
Période : fin du moyen-âge, renaissance
Auteur : Clément MAROT (1496-1544)
Titre : Ballade « Contre celle qui fut s’amie »
Ouvrage : oeuvres complètes de Clément MAROT, par Pierre Jannet, Tome 2 (1870)
Bonjour à tous,

Ce sont des dénonciations qui l’ont conduit là et c’est une femme qui semble en être l’artisane, comme le poète l’affirme ici. Certains biographes du XIXe siècle avaient avancé un peu vite qu’il pouvait s’agir de Diane de Poitiers mais les avis sur la question sont loin d’être demeurés tranchés. De fait, on parle plutôt d’une certaine « Isabeau », ancienne maîtresse de Marot. Là encore, l’exercice littéraire et les 
Pour le reste, échappant au pire, le poète sera finalement libéré par l’intervention de son ami Lyon Jamet et toute l’affaire lui inspirera, une de ses poésies les plus satiriques et les plus vengeresses : l’Enfer.
Pour ses conséquences à court et à plus long terme ( on pense, entre autre, ici à l’impact tardif de la sortie de l’Enfer, sans son consentement), cette dénonciation, suivie d’une incarcération, marquera, de façon importante, le reste du parcours de Marot.
Au passage et toute proportion gardée, bien qu’il n’ait pas subi la torture comme François Villon l’avait connu avant lui, Marot gagnera, dans le triste épisode, un peu de son propre Thibault d’Aussigny, en la personne d’un dénommé Bouchart, celui là même qui le fit emprisonner. Il lui dédiera d’ailleurs une épître demeurée célèbre : Marot à Monseigneur Bouchart Docteur en Théologie. On a quelquefois pris cette poésie pour une doléance polie du poète de Cahors à son accusateur, mais il semble bien plutôt qu’il s’agisse d’un texte teinté d’ironie, sans doute écrit après l’événement (il ne fut publié du reste pour la première fois, qu’en 1534).
Pour ce qui est de la ballade du jour et pour y revenir, son intérêt historique est sans doute plus à relever que sa grande teneur stylistique ou lyrique.
Contre celle qui fut s’amye (1525)
Un jour rescriviz à m’amye
Son inconstance seulement,
Mais elle ne fut endormie
A me le rendre chauldement ;
Car dès l’heure tint parlement
A je ne sçay quel papelard* (bigot, hypocrite),
Et lui a dict tout bellement :
« Prenez le, il a mengé le lard. » (1)
Lors six pendars ne faillent mye
A me surprendre finement,
Et de jour, pour plus d’infamie,
Feirent mon emprisonnement.
Ilz vindrent à mon logement ;
Lors ce va dire un gros paillard :
« Par la morbieu, voylà Clement,
Prenez le, il a mengé le lard. »
Or est ma cruelle ennemie
Vengée bien amerement ;
Revenge n’en veulx ne demie.
Mais quand je pense, voyrement,
Elle a de l’engin largement,
D’inventer la science et l’art
De crier sur moy haultement :
« Prenez le, il a mengé le lard. »
ENVOY.
Prince, qui n’eust dict plainement
La trop grand’ chaleur dont elle art,
Jamais n’eust dict aulcunement :
« Prenez le, il a mengé le lard. »
(1) L’expression « manger le lard » dans son acception proverbiale a un sens plus large que le littéral et peut signifier « être coupable d’un crime ou d’un délit »
En vous souhaitant une belle journée.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
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Sources :
Voir Clément Marot : nouveaux horizons de la poésie et du poète à la Renaissance, Daniel Martin, sur Persée.

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