Archives par mot-clé : fouilles archéologiques

archéologie médiévale : un village mérovingien à Pontarlier

Sujet : archéologie médiévale, sites de fouilles, village mérovingien, architecture médiévale, centre domanial, inrap
Période : Haut Moyen-âge, Ve au VIIe s
Sites : Les Gravilliers à Pontarlier, Doubs, Bourgogne-Franche-Comté.

Bonjour à tous,

i vous êtes amateurs d’archéologie médiévale, de monde mérovingien, de haut moyen-âge et de trous de poteaux, ne manquez pas les dernières nouvelles de l’Inrap au sujet du grand chantier de fouilles des Gravilliers à Pontarlier, dans le Doubs.

Ce site a été mis au jour, en 2011, à l’occasion de l’aménagement d’une zone d’activités économiques. Sur une surface de plus de 20 hectares, le chantier de fouilles a révélé, depuis, un centre d’habitation mérovingien, sur 8 ha, daté des VIe et VIIe siècles et sa nécropole, mais également une occupation plus ancienne, datée du mésolithique.

Vue d’ensemble du site d’habitation mérovingien (à retrouver HD sur le site web de l’INRAP

Un centre domanial franc
sur la route stratégique du Jura

Sur la partie du site qui concerne le haut moyen-âge, les vestiges découverts sont d’une grande richesse. Ils permettent, désormais, de dégager quelques conclusions et de former quelques hypothèses sur la vocation du lieu et ses habitants.

Pour l’instant, les fouilles ont permis de restituer un nombre relativement important de constructions concentrées sur une zone d’environ 1 hectare. On y trouve de grands édifices dont les vocations ont pu être d’habitation mais aussi d’élevage. Véritable trouvaille, un peu à l’écart de ce centre, on a également relevé les traces d’une église contemporaine du village et qui pourrait bien être l’une des plus anciennes mise à jour, à date, dans le Jura. La nécropole, quant à elle, n’est pas concentrée près du bâtiment religieux. Elle se compose de plusieurs dizaines de sépultures (autour de 70) dont la majorité se trouve disséminée sur l’aire du hameau, autour des habitations.

L’église du site de fouilles mérovingien de Pontarlier par François Gauchet, Copyright Inrap

A partir des trous de poteaux et des résultats du chantier, François Gauchet, dessinateur en archéologie, attaché à l’Inrap a extrapolé une superbe illustration de l’édifice religieux dont on a trouvé les vestiges sur site. On lui doit également un plan d’ensemble (image en tête d’article à retrouver en HD sur le site de l’Inrap) qui permet d’avoir un excellent aperçu du site, de l’emplacement de l’église et des bâtiments centraux. Tout autour de ces derniers, sont disposés diverses installations plus petites qu’on devine être des greniers surélevés, des habitations de taille modestes ou encore des cabanes excavées et des fonds de cabanes. L’illustration montre également les différents emplacements des sépultures à proximité des habitations.

Chevaliers éleveurs ?

D’un point de vue factuel, les relevés de fouilles ont montré qu’on élevait ici des bœufs et des chevaux et qu’on les abattait à des fins d’alimentation. Autre découverte d’intérêt, avérée à la fois par le contenu des sépultures et la richesse de certains objets retrouvés sur place, ce bourg fait plus l’effet d’une installation à composante chevalière et seigneuriale que d’un site d’exploitation rurale. L’Inrap parle même à son propos de « centre domanial ». Dans les sépultures, on a aussi trouvé des épées et des éléments qui démontrent la présence de cavaliers.

Sorti de terre plutôt rapidement, installé à une courte distance du bourg de Pontarlier (qui existait déjà à l’époque), l’endroit fut occupé durant un peu moins de deux siècles. Il semble s’être vidé de ses habitants aussi rapidement qu’ils s’y étaient installés. En croisant datation et observation, les archéologues émettent l’hypothèse que la mise en place du site pourrait témoigner d’une installation rapide des Francs afin de consolider leur position sur un territoire burgonde nouvellement conquis. On parle même, sur le site de l’Inrap, de « transplantation de population ». L’endroit est aussi imminemment géostratégique puisqu’il permet de garder un œil sur la route d’accès qui, rallie, par le Jura, l’Italie au nord de l’Europe.

Découvrir plus de détails sur ce chantier de fouilles sur INRAP.fr

En vous souhaitant une très belle  journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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Rodemack, cité médiévale des trois frontières et plus beau village de France

rodemark_cite_lieu_interet_histoire_medievaleSujet :  histoire médiévale, plus beaux villages de France, seigneurie de Rodemack, lieux d’intérêt. cité médiévale, Abbaye d’Echternach, comté du Luxembourg
Période : moyen-âge central à tardif
Lieu : Rodemack  (Mozelle, Lorraine – région Grand Ouest).

C_lettrine_moyen_age_passionité d’histoire et de patrimoine, inscrite au titre des plus beaux villages de France depuis 1987,  celle que l’on appelle encore La Petite Carcassonne Lorraine s’enorgueillit d’une histoire médiévale qui remonte, pour ses sources écrites, au tout début du moyen-âge central et au IXe siècle.

Occupé depuis l’époque romaine, c’est le don du site à l’abbaye allemande de Fulda par le roi Louis Ier  dit « le Pieux », qui le légua à son tour à la puissante et renommée abbaye luxembourgeoise d’Echternach qui impulsa son véritable rodemack_lorraine_blason_heraldique_chateau_cite_medievaledéveloppement. Comme dans de nombreux cas, les moines se chargèrent d’aménager et de valoriser le patrimoine naturel de l’endroit autant que d’en entreprendre l’exploitation.

Il faut attendre les débuts du XIe siècle pour trouver la première mention d’un Seigneur de Rodemack et ce n’est au XIIe siècle, que l’un d’entre eux, Arnould 1er de Rodemack (ou Arnaud 1er), s’affranchit plus nettement de la main mise de l’abbaye sur les terres et le site.  Usurpant, semble-t-il, au passage l’abbaye d’Echternach, il érigea, en effet, un château fort digne de ce nom sur le site de la forteresse actuelle et se fit aussi vassal du Comte de Luxembourg, en se mettant, du même coup, sous la protection de ce dernier.

rodemark_histoire_medievale_patrimoine_historique_cite_medievale_moyen-age_centralCes nouveaux alliés du Comté de Luxembourg s’avéreront rapidement de bons conquérants et de fins politiques, puisque dans les siècles qui suivront, les seigneurs de Rodemack étendront leurs frontières, pour les mener jusqu’aux portes de Metz.

Ce n’est qu’à la fin du XVe que l’empereur d’Autriche Maximilien mettra fin à cette puissance en faisant tomber les seigneurs de Rodemack sous le coup de félonie – ces derniers s’étant alliés au roi de France – et en confisquant leurs biens et leur fief pour les remettre aux mains de la maison des Blade (ancienne province allemande) et son représentant Christophe 1er .

Après un XVIe et XVIIe siècles quelque peu mouvementés durant lesquels la ville passera de l’Autriche à l’Espagne pour être reprise par les français, puis reperdue au profit de l’Espagne, puis reprise finalement par la couronne de France, la ville sera finalement reconnue comme légitimement française au XVIIIe par le traité de Versailles.

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Archéologie sur site, campagnes de 2014

E_lettrine_moyen_age_passionn 2014, la forteresse de Rodemack a fait l’objet de fouilles archéologiques conduites par l’INRAP.  Cette campagne a permis de mettre à jour le noyau du château médiéval originel construit par Arnould 1er. A la surprise des chercheurs, on a même pu relever des traces d’occupations du site datant du XIe siècle: mobilier, monnaies, fragments  de céramiques. Les vestiges d’un spacieux logis seigneurial du XIIIe siècle ont également été découverts.

rodemack_histoire_medievale_fouilles_archeologie_vestige_chateau_fort_moyen-age_centralTout aussi intéressant encore, les fouilles ont permis d’avérer la présence de systèmes défensifs élaborés datant du XIVe et XVe siècle et il ne fait plus aujourd’hui nul doute que tout au long de son histoire médiévale et notamment durant la guerre de cent ans, ce site stratégique, au carrefour  de trois frontières, à quelques kilomètres du Luxembourg et de l’Allemagne a dû se prémunir d’attaques subies sur divers fronts. C’est d’ailleurs dans le courant du XIVe que le site fut transformé en une véritable forteresse et l’on a même retrouvé les traces d’un pont-levis et sa barbacane en forme de tour porte carré datant de ce siècle.

Retrouvez plus d’informations sur les fouilles archéologiques de Rodemack sur le site de l’INRAP ici.

Entre autres vestiges de la période médiévale, il reste aujourd’hui  à Rodemack sept cent mètres de puissants remparts ainsi qu’une grande porte encadrée de deux tours jumelles : la porte de Sierck (photo en début d’article).

Une très belle journée  à tous.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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Tintagel, un site archéologique d’exception au coeur des légendes arthuriennes

excalibur_legendes_arthuriennes_conference_histoire_medieval_litterature_moyen-age_michel_pastoureauSujet : archéologie, histoire médiévale, Tintagel, château, fouilles archéologiques, roi Arthur, légendes Arthuriennes. château,  royaume celte.
Période : Haut moyen-âge, moyen-âge central.
Lieu d’Intérêt : Tintagel, site archéologique d’exception, découvertes récentes
Gestion du site : English Heritage

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous parlons un peu  d’archéologie outre-manche et de Tintagel  en Cornouailles, berceau des légendes Arthuriennes, mais surtout site d’exception archéologique. Nous en profitons pour aborder les les dernières découvertes en date, en examinant leurs   possibles convergences  avec  les légendes arthuriennes.

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Tintagel au moyen-âge central

E_lettrine_moyen_age_passionntre presse à sensation et archéologie, le  site de Tintagel est marqué du sceau indélébile de Geoffrey de Monmouth, religieux  et historien anglo-normand du XIIe siècle, au service du roi Henri 1er d’Angleterre qui, dans son Historia Regum Britanniae, fit de l’endroit le lieu mythique de la naissance du Roi Arthur, enfanté par Uther Pandragon suite à un subterfuge rendu possible par  l’enchanteur Merlin. Aujourd’hui, Tintagel  est sans doute une des places historiques les plus visitées d’Angleterre, certainement d’ailleurs bien plus pour ses références au  légendaire roi breton que pour sa réalité historique établie.  

Dans les faits, le site de Tintagel héberge les ruines d’un château construit durant le moyen-âge central et au XIIIe siècle. Sise sur un emplacement qui ne semble pas avoir « à première vue » de valeur stratégique particulière, cette forteresse n’est  pourtant pas sans lien avec le Roi Arthur puisqu’on admet généralement qu’elle fut construite à cet endroit même par Richard 1er, comte de Cornouailles et  frère du Roi Henri III d’Angleterre chateau_tintagel_haut_moyen-age_celte_histoire_archeologie_medievale_legendes_roi_arthur_angleterre pour mieux asseoir sa légitimité auprès des habitants de la province, en établissant l’idée d’une connexion entre sa lignée et celle du mythique souverain. C’est encore une preuve, s’il en était besoin, de la force des légendes arthuriennes dans l’Angleterre du moyen-âge central.

Si la majorité des historiens contemporains conteste dans les grandes lignes, la réalité des faits du roi Arthur et de ses chevaliers, ou à tout le moins fait le constat qu’il est impossible d’en établir la véracité, au vue des documents en présence, pour les hommes de moyen-âge, il ne faisait guère de doute que le fils de Uther Pendragon avait réellement existé et conduit nombre des exploits que les contes gallois ou les écrits  de Geoffrey de Monmouth lui prêtaient.

Héritier des légendes arthuriennes

E_lettrine_moyen_age_passionblason_cornouailles_richard_1er_tintagel_site_archeologie_histoire_medieval_moyen-age_centraln 1225, Richard 1er de Cornouailles  échangea donc avec Gervase de Tintagel ses terres de Merthen contre celle de Tintagel pour y bâtir sa forteresse.  Au titre des détails intéressants de l’histoire qui viennent encore renforcer ses intentions, il semble même qu’alors il fit bâtir le château  dans un style architectural antérieur  à celui dont  il était contemporain, afin de le faire paraître plus ancien et donc finalement encore plus « Arthurien » et légitime aux yeux des populations de Cornouailles. En affichant la volonté de se situer dans l’héritage des légendes arthuriennes, le noble  ne fit pas exception. Comme cité précédemment (voir article), il n’était, en effet, pas rare que les rois anglais des XIIIe et XIVe siècles se référent au légendaire héros, pour s’inscrire dans sa « lignée » ou son « esprit » comme d’autres le faisaient alors avec  Charlemagne, en France.  Pour que tout cela soit possible, il fallut tout de même attendre que les rois de l’île britannique  tintagel_chateau_legendes_roi_arthur_archeologie_histoire_medievale_lieu_historique_moyen-age« anglicisent » en quelque sorte Arthur et le « christianisent » même un peu plus, afin qu’il soit « récupérable » et « présentable ». Dans les siècles précédents le XIIIe, ce dernier incarnait, en effet, un idéal breton ou celte un peu « encombrant » pour l’élite noble anglaise. Cette dernière s’étant finalement réconciliée avec le légendaire roi de Bretagne, on se mit à revendiquer de plus en plus son héritage. De nos jours encore, l’aristocratie britannique continue quelquefois sur cette lancée, en utilisant le célèbre prénom dans le nom donné aux enfants : Prince William Arthur Philip Louis, Princes Charles Philip Arthur George.

Un château peut en cacher un autre

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour en venir à l’archéologie sur site, la campagne de fouilles actuelle à Tintagel est conduite par l’association English Heritage depuis les années 90.  Disons d’emblée que le but  déclaré n’est pas –  les archéologues sur place s’en défendent largement – de rechercher une quelconque  corrélation entre les découvertes et les légendes arthuriennes, mais bien plutôt de mettre à jour les vestiges  de bâtiments  du haut moyen-âge.

Dans les années 30,  certaines fouilles avaient, en effet, permis de découvrir les traces d’édifices datant d’une période contemporaine des légendes : les Ve, VIᵉ siècles et le haut moyen-âge. Suite à ces découvertes effectuées du début du XXe siècle, les fouilles s’étaient interrompues pour quelques décennies et, pire même, la demeure de l’archéologue qui les avait en charge ayant été détruite par des bombardements durant la deuxième guerre mondiale, les traces de ses conclusions avaient été en grande partie perdues. Quoiqu’il en soit, depuis les années 70-80, on admettait généralement que les vestiges mis à jour et les traces de bâtiments enfouis pouvaient être les restes d’une forteresse celte, et peut-être même le centre du Royaume de Dumnonia (Domnonée). A partir du IVe siècle et jusqu’au début du IXe siècle et l’invasion des saxons, cette province s’étendait de part et d’autre de la manche sur l’île britannique,  mais aussi en Bretagne continentale.

« La pierre d’Arthur »

chateau_tintagel_archeologie_histoire_medievale_site_haut_moyen-age_pierre_roi_arthurDébutée dans les années 90, la campagne de fouilles menée par l’organisme English Heritage a permis de mettre à jour une  première découverte troublante dans le courant de l’année 98. Si elle ne créa pas de révolution majeure chez les archéologues, amateurs de faits avérés  et peu enclins à s’échauffer rapidement, la nouvelle fit le « buzz » dans la presse anglaise. La découverte était un fragment d’ardoise plate gravée d’inscriptions. On émet l’hypothèse qu’elles furent écrites par une main gauloise et toutes ne sont pas entières mais la partie déchiffrable permet de lire :  « Pater Coliavificit Artognov« . L’archéologue et historien   Charles Thomas  (1928-2016) de l’Université  d’Exeter  la traduisit ainsi :  « Artognou, father of a descendant of Coll, has had this built » soit en français moderne : « Artognov (Arthnou, Arthur) père et descendant de Coll a possédé cette  construction« .

chateau_tintagel_archeologie_histoire_medievale_haut_moyen-age_pierre_arthur_legendes_arthuriennesLa pierre a passé, avec succès, les tests de datation et on a pu ainsi la faire remonter au VIe siècle. Elle serait donc contemporaine de la période durant laquelle Arthur aurait vécu. Comme nous le disions plus haut, les historiens et archéologues ne sont jamais prompts à  sauter trop rapidement sur les conclusions et se tiennent toujours dans une réserve scientifique prudente, mais certains sont tout de même plus enclins à s’enthousiasmer que d’autres. Ainsi, au moment de la découverte, quand les uns affirmaient que la seule chose que l’on puisse déduire, pour l’instant et avec certitude, de cette pierre était que le prénom « Arthur » était en usage à l’époque, mais aussi que ses inscriptions établissaient la présence d’une compétence de lecture et d’écriture en dehors du cadre religieux, le professeur  et archéologue  Geoffrey Wainwright présent sur le site se montrait, quant à lui, largement plus enthousiaste et déclarait :

« Tintagel  nous a présenté la preuve de l’existence d’un prince de Cornouailles, au haut moyen-âge (dark ages), d’un statut social élevé et qui vivait au temps où Arthur vivait.  Le site nous a livré le nom d’une personne : « Arthnou ». Arthnou était ici, c’est son nom que nous retrouvons sur ce morceau de pierre. C’est tout de même assez énorme comme coïncidence,  C’est là que le mythe rejoint l’histoire. C’est la découverte de toute une vie. »
 Geoffrey Wainwright, Arthur Stone Discovery at Tintagel

Les découvertes de 2016

E_lettrine_moyen_age_passionn août  2016, en poursuivant   les   fouilles sur le  site, l’équipe d’archéologues a mis à jour de nouvelles découvertes : les restes d’un  mur enfoui d’un mètre d’épaisseur datée de ce même haut moyen-âge et également de nombreux fragments de  poterie et d’objets de verre  qui, à l’analyse, proviennent  de sites très distants : romains, anatoliens et méditerranéens notamment. L’ensemble tend chateau_tintagel_site_archeologique_haut_moyen-age_celte_histoire_medievale_legendes_arthuriennes_Domnoneeà confirmer la présence sur place d’une installation de taille, peut-être même d’une forteresse « royale » qui aurait pu être, comme on le pensait depuis quelque temps déjà, le centre de la Domnonée. De manière certaine, en tout cas, le site était le lieu de vie  d’une élite, abritée derrière de hauts et solides murs de pierre dans un complexe élaboré, tant  au niveau architectural que défensif. L’endroit  était aussi, à l’évidence, le centre d’une forte activité commerciale.  Les experts de cette période et de ce peuple celte brittonique de Domnonée avancent que  ces derniers échangeaient très  certainement de l’étain, et peut-être même encore des esclaves et des chiens de chasse  contre ces produits élaborés  d’origine lointaine et méditerranéenne (vin, huile d’olive, etc…).  Plus d’informations sur la Domnonée ici  ( en anglais).

Corrélations arthuriennes ?

E_lettrine_moyen_age_passiont Arthur dans tout ça, me direz-vous? Et bien les bâtiments sont,  encore une fois,  contemporains du siècle  où la légende situe le roi breton mais les archéologues restent, là encore, prudents. Si certains y cèdent volontiers, il semble tout de même que l’ensemble de la corporation voit la poursuite des légendes arthuriennes plus proche d’un film de Stephen Spielberg que d’un travail sérieux de recherche de terrain. Arthur n’est donc pas devenu leur Graal et ils se défendent, au moins officiellement, d’en poursuivre la chimère. Ils préfèrent donc se focaliser sur les informations cruciales que promettent, quoiqu’il en soit, d’apporter les fouilles de Tintagel dans les années à venir sur l’Angleterre du haut moyen âge, et sur cette période encore peu connue de son histoire qui fait suite à  la chute de l’empire romain.  Ajoutons que ces dernières trouvailles  archéologiques ont fait  de Tintagel, un tintagel_chateau_legendes_roi_arthur_archeologie_histoire_medievale_lieu_historique_haut_moyen-agesite d’exception et sans doute même, l’un des plus importants d’Europe de l’ouest, sur la période du haut moyen-âge.

Bien sûr, du côté des amateurs du mythe d’Arthur et ses preux chevaliers, chaque découverte allant dans le sens de la légende est toujours un enchantement  et ces dernières trouvailles risquent de  garantir encore pour longtemps la haute fréquentation du site de Tintagel.

En vous souhaitant une très belle journée.

Fred
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