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« MONTJOIE SAINT-DENIS » une Expression médiévale redevenue D’actualité

Bonjour à tous,

e mois dernier, le moyen-âge est revenu en force dans l’actualité au cri de « Montjoie Saint-Denis ! À bas la Macronie!« . L’histoire a défié la chronique. Elle a même fait le tour du monde depuis, en trouvant de larges échos dans la presse internationale.

Une rencontre inattendue en pays drômois

Rappelons les faits pour ceux qui vivraient coupés des médias : lancé à plein régime, depuis quelque temps déjà, dans sa campagne présidentielle de 2022, le président français Emmanuel Macron, faisant fi de la Covid et n’écoutant que son enthousiasme, a décidé de sortir de sa bulle élyséenne pour partir à la rencontre du bon peuple. Au programme donc, grosse opération de communication sous l’œil des caméras, serrage de louches et, peut-être encore, pour la gourmandise, quelques selfies concédées aux pécores épris de réseaux sociaux, croisés sur l’itinéraire.

blason de la cité de Saint-Vallier dans la Drôme

Ainsi, rendu à Tain l’Hermitage, jolie petite cité drômoise du bord du Rhône aux collines parsemées de belles vignes, le champion toute catégorie de la communication de haute voltige et du « en même temps », a croisé, contre toute attente, un destin plutôt inattendu. Sûr d’être en terrain conquis, le président français 3.0 s’est, en effet, approché d’un pas léger d’une petite foule de gaulois qu’il croyait acquise, sans se douter qu’une drôle de réalité allait bientôt lui tomber dessus de manière inattendue. C’est en la personne d’un villageois de 28 ans que l’affaire survint : Damien T, natif de Saint-Vallier, une petite ville à 13 km de là.

L’affaire est d’autant plus incroyable que nous sommes, nous-même, natif du coin et quand je dis nous c’est surtout moi puisque c’est un nous de politesse. Je sais, c’est peut-être un détail pour vous, mais comme aurait pu ajouter France Gall : « pour moi ça veut dire beaucoup ». Le village dauphinois et drômois de Saint-Vallier, anciennement baptisé Saint-Vallier-sur-Rhône, compte, en effet, un peu moins de 4000 habitants pour vous dire à quel point la coïncidence est frappante (si l’on me passe l’expression). Etant nous-même amateur de monde médiéval et ne rechignant pas, de temps en temps, à suivre quelques vidéos de béhourd, l’inquiétude pourrait nous effleurer pour peu ? Pourrions-nous être sujet à une sorte de contagion et surtout de quelle nature ? Après avoir donné naissance à des brigands de grand chemin comme Mandrin, le Dauphiné, ou même la Drôme des collines seraient-ils susceptibles d’engendrer de nouvelles sortes de révolutionnaires anti-macroniens ?

Damien T, villageois natif de Saint-Vallier

Passionné d’histoire médiévale et de béhourd, le jeune homme a été décrit par ses amis comme un gilet jaune, mais aussi comme quelqu’un « de sans histoire », ce qu’attesterait plutôt, son casier judiciaire. Pris dans les mailles de la ruralité, il anime quelques associations, en rêvant sans doute d’ailleurs un peu plus bleu. Prenons toutefois des précautions en ajoutant que le villageois a aussi été décrit, par certains médias officiels d’immense tenue, voire incommensurable, comme « une nouvelle forme de terrorisme » à lui tout seul. Il serait un peu, en somme, une sorte d’hybride entre Adolf Hitler, Bruce Lee, un égorgeur extrémiste tchétchène ou encore un fils caché de Papacito, auteur, polémiste et youtubeur occitan passionné de monde médiéval et de Béhourd, lui aussi (décidemment).

Bref, pour certains journalistes appartenant aux sphères les plus proches des milieux autorisés (chers à feu Coluche), le jeune drômois ne serait qu’une tête de l’hydre, la ligne de front de tout un climat de violence sociale généralisée, et plus encore, le symbole d’une fronde extrémiste rampante contre l’autorité. Pour tous ces journalistes (que je décrirais comme atteints de certaines formes d’hystérie collective si j’osais me prononcer) notre villageois serait donc le point culminant d’une sorte de mal diffus. En gros, vous avez compris, « La peste brune serait en marche ». Au passage, vous noterez la vitesse effrayante à laquelle ses moindres affinités sur les réseaux ont été jetées en pâture et soulignées, de manière sélective, par cette presse lapidaire et expéditive. Damien, as-tu liké notre chaîne youtube ou notre compte twitter ? Pour un peu, j’aurais peur…


Définition : « Montjoie Saint-Denis ! »

Tout cela étant dit, l’actualité file à toute vitesse et nombreux sont ceux qui ont déjà oublié l’incident. Il s’est déroulé à peine quelques semaines en arrière, mais, au vu de notre intérêt pour la langue d’oïl et le vieux-Français, nous nous devions au moins d’éclairer la définition de cette expression héritée du moyen-âge et sortie au moment fatidique : « Montjoie Saint-Denis ! ». En l’occurrence elle a été suivi de « À bas la Macronie ! » mais ça tout le monde comprend. C’est du français moderne.

Le Petit dictionnaire de l’ancien français

Dans le Petit dictionnaire de l’ancien français de Hilaire de Van Daele, on trouve :

Montjoie : sf : comble, sommet, perfection. Comme cri de guerre de Charlemagne et de ses chevaliers (plus tard Montjoie Saint-Denis !), ce mot semble une corruption de Montjoux litt. « Mont de Jupiter » (montem Jovis), très répandu en diverses localités qui s’applique toujours à une hauteur naturellement placée sous la protection du plus « élevé » des Dieux. Montjoie serait donc à l’origine une invitation à invoquer le maître des dieux, dans laquelle plus tard l’élément joux n’étant plus compris aurait fait place à « joie », mot qui excite l’Enthousiasme.

Glossaire de la langue Romane

Dans le Glossaire de la langue Romane de J.B.B. Roquefort (1813), on retrouve cette idée d’élévation et de cri de guerre.

Monjoie, monjoye, montjoie : cri de guerre des Rois de France, nom du Roi d’Armes de France ; petite montagne, colline, élévation, monceau de pierre. Voyez Mont-joe. Il ajoute encore cette définition : Monjoie : Conciliateur, entremetteur de la paix selon D Carpentier.

Les définitions du Trévoux

Plus complet, le Trévoux (Dictionnaire universel françois et latin, vulgairement appelé dictionnaire de trévoux.T6 – 1771) vient ajouter de nombreux éléments permettant d’éclairer cette notion. Concernant le sens de Mont-Joie admis par les autres dictionnaires, on rejoint cette idée d’élévation artificielle, de tertre qui pourrait aussi symboliser la tombe antique des chefs de guerre. Ainsi, on aurait même désigné, par la suite, de Mont-joie Saint Denis, le tombeau même du Saint.

On y apprend encore que Mont-Joie est aussi « un vieux mot qui signifiait, autrefois, enseigne des chemins et particulièrement de ceux qui menoient aux lieux saints. Mons Gaudii via index. Ainsi, il y en avait un près de Saint Pierre de Rome, qu’on appeloit Mons Gaudii parce que les pélerins se réjouissoient se voyant près du lieu où il voulait aller. Orto Frisingensis appelle Mont-Joie le Vatican. Les croix qui sont sur le chemin de Paris à Saint-Denis, sont appelés Mon-joie-Saint-Denis. »

Quant aux hypothèses plus particulièrement liées à la définition « Mont-joie-Saint-denis », le Trévoux nous confirme que c’est aussi « l’ancien cri de guerre des rois de France, ès Behours & Batailles livrées aux ennemis dès que le Roi Clovis eut embrassé le Christianisme ». Certains y voient un dérivé de « moult joie » et le dictionnaire y compile encore des hypothèses en provenance d’autres auteurs du passé : bataille de Clovis s’étant terminé sur une montagne où se tenait une tour du nom de Mont-joie ou encore, invocation faite par Clovis, avant sa conversion au christianisme, face au danger de Saint-Denis sous le nom de Jupiter : « Saint Denis, mon Jove« . Pour conclure que le plus probable était simplement que c’était « un cri de guerre et de ralliement, qu’on faisait sous la bannière ou l’oriflamme de Saint-Denis, que les Rois portaient alors à l’armée, & qui en conduisait la marche. Dans le ralliement on se rangeait autour de cette bannière. Les Ducs de Bourgogne criaient Mont-Joie-Saint-André, parce qu’ils avaient la croix de Saint-André dans leurs drapeaux. les Ducs de Bourbon Mont-Joie-Notre-Dame et les rois d’Angleterre Mont-Joie-Notre-Dame-Saint-George. »

Pour faire une synthèse, « Montjoie Saint-Denis ! » symbolise à la fois l’élan, le ralliement, et un appel à la foi et au courage avant la bataille. Voilà pour le petit tour d’horizon et quelques définitions sur ce cri d’origine médiévale plein d’allant propulsé sur le devant de l’actualité. Impossible d’ailleurs de le mentionner, sans se souvenir qu’on avait pu l’entendre à de nombreuses reprises à l’occasion du film Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré, comédie du début des années 93, devenue quasiment culte grâce aux inoubliables prestations de Jean Réno (aka le comte Godefroy de Montmirail) et Christian Clavier (Jacquouille la Fripouille).


Quelques réflexions inspirées du contexte

Pour reprendre un peu l’affaire donc : au cœur de la Drôme des collines, celui que la presse nous avait vendu comme le double sur terre de Jupiter (mon Jove) a reçu un soufflet (un joée en vieux français), sur la joue (joé c’est en général là que ça se donne). Dans la foulée, la victime a minimisé le geste, en le déclarant isolé (ce n’était après tout que le début de sa tournée électorale anticipée), mais il a aussi parlé, un peu plus tard, « d’ultra violence ». Ne reculant devant rien, le champion toute catégorie des médias (qui ont, de concert, œuvré à le propulser au pouvoir) a tenté de récupérer l’incident pour se poser, en de grandes envolées, comme LE défenseur des libertés républicaines contre qui ? Bin contre « l’extrême-droite » bien sûr, qui d’autre ?  « Une tentative de gifle ne fera pas reculer la République. » (sic) Non madame.

Communication politicienne quand tu nous tiens… Il faut dire qu’il n’a guère le choix. Si elle n’est pas dénuée de violence, la gifle s’exerce sur un terrain puissant au niveau symbolique. D’une certaine façon, elle rend l’affaire presque pire pour l’image du président. Un coup direct eut été bien plus clair que se faire souffleter. On aurait pu alors vraiment parler d’attentat, de terrorisme, etc… Là, les médias ont bien essayé un peu mais soyons honnête, on sent que ça ne prend pas sur tout le monde quand même. Une tarte à la crème ? Il aurait encore pu se réfugier derrière l’humour et montrer qu’il n’en manquait pas mais là… La gifle est bien plus humiliante. Elle est vexante, infantilisante, bref, bien plus encombrante. Au delà, dans l’intention de celui qui la donne, elle peut encore avoir pour fonction de faire atterrir brutalement celui qui la prend dans la réalité. Douche froide. Je te rabaisse et je te rappelle l’existence du réel. Là encore, la symbolique est gênante pour celui que ses détracteurs ont si souvent décrit un peu comme un monarque dans sa tour d’ivoire. D’ailleurs, la désignation de « Macronie » vient également de là. Utilisée elle aussi à grands renforts par l’opposition et au delà, elle moque une sorte de petite monarchie qui n’est plus tout à fait ni une république, ni une démocratie, et qui n’a plus rien de la France. Au bénéfice du doute et dans les cinquante dernière années écoulées, je n’ai pas souvenance qu’un président de la république ait fait hériter la France d’un tel sobriquet.

Une condamnation éclair

Le jeune Saint-Vallierois, au casier jusque là blanc comme neige, s’est retrouvé, quant à lui, instamment mis au fer par une justice qui, pour une fois, a décidé de se montrer éclair. Jugé sur le champ, il a déclaré au tribunal que son geste avait été impulsif. Le procureur n’en a pas voulu, considérant qu’il s’agissait d’un « acte de violence délibéré ». Le Tribunal a donc condamné le geste mais ne sans aller tout de même jusqu’à prêter à l’accusé des intentions machiavéliques ou calculées. En ce qui nous concerne, nous sommes de l’avis que s’il l’avait prémédité son acte, il aurait sans doute opté pour une tarte à la crème. Non que cela aurait été plus souhaitable, mais cela nous semble plus exprimer la nature du personnage que les diabolisations qu’on a pu en lire ça et là. Tour étrange du destin. Si Macron ne s’était pas dirigé droit sur lui pour lui serrer la main, sans doute que rien ne se serait passé. Ici tout s’est joué en situation.

Quoi qu’il en soit, les faits sont là et l’outrecuidant drômois a écopé d’une condamnation de 18 mois de geôle dont quatre mois fermes, associée d’une déchéance de droits civiques durant plus de 3 ans, d’une impossibilité à vie d’exercer un métier dans la fonction publique et enfin d’une interdiction de détention d’armes pour cinq ans. Plutôt lourd pour un soufflet même si, on vous dira que dans certains pays, on n’aurait simplement plus jamais entendu parler de sa personne. Impulsif ou non, il était, de toute façon, inconcevable que ce camouflet qui a fait le tour du monde, reste impuni ; la loi a encadré précisément ce genre de cas même certaines graduations semblent transparaître dans la mise en application, en relation à la fonction visée. Par exemple, on n’a vu récemment des maires se faire molester très rudement par des citoyens avec un soutien assez mitigé de l’exécutif, et une justice plutôt clémente. De même, on ne compte plus les fonctionnaires de police, agressés, ciblés au mortier, voire occis sans que cela déclenche jamais de procédures dérogatoires d’envergure. La rime est tentante : deux poids, deux mesures ? Bon, il s’agit du président, en même temps (j’ai hésité pour la virgule).

Taper c’est pas bien

Nous n’épiloguerons pas ici sur des commentaires trop politiques qui pourraient nous entraîner hors cadre. Posons déjà que « Taper c’est pas bien ». Tout le monde en a convenu. Le faire sur un président, fut-ce un soufflet, c’est encore moins bien. Sur cette idée, une partie de l’opinion a suivi. De l’obligation légale au reste de sacré monarchique, on pense au « Surveiller et Punir » de Michel Foucault et à ces temps où la chair du roi et celle de la France se confondaient dans une continuité symbolique. Porter atteinte à l’un équivalait alors à porter l’estocade à l’autre et quand l’Etat sévissait, il s’autorisait à punir le contrevenant dans ses chairs pour cette raison même. On ne se défausse pas si facilement de son histoire fusse-t-elle monarchique et médiévale. Certains journalistes zélés sont d’ailleurs montés au filet avec un argument flairant à plein nez une sorte de patriotisme à géométrie variable. Selon eux, à travers ce geste, nous devrions tous nous sentir atteints dans notre chair. Pour le dire trivialement, faut pas non plus trop en demander…

L’homme et la fonction

Pour rester cohérent, nous n’entrerons pas non plus dans le débat, posé par d’autres commentateurs, de savoir si la personne d’Emmanuel Macron a les épaules assez grandes pour remplir son costume présidentiel. Par ses actes et ses paroles, il s’est positionné à plus d’un titre, contre la hauteur de sa fonction même. Sur le fond, il est aujourd’hui perçu par un grand nombre de français plutôt comme un « déconstructeur » voire un destructeur de la France que comme un défenseur. C’est un peu ennuyeux tout de même, sur le plan du respect de la fonction, comme des institutions.

Au delà et cela n’aide pas, l’homme s’est aussi signalé par une pléthore de petites phrases méprisantes à l’égard du peuple qu’il est censé représenter :« ceux qui ne sont rien », « les gaulois réfractaires au changement », « je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques », « qu’ils viennent me chercher… » (voir également ici). Et il a en prononcé un nombre égal à l’égard de la nation qu’il est censé porter : « il faut déconstruire l’histoire de France », « il n’y a pas de culture française », etc… Enfin, pour compléter ce premier tableau, d’aucuns considèrent qu’Emmanuel Macron s’est personnellement abaissé à des niveaux indignes d’une fonction présidentielle, en s’affichant de manière inconsidérée et peu conventionnelle dans un nombre varié de situations (selfies contestables, fêtes peu conventionnelles, youtubeurs à l’Elysée, …). Pour ces commentateurs, Emmanuel Macron aurait perdu de vue que représenter la France et en être le président induisait le respect d’une certaine tenue protocolaire. Bien sûr, pas question ici d’établir une relation de cause à effet, et encore moins de justifier une baffe, Holala non, mais simplement de réfléchir aux éléments ayant pu mettre à mal son autorité, son image et le respect dû à sa personne, au delà de sa fonction.

Le mouvement des gilets jaunes

En réalité, le fait que l’auteur de cet acte hors du commun se soit revendiqué comme un gilet jaune pourrait être une clef suffisante pour tenter de comprendre en partie son geste, à défaut de le cautionner. Pas question non plus de dire ici que les gilets jaunes auraient pu le soutenir en cela ou se montrer solidaires. On n’a bien compris que lui-même ne l’a pas contrôlé, ni prémédité et s’est retrouvé totalement débordé. Il n’a même pas cherché à faire appel de la décision, ni à la différer. Pourtant, on ne peut s’empêcher d’avoir un pensée, ici, pour les traitements réservés, en 2018, à ce mouvement populaire (11 morts, plus de 4400 blessés, yeux crevés, mains arrachées, près de 10800 gardes à vue, 2000 condamnations ). On se souvient aussi de la frustration et de la colère ressenties par les membres de ce mouvement et des sentiments d’injustice légitimes exprimés face aux terribles violences policières à la main de l’exécutif. On feint, aujourd’hui, de ne pas mettre en relation tout cela et pourtant, c’est l’évidence même. Cette plaie ne s’est jamais refermée et si le mouvement s’est dilué dans des récupérations politiques nauséabondes et orchestrés, les rancunes, pas plus que les frustrations ne se sont éteintes. Si pour maintes raisons dont la crise sanitaire, les gilets ne sont plus si souvent de sortie, le problème est aussi demeuré.

Et vice et versa

Dans ce contexte, il est opportun d’ajouter que toute forme de violence gratuite devrait être condamnée, du bas de l’échelle vers le haut, et vice et versa : répréhensible des citoyens vers les corps officiels et encore les représentants politiques et élus, son exercice arbitraire devrait être également proscrit quand elle s’exerce des représentants du pouvoir et de l’autorité envers les citoyens. Une telle réciprocité évite, en principe, de verser vers des formes d’abus de pouvoir et d’autoritarisme. Juste un peu après les dérives de l’affaire Benalla, il est difficile d’oublier que, dès le début de ce quinquennat Macron, de nombreux manifestants pacifistes, dont un nombre important issu de la ruralité, de la France périphérique et des classes les plus modestes, ont été chargés pratiquement à l’arme de guerre et meurtris dans leurs chairs sans qu’un mot d’excuses ou une explication fussent jamais officiellement prononcés pour alléger leurs souffrances.

Comme l’avait écrit Barbara dans son vivant poème de 1996 : « Je sais que le monde a des dents, comme nous le monde se défend« . D’une certaine manière, il n’est pas impossible que le président français vienne de l’apprendre à ses dépens. A-t-il fini par nourrir une foi aveugle dans les sondages pipés que les instituts ne cessent d’asséner sur sa popularité grandissante ? Mémoire du poisson rouge, excès de confiance ou, plus sûrement, véritable faille dans son système de sécurité habituel, il semble étonnant qu’il ait pu penser pouvoir se balader n’importe où en France, sans filet, comme le bon sauveur du peuple, sans risquer de croiser sur sa route quelques citoyens réfractaires à sa politique ou quelques gilets jaunes à la mémoire longue. Si on ajoute à tout cela, deux ans de confinement et de couvre-feu et des centaines de milliers de personnes ayant perdu leur emploi, l’affaire se complique d’autant pour lui. Même si la leçon a été dure, il serait pourtant étonnant de le voir reculer sur son envie de briguer un second mandat. On peut donc gager qu’à partir de maintenant, les dispositifs renforcés lui permettront de soigner sa communication face caméra et sa course au pouvoir.

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

NB : la photo d’entête est, bien sûr, tirée des Visiteurs de Jean Marie Poiré, série de films débutée en 1993, qui a permis de découvrir le superbe duo formé par Jean Réno aka le comte Godefroy de Montmirail) et Christian Clavier dans le rôle de Jacquouille la Fripouille.

Kaamelott au cinéma : sortie différée pour raisons de santé

Sujet :  Kaamelott, humour, série télévisée,  trilogie, cinéma, tournage,   légendes arthuriennes,  quête du Graal, médiéval-fantastique, comédie.
Période     : haut moyen-âge à  moyen-âge central,
Auteur-Réalisateur :  Alexandre Astier

Bonjour à tous,

C_lettrine_moyen_age_passione n’est une nouvelle pour personne, dans le cadre du confinement lié au Covid 19, le secteur de la culture est  aussi fortement touché. Nous en avons déjà largement parlé sur les fêtes et autres événements que nous relayons, ici, autour du monde médiéval, et, désormais, quelques célébrités ont aussi fait entendre leur voix et leurs préoccupations.

Théâtres, concerts, animations, comme le reste de l’économie, le secteur est sinistré.  Les événements culturels, du mois de mars à l’automne 2020,  ont été déprogrammés  ou annulés en avalanche.  Certains ont décalé leur  sortie quand ils le pouvaient mais rien de simple en l’absence totale de visibilité. Du côté des productions cinématographiques ou télévisuelles, les calendriers de sortie et de tournage sont aussi chamboulés et on a même déjà appris le retard probable de  saisons très attendues sur les sites de streaming.


« Seigneur, je me vouerai tout entier à la noble quête dont vous m’honorâtes. Mais avec l’équipe de romanos que je me promène, on n’est pas sorti des ronces. »    Arthur (Alexandre Astier) –  Série   Kaamelott


Kaamelott   : sortie   prévue à novembre  2020

Dans ce contexte, le premier  long  métrage d’Alexandre Astier autour  de   Kaamelott n’échappera pas à la règle. Le lancement avait été annoncé pour juillet 2020 et, sur son compte twitter, l’auteur  a relayé, hier, un communiqué officiel du groupe M6 confirmant une sortie nouvellement prévue pour le  25 novembre 2020.

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Au vue du contexte , on se doutait bien que les cinémas en juillet n’allaient pas avoir repris leur activité normale. Ce n’est donc qu’une confirmation.    Quant aux nombreux fans qui attendent le film depuis de nombreuses années, on peut gager que quelques mois de plus ne feront guère de différence.

Retrouvez ici nos autres articles sur la série télévisée Kaamelott

En vous souhaitant une belle journée.

Frédéric EFFE
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes

Kaamelott: Merlin le boulet et Elias le Fourbe, druide et enchanteurs de Bretagne

kaamelott_cinema_trilogie_humour_alexandre_astier_news_infos_serie_culteSujet : humour, détournement, série télévisée, légendes arthuriennes, Kaamelott, Alexandre Astier, comédie, série culte, Merlin, Elias, druides, enchanteurs
Période : moyen-âge central et haut moyen-âge
Auteur original: Alexandre  Astier
Distribution :   CALT production, M6
Média : détournement

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passion la faveur du week end, voici un nouveau clin d’oeil à la série Kaamelott d’Alexandre Astier avec un petit mélange de reposts détournements, mêlé de nouveautés, mais aussi quelques réflexions sur le Merlin de la célèbre série télévisée et encore un peu d’actualité sur les acteurs qui donnent vie à l’écran au deux « enchanteurs » du royaume.

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Kaamelott, Elias & Merlin, humour, détournement affiche cinématographique

De Excalibur à Kaamelott, Merlin VS Merlin

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour comparer deux versions modernes de ce personnage des légendes arthuriennes, il y a entre le Merlin d’Alexandre Astier et celui d’Excalibur de John Boorman, à peu près autant de points communs qu’entre une sole meunière et un scie circulaire. Outre les différences indéniables de ton dans les dialogues, mais aussi dans le jeu d’acteur – on se souvient que le Merlin de Boorman campé par Nicol Williamson partait presque, par instants, dans des envolés théâtrales lyriques et shakespeariennes – le Merlin de Kaamelott, incarné par le très drôle Jacques Chambon est bien plus druide, que magicien ou même enchanteur.

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Est-ce le fait, comme il le dit lui-même, qu’il n’est pas fait pour vivre entre quatre murs dans un château mais bien plutôt au milieu de mère nature, dans la forêt et au grand air qui freine quelque peu son efficacité ? Rien n’est moins sûr. Il reste en tout cas ce personnage en décalage, étourdi, un peu gauche, venu d’un autre monde, souvent incompris et, il faut bien le dire, tordant. Pour notre plus grand plaisir, Alexandre Astier s’amuse, là encore, à prendre le mythe arthurien à contre pied, au point qu’on finirait presque par se demander comment ce même Merlin là a pu prodiguer à Uther Pandragon  le sort lui ayant permis d’abuser de Dame Ygraine en prenant l’apparence de son époux le Duc de Cornouailles, concevant ainsi malgrè elle, l’enfant qu’allait devenir  Arthur.

kaamelott_legendes_arthuriennes_roi_arthur_alexandre_astier_citations« Mais à un moment donné, il est vraiment druide ce mec là ou ça fait 15 ans qui m’prend pour un con ? »
Arthur, au sujet de Merlin, Kaamelott,  Alexandre Astier.

Ne soyons pas trop dur avec ce Merlin, il a tout de même quelques savoir-faire à son actif: il réalise quelques potions utiles (quand il ne se trompe dans  les ingrédients), il dispose également de quelques puissants parchemins de sorts (quand il ne les égare pas sur les sentiers en les abandonnant par mégarde aux pires ennemis de la couronne) et il sait aussi (bien que la chose ne se soit pas révélée d’une utilité extrême jusque là), se transformer en animal, en fonction d’un calendrier druidique dont lui seul connait les arcanes.

Arthur_Alexandre_Astier_kaamelott_serie_tele_culte_legendes_arthuriennesHormis cela, d’une manière générale, un « léger » voile plane sur ses réelles aptitudes en magie et du côté de la divination, n’attendez pas non plus de sa part  qu’il vous livre des prophéties ou vous conseille sur la marche à tenir pour mener le royaume, ses compétences sont largement plus élevées en soins et en langages animaliers (et encore pas toutes les espèces) qu’en cette matière.

Pas toujours de bonne volonté, la plupart du temps sur la défensive, le Merlin  de Kaamelott n’est souvent pas au rendez-vous des attentes de son souverain, et il brille par son inutilité dans la plupart des situations. Il est d’ailleurs  tellement en dessous que le roi Arthur a nommé un autre personnage pour le seconder au château, dans le domaine des sciences magiques, druidiques et mystiques : Elias de Kelliwic’h (le talentueux Bruno Fontaine à l’écran). Ce dernier est résolument magicien et même surpuissant et redouté dans son domaine, mais, hélas, outre sa légendaire fourberie, ses intérêts personnels et pécuniaires passent, la plupart du temps, bien au dessus de ceux du royaume.

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Merlin Le boulet et Elias le Fourbe
1 enchanteur en 2, dédoublement troublant

D_lettrine_moyen_age_passione fait, il est amusant de noter que le personnage d’Elias vient combler le déficit de compétences magique de Merlin tout en ne rétablissant pas totalement l’équilibre, puisqu’il a ses propres travers et, comique oblige, il faut bien qu’il les ait.

En plus de tout cela et c’est sans doute le plus troublant au niveau ressemblance physique (âge, pilosité faciale, etc) mais aussi vêtements et  accessoires (manteau,  couleur, sceptre), Elias est Merlin_jacques_chambon_kaamelott_druide_enchanteur_serie_tele_alexandre_astier_2finalement bien plus proche du Merlin de l’Excalibur de John Boorman que ne l’est le Merlin de Kaamelott. Ce dernier ne porte pas de sceptre, il est vêtu de blanc.

Il se rapproche, en définitive, beaucoup plus de l’image du druide celte, proche de la nature et pourrait évoquer plus favorablement le célèbre Panoramix d’Asterix et Obelix. Il n’en a pas encore le grand âge mais il en a, en tout cas, plus l’apparence générale (pilosité, couleur de vêtements, etc). Par ailleurs, le goût d’Alexandre Astier, pour l’oeuvre d’Uderzo et de Gosciny, autant que son talent de réalisateur la concernant n’est plus à prouver et est même en passe, d’être démontré une seconde fois. 

Redif : une colère gratinée. Episode hommage.

P_lettrine_moyen_age_passion copiaar ses effets et sa longue barbe, on pourrait encore rapprocher ce Merlin de l’image du Merlin sage et ancien que nous livre une certaine littérature anglo-saxonne et, là encore, il est intéressant de remarquer le clin d’oeil visuel fait dans Kaamelott d’un Merlin vêtu de gris du temps de la jeunesse romaine d’Arthur (Livre VI) , à un Merlin drapé  de blanc au moment de la quête du Graal. A-t-il comme le Gandalf de JRR Tolkien passé les épreuves suffisantes et acquis la maîtrise de son art, pour avoir laisser le gris au profit du blanc? Il laissera à nouveau la couleur pure et diaphane de côté, au profit de couleurs plus sombres quand il Merlin_jacques_chambon_kaamelott_druide_enchanteur_humour_serie_tele_alexandre_astierquittera le château et tout au long du livre V,

Ce n’est qu’une hypothèse mais, finalement, au delà de leurs travers comiques, dans cette sorte de dédoublement du personnage de l’enchanteur qu’il nous propose avec Merlin et Elias, peut-être Alexandre Astier nous invite-t-il à considérer deux faces de Merlin, à travers les légendes, en le scindant, d’une certaine manière, en deux personnages différents : d’un côté, le druide breton et celte traditionnel, de l’autre le magicien enchanteur capable de tout et surpuissant. D’un côté encore Merlin l’ancien, un peu fatigué, un peu en dessous, avec la bonhomie d’un Panoramix, de l’autre Merlin, l’enchanteur puissant et terrifiant, redouté de tous et manipulateur, ce qui est finalement le propre d’Elias dans Kaamelott.

kaamelott_legendes_arthuriennes_elias_alexandre_astier_citations« Une pluie de pierres en intérieur, donc ! Je vous prenais pour un pied de chaise, mais vous êtes un précurseur, en fait ! »
Elias (Bruno Fontaine à Merlin. A Astier – Kaamelott

Quoiqu’il en soit, ne cherchez pas entre les deux enchanteurs de Kaamelott la marque d’une fine équipe, pas d’avantage que l’esprit d’entraide ou une belle  de complicité. Elias n’aide Merlin que contraint et forcé par Arthur et, en réalité, s’il le traite volontiers de boulet, il est loin de le porter ses épaules. Au grand dam du roi, cette collaboration ne tient pas.

L’actualité théâtrale
de Bruno Fontaine & Jacques Chambon

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P_lettrine_moyen_age_passion copiaour dire deux mots de l’actualité de ces deux talentueux acteurs, vous pouviez retrouver Bruno Fontaine récemment sur les scènes théâtrales et en région lyonnaise. Il incarnait le célèbre commissaire San Antonio de Frédéric Dard. Retrouvez toute son actualité sur sa page Facebook .

bruno_fontaine_actu_acteur_kaamelott_elias_enchanteur_san_antonio_frederic_dardQuant à Jacques Chambon,, très actif également sur la scène théâtrale, il écrit des pièces humoristiques et joue aussi dans d’autres créations. Là encore l’abonnement à son Facebook semble le moyen le plus simple de suivre son agenda de spectacles.

Avant de nous quitter, il en est encore temps, souhaitons un joyeux anniversaire à Alexandre Astier qui fêtait hier ses 43 ans. Longue vie à lui !

En vous souhaitant une excellente fin de week-end.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Kaamelott le film, Kaamelott Resistance, l’interview d’Alexandre Astier lui-même, qui on dira ce qu’on voudra, reste tout de même le mieux placé pour en parler.

kaamelott_news_actualites_long_metrage_trilogie_resistance_legendes_arthuriennesSujet :  Kaamelott, trilogie, série télé, long métrage, films légendes arthuriennes, roi Arthur
Auteur : Alexandre Astier
Interview : L’express
Date : janvier 2016
Période : haut moyen-âge forcément

B_lettrine_moyen_age_passionon, sur ce coup là, je ne m’explique franchement pas comment j’ai fait pour passer à côté de cet interview d’Alexandre Astier par l’Express à propos de la suite des projets Kaamelott et qui date déjà de quelques mois. Ce n’est pas faute pourtant de jeter un oeil régulier sur le sujet mais entre De Joinville, Saint Louis, Froissard, les troubadours, les poètes médiévaux, les châteaux-forts, les croisades et aussi deux ou trois âneries, le temps file…

Du coup, je dois bien l’avouer,  je me sens un peu comme ce type qui se pointe 5 mois après pour vous souhaiter un bon anniversaire. Mais, tant pis, notre pain noir mangé, publions la nouvelle! Elle est trop bonne pour ne pas trouver ici sa place, même avec effet retard, et je me fais même une joie de l’annoncer à tous ceux qui étaient passés à coté, aussi surprenante soit-elle: Oui, vous entendez bien! Alexandre Astier plébiscite les tee shirts marins! C’est fantastique! Mais je plaisante bien sûr, la nouvelle c’est que le bateau trilogie; long métrage sur grand écran kaamelott s’apprête à lever l’ancre et la concrétisation du projet n’a jamais été si proche (pour le jargon maritime, là par contre, ce n’est pas moi qui continue mes âneries, c’est lui dans l’interview).

Voilà tout est dit! Rien à ajouter, le capitaine de bord de la nef Kaamelott a parlé et nous serons, de toute façon et comme toujours, au rendez-vous de ses créations.

Sans parler des longs métrages et de la trilogie Kaamelott qui traiteront vraisemblablement du retour du roi Arthur et que tous les suiveurs et autres aficionados de la série télévisée attendent impatiemment depuis quelques années déjà, j’avoue que le format écrit qui semble poindre à l’horizon pour Kaamelott Resistance a, lui aussi et par anticipation, une effet assez jubilatoire. Qui sait, en alexandre_astier_des_nouvelles_de_kaamelott_le_film_et_kaamelott_resistanceeffet, où l’imagination d’Alexandre Astier et son talent pourront le porter avec sa plume, une fois affranchi des contraintes budgétaires qu’emporte toujours forcément un peu la production audio-visuelle?

Même s’il avait déjà sorti le scénario des premiers livrets en format papier, et aussi quelques bandes dessinés de choix, pour ceux qui suivent les pérégrinations du talentueux auteur et qui aiment aussi les livres, on ne peut être qu’impatient de le voir se prêter à l’exercice; si c’est bien d’un roman ou d’un livre qu’il pense nous gratifier, bien entendu, mais allez savoir avec lui. Cette manie de vouloir surprendre aussi, le pire c’est que je suis sûr qu’il a toujours été comme ça, jamais là où on l’attend…

Alexandre Astier, un auteur talentueux et exigeant kaamelott suite
Alexandre Astier, un auteur talentueux et exigeant jamais là où on l’attend

Plaisanterie mise à part, soyons franc c’est aussi ça qui est rafraîchissant chez Alexandre Astier: ne jamais chercher à être attendu, quitte à  prendre même le contre-pied. Franchement c’est un vrai bol d’air et c’est aussi un pari sur l’intelligence du public que le public lui rend bien. Combien de films avez-vous vu dernièrement dont vous connaissiez déjà la fin dès la première minute? Nous l’avons déjà dit ici mais je ne me lasse pas de le répéter parce que c’est loin d’être anodin. Dans nos sociétés « médiamétrisées » au ras du slip, tout est sacrifié sur l’autel du neuromarketing et des annonceurs: le politiquement correct, les choses attendues, les choses convenues, On ne cesse de nous diffuser de la médiocrité culturelle en nous expliquant que ce sont les gens qui en redemandent, mais au fond on continue de leur en servir à seule fin de leur vendre des cacahuètes, des salades ou des chips entre les vides des programmes: de l’émotion pas cher et bon marché contre du contenu qui fait réfléchir. Il faut que le cerveau soit mou et disposé pour consommer.

Dans ce contexte de mise à mort progressive du sens critique et de dictate du pognon à tout crin, surprendre et miser sur l’intelligence du public est devenu, de fait, rien moins qu’une forme d’acte engagé. Au delà d’être la marque d’une liberté que justement l’Art véritable devrait toujours permettre, c’est aussi une marque profonde d’empathie et de respect et même si on sent bien qu’il y a du jeu et de la complicité dans la manière dont Alexandre Astier le fait, il n’y a, pour autant, aucune facilité dans l’exercice. Ne nous y trompons pas, c’est toujours de la prise de risque et c’est aussi toujours dans le sens d’un pari d’élévation. Au delà de l’immense plaisir qu’il y a toujours à découvrir ses créations, il est aussi en train de démontrer quelque chose et d’ouvrir des voies. Alors une fois encore, respect et  Grazie mille!

Alexandre Astier, des news de Kaamelott Resistance et Kaamelott trilogie. (Interview l'express)
Alexandre Astier, des news de Kaamelott Resistance et Kaamelott trilogie. (Interview l’express)

Juste avant de décrocher par contre et pour le relever quand même, j’ai bien aimé la question suivante du journaliste, ça sent le truc mûrement réfléchi:

– Tous les personnages de Kaamelott seront-ils dans le film ?

– Oui, tout à fait, absolument, les cent cinquante acteurs des six livres télés et des centaines d’heures vidéos seront tous là. Ils auront même une réplique chacun. Bon assez courte par contre. Va falloir que ça dépote pour que tout le monde puisse en placer une parce que même à une minute la réplique, ça va nous faire déjà un film de plus de deux heures trente. Rassurez-vous par contre le roi Arthur en aura deux. C’est le minimum que je pouvais faire quand même. Une autre question peut-être?

– Elle est où la poulette ?

– Ah voilà! Enfin, on sent que vous retombez enfin sur vos pattes. Vous dansez ?

– Non désolé. Jamais entre les repas.

– Dommage, ça aurait pu être sympa de se faire un p’tit Moon walk.

Mais allons, freinons là! Ne cédons pas à la facilité de se gausser. Le journaliste voulait surement savoir quels personnages clés on allait retrouver dans le film et soutirer quelques infos en posant la question à l’envers. A son grand dam, il fit choux blanc mais nous le remercions quoiqu’il en soit de cette interview qui, bien que publiée ici avec quelques retards, apporte son lot de vraies bonnes nouvelles pour la suite de Kaamelott et de la légende du roi Arthur, façon d’Alexandre Astier. Rassurez-vous, par contre, de notre côté, leçon bien apprise, nous avons, depuis, news_kaamelott_trilogie_le_film_resistance_interview_alexandre_astiercherché sans relâche tel le courageux teckel explorant avec frénésie le terrier du lapin s’il y avait des nouvelles plus fraîches et point n’en avons trouvé, hormis la petite phrase de l’excellent François Rollin (le roi Loth dans Kaamelott) datant de quelques jours et qui confirme les démarrages de tournage autour des débuts 2017. Il a même ajouté qu’il était vraisemblable qu’il en fasse partie. Tant mieux que serait le royaume de Logres sans ce traître né et cet inlassable comploteur. Une autre nouvelle datant de deux jours confirme également que le tournage du film devrait démarrer cet hiver. Le sujet est donc bien plus chaud que jamais!

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Kaamelott, les cours de rattrapage sont ici. Vous y trouverez aussi toutes les infos pour vous procurer cette excellentissime oeuvre d’Alexandre Astier autour de la légende du roi Arthur et des preux chevaliers de la table ronde. Pour le cas où vous soyez passés à côté au moment de sa diffusion télévisuelle, il y a quelques années, n’ayez aucune crainte, il ne sera jamais trop tard, c’est absolument indémodable.

Une belle journée à tous!

Fred
pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publilius Syrus  Ier s. av. J.-C