit opposant son père Robert 1er de Normandie au frère de ce dernier Richard III atteste que la forteresse était déjà sérieusement renforcée et prompte à résister aux assauts d’un siège. Même si le conflit entre les deux frères ne dura pas, il fallut user de grands renforts de béliers et balistes pour assiéger la place.

Par la suite, dans le courant du XIIe siècle, devenue lieu de résidence des ducs de Normandie et rois d’Angleterre, la forteresse médiévale de Falaise connut plusieurs phases de construction avant d’être encore remaniée au milieu du XIIIe siècle, par l’architecture philippienne et sous Philippe-Auguste lui-même, après que ce dernier eut conquis le duché de Normandie. Entre autre témoin de cette époque, l’imposante tour Talbot domine encore de sa hauteur l’ensemble de l’édifice et lui imprime une marque royale sans équivoque.

Une très belle reconstitution 3D
des étapes de construction du Château de Falaise

Nous vous proposons de découvrir les grandes étapes de construction du château avec une excellente reconstitution 3D proposée par la chaîne youtube  du magasine culturel Patrimoine Normand.

Falaise : de Philippe-Auguste à nos jours

J_lettrine_moyen_age_passionusqu’à la guerre de cent ans, un paix relative régnera sur l’endroit et dans le courant du XVe siècle, sous l’occupation anglaise, le château de Falaise connaîtra quelques aménagements défensifs notamment au niveau des ouvrants pour l’adapter à la poudre et aux tirs de canons sur d’éventuels assaillants. Quelques tours supplémentaires viendront aussi le renforcer.

chateau_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_architecture_defensive_moyen-ageA la fin du XVIe siécle, le couronnement d’Henri IV, roi protestant, suscitera l’émotion des normands et, avec eux, des Falaisiens qui s’attireront ainsi les foudres du monarque. Ce dernier se déplacera même en personne pour assiéger la place et les « 400 coups de canon » royaux finiront bien vite par avoir raison de la résistance de la ville, et avec elle de la vocation militaire de sa forteresse.

Plus tard, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, dans une paix retrouvée et une période plus propice aux développements économiques qu’aux échanges  guerriers, de nombreux aménagements seront effectués  qui gommeront encore la nature défensive de la forteresse : les fossés seront comblés, les portes de la ville rasées, les donjons finiront même par se délabrer.

chateau_fort_falaise_normandie_lieux_interet_histoire_medievale_architecture_defensive_moyen-ageIl faudra attendre le XIXe pour que  le château soit, en partie, sauvé. Le goût du patrimoine venant à la mode et avec lui la prise de conscience de l’importance de préserver les édifices anciens et médiévaux, le monument sera classé en 1840 et une première grande campagne de restauration sera lancée. Plus tard encore, dans le courant du XXe siècle, la ville de Falaise, propriétaire des murs s’engagera, en collaboration avec l’Etat français, dans une autre grande restauration pour sauver, cette fois, les donjons. Et c’est grâce à tout cela et pour notre plus grand plaisir, que la forteresse de Falaise, belle et vieille amie normande qui a vu naître les plus grands d’entre eux se tient, encore aujourd’hui, debout et fière sur ses hauteurs pour témoigner de leur gloire et de leurs faits passés.

En dehors des nombreuses animations qui y sont organisées, le site peut être visité toute l’année et vous pourrez trouver toutes les informations le concernant sur le site web officiel du château de Falaise.

En vous souhaitant une excellente journée.

Frédéric F.

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Kaamelott, humour : ma petite bibliothèque imaginaire autour de la série télévisée d’Alexandre Astier

kaamelott_serie_televisee_humour_alexandre_astier_roi_arthur_episode_inedit_detournement_fan_artSujet : humour, Kaamelott, Alexandre Astier, série télévisée, série culte, lectures, quête du Graal,   légendes arthuriennes, roi Arthur. comédie, médiévalisme,
Période : moyen-âge central pour le roman arthurien & haut moyen-âge pour la légende.
Auteur : Alexandre  Astier
Distribution :   CALT production, M6
Médias : détournement, humour

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous partageons un peu d’humour façon Kaamelott avec quelques créations et lectures imaginaires inspirées, au fil de l’eau, par la série télévisée d’Alexandre Astier. Inutile donc de chercher ces livres dans le commerce, ils sont totalement fictifs et vous ne pourrez les trouver sur les rayonnages d’aucun libraire. D’ailleurs et les fans de Kaamelott le savent bien, à quelques exceptions près, la grande majorité des personnages de la série est censée ne pas savoir lire et encore moins écrire.

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l’encyclopédie des jeux du pays de Galles par Perceval le Gallois (Franck Pitiot), façon Kaamelott
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 Lancelot du Lac (Thomas Cousseau)  Dame Mevanwi (Caroline Ferrus)
 kaamelott_serie_televisee_legendes_arthuriennes_alexandre_astier_guethenoc_serge_papagalli_pecore_humour_detournement_lecture  kaamelott_serie_televisee_legendes_arthuriennes_alexandre_astier_roparzh_pecore_gilles_graveleau_humour_detournement_lecture
 Guethenoc (Serge Papagalli)  Roparzh (Gilles Graveleau)
 kaamelott_serie_televisee_legendes_arthuriennes_alexandre_astier_leodagan_lionnel_astier_humour_detournement_lecture  kaamelott_serie_televisee_legendes_arthuriennes_alexandre_astier_nicolas_gabion_bohort_humour_detournement_lecture
 Léodagan (Lionnel Astier)  Bohort de Gaunes (Nicolas Gabion)

kaamelott_serie_televisee_legendes_arthuriennes_alexandre_astier_roi_arthur_humour_detournement_lecturePour des lectures plus sérieuses sur la série, vous pouvez consulter l’article suivant: Kaamelott : lectures, conferences et colloques, du rire intelligent au service des légendes Arthuriennes.

Les créations postées ici sont entièrement originales. Vous pouvez les retrouver ainsi que de nombreuses autres sur notre page Facebook Autour de Kaamelott (Kaamelottcreas).

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
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Sauveur ou destructeur ? Figure « archétypale » de l’adversité et du recommencement ? « L’invention » du Barbare par Bruno Dumézil

histoire_invasions_identites_barbares_bruno_dumezilSujet : invasions barbares, empire romain, histoire, identités barbares, figure archétypale, figure mythologique, livre, histoire.
Période : fin de l’antiquité, haut moyen-âge,
Média  : émission de Radio, France Culture
Programme : Concordance des temps, déc 2016
Titre : Les barbares, vraiment différents ?
Conférencier : Bruno Dumézil, maître de conférences à Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passion l’aube du moyen-âge, y-a-t’il eu véritablement des mouvements et des afflux massifs de « tribus », de populations ou d’armées venues pénétrer les frontières de l’empire romain pour le détruire? N’est-ce là qu’une « invention » dramatisée des historiens et des hommes du passé, une « construction »  pour mettre un visage sur la décadence et la fin d’une civilisation ? Le « barbare », coupable idéal et désigné. Comme s’il n’était pas concevable que Rome se soit effondrée sur elle-même, sous la pression de ses propres fêlures et de ses faiblesses endémiques?

invasion_invention_barbares_chute_rome_identites_barbares_figure_historique_bruno_dumezil_histoirePour faire suite à une première conférence de  Bruno Dumézil que nous avions postée, il y a quelques semaines, au sujet de la chute de l’empire romain et la réalité historique des invasions barbares, nous retrouvons ici l’historien dans une émission radiophonique proposée en décembre 2016 par France Culture et produite par Jean-Noël Jeanneney (lien vers le podcast ici).

Bruno Dumézil y interroge, à nouveau, son sujet de prédilection, la réalité d’invasions ayant précipité la chute de Rome, mais plus précisément encore, il se pose ici la question de l’existence factuelle d’une « identité » barbare. Plus qu’une réalité, il s’y dessine un assemblage conceptuel, une construction ou peut-être pourrait-on dire un barbare « archétypal » : figure terrifiante de l’altérité, le sauvage, le non civilisé hirsute, guerrier sans pitié annonciateur de la fin des temps et paradoxalement aussi d’un possible renouveau.

Brunon Dumézil, à la poursuite des  identités « barbares »

F_lettrine_moyen_age_passion-copiaigure punitive, dramatique et dramatisée, venue mettre en péril les civilisations, était-il déjà aux origines du monde ? Se tenait-il déjà, depuis l’aube des temps, à la source même des éternels recommencements ?

Brandi comme l’étendard de la peur par l’homme « civilisé » « sophistiqué », afin d’unir ses propres contraires ou de protéger ses frontières et son monde, le barbare est encore celui qui ne parle pas et qui n’use pas des mêmes mots. De fait, il reste même le muet de l’Histoire, cet « autre » qui ne parle que le langage du feu et du sang et que l’on ne peut ni raisonner, ni convaincre, sauf à s’unir pour y mettre toutes ses forces et ses armes. Figure primale ? Visage d’un ancêtre commun, d’un premier homme dormant dans nos inconscients collectifs et qui se livre_histoire_barbares_invasion_identite_historien_bruno_dumeziltiendrait à l’embuscade des fêlures de nos civilisations et de leurs fragilités ? Existe-t’il vraiment ou n’est-il qu’une ombre ? Laissons Bruno Dumézil nous parler de ce barbare « construit » ou pour le dire autrement, de cette « invention » du barbare.

Pour creuser le sujet, nous vous mettons à nouveau ici le lien Les barbares, édité chez P.U.F.

En vous souhaitant une excellente journée et une bonne écoute.

Frédéric F.

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Tournoi Médiéval et Béhourd au Palais du Tau de Reims, site historique d’exception

behourd_art_martial_combat_arme_armure_reconstitution_historique_tournoi_chevalerie_joute_medieval_moyen-ageSujet: Béhourd, combat,tournoi, armes et armures anciennes,chevalerie, art martial médiéval, , reconstitution historique, lieux d’intérêt.
Période: moyen-âge central à tardif
Evénement : Tournoi Médiéval au Palais du Tau
Lieu  : Reims ( Marne, Grand Est)
Date : Samedi 17 juin 2017
Organisateurs : Fédération française de Béhourd Centre des monuments nationaux.

Bonjour à tous,

C_lettrine_moyen_age_passione samedi, le Palais archiépiscopal du Tau à Reims accueille, dans sa cour d’honneur, douze équipes venues de la France entière pour un Tournoi de Béhourd exceptionnel. Au programme, charges en armures et fers croisés, durant un après-midi complet, les preux combattants s’affronteront en  mêlée de 5 VS 5.

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Quand Béhourd & combat médiéval
riment avec patrimoine

O_lettrine_moyen_age_passionrganisée et encadrée par la Fédération Française de Béhourd, pour le Centre des monuments nationaux, l’objectif de l’événement est à la fois de livrer un grand spectacle de combat à l’arme ancienne, tout en valorisant le cadre historique et deco_medievale_epeepatrimonial du somptueux Palais du Tau.

L’idée est, à tous points de vue, excellente et en plus de ravir le public, elle ne peut que séduire également les pratiquants de Béhourd qui sont, en général, aussi enthousiastes à l’idée d’en découdre qu’ils sont férus et passionnés de moyen-âge et de lieux chargés d’Histoire.

Avant d’aller plus loin et si vous souhaitez plus d’information sur cet art martial qui fait revivre les combats anciens en armures et armes d’époque (très précisément reconstituées), nous vous invitons à lire cet article: Sylvain Tape-dur et la passion du Béhourd. (au passage, comme Sylvain fait partie de l’équipe des hommes du Nord qui se trouvera sur place et qu’il contribue lui aussi sur place à Reims, ce samedi).

behourd_combat_medieval_armures_armes_anciennes_moyen-age_tournoi_Reims_Palais_monument_patrimoine

Le Palau du Tau,
haut lieu de l’Histoire de France

A_lettrine_moyen_age_passionccolé à la belle cathédrale gothique, le Palais du Tau  fut, depuis le haut moyen-âge et dès le Ve siècle, le lieu de résidence des évêques et archevêques de Reims.

La présence de la Sainte Ampoule, relique hautement sacrée dont la légende conte qu’une colombe l’apporta du ciel à Saint-Rémi afin qu’il l’utilisa lors de la cérémonie de baptême de Clovis, célèbre premier roi Franc chrétien et personnage mythique de l’histoire de France, tout cela, associé à la puissance politique de l’archevêché de bapteme_clovis_reims_haut_moyen-age_cathedrale_sacre_roi_de_franceReims, a fait de l’endroit, un lieu d’exception et de grande importance historique depuis le haut moyen-âge mais peut-être plus encore, depuis le moyen-âge central.

(ci-contre, détail,
le Baptême de Clovis,
Jean Alaux, 1825) 

De fait, à partir du XIe siècle, le Palais du Tau a également fait office de résidence royale, puisque durant 800 ans, de Henri 1er en 1027 à Charles X en 1825, la cathédrale est devenue le lieu officiel du Sacre des monarques français. A quelques rares exceptions près, le Palais a ainsi vu la grande majorité d’entre eux y célébrer leur couronnement.

1179, Sacre de Philippe-Auguste à Reims - Grandes Chroniques de France par Jean Fouquet, XVe, BnF MS Français 6465
1179, Sacre de Philippe-Auguste à Reims – Grandes Chroniques de France par Jean Fouquet, XVe, BnF MS Français 6465

A_lettrine_moyen_age_passionu fil des siècles. l’ensemble du site qui héberge le Palais du Tau et la cathédrale a été l’objet de nombreux aménagements, rénovations, et reconstructions. L’eau a coulé sous les ponts depuis la première cathédrale du Ve siècle qui vit se baptiser de Clovis, jusqu’à l’actuelle, et le palais lui-même a connu de profondes transformations architecturales, passant du roman au gothique flamboyant du XVe siècle, pour finir par se fixer dans une forme classique dans le courant du XVIIe siècle.

Son histoire architecturale ne s’arrête pas là puisqu’il a été encore l’objet d’une campagne de restauration au début du XIXe, à l’occasion du Sacre de Charles X. Près d’un demi-siècle plus tard, en 1860, le célèbre architecte Eugène Viollet-Le-Duc mettra lui-même la main à la pâte en restaurant une partie du bâtiment. Par la suite, fortement endommagé par les bombardements de la première guerre palais_du_tau_reims_monument_historique_patrimoine_national_residence_royale_moyen-age_centralmondiale, comme le fut aussi la cathédrale, le palais connut, au milieu de XXe siècle, un autre vaste de chantier de reconstruction.

Il est, depuis 1907, classé monuments historiques et se trouve également inscrit, depuis 1991 au patrimoine mondial de l’UNESCO, tout comme la cathédrale.

Ce samedi, c’est donc dans la cour du palais, contemplés par plus de mille cinq cent ans d’Histoire et sous le regard de toute la royauté française passée, que nos valeureux combattants et guerriers du Béhourd, presque mais pas tout à fait tout droit sortis du moyen-âge, puisqu’ils sont bien de notre temps, croiseront vaillamment le fer, le temps d’un tournoi épique.

Pour les Informations, tarifs et détails pratiques sur l’événement, rendez-vous sur le site web du centre des monuments nationaux.

En vous souhaitant une merveilleuse journée et une excellente fin de semaine !

Fred
Pour moyenagepassion.com

« Pardonnez-moi, Prince, si je
s
uis foutrement moyenâgeux. »

Georges Brasssens – Le moyenâgeux –  1966

Games of thrones, cover Metal symphonique, par Sangdragon

musique_heavy_death_metal_monde_medieval_trone_de_fer_games_of_thrones_sangdragonSujet : Musique, médiévalisme, Black Metal, série télévisée,cover, Metal symphonique, inspiration médiévale, rock metal
Période : haut moyen-âge, Dark ages, médiéval fantastique
Groupe : Sangdragon Akhenaton Daemonium, 
Titre : Games of Thrones cover.

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous proposons une incursion sur les terres du Rock Métal, avec une reprise « tendance » Folk Métal (mais pas seulement), du thème principal de la série télévisée du trône de fer (Games of Thrones) d’HBO et de GRR Martin.

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En réalité, vous ne manquerez pas de le remarquer en écoutant les orchestrations, le groupe SANGDRAGON AKHENATON DAEMONIUM auquel nous devons cette reprise se situe clairement au carrefour du black métal et du symphonique.

Les inspirations médiévales du Black Metal

C_lettrine_moyen_age_passionomme nous le mentionnions dans un article précédent, le moyen-âge et ses héros épiques –  que ces derniers se situent du côté des légendes celtes, saxonnes  ou nordiques -, ont inspiré le rock métal depuis les premiers pas de ce dernier. Qu’elles soient littéraires et d’époque ou plus imaginaires et fantastiques (ce qui est tout de même plus souvent le cas), du point de vue de la période de référence, nous nous situons en général plus du côté du haut moyen-âge ou des Dark ages anglais, que du moyen-âge central ou tardif.

En plus de la figure du héros et des batailles épiques qu’il lui faut affronter sur les champs de bataille physiques ou sur des terrains plus spirituels et mystiques, viennent encore souvent s’adjoindre aux racines qui alimentent ces inspirations médiévales du métal, des valeurs en provenance du paganisme, de la magie et même de l’occultisme. Cette « Dark side » que l’on prête souvent au « Dark ages » même si elle n’est pas l’unique source de référence du Heavy Metal en fait souvent partie, notamment sur ses rives les plus folks. Tout cela étant dit, on se gardera tout de même de réduire ce vaste mouvement et ses groupes à des références médiévales : la science fiction, l’horreur, les mondes lovecraftiens, l’engagement politique, la satire du monde moderne, et bien d’autres choses encore peuvent venir encore s’y adjoindre.

Quoiqu’il en soit,  Heavy Metal et monde médiéval font souvent bon ménage et s’il était besoin d’insister sur ces aspects, en voici encore une belle preuve aujourd’hui, avec cette excellente performance du groupe français de Heavy Metal Symphonique SANGDRAGON.

Games of thrones cover Heavy Metal Symphonique

Black metal symphonique :
Une trilogie mythique, occulte et épique

A_lettrine_moyen_age_passion l’origine du groupe français Sangdragon, il y a un projet et un inspirateur :  Vincent Urbain,  créatif et artiste autodidacte, compositeur et fondateur du groupe, qui posa, en 1993, les premiers jalons d’une trilogie musicale à la fusion du Heavy Metal et de la musique symphonique. Au fil des années, 3 albums virent ainsi le jour :

  1. vincent_urbain_death_black_metal_folk_sangdragon_trone_de_fer_inspiration_medievaleDAEMONIUM – Dark Opera Of The Ancient War Spirit  (1994)

  2. AKHENATON – Divine Symphonies (1995)

  3. SANGDRAGON – Requiem For Apocalypse (2015)

Dès la sortie du premier opus, l’oeuvre a connu un grand succès dans les milieux du Métal Français et elle fut largement saluée par la presse spécialisée, et même au delà des frontières.

Du point de vue  du contenu, les références de cette symphonie Metal en trois actes sont à la fois mystiques et occultes. La trilogie conte, en effet, le cheminement d’un héros guerrier à travers trois plans, chaque opus correspondant à une dimension différente avec, dans l’ordre de sortie des albums : l’esprit (le mental), le spirituel (l’éthéré), et la dimension physique (la matière, le réel palpable).

De nouvelles aventures artistiques
et épiques pour les Sangdragon

L_lettrine_moyen_age_passiona trilogie étant désormais écrite et toujours en vente d’ailleurs sur le site officiel de Sangdragon , Vincent Urbain et son groupe composé de musiciens d’excellence évoluent désormais ensemble vers d’autres horizons sans rien renier de leurs racines Black Metal et de leur goût pour la dimension épique et symphonique.  Nous sommes heureux aujourd’hui de vous faire partager cette pièce en référence à Games of Thrones pour vous donner un petit aperçu de leur  talent.

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Ajoutons que certains membres de la formation, actuellement basée en Région Rhône-alpes font aussi partie de ceux qui organisent le Festival de Chair et d’Acier dont nous vous parlions, il y a quelque temps et qui fusionne esprit Metal et moyen-âge dans un même festival annuel.

Pour conclure, vous pouvez retrouver et suivre le groupe SANGDRAGON sur leur Facebook officiel et sur leur chaîne youtube.

En vous souhaitant une très bonne écoute et une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.

haut moyen-âge: une approche globale des invasions barbares et de la chute de l’empire romain

histoire_medievale_invasion_barbare_chute_de_rome_conference_haut_moyen_ageSujet : invasions barbares, empire romain, histoire médiévale, analyse historique et économique de la chute de Rome.
Période : fin de l’antiquité, haut moyen-âge,
Média  : vidéo-conférence
Titre : Les invasions barbares
Conférencier : Bruno Dumézil, maître de conférences à Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
Lieu : Aix-en-Provence (2015)

Bonjour à tous,

L_lettrine_moyen_age_passion’empire romain est-il, comme on l’a longtemps avancé, uniquement tombé du fait des invasions répétées de barbares ? En réalité, la réponse à cette question est un peu plus complexe qu’un simple oui ou non.

Illustration d'Angus Mc Bride. Visigoths mettant à mal l'empire romain
Illustration d’Angus Mc Bride. Visigoths mettant à mal l’empire romain

D’ailleurs ainsi formulé, le problème est sans doute mal posé et peut-être faudrait-il privilégier des questions comme: quelles raisons endémiques, historiques, économiques, financières et politiques peuvent expliquer un affaiblissement de l’empire romain ayant fragilisé ses frontières ? Y avait-il dans ses fondements économiques même  et/ou dans sa mécanique d’expansion et de conquête, les conditions d’une fragilité structurelle qui allait se révéler avec le temps ? Devant la taille qu’il avait atteint, jusqu’à quel point l’intégration des « barbares » et la délégation de pouvoir à leurs chefs les plus puissants pouvaient-elles être évitées ? Rome allait-elle ainsi nourrir en son sein de futurs rois, aptes à se retourner contre son propre pouvoir et si oui pour quels motifs ?

Analyser les causes de  l’affaiblissement, puis de la chute, de l’empire romain dans une perspective globale prenant à la fois en compte les données endogènes et exogènes, voilà donc l’ambitieux sujet de la conférence auquel nous convie  Bruno Dumézil.

Bruno Dumézil
et la passion du haut moyen-âge

« – Tu veux me dire que l’Empire romain aurait été détruit par des Romains déguisés en Barbares pour payer moins d’impôts ? »
Les Barbares expliqués à mon fils . Bruno Dumézil

A_lettrine_moyen_age_passiongrégé d’Histoire, formé à l’école normale supérieure; Bruno Dumézil est un jeune et néanmoins brillant historien médiéviste français, plus particulièrement spécialisé dans le haut moyen-âge. On lui doit de nombreux ouvrages sur cette période et quand il n’écrit pas sur ce sujet, il enseigne à l’Université de Paris Ouest Nanterre.

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Dans cette conférence sur les « invasions » barbares, il se propose, comme nous le disions plus haut,  de nous donner de sérieux éléments de réflexion sur les causes de la chute de Rome mais il se penche aussi sur l’existence factuelle d’une « reélle » identité barbare. Au passage, la vision un peu schématique qu’une certaine Histoire avait pu nous enseigner sur les « grandes » invasions barbares s’en trouve totalement ré-éclairée et dans cette relecture le profil du « barbare » se trouve, du même coup, sérieusement redéfini. De fait, nous nous retrouvons bien moins face à la vision « classique » d’un « choc » de civilisation que devant le constat d’une intégration romaine des populations et des guerriers en provenance des nations et tribus dites barbares, bien longtemps avant l’effondrement de l’Empire.

En bref, à l’image de la complexité du monde et des interrelations entre cultures et sociétés humaines, rien n’est jamais simple, ni aussi tranché en Histoire, et c’est encore un grand enseignement à tirer de cette excellente conférence. Soyez donc les bienvenus pour un voyage d’une heure trente  à l’aube du moyen-âge et à l’encontre des idées reçues.

Une sélection de quelques ouvrages
de Bruno Dumézil sur le haut moyen-âge

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour prolonger le plaisir de cette conférence et creuser de manière plus détaillée l’approche du Bruno Dumézil, sur ces questions, voici quelques liens utiles qui vous permettront, si vous le désirez, d’acquérir ses ouvrages.

En vous souhaitant une très bonne écoute, ainsi qu’une excellente journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Les grands tournois d’Aigues Mortes : reconstitution historique et histoire vivante en Camargue

heraldique_aigues_mortes_camargues_ville_medievale_saint_martinSujet : festivités historiques,festival médiéval, tournois, joutes équestres, combat médiéval,  histoire vivante, reconstitution historique
Evénement : Les Grands tournois
Période : haut moyen-âge à Renaissance
Lieu : Aigues-Mortes (Camargue,Gard)
Dates: du 29 avril au 1er mai 2017.

Bonjour à tous,

C_lettrine_moyen_age_passionomme nous le disions dans notre article précédent, l’agenda des sorties sur le thème du monde médiéval est chargé ce week end et il nous faut mentionner ici au titre des grands événements de l’histoire vivante et de la reconstitution historique les grands tournois d’Aigues Mortes, la camarguaise.

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Nous avions déjà dédié un long article à cette belle cité médiévale dont Saint Louis força le destin pour en faire un port d’accès à la méditerranée autant qu’aux croisades aussi nous vous invitons à vous y reporter pour plus d’informations: Aigues Mortes fête sa Saint-Louis

Pour le reste touchons un mot de ce qui vous y attend cette fin de semaine.

Au Programme des activités :
tournois, découverte et festivités

L_lettrine_moyen_age_passiona période historique couverte par l’événement va du moyen-âge à la renaissance et entend revisiter le temps, notamment à travers le support du tournoi. Vous pourrez donc y assister à un véritable festival avec ce qui se faisait de mieux et de plus varié en la matière aux différentes époques abordées: archerie, arbalestrie, joutes équestres, mêlées ou combats à pied, etc…

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D’autres activités plus interactives sont encore prévues, entre camps et découverte de la vie militaire comme de la vie artisanale et des célébrations festives qui avaient alors lieu autour des grands événements que furent les tournois. Le public y sera notamment invité à la découverte de l’archerie, de l’arbalestrie ou du combat médiéval. Divers ateliers autour de l’artisanat médiéval seront aigues_mortes_la_cite_medievale_fetes_historiques_tournois_reconstitution_histoire_vivanteégalement ouverts et il y a aura encore, comme c’est de circonstance et toujours très apprécié un marché médiéval pour faire quelques emplettes. Gageons bien sûr que vous y croiserez aussi quelques troubadours et jongleurs d’époque ou quelques facétieuses troupes de rue pour vous régaler de leurs contes, de leur musique ou de leurs scénettes.

En partenariat avec la cité et d’autres acteurs de la vie collective, l’événement est organisé par la très sérieuse et très professionnelle Fédération Française Médiévale et Renaissance.

Exigence de qualité et de restitution pour un divertissement ludique et intelligent

C_lettrine_moyen_age_passiononcernant la période couverte, le camp sera scindé en trois parties bien distinctes. Le haut moyen-âge pour une période s’étalant du Ve au Xe siècle (ce que les anglophones appellent « les dark ages »), le moyen-âge central avec notamment les croisades (XIe au XIIIe siècle), et enfin la période allant du moyen- âge tardif à la renaissance, du XIVe au XVIe siècle. Il faut souligner que le haut moyen-âge est en général relativement sous-représenté dans les manifestations historiques. C’est une période dont nous savons tournoi_festival_evenement_medieval_fetes_historiques_reconstitution_aigues-mortesmoins de choses et sans doute ceci explique-t’il cela mais cela rend l’événement de cette fin de semaine à Aigues Mortes  d’autant plus digne d’intérêt.

Pour assurer la découverte de ces époques qui ont couru du haut moyen-âge jusqu’à la renaissance, un grand camp sera installé sur le site et du côté des remparts sud de la cité. Il s’agit bien ici de reconstitution historique au plus près et d’ailleurs, pour aller dans le sens d’un plus grand réalisme, les artisans et exposants, comme les troupes ou compagnies médiévales venus sur place, ont été invités à s’y organiser  de manière autonome jusqu’au logis et au couvert.

Le réalisme historique a été aussi exigé à l’ensemble des acteurs et professionnels impliqués qu’ils s’agissent de tenus vestimentaires, d’armures, de techniques utilisées, etc, en respect à chaque période festival_fetes_medievales_reconstitutions_historiques_joutes_equestres_chevaleriecouverte. La notion vague de moyen-âge un peu « fourre-tout » est ici écartée pour une meilleure approche de l’histoire véritable. Ce souci pédagogique et ce respect qui différencie l’histoire vivante de « l’évocation » reste bien entendu tout à fait compatible avec la vocation affichée de l’événement d’être pour le public un grand espace de divertissement et de dépaysement.

(Les illustrations ci-dessus proviennent du Codex Manesse, grand manuscrit de poésie lyrique de Heidelberg, XIVe siècle) 

Pour conclure

I_lettrine_moyen_age_passion copianutile de mentionner ou peut-être finalement si, faut-il le faire, le cadre merveilleux et le cachet incomparable des remparts de la cité d’Aigues mortes. Quelque soit la saison, s’y promener est un voyage en soi dans les temps médiévaux. Que dire quand des centaines d’intervenants se mettent à l’heure du passé pour vous régaler du meilleur d’eux-même, de leur passion pour l’histoire et de leur savoir-faire ? C’est évidemment là un événement de choix dans un cadre d’exception et si vous êtes sur le bord de mer ou même à quelque distance de la camargue, cette fin de semaine, ces grands tournois là valent à coup sûr le déplacement.

En vous souhaitant une belle journée!

Fred
Pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publilius Syrus  Ier s. av. J.-C