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Une belle reconstitution historique 3D de l’Abbaye de Clairvaux à travers les âges et depuis sa création

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : Abbaye de Clairvaux, Abbayes cisterciennes, Bernard de Clairvaux, Règle de Saint-Benoit
Période : du moyen-âge central à Napoléon
Média : vidéo documentaire, 3D
Production : département de l’Aube en Champagne

Un vidéo-documentaire très sourcé sur la grande abbaye de Clairvaux à travers les âges
Un vidéo-documentaire très sourcé sur la grande abbaye de Clairvaux à travers les âges

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, nous vous proposons une nouvelle reconstitution historique. Il s’agit là de la mythique abbaye de Clairvaux et de son évolution à travers les âges. Ce vidéo documentaire très sourcé et très sérieux se base sur l’ensemble des données archéologiques actuelles concernant cet ensemble d’édifice religieux gigantesque et mythique. Il date de 2015 et nous est proposé par le Département d’Aube en Champagne qui entendait de cette manière célébrer les 900 ans de l’abbaye. Au passage, c’est à ce même département auquel nous devions, par ailleurs, la belle reconstitution de la commanderie des templiers de Payns  que nous avons postée ici, il y a quelques temps.

Le vidéo-documentaire sur l’histoire de l’abbaye de Clairvaux

D_lettrine_moyen_age_passionu côté réalisation, c’est la société Aloest qui s’est collée à cette reconstitution historique, avec un choix graphique plutôt épuré au niveau des textures et de l’environnement mais qui reste irréprochable au niveau de la réalisation architecturale et colle parfaitement au sujet.

L’objectif de restituer l’évolution de l’abbaye de Clairvaux à travers l’Histoire, du moyen-âge central jusqu’au XVIIIe siècle est donc parfaitement atteint et cette vidéo à l’autre avantage indéniable de nous faire bien comprendre à quel point au niveau tant économique, social, culturel et même cloitre_abbaye_clairvaux_reconstitution_3D_bernard_de_clairvauxscientifique, les moines des abbayes cisterciennes étaient des acteurs majeurs de leur temps, totalement impliqués dans leur monde et extrêmement bien organisés. Leurs compétences, en matière d’ingénierie économique et technique forcent autant le respect que leur activisme économique et mercantile, qu’il s’agisse d’architecture des bâtiments comme des travaux hydrauliques d’envergure: dévier le cours d’un fleuve, créer des canaux pour venir irriguer leurs lieux saints qui servent encore à faire fonctionner des moulins, etc. Cette caractéristique n’est pas propre à Clairvaux, c’est une compétence ou un mode opératoire que mettront en oeuvre nombre d’abbayes Cisterciennes. Si l’on en doutait encore, il demeure évident que nous n’avons pas à faire avec ces moines là, à de simples anachorètes contemplatifs assis passivement au coeur de leur cloître, mais à de véritables travailleurs visionnaires qui oeuvrent activement à transformer leur monde pour en extraire le meilleur.

Une reconstitution 3D épurée et très réussie
Une reconstitution 3D épurée et très réussie

Bernard de Clairvaux  (1090-1153): « simple » abbé au cœur de l’Histoire médiévale

« Commence par te considérer toi-même, bien plus, finis par là… Tu es le premier, tu es aussi le dernier. »
Bernard de Clairvaux. Saint-Bernard Citations

O_lettrine_moyen_age_passionn a presque, aujourd’hui, du mal à imaginer que c’est à peine âgé de vingt cinq ans que le moine Bernard de Clairvaux, déjà habité depuis longtemps par sa vocation et sa dévotion quitte l’abbaye de Citeaux pour fonder Clairvaux avec une poignée de moines.

Pour en dire un mot, cet homme au destin hors du commun, qui sera canonisé par l’église, un peu moins de vingt ans après sa mort, devenant ainsi Saint Bernard de Clairvaux, ne laissera pas que cette immense abbaye, comme legs. Il marquera, en effet, son siècle de son empreinte par son rôle actif, son implication politique. Sa piété et son charisme n’y sont, à coup sûr, pas étrangers même si plusieurs facteurs s’en sont encore, certainement mêlés: la puissance économique de l’ordre cistercien, assurément, la naissance d’un Bernard de Clairvaux dans une famille noble, proche des puissants peut-être encore. Le XIe et le XIIe siècles sont aussi des siècles très chrétiens où l’image du moine et de la vie monacale et monastique restent fortes parce qu’elles sont alors considérées comme étant les voies les plus voisines du chemin du Christ lui-même. A ce titre, même s’ils n’échappent pas toujours à la satire, les moines emportent alors bien souvent l’admiration ou à tout le moins le respect, et leur parole semble plus écoutée, au sein même de l’église.  Mais, tout de même, au delà de tout cela, il aura fallu que Bernard de Clairvaux se distingue notablement par sa pratique, ses actions et une certaine aura de sagesse pour que, de simple moine à abbé, il en vienne, entre autres faits notables, à être consulté directement par un roi, en cas de litige sur l’élection d’un pape.

monde_medieval_bernard_clairvaux_abbe_moine_cistercien_saint_moyen-ageDu seul côté de ses frères cisterciens, on lui prête d’avoir participé au renouveau de l’ordre puisque, alors qu’il construisait Clairvaux, Citeaux déclinait déjà. Il laissa d’ailleurs derrière lui, à sa mort, plus de cent soixante maisons fondées par son abbaye sur les trois cent cinquante que l’ordre cistercien totalisait.

Ci-contre portrait de Bernard de Clairvaux par Georg Andreas Wasshuber (1650–1732).

Au delà de son influence sur son propre ordre monastique, Bernard De Clairvaux se retrouva bientôt au coeur même de l’Histoire et réussit à tenir un rôle central dans de nombreuses affaires qui concernait les plus hautes sphères de l’église; il y eu les polémiques sur les élections épiscopales contestées dans lesquelles il mit plusieurs fois la patte pour aider à trancher, mais il entretint aussi des relations très étroites avec la papauté et même les rois desquels il avait plus qu’une oreille attentive. Sur d’autres plans, on se souvient encore de son rôle majeur dans les statuts et, finalement, « l’officialisation » auprès de l’église du célèbre ordre des templiers. Au moment de l’émergence du catharisme et inquiet de la propagation de cette nouvelle doctrine, on le vit encore se rendre dans le sud de France pour y prêcher le retour des brebis égarées humour_monde_medieval_deuxieme_croisade_bernard_clairvaux_vezelay_biere_abbayedans le cheptel de l’église officielle. Il fut encore, dit-on, fortement engagé et partie-prenant de la deuxième croisade pour laquelle son Sermon de Vezelay est souvent présenté comme le réel déclencheur, l’appel du pape l’ayant précédé n’ayant pas été entendu*. Enfin, sa doctrine théologique a profondément influencé la mystique chrétienne de son temps.

*Il semblerait que certains historiens contestent aujourd’hui la réalité de ce Sermon de Vezelay par Bernard de Clairvaux.

Bonus : la maquette interactive de l’abbaye

La maquette interactive 3D de l'abbaye de Clairvaux avec le Plug in Unity
La maquette interactive 3D de l’abbaye de Clairvaux avec le Plug in Unity

Réalisée avec Unity 3D par la société Arts Graphiques et Patrimoine, cette maquette vous permet de vous balader en temps réel dans le monde de l’abbaye de Clairvaux reconstitué. Petit hic, il faut installer le player Unity et cela ne fonctionne qu’avec les navigateurs Mozilla et Internet Explorer, Google Chrome n’ayant toujours pas, à ce qu’il semble, développé de plug-in pour Unity player ce qui est bien dommage.

Voila donc le lien, à consulter uniquement avec Internet Explorer ou Mozilla Firefox : maquette 3D interactive de l’abbaye de Clairvaux.
Une fois équipés de tout cela, armez-vous de patience c’est assez long à charger.

Bon, mais allez encore une ânerie et un peu d’humour détourné (de l’excellent film le nom de la rose) pour finir dans la bonne humeur et sur une note monastique en évoquant un aspect de la grande règle, la seule, la pure, la vraie, celle qui guide depuis plus de mille cinq cents ans tant de moines chrétiens, du haut moyen-âge à nos jours: la règle de Saint-Benoit.

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Une belle journée à tous!
Fred
Pour moyenagepassion.com
« A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes »

Un peu d’histoire sur les troubadours, leur art et la langue occitane

troubadour_langue_oc_musique_poesie_monde_medieval_moyen-age_passionSujet : poésie, musique médiévale,langue d’oc, occitan, provençal, langues des troubadours
Période : du moyen-âge à nos jours
Média : vidéo documentaire

Bonjour à tous,

E_lettrine_moyen_age_passiont si on parlait un peu d’histoire des langues sur notre belle terre de France aujourd’hui et notamment du parlé et du chanté des mythiques troubadours provençaux du moyen-âge? Voici donc quelques réflexions et informations sur le sujet, accompagnées d’un documentaire court mais très informatif aux couleurs du Languedoc d’aujourd’hui et de la belle langue provençale d’oc, de ses racines passées à ses plus belles feuilles contemporaines. Nous parlerons ensuite de manière un peu plus précise des troubadours.

Vidéo-documentaire  sur la langue occitane

On sourira peut-être à la pensée que c’est à un poète-écrivain Italien du moyen-âge, le grand Dante Alighieri (portrait ci-dessous par Sandro Botticelli, 1495) que l’on doit une des premières mentions de la langue d’oc. Il avait en effet  dans son ouvrage « De vulgari eloquentia » (le parler commun ou le parler « vulgaire » au sens commun) classifié les langues romanes suivant la façon de dire « Oui ».: « Oil » au nord, « Oc » au Sud, « Si » en Italie.

Langue millénaire parlée par une bonne moitié sud de la France pendant de nombreux siècles et jusqu’à aujourd’hui dans une moindre mesure, on fait remonter la naissance de l’occitan autour du VIIIe siècle. C’est donc une langue romane qui a aussi des formes dialectales et dont l’espace allait alors de l’Atlantique à la plaine du Pô en Italie, jusqu’au nord du Massif Central et des Pyrénées.

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Pour la période médiévale qui nous concerne, on doit, entre autres choses, à la langue d’oc et à ses troubadours la création d’une forme poétique chantée unique en son genre qui comprend, notamment, les grands chants courtois et qui rayonna au delà des frontières occitanes dans le bassin méditerranéen et bien sûr jusqu’au nord de la France où les trouvères qui, eux, s’exprimaient en vieux français et ou plutôt même en langue d’oil, s’en inspirèrent largement.

L’Art des troubadours  et la langue d’Oc
au coeur du moyen-âge central

Dans un article sur la question des troubadours (universalis en ligne),  Paul  Zumthor, romancier et poète suisse, spécialiste de poésie médiévale, nous apprend que l’on dénombrait entre les années 1100 et 1350 et dans la France médiévale, plus de 450 troubadours et plus de 2500 chansons. Ces chiffres donnent la mesure de l’ampleur du phénomène et du berceau de créativité incroyable qu’a été le pays d’oc durant ces périodes. Des artistes, hommes et femmes (les « trobairitz » photo ci-dessous) s’adonnent à cet Art musical et poétique et la « canso » occitane (chanson, vers chantés) connaît son apogée.

femme_troubadour_poesie_musique_medievaleIl n’y a pas, alors, dans les chansons des troubadours que les chants d’amour courtois que l’on a souvent retenu. Ces poètes de monde médiéval déclinent, en effet, leur Art sous d’autres formes: polémiques ou satiriques (le Sirventès), ou en forme d’homélie ou de lamentations sur la mort d’un être aimé (le Planh). Fait qui nous en dit encore beaucoup sur les troubadours et l’exercice de leur art, l’absence de notation dans les compositions laisse alors libre champ à l’interprétation de l’artiste sur la rythmique:  « le compositeur abandonnait à son interprète le soin de quantifier les temps » (Paul  Zumthor. op cité). Au fond, le troubadour et son Art n’existent que face à un public et pour ce public. Dans le même esprit, il y  aura aussi les chants improvisés, mais encore les défis poétiques que se lancent entre eux les troubadours pour donner le spectacle. Même si cet leur Art obéit dans l’écriture à des codes, cela reste donc bien une école de la créativité et du jeu.

Les racines et les influences des troubadours et de leurs « cansos » (chansons)

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Le plus étonnant de ce phénomène artistique et de ces troubadours qui enflammèrent littéralement le moyen-âge demeure que l’on n’a toujours pas trouvé les traces d’une inspiration claire des formes artistiques uniques qu’ils ont crée; entendez par là qu’historiquement, les formes musicales et versifiées de leur poésie leur sont propres et sont originales, Elles ne semblent pas émerger clairement de quelques copies ou influences « historiques » directes leur ayant pré-existé. On a émis quelquefois l’hypothèse que l’ouverture à l’Espagne musulmane d’alors et certaines formes de poésies soufies aient pu les inspirer mais rien ne permet de l’établir de manière certaine. Il est possible encore que certaines formes musicales sémitiques aient également influencé certains d’entre eux; les communautés juives étant alors nombreuses en France méridionale et médiévale. Quoiqu’il en soit, on reste, face à tout cela, dans le champ des hypothèses et si ce petit monde des troubadours semble bien s’entendre sur des formes artistiques  « communes », il demeure relativement hétérogène.

Les amours impossibles et contrariées de Tristan et Yseult par Rogelio de Egusquiza y Barrena (XIXe siècle)
Les amours impossibles et contrariées de Tristan et Yseult par Rogelio de Egusquiza y Barrena (XIXe siècle)

Pour avoir une vision un peu plus complète du tableau, il faut ajouter que ces artistes, qu’ils soient rois, chevaliers, clercs ou même anonymes, avaient souvent, à leur actif, une bonne culture latine. Concernant enfin les formes de l’amour courtois dont ils feront une promotion active, marquant ainsi à jamais notre littérature comme notre culture, l’influence des légendes celtiques de Tristan et Yseult a aussi  indéniablement compté au nombre de leurs sources d’inspiration. Cette légende et de nombreux récits autour d’elle seront, en effet, publiés sous plusieurs formes en Europe dans le troubadours_musique_poesie_medievale_bernard_de_ventadorn_langue_occitane_moyen-agecourant même du XIIe siècle (Angleterre, France, Allemagne) et des troubadours tels que Bernard de Ventadorn (portrait ci-contre, enluminure du XIIIe siècle) ou Raimbaut d’Orange auront tôt fait, dès ce même siècle, de les chanter, en comparant leurs propres amours à celles contrariées des deux amants bretons qui, ne pouvant le faire de leur vivant, choisirent pour s’aimer de se rejoindre dans la mort.

Bernard de Ventadour (Ventadorn), « Tant ai mo cor ple de joya »
Extrait en version originale occitane

« Eu n’ai la bon’ esperansa.
Mas petit m’aonda,
C’atressi.m ten en balansa
Com la naus en l’onda.
Del mal pes que.m desenansa,
No sai on m’esconda.
Tota noih me vir’ e.m lansa
Desobre l’esponda.
Plus trac pena d’amor
De Tristan l’amador,
Que.n sofri manhta dolor
Per Izeut la blonda. »

Traduction français moderne
« j’ai le coeur si plein de joie »

« Je garde bonne espérance,
– Qui m’aide bien peu –
Car mon âme est balancée
Comme nef sur l’onde.
Du souci qui me déprime
Où m’abriterai-je?
La nuit il m’agite et jette
Sur le bord du lit :
Je souffre plus d’amour
Que l’amoureux Tristan
Qui endura maints tourments
Pour Iseult la blonde. « 

Bernard de Ventadour ou Bernard de Ventadorn (1145-1195)

Quelques réflexions hors champ
pour élargir un peu sur le mythe de Babel

« Une langue différente est une autre vision de la vie »
Federico Fellini

Theodor Rombouts -le joueur de Luth, (The Lute Player), XVIIe siècle
Theodor Rombouts -le joueur de Luth, (The Lute Player), XVIIe siècle

Pardonnez-nous la digression qui va suivre mais tout cela nous donne l’occasion de parler un peu de l’apprentissage des langues en général parce qu’au delà de l’appellation « langue régionale » qui semble quelquefois reléguer le débat à quelques documentaires aux heures de peu d’écoute de France 3, il faut se souvenir que plus qu’un assemblage de mots, chaque langue cache d’infinies richesses, un monde de représentations, une façon d’être au monde et de le percevoir. Un mot, un vocable, ne désigne pas seulement la chose mais il l’a crée aussi ou lui donne corps. Chez les touaregs et l’exemple est connu, il existe de nombreux mots pour désigner le sable parce que l’observation et la connaissance de leur milieu de vie les ont conduits à percevoir des nuances là où l’étranger n’y voit goutte (vous me direz dans un désert, cela peut se comprendre). Quoiqu’il en soit, il en est de même langage_babelpour les choses comme pour les sentiments ou les représentations du monde. Contre toutes idées reçues, apprendre une langue, quelle qu’elle soit, ne sert jamais à rien.

On peut, quelquefois, avoir la tentation de souhaiter une certaine fin de Babel, en rêvant d’un monde où nous pourrions tous « enfin » nous comprendre: une langue unique, un esperanto, mais il suffit, en général, d’imaginer que nous perdions notre propre langue maternelle au détriment d’une autre (l’anglais par exemple) pour comprendre combien se diluerait avec cette perte toute une vision des choses, des sentiments, du monde. Fort heureusement, l’homme est un animal linguistique et il n’y a jamais rien eu d’incompatible à apprendre un idiome commun tout en gardant le sien. Louons donc le bilinguisme, le trilinguisme, le quadrilinguisme et plus pourquoi pas, puisque nous en sommes tout à fait capables pour peu qu’on nous en laisse la possibilité.

La tour de Babel de Pieter Brueghel l'Ancien, 1563
La tour de Babel de Pieter Brueghel l’Ancien, 1563

De tout temps,  la lutte des sociétés aux pouvoirs centralisées (et elles le sont désormais toutes), contre leurs langues intra-muros, a toujours été bien plus politique que fondée sur la capacité des hommes à   apprendre et manier plusieurs langages. Le dire ne casse pas trois pattes à un canard, ni ne révolutionne l’usage du fil à couper le beurre, mais ce n’est jamais langue_culture_et_societetant la facilité des échanges que l’on cherche que l’uniformisation des consciences: la langue unique, le citoyen unique et finalement, allons-y, à l’heure de la mondialisation, le marché unique. Une seule étiquette pour tout le monde sur les pots de Yaourt, le bonheur enfin! J’ironise à peine mais, encore une fois, tout cela n’est pas vraiment un projet culturel pour l’homme et n’en prend, en tout cas, jamais la forme (ci-dessus illustration tirée du célèbre film The Wall des Pink Floyd). D’ailleurs, dans les régions où les identités culturelles se défendent encore pour ne pas s’éteindre, les détracteurs l’ont bien compris puisqu’ils en prennent le contre-pied en défendant leur langue d’une manière qui pourrait même, parfois, dérouter le visiteur, quand ce n’est pas le compatriote. Imaginez que je parle français mais que quand vous m’adressiez la parole je vous réponde en Limousin, vous percevrez un peu mieux mon exemple. Il faut vivre quelque temps à Barcelone et en Catalogne pour comprendre tout cela mais du même coup, comprendre un peu mieux aussi le Quebec. Il faut encore rencontrer les indiens Bribri du Costa Rica ou d’autres endroits pour comprendre que les priver de leur langue revient à les priver de leurs racines, de leur histoire et de leur identité profonde. Ils l’ont compris d’ailleurs et se remettent à l’apprendre et à l’enseigner à leurs langage_babel_apprentissage_languesenfants, en plus de l’Espagnol, comme quoi encore une fois, cela n’est pas incompatible.

Comment défendre son identité culturelle sans défendre sa langue dans un contexte qui  l’oppresse? C’est une question très difficile même si contre le repli, il faut sans doute mieux plaider pour l’ouverture. Apprendre les langues du monde et conserver la sienne?Inviter l’autre à découvrir sa propre langue et, avec elle, s’ouvrir à un monde insoupçonné? Encore une fois, rien d’impossible! 

Pour revenir au monde médiéval, Roger Bacon, le célèbre savant et érudit du XIIIe siècle nous disait déjà que  «la connaissance des langues est la porte de la sagesse». Avoir la chance  ou le privilège d’apprendre une langue étrangère à la sienne est une richesse que l’on mesure souvent, une fois l’étape franchie mais à n’en pas douter, les vraies richesses des hommes sont nichées dans leurs cultures et de leurs différences, et qu’on le veuille ou non, tout cela passe par leur langage. C’est aussi cela qui a fait, depuis des millénaires, marcher le monde et avancer l’humanité. Au fond, Babel est peut-être aussi un défi merveilleux qui recèle d’infinis trésors. Il faut aimer les langues et les cultures si l’on aime les hommes et il faut les aimer, même si c’est difficile quelquefois, car ils en ont besoin et n’ont peut-être, au fond même, que ce seul vrai besoin là.

Une belle journée à tous!

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

Estampie, danse médiévale populaire du moyen-âge central

trouvere_bernier_XIIIe_moyen_age_fabliau_la_housse_partieSujet : musique, danse médiévale, estampie, troubadours,trouvères.
Période : moyen-âge central à tardif
Interprète : Arany Zoltán
Album : « The last of the troubadours »
Date de sortie : 2010

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous vous proposons aujourd’hui un peu de danse médiévale  avec une estampie du moyen-âge central. L’estampie est cette danse très populaire du XIIe au XIVe siècle dont nous en avions déjà parlé à l’occasion de l’article sur la célèbre chanson Kalenda Maya du troubadour Raimbaut de Vaqueiras.

estampie_musique_danse_medievale_troubadours_trouveres_arany_zoltanL’interprétation de la pièce du jour est de Arany Zoltán, ce musicien, chanteur et artiste hongrois touche à tout et féru de musiques anciennes et traditionnelles mais aussi de folk. Elle est tirée de son album « the last of the troubadours ».

Une très bonne écoute et une belle journée!

Fred
Pour moyenagepassion.com.

Autour des Mottes castrales : des nouvelles du projet de vidéo-documentaire et quelques nouveaux fonds d’écrans gratuits

mondes_3D_virtuels_rue_médiévale_unity_3D_jeux_videosSujet : reconstitution historique, motte castrale, château à motte
Période : moyen-âge central, XIIe siècle
Média : vidéo, monde 3D, châine youtube
Vocation : réalisation d’une série vidéo commentée sur le sujet.

motte castrale XIIe siecle moyen age
Reconstitution historique : une motte castrale du XIIe siècle à la croisée des possibles

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous vous proposons à nouveau quelques fonds d’écrans gratuits réalisés à partir d’un monde crée avec le moteur du jeu vidéo Medieval Engineers. Elles sont bien sûr totalement retouchées par nos soins et nous avons travaillé sur les atmosphères et l’environnement pour arriver à ces rendus. Nous en profitons pour vous donner quelques nouvelles des vidéos que nous sommes en train de réaliser autour de ce monde.

Cultures céréalières et fruitiers aux abords de notre motte castrale dans un siècle qui bénéficie d'un réchauffement climatique propice
Culture céréalières et fruitiers aux abords de notre motte castrale dans un siècle qui bénéficie d’un réchauffement climatique propice

Trois épisodes vidéos pour approfondir
la question  des châteaux à motte

Le projet est désormais achevé du côté 3D et les vidéos sont également en boîte et en post-production. Il y aura trois épisodes. Le premier présentera le contexte historique d’émergence des châteaux à mottes, les sources utilisées pour réaliser ce monde, ainsi que la topographie des lieux qui s’inspire de très loin d’une installation décrite par Eugène Viollet le Duc dans son dictionnaire raisonné d’architecture. Le second épisode présentera la basse-cour dans ses dimensions agricoles, artisanales et défensives mais encore religieuses et judiciaires. Ce sera un épisode dédié à la vie dans la motte castrale et nous y parlerons également du château dans son environnement. Nous avons reconstitué bien sûr pour l’occasion un certain nombre de bâtiments d’époque. Le troisième épisode proposera la visite de la haute cour et de sa tour maîtresse, dont l’agencement intérieur se base en partie sur les description du curé d’Ardres dans ses chroniques.

motte castrale XIIe siecle château à motte
L’agencement de l’intérieur de la grande tour maîtresse inspiré des chronique du curée d’Ardres

Les sources d’inspiration du projet

En bref, avec cette série de vidéos, l’idée est sur une durée de trois fois trente minutes d’approcher de manière approfondie ce qu’était un château à motte et ce que l’on pouvait y trouver. Outre Viollet le Duc et le curé d’Ardres, nous nous appuyons également sur certains écrits de Jean Mesqui, sur le Colloque de Caen autour de l’archéologie médiévale, et des références à Michel Boüard ou Michel Bur mais encore sur des sources archéologiques récentes sur les  mottes castrales.

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Coucher de soleil bucolique sur la motte castrale et sa tour maîtresse
vie médiévale motte castrale des XI, XIIe siècles
La vie médiévale dans une motte castrale des XI, XIIe siècles

Depuis notre premier article sur la question, notre château de bois s’est enrichi de nombreux édifices dont nous vous réservons la surprise. Les vidéos sont déjà tournées avec son, il nous reste, comme nous le disions plus haut, simplement à finaliser la post-production.

L'église romane : religion et seigneurie, compétition et/ou complémentarité?
L’église romane : religion et seigneurie, compétition et/ou complémentarité ?

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE.
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.