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Kaamelott épisode clin d’oeil inédit : Perceval et le roi Burgonde, entre chefs de guerre

kaamelott_cinema_trilogie_humour_alexandre_astier_news_infos_serie_culteSujet : humour, détournement, série télévisée, légendes arthuriennes, Kaamelott, Alexandre Astier, comédie, série culte, Perceval, roi Burgonde.
Période : moyen-âge central et haut moyen-âge
Auteur original: Alexandre  Astier
Distribution :   CALT production, M6
Média : détournement, épisode inédit hommage, chaîne youtube monde médiéval .

Bonjour à tous,

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour la détente, nous publions un nouvel épisode inédit inspiré directement de la série télévisée Kaamelott et réalisé avec des bouts de ficelle.

Comme pour les précédents épisodes, il s’agit d’imaginer de nouvelles situations, à partir des personnages existants, qui se situeraient entre le livre 1 et le livre 2, soit une période encore légère de ton. kaamelott_guillaume_briat_roi_burgonde_serie_televisee_culte_M6_monde_medievalL’idylle de Guenièvre et Lancelot ne l’a pas entachée de gravité. Le roi Arthur, de son côté, n’a pas non plus fauté avec Dame Mevawni, l’épouse ambitieuse du chevalier Karadoc, et il n’est pas encore tout entier gagné par les affres du doute et de la déprime. Dans l’effervescence et la fraîcheur des nouveaux départs, même le Graal peut sembler tout proche et tout reste à faire.

L’épisode d’aujourd’hui met en scène les chevaliers Bohort (Nicolas Gabion) et Perceval (Franck Pitiot), ainsi que le très rabelaisien Roi Burgonde (incarné par Guillaume Briat à l’écran). Le roi Arthur (Alexandre Astier dans la série) y fait également une apparition.

Encore une fois, il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un exercice d’imitation vocale mais plus d’un effort d’écriture et de style, une tentative de restitution et de prolongement des personnages dans leurs traits de caractère, leurs répliques et leurs intonations. Le passage en format audio permet de se faire une bonne idée du résultat, même si dans l’idéal, le script se destinerait aux brillants acteurs originaux de la troupe d’Alexandre Astier et de la série, mais ne rêvons pas trop, l’auteur original est déjà en place et quel auteur !

Entre chefs de guerre : un épisode audio clin d’oeil Kaamelott

J_lettrine_moyen_age_passione précise que c’est sans doute le dernier épisode que nous réalisons dans cette veine. D’une part, l’oeuvre est celle d’Alexandre Astier et il est occupé à continuer à faire vivre ses excellents personnages de mille manières : pour preuve, une nouvelle BD sortira en janvier et la trilogie toujours prévue au cinéma, est normalement déjà écrite. Il y a quelque temps, il avait encore parlé d’un format peut-être romancé pour le projet Kaamelott Resistance et nul doute (il l’a d’ailleurs déclaré) qu’il entend bien continuer d’exercer sa plume autour de l’univers qu’il a crée avec brio et de toutes pièces autour de la légende d’Arthur, du Graal, et de la matière de Bretagne. De notre côté, s’agissant d’un clin d’oeil, nous avons déjà fait autour de dix épisodes et c’est bien suffisant, Plus serait sans doute indigeste. D’autre part, nous avons aussi d’autres projets d’écriture et nos propres personnages à faire vivre.

kaamelott_perceval_franck_pitiot_legendes_arthuriennes_humour_serie_televise_alexandre_astier_M6_monde_medievalDernière remarque, pour certains de nos visiteurs et membres qui ne connaitraient pas la série, nous vous la recommandons chaudement. Bien sûr, il ne faut pas y chercher le moyen-âge réaliste mais bien plutôt le moyen-âge représenté. L’histoire du Graal a de plus l’avantage de se situer sur une terre de légendes qui autorise une certaine liberté. L’histoire littéraire du roman arthurien l’a largement démontré.

Avec Kaamelott, nous nous situons dans le Médiévalisme, mais aussi  dans le registre de la  comédie moderne avec une sérieuse touche de non sens et d’absurde, à l’anglaise. Sans chevaux et sans grands renforts de figurants, les légendes arthuriennes y sont épiques mais d’une manière toute particulière. Leurs drames, leurs péripéties et leurs rebondissements se jouent en effet, dans le quotidien et plus que s’y jouer, elles s’y empêtrent pour notre plus grande jubilation.

Perceval et le roi Burgonde :
entre chefs de guerre, le script

O_lettrine_moyen_age_passionù l’on découvrira la valeur hautement stratégique de l’échange culturel et militaire entre grands guerriers autant que les méandres inexplicables du destin et des dons du chevalier Perceval.

Bohort : Seigneur Perceval, Dieu merci ! Vous êtes là. Je vous cherchais partout.

Perceval : Heu moi ? Mais pourquoi ? Qu’est ce que j’ai fait encore?

Bohort : L’heure est grave. en partant Arthur a totalement oublié la présence du roi Burgonde en salle de réunion et nous nous retrouvons avec cet affreux sauvage sur les bras. Je suis désemparé. Que va-t-il advenir de nous?

Perceval : Mais en quoi ça me concerne moi ?

Bohort : Et bien mais si nous ne nous en occupons pas, le roi Burgonde risque de se vexer et il pourrait bien décider d’envoyer ses troupes à l’assaut de nos remparts. Mon dieu c’est terrible la seule idée que ces barbares puissent nous attaquer me retourne l’estomac.

Perceval : Ah ouais mais faudrait que je fasse quoi en fait?

Bohort :  De grâce parlez-lui !

Perceval : Moi ? mais vous voulez que je lui dise quoi ? Déjà l’breton j’bite a moitié alors vous vous doutez bien que l’Burgonde… Mais pourquoi vous l’faites pas vous?

Bohort :  Et bien mais…Il me fait peur voilà je vous l’avoue. Déjà il n’arrete pas d’envoyer des vents immondes et cela me déstabilise alors que vous en tant que partenaire privilégié du seigneur Karadoc, vous y étés au moins habitué. Cela vous donne, en quelque sorte, une longueur d’avance.

Perceval : Une longueur d’avance ? Non mais faut pas croire qu’on s’habitue ce serait une erreur, on apprend plus ou moins à vivre avec, mais on s’habitue jamais.

Bohort :  Seigneur Perceval je vous en conjure !

Perceval : Bon d’accord mais j’vous préviens si jamais il met tout à feu et à sang, faudra pas venir dire que c’est d’ma faute.

Bohort :  Je…je crois que je vais tourner de l’oeil.

Perceval : Bon bin d’accord, j’y vais…

Bohort : … Une derniere chose, Si tout cela se passe mal, inutile de crier, je n’interviendrais pas, je prefere être clair la dessus.

Perceval : Mais j’fais quoi alors si ça part en sucette ?

Bohort : Et bien mais vous faites comme tout les gens raisonnables et qui tiennent un tant soi peu à leur vie. Vous fuyez! Mais allons assez parlé, ne le faites plus attendre.

Perceval : Bon bin a tout a l’heure alors.

Perceval entre dans la pièce.

Le roi Burgonde : Arthourrrrrrrrrrrrrrr?

Perceval : Heu non il a pas pu venir en fait.

Le roi Burgonde :  (mange) hmmmm   (vent) (mange)…. Vous qui?

Perceval : Moi qui ? Heu, Perceval.

Le roi Burgonde :  (mange) Plous fort que Arthour ?

Perceval :  Heu ça dépend en quoi, mais en principe oui. Mais faut pas lui dire parce après ça le vexe.

Le roi Burgonde :  muhaaaaaa ça dépend. (mange) …. PARCIVALLLLLLL ?

Perceval : Heu ouais?

Le roi Burgonde :  Shuttttttt. Il faut pas Loui dirrrrrre ! muhuhahahaha. (vent immonde)

Générique.  Arthur Arrive

Arthur :  Bohort mais qu’est ce que vous faites là ? Oh p’tain la délégation burgonde j’l’avais complêtement oublié celui là.

Bohort :   Non mais attendez sire, ne vous inquiétez pas le seigneur perceval s’en occupe

Arthur :  HEINNNNNNNNNNNNNN? Qu’est ce que c’est que ces conneries encore?

Bohort :  C’est une initiative que je me suis vu contraint de prendre, mais apparement ils sont enfermés ensemble depuis plus de deux heures et ça a l’air de plutôt bien se passer.

Arthur :  Bien se passer ? Qu’est ce qui vous fait dire ça au juste?

Bohort :  Et bien je n’arrête pas de les entendre rire.

La porte s’ouvre le roi et Perceval sortent tous les deux de la pièce

Perceval : Ouais c’est comme moi, une fois, j’ai voulu faire une surprise à une fille, mais en fait, c’était un cheval. Du coup, J’crois que j’l’ai vexé. I m’a mordu.

Le roi Burgonde :  Muhahaha.

Perceval :  Ah tiens bonjour sire

Le roi Burgonde :  ARTHURRRRRRRRRR ?

Arthur :  Heu oui ?

Le roi Burgonde :  Parcival Grand chouvalier. toi bien soucoupe lui !

Arthur :  Heu oui non mais ça va ça.

Le roi Burgonde : hmmmm, ça vaaaa. (vent)

Il s’éloigne.

Arthur :  Mais i fait quoi là ?

Perceval : Bin. i rentre chez sa mémé là, c’est bon, c’est géré, vous inquietez pas….

Arthur : Mais vous lui avez dit quoi?

Perceval :  Rien d’spécial on a taillé l’bout d’gras quoi. On s’est échangé quelques trucs rapport au combat et tout, c’est normal entre chefs de guerre ça.

Arthur : Entre ? Chefs de Guerre ? Vous ? Vous lui avez des trucs à lui ??? !!!!!!!!

Perceval :  Bin ouais jvois pas c’qu’y a d’choquant

Arthur :  Bin vous êtes bien l’seul…

Générique. noir

Le roi Burgonde :  ARTHURRRRRRRRRRRRRRRR !!!!

Arthur :  Oui, qu’est-ce qu’i y a encore ?

Le roi Burgonde : C’EST PAS FAUX muhahahahahaahahaha

Arthur : Hein quoi ? Mais qu’est-ce qui déblatère encore, qu’est-ce que c’est qu’est pas faux?

Perceval :  Non mais c’est rien, j’vous expliquerai. (vent)

Générique


En vous souhaitant une très belle journée.
Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes

Légendes arthuriennes : Kaamelott, les armoiries des preux chevaliers de la table ronde d’Alexandre Astier

kaamelott_cinema_trilogie_humour_alexandre_astier_news_infos_serie_culteSujet : humour, détournement, série télévisée, légendes arthuriennes, Kaamelott, Alexandre Astier, comédie, série culte, armoiries historiques, chevaliers, table ronde.
Période : moyen-âge central et haut moyen-âge
Auteur original: Alexandre  Astier
Distribution :   CALT production, M6
Média : détournement, humour, produits dérivés

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous vous proposons un peu de détente aujourd’hui, tout en apprenant. Voilà donc huit des chevaliers de la table ronde et personnages principaux des légendes arthuriennes revues et corrigées sous la plume d’Alexandre Astier dans son excellente série Kaamelott. Chacun avec son armorial d’époque comme décrit legendes_arthuriennes_kaamelott_armorial_roi_arthur_chevaliers_table_ronde_humour_serie_tele_Alexandre_Astierdans les ouvrages et romans médiévaux du cycle arthurien.

Vous trouverez dans l’ordre d’apparition, de gauche à droite et de haut en bas : Arthur (Alexandre Astier), Lancelot du Lac  (Thomas Cousseau), Léodagan (Lionnel Astier), Bohort (Nicolas Gabion), Perceval (Franck Pitiot), Karadoc (Jean-Christophe Hembert), Yvain (Simon Astier), et Gauvain (Aurélien Portehaut).

legendes_arthuriennes_kaamelott_armorial_chevalier_table_ronde_humour_serie_tele_culte_Alexandre_Astier

Le détail des armoiries

I_lettrine_moyen_age_passion copial s’agit là d’une liste non exhaustive des chevaliers de la table ronde et uniquement des principaux « héros » de Kaamelott, ou de ceux qui reviennent le plus souvent.

Il existe de nombreux documents sur cette question des armes et armoiries historiques des chevaliers de la table ronde. Si vous en avez la curiosité,  nous vous conseillons déjà de lire cette synthèse assez complète, basée notamment sur les ouvrages de Michel Pastoureau :  Les armoiries des chevaliers de la table ronde.

kaamelott_legendes_arthuriennes_map_carte_royaumes_federes_logres_mapArthur de Bretagne« D’azur à 3 couronnes d’or »

Lancelot du Lac:  « D’argent aux trois bandes de gueules »

Léodagan de Carmélide :
« De sable à un lion léopardé d’or armé de gueules »

Bohort de Gaunes:
« D’argent semé d’étoiles de sable aux trois bandes de gueules brochant sur le tout »

Perceval de Galles » De pourpre semé de croisettes d’or et lampasé de gueules »

Karadoc de Vannes : « De gueules à l’hermine passante d’argent, accolée et bouclée d’argent, cravatée d’hermine doublée d’or »
(je précise que, pour celui-ci, je suis allé chercher le dernier en date. Il n’est pas certain qu’il soit historique.)

Yvain le Grand, chevalier au Lion« D’azur au lion d’or, armé et lampassé de gueules »

Gauvain d’Orcanie: « De pourpre à l’aigle bicéphale d’or becquée et membrée d’azur »

Kaamelott meets les produits dérivés

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour autant que nous passions notre temps à proposer des âneries et autres détournements dans notre « collection » graphique « Kaamelott meets les Produits Dérivés », je dois avouer que cette fois-ci, je serais plutôt client de ces petits chevaliers  qui n’existent bien sûr, pour l’instant, que sur le papier.

Pour rappel, cette collection d’inepties est née d’un clin d’oeil fait à l’absence de Merchandising (hors DVD’s) autour la série Kaamelott. Alexandre Astier. Nous le disions dans un article précédent sur le legendes_arthuriennes_kaamelott_armorial_perceval_de_galles_chevaliers_table_ronde_humour_serie_tele_Alexandre_Astiersujet, ce dernier a, en effet, pour l’instant, tenu à protéger son oeuvre pour justement ne pas laisser le marché et le marketing sauvage libre de la dépouiller joyeusement sans en garder un minimum le contrôle.

Partant de là, l’idée nous est venue de créer un département marketing factice, à la limite de la débilité et dont les créatifs sont assez proches dans l’esprit des personnages qui entourent le roi Arthur dans la série Kaamelott. En gros et à quelques exceptions près, ils ne font que présenter à l’auteur des créations bancales et douteuses, la plupart du temps irréalisables et vouées à la corbeille. Celle d’aujourd’hui est certes burlesque mais elle semble quelque peu échapper à la règle.

En vous souhaitant une excellente journée et une superbe fin de semaine.

Fred
Pour moyenagepassion.com
A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.

Ballade du bachelier d’armes, les valeurs de la chevalerie par Eustache Deschamps et deux mots d’étymologie

chevalier_enluminure_miniature_medievale_valeurs_chevaleresque_moyen-ageSujet : poésie médiévale, chevalerie, valeurs chevaleresques, chevaliers, bacheliers, tournois, littérature médiévale, ballade, français ancien, , moyen-âge chrétien, baccalauréat.
Période : moyen-âge tardif
Auteur : Eustache Deschamps (1346-1406)
Titre : « Ballade du bachelier d’armes »
Ouvrage :  Poésies morales et historiques d’Eustache Deschamps, Georges Adrien Crapelet (1832)

Bonjour à tous,

N_lettrine_moyen_age_passionous publions aujourd’hui, une ballade médiévale d‘Eustache Deschamps à l’attention des jeunes ou futurs chevaliers de son époque. Le poète et Seigneur de Barbonval et bailly de Senlis connait bien lui-même les métiers d’armes, puisqu’il occupa, entre autres fonctions et à un point de sa longue carrière, celle d’écuyer du duc d’Orleans.

tournoi_medieval_chevalier_bachelier_armes_enluminures_miniatures_valeurs_chevalerie_moyen-ageLà encore, l’oeuvre prolifique d’Eustache Deschamps, tout autant la façon direct qu’il a d’aborder les sujets les plus divers, en font un témoin précieux du moyen-âge central à tardif.

Cette poésie nous permet notamment d’approcher, de manière très concrète les valeurs chevaleresques du XIVe et même, dans une certaine mesure, des deux siècles le précédent. Et comme l’auteur adresse très directement sa ballade aux jeunes bacheliers d’armes qui lui sont contemporains, les valeurs dont il nous parle s’en trouvent du même coup « actualisées » dans la réalité de son temps. Dit autrement, ces dernières ne sont plus seulement ici des valeurs lointaines, admirables et allégoriques dont l’on pourrait s’inspirer à la lecture d’un roman arthurien. Que leurs sources premières soient littéraires ou historiques, elles prennent, sous la plume du poète médiéval, force de loi et de conseils directs pour l’action.

enluminure_chevalerie_ballade_eustache_deschamps_bachelier_armes_chevalier_poesie_medievales_valeurs_chevaleresques_XIV

Bachelier, aux origines du mot.

(NB : nous suivons ici le fil d’un article de Maurice Tournier, paru en 1991, dans la revue « Mots » et disponible sur Persée.)

A_lettrine_moyen_age_passionvant que d’oeuvrer dans des salles d’examen, le stylo fébrile à la main et le souffle court pour obtenir le diplôme tant convoité qui leur offrira le ticket d’entrée pour les universités et autres hautes écoles, historiquement le nom de bachelier, a désigné des choses  diverse.

Au plus loin que l’on puisse remonter et notamment au latin baccalarius, il désignait des petits propriétaires de vignes (de Bacchus) ou même d’élevages bovins, soit des gardiens de vaches. Que les futurs titulaires du diplôme ou ceux qui le briguent se rassurent, même si le métier de gardien de vaches reste tout à fait noble, leur avenir ne sera pas nécessairement voué à cette fonction.

Plus tard, dans le courant du haut moyen-âge, le terme de bacheler ou bachelier désignera encore un petit propriétaire terrien, mais aussi, par extension un noble n’ayant pas été « armé tournoi_medieval_chevalier_enluminures_miniatures_valeurs_chevalerie_moyen-agechevalier » ou adoubé, ou même aspirant à le devenir. Il s’appliquera aussi pour un gentilhomme qui n’a pas suffisamment de possession pour avoir sa propre « bannière », soit un banneret. Dans ce cadre, le terme s’appliquera donc plus favorablement  au futur héritier d’un fief.

Tournois et chevalerie médiévale, Enluminure,
Code Manesse, 
(1310-1340)

Dans le courant du moyen-âge central, le mot évoluera pour désigner une classe d’armes entre les écuyers et les chevaliers, mais on le retrouvera encore usiter pour désigner de manière plus générale la classe des jeunes chevaliers. Il semble que l’usage qu’en fasse ici Eustache Deschamps se situe plutôt dans ce champ d’application puisqu’il leur donne une leçon sur les valeurs auxquelles ils devront se plier.

Dans une autre extension plus tardive du terme bachelier, on trouvera enfin la désignation de tout jeune homme libre et non encore engagé maritalement, d’où d’ailleurs également la variante Bachelette et même Bacelle qui, par le passé, fut en usage pour désigner une jeune fille à marier.

Le nom du diplôme « Baccalauréat »  est, quant à lui, le fait de François 1er qui créa un ordre de chevalerie nommé ainsi.

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deco_frise

Ballade du Bachelier d’Armes.
Eustache Deschamps XIVe siècle

Vous qui voulez l’ordre de chevalier,
Il vous convient mener nouvelle vie,
Dévotement en oroison veillier,
Péchié fuir, orgueil et villenie.
L’Eglise devez deffendre ,
Le vefve aussi , l’orphenin entreprandre ;
Estre hardis et le peuple garder,
Prodoms, loyaux, sanz riens de l’autrui prandre
Ainsi se doit chevalier gouverner.

Humble cuer ait, toudis doit traveillier
Et poursuir faiz de chevalerie,
Guerre loyal, estre grant voyagier;
Tournoiz suir et jouster pour s’amie :
Il doit à tout honnour tendre,
Si c’om ne puist de lui blasme reprandre ;
Ne lascheté en ses oeuvres trouver;
Et entretouz se doit tenir le mendre* : (*moindre)
Ainsi se doit gouverner chevalier.

Il doit amer son seigneur droiturier,
Et dessus touz garder sa seignourie ;
Largesce avoir, estre vray justicier,
Des prodommes suir la compaignie,
Leurs diz oïr et aprandre,
Et des vaillans les prouesces comprendre ,
Afin qu’il puist les grans faiz achever
Comme jadis fist le roy Alixandre :
Ainsi se doit chevalier gouverner.

Eustache Deschamps

deco_frise

Au passage, souhaitons une bonne chance et une belle réussite à tous ceux qui passent  leur baccalauréat  cette année !

En vous souhaitant une belle journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
« Pardonnez-moi, Prince, si je
s
uis foutrement moyenâgeux. »

Georges Brasssens – Le moyenâgeux –  1966

Kaamelott: épisode audio clin d’oeil, Perceval et les échecs

kaamelott_alexandre_astier_legende_medievale_roi_arthur_moyen_age_passionSujet:  Kaamelott, roi Arthur, Perceval, maître d’armes, légendes arthuriennes, Graal, jeux d’échec, humour, humour médiéval, hommage, Auteur:  Alexandre Astier
Période: haut moyen-âge, moyen-âge central
Série télévisée : Kaamelott, M6
Média : lecture audio, épisode hommage

Bonjour à tous,

B_lettrine_moyen_age_passionon, le vent Kaamelott continue de souffler de notre côté et de nous inspirer quelques nouvelles âneries, sans doute du fait de l’impatience d’avoir à se mettre sous la dent le premier volet de la trilogie sur grand écran. La concernant, pour l’instant, pas de nouvelles fraîches à l’horizon, mais comme plusieurs informations datant de l’année dernière étaient venues confirmer un  tournage autour du début d’année 2017, nous formons l’espoir que tout se déroule au mieux et suivant les souhaits les plus chers du très créatif et talentueux Alexandre Astier, alias notre bon roi Arthur dans la série télévisée.

kaamelott_serie_culte_alexandre_astier_perceval_maitres_armes_video_humour_hommage

En attendant le long métrage donc et pour prolonger un peu la compagnie des personnages d’anthologie qu’il a créés pour notre plus grand plaisir, nous empruntons, le temps de quelques minutes leurs chausses et leurs guêtres, en mettant en audio, l’épisode dont nous avions l’autre jour posté le script: Perceval et les échecs.

Le traité est un peu à la façon de François Pérusse et ses « deux minutes du peuple », pour ceux qui s’en souviennent, ou encore à la Naheulbeuk pour ceux qui ne se souviennent pas que l’auteur de cette dernière série s’était aussi inspiré du premier. Encore une fois, ce n’est qu’un clin d’oeil et si vous ne connaissez pas la série Kaamelott, je ne peux que vous conseiller d’acquérir d’urgence les DVD’s, et au moins le livre 1 pour la découvrir.

Voilà donc l’épisode audio, en espérant que vous y retrouverez vos billes, si vous êtes fans de la série!

Perceval et les échecs. Episode Audio

Perceval dans les légendes arthuriennes:
de la candeur au parcours initiatique.

perceval_kaamelott_alexandre_astier_legendes_arthuriennes_medieval« Faut faire comme avec les scorpions qui se suicident quand ils sont entourés par le feu, faut faire un feu en forme de cercle, autour d’eux, comme ça ils se suicident, pendant que nous on fait le tour et on lance de la caillasse de l’autre côté pour brouiller… Non ? »
Perceval (Franck Pitiot), Kaamelott – Alexandre Astier

D_lettrine_moyen_age_passionans le Roman de Graal de Chrétien de Troyes, Perceval est clairement un candide. Surprotégé par sa mère qui l’a tenu loin du maniement des armes, de peur qu’il ne connaisse le même destin que son frère et son père, chevaliers tous deux morts au combat, il ne sait rien de la chose militaire, ni des valeurs chevaleresques, avant de croiser un groupe de chevaliers dans la forêt. Cela donne l’occasion d’une scène mémorable dans laquelle l’auteur médiéval nous le présente dans toute son innocence. En voici un court extrait traduit, pris dans les premières lignes:

« Les compagnons s’arrêtent et le maître va vers le garçon à grande allure. Il le salue. Il le rassure:
« Garçon, n’aie donc pas peur !
– Je n’ai pas peur, dit le garçon, par le Sauveur en qui je crois! Etes-vous Dieu?
– Non, certes!
– Alors, qui êtes-vous donc?
– Un chevalier.
– Chevalier ? Je ne connais personne ainsi nommé ! Jamais je n’en ai vu. Mais vous êtes plus beau que Dieu.. Vous ressembler je le voudrais, tout brillant et fait comme vous ! »
Perceval le Gallois ou le roman de Graal – Chrétien de Troyes

Pour autant qu’il soit ingénu et même rustre, Perceval deviendra un personnage hautement héroïque de la légende Arthurienne et tirera son épingle du jeu. Il y a sans doute, derrière tout cela, l’idée que la noblesse de coeur et la destinée percent toujours là où elles le doivent. Et peut-être encore, dans l’innocence et l’ingénuité que Perceval personnifie fait-on l’éloge d’une forme de pureté qui, seule, peut permettre, de trouver le Graal.

Perceval et la quête du Graal, à la cour du Roi Pêcheur. Enluminure française du XIVe
Perceval et la quête du Graal, à la cour du Roi Pêcheur. Enluminure française du XIVe

C_lettrine_moyen_age_passionhez Chrétien de Troyes et dans l’aventure de son Perceval, il y a encore l’invitation à un parcours initiatique qui est aussi l’occasion de disséquer les valeurs de la chevalerie, de la courtoisie et de l’Amour. Pour gagner sa place auprès du roi, autant que dans la société, l’innocent et jeune chevalier devra, en effet, perceval_kaamelott_chretien_de_troyes_roman_de_graal_legendes_arthuriennes_graal_enluminures_moyen-agefaire l’apprentissage d’un monde qui n’est pas le sien en intégrant ses valeurs, pour mieux les dépasser ensuite.

(Perceval  le Gallois de Chrétien de Troyes, enluminure du XIVe (1330 Manuscrit MS 12577, Bnf)

Pour autant qu’il soit candide, notre héros arthurien est aussi un être qui accepte sa destinée en s’ouvrant à ce processus de maturation. Est-ce parce qu’il est vide comme une coupe, prêt à accueillir les valeurs réelles qui animent le chevalier véritable en quête du Graal, qu’il y réussit mieux que tous? Sans doute. Comme dans tout parcours initiatique, le chemin parcouru compte au moins autant que le résultat et la finalité. Il y a, dans cette quête à la recherche de soi, du monde et de la transcendance, la présence nécessaire d’une innocence qui n’est plus tout à fait la candeur originelle mais qui pourtant, une fois cette dernière perdue à la faveur des valeurs apprises et des épreuves, sert de fil conducteur au dépassement de soi.

Le Perceval d’Alexandre Astier

L_lettrine_moyen_age_passione Perceval d’Alexandre Astier dans Kaamelott réussit à allier inculture et conscience cosmique, candeur et poésie,  incompétence et loyauté sans faille, et même encore des mots même de son créateur « naïveté et intelligence » et cette relecture de la légende le place, sans aucun doute, dans la parfaite continuité de cette dernière, étant entendu qu’il prend aussi, au passage, la marque de son auteur. D’ailleurs, il ne fait aucun doute qu’il possède un destin et on lui connait mêmes des actes héroïques. Concernant ce personnage épique, il faut rendre tribut encore ici à la parfaite incarnation de Franck Pitiot (ici en photo) qui franck_pitiot_acteur_talent_perceval_kaamelott_alexandre_astierl’incarne admirablement bien à l’écran.

Nous l’avons sûrement déjà dit ici, mais il ne coûte rien de le répéter, même si tous ceux qui prennent l’humour au sérieux le savent déjà. Kaamelott est une oeuvre qui peut paraître légère dans ses formes pourtant, contre vents et marées et même si elle le fait toujours avec modestie et respect, elle s’inscrit sans aucune fausse note et avec brio dans le corpus des légendes arthuriennes. D’ailleurs, et c’est un véritable exercice de virtuosité auquel se livre son auteur, le ton change quand c’est nécessaire et ne sacrifie jamais à l’Histoire.

Au passage, si le sujet vous intéresse, je vous recommande aussi cet article sur la popularité médiévale des héros arthuriens.

En vous souhaitant une merveilleuse journée.
Longue vie!

Fred
Pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publiliue Syrus  Ier s. av. J.-C.

La table ronde, le tombeau d’Arthur et l’influence des légendes arthuriennes sur le moyen-âge central

excalibur_legendes_arthuriennes_conference_histoire_medieval_litterature_moyen-age_michel_pastoureauSujet : légendes arthuriennes, popularité médiévale, légende, influence médiévale des héros arthuriens, roi Arthur, table ronde, chevaliers, tombeau,littérature médiévale, reliques,
Période : moyen-âge central, haut moyen-âge
Auteurs : corpus, du XIIe à nos jours.
Sources: Britannia, Université de Rochester (the Camelot projet).

Bonjour à tous

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour ceux d’entre vous qui s’en souviennent, nous avions posté, il y a quelque temps ici, une conférence de Michel Pastoureau sur la popularité médiévale de la légende du Roi Arthur, notamment à travers l’étude des prénoms en usage durant le moyen-âge central. L’article d’aujourd’hui nous donne l’occasion de prolonger ces réflexions dans une autre direction et nous partons, cette fois, de l’autre côté de la Manche, pour y découvrir des objets historiques et des reliques, témoins de l’intérêt suscité par l’histoire de l’illustre roi de Bretagne, durant les siècles qui ont vu naître sa légende et les suivants.

La table ronde de Winchester

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D_lettrine_moyen_age_passionans le grand hall du château de Winchester en Angleterre se tient, depuis près de six cents ans, une table ronde peinte qui mentionne les noms des chevaliers de la célèbre légende. Elle est en bois de chêne massif et dans sa forme originale, elle reposait sur douze pieds. Du point de vue de ses dimensions, elle mesure 5,5 legendes_arthur_roi_chevalier_table_ronde_relique_moyen-age_centralmètres de diamètre et pèse plus d’un tonne. Les dernières datations effectuées sur l’objet, dans le milieu des années soixante-dix, font remonter sa création, au début du règne d’Edouard 1er, soit dans le dernier tiers du XIIIe siècle: carbone 14 à l’appui, l’objet daterait précisément de 1270 et aurait été peint (ou repeint) autour du début du XVIe siècle, en 1522.

Si cette table ronde n’est pas contemporaine de la légende du roi Arthur qui se déroule au VIe siècle, elle reste indéniablement d’une grande valeur historique. Durant le moyen-âge central, parmi les grands personnages « mythiques » ou même ceux ayant vécu réellement mais étant devenues légendaires après coup, les figures de Charlemagne ou de Roland, côtoient celles du grand roi breton et de ses preux chevaliers en quête d’élévation dans la noblesse des valeurs comme dans la spiritualité et cet objet apporte encore la preuve de ce intérêt. Comme les légendes arthuriennes  ont circulé entre la France et l’Angleterre, du fait de l’origine de ces auteurs, anglais, gallois ou français, ses héros ont, sans conteste, imprimé leur marque des deux côtés de la manche, même si c’est sans doute plus Charlemagne qui remportera l’adhésion du côté des souverains français. Les deux héros ont, en tout cas, en commun d’être de grands fédérateurs qui ont su unifier leurs terres et tous deux ont edouard_1er_angleterre_legende_arthurienne_chevaliers_table_ronde_tournois_monde_medieval_moyen-age_centralencore hérité d’une ferveur chrétienne toute médiévale. Concernant cette dernière et pour ce qui est du Roi Arthur, des auteurs comme Chrétien de Troye ou encore Robert de Boron s’emploieront encore à la renforcer.

(Portrait de Edouard 1er d’Angleterre, Anonyme, XIIIe siècle, Westminster)

En Angleterre, le roi Edouard 1er s’était, dit-on, pris d’un vif intérêt pour la légende du roi Arthur et l’on suppose que cette table a pu être utilisée lors de tournois organisés par lui, au début de son règne. Jouait-on alors à incarner Lancelot, Yvain, Gauvain ou Perceval? L’histoire n’en a, semble-t-il, pas gardé la trace. C’est, en tout cas, ce même roi Edouard 1er qui assista à l’ouverture du tombeau supposé d’Arthur et de Guenièvre sur les vestiges actuels de l’abbaye de Glastonbury, tombeau dont il est intéressant de dire un mot ici.

Le Tombeau du Roi Arthur et de Guenièvre

Le site originel de la tombe supposée d'Arthur à Glastonbury
Le site originel de la tombe supposée d’Arthur à Glastonbury

T_lettrine_moyen_age_passionandis que les reliques de Charlemagne occupent les esprits en France et même au delà, en Europe, notamment du côté des Saints Empereurs de l’Empire Germanique, on découvre qu’en Angleterre, celles du bon roi Arthur suscite un vif legende_arthur_table_ronde_tombeau_moyen-age_central_popularite_medievale_mythe_arthurienintérêt. A ce titre, l’histoire de ce tombeau est assez édifiante. Il aurait, en effet, contenu un cercueil dans lequel on retrouva, à la fin du XIIe siècle, des ossements supposés être les restes d’Arthur et de Guenièvre, avec même une mèche de cheveux blonds tressés, ainsi qu’une croix de plomb arborant l’inscription suivante en latin: Hic iacet sepultus inclitus rex arturius: « Ci-gît enterré le renommé roi Arthur ». On rapporte encore que le cercueil se trouvait entouré, de part et d’autre, de deux pyramides sur lesquelles étaient gravées des lettres dont l’usure du temps autant que le style « barbare » avaient rendu impossible le déchiffrage. Suivant un autre récit d’époque, « Les chroniques de l’abbaye de Margam (1200-1299), il y aurait eu, non pas un seul, mais trois cercueils: celui du roi Arthur, celui de Guenièvre et plus surprenant encore, celui de Mordred, le neveu d’Arthur.

L’histoire de cette tombe d’Arthur vaut son pesant de deniers puisqu’on la doit à des moines, ceux de l’abbaye de Glastonbury qui, en 1190, annoncèrent, avec émotion, au roi Henri II d’Angleterre, leur étonnante découverte. Ils affirmèrent, en effet, avoir trouvé le tombeau après avoir été frappés de rêves et de visions leur en indiquant l’endroit. Nous sommes alors à peine soixante ans après que  Geoffrey de Monmouth ait écrit son Historia regum Britanniae et jeté les bases qui feront vraiment référence pour les récits autour du roi Arthur. A l’évidence la légende a alors déjà fait un peu son chemin. On dit, en effet, qu’une fois la nouvelle répandue, on vint de tous les coins du pays pour voir la tombe et qu’on fit également de nombreux dons à l’abbaye. Cela tombait à point nommé, puisqu’il semble que celle-ci traversait alors  les pires croix_tombeau_arthur_legende_chevalier_table_ronde_influence_moyen-age_centraldifficultés financières.

Faut-il voir une relation de cause à effet entre les coffres vides de l’abbaye et la découverte? Les moines n’en étaient, semble-t-il, pas à leur première tentative de « buzz » à la sauce médiévale puisqu’ils avaient déjà déclaré en 1184, avoir retrouvé les restes de Saint Patrick, sans parvenir à en convaincre quiconque. Ceci ne les avaient pourtant pas freiné puisque quelque temps après, ils récidivaient, en clamant avoir, cette fois, retrouvés ceux de Saint-Dunstan, sans pour autant rencontrer, là encore, plus de succès. Il fallait bien un roi Arthur pour venir à leur secours, fut-il mort, et le fait que cela fonctionna prouve au moins le crédit et la foi que l’on prêtait déjà à la légende.

Comme l’indique le panneau informatif que l’on peut trouver sur place, les restes furent déplacés en 1278 en présence du roi Edouard 1er dans une tombe de marbre noir sur le même site.

Quoiqu’il en soit, concernant la découverte du possible tombeau d’Arthur, si l’on semble bien s’entendre aujourd’hui du côté des experts pour affirmer que le bon roi n’a pas été enterré à Glastonbury mais qu’il s’agissait plutôt d’une invention des moines, les  recherches continuent et animent bien des débats passionnés. Encore récemment un historien anglais spécialiste du sujet, du nom de Graham Phillips affirme avoir trouvé le véritable emplacement après des années de recherche sur la question. La tombe serait dans le West Midlands et aux dernières nouvelles (courant 2016) il attendait les autorisations pour pouvoir y mener des fouilles.

En vous souhaitant une belle journée.
Fred
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La popularité médiévale des héros des légendes Arthuriennes, une conférence de Michel Pastoureau.

excalibur_legendes_arthuriennes_conference_histoire_medieval_litterature_moyen-age_michel_pastoureauSujet : légendes arthuriennes, corpus littéraire, popularité médiévale, héros arthuriens, chevalier table ronde, littérature médiévale
Période : moyen-âge central à tardif
Média : Conférence
Auteur : Michel Pastoureau
Titre : « Les chevaliers de la Table Ronde : anthropologie d’une société imaginaire »

Bonjour à tous,

R_lettrine_moyen_age_passionemettre en perspective les légendes arthuriennes et leur immense popularité médiévale, voilà l’objectif que se propose l’historien Michel Pastoureau dans cette conférence. Pour le conduire, il choisit une angle original qui passe par l’approche concrète du large corpus littéraire que le moyen-âge nous a livré sur ce sujet, autant que celle des études de prénoms empruntés à cette littérature que les gens du moyen-âge donnèrent alors à leurs enfants,

Loin de l’image et de la grille habituelle des héros que la littérature anglo-saxonne moderne autant que son cinéma nous donnent des lancelot_legendes_arthuriennes_conference_litterature_medievale_heros_chevaliers_arthurien_moyen-agechevaliers de la table ronde, on y découvre, entre autre un Yvain et Gauvain bien plus populaires qu’un Arthur ou même qu’un Lancelot.

Pour l’anecdote et concernant ce dernier, son image médiévale de personnage sombre et ambivalent ne semble finalement pas si loin de celle qu’Alexandre Astier lui prête dans son excellente série Kaameloot, série qui a d’ailleurs inspirée quelques unes des illustrations de cet article (j’en profite pour ajouter ici que ce sont les acteurs Simon Astier et Aurélien Portehaut qui y campent respectivement  les personnages de Yvain et de Gauvain).

Conférence audio: « Les chevaliers de la Table Ronde : anthropologie d’une société imaginaire »

Michel Pastoureau, historien, anthropologue et pédagogue

F_lettrine_moyen_age_passion-copiaormé à la prestigieuse Ecole des Chartes, Michel Pastoureau est de ces historiens médiévistes et anthropologues qui s’intéressent à des sujets qui parlent au public. Ajoutons à cela, qu’il sait les mettre à la portée de ce dernier, avec pédagogie et simplicité, à travers ses oeuvres écrites comme ses conférences.

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Aujourd’hui,  directeur d’Etudes à l’Ecole pratique des Hautes Etudes, il est également correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres et encore Président de la Société française d’héraldique et de sigillographie. On lui doit, à ce jour, plus de quarante ouvrages, de nombreuses articles et publications, mais encore de nombreuses conférences et participations à des émissions de radios. De fait, il est sans doute un des historiens médiévistes les plus accessibles et les plus populaires de notre temps.

On le retrouve sur des sujets aussi populaires que le bestiaire médiéval, la symbolique des couleurs, et encore les héraldiques et il nous livre ici un peu d’une passion de jeunesse sur les légendes arthuriennes qui, de son propre aveu, a même contribué à sa vocation d’historien. L’analyse puise dans le champ anthropologique et s’avère aussi didactique, qu’accessible et originale. Il y revisite encore la relation entre littérature et Histoire et la place de l’imaginaire dans le social.

En vous souhaitant une excellente journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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De la difficile quête du Saint Graal en Terre Sainte (3)

saint_graal_humour_medieval_mp3Sujet : Saint Graal, quête,roi Arthur, légendes arthuriennes, chevaliers de la table ronde, humour médiéval, série audio, Joseph d’Arimathie
Période : médiéval fantastique, haut moyen-âge.
Média : audio, mp3

Bonjour à tous,

V_lettrine_moyen_age_passion copiaous l’attendiez avec impatience et revoilà donc un nouvel épisode de notre trépidante super production sur les légendes arthuriennes et sur le descendant (de très loin) du très biblique Joseph d’Arimathie.

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Confronté aux cohortes de chevaliers bretons en quête du Saint-Graal qui n’ont de cesse de venir l’importuner, notre héros sortira-t-il vainqueur des épreuves  que Dieu et bon quand même surtout la Bretagne en la personne du roi Arthur lui fait subir? Parviendra-t-il, encore, à éviter de laisser fourcher sa langue bien pendue? D’un autre côté, la sagacité légendaire des preux chevaliers de la table ronde leur permettra-t-elle d’éviter de glisser dans une bouse, au sortir de cette épique aventure? Nous ne le savons mie, mais l’histoire est, en tout cas, en marche, alors faisons lui place:

Du dit de l’arrière-arrière petit fils de Joseph d’Arimathie  et des chevaliers à sa porte (3).

Si, par la plus grande des infortunes, vous aviez manqué les premiers épisodes, tout est  là :

De la difficile Quête du Saint-Graal en Terre Sainte (1)


De la difficile Quête du Saint-Graal en Terre Sainte (2)

Que le simple triomphe des épreuves, que le loup laisse paître l’agneau (parce que l’agneau c’est quand même meilleur quand il y a un peu de gras), et surtout, surtout, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons-aussi à ceux qui nous ont offensé.

Une très belle journée à tous!
Fred
Pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publiliue Syrus  Ier s. av. J.-C

La croisade albigeoise : Montsegur, haut lieu du Catharisme (1)

croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_moyen-age_centralSujet : reconstitution historique, château, Cathares, catharisme, siège, Montségur, Albigeois,
Période : moyen-âge central
Média : vidéo-documentaire, mondes 3D, Des racines et des ailes, France 3.
Production : IZIgraph Patrimoine

Bonjour à tous,

A_lettrine_moyen_age_passionujourd’hui, à la faveur d’une belle reconstitution 3D que nous devons à la société IZIgraph Patrimoine, nous abordons l’histoire du château de Montségur assiégé en 1243-1244 lors de la croisade contre les cathares et, du même coup, nous en profitons pour ouvrir une série d’articles sur cette croisade contre les Albigeois.

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Pour qui s’est déjà rendu sur place pour visiter les ruines de ce qui reste de Montségur,  la hauteur à laquelle est bâtie la forteresse sur son piton rocheux (ou son pog en bon languedocien) ne peut que faire forte impression. Ses murailles ou ce qu’il en reste, qui sont en réalité les vestiges d’un château construit postérieurement à celui qui subit le terrible siège des années 1240, plafonnent, en effet, à près de 1 200 mètres d’altitude sur un dôme de calcaire qui, un peu à l’image des hauteurs du château de Foix, semble avoir été planté là, depuis des temps immémoriaux, dans l’attente qu’on y juche une forteresse.

Arrivé au pied de cet étonnant relief, on ne se surprend pas que ce mythique château de Montsegur, dernier bastion d’une communauté cathare alors encore significative en nombre ait pu donner tant de fil à retordre aux armées des croisés chrétiens qui, avec la bénédiction des papes et des rois avaient  entrepris, au milieu du XIIIe siècle, de mettre fin à une hérésie, elle-même chrétienne. Au moment du siège de Montségur en 1243, une grande majorité des cathares a abjuré, a été décimée ou bannie des terres du Languedoc ou a même fui pour se réfugier vers la Catalogne ou vers l’Italie et la Lombardie notamment),

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Une expédition à l’assaut de l’Histoire

O_lettrine_moyen_age_passionn se gare en bas du piton rocheux et on grimpe à l’assaut de la forteresse de Montségur par un petit sentier étroit qui serpente entre la végétation et les arbres et qui semble n’en plus finir. Une fois arrivé en haut, on découvre bien vite qu’il ne reste plus que quelques ruines du château qui fut construit postérieurement au siège de Montségur, mais cela n’importe peu car nous sommes bien sur les terres du drame et les guides très dynamiques et enthousiastes qui vous attendent, au sommet de ce pog, ont tôt fait de vous transporter à travers ses heures les plus glorieuses et les plus sombres.

croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_siege_visite_montsegur_moyen-age_centralSe tenant au milieu de sa cour trapézoïdale, la surface laissée semble si petite que l’on peine même à imaginer qu’ici durant près de quarante ans vivaient en moyenne entre 500 et 800 personnes. D’après les sources archéologiques, un véritable village s’y tenait. On avance même que lors du siège de Montségur, quelques mille cathares, fuyant l’inquisition qui sévissait alors dans la plaine du Languedoc, y avaient trouvé refuge. En réalité, outre le fait que les notions d’espace sont quelques fois trompeuses et qu’il est difficile de se les représenter édifiées quand elles sont à nues, la cour du Castrum était loin d’être la seule occupée sur cette montagne. Les quelques murs encore debout ne sont que les vestiges du centre de la place forte. Les autres remparts ont été totalement détruits après coup, ainsi que les autres édifices qui se trouvaient sur les hauts de Montségur et cette excellente reconstitution 3D a le grand avantage de nous permettre de mieux se les représenter, tout en donnant quelques éléments sur le siège que connut le château entre 1243 et 1244.

M_lettrine_moyen_age_passionême si le treizième siècle avait vu les armées s’aguerrir de l’expérience des croisades successives en terre lointaine, par la nature même de son site,  le pog de Montségur a donc été le théâtre d’un des plus longs sièges de l’histoire de la croisade contre les albigeois. Pas moins de dix mois furent, en effet, nécessaires pour faire tomber la forteresse où s’étaient réfugiés non pas les derniers, mais les « presque » derniers cathares.

Quand, en ce début d’année 1243, les quelques cinq mille hommes de l’armée du Sénéchal de Carcassonne Hugues des Arcis, accompagnés de l’archevêque de Narbonne, Pierre Amiel, se regroupent au pied du piton de calcaire en vue de l’assiéger, c’est, en réalité un château et un seigneur chrétien auxquels ils font face, même si ce lieu est devenu, depuis plus de dix ans déjà, un haut lieu du catharisme. Le seigneur auquel la forteresse appartient, un noble occitan du nom de Raymond de Péreille, a, en effet, concédé, en 1230, à l’évêque cathare Guilhabert de Castres de faire de Montségur  la tête de pont et le siège de l’église cathare.

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croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_reconstitution_3D_chateau_fort_002  croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_reconstitution_3D_chateau_fort_005

1230 Montségur haut lieu du catharisme

L_lettrine_moyen_age_passione traité de Meaux-Paris a été signé un an auparavant, consacrant la paix entre Paris et Toulouse et ce qui sera le premier pas vers l’annexion définitive de la région par la couronne française moins d’un demi-siècle plus tard. L’inquisition n’est alors pas encore créée, elle ne le sera qu’en 1233 par le pape Grégoire IX, désireux d’en terminer avec le catharisme tout en créant un cadre permettant d’établir des procédures et d’éviter, dit-on aussi, les abus des justices civiles.

Même si cette idée peut faire grincer des dents, certains historiens et juristes avancent en effet que la création de l’inquisition et l’instauration d’une démarche inquisitoriale représentèrent un « progrès » en terme de procédure par rapport à la situation précédente. Si on la compare avec les abus et les massacres auquel la croisade avait donné lieu – on se souvient du siège de Béziers et du passage par le fer de populations entières, sans aucune forme de procès – il ne fait pas tellement de doute que ce fut le cas. D’après les sources historiques, on sait aujourd’hui encore que les inquisiteurs trouvaient bien plus de satisfactions dans l’abjuration par les cathares de leur foi et dans leur retour dans le troupeau des brebis catholiques que dans leur crémation. Or, il semble que, de son côté, la justice civile en faisait moins de cas, étant de nature plus expéditive dans son croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_pape_gregoire_IXapplication des lois, des consignes et des sentences. Pour illustrer cela, nous citons ici Jean Louis Biget, Historien spécialiste de ces questions:

« L’Inquisition substitue à la procédure accusatoire publique une procédure d’office totalement secrète, à huis clos et sans avocat. Malgré ses aspects arbitraires, elle offre autant de garanties que les justices traditionnelles, qui soumettent les accusés à une présomption de culpabilité et les obligent à subir l’épreuve, fort aléatoire, du fer rouge, ou d’autres de même style, pour prouver leur innocence. Les enquêtes fouillées et exhaustives des inquisiteurs laissent ses chances à l’accusé, s’il n’est pas coupable, et les faux témoins encourent la prison perpétuelle. L’Inquisition prononce cependant des châtiments sévères : la remise au bras séculier – c’est-à-dire le bûcher –, la prison, qu’elle instaure comme peine afflictive, le port de signes infamants – des croix, homologues à la rouelle des juifs. Elle recourt à des techniques modernes : elle se constitue une mémoire écrite, fortement structurée, avec des répertoires commodes, révolution analogue à celle de l’informatique. »
jean-Louis Biget : Catharisme et Cathares en Languedoc

Du reste, comme l’église ne pouvait pas mettre en oeuvre les sentences d’ordre punitives, c’est bien sur la justice civile que les inquisiteurs allaient s’appuyer pour faire avaliser leurs décisions. Si cette dernière ne s’y était pas pliée, aucun bûcher n’aurait sans doute été allumé, ni aucun cathare emmuré mais l’Europe médiévale est politico-religieuse, comme les couronnes le sont, et il est alors difficile de tracer clairement les frontières entre les deux. Disant tout cela, on comprend bien qu’il n’est pas question ici de justifier quoique ce soit, mais simplement d’être réaliste sur les motivations et les forces en présence, au vue du contexte historique et politique du XIIIe siècle. Bien sûr, pour beaucoup, il aurait été plus simple que l’appel à la croisade n’ait pas été lancé, que l’inquisition n’ait pas été créée, que l’église en reste là avec le catharisme, mais la machine était lancée et il semble bien que rien n’aurait pu alors la faire reculer. Il ne s’agissait plus depuis longtemps pour Rome, de laisser courir l’hérésie cathare mais de l’éradiquer.

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croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_reconstitution_3D_chateau_fort_006    croisade_cathare_albigeois_languedoc_inquisition_montsegur_reconstitution_3D_chateau_fort_008

Un climat d’occupation

S_lettrine_moyen_age_passionur les terres languedociennes, une fois le traité de Meaux-Paris signé, en 1229 et une paix relative retrouvée entre la couronne royale et du comté de Toulouse en la défaveur de cette dernière, la croisade militaire était donc officiellement terminée. De nombreux seigneurs languedociens dépossédés de leurs terres et leurs fiefs, on installa dans leur château des seigneurs français et, sur le terrain, des officiers royaux, baillis et autres viguiers, qui se chargeaient d’encadrer la situation. Cette dernière fut rapidement vécue par les languedociens comme une occupation et c’est compréhensible, puisque techniquement c’en était une. Avant tout cela, la province était autonome et ne faisait pas partie de la couronne française. Le climat est d’autant plus délicat que les abus de la part de ces officiers royaux sont, dit-on, alors nombreux et vont graduellement achever d’exaspérer les populations.

De son côté, la victoire politique étant une chose, Grégoire IX entreprit de continuer la traque des cathares par ses propres représentants. Alléguant  que les évêques étaient trop occupés pour conduire cette tâche, il confia l’inquisition à l’ordre mendiant des dominicains qui s’étaient signalés, un peu avant, dans le Languedoc par leur démarche de prêche et de prédications, moins fastueuse et plus dépouillée que celle des autres représentants de l’église d’alors. Lordre monastique était d’ailleurs né, en grande partie, de l’expérience et des tentatives de son fondateur, Dominique de Guzmán (Saint-Dominique) pour rallier les adeptes du catharisme à une foi chrétienne plus proche des origines.  Quoiqu’il en soit, par cette inquisition, Rome acheva d’ajouter à l’humiliation des seigneurs du pays d’Oc et au climat de tension et de peur qu’avaient généré les croisades autant que l’intrusion des seigneurs et des gens du nord sur les terres languedociennes, en créant sur la durée un climat de persécution et de délation au sein des populations.

L’organisation de Montségur après 1230:
Eglise cathare et chevaliers faydits

P_lettrine_moyen_age_passion copiaour revenir à 1230, la trêve étant signée et l’inquisition pas encore créée, dans cet entre-deux peut-être le seigneur de Montségur a-t-il alors pensé que les conflits étaient derrière eux? Toujours est-il qu’il finira par céder à la requête de l’évêque cathare et ne reviendra pas dessus, à aucun moment, dans les années qui suivront. Montsegur deviendra donc le haut lieu officiel  du catharisme. Les cathares aideront à financer la garnison permettant d’assurer la protection du château, et, peu de temps après, Raymond de Péreille confiera l’organisation de sa défense à un homme qui est son cousin et deviendra bientôt son gendre puisqu’il lui donnera sa fille en épousailles: Pierre-Roger de Mirepoix. Ce dernier jouera un rôle majeur dans la défense de Montségur lors du siège mais aussi dans le déclenchement de l’opération militaire d’envergure qui signera la destruction de la forteresse dans sa forme cathareblason_chateau_montsegur_pays_cathare_albigeois_reconstitution_3D_monde_medieval. Au moment de l’attaque du château, cela dit, le site est déjà largement repéré, dénoncé et regardé de biais, depuis longtemps par l’Eglise romaine et on peut imaginer que face aux enjeux et aux forces en présence, Montségur allait bien devoir, tôt ou tard,  tomber.

A l’image de la garnison qui se trouve alors sur place et des hommes dont il s’est entouré, Pierre-Roger de Mirepoix est un chevalier et seigneur languedocien « faydit ». Il s’est vu confisquer ses biens et ses possessions en 1209 par Simont de Monfort, soit le château de Mirepoix, pour son implication aux côtés des albigeois dans les conflits. Il le reprendra en 1223 pour le perdre à nouveau sur l’ordonnance royale de 1229. Dépossédé de tout par deux fois, si l’on admet que cette croisade fut en réalité une guerre de conquête tout à la fois géo-stratégique, politique, économique et religieuse et on ne peut guère faire autrement au vue de ses conséquences historiques concrètes sur le terrain, du point de vue languedocien, l’homme deviendra un résistant.

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A propos du faidiment 
Sans être soi-même cathare, il suffisait alors de s’en déclarer protecteur ou de ne pas vouloir participer volontairement à la croisade ordonnée par Rome pour tomber sous le coup du faidiment et de nombreux nobles languedociens étaient de fait tombés sous le coup de cette mesure. Elle n’était pas définitive et pour récupérer ses terres, il « suffisait » en passant par les instances de Rome ou en s’adressant directement au pape, d’abjurer si l’on était cathare et, dans tous les cas de figure, de rejoindre les rangs de la croisade pour lutter activement contre l’hérésie. Facile à dire mais sans doute plus difficile à faire au vue du contexte. Pourquoi?

Nous aborderons toutes ces questions dans l’article suivant. En attendant je vous souhaite une excellente journée.

Fred
Pour moyenagepassion.com
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