
Historien médiéviste,.
Interview le Monde de l’éducation (mai 2000)

Sujet : festival, les médiévales de Provins, divertissement sortie, lieux d’intérêt,
Lieu : Provins, haut site historique, patrimoine mondial de l’UNESCO
Dates : Samedi 11 et Dimanche 12 juin 2016
Bonjour à tous!



Du côté spectacles de rue et animations, le festival vous régalera encore de théâtre comique autour de la légende d’Arthur et des chevaliers de la table ronde (Compagnie Crealid), de spectacles équestres à la poursuite de la légende des chevaliers et bien sûr de nombreux troubadours, jongleurs, équilibristes et autres saltimbanques venus pour ravir vos sens et vous transporter quelques sept ou huit siècles en arrière. La très joyeuse et dynamique compagnie Gueule de Loup sera aussi sur place et il y aura encore, 
Bref, j’en passe, mais une chose est sûre quand Provins se met à l’âge médiéval, tout est fait pour que vous y trouviez votre plaisir et votre divertissement. Sachez encore que des navettes gratuites sont organisées dans la ville, tout au long des deux jours du festival pour vous faciliter les accès à toutes ces réjouissances. Pour plus de détail le programme des festivités des 33e médiévales de Provins est ici. Vous pouvez aussi consulter le site web des 33e médiévales ici.


Provins a vu passer plus d’un personnage illustre de l’Histoire de France. Clovis s’empara de son Castrum Romain à la fin du Ve siècle et plus tard, on sait que Charlemagne y envoya ses « missi dominici », hauts fonctionnaires royaux très proches du roi que ce dernier mandait dans les points les plus importants du royaume afin d’en contrôler la bonne marche.

Plus tard et dès l’an mille, la ville s’impose comme un carrefour commercial de première importance. L’économie y sera florissante et elle attirera alors à elle de nombreux habitants et marchands. Durant le XIIIe siècle, on fortifiera la ville en y faisant construire des remparts de plus de cinq kilomètres de long pour protéger ses gens et ses richesses. Bénéficiant de la protection des comtes de Champagne, la ville connaîtra également le très célèbre roi guerrier troubadour, Thibaud le Chansonnier ou Thibaud IV de
Champagne, vassal de Philippe Auguste et de Saint Louis, dont nous vous parlions plus haut dans cet article..

Provins sera alors devenue une ville de majeure importance avec plus de 80 000 habitants ce qui en fera la troisième ville de France et les célèbres foires de Champagne du XIIe et XIIIe siècles consacreront encore son grand renom. En 1429, la ville verra aussi Charles VII et sa cour, en compagnie de Jeanne d’Arc, communier ensemble autour 
Quand il s’agit de faire revivre et d’animer sa propre Histoire. la ville de Provins n’en est pas à son galop d’essai et loin de là. Elle propose en effet, tout au long de l’année, de nombreux événements et visites de ses monuments ou de ses rues, à la découverte de son patrimoine et, pour ce qui nous intéresse, de la période médiévale de son Histoire. Avec les 33e médiévales, l’ambition est clairement de faire de cet événement l’un des plus grand festival de France sur le moyen-âge. Nul doute qu’avec l’expérience acquise, les efforts fournis, la qualité patrimoniale et monumentale de cette belle ville, et encore l’exceptionnel programme des festivités, le pari sera réussi. Alors, encore une fois, si le coeur vous en dit, voilà une très belle sortie pour égayer cette fin de semaine et la finir dans la joie!
Une merveilleuse journée à tous et, par dessus tout, joie et longue vie!
Fred
Pour moyenagepassion.com
« A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes »

Période : XIVe siècle, moyen-âge central
Auteur : Jean Froissart (1337-1410)
Titre : Ballade
(Ci contre portrait de Jean Froissart, anonyme, XIXe siècle, © National Portrait Gallery, Londres)
Bonjour à tous,
Aujourd’hui, nous dédions un premier article à Jean Froissart, Chroniqueur, écrivain et poète du XIVe, reconnu comme comptant parmi les premiers historiens médiévaux par nombre de nos contemporains.


Curieux de tout et aimant les voyages, l’âme d’un troubadour tout autant que celle d’un chevalier (même si l’on est pas certain qu’il fut véritablement adoubé), Jean Froissart voyagera dans de nombreux pays d’Europe, pour satisfaire son insatiable appétit de découvertes; Angleterre, Pays de Galles, Pays Bas, Ecosse, Espagne, Italie, etc. Avec méthode, il interrogera ses différents protecteurs et les chevaliers qu’il croisera au hasard de sa grande destinée afin de parfaire l’oeuvre de sa vie: ses chroniques historiques. Vers la fin de son existence, il sera aussi ordonné prêtre, rattrapant en quelque sorte, la voie qu’on avait voulu lui faire suivre.

« Partout où je venais, je faisais enquête aux anciens chevaliers et écuyers qui avaient été dans les faits d’armes, et qui proprement en savaient parler ; et aussi aux anciens hérauts d’armes, pour vérifier et justifier les matières. Ainsi ai-je rassemblé la noble et haute histoire, et tant que je vivrai par la grâce de Dieu, je la continuerai ; car plus j’y suis et plus y labeur, plus me plaît. »
Jean Froissart, Citation, Extrait.

En dehors de ses productions littéraires, et même si on y a, longtemps, peu prêté d’attention, l’Histoire retiendra bien plus ses Croniques de France, d’Engleterre et des païs voisins, fortement inspirées d’une chronique du chanoine liégeois Jean le Bel mais qu’il aura eu à coeur de compléter et d’étoffer de sa plume talentueuse, autant que du large travail de terrain qu’il aura pu effectuer tout au long de sa vie. Froissart n’est pas le premier, bien sûr, à s’essayer au genre des chroniques historiques et elles sont assez prisées des rois et des nobles durant cette partie du moyen-âge central. On les illustre et on les enlumine, en général, et elles servent tout autant à 
Concernant cet ouvrage, haut en faits et en couleurs, on se doit encore ajouter que, comme pour bien des chroniques de cette période, il ne faut pas nécessairement y rechercher l’objectivité. Cela a-t’il vraiment changé de nos jours pour ce même genre, peut-être finalement plus proche d’un certain journalisme que de l’Histoire? Rien n’est moins certain. Dés l’instant où quelqu’un paye, il finit bien toujours par en demander pour son argent.
Quoiqu’il en soit, concernant les chroniques de Froissart, les dates n’ont pas la précision qu’un Historien moderne exigerait, les faits relatés ne le sont pas toujours à l’aide d’une méthodologie sans faille, les témoignages ne sont pas systématiquement recoupés, etc.., et Froissart n’échappe pas non plus à sa propre condition qui l’incline quelquefois à encenser ses protecteurs ou la chevalerie, au détriment du reste. Ce n’est, donc, bien entendu, qu’en les recoupant avec d’autres documents d’époque que l’on peut faire le tri des talents littéraires de Froissart et de ses propres implications, avec la justesse de ses vues sur les faits qu’il décrit. Il reste que son legs demeure une référence et, son approche opiniâtre pour témoigner de son époque autant que ses efforts pour la relater au plus près, lui ont gagné, pour beaucoup, une place de choix parmi les premiers historiens du monde médiéval. Ses chroniques restent aussi une oeuvre de référence majeure sur la guerre de cent ans.
Pour ce premier article le concernant, nous prenons un peu le contre-pied de l’habituel et plutôt qu’un extrait de ses chroniques, nous vous présentons, ici, une de ses ballades, ma foi, assez légère et très fleurie.
SUS toutes flours tient on la rose à belle,
Et, en après, je croi, la violette.
La flour de lys est belle, et la perselle;
La flour de glay est plaisans et parfette;
Et li pluisour aiment moult l’anquelie;
Le pyonier, le muget, la soussie,
Cascune flour a par li sa merite.
Mès je vous di, tant que pour ma partie:
Sus toutes flours j’aimme la Margherite.
Car en tous temps, plueve, gresille ou gelle,
Soit la saisons ou fresce, ou laide, ou nette,
Ceste flour est gracieuse et nouvelle,
Douce et plaisans, blancete et vermillette;
Close est à point, ouverte et espanie;
Jà n’i sera morte ne apalie.
Toute bonté est dedens li escripte,
Et pour un tant, quant bien g’i estudie:
Sus toutes flours j’aimme la Margherite.
Mès trop grant duel me croist et renouvelle
Quant me souvient de la douce flourette;
Car enclose est dedens une tourelle,
S’a une haie au devant de li fette,
Qui nuit et jour m’empeche et contrarie;
Mès s’Amours voelt estre de mon aye
Jà pour creniel, pour tour ne pour garite
Je ne lairai qu’à occoision ne die:
Sus toutes flours j’aimme la Margherite.
Une belle journée à tous et longue Vie!
Fred
Pour moyenagepassion.com
« A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes«

index des autres articles sur le sujet
1. Naissance des châteaux forts
2. Du bois vers la pierre
3. Mottes, forteresses de bois et techniques de siège
« Sur un territoire couvert de châteaux fortifiés occupés par des seigneurs turbulents, audacieux, la guerre était et devait être à l’état chronique. D’ailleurs, celui qui possède une arme n’attend que l’occasion de s’en servir, et la provoque au besoin. De même celui qui possède une forteresse ne vit pas sans un secret désir de la voir attaquer, ne fût-ce que pour prouver sa puissance. »
Eugène Viollet Le Duc,
Dictionnaire Raisonné de l’architecture française, 1856


En l’absence de place sur la motte pour y construire tous les édifices utiles au seigneur, les bâtiments connexes pourront aussi venir s’appuyer contre la butte même comme à Windsor. Dans d’autres cas encore, on désertera tout simplement les mottes castrales pour des endroits plus accessibles et plus spacieux sur lesquels on s’installera à la faveur de la sécurité qu’offre la pierre. Au fond, même si l’élévation reste appréciée pour les avantages défensifs qu’elle confère, avec l’usage plus systématique de la pierre, la possibilité est aussi offerte d’élever des remparts bien plus hauts et bien plus résistants. De fait, même si l’on continuera à jucher des châteaux sur des hauteurs ou des promontoires durant ce siècle, l’élévation du terrain ne sera peut-être déjà plus une donnée aussi sensible pour la construction de telles forteresses, fait que l’avènement de l’architecture philippienne viendra encore consacrer.

En réalité, il faut bien encore le répéter, aucune généralité ne convient vraiment quand il s’agit de dépeindre l’histoire des châteaux forts et l’Histoire de ces terres de France qui se fortifient durant le Moyen Âge central; l’architecture médiévale défensive reste hétérogène parce que ses avancées sont avant tout commandées par la loi du contexte, des moyens et ressources en présence, et encore de la nécessité. Les donjons de pierre ou les châteaux de pierre existent déjà dans certains endroits depuis le XIe siècle et on connait aussi les enceintes castrales, sans même parler des monastères ou des fortifications d’origines urbaines, villageoises ou religieuses. Tous les châteaux sont loin d’être à motte en ce début de XIIe siècle. Malgré cette disparité, une vérité semble aujourd’hui indéniable, durant ce siècle comme celui qui le suivra, on verra les châteaux ou les donjons de pierre se multiplier. « L’enchâtellement » se poursuivra donc et ce maillage du territoire par des édifices défensifs et des seigneurs vassalisés connaîtra encore de beaux jours. La féodalité n’est pas encore à son automne même si Philippe Auguste s’emploiera à la mettre à mal pour renforcer sa couronne et avec elle, le pouvoir du roi sur les terres de France et sur les grands vassaux. (ci contre 
Quoiqu’il en soit, avec l’avènement de la pierre, quelques hommes juchés sur un rempart ou un tour de pierre pourront ainsi défendre de manière encore plus efficace le territoire mais surtout le seigneur qui occupe le château et y vit. Les temps où une poignée d’hommes déterminés pouvait mettre en échec une motte castrale sont en recul et les châteaux forts entrent dans leur âge d’or. Le simple feu désormais ne suffit plus et, du point de vue des techniques de siège, il semble désormais que sans alliés dans la place prompts à trahir le maître des lieux, seul le blocus du château-fort en lui coupant les voies de communication, ou même une armée forte et experte en travail de mines ou dotée d’engins de siège puisse faire échec à ces édifices. Pour les assaillants les plus empressés, il faudra même faire appel à de plus gros engins de siège que les simples catapultes afin d’en venir à bout .
« Si l’on en juge par les comptes de l’Échiquier anglais, de telles constructions en pierre étaient très coûteuses. Seuls les grands princes pouvaient en assumer les frais. Leur multiplication est un signe d’un renforcement du pouvoir monarchique en Occident. Tandis que s’opérait cette révolution, la masse des seigneurs continuait à vivre dans des châteaux périmés. Certains élevaient encore des mottes – désormais quadrangulaires – dans la première moitié du XIIIe siècle. S’épuisant à moderniser leur demeure, beaucoup étaient entraînés dans un processus de déclassement qui touchait en même temps le lignage et le bâtiment. »
Michel Bur. Château Fort, Universalis
D’un point de vue sociologique et pour faire écho à Michel Bur sur ces questions, durant les siècles précédents, là où quelques hommes et paysans, rangés aux côtés d’un seigneur ou d’un vassal (même de prestige modeste), pouvaient construire en quelques temps une motte castrale, une tour ou une palissade de bois, l’ère des châteaux de pierre marquera encore la distance, à l’intérieur même de la classe des seigneurs, en permettant aux plus puissants et riches d’entre eux de se distinguer de leurs pères par le prestige tout autant que l’efficacité défensive du château de pierre.

Dans le courant de ce XIIe siècle, le roi de France, Philippe Auguste, lancera la construction du Louvre. (ci-dessous portrait de Philippe-auguste par Louis-Félix Amiel, XIXe, Château de Versailles). Il en profitera pour formaliser et synthétiser, avec ses bâtisseurs, les standards de tout bon château-fort qui se respecte; l’architecture 

Avec l’architecture philippienne, on admet généralement que la défense passera aussi de passive à active puisque la masse de la pierre ne sera plus la seule parti-prenante à la défense du bâtiment et, plus loin, du territoire. Il ne s’agit plus, en effet, d’opposer simplement l’inertie de la matière et l’élévation aux attaquants: ouverts aux quatre orients et sis sur ses remparts, le château-fort pourra désormais protéger l’ensemble des terres qui l’entourent et les hommes juchés sur son chemin de ronde ou embusqués dans son corps de garde, pourront par les dispositifs défensifs des tours et des murailles, autant par la circulation facilitée sur les courtines, défendre activement l’édifice. De fait, comme nous le suggérions plus haut, on se mettra même à construire les châteaux philippiens en plaine, sans nécessairement avoir à le jucher sur une hauteur.

Dans la série des innovations que ce siècle verra encore émerger, les architectes médiévaux privilégieront progressivement la tour ronde plutôt que la tour carrée parce qu’elle offre moins de prise aux projectiles. Cette nouvelle forme architecturale connaîtra un succès plus marqué lors du siècle suivant, même si en fonction des disparités culturelles on continuera dans certaines régions de privilégier le haut donjon résidentiel carré (Michel Bur, château fort, Universalis).
Ce XIIe siècle verra aussi les mâchicoulis ou les bretèches commencer à s’ouvrir dans les hauteurs des murs de pierre, des porteries ou des remparts, pour remplacer progressivement les hourds de bois. On ne démontra pas forcément ces derniers notamment quand ils forment

Du point de vue des porteries, on note l’émergence des herses (porticullis) et autres grilles de fer ou de bois, et les barbacanes à double porte renforcée qui peuvent être dotées d’assommoirs, viennent encore s’ajouter à la panoplie défensive (Jean Mesqui. La fortification des portes avant la guerre de cent ans). Enfin, dans le courant du XIIIe siècle et face aux progrès de l’enceinte, impulsée sous Philippe auguste, le donjon disparaîtra même dans un nombre important de nouveaux édifices et le logis du Seigneur sera alors construit dans la cour intérieure, appuyé sur l’une des murs d’enceintes.
En définitive, l’image du château fort « type » que nous avons souvent en tête doit beaucoup aux innovations de ces XIIe et XIIIe siècles. Concernant le pont-levis, il faudra toutefois attendre la fin du XIIIe au début du XIVe siècle pour les voir émerger et se standardiser, même si les siècles précédents connaîtront déjà l’existence de ponts mobiles: « les ponts torneis » et les « postis ». (Eugène Viollet le Duc. dictionnaire raisonné d’architecture médiévale. sur les ponts).

Dans le courant de ce même siècle, les croisés reviendront de l’Orient, aguerris de dures batailles à l’issue pas toujours favorable, mais avec dans leurs bagages de notables améliorations des engins et des techniques de siège. Plus que d’une véritable révolution en matière de poliorcétique, on aura finalement renoué avec l’héritage gréco-romaine enrichi de la science des sarrasins.
Et de la même façon qu’ils rapportèrent les écrits et le canon de la médecine du génial Avicenne et d’autres écrits de 
Dans le même temps, ces croisades joueront en faveur des rois. En plus de renforcer le sentiment national et le pouvoir des rois, elles auront pour conséquence d’affaiblir la féodalité et la puissance des seigneurs qui auront pris la croix, puisque ces derniers quand ils n’y laisseront pas leur peau en reviendront bien souvent ruinés, ce qui renforcera leur dépendance vis à vis du trésor royal. Au final, l’ost qui tirera le bénéfice de toute cette expertise militaire semble bien l’armée du roi, même s’il faudra encore attendre le règne de Saint Louis qui poursuivra l’oeuvre de Philippe Auguste pour que la féodalité et le pouvoir des vassaux soient en plus net recul.

C’est également autour de cette période du XIIe siècle que l’on verra émerger l’usage du Trébuchet à Contrepoids. Il est assez difficile de dater précisément son apparition durant les sièges mais on s’entend généralement sur le fait que c’est son usage qui impulsa la naissance de l’architecture philippienne et que c’est pour contrer cet engin 
On peut lire, encore, en certains endroits, que le trébuchet était connu et utilisé dès le VIe siècle en Europe. Peut-être l’était-il de manière marginale? Cela reste à vérifier. Il semble en tout cas que son usage se soit généralisé dans le bassin méditerranéen autour du XIIe siècle. Dans le même registre, concernant cette redoutable machine de jet, certains historiens en avaient fait une invention française du XIIe siècle, mais à la lumière d’autres études, la version médiévale que nous connaissons de cet engin, semble bien n’être que l’importation tardive et l’adaptation d’une invention chinoise du Ve siècle avant Jésus Christ.
Capable de propulser des blocs de pierre de plus de cent kilos contre les murailles et les tours des châteaux, cet engin de siège impressionnant, pèche, toutefois, par son peu de maniabilité et la lenteur de sa cadence de tir; des variations plus légères et plus rapides sur le principe de la fronde avec contrepoids, verront le jour (bricoles) même si elles ne pourront pas rivaliser avec lui en matière de capacité de propulsion. On a fait également du Trébuchet un engin de siège représentatif de la guerre biologique médiévale.
De la même façon en effet, que les défenseurs utilisaient les hourds ou les mâchicoulis pour jeter, entre autres choses, sur la tête des assaillants, immondices, excréments, et autres entrailles d’animaux dans l’espoir de les contaminer, le tir en cloche 
Dans cette famille des engins de siège « mastodontes », il y aura encore le mangonneau qui, par un système complexe de contrepoids, compensera certaines limites du trébuchet. Mais il reste que ces deux engins supposent tout de même de mobiliser un nombre conséquent d’hommes pour les manipuler, les connaissances suffisantes pour les fabriquer ou les monter, et faut de mieux, les deniers pour les acquérir. Il n’est donc à pas à la portée d’un quelconque vassal.
Aussi terrifiant soient-ils, ces engins de siège ne freineront pourtant pas la confiance que l’on pouvait alors avoir dans la pierre et dans l’efficacité stratégique des châteaux pour défendre les terres. Au contraire, le XIIe siècle est encore considéré comme l’âge d’or des châteaux forts et le siècle suivant verra encore s’élever nombre de ces édifices de pierre. Ils évolueront encore sous l’arrivée de la poudre et il faudra encore la conjonction de plusieurs facteurs pour que l’on cesse d’en construire et ceci fera l’objet d’un prochain article.
Voilà, c’est donc tout pour aujourd’hui, mes amis. Comme nous l’avions indiqué dans le début de cette série d’articles, notre prétention n’est pas encyclopédique, l’idée étant plutôt de jeter les bases de l’histoire des châteaux forts. En attendant le prochain article sur le sujet, et comme toujours, nous vous souhaitons une merveilleuse journée où que vous vous trouviez sur les terres de ce vaste monde.
Fred
Pour moyenagepassion.com
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