
Période : moyen-âge central, XIIIe siècle
Auteur : Mocharrafoddin Saadi (1210-1291)
Ouvrages: Gulistan, le jardin des roses, par Charles Defrémery (1838) et Gulistan le Parterre de Fleurs du Cheick Moslih-Eddin Sadi De Chiraz par N Semelet, (1834)
Bonjour à tous,

Mansuétude, écoute, discernement, la sagesse dont il est question ici transcende l’application de quelque loi écrite, elle est la qualité suprême et intrinsèque qui peut élever le plus puissant comme le plus miséreux. Et Saadi fustige sans merci : cupidité, stupidité, égoïsme, orgueil, ambition, flatterie, négligence ou abus dans l’exercice du pouvoir, … Sous l’œil du conteur, il n’est nul homme, fut-il roi ou vizir, qui ne finisse par 
Une fois de plus, le sage persan plaide pour la raison du plus faible contre la tyrannie du plus fort, la justice contre l’abus de pouvoir et l’avidité et c’est une justice à la fois transcendantale et sociale qui est ici à l’oeuvre, un peu, peut-être, dans l’esprit de celle que Saint-Louis avait rendue sous son chêne. Enfin, chez le conteur persan, comme dans notre moyen-âge central occidental, la roue de la fortune et du temps tourne et vient fournir un argument supplémentaire à la morale. Le temps de l’existence passe comme le vent du désert et le pouvoir comme la royauté demeurent éphémères.
Abus de pouvoir et avidité :
le pouvoir d’un cœur blessé
On raconte qu’un Tyran achetait, par la violence, le bois des pauvres et les donnait aux riches, moyennant un prix qu’il fixait arbitrairement. Un sage passa auprès de lui, et dit :
– Es-tu un serpent, toi qui piques tous ceux que tu vois ? Ou un hibou, puisque tu fouilles partout où tu te poses ? Si ta violence te réussit avec nous, elle ne réussira pas avec le maître qui connaît tous les secrets (ie: Dieu). N’exerce pas la violence sur les habitants de la terre, afin que leurs prières contre toi ne parviennent au-dessus du ciel.
L’oppresseur fut irrité de cette parole, fronça le sourcil a cause de ce conseil et n’y fit aucune attention; jusqu’à ce qu’une certaine nuit le feu tombât de la cuisine dans son magasin de bois, brûlât toutes ses richesses et lui laissât pour seul siège, au lieu d’un coussin bien rembourré, la cendre chaude.
Par hasard, le même sage passa auprès de lui, et l’entendit qui disait a ses amis : » Je ne sais d’où ce feu est tombé dans mon palais. » ll dit : » Il a été allumé par la fumée du coeur des pauvres (les soupirs). »
Distique : Garde-toi de la fumée des coeurs blessés, car la blessure du coeur se montre, à la fin, au dehors. Tant que tu le peux, ne trouble pas un coeur, parce qu’un soupir bouleversera tout un monde.
Sentence. Il était écrit sur la couronne du roi Qaï-Khosrou* (3eme roi de Perse, de la dynastie des Caïanides ) :
« Pendant combien d’innombrables années et de longs siècles les hommes marcheront sur la terre, au-dessus de notre tête* (notre tombeau) ? De même que la royauté nous est parvenue de main en main, ainsi elle parviendra aux mains des autres ».
Puisse cette belle leçon continuer de résonner à travers les siècles, aux oreilles des intéressés.
Une belle journée à tous.
Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du Moyen-Age sous toutes ses formes.


i vous vous trouvez du côté de Toulouse, cette fin de semaine, ne manquez pas le retour du Festival Echos et Merveilles. Il s’agira de la 4e édition de l’événement et on pourra y retrouver tous les ingrédients qui ont fait son succès jusqu’à présent.

Sujet : fête médiévale, agenda sortie, moyen-âge, artisanat, troupes, compagnies médiévales, guilde de la grenouille, marché médiéval.
omme tous les ans, à la fin avril, la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols confiera à nouveau, ce week end, l’organisation de ses Médiévales, à la Guilde de la Grenouille. Dans un cadre verdoyant, au bord des gorges de la Cèze, cette belle fête aux couleurs du moyen-âge attire à chaque édition, plusieurs milliers de personnes et il s’agira là de son 9e anniversaire.


oilà quelque temps déjà que nous n’avions présenté de chansons du célèbre Thibaut de Champagne. En route donc, pour le XIIIe siècle à la découverte de sa poésie : De fine amor vient seance et biautez. Le titre l’annonce clairement, il s’agit là d’une nouvelle pièce courtoise, comme le comte de Champagne les affectionnait tant.
