Sujet : musique médiévale, Cantigas de Santa Maria, galaïco-portugais, culte marial, miracles, Sainte-Marie. Période : Moyen Âge central, XIIIe siècle Auteur : Alphonse X (1221-1284) Titre : Cantiga 282 Interprètes : Triskilian Album : Bell’amata (2015)
Bonjour à tous,
ous poursuivons, aujourd’hui, notre exploration du culte marial au Moyen Âge central, à la lumière des Cantigas de Santa Maria d’Alphonse X de Castille, roi érudit qu’on surnomme encore Alphonse le sage.
Comme toutes les autres Cantigas de Santa Maria de la cour d’Espagne du XIIIe siècle, celle du jour est en galaïco-portugais. Il s’agit de la Cantiga 282 connue sous le titre de « Par Déus, muit’ á gran vertude » ou même encore comme « Ai, Santa María, val!« .
Popularité des Cantigas de Santa Maria
sur la scène musicale médiévale
De l’Allemagne à la Norvège, de la France à l’Italie, l’Angleterre, la Suisse, la Suède, le Portugal ou l’Espagne, le Moyen Âge est encore bien présent dans les esprits. Sous une forme historique ou plus onirique, l’Europe médiévale continue d’exister et de séduire de nombreux artistes et un large public.
Par la richesse de son corpus mais également par les manuscrits médiévaux détaillés qui en nous sont parvenus, le répertoire des Cantigas de Santa Maria inspire tout particulièrement des ensembles musicaux venus d’horizons divers. Ce legs d’Alphonse X favorise ainsi des incursions hors-frontières à la découverte d’interprétations ou de croisements culturels hauts en couleur.
Pour l’interprétation de la Cantiga de Santa Maria 282, nous partons donc en direction de l’Allemagne avec un jeune ensemble musical passionné de musique et de Moyen Âge. Il a pour nom Triskilian et il nous propose une version très enlevée de cette Cantiga avec deux superbes voix et un bel arrangement musical plus néo-folk que « classique ».
La Cantiga de Santa Maria 282 par le groupe néo-folk médiéval Triskilian
Triskilian, musiques médiévales et néo-folk
Fondé dans le courant de l’année 2000 par l’artiste polyvalent – mime, trapéziste, conteur, musicien – Dirk Kilian et la chanteuse Julia Bauer, le groupe allemand Triskilian s’est donné comme champ d’exploration le Moyen Âge. Bientôt rejoint par Christine Hübner (chant percussions, harpe) et Philipp Greb (cistre, Bouzouki, guimbarde), la formation invite également d’autres artistes sur ses productions.
A l’image d’un certain nombre de groupes de « minnesingers » (ménestrels) allemands modernes, les artistes de Triskilian ont décidé d’ajouter à leur inspiration musicale médiéval, une bonne touche de néo-folk & de tradition celtique. C’est une caractéristique commune à un nombre important de groupes musicaux de la scène médiévale venus d’Europe du Nord (Faün, anwn, Omnia, Corvus Corax, etc…)
Nous sommes donc moins ici dans l’ethnomusicologie que dans le domaine du rock-folk d’inspiration médiévale. Triskilian nous propose un Moyen Âge reconstruit, qui tutoie même la World music de manière assumée. Voici des liens utiles pour suivre leur actualité et découvrir quelques uns de leurs autres titres : Site web (allemand) – Chaîne Youtube
L’album Bell’amata de Triskilian
Depuis sa création, Triskilian a produit six albums. Bell’amata est le dernier en date. Sorti en 2015, le groupe se proposait d’y revisiter, de manière large, le répertoire des trouvères, troubadours mais aussi des pèlerins du Moyen Âge central. L’album proposait une sélection de quinze pièces en provenance des XIIe et XIIIe siècles et l’un de ses fils conducteurs était aussi de rendre hommage à la féminité et aux muses du Moyen Âge.
On y trouve ainsi une sélection de pièces en provenance de l’Europe médiévale au sens large puisque les Cantigas de Santa Maria y côtoient les Cantigas de amigo de Martin Codax, mais encore des pièces de la trobairitz Beatriz de Dia, du trouvère Adam de la Halle, et d’autres titres encore signés ou anonymes en provenance de l’Italie, de l’Angleterre et de l’Allemagne médiévales.
La Cantiga de Santa Maria 282,
histoire d’un miracle et culte marial
Il est question à nouveau, dans cette Cantiga de Santa Maria, du récit d’un miracle accompli par la Vierge. L’ouvrage en contient de nombreux (voir notamment Cantiga 139, Cantiga 23, Cantiga 49, Cantiga 166).
L’histoire provient, cette fois, de la ville de Ségovie dans la province de Castille et León, au nord de Madrid. Elle conte la chute d’un enfant (fils chéri d’un dénommé Diego Sánchez),du toit d’une haute maison. Paniqués, ses parents et sa nurse accoururent en s’attendant au pire, mais ils le trouvèrent fort heureusement sain et sauf, jouant et riant même. Il leur expliqua qu’il avait, pendant sa chute, demandé à la Vierge de le sauver et que cette dernière l’avait, à l’évidence, exaucé.
Quand ils entendirent le récit, les parents heureux et soulagés, s’empressèrent de porter l’enfant jusqu’à la cathédrale et y firent offrande de nombreux cierges à la Sainte pour la remercier du miracle.
Les paroles de la Cantiga de Santa Maria 282
Como Santa María acorreu a un moço de Segóbia que caeu dun sobrado mui alto, e non se feriu porque disse: “Santa María, val-me.”
Comment Sainte-Marie secourut un jeune homme de Ségovie qui était tombé du toit d’une maison très haute, et qui ne fut pas blessé parce qu’il avait dit : « Sainte-Marie, sauve-moi. »
Par Déus, muit’ á gran vertude na paravla comũal u dizen todos nas coitas: “ai, Santa María, val!”
Par Dieu, elle a de grandes vertus la prière commune* (*populaire)
que tous disent, dans la peine (disgrâce) : ah! Sainte Marie, sauvez-moi! »
Ca muito é gran vertude e pïadad’ e mercee d’acorrer sól por un vérvo a quen en ela ben cree; ca estando con séu Fillo, todo sab’ e todo vee, pero quena aquí chama sa mercee non lle fal. Par Déus, muit’ á gran vertude na paravla comũal…
E daquest’ un séu miragre mui fremoso contarei que mostrou grand’ en Segóvi’ a, com’ éu en verdad’ achei, un fillo de Dïag’ Sánchez, un cavaleiro que sei que na cidade morava e éra ên natural. Par Déus, muit’ á gran vertude na paravla comũal…
Est’ avía un séu fillo que amava mais ca si; e un día trebellando andava, com’ aprendí, encima dũu sobrado muit’ alt’, e caeu dalí de cóstas, cabeça juso, e foi caer ena cal. Par Déus, muit’ á gran vertude na paravla comũal…
A ama que o crïava foi corrend’ a aquel son do meninno que caera, e o padre lógu’ entôn; e outrossí fez a madre, que o mui de coraçôn amava mais d’ outra cousa como séu fillo carnal, Par Déus, muit’ á gran vertude na paravla comũal…
Coidando que mórto éra, e foron polo fillar. E quando pararon mentes, vírono en pé estar trebellando e riíndo, e fôrono preguntar se éra ja que ferido ou se se sentía mal. Par Déus, muit’ á gran vertude na paravla comũal…
Diss’ el: “Non, ca en saendo chamei a Madre de Déus, que me fillou atán tóste lógo enos braços séus; ca se aquesto non fosse, juro-vos, par San Matéus, que todo fora desfeito quando caí, come sal.” Par Déus, muit’ á gran vertude na paravla comũal…
Quand’ est’ oiü o padre e a madre, gran loor déron a Santa María, Madre de Nóstro Sennor; e lóg’ o moço levaron aa eigreja maior con muitas candeas outras e con un séu estadal.
Par Déus, muit’ á gran vertude na paravla comũal.
u dizen todos nas coitas: “ai, Santa María, val!”
Sujet : François Villon, Bibliographie, site d’intérêt, poésie médiévale, médiévalisme, manuscrits anciens, sources bibliographiques Période : du Moyen Âge tardif (XVe) à nos jours. Auteur/Editeur : Robert Dabney Peckham
Bonjour à tous,
epuis plus de 30 ans, Robert Dabney Peckham, docteur en philosophie, précédemment professeur émérite et chercheur en littérature, civilisation et langue française à l’Université de Tennessee, à Martin aux Etats-Unis, s’est évertué, entre autres activités, à répertorier toutes les parutions existantes autour de François Villon. On lui doit d’ailleurs entre autres parutions sur le sujet, une bibliographie exhaustive parue en 1990 aux Editions Garland (Library of the Humanities).
Du Villon médiéval
au médiévalisme autour de Villon
Loin de se limiter aux manuscrits anciens ou aux biographies et études critiques autour de l’auteur médiéval, les travaux de Robert Peckham couvrent toutes les formes que l’oeuvre de Villon a pu et peut encore prendre à travers le monde : littéraires, cinématographiques mais aussi toponymiques, culturelles, populaires, iconiques, anecdotiques, etc… Son intérêt va donc de l’approche de Villon dans le texte et dans son contexte médiéval jusqu’au Villon « représenté », « recrée », « instrumentalisé », « fantasmé » par notre monde moderne. Autrement dit, le médiévalisme autour du poète l’a également interpellé. De fait, on en comprend bien l’intérêt puisque les formes, même les plus distantes en apparence de l’oeuvre du maître de poésie médiévale ou de sa personne, ont encore beaucoup à nous apprendre sur ce dernier, autant que sur les représentations modernes que nous nous en faisons.
Il s’agit donc là d’un travail de fond et de systématisation unique et Robert D. Peckham est reconnu pour sa grande expertise dans ce domaine. En plus de ses propres publications, il a apporté sa contribution dans nombres d’ouvrages et articles, principalement en langue anglaise. Pour plus de détails sur ses parutions ainsi que ses nombreux titres, vous pouvez utilement vous reporter à ce lien.
Pour n’en citer que quelques unes, on pourra mentionner dans l’ouvrage « Medievalism in North America« , publié par Kathleen Verduin en 1994, l’article « Villon in America » dans lequel le chercheur américain nous entraîne à sa suite, dans un passionnant voyage à la découverte de la destinée américaine de l’oeuvre de François Villon, de ses premières traductions anglaises au milieu du XIXe siècle jusqu’à ses adaptations les plus modernes, en passant par les « imitations » poétiques de Robert Lowell un peu avant les années 60.
On peut encore citer ici l’article « Villon’s electronic future » dans: Villon at Oxford: The drama of the text. Proceedings of the conference held at St-Hilda’s-College, Oxford, March 1996 (ouvrage que nous avons déjà mentionné à l’occasion d’un post sur le « je » poétique au XVe siècle et à propos de Michault Taillevent et Villon). Aux premiers pas d’internet, Robert Peckham traçait, dans cette contribution, un véritable plan d’action pour inventorier la présence en ligne de Villon et pour tirer partie le meilleur partie de ce média. On y mesurait déjà toute l’ampleur de la tâche autant que les ambitions du bibliographe. Dans la continuité de cet article, il a d’ailleurs mis en oeuvre sans attendre son plan d’action en créant la Société François Villon et son site web.
Le site web de la « Société François Villon »
Inventorier Villon sous toutes ses formes
Toujours opérationnel, vingt ans après que son auteur et éditeur en ait défini les grandes lignes, le site web de la Société François Villon a donc pour ambition d’être un véritable lieu d’échange, d’informations mais aussi, bien sûr, d’inventorier régulièrement de nouveaux liens et de nouvelles parutions imprimées, électroniques et digitales autour du grand maître de poésie médiévale.
Comme Robert Peckham a pris le parti de l’exhaustivité, les liens couvrent de vastes domaines en relation à Villon. Ils sont aussi identifiés à travers le monde et couvrent des écrits dans plus de 16 langues. En relation avec l’objectif défini, ils ne sont pas tous « académiques », l’intérêt restant bien d’embrasser l’œuvre de Villon au sens le plus large possible. Pour reprendre les propres mots de Robert Peckham qui exprimait déjà en 1996 l’ambition à laquelle il s’est tenu depuis :
« Bien sûr, tous ces documents ne seront pas d’une nature savante. Certains tombent dans la catégorie (avec un petit « c ») de l’iconographie culturelle et sont les validateurs inconscients du statut de Villon, en liant le distant à un présent ou un passé récent plus accessibles. En vérité, tandis que Villon pourra fournir aux étudiants de littérature française un matériel de lecture canonique et de riches moments de vie intellectuelle pour un universitaire, pour l’homme moyen, c’est un bar sur la rue Wiener à Kreuzberg, un magasin de chaussures à Montréal, un night club à Bruxelles, ou le Caveau François Villon, un bistrot de la rue de l’Arbre Sec à Paris. …. »
Robert D. Peckham « Villon’s electronic future », Proceedings of the conference held at St-Hilda’s-College, Oxford, 1996 (trad moyenpassion)
(Photo devanture du restaurant
François Villon à Lyon )
En relation avec le travail éditorial entrepris et les nombreuses ressources identifiées (plus de 500 liens), le site propose encore régulièrement un bulletin actualisé de ses nouvelles trouvailles. Du reste, nos articles sur François Villon n’ont pas échappé à la sagacité de ce grand bibliographe américain puisque leurs liens sont même intégrés au dernier bulletin. Avec un petit ou un grand c, l’histoire ne le dit pas, mais nous sommes quoiqu’il en soit, ravis. de les y savoir présents.
Pour le reste, en un mot comme en cent, si vous aimez Villon et que vous vous y intéressez de près ou de loin, ce site est une référence incontournable sur cet auteur médiéval. Pour des recherches poussées ou même, par simple plaisir, on peut y flâner des heures durant, en découvrant sans cesse de nouvelles choses.
Pour clore cet article, ajoutons que depuis 2013, même s’il continue à éditer régulièrement le bulletin en ligne de la Société François Villon, ce très sérieux docteur en philosophie et universitaire émérite étant, par ailleurs (comme on s’en doutait déjà), passionné de poésie et même de musique, a décidé de se dédier entièrement à cet art. Il joue et chante donc désormais ses propres compositions sur scène accompagné d’une l’autoharpe, (une variance américaine de la cithare). Sur ces aspects, vous pouvez consulter sa nouvelle bio ici (en anglais) : TennesseeBob Peckham.
En vous souhaitant une excellente journée.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.
Sujet : ballade, poésie médiévale, formes, histoire, évolution, définition, métriques, médiévalisme, Propos : histoire de la ballade médiévale à travers les siècles, refléxions sur le monde médiéval Période : du moyen-âge central au XIXe siècle Auteurs : Théodore de Banville, Victor Hugo, et divers (voir sources)
Bonjour à tous,
ssociée au départ à la danse et à l’art des troubadours, la forme poétique de la ballade a évolué dans ses formes, tout au long du moyen-âge central, pour connaître de vraies heures de gloire au XIVe au XVe siècle.
Au XIVe siècle, Guillaume de Machaut(portrait ci dessous)en écrira près de 250, donnant ainsi des premiers éléments de formalisation la concernant. Quelque temps après le maître de musique, Eustache Deschamps parachèvera le travail dans son Art de Dictier. Il fixera l’envoi, sans toujours le respecter lui-même d’ailleurs et affranchira la ballade de ses formes uniquement musicales.
Elle deviendra ainsi et après lui, une forme poétique à part entière non nécessairement chantée. En en écrivant autour de mille, il s’affirmera encore comme un des maîtres en la matière et il l’emmènera à sa traîne vers les thèmes les plus divers : politiques, morales, « médicinales », gastronomiques, historiques, ou même plus personnelles, complaintes, etc …
Sous la plume de Jean Meschinot, mais aussi et surtout même de Charles d’Orléans et de François Villon, la ballade connaîtra encore de belles heures dans le courant du XVe. Au siècle suivant, Clément Marot nous en gratifiera encore de quelques unes (exemple, voir Ballade de Frère Lubin) mais l’âge d’or de la ballade sera déjà un peu passé.
Les formes poétiques « fixes » de la ballade
Après avoir subi quelques évolutions, la ballade est composée de trois couplets de taille identique, avec un refrain en général formé d’un ver, à la fin de chacun des couplets, et d’un envoi qui la clôt en forme d’invocation, souvent à un « Prince » réel, issu d’une académie littéraire, ou même allégorique.
Cet envoi fait, en général, la longueur d’une demi strophe et se termine aussi par le refrain. La longueur des vers varie de quatre à dix syllabes, avec une préférence pour les vers de huit (petite ballade 8+8+8+4) ou de dix syllabes (grande ballade 10+10+10+5). Les formes courtes (octosyllabiques) sont, en général, préférées au moyen-âge, pour la légèreté qu’elle donne à l’ensemble.
Une difficulté supplémentaire consiste à faire des couplets carrés, c’est à dire des strophes qui font, en longueur (en nombre de vers), le même nombre de syllabes qu’il y a dans un vers. (huit vers pour les octosyllabes, dix pour les décasyllabes, etc) Pour le reste, les ballades sont, en général, composées sur trois ou quatre rimes qui reviennent d’un couplet à l’autre. Pour des raisons harmoniques, l’envoi est construit sur les mêmes rimes que celles qui servent à former les couplets.
Du point de vue de l’alternance à l’intérieur des couplets de la ballade, les rimes obéissent à des règles assez rigoureuses. Exemples : vers octosyllabiques (abab/cdcd), décasyllabiques (ababb/ccdcd).
Même si la ballade demeure une forme fixe, du fait de son évolution dans le temps, on en trouve de nombreuses variantes connues et tolérées et qui entrent dans sa définition.
Faire des ballades après la Pléiade
« Lis donc et relis premièrement, ô poète futur, feuillette de main nocturne et journelle les exemplaires Grecs et Latins ; puis me laisse toutes ces vieilles poésies françaises aux Jeux Floraux de Toulouse et au Puy de Rouen comme rondeaux, ballades, virelais, chants royaux, chansons et autres telles épiceries qui corrompent le goût de notre langue. » Joachim du Bellay Défense et illustration de la langue françoyse (1549)
Après le XVe siècle et Clément Marot, dans le courant du XVIe, la ballade est quelque peu passée de mode. mais on l’y a aussi un peu aidé. On se souvient que, tirant un trait sur quelques siècles de poésies et de littérature française, Joachim du Bellay avait, en effet, expliqué à ses contemporains qu’il fallait à jamais la reléguer au rang des poésies de bas-étage.
A l’écouter, cette forme et, avec elle, à peu de choses près, toutes celles qui lui étaient contemporaines (virelais, lais et autres rondeaux, et…) auraient même « corrompu » le goût de notre belle langue et, à tout le moins, la sienne. L’heure était donc à l’ode et au sonnet, celle de la ballade avait sonnée (Laurent Ruquier sors de ce corps) et avec elle, l’heure du moyen-âge ce que la plupart des historiens ont d’ailleurs fini par entériner.
Moquée encore dans le courant du XVIe siècle par Molière, la ballade n’avait pourtant pas tout à fait dit son dernier mot, pas d’avantage que les auteurs de la Pléiade n’avaient réussi, par une simple pirouette, à faire disparaître le legs poétique du moyen-âge, sa riche histoire littéraire, et encore moins la puissance évocatrice de son monde.
Bien qu’ayant pratiquement disparu, la ballade résista encore un peu au XVIIe sous la plume de Jean de La Fontaine, et (on le verra plus loin), elle connut à partir du XVIIIe un nouveau regain d’intérêt sous la plume des auteurs romantiques. Plus tard, on s’en souvient, dans la deuxième moitié du XIXe Théodore de Banville(portrait ci-contre) s’évertua, à la tête des parnassiens, à faire revivre ses formes originelles avec une grande dextérité.
Nous avions déjà souligné les références explicites de cet auteur à la poésie de Villon dans certaines de ses poésies. Au delà des rigueurs de la forme toute médiévale de cette grande ballade que nous partageons ici de lui, on sera frappé de constater de grandes similitudes de ton et de vocabulaire (sans aucun doute volontaires) avec certaines ballades issues de la plume d’Eustache Deschamps, quatre siècles avant lui.
Ballade de fidélité à la Poésie
Chacun s’écrie avec un air de gloire: A moi le sac, à moi le million! Je veux jouir, je veux manger et boire. Donnez-moi vite, et sans rébellion, Ma part d’argent; on me nomme Lion. Les Dieux sont morts, et morte l’allégresse, L’art défleurit, la muse en sa détresse Fuit, les seins nus, sous un vent meurtrier, Et cependant tu demandes, maîtresse, Pourquoi je vis? Pour l’amour du laurier.
O Piéride, ô fille de Mémoire, Trouvons des vers dignes de Pollion! Non, mon ami, vends ta prose à la foire. Il s’agit bien de chanter Ilion! Cours de ce pas chez le tabellion. Les coteaux verts n’ont plus d’enchanteresse; On ne va plus suivre la Chasseresse Sur l’herbe fraîche où court son lévrier. Si, nous irons, ô Lyre vengeresse. Pourquoi je vis? Pour l’amour du laurier.
Et Galatée à la gorge d’ivoire Chaque matin dit à Pygmalion: Oui, j’aimerai ta barbe rude et noire, Mais que je morde à même un galion! Il est venu, l’âge du talion: As-tu de l’or? voilà de la tendresse, Et tout se vend, la divine caresse Et la vertu; rien ne sert de prier; Le lait qu’on suce est un lait de tigresse. Pourquoi je vis? Pour l’amour du laurier.
Envoi.
Siècle de fer, crève de sécheresse; Frappe et meurtris l’Ange à la blonde tresse. Moi, je me sens le coeur d’un ouvrier Pareil à ceux qui florissaient en Grèce. Pourquoi je vis? Pour l’amour du laurier.
Théodore de Banville – 1861
Ballade romantique et attraits
du moyen-âge au XVIIIe, XIXe siècles
Au XIXe siècle et même au siècle précédent, Théodore de Banville n’est pourtant pas le seul à revendiquer une inspiration en provenance du Moyen Âge et à faire revivre les « ballades » même si les auteurs concernés le font avec bien moins de rigueur que lui dans les formes et même si leurs « ballades » demeurent surtout médiévales par leur nature évocatrice.
Dès le XVIIIe siècle, on retrouve ces tendances chez certains auteurs romantiques allemands et anglais comme Bürger, Goethe (portrait ci contre), Christabel, ou encore Coleridge. Elles sont la marque d’un renouveau littéraire dont le moyen-âge devient le fer de lance et le symbole tout indiqué.
Comme nous le disions plus haut, ces « ballades » n’ont pas les rigueurs, ni les formes de leur ancêtre médiévale : on n’y respecte pas nécessairement, les métriques, le refrain ou l’envoi et on pourrait presque se demander si le terme de ballade n’est pas finalement galvaudé. Pour autant et sur le fond, le monde médiéval est loin d’y constituer simplement un décor de carton pâte. L’inspiration souvent gothique et fantastique de ces romantiques s’exerce à travers des légendes ou des quêtes empruntées la la période médiévale, qui en sont inspirées ou qui l’évoquent.
Au delà, le mouvement se pose aussi comme une volonté de retour à une certaine littérature « primitive » mais, en se tournant vers un moyen-âge « des racines », reconnu comme point de référence historique et fondateur, ses auteurs lui redonnent, du même coup, de véritables lettres de noblesse.
« La ballade, qui se veut l’écho de la poésie populaire, intègre des thèmes nouveaux, au cœur des préoccupations des romantiques : le merveilleux, le fantastique, les superstitions et les mythes médiévaux. Elle crée donc un nouveau genre propre au romantisme. Son rapport avec la poésie du Moyen Âge reste lointain, mais ce qui importe surtout, c’est cette volonté de filiation, même si elle reste éminemment artificielle. » Renaissance d’une forme poétique, la ballade,
Le Moyen-âge des romantiques,Isabelle Durand-Le-Guern
Ce mouvement se poursuit au début du XIXe siècle et, en France, Victor Hugo lui-même attiré par le monde médiéval et ce nouveau genre, s’en fera l’écho dans ses poésies de jeunesse, avec ses « odes et ballades » publiés en 1828 . Du point de vue des thèmes abordés, il puisera souvent directement son inspiration dans le Moyen Âge (tournoi, belle qui attend son chevalier, valeurs chrétiennes, valeurs guerrières, etc…). Quant au style, en plus du recours à un vocabulaire évocateur de cette période, même si on ne retrouvera pas non plus chez lui les formes fixes de la ballade médiévale telles que définie plus haut, il se pliera au moins aux métriques pour renforcer les références autant que l’effet d’immersion : quatrains, vers courts, vers octosyllabiques.
« … Oui, je crois, quand je vous contemple, Des héros entendre l’adieu ; Souvent, dans les débris du temple, Brille comme un rayon du dieu. Mes pas errants cherchent la trace De ces fiers guerriers dont l’audace Faisait un trône d’un pavois ; Je demande, oubliant les heures, Au vieil écho de leurs demeures Ce qui lui reste de leur voix.
Souvent ma muse aventurière, S’enivrant de rêves soudains, Ceignit la cuirasse guerrière Et l’écharpe des paladins ; S’armant d’un fer rongé de rouille, Elle déroba leur dépouille Aux lambris du long corridor ; Et, vers des régions nouvelles, Pour hâter son coursier sans ailes, Osa chausser l’éperon d’or. »
Victor Hugo – La Bande Noire – Odes & Ballades – 1828
Du point de du vue du contenu, s’il cherchera à faire renaître l’image du « Moyen Âge des troubadours », Hugo versera aussi, par endroits, dans un Moyen Âge gothique et fantastique totalement assumé. Nous sommes finalement dans le champ d’un monde médiéval « recomposé » tel que l’étudie le médiévalisme. A travers ses évocations, il sera bien question de « reconstruction ». Là encore, la prétention ne sera pas d’opérer une plongée dans le moyen-âge historique et réaliste, mais bien d’y chercher un point de référence, des racines fortes auxquelles se rattacher et s’identifier. (1)
Au delà de la ballade
Quelques siècles après les auteurs de la Pléiade, Du Bellay en tête, le mépris assumé de la ballade et des formes poétiques médiévales en général, n’aura pas suffi à en ternir la référence, de même que les auteurs renaissants ne seront parvenus à éteindre à jamais la fascination qu’exerce et qu’exercera le Moyen Âge dans les siècles qui leur succéderont. Au fond, on peut même se demander si à vouloir en repousser à toute force le spectre sous couvert d’ignorance crasse et d’obscurantisme, ils n’ont pas été ceux qui ont le mieux contribué à en renforcer inévitablement l’attrait pour les auteurs des siècles suivants, de même qu’ils ont en partie œuvrer à le créer chez les historiens. Qui sait si ses détracteurs ne lui ont pas au fond permis de renaître plus fort encore au XIXe et aux siècles suivants ?
Pour échapper la sophistication et aux règles des formes classiques, les romantiques des XVIIIe et XIXe siècle tenteront de revenir à une poésie épurée et aux formes simples qui renouvelle les genres mais qui soit aussi un support d’identification doté de thèmes forts et évocateurs, propices à l’évasion romantique et onirique. Or, presque naturellement, c’est bien dans le Moyen Âge que nombre d’entre eux iront trouver les sources de leur nouvelle inspiration, dans ce monde médiéval lointain et pourtant si proche, qui évoque quelque chose de nos racines et qui est aussi à la fondation de références partagées et de mythes qui font sens pour les sociétés européennes des XVIIIe, XIXe. Nous sommes sans doute ici au delà du simple far-west ou western, cher à Georges Duby.
Force est de constater qu’en dépit des efforts soutenus du siècle des lumières, dans la lignée d’un Du Bellay, on ne peut rayer d’un trait de plume mille ans d’histoire écrite dans l’inconscient collectif. D’ailleurs, il semble bien que ce goût pour le Moyen Âge ait survécu depuis, à son rythme et jusqu’à nos jours. L’ère de la post industrialisation l’a même peut-être encore renforcé par endroits et grossi de nouvelles représentations.
Avec ses légendes, ses bestiaires, avec ses gargouilles en cohorte qui nous mirent depuis les hauteurs de leurs cathédrales, avec sa camarde qui danse dans un dialogue perpétuel avec les hommes, avec ce monde spirituel si intriqué dans le quotidien de l’homme médiéval et, avec lui, son lot d’émotions fortes, de peurs presque « primales », avec ses superstitions, sa magie, ses mystères et ses « miracles » encore, le monde médiéval porte en lui la graine du merveilleux et du fantastique. Il l’a toujours portée et ce n’est pas mystère si les romantiques du XVIIIe siècle y ont catalysé leur inspiration. De même qu’il n’est pas étonnant que ce Moyen Âge gothique et fantastique, peuplé de créatures effrayantes, magiques et étranges dont ils ont fait un genre et qu’ils ont aussi alimenté, ait perduré jusqu’à nos jours, porté encore plus loin dans le courant du XXe siècle par des auteurs comme JRR Tolkien.
En vous souhaitant une très belle journée.
Frédéric EFFE
Pour Moyenagepassion.com A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.
Sources
(1) Pour plus de détails sur ses aspects, voir l’article très complet d’Isabelle Durand-Le-Guern qui nous a servi de guide ici :Renaissance d’une forme poétique, la ballade, Le Moyen-âge des romantiques, (2001)
– Odes & Ballades – Victor Hugo (1828) – Poésies morales et historiques d’Eustache Deschamps, Crapelet (1832) – Trente-six ballades joyeuses de Théodore de Banville (1890) – Défense et illustration de la langue françoyse, J du Bellay (1549) –Ballade, Claude Thiry, Universalis
Sujet : musique, chanson médiévale, poésie médiévale, humour, trouvère, biographie, ménestrel, jongleur, auteur médiéval, vieux-français Période : Moyen Âge central, XIIIe siècle. Auteur ; Colin Muset (1210-?) Titre : « Sire Cuens, j’ai viélé » Interprètes : Les productions Perceval(livre MM Le moyen-âge la renaissance, Editions J. M. Fuzeau, 1989
Bonjour à tous,
ous partons aujourd’hui aux abords du XIIIe siècle pour parler d’un trouvère célèbre du nom de Colin Muset: portrait, détails sur l’homme et sur l’œuvre donc et, bien sûr, présentation d’une de ses chansons pour compléter le tableau.
Eléments (flous) de biographie
A l’image de nombreux autres trouvères ou troubadours de son temps, quand ils n’étaient pas eux-mêmes des seigneurs suffisamment notables pour entrer dans l’histoire, on sait peu de chose de la vie de Colin Muset. Originaire de Lorraine ou de Champagne, il serait né au début du XIIIe siècle, autour de 1210. On ne connait pas non plus la date de son trépas mais on sait qu’entre les deux, il aurait été poète, musicien et joueur de Viole (vièle à archet).
Si l’on se fie au contenu de ses poésies, il allait de cour en cour pour proposer son art et pour subsister. Pour autant, nous ne sommes pas là face à un artiste miséreux puisque, à l’en croire toujours, il avait une servante pour assister sa famille et il avait même encore une valet pour s’occuper de sa monture.
De fait, en son temps et sur la base des poésies du Ménestrel, Gaston Paris nous a dépeint Colin Muset comme un bon vivant, menant somme toute, une existence assez bourgeoise. Marié avec au moins un enfant, il aurait été sédentaire l’hiver et plus itinérant durant l’été. « Poète, amoureux et parasite » ainsi qu’il se voyait lui-même, sa poésie oscille entre légèreté, images bucoliques, amourettes et encore des aspirations à une vie confortable et jouisseuse, entourée de bons vins et de bonne chère. On retrouvera sans peine quelques uns de ces traits dans la chanson que nous vous présentons aujourd’hui pour accompagner ce portrait et qui est une de ses plus célèbres.
Contemporain de Thibaut de Champagne, roi de Navarre, Colin Muset a-t-il fini par entrer au service et sous la protection de ce dernier ? Si on le trouve affirmé ça ou là, cela ne semble pas faire l’unanimité chez les nombreux auteurs qui se sont penchés sur lui.
Le legs de Colin Muset : comptages, débats d’experts, corpus, etc…
Signe d’une certaine reconnaissance et popularité de cet artiste médiéval en son temps, on peut trouver les oeuvres de Colin Muset dans de nombreux manuscrits anciens qui s’échelonnent entre le milieu du XIIIe et le début du XIVe siècle. Deux d’entre eux en contiennent le plus grand nombre, le MS 389 ou Le Chansonnier français de la Burgerbibliothek de Berne, et encore le Chansonnier U connu encore sous le nom de Manuscrit de Saint-Germain des près (MS français 20050).
Véritable mine d’or de la chanson française (et provençale) du Moyen Âge central, ce dernierest en tout cas le plus ancien dans lequel on puisse trouver des pièces de Colin Muset aux côtés de 304 autres trouvères, 333 chansons et encore 29 compositions provenant de troubadours. La chanson du jour se trouve, quant à elle, dans quatre autres manuscrits dont le manuscrit MS 5198de l’Arsenal et encore dans le MS Français 845 dont est tirée l’image ci-dessous.
Quoiqu’il en soit, du XIXe siècle jusqu’à des dates encore très récentes (2007), entre poésies non signées, simplement émargées après coup par un « rubriqueur » ou un copiste, mais aussi entre approches déductives, comptage de pieds ou longues analyses stylistiques et métriques, le nombre exact de pièces attribuées à notre trouvèredu jour a oscillé d’une douzaine à un peu plus d’une vingtaine. Les débats n’étant toujours pas clos sur le sujet, au delà de la douzaine, on se retrouve en face d’un corpus aux contours flottant différemment en fonction des experts.
Au demeurant, cela reste une production plutôt chiche, si on la compare avec celle d’autres trouvères ou jongleurs contemporains du XIIIe siècle comme un Adam de la Halle ou unRutebeuf. En dehors du fait que certaines de ses oeuvres se sont peut-être perdues, sans doute Colin Muset chantait-il, en plus de ses propres pièces, des oeuvres empruntées à d’autres. Comme nous le montrent les manuscrits d’époque, il n’aurait eu, dans cette hypothèse, que l’embarras du choix dans le large répertoire des trouvères dont il était contemporain.
Sire Cuens, j’ai viélé
On ne peut pas s’empêcher de trouver, dans cette chanson de Colin Muset sur les déboires de l’activité de trouvère, quelques similitudes avec certaines complaintes de Rutebeuf, sur le fond au moins en tout cas.
L’humour est à l’évidence présent, et il faut bien avouer que l’interprétation de la pièce du jour le renforce encore, mais au delà, le texte met en scène ce fameux « je » poétique dont nous avions déjà parlé avec Rutebeuf (voir article)et que nous avions ré-abordé en parlant de la poésie deMichault Taillevent. (voir article sur le passe-temps de Michault).
Entre poésie goliardique, fabliaux et notes satiriques, le XIIIe se signe aussi par une forme d’émancipation de certains de ses auteurs d’avec la lyrique courtoise. Colin Musset reste un de ceux là.
« L’ami Barde n’eut point ripaille Parti sans pain et sans fruit Quand chanta pour les funérailles Du roi Loth mort dans son lit. Niah, niah, niah, niah! » Le Barde ( Didier Bénureau) –
Kaamelott, Alexandre Astier
Sans parler du clin d’oeil fait par Alexandre Astier dans Kaamelott au sujet du barde mal reçu, que cette chanson de Colin Muset ne peut manquer d’évoquer pour ceux qui connaissent la série, on trouvera cette complainte sur les mauvais donneurs, reprise par d’autres chanteurs et artistes du Moyen Âge.
Il faut bien dire qu’un certain idéal de pauvreté, synonyme peut-être d’une forme authenticité pour certains artistes ou auteurs romantiques du XIXe siècle n’a rien de médiéval. Les trouvères ou troubadours du Moyen Âge ne se cachent pas, en effet, de vouloir gagner quelques deniers bien mérités et un bon traitement en échange de leur art.
Les paroles de « Sire Cuens, j’ai viélé »
dans le vieux-français de Colin Muset
Sire Cuens* (Comte), j’ai viélé Devant vos, en vostre ostel : Si ne m’avez rien doné, Ne me gages acquités ; C’est vilanie ! Foi que doi Sainte Marie, Ensi ne vos sieuré je mie ; M’aumoniere est mal garnie Et, ma borse mal farcie !
Sire Cuens, car commandez De moi vostre volenté ; Sire, s’il vos vient à gré, Un biau don car me donez Par cortoisie ! Car talent ai, n’en dotez mie De raler a ma mesnie* : (retourner en ma maison) Quant g’i vois borse d’esgarnie, Ma fame ne me rit mie,
Ainz me dit : « Sire Engelé, En quel terre avez esté Qui n’avez riens conquesté ? Trop vos estes deporté Aval la vile ! Vez con vostre male plie : El est bien de vant farsie ! Honi soit qui a envie D’estre en vostre compaignie ! »
Quand je vieng a mon ostel. Et ma fame a regardé Derrier moi le sac enflé Et ge, qui sui bien paré De robe grise. Sachiez qu’elle a tost jus mise La quenoille ; sanz faintise Ele me rit ; par franchise, Ses deux braz au col me lie.
Ma fame va destrousser Ma male sans demorer* (sans attendre) ; Mon garçon va abuvrer Mon cheval, et conreer* (en prendre soin, le nourrir) ; Ma pucele* (servante, jeune fille) va tuer Il chapons, por deporter* (célébrer) A la janse aillie* (sauce à l’ail) Ma fille m’aporte un pigne* (peigne) En sa main par cortoisie… Lors sui de mon ostel sire A meolt grant joie, sanz ire, Plus que nus ne porroit dire.
En vous souhaitant une belle journée.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com. A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.